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Full text of "dictionnaire du language populaire verduno-chalonnais"

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THE FUND OF 

iMrs. harriet j, g. denny. 

OF BOSTON. 



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at her requesl, " for the purchase of books for the 
pvîbiit: library of the Collège,'* 



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DICTIONNAIRE 

DU 
LANGAGE POPULAIRE 

VERDUNO-CHALONNAI s 



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rRINClPADX OUVRAGES DE F. FERTIAULT 



Les Noëls Bourguignons de B. de La Monnoye, traduction 
1 littorale. 1" édition en 1842; £• édition en 3858, augmentée 
d^^ Noëls Maçonnais et illustrée de 24 dessins de J. Ber- 
Iran ri. 1 vol. in-16, chez A. Kigaud et A. Aubry. 

Les Himes de Dante (Sonnets, Canzoncs, Ballades), traduc- 
tion littérale. 1" édition en 1848; 2' édition en 1854. 1 vol. 
iij-HJ. chez V. Lecou et A. Delahays. 

Histoire pittoresque et anecdotique de la Danse, chez 
tous les peuples anciens et modernes. 1 volume grand in-32, 
che-i A, Aubry, 1854. 

Le Poème dés Larmes (en collaboration avec M"** Julie 
F(. rtiault). !'• édition en 1858; 2" édition en 1860. 1 vol. in-16 
aver: portrait, chez L. Curmer. 

Le& Voix amies (Enfance, Jeunesse, Raison), poésies (en 
colhi'x^ration avec M"' Julie Fertiault). 1 vol in-16, chez 
Didi, r & C'% 1864. 

Les Féeries du Travail, Conférences familières sur les tra- 
vau^ de dames. 1 vol. in-16, chez Didier & O*, 1873. 

La Chambre aux Histoires, choix des Nouvelles. 1 vol. 
iti'lfi. chez Didier & C*«, 1874. 

Les petits Drames rustiques, Scènes et CroquLs d'après 
nuiure, 1 vol. in-16, chez Didier & C'% 1875. 

Les Amoureux du Livre (Sonnets d'un Bibliophile, etc.). 
SujH rbe vol. grand in-8«, imprimé par Louis Perrin et illus- 
tré Uo 16 eaux-fortes de J. Chevrier, chez A. Claudin, 1877. 

Le Berger du Béage, roman-biographie d'un berger, Régis 
Uie\ ^se, devenu sculpteur. 1 vol. in-16, chez Didier & O», 1880. 

Histoire d'un Chant populaire de la Bourgogne. Brochure 
iii-liL 1383. 

De la Levée du Doubs à 1^ Pointe du Pré, Promenade 
Voi'itj noise. Brochure in-4», 1384. 

Les deux Vignerons, Dialogue en patois bourguignon et 
ei! vers. Brochure in-8*, 1884. 

Les Légendes du Livre, complément des Sonnets des 
Antotireuœ du Licre. 1 vol. in-8*, chez A. Lemerre, 1886. 

Le Garçon à Sylvain, roman rustique, dans le Journal de 
Furvaltjuler, 1888. 

Croquis d'après nature. Sonnets Verdunois, etc. 1 vol. 
in-li>, chez A. Lemerre, 1893. 



CHALON-SUR-Sa!^NE, IMP. L. MARCEAU 



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DICTIONNAIRE 



DU 



UNGAGE POPULAIRE 

VERDUNO-CHALONNAIS 



(SAONE-ET-LOIRE) 



F. FERTIAULT (Veudunois) 

TRADUCTEUR DES KOKLS D0URGU1GN0N8 ET MAÇONNAIS^ JiirC. 




PARIS 

LIBRAIRIE EMILE BOUILLON, ÉDITEUR 

67, RUB DE RICHELIEU, AU PREMIER 

1896 
Tous droits réscrcés. 



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ABRÉVIATIONS 



Adj., — Adjectîti 

AUem., — Allemand. 

Alp,- Fri b, ,- Al ïïéïï-Fribourg«ûi<es. 

Amplir, — Ampli Ëcaûl. 

Angev*, — Angevin. 

AngL» — Anglais. 

Angoum., — Angoumais. 

Anj., — Anjou. 

Ard., — Ardeiuics, 

Art-T — Artois. 

Aub., — Aube. 

Auv,t — Auvergne. 

Ave yr. , — Aveyrou, 

Avig., — AvigDûu. 

Bas-brei.,— Bas- breton. 

Bas-làL, — Baa-latiQ, 

Bas-Qonn,, — Baa-uormaud. 

Bàsq-i — Basque. 

bèarn., ^ Béarnais. 

Besanç . , — Besançon. 

Bonrg.» — Bourguignon. 

Bress . , — Bressan » 

Bret., — Breton. 

Bugist., — Bugiste. 

Cambr., — Cambrai, 

CaUL, ^Catalan. 

Celtiq,, — Celtique. 

Cbal., — Chalon-sur-Saône, 

Champ,, — Champagne. 

Cbac, — Charente. 

Chalill,,— Chatillon. 

Cogn., — Cognac. 

Dauph., — Dauphinô. 

E*p,| — Espagne. 



lispaL, — Ëspaiion. 
E3fclam,j — Eit^lamatiou^-ative. 
F. , — Féminin. 
Flam-, — Flamand, 
Fland.» — Flandre. 
Fr-Cté, — Franohe-Comté. 
Frib., -p« Fribourg. 
Ga.se,, — Qascogne, 
Getiêv., —H Çcmève* 
Guôrn . , - (îveruesey ■ 
Guten., — Cn|enn*i. 
Hain^ — Haiuiut. 
H"*-Alp. — Ha^t^s-Alpes. 
H'«-Auv,, — Hauiç- Auvergne. 
H'*Maiii., — Haul'Maiae. 
Il.-de-Fr., — lie-de- France. 
il.-V., — ille-et-Vilaine, 
lutr., — lutransitii. 

Isèr., — Isère. 
ItaL, — Italien, 

Laiig., — Languedoc. 

Lai., — Latin. 

Lîèg., — Liège. 

Lira., — Limousin. 

Loe,, — Lonution. 

Local, div-, — Localités diverses. 

Lorr,, " Lorrain. 

Lunév.t — LunÉville. 

L«ïemb.. — Luxembourg, 

Lyo[v> — Lyonnais. 

M., — Masculin, 

Màjc., — Mâcon. 

Marcig., — Mareigny. 

Marn.j — Marne. 



ABRÉVIATIONS 



Mayeti., — Vlayenue. 
Merv., — Mervaiis. 
Mess-, — Messin. 
Mûntr-, — Moairet. 
Morfl, — Morvaii. 
Nam., — Naraur. 
Keuïcb., — Neufchâiel. 
NivepQ., — Niveruais. 
Norm,^ — Normand. 
Ptjri**, — Personue,-nel. 
Pic, — picard. 
Poiu, — PûiLou. 
Foiiih,, — Fouthieu. 
Pf., — Ppo:iom,-inai. 
Prov., -- Provençal. 
Pujr-de-D,, — Puy-de Dôme. 
Rean,, — Renues. 
Hom.^ — Homan. 
Rouûb., — Kouchi. 
Houerg., — Rouergue. 



S., — Substantif. 

S{\int., — Saiutonge. 

S'-Ara., — Saînt-Amour. 

Sauter., -— Santerre. 

Sav., — Savoie. 

Solog., ~ Sologne. 

Suiss., — Suisse. 

Suiss. r, — Suisse romande. 

Toul., — Toulouse. 

'1 our., — Touraine. 

Tr., — Transitif. 

V., — Verbe, Voyez. 

Valog., — V^lognes. 

Vaud., — Vaudois. 

Vend.. — Vendée. 

Verv., — Verviers. 

Vosg., — Vosges. 

Vx. fr., — Vieux français 

Wall., - Wallon. 

Yon., — Yonne. 



NOTE CONCERNAxNT LA LETTRE C 



Les trois premières lettres (A, fî, C) de ce Dictionnaire ont paru 
d'abord dann la Revue des Patois, deoenue la Revue de la Philolo- 
gie française, — si remarquablement dirigée par le doyen de la 
Faculté des Lettres de Lyon^ M. Léon Clédat. 

Arricée à la lettre C, la Revue, qui est au nombre des organes 
réolamant dijs ré/ormes orthographiques^ imprima cette lettre aoec 
les modifications découlant de son système. Il résulte de là que 
le lertear îroucera^— mais dans cette lettre C seulement, — quelques 
mot:^ terminée par un s au lieu d'un x (mystèrieus,carreaus, cheveus, 
eus, papesaeus, etc.), et par un t au lieu d'un d (comprent, suspent, 

Deûant rM état de choses ^ mon Dictionnaire ne pouoant paraître 
ûocfj une orthographe encore en espérance, feus le grand regret 
d'être forcé de ne plus envoyer de copie à la Revue, ce qui fut 
cause du retard éprouoé dans la publication. 

Maintenant le oolume est^ acheoé . . , Tout est bien qui finit bieni 



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I 



INTRODUCTION 



Voici un Glossaire tout entier de création nouvelle. 
Aucune publication spéciale n'existe, pour Verdun au 
, moins j ayant pu nous' servir de point de départ. Nous 
avons tout pris sur le vif. 

Pour fcette lentativo nous avons donc dû puisera des 
sources privées, et notre mémoire d'eilfant du paya a 
été secondée par celle de plusieurs compatriotes et amis 
dévoués. 

Les mots et lorutions recueillis se succèdent assez 
nombreux 'dans cet ouvrage. En grande partie ils sont 
édités pour la' première fai.s, et leur ensemble donnera 
une idée très suffisante du pittoresque langage de notre 
région Verduno-Clialonnaise. 

Pour mieux atteindre ce but, nous reproduisons,i à 
J'appui de presque tous les^mots, des phrases du cru 
dans lesquelles ces mots figurent, révélant ainsi leur 
véritable acception. , ' 

Sans aucun texte imprimé où puiser des e}iem[)les, 

** nous avons dû nous contenter de ces autorités oraFcs. 

Toutes les for^mu les •citées sont de celles journellement 

^employées par nos populations, et partant, d'une aulhen- 

tic i té que nul n'aura la pensée de contester. 

, De plus, ces phrases répandent de la couleur sur ce 



LANGAGE «POPULAIRE 



Glossaire, ethnologique autant que linguistique. É<ihan- 
tillons fidèles de notre parler, elles font connaître la 
physionomie, tes allures, les us et coutumes de notre 
« endroit ». A ce point de vue, elles doivent compter 
comme documents et pièces justificatives. 

Nous trouvant à même de mettre certains de nos 
vocables en regard des vocables analogues d'autres 
localités, nous avons, dans urîe assez grande mesure, 
établi ces rapprochements, qui montrent les airs de 
famille de nos différents dialectes. — Cette liste compa- 
rative pourra être considérée comme le spécimen d'un 
travail auquel on doit tendre, d'un Vocabulaire synop- 
tique complet des plus importants idiomes de la France. 

Maintenant nous allons jeter un rapide coup d'œil ^r 
les principales particularités de notre prononciation, — 
à la connaissance de laquelle nous pensons, d'ailleurs, 
avoir aidé par la graphie dès exemples chpisis. Nous 
donnerons ensuite une liste bibliographique des prin- 
cipaux ouvra'ges qui nous ont servi* pour les compa- 
raisons dialectales. 



à très bref et très aigu: hier à soir, àgà, etc. 
*<i plus grave : eil, dlle, etc. 

â long : âmâ, dtreaux, aignet^, etc. « 

A Va français correspond parfois an patois: an-nimau, 
etc. f 

A Va français correspond parfois ai patois : maitin, etc. 

A VcL îrançais correspond parfois é patois : e'mi, ^miquié, 
etc. 



è ouvert, comme en français. 

A Vé fermé du français correspond parfois è ouvert : café 
(poué café), etc. * 



h. 



pmi .1 M I • ^ 



VEEDUNO-CHALONNàIS ' 7 

è français peut correspondre à â du patois : pare, tarre, 
etc. 
€ franQais peut correspondre à o du patois ; vosse^ etc. 
& labial français peut correspondre â ou : mouner, etc- 

I 

t très netj comme In français. 

Nous écrivons parfois Vyod par ï, au lieu d'y, pour éviter 
une confusion possible : a-i'ant, etc. • 

i a un son prolongé, à la tonique fioale de nos infinitifs en 
ir : aveulît veni, sofr;, dont le r est supprimé. 

A Vi français correspond In dans ; m-nocent, etc. 
^ La diphtongue ien se réduit à en dans 6e/i, ren (bien, rien), 
etc. 



ôbref, comme en français» "* 

o très ouvert, dans la troisième personne singulier de nos 
imparfaits : disot, v'not, mingeot, etc. 
6 très fermé et très long : o^ ô\, artd, etc. 



û bref : v'mï, t*nïi, etc. 
û long : y*id ben, c't«-là, etc. 

A Vu français correspond eu patois dans ewoe, pleâme, 
aikûmCj etc. 



A ai français correspond ain dans : oin-mer, etc. 

A ais français correspond âi dans : rdibn, mdi'on, etc. 

A al français correspond ^«^ (moins long que ô) dans : mau, 
ehV«a, etc. 

eu prend souvent le son très ouvert : teù, neùi, heà, etc. 

A la terminaison féminine te correspond iie dans : piiie^ 
eto. 

A a et iù( correspond i : i fait, i f 'sont. etc. 

A oi français correspond é^ i, è : que, ma^/ ûrH, etc. 



' , 



^ » LANGAGB POPtltAIRB VERDUNO-CHALONNAIS 

À ôn français correspond oun : bown, etc. 

A ou français Correspond o : jor, for, por, tor, etc. 

 la terminaison féminine ue correspond ute dans : parda^e, 
etc. 

A là terminaison ui correspond parfois eu : jieùt, aujordeit, 
etc. 

A la terminaison un correspond parfois ein: ein, etc. 

La région dialecfalë de notre Glossaire s'étend de 
Verdun-sur-Doubs à Chalon-sur-Saône. C'est une très 
minime, portion du département de Saône -et-Loire, 
pour îlaquel on pourrait certainement dresser plus d'une 
demi-douzaine de glossaires. C'est suffisamment se 
restreindre. Cependant plusieurs lexicographes se sont 
restreints davantage. Chaque village, chaque hameau 
pourrait, en effet, fournir un recueil de mots; mais sur 
cette échelle la lexicologie deviendrait excessive... elle 
arriverait à ses trent^^six mille vocabulaires. On ne 
doit pas encore songera cet enfantement. 

S'en tenir à nos anciennes provinces serait trop peu 
diviser le travail; établir deux ou trois dictionnaires 
par département donnerait déjà un formidable résultat. 
C'est dans cet ordre d'idées que nous avons essayé notre 
groupement. Quel qu'il soit, nous croyons avoir, en lé 
faisant, apporté notre petit caillou au monument que 
préparent les dialectographes. 



--Hpji,i*j;jrt">inw«>*'*' . ,?sî"flssaw-T 



BIBLIOGRAPHIE 
DES PRINCIPAUX OUVRAGES CONSULTÉS 



AUN(S 



La Rochelle, — Glossaire (fn patois rochoAais^ suivi d'une liste 
des expressions vicieuseâ usitées à La Rochelle, recueillie 
en 1870 par M*** {édité par Burgaud des Marets). Gr. in-4% 
Pa*is^ Firmin Didot, 186L 



AUVERGNE 



Clermont-Ferrand. — La Par/sar/c^ poème en vers auvergnats, 

par C.-A. Ravel. Br. in-8°, A. Veysset, 1838. 
CLERMortT-FKRRAND. - Le Tirage des Sorciers; Le Maire 

compétA*nt^ poèmes en vers patois; Les Jolis Maîtres; Le 

Vainqueur 4e Juillet, dialogue et histoire en prose, par J. Rojr. 

Br. in-8% A. Veys^5et, 184L 

BERRY 

Centre. — Glossaire du centre de la France, par le comte 

Jaubert. 2 vol. in-8% Paris, Nap. Chaix, 1855. 
Centre. — Çroijançes et Légendes du centre de la France, par 

LaisHel de la Salle. 2 vol. in-8% Paris, A. .Chaix et 0\ 1875. 
Bourges. — - La Bible des Noéls, étude bibliographique efc 

critique, par Ch. Ribault de Laugardière. Br. in-8% Paris, 

A. Aubry, 1857. 

Bourges. — Noëls nouciaux sus de vieux airs^ par le même. 
Br. in-8% Bourges, E. Pigelet; Paris, A. Auhry, 1867. 



10 LANGAGE POPULAIRE 

BOURGOGNE 

Ain. — Le patois de Colignt/ et de Saint-Amour, grammaire 

et glossaire, par Léon Clédat. Dans la Reçue des Patois, 

In-8% Paris, F. Vieweg, juillet-ôctofire 1887. 
Ain. — Chansons populaires de TAm, par Ch. Guillon. pr. in-8% 
* Paris, E Monnier et C'% 1883. 
Ain. — Les Noëls Bre.^sans (de Brossard de Montaney et Borjon), 

texte et traduction par Philibert Le Duc. ln-16, Bourg, Martin 

Brottier, 1845. 

Ain. — Chansons et Lettres pa^otses . bressanes, bugeysiennes 
et dombistes, avec étude sur le patois de Gex, par le môme. 
Petit in-8% Bourg, Martin Brottier, 1881. ♦ 

Côte-d'Or. — Contes^ Fables, Légendes en idiome bourguignon, 
parle D' H. Berthaut. Glossaire abrégé par E. B., qui s'est 
sprvi d'une « accentuation toute 'nouvelle » pour « écrire 
absolument comme on prononce ». Petit in-8% Dijon, Daran- 
tière, 1885. 

Côte-d'Or. — Noeï borguignon, avec glossaire, par "B. de La 
Monnoye. Notre traduction, in-18, Paris, Lavigne et Gosse- 
lin, 1842. — 2" édition avec les Noëls maçonnais.^ Pari», 
A. Aubry, 1858. 

Côte-d'Or. — Théâtre de l'Infanterie dijonnaise (six pièces), 
par J. Durandeau. In-18, Dijon, Librairie nouvelle, 1888. 

Côte-d'Or. — Aimé Piron ou la vie littéraire à Dijon pen- 
dant le XVII" siècle, par le même. Petit in-8% Dijon, Librairie 
nouvelle, 1888. 

Côte-d'Or. — Vocabulaire raisonné et comparé du dialecte et 
du patois de la province de Bourgogne, par Mignard. ln-8°, 
Paris, A.,^ubry; Dijon, Lamarche, 1870. 

Côte-d'Or. — Histoire de V idiome bourguignon, par le même 
(glossaire étymologique). In-8% Dijon, Lamarche et DroouUe, 
1856. 

Côte-d'Or. — Virgille virai an Borguignon (glosfeaire), par 
G. Peignot et Amanton. In-18, Dijon, Frantin, 1831. 

Côte-d'Or. — Noëls, d'Aimé Piron (glossaire), édit. par Mignard. 
In-16, Dijon, Lamarche, 1858. 

Côte-d'Or. — L'Evaireman de lai peste, du môme. Glossaire et 
notes de Bourrée, méd. et biblioth. de Châtillon. ln-8", Châ- 
tillon-sur-èeine, Ch. Cornillac; Dj::;*on, V. Lagier 1832. 



VERDUNO-CBALONNAIS 11 

Saône-et-Loire. — Chaion-^itir* Saône, pitioresrjfue et dèmofi; 

environs et légendes à Venu forte et à la plume, par J. Chevrier. 

In 4% Paris, À. Quantiu, 3883. 
Saô>e-et-Ih^ire, — No II ce hlstcru^ttc sur la commune de Mon- 
trât (arrondîiJsemeDt de Lotifïfins). par le D' B. Gaspard. 

Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Chalon* 

sur- Saune. Gr. in-4\ * 
Saôn'e-et-Loire. ^ — Noé moconnal^ du P. Lhailli*?r, à la suite 

de notre 2' édition des Noéls hourtjutfjnoniy. In-18, Paria, 

A. Aubry, 1858. 
Saône-et-Loirii, — Glossaire ihi patois rtc l'ancienne Bresse 

chalûunzfise^ par .Jules Guîlletnin. Mëmoiï'es de la Société 

d'histolic et d'archéologie rie Chalon-su^■^^a6nc, G p. in- 4% 1860» 
Saônk-kt-Loire, -^ SiatUtique iht département de Saône-el- 

Loire^ par C. Ragut- 2 vol. in-4*, Mûcon^ ÏJejîisiîiirru, 1838, 
Yonne. — CnrtosUês de rètif/noio'j le française, par Ch. N isard* 

In-]6, Paris, L, Hacliette et 0% 1863. 

CHAMPAGNE 

m 
Marne, — Romancero de Champo^ne, par Prosper Tapbë.5 vol* 
ia-8*. Reiras, Briasart-Binet, 1863-64. 



DALJPHINE 

H A UT ES- A L p ES . — Duf tonn a l ru des erp ress io n ,*î c ic le fi&cs... J es 
plus communes dans tes deparlentrnfs nvhldlonaax^ par 
M, Rolland. In-8% Gap, J. Allier. 

IsÊRi;, — f^rc'v^rjfï/o m^Mt^rtjft lït pocpiesj en patois du Dauphiné, 
par Blanc, dit La Goutte. In-ltj, Grenoble, A* Merle, 185Q. 

JsKRE. — NonrvUéA Recherches sur hs pafola ou idiomes vul- 
gairefï de la France, et en particulier sur ceux du département 
de ri&ere, par j.-J. Champollïon-Figeac. ln-12, Paris, Goujon, 
lb09. 

FLANDRE 

LilLë. — Mcùtirè populawa^ de ta l^landrc JràHcuhc^ par* 
A. Dcsiousseaux. Petit iu-^\ Lille, L. CJuarj-é, 1889. 



12 LANGAGE POPULAIRE 

•Lille. — Chansons H PasquWes lilloises (vocabul.)» par le 

môme. 5 vol. pet. in-8', Lille, L. Danel, 188L 
* Lille. — Dictionnaire Rouchi-Françaiê, par G.-A--Ji Hécarè. 
In-18, Valenciennes, Lemaître, 1826. 

Lille. — Dictionnaire du patois de la Flandre française ou 
wallonne, par E. Vermesse. In-8". Douai, L. Crépin, 1867. (Le 

' chansonnier Desrousseaux, de Lille,' a beaucoup contribué à ce 
Dictionnaire.) . * 

FOREZ 

Peurs. — - Dictionnaire du patois forèsien, par L.-P. Gras. In-8'. 
Lyon, Auguste Brun, 1363. . 

FRANCHE-COMTÉ 

Doues. — Recueil des Noëls anciens du patois de Besançon 
(V* partie, du F. Christin Prost; 2" partie, de François Gau- 
thier). in-8*, Besançon, Bintot, 1842 (édi^-é par Th. Belamy). 

Doues. — No^/s et Chants populaires (je la Franche-Comté y 
par Max Buchon. In-16, Salins, Billet et Duvernois, 1863. • 



GUYENNE ET GASCOGNE 

AvEYRON. — Dictionnaire (abrégé) du putois d'Espalion. .Ano- 
nyme. Manuscrit. 

ILE-DE-FRANCE 

Seine. — Étude sur le langage populaire de Paris et de sa 
banlieue, par Ch. Nisard. Irf- 8", Paris. A. Franck, 1872. 

ILES ANGLAISES 

Guernesey. — Dictionnaire franco- normand ou Recueil des 
mots particuliers au dialecte de Guernesey, par Georges 
Métivier. In-8% Londres et Edimbourg, Williams and Nor- 
gate, 1870. ^ < 



.4 



VERDUNO-CHALONNAIS |3 

LANGUEDOC 

ttA^TK-GAftONNEi — Dlctionmdri^ de la luntjuû iottlou&nincy 
par Doujat (A la suite des Œuvres do P. Godolitj, trad. 
par J,-M. Cayla et Cléobule Paul), Gr. in-8% Toulouse, 
Delbuy, 1S43. 

LIMOUSIN 
I ♦ 

Limoges. ^- Poésie en pnloi^ Vmouslu^ par J. Foueaud 
F, Hichard, £tc. (avec quelques traUuctinng en notes). In-]8, 
Limoges, Th, Marmignoo, IL Ducourtieux, 11*49. 

LORRAINïî 

Nancy, — Poésies popufain'S de la Lorraine (glossaire 

aigûé L.-M,)- RuUeL Société d a rchéoL ioiTaiiie- In 8*^ Nancy, 

A* Lepage, 1854. 
Nancy. — Dwtloiiaaire des expressions rrieiett3(.'S usitées,,, 

notammeut dans la ci-devant province de Lorraine, par J,-F, 

Micbel. In -8% I*ariâ, Le Norman d» Colaa ; Nancy» Vigneulle, 

Hou toux, 1807, 
Meurtue et Vosges. — Nofda patois anciens et nôuceatfx^ 

iïhantés dana la Mourthe et daoa les Vosges, par L. Jouve, 

Jû-12, Paris» F. Didot f i-ères, 1864, 
Meurtke et Vosges. — Heciieil nanûfau de eienjc Noêii 

ittcdits en patois de la Meurthe et dc$ Voa^va (glûasaîre), par 

le môme. In-S", a. 1, n, d. 

LYONÎS[AIS 

Lyon^ etc. — Essai d*Hn t^tossaîre des patois de Lt/onnais^ 
Fore^ et Beaujolais, par J,-B. Onorcîo. ln-8*, Lyon, N, Seheu- 
ring, IbBl, 

Lyon. — Triîs hamble essai de pkonèiiqae lifonnai^e, par 
Nîzier de Puitspelu, Revue lyonnatae, Gr» m-H\ Lyon^ 1884. 

PAYS MESSIN ' 

Metz. — Le Lorrain peint par iai-méme , par Jaclot de 
Saulay, almanach pour 1854 (vocabul,). îu-18, Metf, Lorette, 



14 LANGAGE POPULAIRE 

Metz. — Vocabulaire patois du pays messin, par le mft— 
(2* édition, très augmentée, du vooabul. de Talmanach). 
Paris, Dumoulin, Borrani et Drôz, 1854. 

NIVERNAIS 

Nevers. — Le Moroan^ ou Essai géographiq., topograph. et 
historiq. sur cette contrée, par Tabbé J.-F. Battdiaa. 2 vol. 
In-8% Nevers, J.-M.*Fay, 1854. * 

Nkvers. — Glossaire du Moroan^ par E. de Chambure. Gr. 
in-4", Paris, H. Champion ; Autan, Dejussieu père et fils, 1878. 

NORMANDIE 

Calvados. — Dictionnaire du patois normand^ par Edélest. 

et Alfred du Méril. In-8% Caen, B. Mancel, 1849. 
Calvados. — Essai sur le patois normand du Bessm (diction. 

étymologique), par C. Joret. Mém. delà Société de linguistique 

de Paris. Gr. in-8% Paris, F. Vieweg, 1881. 
Eure. — Dictionnaire du patois du pays de Bray, par Tabbé 

J.-E. Decorde. In-8'', Paris, Derache, Didron ; Rouen, A. Le- 

brument, 1852. 
Seine-Inférieure. — Contes populaires, préjugés^ patois^ 

procerbesy par Fréd. Pluquet, etc. (glossaire), in-8% Rouen, 
, Ed. Frère, 1834. 

PICARDIE 

Somme. — Glossaire étymologique et comparatif du patois 
picard, par l'abbe Jules Corblet. ln-8% Paris, Dumoulin, 
. Didron, Techener, 1851. 

POITOU 

Deux-Sèvres. — Chants et chansons populaires des provinces 
de l'Ouest, par^ Jérôme Bujeaud. 2 vol. gp. in-8% Niort, 
E. Clouzot; Paris, A. Aubry, 1866. 

Deux-Sèvres. — Dictionnaire èti^iologique du patois poitevin, 
par Gabr. Lévrier. In-8% Niort, Th. Mercier, 1867. 



verduno-chaloknais '• ^ 15 

ViEN>*E. — Glo^'isatro fia patois potéetin^ par l'abb<^ Ijilannc% 
Mëm. de la Socii^tti des antiquaipys de l'Ouest. hi'8\ Pariii, 
Beractie, imS. 

PROVENCE 

A IX, at(i, — Dicilonnatre proeençal-françdU, par J.-T. Avril, 

ln-8% Apt, Ed. Cartier, 1839. 
Aix. — r Taiilcan historique et Uitèraivc de la Ittn'jue parlée 

dans le midi rie la France, et connue sous le nom de langue 

romano-provençale,^ par Mary-Lafon. In-IB, Faris, Maffr-e 

>Capin,1842, 

SAiNTONGE ' ^ 

Saintes. — Dictionnaire dn palais smnfotigttats;, par P. Jû- 
«nain. In-8\ Royan, L'atiteur; Niort, L. Ciouzot; Paris, Mai- 

sonneuveel C'\ 18(>9. 
CoûN'AC- — Quett/Hcs motB de patois eoQnaçais^ par Marchadier 
(vocabal* et correspond. ), manuscrit. l&t>0. 



SAVOIE 

Albertville. — Dictionnaire du patois saoor/ardf par 
F: Brachet. ln-3^ Albertville, J.-M. Hodoyer, lïi8d. 

SUISSE 

Gëmcte. — Glossaire rfeneroîs ou Recueil étymologique des 
termes dont ae compose le dialecte de Genève. Anonyme. 
Jn-8% Genève, Barbezat et Delà rue» 1^37. 

Genève. — Chansons de l*Eu-iiiada, în-4% Genève, Jullien et 
fils, 1845. 

WALLON 

Valenciennes et Li^.ge. — Dictionnaire trailon-liifgcois, par 
Joseph Hubert. In-8% Liège, Verhoven-Debeur, 1852. 



16 l4mga6ë: populatre verdunochalonnais 

En outre : . 

Histoire de la formatîon de la langue française^ par 

J,-J. Ampèie. 
Lea Poètes franççiié depuis le XIV siècle jusqu'à Malherbe, 

par P,-K. AugiiLË. 
Morceaux choiais dos f/rauds écrioains français du XVI' siècle^ 



par Auguste Brachet. 



• 



« 



Ckve^lufnatkie de l\utvienjrançais, par L, Constans. 

Jlssuù phiiiftiophiqae i^tir ta forination de la langue française ^ 

par Edél. du Méril, i 

Mémoires pour scrcir à l'histoire de la fête des fous, par Du 

TilIioL ' " 
Les Principales Ett/mologies de la langue française, par . 

B. Julien. 
Dictionnaire de la langue française, par Lîttré. , 

Coutumes, Alt/ thés et Traditions des prooinces' de 'France , ^di.T 

Alfi-ed de Noi^. 
Histoire Hliér^afre, philologique et bibliographique des patois, 

par Plerquin de Gembloux, 
Reeui.*iis de motets français des Xll" et XHP siècles, par 

(j. Raynaud- 
TaJileaa ei/noptique et comparatif des Idiomes populaires ou 

patois de la France, par J.-F. Schnakenburg, etc. 



Cette liste bibliographique ne contient l'indication que des 
principaux ouvrages conaultéa. Oi> aurait pu y mentionner, en 
plus, nombre de volumes suivis de vocabulaires partiels; des 
revues, telles que la Romania, la Reçue des Patois, la Reçue 
des Traditions populaires^ etc., et surtout un nombre impor- 
tant de Recueils de Noël a et de Chants populaires des diverses 
provinces de France, sans parler de poésies et autres œuvres 
localea. Mais noua avôna trouvé cette nomenclature déjà bien 
assez, . » peut-Gtre trop longue. 

F. Fertiault. 
(Faris, avril 185K>0 



'■' *'.1W!^f l'I^^VJÎL 



|>^>4,^-^'''. ?^^^Vv '- • ' '.' ' ■• îi^" 



DICTIONNAIRE DU LANGAGE POPULAIRE 
VERDUNO-CHALONNAIS 

(Saône-ei-LoireJ 



A, prép. fréquemment employée pour de : « La illlùte à 

Jean; le garçon à Sylvain; la poule à Dodiche. » — Nous 

difeons encore « à bonne heure » : « On t'attend par dmur; 

veins à bonne heure ». 

Geûevois, id. 

Sur la prononciation ai, voy. ce mot. 
A, prèp. redondante, employée dans certaines locuUons, 

telles que : « Hier à soir; à c' matin ». 
A, contract. de Aile. Pr. pers., Elle, « A n' dit ran au sou 

compte. » 

Rouchi, id. 

Abeurnonciau, loc, à renoncement, en trop grande quantité, 

trop : « 01 en a fiôlé abeùrnonciau ». 

Lat., ab renontio. IL -d'Ei,^ abrenoncio (.^xcl. de fraj«ur, de 
dégoût). 

Abîmer, V. tr., frapper, meurtrir : « 01 ainme tant sa fonnii, 

qu'ô Vabime de coups! » 

ItaJ., abissare» '^ervy, abisser. Bourg, abymai, Prov. ahUaer^ 
Savoie, abimd. 

Abîmer, v. tr., salir, gâter, détruire ; « En jouant, ùl a trop 
couru; ôl a tôt a6emé sa culotte, é peu ô s'a ùtou ubîmè 
l'pied ». % 

Cette manière de dire s'étenJ a<i-delà de nos régions. 

Abolir, v. tr., démolir, abattre : « O veint d'abolir sa cadole. 
por la r' monter ». 
Morv., id , Picard, id. 
Le Rouchi dit : « Il ^l'a aboli d' cops -». Rouer de coup^^^i 

quelqu'un, c'est aussi un peu le démolir. 



Il- LANGAGE POPULAIRE VKRDUNO-CHALONNAIS 

AiîOKDE, S. f.» quantité, abondance : « Mettez c'qui dans la 
pani*!irfi; i fra d' Vabonde ». 

âhossuMer, V. tn, donner des coups de poings. 

Abolchau, 3, m., ..sorte de panier dont on se sert pour 
pécher* ■ 

^ AflOycHON {à l'), loc, sur le nez, par terre : « En montant 

su la levée, ôl a tombé à l'abouchon ». Cela se traduirait jDien 

par: s'est ttanqué le nez par terre. Cette loc. a voulu dire 

d'abord : tomber sur la bouche, 

I Eap-, ubocai^i ItaL, abbocare. Dauph., à l'abouchon, Forez, id., 

Lyoû., toniber, se coucher à bouchcn. 

On dit aussi : être en abotLchon, dans le sens d'être courbé : 
t G'te pauv* vieille, air marche en abouchon ». 
(V, A boucheton^ bouchon). 

Aboulbr, V* tr., jeter, envoyer, amener en certaine abon- 
dance. Souvent employé au jeu ; «Eh! m'némi, j* t*ai gagné... 
abùule! ahoule! » . 
Berrj, id., Morv., id., Norm., id., Pic, id. 

AnotjRis, s. m. de l'ancienne marine fluviale. Bateau d'un 
train, oli l'on attache les cordages et les amarres tirés par 
!es chevaux. 

AiîouTER, v* intr., aboutir, toucher à : « Son champ aboute 
su rniien ». . 

Barry. aôow^ev, ahoter. Saint., id., wall., abosi. 

AnouTONNEB, V. tr., boutonner : « Eh ben! t' n'aboutônnes 
pas ta biaiide *? — Un, qui avait emprunté la locution du 
Beri7, diaait : « s*aboutovne avou des épingues *, voulant 
dim : « Il ne porte pas la culotte ». 

Eap., abotonar. Berry, aboutonnevy Champ., id., Genev., id., 
Murv.t aibouf*ner\ wall., aboutonner, 

AbrBi s. m., aubre : t Les autres fois, y avot iqui de grands 
âbr^ ». Yaugelas dit que, de son temps, la Cour prononçait 
ainsi le mot arbre. 
Lat., arbor, Berry, ébe, id., Bourg , id.. Dauph., abro^ Genev., 

ahre, Lini., rtui-r^, Lofr., dbre Messin., abe, Morv., hâbre^ Norm., 

dhi*ej Picm ïd* Prov., albre at/bre, Rouch., id., arps, St-Am.. abrou, 

wall., Id , V. fr., id., et aubre, haubre. 

ÂBRESSiAU, S, m., petit mât élevé sur un train de bois ou sur 
un bateau, et à Taide duquel les mariniers établissent une 
voile, ou auquel ils attachent une corde pour tirer de là sur 
le bord {arbrisseau est-il étranger à ce mot?). 



' ■mifiTW^i^'^^f^ 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALOÎ^HAJS 19 

Arrivent, s. m., sorte de paillasson liesse avec la païlle du. 
panis. Il est utilisé- pour les fours et les garnitures de 
fumiers. 

Acagnardir (s*), V. pr., s'acagnarder. " " 

Berry, id. G.enèv.-, id., s*àcagner^ Midi,id., V* h\ accagnarder, 

AOATER, V. tr., acheter, faire emplette de. 

Lat-, aeaptar&, BovLVg, aickeiai, échetai. LanRtied*^ recala, reca* 

tar, recatoniar. Lille, acaur,lÀm,, recoia, Lyon-, reoùto. Nornu, 

adater. Pic, id., Prov , recata^ recatar, recalmiiar, arapfar. 

Rouchi, acater. Wall., id., vx. fr., receler,, rccoitert accatGr^ 

achat er, (V. ageter). 

A CAUSE QUE? loc. interrog., pourquoi? 

On dit aussi : d'à cause que? — Lorsque cette question 
semble indiscrète à la personne interrogée, on entend cette 
dernière répondre volontiers : « A cause dé pasque s. (V. ce 
dernier mot). 

Berry, d'à cause. Cognac, à cause, Genèv-, é cause ^ 

Accords, s. m., accordailles, fiançailles : « La Tiennette 
. reveint prou à not' fîeu; j' vous faire les accords dimanche. » 
Bevry^ accords, ^orm,i accords. Vx. fr., acort. ' 

AcHATi, adj., habitué aux friandises. 

Bourg, échaiti, ^ 

AcHATi, v. tr., allécher, montrer un appûtj attirer » ama- 
douer. 
Bourg., échaiti, Morv., aichaiti. Nii,ÎT,f aga.stîr, 

ACLES (en), loc. se dit d'étoffes, de linge, de vêtements^ usés 
ou très déchirés : u Ah ! ce p'tiot drôle I ô m' met toutes ses 
af ares en dclei$ ». 

Fovez, acle (écorce d'arbre, petit morceau d^ hois). 

Ac'MODER, V. tr., accommoder, préparer. 

Berry, acmoder. Bourg., aiqiiemeudai, équemodaL Morv., aique* 
môder. Wall.-Liég., akomôdé, ak'moidé. 

AcoRCi, V. tr , aceourcir, abréger : « En coupant po les prés, 
j'ons brament acorci la route » (V. Pu court). 

Ital., accorciare. Bourg., aicôrci, Morv., aicorcî. Pic, accourché 
(retroussé). Prov., acorchar. Vx. fr. açorei&r, accourèer. 

AcôRDER, V. tr., accorder. 

Bourg., aiqueurdai. St-Am., acourdé. 

AcoTER, V. tr.," fermer, étayer, soutenir, (V. Acouter). 
Berry, accoter. Montrêt, coûter, Mory., aicolor, PoiL, accoter, Prov., 
acotar. Suis, r., cottâ^ 



20 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

AcouTER, V. tr., écouter : € Acoute! acoute! ] \diS t' bailler 

quèle chouse ». 
Lat., aitsctdtare\ Ttal, ascoltare. Berry, acouter. Bourg., acoutai, 

Bresâ.^ acouté- Biigey, écota. Lorr., acouter. Mâcon., aquètai. 

Montr. , acouter. Morv., acouter. Pic, id. Bouch, id. St-Am., 

écutê. Saint., acûiUé. Wall., acouter, Vx. fr. id. 
On a môme dit ; s'accouter pour : prêter Toreille. Selon Pontus 

de Tyard (Z>e rtctà nominum impositione), accouter éiaiiU 

de sou temps, Fexpress. popul. en Bourgogne. 

2, Acouter, v. tr., aecoter. accouder, appuyer. 

Lat-, cubitare, Geiiev., cotter. Lang., acoutar, acotar, coiitar. 

Lyon.j acota. Norm , acouter. Wall., ascoter, Vx. fr., acouter, 

(V.Acoter)* 

AoouTiALT, S. m,, accotoir, rampe, appui, parapet. 
Bourg. i écùtôrre. Montr., accoutieau. 

AcouTELT^ER unv chose, loc. pour s'accoutumer à une chose : 
« J'ai acouteûmê mon vare de vin blanc tos les maitins ». 
Tournure également usitée dans le Midi. 

Ital., ar.coslumare. Bourg., écoiitumai. FroY., acostumar. Vx. fr., 
acoustumer, 

AcROUPETONEH (s'), V. pr., s'accroupir (Voir Aqueïiler, Bou- 

cheton, Croupaion). 
Vx, fr,, agropir^ 

A c't'heure, loc. adv., en ce moment, maintenant. Formule 

des plus usitées. 
Bar-le-D.p à cT aourtt. Berry, asteure. Bourg., aie* leur, cHeur. 

Daiipli,, astheurû. Lorr., estoure. Lyon.,ci5iwra. Morv., aisteure. 

Korin-, a^ieuï-e. Pic, à ch't'heure. Poit., astoure. Saint., asteure. 

Vx. fr., a^teurti ajiUie ure, 
J, Guillemin écrit astheure, comme La Boétie. 

ActJLEE, V, tr,j èculer : « Ton p'tiot marche ben mau; ôl a tôt 

avulè ses soulels ». 
Bourg., écueiilai^ èquelai. Genev., acculer. Midi, aculer, Vx, fr., 

esûuUr^ 

Adrèt, s. m.j adroit, habile. 
Berry, adret. Bourtç. aidroi, Norm., adret. Pic, adrot. Bouch., 
adroi (adroitemeni). Wall., adreùt. 

Adroit, s. m., Tendroit d'une étoffe, d*un linge : Y et eùne 
balle robe; eu v*qui Tenvar, j* vas vous en montrer 
Vadroii ». 

Genev-i droit, Moi'Y., droit. Norm., à V adret de (à IVndroit de...). 



■>^p^rr.->Y^ 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 21 

Afairb et Afare, s. m , ustensile, vêtement, nippe, et en 
général tout ce dont on se sert : « Y et un afaire en bos qu'ô 
m'a v'nu emprôter ». i Y é son vouésin qui Ti a baillé c'brave 
petiot afaire ». 

Ital., a/fare. Bourg., aifàre^ aifaire, Dauph., affare. Gasc, fiffaire, 
Geiiev., a/faire. Laiig , affaire. Lorr., effare. Prov., afar. TouL, 
afa. Wall., afè, 

Afaire, s. f., quantité : « Vous n'é point de poumes dans vot' 

curti; moi, j'en ai éune boune afaire ». 
Berry, une petite affaire (un peu). Lim., ofaïré. Norm., fifère. 

Afaire de {V), loc. adv., environ, à peu près : « Y a Va/air^ 

d'un mois qu'ôl é revenu » (ou r'venu). 
Genev , afaire. 

Afilée {tout d'une), \oc. y d'affilée. 

Berry, d'affilée. Rouch., affilée (corde, chaîne). (V. Défilée). 

Afiqué, adj., paré, qui a mis ses affiquets, qui est sur sun 
trente-six. Comp. affîque (épingle), qui sert tant iarsqu'on 
s'ajuste, et affiquet a désigné tout objet de toilette. 

Pic, a/yi/ee. Rouchi, afiqué (({ui tient bien). 

Afutiau, s. m., dénomination s'appliquani à toutes sortes 
d'objet. On dit : « Mes afùtiaux » pour : mes ustensiles, m*^ 
outils, etc., tandis que le français affùtiau ne désigne que 
des brimborions. 

Lai., fustis. Berry, affùtiau. Bourg., a/f u^ian ce (Mi guard?)< Goga., 
affùtiau. Fr.-Gté., affùtiau. Genev., affiiiau. Jura, txffiUiau^ 
Lorr., affùtiau. Morv., aifutiau. Norm., affùtiau. Pic, affùtiau* 
Poit., affùtiau, afutiau. Rom., affùtiau. Rouch., afuiinu. Suis* 
affit, affetiau. Wall., affùtiau. 

Aga! excl., sorte d'impérat., d'Agater : tiens! voilà! regarde! 

« Aga donc! aga-lu! Le v'quil » (V. Eguél) 
Auverg., augâ. Berry, aga. Bourg., aga. Espalion, ogotgea. Jut'a, 

ogo. Morv., a^a. Norm., a^ra. Poit., agua. 

Agacia, s. m., acacia. 

Lat., acacia. Genev., agacia. Prov., acassia. 

Agacin, s. m., durillon, cor au pied : « Quand P temps veut 

sanger, y é mou agacin qui m' fait mau l » 
Forez, agacin. Genev.. agacin. Liège, aguess. Lyon., agtwin. V\t.y 

nid d'agache Prov., agacin, agassi. Sav., agassin. 
Agasse, s. f., pie; au fig., femme qui parle beaucoup : « Ohl 

c'te Claudine, aile bavarde .. Y et eûne vrâ agasse, quoi! » 

— (J. Guillemin donne sept ou huit étymologies de ce 

mot). 
Lat., picœ ojaciœ; ItaL, gazza. Aveyr., ogasso. Berry, ageassE^ 

agace, aguiasse. Bourg., aigaisse. Fr.-Gté, aigaisse. Lang*, 



22 LANGAGE POPULAIRE VÏÎRDUNO-CHALO TENAIS 

agassQ, lÂ\\B^agache. h'\ui,^Jasso. Mariifi* agache, Mory.f aigaisse, 
agasse-fambourinûlte (pie-grièche). Norm., agasse. Pie»j agackê. 
Poit-t ogass&j ageasse* Pn>v.^ ag^assoun. Rom., ttgassa. Rotich,^ 
ùgache. Sflv,, ^agtieita. TouIousk, ajace* Wall.^ agache^ aguess* 
Vi. /r*, agasse, pagas.se* 

(Ce mot se trouve clans le Dict- h\; mats il fournit une trop 
notable liste de congénères pour que nous le négligions, 
. Quelques autres seront dans le mûme cas) . 

ÂGATER, V. tr., regarder. (V. Aga,' Aguèter et Ar^garder). 
Gcnev,, ^aîter, Morv., agaiter. Prov., agaiiar. Rom,, agaiier, 
Rouch-, aguetar. Si-Am,, g^dyë^ Wall., fïu?<aiif, waiti. 

Age, s. f. Nous comptons un certain nombre de mots dont 

nous avons changé le genre : n La beU(^ âtjûl » 
Cogti., belle âge. 

Age (ti'), loe. adj., igé : « L'père Ponsot, qu'è-ce qu'à peut 

beu avouer? — Uuml ù\ è d'âge \ a 
Eerry, d'âge^ Pic», homme d'âge. 

Agejsoiller {s*), y. pr., s'agenouiller. 

Moi'v.i aigenoiller. Bourg*, s*aigelognai. Norm., agenoUlons (à 

gËQÛIlx). 

AGETER,v.lr.j acheter* Simple adoucissement de prononciation, 
(Y. AéatGT), 

AgissancEj a, f.j manière d^agir : « T' la veuxt Prends garde; 

aile a des agissunces quej' n'ainmons point* » 
Poit., agissances. 

Agoniser, v. tr,, agonir, injurier, outrager en paroles : « 01 

è mauvais c'ment eùne gale; ôl agonise tout V monde de 

sottises », 
}ù:sp,.agoni;saj\ Bùvry, agotiiser. iji^n&\*, agoniser, Lang^^ agouiza. 

JMonlr , agoniser, Morv. aigonir, aigoniser. Norm,, agoniser, 

ahonh\ Pic, agoniser. Rom , ahonnir* 

Agorcer, V. tr., tromper, agir de mauvaise foi dans un 
échange. 

Agouter, V, tr,, égoutter, faire tomber les gouttes d'un 
liquide i *t On va souper; sœurette veint A'agouter la 
salade* » 

Ben y, agonit er (uriaer), Prov», esgotar. \%. fr,, esgouter* 

Agrains, s. m., mauvais grains^ criblés et destinés aux 

volailles, 
Poit., agraiïis. Saint,, agrain {des). 



'-i»BPWV'^^wr^: 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHÀLONNAIS 23 

Agraper, V. tr., agripper, saisir, s'emparer vivement d'un 
objet, : « O s'a si ben agrapé à moi, que je- n' pouvô pus 
bouger. »' 

liai. ^arrupare.Berry, agraper. Bourg., agrippai, gripai. Dauph., 
arrapa, Lang. vx., arrapa, Lim., graffé. Lyon., arrapa. Mâcôn^, 
grôpé, Morv., agraper. Norm., grapper, Poit., agrippai. Prov., 
arrapats. Rom., arràpar, Rouch .,. agraper. Sav., agrappa, TouL, 
agafa, arrapa, Wall., agrapper. Vx. fr., agrapper. 

Aguéter, V. tr., guetter, épier, être aux aguets : « 01 a ben 
aguété sa p'tiote; ma ô n'a ran vu ». 

Auverg. agueita. Morv., agaiter. Pic, aguidier. Rom., aguetier. 
Rouch., aguétar. Wall., agaiti, awaiti. Wall.-Lièg., ^55 â s'agai 
(être aux aguets). Voy. il ^aftfr. ^ 

Aguburiabe, adj., agréable, qui convient. 

Berry, agheriabe. Morv., aigueuriuibe . Prov., agradaole* 

AhI exclam, constamment placée devant le nom de la per- 
sonne qu'on appelle, ou qu'on inteipelle : « Ah! Gogote! Ah! 
Jacquot! » 

Ai, prép., à : « C qui et ai moi ». Cette prononciation vient de 
la Côte-d'Or et n'est pas tout â fait générale. (Voir A). 

A-iANT, prononciation de : ayant, répandue aussi dans le Midi 
et le Lyonnais. 

AiGNEA, s. m., agneau; ^u figuré, personne douce. 

Lat, «^W2<5; Ital., agnello. BdiS-Norm., a g niaoïi. Berry, atgneau 
ign^.au. Boxxrg., aigneà, aigniâ^ ainille. Bress., aygneuz. Il.-Vne., 
igneau, Montr., aigneau. Morv., aigneai. Pic, aignieu. Poit., 
agnea, Prov., àgnel, anel. Wall., ognai. Vx. fr., aigneau, 
aignelet. 

AiGUEURDON, s. m., édredon, couvre-pied rempli d'un duvet 
très fin. Certains disent aigredouy aigledon. Dans nos cam- 
pagnes on le garnit tout bonnement avec des . plumes de 
volailles. 

Suèd., eider dun. Midi, aigledon. Genev., aigledon. Pic, aigledon, 
Reims, aigledon. Rennes, aigledon. Valencien., aigledon. 

AiGUEURLOT, adj., aigrelet. 

Tons goûté de ton lolot; 
01 étot ben aigueublot. 

AiN-MER, V, tr., aimer. Dans plusieurs de nos mots, à ai fran- 
çais correspond ain. 

Lat. et Ital., amare. Berry, émer, eumer. Bourg., eumai. Bress., 
orné, Morv., eùmer. Prov., amar. St-Am., amé. Vx. fr., amer. 

AiN-MER (s*), V. pr , se plaire : « J' m'ainme ben iqui; y é 

plasant ». 
Vosg , s'ainmer. 



24 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

AiNf? (que v'sjj que vous ayez, 
Mîlcoiin , ain^. 

AXRER, V* tn, aérer ; « Faut airer c*te chambre; aile sent V 

reniarmÈ, » 
Bnrry, nîrer. Genev.. aîrer. Prov., ayreiar. 

AisEHKNTS, S. m., vaisselle, ustensiles de cuisine, de ménage : 

à n'iaver les aisements ». 
Bîis-laL, aisamenium. Bnurfr., aiseman. Forez, aises, Fr.-Gté., 

azeiï\.en.s. Genev;, aises. Jura, aisements. Mâconn., aiseman. 

MoQtr,, aisements^ Morv*, aâyeman. Rom , aisemens, Vx. fr., 

aisément (commodité^ loi air). 

Aises (les), s, m., les èti'es d*un appartements : a 01 ira ben 
vous q*ri l'afaire; ô sait tons les aises de la maïon •. 

Berry, altres. Genev , les ageis. Morv., aâyancs. Rom., agis^ agès. 
Vx . fr j ai^ôs^ 

A ISS E LÉ E, s. f,, ce que le bras peut embrasser en se recour- 
bant sous raisselle : t Eùne aisselée de foin, de paille, etc. » 
Gogn,, aisseiêe. 

AiasELLE, s, f., étagère où la batterie de cuisine, les plats et 

les couverts sont placés et tenus par des entailles. 
Pic», aisselle. 

ArssETER, V* ti'., asseoir : « Eh! T vieux pare, azss'^exr-vous 

proche du feti ». 
Ben-y, assidre^ Morv,, airhiier. Pic, assir, achir. Prov., asse:iar, 
(Voir Chekrter). 

Al, pr. pers. m., i[ : n Al o », il est. 
Morv., .4^. (Voir 0!). 

Ale, s, fr.j aile : « La p'tiote a cassé Vdlc à sa poule ». 
Berry, aie. Buurg., Ole, aide, aûle. Forez, alla. Fr.-Gté., aule, Jura, 

QÎa, Morv., ole^ ûvie, Prov*, ala. St.-Am., ola. Vx. fr., a/e, 

éle, eele. 

Alêgre, adj.,agrèablej avenant. (V. Agueûriâbe). 

Alein-ke, s. f.,aléue. 

ItaL, lésina. IScrry, alêgne, alog^ie. Lim , lerno. Prov., alena. Sl- 
Ajïi., fiîèna. Vx. (i\f a les ne. 

ÂLENTOH DE (aux), loc. adv,, environ, â peu près : « Y é ben 
au:ji alenior de c' qui «* 

Aleron, s. m., aile de volaille, servant aux ménagères pour 

è pousse ter les meubles. 
Kr>nn., aieroa. Vx^ \t.. ff'sleron. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 25 

Alicher, V. tr., allécher, attirer : « La finaude! aile voudrot 

prou alicher mon Piare ». 
ItaL, aZ/e«are. Berry, allécher. Vx. fr., alechier, 

Aliger, V. ti*,, alléger, déchai-ger partiellement pour rendre 

plus léger, soulager. 
Ital., alleviare, Prov., aleviar, 

Alirent, 3' pers , allèrent : « 01 éteint ra'nus leû dire bonjor; 

ma du cop ô s'en alirent ». 
Bourg., alire. 

Allé, All', A, pr. pers., elle : t Qua c'a qu allé a qu'a crie? 
— Aile a qu'allé a chu ». Cette phrase bizarre peut avoir 
besoin d'être traduite. La voici littéralement :.« Quoi c'est 
qu'elle a, qu'elle crie? — Elle a qu'elle est tombée ». 

(Voir A). 

Berry, allé, àlL Il.-Vûe.. allé, àll\ olle. 

Allegrains, s. m., ridelles de charrette. 
Centre, allegrains, ardes, alardes. 

Aller aux,.., loc, partir pour ramasser, pour cueillir certains 
produits : « Vons-jou aux champignons? aux sersilis? » 
Jouy ici, l'emplaceje. Vons-je, Allons-nous?... 

Aller AUX portes, loc, mendier, Les mendiants vont parles 
rues, et demandent à chaque porte. 

(V. Chercher son pain). 

Aller avec, loc, fréquenter : « Joset va avec la Benoîte; ben 
sûr ô va la d' mander. » 

Wall., aller avec. 

Aller (s'en), v. pr., jfuir, laisser échapper, en parlant d'un 
vase, d'un ustensile de cuisine : « Allons, bon ! J*ai métu la 
la sope su 1' feû, é pi v'ià ma^marmite qui s'en val » 

Norm., s*en aller. 

Aloue s. f., alouette. 

hQ,t. ,alauda. Ital , lodola, Berry, alouvette. Bom-g,, auluôtte. Prov., 
alauza, alaiiseta. Vx fr., aloe, aloue, aloete. 

Altise, s. f. (Voir Bête noire). 

Amadou, s. f., large champignon, de nature très résistante, 
poussant horizontalement sur les vieux troncs de noyers. 
Analogue à l'agaric des chênes. J'en voyais, un jour, cinq 
ou six énormes sur le même arbre ; « Qu'est-ce que vous 
faites de ça », demandai-je au jardinier qui les prenait. 
<r G' qui, me répondit-il, y é de Vamadou; on y brûle ». On 
a féminisé ce mot, et Ton dit : « De la bonne amadou ». 

Genev., amadou, Sav., bolà. 



1 



t 



26 LAKaiGE PÛPULÂinE VKRDUNO-CHALONNAIS 

Amadou {sainùc), dénomination, qui fait partie d'une loc. 
facétieuse. Se dit d'une personne présente. Ainsi : « Aile et 
iqui en chAi" et en os, tôt c' ment Sainte Amadou », 

Wall,, amadou^ 

Amanvier, V- tr,, mettre de côté, amasser du bien. (Mervans). 
AMA3S1SH, V, tr-, contracter, gagner : 01 a pris fréd; ôl a 
amasse du mau >. 

Ame, s, f. , personne, individu ; « J' seû été cheû vous; n'y 
avot âi7ie qui vive ». 

Amender, v. intr., grandir : « Ah! y é vot' petiot? Dépeû que 
j' Tons vu, ôl a hen amendé ». 

Amijûler, y. tr., cajoler, enjôler : « Aile sait s'y prende, celle- 
là 1 aile vous Vamtjole gentiment. » 
Lille, amiclùter. Pic*, amignoter. Rouch., amidoulerj amitouler. 
(V. Emmiôhr), 

A MiTAN [louïa d')i terme de marinier. (Voir Louîa), 

Amomok, s. m,, pomme d'amour, fruit de la morelle, faux 
piment. C'est exactement le mot grec (afJuaiJLovy aromate de 
rinde).Le nom se donne à l'arbuste et au fruit. Les amou- 
reux s* en offrent des bouquets. 

Geûev., amômon. 

AuoRj s. m.j considération! égard : « J'ai fait c' qui po l'amor 

de li », 
Bouig., aimor. Mes.sin., ^r' «wtow^we (attendu que). Prov., per amor, 

prarat^r (à cause de). 

AMOUNKR,v.tr., amener, conduire : « 01 a été genti; yamoune 
mon gar à la fête. » 

Amc^[ition* s. f., munition. Employé seulement dans le sens 
de fournitures militai re^i : « Un pain d'amunition; un fusil 
iXamunition^ 

LiUe, amoHiti07i.M.orv.f ahnuniiion. Pic, amonition. Rouch., amo- 
niiioii. WalL, amoninon^ 

Ancre, adj., tenace, opiniâtre, têtu; aigre, violent, âpre : 
« N'y a pas mo-len d' li l'are fâre c' qu'on vont; ôl èi ancre 
c'meiit eiine mule ». 

Montr., ancre ^ Mt>iYH ancre. 

Akd'lai, adv^de h, au-delà, de l'autre côté, là-bas : « AndHai 

ViA V (de TaiJtre côtii de 1 eau). 
Movv.^ de délais {V. Lavau el Liavan). 

An DOUILLES (voir Dépcndcux) . 



I.ANGAGIÎ I^OPULAIRE VERFICNO-CHALONNAIS 27 

Aneut, adv., anjourrriiui 

Lîit., adnociem (les penpl(?s du Nord comptaient par uaiU). Dauph-^ 
anot~ Fore^y ctnot. T^ang., anueah. hyon.^ luiej/, anuy. Norm.^ 
afiîeuti anieTj anuit. Piov., anet, nnrit. Saint.* (jJieut. Velay, 
aneuif- Vend-j anet. Wall , anuU (ce soir, cetle ouil). Vx. fr*, 
fin^ut, anuît^ enuit, enqitenuit [hac noctë). 

(V, Aiifdeiii Aujordeii). 

ÂXGUiQNE, s. f.j femme de peu de ressource, qui ne sait rien 
dii'e ni faire^ et même quelque peu idiote : n Ta Mariette? 
Laisse-me donc. T et eùne jolite angitignel » 

Anguille bk buisson, s, f-, seipent. 
Lrllo, nnicidlle^ Saiiil.j anguille de buûison 

ÀNiceoK, s. m., petit Ane; au ligurè, enfant qui n'appi'end 

rien, 
Berix nme^ Lini*, ané MAc.j âne^ Montr.» aine (i^ne). Viov.^tisne, 

ate. SI-AttIh, onou, WaU., agne, Vi* fr,, asnû, 

An-nimau, s. m,, animal : « ^"tu îîen te côgerl Côge-tc donc, 

lichu an-'iiiniau^ >* 
^l\yTY.t annimau* St -kïù*^ anim6. SairïL, amiimau. 

An-n'mi, s. m. et adj., ennemi. 

Lat,, inimicus. Berry, hjiiemi Bourjç.j anemin, Morv*» ennemi* 
ProY., eneniic. Vx. fr., inimi, afremi. 

AN-K'inQurÉ, s, f*, inimitié. 
Moi'v*, annemiiié. 

ÂKPKÊs* adv., après, et aussi : près, auprès, 
liai, aj^'presso. Berry, nnpres. Bourg,, aipré. Cogti., anprés. Pic, 
emprès. PoiL, apras. Prov*, rfpîrj. Vx. fr., emprês. apt^^. 

AroNDRE, V. tr,, atteindre : « Aide^me donc. Mon bras ne 

p* assez long; j' peux pas apondreù. la fenétm ». 
Bourg., fliîo in dre . Fôr ez , appo ?i di *e , Q l'en . , apc^ n dré . L an g , , 

afioundre. Lyon-, appondre. Morv., aii:indre. PoiL, niroindre^ 

Prov-, appoutidre^ aieigner. Rom , apondre^ aponher^ Wall-, 

tiière. 
Ai?nNDRK, V. tr., joindre, attacher * allonger: J'ai aponduf^un 

bout â ma ficelle ». (Voir Rapondre et Apoïi^Gr]. 
Dauph., apondrev. For^z, appoHdre^ Gt>nev., appondre. Jura. 

fipontire. La ri g., apoitndrô, Morv-, aipo^ttr^. Montr,, appondre. 

Prov-, appaundre. Sav., rt^iponrfr*?. Vx.fr., apoiire, apondre. 

ApoNsE, s. f,. allonge d^une étoffe, d'un panneau, etc. : « C'te 
jupe ê trop courte; aile a besoin d'eiine aponse >, — « Faut 
mettre eùne aponse au bas d' ti porte », 

Y*M'Pi^,appoatidaiUe. Genev ^apponce^ appondiUe. ïijoii., aponse. 
Monir., appouae. Marv., aiponce. Vaud-, apponce, 

(Vuir Raponse). 



2S LANGAGE POPULAIRE VERDUNOCHALONNAIS 

AponseRj V. tf., allonger à Paide d'une pièce, d'un mor- 
ceau, etc. Mofitr,, apponser. (V. Apondre, Raponser). 

Apobt, s. m., assemblée, fête de village, où l'on boit, où l'on 
mange, oli Ton danse. Les aports sont, comme les veillées 
et sut" une plus grande échelle encore, des motifs à rappro- 
chements entre garçons et filles, et il est peu de ces fêtes qui 
n'amènent quelque mariage. 

Allier, apjpoTî. Eerry, app'i H. Ni vBrn., apport. Vx. fr., apport^ apors 
(lieu 011 t'on déposait les denrées) 

Apotre, s. m,, usité en accotement à l'adj. bon. Ainsi, dire d'un 
gas : « Y et ein boun apôtre », équivaut à dire ; c'est un bon 
garçon . 

Bourg*, aipôtre. Prov*j aposiol, Wall., apôit. 

Aprentissk, s h f-, apprentie, au fig., personne inexpéri- 
mentée. 

Bourg., èpranii{B.^x masc ), Genev., apprentisse. Prov., apprentiz. 
WalL, aprendxce^ Vx. fr.^ apprentive. 

Après j adv*. le long de, à ; « m'a dévoré toutes ses culottes 
en gravie h an t après les murs vou ben après les âbres ». — 
'C Tas lassé la clé après la porte ». — « Qu'é c'que t'as donc 
tàjor après moi? » 

LiSi].^ appr/^sso. Bour^.^ a ipj'ë, Genew.f après» Midi, après, Vx. fr., 
emprés. 

Après, îoc, prép., en train de ; « T'vas l' trouver au bouchau 
du carre; ô\ et ajrès boire ». — - En français, ces deux 
derniers mots signiticraicnt que le biberon a fini de boire ; 
chez nouSj au contraire, ils di.sent qu'il est en train de 
boire. 

Bourg., ajpré. (V, Eprâs). 

ÂQUAND, adVv quand, à quelle époque, surtout pour inter- 
roger : « On t'attend cheù nous; à quand veindras-tu? » 
Moi ¥,.* ^fî qiian, {V, Quand/. 

Aqdeudhe, V. tr., exciter le bétail à marcher (Mervans). 

Aqtjkulïir (a'J, V. pr., s'accroupir, s'asseoir sur ses talons. On 
prend fréquemment chez nous cette posture familière, pour 
s\app rocher ûu feu, caresser un enfant, etc. 

Bresse, s'acab&chei\ s'aroufer. Vx. fr., aculer. 

[V. Acroupetoner, Croupetons), 

Ah, a. f., air ' « 1 m' leùve de grand maitin, por aller prend'e 
la boun âr »* Mais une euphonie naturelle fait dire air si 
si Ton veut parler de a Fair fraîche ». 

Lal.^at^r, aura. Berry, ar. Bourg., âr. Bress., aura, Dauph., are. 



LANGAGE POPULAIRE VlCTOUNO-CHALONNAtS 29 

Forez, ora. Lang., [aura, auro, aoura. Lorr., ar. Mac, ûr. 
Prov., aura^ auro, aoura, aer, Rom., aura* Vx. /r.. aurêf 
aer, 

Aragnée, s. f., araignée. Dans les villes, comme dans les 
campagnes, on entend couramment employer ce proverbe : 
Araonée du maitin, 
Y é du chagrin; 
Aràgnée du soir, 
Y é d' V espoir, 
liai., aragna. Berry, aragne, iraigne, Genev., airagnèe, nrugne^ 
iragne. Lim., raigno. Midi, aragnée. Morv., airgme, fiilgnie. 
Pic, araigne. Prov., aranh, ara;^/la. Routfh., arainct araignie* 
Si Am , arengeùla. Sav., dragne. Wall., aragnie, 
(V. Arignèé). 
Araire, s. f., charrue sans avant- train, à soc Irlangalaire 

garni de deux ailes. 
Lat., aratrum. It., aratro* Berry, arriot^ arriau. DaTiph., araro. 
Forez, arore, Isère, araiH, Lang., araire. Lyon , araire, sochia. 
Prov., araire. Sav., ârai. Wall., érère. Vx. fr., araire, arère 
areau. 

Arboub (à r), loc. au rebours. 

Bourg., rebor. Gogn., à Varbour, Vx. fr ,rebors, arrebôurs^ 

Ar'commencer, V. tr., recommencer. L'a préfixe, (jiii parait 
d'abord singulier dans ce mot, peut s'expliquer bien natu- 
rellement. Supposons cette phrase : « C'est mauvais; c'est 
à recommencer ». On voit sans difficulté comment roreillc 
populaire a perçu la chose et rattaché le a en vedette à son 
verbe. 

liai., ricominciare. Berry, arcoumencer. Bourg., req^j^mnnci^ 
Morv., eurc'moincer. ^i'oy ,recomensar, Wall., rikmainsi. Vx* 
fr., recommencier. 

Arengs (cori lè-js-), loc, courir les harengs. Promena<le- 
procession locale des plus piquantes, faite le mercredi des 
Cendres, et où jadis se mêlait une grande partie de la popu- 
lation. Tous les acteurs, une chemise de femme par dessus 
leurs habits, à la main une ligne à pêcher, au fil de laquelle 
pendait le poisson symbole de carême, couraient les rues, 
psalmodiant : « Un n'ûreng! deux s'arengs! trois ^'aranu^î % 
Et les gamins de sauter, tâchant, presque toujours en vain, 
d'attraper le gibier-saur. Quelques promeneurs, au lieu de 
hareng, accrochaient à leur ligne un beignet, une gaufre 
remplis de filasse. Et, quand le gamin mordait dedans et 
tirait, quels rires! — Il y avait bien encore la cérémonie 
de la moutarde... Mais nous la passons sous silence. 

Bourg., airan, Morv., érang, hairan. Rouch., éren. 



1 



30 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Ar'garder, V. tr.. regarder. (Voir Ar'commencer pour Va prè- 

iixe). 
liai , riffuardare. Berry, ar garder^ argader. Bourg., regadai. 

Novm,, ayyagardfir. Pi*ov., regardai' t^'eguardar.Ss.\ut.,argarder. 

Vï. fr., apuarde7% agaiiar^ regaarder. (Y oiv A gâter). 

Argogner, V. tr,, faire un travail difficile, ou ennuyeux. 
Argolet. s, m., houx, 

Beriy, argoulin. Jura, aigrilou. Morv., argolet, atgoujd, aigru, 
aigueriaii* Poît.j ogroîe. Suis, r,, agrehhlai. 

ArgoniÉjS, qi., mauvais ouvrier. 

ÂRiciiAL (fil d'j. s. m., fil d'archal. 

Lat., aurichalcum. Lille i/î d^acar, Norm., «r/taZ. Rouch., fi d'arca, 
fi d' fer^ Vx* fr., archan, archaîL 

Arikî loc. expl. A le sens de mécontentement, d'ennui, d'éton- 
ncraent, d'impatience : « V là-t-i pas, arié! qu'j'ai pardu 
mon èchevetteï » Se dît pour exprimer une contrariété, mais 
parfois signifie : aussi, encore, cependant, tout de même. 
Quelques-uns Yécviyi^utarriè/ J.Guillemin écrit arrier, qu'il 
traduit par : au contraire. Ce n'est plus guère notre acception. 
Pour donner plus de force à l'expression, on dit souvent : 
A7^ié mais! 

Bourg., ariéj arré. Champ , arrié. Morv^^ arrié. Norm., are. Poit., 
are. Wall,, oragu. 

Arignék, s. f. .araignée- {Yq\y Aragnèe), 

Akigner, v. tr., railler, taquiner, agacer, provoquer. 
BoLirg*, arguîgnai. Fr.-Glé, arguenai. Vx. fr., aguigner. 

Arlequin et Arloquin. s, m., l>arque très légère, ne pouvant . 
guère contenir qu'une personne, et destinée à la chasse sur 
l'eau. (V. Nêye-chrèiieny 

Ar'marcihRjV. tr. 5 remercier. 
Morv., ermnrcier. 

Armona. s. m., almanach. 

\\\û,,aîmanarco.'By\m\^.^ arm an a. Y\2iwdi., armena. Genev., armana. 

Midi, arma7ia. Mmis, armunaque. Monlr.. arminah, Morv., 

afvmaîia. Fic^ armajictt armétiake, Rouch., armenaque. Wall., 

arnmna. almona, 
Aroltfer (s% \\ pn, s^accroupir, s'abaisser : « C'ment c' qui, 

t' peux pas y voir; aroiife-te ». A beaucoup d'analogie avec 

Se mettre à erottpainn. 
Morv., s^arouffer, (V. Croupeton^ Egrouer). 
Arpi, s. m., grandti perche à Tusagedes bateliers. L'extrémité 

est année d'une pointe et d'un crochet en fer. 
Daupb., ar^i, Lyuu., arpi, harpie. Sav., arpi. Toul., arpeto. 



■^ JlïliiWVl^'^ " 



LANGAGE POPULATRR VERDUNO-CHALONNATS SI 

Arpion, s. m,, griflEe, ongle, serre, corne des pieds do 

cochon. 
Ital., avpignone. Forez, arpion, Genev., arpion, Gasc.» arpioa, 

Lyon., arpion. Poit., arpion, oi'pion, Rom., arpa. 

Arra, adv. de mariniers, vite! : « Arrâ dou d'avant 1 Arrâ 
dou d'arrié! Arrâ dou partout! Arrâ dou bou viri! » (Vite 
en avant! Vite en arrière! Vile de partout! Vite, et tournez 1) 
Nos hommes de bateau emploient ces locutions lorsi^u'ils 
ont à faire éviter aux chevaux qui tirent la maille un obstaiile 
quelconque au bord de la rivière. Quand la maille porte bien, 
elle passe facilement par dessus tout. 

Arria, s. m , embarras, obstacle, tracas, étalage, confusion : 
« Ses afâres me donnont ben de Varriâ ». 

Arden., aria. Berry, haria. Bourg., arid. Fland., haria. Genev-, 
aria. Lorr., arou, Marne, aria. Midi, arriage. Montr., aria. 
Morv., haria. Norm.»û^na. Pic, arîa. Poit., aria. Kon^i'^aria, 
Wall., aria. 

Arrié! interj., arrière! 

Bourg , ai^eire. Morv., arrié, arri. Vx. fr., areire. 

C'est aussi une des formes orthographiques de Ariè 

(Voir ce mot). 

Arrié {louîa d), terme de mariniers. (V. Louîa), 
Suis., faire arri (ramer en arrière). 

Arsouille, S. m. etf., personne malpropre, de mauvaise tenue, 
et surtout de mauvaises mœurs. L'abbé Corblet et Ed. du 
Méril y voient une apocope de « garsouille ». 

Bourg., arsouille. GhâtilL, arsouille. Norm., arsouille. Pic, ar- 
soule. 

Artifaille, s. f., ajustement, objet de toilette : « Aile se 
fait bé brave; allé met toutes ses arti failles ». — Corruption 
A'attifage. 

Poit., artifaille. 

Arto, s. m., orteil, doigt de pied, particulièrement le gros* 
On a retenu ce fragment de couplet : 

Y é V vieux pare Beùrno : 
01 é su son dos, 
Pasqu'ôl a hé mau 
A son gros artoI... 
Lat , articulus. Ital, artiglio. Berry, artéy artou. Bourg. ^ atô~ 
Bresse, étio. Genev., artueil. Hainaut, ar<oi7. Lang , artel.Wo\\\i\^ 
artoi. Morv., artoué. Vx. fr., artô, (W. Ortillon). 

Artuson, s. m., artison, insecte qui ronge les bois, le.s éLoiîes 

les pelleteries, etc. 
Montr., arlus9n. Morv., artouézon, Vx. fr., arluson^ arluisou. 



32 LANGAGE P0PULA.TR1Î VKRDUNO-CHALONNAIS 

Artits'nÊi adj., rongé des ar tisons. 
Monlr*, ariusGué. 

Ar'vekt (s'n')f V. pr., ^s*en revenir : « J' Tons rencontré qu'ô 
s'n'ar'venoé d* choCi vous ». 

AK'voyoTE (à V)i loc, aui-evoirî a Allons, Piarre, portez-vous 

ben,,. A Var^voyoie ! a 
Berr'y, à Vài'voyure. 

As AU, s. m., hasard, aventure. 

liai-, az^ardQ^ Bourg:*, *ija, a*ar. Prov., asrar. St-Am.,a<2:<l. 

AscuâER» V. tr., excuser. 

Ilah, ^c.usarc. MorT.j nscuser, Prov., escusar, 

AsE, s. f.p aiae, aisance, lùen-être : t Y et ein bon parti qu' 

Jacot; ôl è bén à Vase ». 
ItaL, a^to. Bourg., £*.rc. Bress-, e50.Fr.-Gté, ase,M.orY,, aâye. Prov,, 

ais, Wall,, dhe. Vs. fr., eisCj ayse, 

ASE, acij., aise, satisfait : ft Jamâ j'ons vu nun pu âse que 

lu; 61 é ben liureux! » 
Lille^ ache* Morv., aâ^/e^ St-Am., ejou. 
Malgré cette prononciation, le Vcrdunois dit : aise dans un 

autre cas. (Y. Aises [les). 

Aspergés, s. m., goupillon, comme en français, mais aussi et 
surtout Taspersion faite pour lutiner : « J' nous sons baignés 
en Saônt; avou 1^ petiot, et j' t'ii ai envoyé un aspergés!.., » 
(C'est le premier mot de U prière chantée à Téglise pendant 
i'asperjiiou). 

Lat.p aspergere. Norm-i arpergès. Tovd,, esparsou, Vx. fr., arper- 

Assassin, s. m., assassinat : « Y et ein un vrâ brigand; ôl a 

commis éun assassin ». 
Norm, , assOfSsiti. ^oixch. ttissa^sm. Vx. fr. assassinement. 

Assavoir {faire}, v. tr,, annoncer, publier par la ville. C'est 
toujours le tambour attitré qui remplit cette fonction : « Eh! 
v'ià r tamboufiiier. Qu c-cequ'ô va nous faire assavoir"} » 

Morv-, ai&salvond. Noriii., asAaveir. Pic, assavoir. Wall., assavoir. 

AssKO (en), loc, une des manières d assoler les étangs. L'as- 
solement en assdc est 'en usage dans l'Autunois et quelques 
localités du Chai on nais. — Lorsque les étangs sont restés 
en eau pendant quelques années, on les dessèche (on les met 
en tiSBec) et on les sème ordinairement en avoine. 



^t-ç^'^'^-^y. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 3'6 

AsSETERfsy, V. pr., s'asseoir : « T'nez, la brav' fonnc, ass'tez- 
vous d'vant V feù ». 

liB.1, assetare. B^rry, siter.assUer, assidre* Bourg. ^essetar, ssseutm. 
Bugey, acheta, Montr., asseter. Morv., aicheter^ aiçhitvr, chiier, 
chitref ester^ ster, siéter. Pic, assîr^ achtr. Poit., flwj/ier, ProVi, 
assezar, assire. Saint., assiter. Sav., achettâ, WalL, asnr» 

(V. Asseyer, Cheiirter, Sisite). 

AssÉYER (s% V. pr., s'asseoir. 

Genev.* s'asseyer, B.o\içh., s'assir. (V. Asseter^ etc.). 

Assis (se mettre), loc, s'asseoir : « Mettes-vous donc us^ib; 

j'vons causer un brin », 
On trouve dans Ronsard : Assisons-nous . 

AssoTE (à V)y loc, à l'abri. On entend parfois dire ; Essote, et 
même A la soté : « I pleùvot; allé s'é métu à l'assoie sou 
ein âbre ». 

Ital., air asciutto. Berry, à la coi, à la couée. Bourg., ai Vaicoyau 
à J^ assoie. Champ., à Vécoyau. Dauph., à la souta, Fi'.-Gté, à 
Vaissoute. Frib., à la sota.Geney.y à lasioute, Hain-, al coiete. 
Lyon., recoto. Mons, au coi. Montr., assoie, à la soute. Moi"v., â 
la coit ai Vaicouau. Neufch., la chotta. Pic, à la coytitte. Hom^, 
essoute. Rouch., aucau St-Am., acheûte, Sav., à la cheuid. Vaud*, 
la chotta. Vosg., à lai chouai. 

Ass'tqt, adv., aussitôt, au moment que. 

Bourg., aussitô, ossetô. Lorr., astôt, ass^tôi que (sûrement que), 
Morv., chutôt, St-Am.jChasteù. (Voir Auss'tôt). 

Atou, prép., avec, ensemble, aussi. (V. Étou, Itou). 

Atounant, adj., étonnant. 
Morv., atounant. 

Atout, s. m., coup bien appliqué : « 01 étot tôjor ri me 
r'chigner; j' t' li ai fichu eun atout!,., » Les joueurs aux 
cartes, prenant le mot au sens propre, disent : w battra 
atout » pour : jouer atout. 

Berry, atout. Cognac, atout. Genev., battre atout. Manch.» atout. 
Norm., hattre atout. Vie, atout. Sav., à^ow^ Wall., atott. Vs. fr,, 
atout. 

Atraper.(s'), V. pr., se heurter, se faire mal contre un corps 
quelconque : « Oh! là là! j' m'é atrapé la maiQ eont' le 
mur ! y m'fâ bé mau !» 

Bourg., étraipai, 

Atrapote, s.f., piège, lacet disposé pour prendre les oiseaux. 
Au fig., ruse, artifice, 
resse, attrapote. Rouch., atrape (pour les animaux). 



34 LANGÂGB POPTJLAIEE VHKDDNO-CHALONNAIS 

Atrapou, S. m.,aUrapeur, rusé, qui trompe. 
Bourg. f aitruipoû. 

Atreaux, ou Atbiaux, r. m., boulettes de foie, de cceur et de 
mou de cochon, très agréables aux délicats- Ces boulettes 
se confectionnent aussi avec des tranches de viande roulées 
et grillées (Atelets), 

Employé aussi dans le sens de : fricandeau. 

Bourg., dtrauis, Bvess^^ oteleU. Forez, auéariatix. Genev, ^airktux. 
Norm*, hafelet. VXi fr., hdtereaux, asîereauï^f afterêauoc, 

Atbinqué» adj., à son aîse. ayant bien tout ce qu'il lui faut ^ 
« J' sons été voir nout tante; àir é ben atrinquèe ». 

AucuEUNE, adj. indèf., aucune, 

It^Lf alcuna. Jtourg., auquàne. Morv., ctaugueuns. Prov-, ajcun. 

Au DROIT DE ... , loc, , à la portée de, . . 
Morv,, au droit de... 

Auj'deu, adv,* aujourd'hui. — Cûntrationd*atyord^* 
■ (V. ce mot), 

AujORDEtf, adv,, aujourd'hui. 

LaL, hodiê (hoc dîe}^ Berry, t^nhui. Bourg-, ojede'û, aujodefu 
Bresse, osordi. Geriev., aujord'hui» ll.-V,, ani^ anhui, anhi\ 
anhet. i^aug., hiuèi, Lim,, iinéf, Lorr. , ajdlieu^a^eguml^èméheu. 
Lyon., hueyt vuey* Mûc, aj6rd\ulA^T\.^hôcedét ojeâeu^ ozedea^ 
âjâdêUt azedeu, mddeu, o^edé, o^ourdé. Prov., hia, engu'hui. 
Rom., h&y . Sa v . , voit i, S om ., en*k ui. Toul , , o uèy . V os g . , agedeu, 
^igedeii* (V. Aufdeùy Aneût). 

AUNOT, s. m.j oison sortant de rœuf : « 01 é ben futé c'ment 
ein aunot », 

Auss'TOT, adv., aussitôt : « Voui, aussHôt qu' ses bas ont des 

porlus, à V les met au rancart ». 
Bûurg., aussitôt ossetô^ {Y. Ass'tôt). 

AuTOR, prép., autour. 

ItaL, inlorno.BouTg., autor^ St-Am., la ioUf lou tou^uWu. ,Sav.| 
Ueur* 

AUTOUNE, s. f., automne. 
Lat., autumnus. Proy,, awiom, 

Av\ contraction d'ave;^ i v Av>' vous besoin que j' veiine ¥ u 
(V. Av' vous). 

Avalée, s. f., descente, pente de terrain, 
La t., ad vallem^ 



LANGAGR POPULAIRE VERDUNO-CHALONKAIB 35 

Avaler, v. intr., descendre: « A^Vaval^ aïe! » est ïe cvi du 
berger rassemblant soi) troupeau. On a dit auli'efois < à bride 
mja/(^e » pour : à bride abattue- 

Bouig.» évanlaL Morv., aivaîer* Notm^, avalei'- Vx. fr., avaler ^ aval- 
leff s'avalei' (s*abaisser), 

Ayaleb, V. tr., quereller en criant fort, s'emporter brutale- 
ment : » Je m' garderai ben d'ii en parler; ùm'avalt^roé », 

AvALE-TGUT-CRU, loc. adj.,goinfre, glouton : « L'inviter, c'gas? 
Oh! côge-te; y et eun avale-tout-c7'u ». (V. Avale-r^oyaume]. 

AvALE-KOTACME, loc» adj,, mauge-tout, 

(WAvalo-tout-cru, dont il est synonyme). 

ÂVANPLEUE, s, ni., auventj tente pour garantir de la phiie 
(avant-pluie). 

Morv-, aivanpleue* 

AvATîTt adj. et adv., loin, profond, profondément : « Por 
avouer eun p'chot d*ombre, j'ai r'planté i'Ahre pu armant ». 
« J'ai vu r trou ; ô\ è ben avant ». 

iMr, ab ante. Bourg:-, aivan, Morv., awan^ Pic, fJvant.(Vo\T Avau), 

Avant [louht d^), terme dp mariniers, (Voir Louïa). 

Ayant d' lai, adv. de lieu, loin d'ici : « Y a biau je£i qu'ôl & 
parti; ôl è ben avant d^ lai ". 

Ayanter, V. tr., aveindre: ^ Avantc-me ù'te bouète; î n' seù 
p*assez grande » - 

Baurg.^ évoùidre, avoindreé Genev,, aranter. Jura, aimanter. Lang., 
aidera ^ Lyon^, a^era. Montr,, avanter. S av., avêtd, Wall., (ivenL 
(Berry, Nivern., Norm., Pic, ont le mot fiançais). 

AvAU, TE, adj., profond: « L'iA è frôclie à mon pouit; ôl é 

ben avau »* 
Latj ad r^alUm. Monlr-, ax^aut* (V, AvanU Evau), 
ÂvÉNE, S. f-, avoine, 
Lat.» ItaLj amna. Berry, a'ceine. Bour^,, aivotm. Liin., avêno. 

Moi- Y,, mvoigfie. Koniï,, avenm. F\c.^ avène, ¥ uqy, f avena. Bb^y., 

avêiia. Wall., G^ônn. 

ÂVENiÉEE, S. f,, champ d'avoine* 

AvËTTE, s. f., abeille. 

Lar,(îpi.y. Ital,, ape» \^&rYyta^eite^a'pelte. Bugist*, (ïvoiiiï/ÊnDaupli, 
avilie, JjOrr*, raoKaile. Lyon., a-oeille, Nonn,, attelle. Pic», èj, 
eps. ProVn, abelha. St-Anu^ jamdye. Sav., ai?oe//ie. Wall. ^ mû A A. 
til lûmn\. Vx, fr,^ aj^etle, apeUe, aveiiie. 

Ayeuglôte (à l'Jt loc, â l'aveuglette, sans lumière^ sans y 
voir : a T'as ôbliè ta lantarne; t* vas t'en r'torner ciment 
c-qui a l'aveûglote », (V. Eveûglote). 



36 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALOKNAIS . 

AvEULB, s»f., aveugle. 

Lille, avuîe. Si-Xm., amtlyûu. Waïï., lïîîeùiâ. (Voir Eveugle), 
Ayiïïh (s'). V. rèfl., se dit d'une maehîne» ou plutiH d'une montre 
quii après a'être arrêté*?, s'est remise en marclie seule : c Ma 
montre s'étôt èrâtêe dans la neiit; àli' s*é atJîJ^ pendant la 
preùmenade o, 

Avoi, V, tr. , avoir : u I vaudro bon avoi T temps, j' te plain- 

dro^ vrà ! i* 
Lat., habem. It., avère* Bourg, ^ aiv^oi, aivoy, Il.-Vne, avai^ava. 

Morv*, aii^oiid. Norm., aver^ Pic^, avioër. Poit», a-^ère, avouère. 

FroY.f aver* Suis, vom.^ atai. Wall-, aveur. {Y^ Avouer), 

Avou, prèp., avec, 

Bepry, anc^anve^y, avettc. Bourg., aivô, aivu, aiveti, aivoue, avoue, 

Bresse, avoui. Biigeyi avoué, Cogu,, aron. Dauph.» avej/j aveque. 

Fr^'Cté^ aîvOf ait^eut alloue. ll.-Vne, o, avé^ ové. Lim., coumo. 

Lorr*, avoit^ évou^ avo, atneu^ Lyoïi,^ acoï, t^vouai. Mac, avii. 

' Morv-, ai&ou. NoMii., auéu. Pic, aveUf avè. St-Am., avwâ» Sav., 

aiwai. Toul,, ambs. Vosg., evo, aicou» Wall,, a>vou. Vx. fr., oves- 

qites^ avoec. {V. D*avoUj Évou). 
AvouïïH, v. tr,, avoir. 
Lim.| avev, (V, Avot), 

AvouRTON, a. m., avorton. Outre son sens propre, s'emploie 
en injure contre les gamins : » Saave-te dlqui avourton! » 
Bourg., aivotOfit Yx, (v^ adi->oidton, advorton. 

AY vous? contract. de : avez-vous ? Parfois se contracte encore 

davantage en : A' vousf 
Vx. fr,, avoits. (Voir Av*). 

A vuED' PATS, loc», coup d'œll d'ensemble, aperçu général. 

Sîgnilie surtout : sans y i-egarder de trop près. 
Gogn,, même locution. 



B 



Baba (à), loc, à boire ! On emploie ces mots avec les enfants, 

et les enfants les ont adoptés dans leur vocabulaire. 
Morv., bubu, fève huhune, Sav., haba. 

Babille, s. et adj., femme qui cause beaucoup, babillarde : 
« N'crès pas tout c' qu'all'te dit; y et eiine grande habille ». 
Berry, bagoulant^ &* 



LANGAGE POPULAlBE VERDUNO-CHALONNAlS 37 

Babo, s- m. y bobo. Se dit volontiers en parlant aux enfants : 
rt T'as babô 9 Attends; j'vast' biser »* Le baiser compte tou- 
jours pour le meilleur remède, 

Benj^ b*zbîait, GeneVi, ftafto, Morv., babf'f. 

Babouin, s. m., qui a de grosses lèvreSp lippu, 

Ital,, bahlîuino. Bourg , babouin^ Morv.^ bahouin^ , 

Babouine, s. f,, babine, grosse lèvre, 

Berry, babichet babonne, Buurg*, babaigjiû, bdbeigne, Fland. 

babène^ Genèv.j baboitine. lAW^^babanfic. Morv., babouine. Pic, 

babeine. 

Baciîot, s, m, h, dimin, de bac, bateau A compartiments troués 

pour garder le poisson %'ivant : o J* voulons eùne méûrette; 

vas qu*ri c' qu't faut dans ton bachot », Ce substantif désigne 

le bateau tout entier» 
Berryj bache^ Lyon., bêche, bescke* Norm., bachot ("petit fllelj> 

W^U.t bâche, hac.(Y. lidchut). 

Bachut, s. m-, partie du milieu du bateau de pêche, fermée 
et à jour, et dans laquelle le poisson reste en eau vive 
jusqu'à ce qu'on le mette à la sauce ou à la poêle. Les 
Verdnnois emploient un peu indistinctement bâckoé et bachut^ 
et pour les uns ils sembleraient presque synonyme, alors 
que chez d'autres nous avons remarqué la nuance indiquée, 

Eas-Lim,, bachoun. Brcisso, Sert-e (réservoir à poisson), p. syn. à 
htîchu.Fov&'i, huchet* hy ou, bâcha, bâcha. (V. Bachot). 

Bâfrée, s. f.^ bâfre, repas copieux, abondant, et pris avec 
gloutonnerie : « 01 a mîgé ù. la noce.,. Dieu de Dieu î queUee 
bâfrée /. . * » 

Vî, fr., bauffrée. 

Bafker, V. tn, manger copieusement et gloutonnement : 

« O bâfre, 6 bâfre; j' sais vrAment pasquea ventre qu*ôl a ». 

Berry. baufrer. Bour^,, bâfrai, briffai, Lorr-, bâfré. Wall., baffrer^ 

Bafrou, s. m.| glouton, bilfreur. 
Berry, baufreur. 

Baissïelon, s. m., espèce de sarcloir. 

Bresse^ bacelon. Mac, bessale (pic ("ho). Monir., bais se Ion, (Voir 
FesAOu). 

Baillot, s, m., soupir. Se dît des animaux ; « rend son 
dâi^i bâiUot *. 

BailloDj adj,, donneur, qui fait volontiers Taumône^ 
Bourg., baiîlou, ze^ 



38 LANGAGE POPULAIRE VEaDUMO-CHÀLONNAIS 

lï ALITER, V. tr , balayer p 

Berry. balier. Genèv., balier. Midi, id* Mor?., haléger, Prov., 
balayât. Rouch., haliûrj Yx. fr.i baloie}\ balier. (V. Remesser), 

BalitettEj s, î.f dim , petit balai, 

hyoTi.^coueveia, Norm., balieUe* Uùucli.. baltète. (V. Remesse), 

Baliture, s. f. , résidu du balayage. 

hevry, baliure, Genev,» id- Midi, id.» Rouch., id. 

Balant (ëirc en), loc, éXre indécis, ne savoir de quel côté 
pencher. Une femme, qui avait des prétentions et voulait 
quitter le patois pour le français, me dit un jour, répudiant 
le mot bala ni : a Je ne sais vraiment que faire, je suis dans 
le décis (rindècision) *. 

Cogn,, balant, 

Balivarne, s. f., baliverne. 
Bour{f , bauiirarftff. 

Balonge, s. f,, raale d'une forme spéciale pour la préparation 
du pain de san'a^îïn. 

Bon ri?., hailongf^. .Tui'a, halo?ifje. Moiitiv» iJ. 

En Bourgogne, la haUon^a est un eu vie r ovale, où l'on jette 

les raisins vendangée pour les portet* à la grande cuve. En 

Bretagne, èa^ûg^^îw est aussi un cuvier. 

Balot, s, m-, criblure de blè, d'avoine- 
yiQwlT. y ballot. 

Balote! s, f., terme employé par les paysans pour appeler les 

oies, 
Mi>ntr,, balùUe (belette). 

Bambtner, y. tntr., muser, tlâner : * O n' fait qu' hamhiner po 

les rues ■. 
Forez, bambanâ, hambarttâ. 

BAMnocHK, s. f*, babouche, savatte^ pantoufle, chaussure de 

chambre, 
Genev., bamboche^ Pit;., id. Jurajd. Metz, id. 

Bambocher, v. intr., godailler, riboter, passer son temps en 

plaisirs, 
Genevn, ftamôoirfter- Vand., id» 

Bamuoches, s. f., se prend dans Taeception de plaisirs peu 

modérés : (t fait ses bamboches ». 
llal.j bamboccio^ Norm,, baïtvbQches. Rontit., id. Wall., bambosch. 



I*ÀNGAGW POPULAIHB VEBDUNO-CHALONKAJS 39 

Bamboches s. f, balivernes, dires de peu d'importance : 
^ Côge-tQ donc, te m' dis des bamboches » . 

Baneire, s. f., bannière. 

Ital 1 bàftdiûra. Bouï'g., haneiret PrOv«» àandiera, baiieira, Wa.lh, 

Barbe, s. f., hai'be- 

Lal,j et Ilal.^ barba* Bourg., babe^ Prov,, ^arba. Wall, bàbe^ 

Barbette s. f. , dîm. de barbe, barbe naissante* Ti'és usité 
dans ce cliant des enfants se tenant i^écip roque ment le bout 
du menton ; 

Je te tiens j tu me tiens, par la barbette. Le premier de nous 
deiioc qui rira, aura la tapette. 

Morv., barbette . 

Barboter, v. tr., salir : « Aile ajournent barboté sa jupe! » 
Norm., vari^oter. 

Barboter, v. într^j bégayer, parler de façon peu intelligible : 
o( Qu'é-c' que V noua barbotes ^ On n' t'entend pas ». 

Barbouiller, y, tr., affadir, déranger : « J'ons mingé l'oie de 
la Saint-Martîn; ma allé ètot si grasse^ qu'âU' me barboitille 
le cœur o. 

Babrouillon, s, m., qui ne sait ni parler, ni se tenir, décon- 
tenancé : « 01 é sale, ô,n' dit mot; y et cun vrà barbouillou », 
J.- Jacques a donné ce nom à un méchant musicien. 

Genèv ^ barboxiUlon. 

Bardoleb, et Berdoler. v. tr., barioler, peindre de plusieurs 

couleurs les ceufs de Pdques, 
Bourg., barrôiai. Gcnbv., bartcofé. Montr., bardoUer. Poit^ brî^ 

f^akr. Roiich,, gaÏQÎer. W^. fr., riolé. [V, Barîgoler). 

Bardot et BeRïx}t, adj., bariolé. Pour Pâques, les marchandes 
mettent en vente les cocos bai^dots, c'est-à-dire peinturlurés 
de diverses couleui's. On les dit aussi bardolés, du verbe qui 
pi-éeède. S'applique aussi aux taches de rousseur ; a C'te 
fonne é bardot e »♦ 

Bourg,, barrôîai. Montr,, bardot. Roue h,, gdiolé. (V. Bar do ter). 

BakgeRh s. m., berger. 

Bas L^i,, berbicarius . E or ry , harfjer. Bourg., borgei, bogei. B r es 8 . , 
ber^i. Lim , barger* Lori., bûgé. Mac-, bregi. Morv,, beurger^ 
barges beurzé. ^i^Tïii.,bergier. Pic, herksr. Prov , bergier. 



\ 



40 LANQAQB POPULAIRE VEEDUNO-CHALÛNNAIS 

Bargère, s. f., bergère. 

Bourg., horffeire. Morv., heur gère, bar gère, beiirsêre. 
Ce féminin est mis ici pour exemple. Le fémîtiin des mots de la 
nomenclature qui précède se forme naturellement. 

Babgkrie, s. f., bergerie- 

Lat., berbiaarta. Bourg., horgeHe, Morv», id- St-Atn-, hrezeri, 
Vs» fr., ber chérie. 

Barignon, s. m., chemin creux, (V. Conchisc), 

Barigolé, adj,, bai'iolé. 

Genev., btiricolé^ Lyon, id- Marv. id-, brigolé. Vaiid., haridole, 
(Y, Bardât). 

Barigoler, V. tr.p barioler. 
Morv.» hrigoUr. (V, Bardoîer). 

Bahtvagbr, V. intr., réussir, prospérer : a C'te famille a mau 
torné ; k\V n'a point barnafp' ». S'emploie aussi pour produire, 
fructifier : « Ces âbres ne barnagant point ; la t^rre ne leù 
convient pas. Les pommes de târre n^ont point barnagé 
c*V an-née ». 

Morv.» haimaiger. 

1 

Baronfler, V. Intr.j respirer bruyamment et péniblement : 

Oi a quÉque chouse qui le geinne; ôl en baron fto ». 
iV. Jonffçr). 

Barquotj s. m.j petit bateau, dîm. masc, de barrjue ■ a Monte 

au barquol; j' vons pocher k IHusieurs l'écriraient barcot; 

mais devant l'orlhogr. de barque, iVot il procède. Il n'y a 

pas A discuter. 
Bourtî., haqrte (barque). Dauph., barqiieU Rouch. hat^quête. (Voir 

Fo urq ue Ue. Ar leq uin) . 

Barbe, s. f., le devant : « la barre du lit, la barre de la porte ». 
On dit aussi : la barre du con^ pour : la rmque, iiui n'est 
- pluB le devant. > 

Bas fdciacendre en), amplif. incorrect, employé un peu par- 
tout. 
(V* Bois^ Chaud, Froid^ Haïti). 

Bahaine, s, r,, basane* peau de mouton préparée. 
Vs. h'., bamne, hezane. 

Bassin, s, m., petit vase en cuivre et à queue, accompagnant 

toujours le siau qui contient Teau à boue. 
Bourg., haissin; Morv.^ bassin, baûsin. Pic, bachin. Prov., bacin. 



I ^ 



LANGAGE POPULAlfiE YERDUHO-CHALOKNAIS /41 

BASsm-D*OR^ S, m,, renoncule des près, 
fiforv-, hasHn^d'or. Poil., clair-hassîn. 

fÎASTRiKGUEt S* m., bruit dis sonnant qui agace, tapage : « V'tn 
ben, ch' ti botrîau, fini ton haëtringnu] te m' casses les 
orilles »p 

Batafi. s. m,j petit morceau de corde non tordue» dont les 
mariniers se aer%'ent pour attacher ensemble deux autres 
cordes j deux petits bouts de bois, etc. 

Batiatj, s. m., bateau. 

liai., haiello. Bourg-» baiiea. Dauph.i bateu, Lorr,, héquiû, Morv,, 

baquiait, Frov., ba^telh. Rouch, hatûtu. St 'Ara», balô. WalL, 

hâtai* 

Batik, s, m,, petit lait, résidu aqueux, qui s'est produit à la 

ijattue du beurre. 
MorUt.» baUmn. 

Batrasse. s. f-, forte pluie, averse, parfois mélangée de grèie : 
*t La vigne a passé fleur, mais gare la tatras&e! » — 
J. Gtiilleminsugtçère que « ce mot fait penser, par son éty- 
mologie grecque (jS3:-j3Gt;jr^9ç) [?J, aux prétendues pluies de 
batraciens », où il voit tout simplement une pluie Laikmte. 

Cogn., batrasse. Montr,^ id. (V, Beûrée). 

Bâtant, s- m., sorte de piège en plancliettes pour prendre les 

oiseaux, trébuchet. 
Boiirr^f,, baiian. 

Batehon, S. m-, espèce de tresse formée avec le chanvre qu'oa 
mferrote pas, 

BâTOu, s. m., batteur de blé, qui bat au lléau, en grange. 
Bal»i baliitore^ ^lorx.^battou. Prov., baiei/re, batedor. 

Bàtrb, y. tr., pris dans une acception absolue pour : battre le 
h\è ; L' pAre Chose bai A Salnl-Jean ». Une locution irôs 
usitée est encoi-e celle-ci : « batre en grange ». 

Ital.» baU^re^ Bourg., haitre^beutre. Mis^v*, battre, Prov., batre. 

Batre de la caissEj loc.j tambouriner, fonction du ^ tam- 

hournier ». 
Sav., tambornd. 

Bauchk, s. m., fenih (V. foinûau). (Mcrvans). 



i& LAN&AGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

BAULARetBoLAR, adj,, celui qui crie, qui pleure. 
Morv , bolar, boitât. 

Baulée ai Bolée, s. f., cri, hurlement, mais aussi chant de joie. 

Bauler et BoLBR» V. intr., pleurer avec des cris, beugler: 
ï E-ti mauvais, ce p'tiot! ô n'faitqu' bauler! » 

VoTe'A^beurlâ^MovY,, bauler, bôler (se dit des taureaux), Poit., id. 
SU A m,, hélé. (V. bêler, beùler, rebauler). 

Bauméri, a- m , nom que les mariniers donnent aux chevaux 
de renfort qui^ de 1 autre côté de la rivière, aident au tirage 
des bateaux. 

Bavaroise, s. f-, petit pont de pantalon. 
Rouch., baoaroisse» 

Baver, V, intr, bavarder, parler continuellement. 
Boui'g., baivai. Prov., havftr. 

Bavette, s. f., bavardage, longue conversation : « Voû c'ét-i 
qu'à' sont, nos fonnes? — Cheû la Roussote. A' taillont 
eùne fine bavette *. 

Bourg. 3 baivaii^r, baibiUâ. Wall., bavette. Vx. fr., baverie. (Y. Tailler, 
Causette). 

Bavou, adj., qui bave^ sens propre (?), mais surtout au fig. : 
bavard, craqueur, menteur : « Y é pas vrai. Côge-te; t'ét ein 
p'tiot bavou ». 

Berry, ba'i^oux. Marne, baveur, Montr., bavou Morv., id. bavoichou. 
Pic.^ baveuj:. Poit-* bavait. Prov., bavec, bavet. Sav.,&at?w, bavœu, 

Bazaihtb, S. f. , étoËfe employée jadis dans les costumes de 
femmes, et très goûtée de nos grand'mères. 

BÉ, adv , bien, fort, beaucoup. 

Bourg-, bé, heu. Morv-, hein. St. Am., bié. Saint., 6e. Wall., id. 
(V. Ben), 

BÉATiLLE, S. f., bagatelle, débris, objet de peu de valeur ou de 

minime format. 
Bourg., bêatille [bonne choî-e à manger). Lyon., id. Prov., beatilhas. 

Beaune {sa trouver deX loc, être de reste, laissé de côté; n'être 
pas suivi, pas pris au sérieux : «... Un tas de résolutions, 
qui toutes se trouvent de Beaune devant la dernière, la meil- 
leure qu'elle ait jamais pu prendre » (correspondance 
de 1833), Cette locution chalonnaise était encore très usitée 
dans mon Ji^ime temps» 

Bûurg., Bimane. Forez, être de Beaune» 



LANGAGE POPULAIRE VERDUN0-CHAL0NNAI8 43 

Beaune a été raillée du temps de Piron, et surtout par Plron. Un 
enfant de cette ville, M. S. Gauthey, l'a vengée dans une 
pièce de vers filiale. En note, il ajoute que Heaune vient de 
êeÀïjvoç (le soleil;, et le prouve par ce calcul (en plaçant verti- 
calement les lettres de ce nom mystérieux, et leur donnant 
leur sens numérique grec) : 

p- 2 

e— 5 

>- BO 

ï) - 8 

V— 50 

0—70 

Ç — 200 

365, nombre des jours de rannêe solaire. 
Beane se prononce Biâne, Selon le compétent Ijourguîgnou 
J. Durandeau, « c'est sans doute à cause de cette rime (^îie, 
Biâne) qu'on a dit : les ânes de Beaune » , — ^elon La 
Mésangére, il y aurait eu jadis à Beaune de rielies marcLauds 
appelés UAsne, et les railleries, très irntnéntéei^, seraient 
venues d'un malentendu sur ce nom. 
Becfi, s. m., becfigue, oiseau qui béquette les figues et que 
l'on trouve d'un manger délicat. 

BÉCHELON, s. m., bêche. (Mervans.) 

Berry, 6î\s5e, hesse, 

BÉCOT, s. m., baiser : « Allons, p'tiote, vein et faia-me ein 

bécot ». 
Champ , 6ec. Fland., hesse, Lang., béquou. llorv,, bécô, boque. 

Pic, bec. (V. Bicot). 

BÉCOT, s. m., bec, petit bec. 

Berry, hé. Bourg., 6at. Lim., hé. Lorr., bac,heuc, Moutr,, ha, Morv.^ 
hé. Pic, he Prov., hec, Rouch., hièque, WalL, bêche, heg. 

Bedon, s. m., bedaine, gros ventre. En français, signifie : 
homme replet. Je gros ventre s' appelant : bedaine. « 01 a 
eun fameux feeo^on ; ma y é pas étounant, u bâfre tôjor », 

Morv., bedon, (petit ventre}. Poit., bedaille, bode. Wall., bodène. 

Bbh (mouton), loc, nom donné au mouton par les enfants qui, 
toutes les fois qu'une ou plusieurs de ces douées bûtes 
passent, conduites par le boucher, ne manquent jamais de 
formuler ce petit dialogue : 

Mouton hêh, — où vas-tu ? — A la boucherie^ — Perdre la utt% — 
Mouton hêh, — Quand reviendras-tuf — Jamais,^ ^ — Mouton 
hêhl 



i 



44 ' LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAïS 

L'apostrophe rtioutonbl'h, qui revient trois fols dans ce mor- 
ceau, est prononcée avec l'imitation la plus parfaite possible 
du bêlement du pauvre animal. Le langage enfantin n'est 
qu'onomatopées, 

Norm., ftoij, Tou],,mé. 

Beillkh, V. tr., bailler, donner : « Qu'é-ce que te m' beilles 

iqui ? Y et eixne prou joliteafâre! » 
Lïtt., hajHlare. Manti\, beiUir. M.orY,, beiller. Prov., bailar, baillir, 

BÊLEMENT, adv,» doucement, agréablement: «Eh benï la 

mère, ça va-t-i ? — Marci, tout bêlement ». 
Bress chïûùnnàhG stnCf ballement» JuTQ,tballaman. Morv., balle- 

ment- heulemeni* Yosg., béleman. Toul., béloman, Vx. fr, belle. 

ment. 

BêLER, v. iûtr, crier en pleurant. (V. Bauler, Couinisr,) 

Bblin, adj., gentil, beau, mignon. Expression caressante dans 
le langage des enfants : « Veîns m' biser, mon p'tiot belin ! » 
M. l^agut dérive ce mot debellino, joli. 

Belsamine, s, L, balsamine. 

Roiieh,, benjamine ^benjamine. Wal., benjamine, 

Ben, s. m,, bien, propriété. Ce mot a, dans les diff. patois, 

les mOmes analogues que Ben, adv, (V. ce mot). 
St-Am j lou ùen* 

Ben, adv., bien, beaucoup. 

Lat. el ïtal., bette. Bas-Norm-, biein. Berry, 6en, bin. Bourg., ben, 
bé. Bi-e&a, biH. IL-V,, ben. Lim., 6ei. Lorr. &m, &<?', Mac, biaii. 
Morv., beiïi. Norin,, bé. Pic, ben. Poit., ben, Prov., ben, be, 
Boiich,, ben. St-Ain., bën. Saint., be, Sav., bin. WalL, bin, bé. 

(Voir Mé.) 

BfiNiseoTRE. s. m., goupillon ; « L' bon Dieu t' bénisse avou 

son grand bvniBsoirc I » Se dit à l'éternuement. 
Co^ja., bémsjfoére' (Y. A^spergès.) 

Bknissu, part., bénit, bien conditionné. 
Morv., bénissii., 

Bknne, s. f.. corbeille destinée au transport des fruits, légumes, 
grains, etc. Elle est ordinairement tressée en jonc ou en 
osier, et nsseK profonde. 

Ea8-lat,,ft(?nna, hennata'^ Ital., &enna. Berry, &ewMe. Bourg., ba^me. 
Brcss.* henna. Flain., hemi, Grenôb*, èawafa. Lyon., bena. Morv., 
benne. Pic, hegneu, benieUy (tombereau;. Bouch., benne, bène. 
Valenc.» heniau (tombereau). Wall., benne, bène. 

(V. Benneion, Bauéne^) 



i 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 45 

Benneton, s. m.,' dim. de Benne, 

Berry, benaton. Bourg., henaton, Ghatill., beneton, Genev., benaiion. 

Lyon., benouj benot. Midi, banasiou, banaton. Sav., bénàion. 

WalL, banète. Vx. fr. banaston. 
En Bourgogne, c'est le panier oblong qui sert à transporter 

les raisins dans la balonge. (V. Benne,) 

Bentot, adv., bientôt. 

Berry, bentoùt. Bourg., bétô. Dauph., bientou, belîau. Forez, benîo. 

Il.-V., bentôt. Lding,, behleou. Lyon., betou. Prov., beleou. St.- 

Am., bén dasteû,SaiY,, binstou, (V, Bétôt). 

BÉQUET, s, m., bouquet. 

Ital.-, boschetto. Bourg., beuquai^ boquaL Morv., baquet.- St-Am. 
houkyë, Suiss. rom., boket. Wall,, buscai, 

Berchot, s. m., brèche-dents, à qui il manque des dents. Sans 
trop s'éloigner de la prononciation, on pourrait écrire b<*ûr- 
chot. Cette remarque peut s'appliquer à plusieurs autres 
mots. 

k^eyr.fbercat, Gogn., deurchut. Forez, barchu, Genev., berche 
Lang., bèrgua. Lyon., &réc/iM. Montr., berchot. Poit-., berchaudf 
Rom., besca* TouL, endentat. Vx. fr. bresce, 

Bernauder, V. intr., lambiner, musarder, perdre du temps, 
Berry, bernauder. 

Bernicle! interj., bernique! « Teins! pasque t' Pas trefivèe 
jôlite, i t'a r'semblé que t' peûvos la prende... ma bernicle ! » 

Genev., bernicle. Morv., beurniqhie. Norm., bernicle. Y\* U\ 
bernique, 

BÉscu, loc, ironiq., baise-cul. Tient lieu de réponse au question- 
neur que l'on trouve trop, curieux s'il demande : « Qui' c' 
qui é v'nu t' vouer? » — « Béscu V jeune, lui réplique-t-on ; 
r vieux é mort ». 

Fland., bescu, Norm. ôe^cw (maladroit). Rouch. bescu (maladroilj. 

Besin, adj., lent, musard. 

Besiner, V. intr., lambiner, musarder, aller lentement. 

Besognou, adj., besoigneux. 
Morvan, besoignou. Prov. besonhos. 
Besoin (avouer de), loc, avoir besoin. 
Gogn., même formule, Prov., besonh, ^ 

Bêsse (à la) y loc, au gré de l'eau : « Mon batiau s'en va à la 
bêsse ». 

Bestia, adj., sot, bête, maladroit, bestiasse. 
Lat. etltal., 6c5^ta. Bourg., béte, Gomt .bestiasse. Prov., bçstia. 
St-Am., 6ew^ (benêt). Vx. fr. bestion. 



40 LANGAGE POPULAIBK VERDUNO-CHALONNAIS 

Ebstiah, s. m., bêtes, bétail, troupeau : « J'ons eûn bestiau 

d' malade ». 
Lat.. be^iialis. Berry, bestiau, bestial. Dauph., bestiau, bétie. Lim., 

hf^itiàu^ béiio. Mor?., bestiau. Norm., le bestial, Sav., bétian. 

Vx. fr, bestiuL 

BÉ S EUR, adv-, bien sûr, certainement. 

BÊTASSE, adj., bè ta, simplet, naïf. 
Ital., b^siiaccia, Moi'V^fbf'tô, 

BïiTASSERïE, S, r, bÈtise, simplicité, naïveté. 

Sav., ùétisé. 

Bjêtb koukre, s, r, bête noire, petit coléoptère qui dévore, au 
printemps, les jeunes siliques du colza. On l'appelle encore 
Atéisûf et Tiquet. 

BérOT, adv., bientôt. 

Lille, bûiot. Lorr., bét^u. Wall., bétôt. (V. Bentôt,) 

Bbu, s. m., bœuf. « 

BeiTy, bœii. Bouri^., beu. bô Bress , boua^ biia, Dauph.. bou, Lim., 
hiàUf Mo. LoiT-, bû, bûr. Lyon., bou. Mac, beu, Montr., bù. Morv., 
bceu. Pic, bu,ࣀH. Prov., bov, buou, Rouch., bué (monosyll.). 
St-Am..friCÉ¥. Sa¥., bou^ ïouL, bioou. Wall., boùf. 

Beugler, v, tr., regarder insolemment. 
(V. Beûiller.) 

BïïUGNE, s. f., grosseur, bosse résultant d'un coup reçu, prin- 
cipalement il la tête : t'Jacquot m'a battu ; ô m'a fait eûne 
beuijnc m, Ch. Nisarti, trouvant une ressemblance entre la 
bosse elle produit culinaire, se demande si beignet et beu- 
ijnot ne viendraient pas de beigne et beûgne^ 

BcïTv, beugne. Bourg., bêugne, beigne, boigne. Champ., beugne. 
Cognac H, heugne. Fr.-Gtè, beussnieu. Lorr., beugne, Morv.. 
beugne^ Narm., heigne bigne, Poit., cabeugne, queugne. Rom , 
bigne, bugne^bugnie. %^mi., beurgne, beugne, Suiss., bougne, 
Toul., bouig/ïOs Yx.îv* beigne, bigue. ÇV . Cabeûgne) . 

BeuCtNer, V. tr.. frapper, heurter violemment, surtout à la 
tôte : * Que qu' t'as là ? T' t'é beûgné le front *. 

Gogn., beugn&r. l^ovv.,beugnery bausser, Poit., beurgner, queugnai. 
Saint., beurgner, 

Beugnet, s. m- beignet, friture renfermant d'ordinaire une 
tranche de fruit. 

Berry^ beugneit beugnon, Bress., bugno (les bugnos se mangent 
pour les accordailles), Geuev., bignel, bugnet, bugnon, Lim., ôow- 
nieto, Lyon., bugne^ bugnie. Montr., bugnot. Prov., bougnetto, 
St-Atu., bugnëîa^ Touh, bougnetto, bouigneto, Vx. fr. bingne, 
begne. 



LANGAGE POPULAIKE VRRduNO-CHALOKNALS 47 

Bbutlleh, V, Ir.. regarder comme font les bœufs, de près et 
fixement ; avec obstination, indiscrétion : « Qu è-ce que t'as 
à m' beûillcr c'ment c'qiii ? » 

Bourg., beuiitatt benyai. Cogu,, beuUler. Fr.-Cté. beuiîler* Vo\L, 
gueuiller. (V. Jîeût2lei\) 

Beuler, V, intr., crier, beugler. Se dit des enfants qui crient 
par malice (V. Bauler^) 

Beurbis, s. f. brebis. 

Ital-, 6er6ïce, Berry, berbis, barbis. Monr-, bartii, àêurbi. Pic., fter- 
bis. Prow.^berbitj. Vx fr. berbis. 

Beurcer, V. tr*, bercer. 

Bourg ^^bi'eussai, Prov.^ bursar, bressar. Waii-, bilsi. bilsu 

Bburdin, ad],, étourdi, brouillon, sot. 

BtîrrVi bet*din. Morv.» bettrt.iai>i, èbenrdi. PoiL, herde, 

BïïURDOurLLER, V. intn, bredouiller, mais dans un sens presque 
contraire à l'accept. ft\, qui est : causer avec difficulté. Cliez 
nous, betirdouilier veut dire ; trop causer : o Quand A sort, 
Ôn'rentre pu, — Je crés ben î ù beùrdouiilc tout Tlong d* 
son c'mîn », 

Vi fr-, bredir, bi^eisdir. 

iiEURB, s, ni*, beurre. 

LuL, butyrumi Ital-, hurro. Bourg,, hurs, Bress., boaro. Lim.^ 

bure. Lyon., hurrcMoTiiT . , bure. Fro\,, buire, boder* Pic, Eure 

lioueh., id. St-Am. beàrou. Siiv., bour&^ 

Beuréh, s. t,: forte pluioi averse. 

Geîiev-, bouïon. Motitr., bexirrêe. Morv,, beurée. (V. Batrasse.) 

Bburioche, s. f, brioche, 
Morv.p bûuriùge. 

Beurland, s, m., salsïlls sauvage» qui croît dans les prés, et 
dont les enfants mangent avidement les tiges et les feuilles. 
MorT,, beurland (assemblée). (V, Sersi^,) 

Beurlander, V, intr,, courailler, perdre son temps^ flâner* 

Bourg,, brehindai, Morv., bertrlander [jonGr). 

Le mot qui précède donne Tétymologie bien naturelle de ce 
verbe. Aller dans les prés, cueillir et croquer le beûrland 
constitue une jolie couraïUerie et valsez peu utile- 

Bbuhlu^ adj., qui a mauvaise vue, louche, borgne, presque 

aveugle. Formé du subst. berlue. 
BeiTy, beriuquin^ Eourg.^ bemiu^ bdne, Dauph,, bourlîour horlho. 

Forez, borli^ bnriio, borliou, Lille, berloit. Lyon-, borti, borlio^ 

horliou, Morv,t àeurlu» Pic, bérlUf berlou. 



4^ LAKQA&te POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Bbubot, adj., bnm clair, couleur de beurre(?). Sedit.^es gens, . 
des bestiaux, des fruits : • Un garçon beiirot, une vache 
bêûrote, une poire baùrote ! », 

Eour^f,, beurrot^ Monti-., id, Morv., bexirau^ beurnot. 

Cet adj. comme d'autres, devient un nom propre lorsqu'il 
s'applique k un animal, liœuf ou vache surtout : Blanchot, 
Grivot, Blondoi, Noirot^ Roiissot y Bâi^é, eic. On voit que ces 
noms sont tirés de la couleur de la bête. Le bârê a des raies 
de div, couleurs. 

Beurtaleb, v. int., bouillir trop longtemps: « Fais donc 
attention, Mariette ; ta sôpe beùrtale. Air s'ra toutenpâte », 
Comme sens, a de T analogie avec Reûtonner. (V. ce der- 
nier mot). 

Dans là contrée, l'assaisonnement classique de toute soupe 
maigre est la crème, cette sincère et délicieuse crème que 
Von ne connaît pas ù. Paris et qui donne du beurre si parfait. 
Notre mot ne viendrait-il pas de ce que, par une ébullition 
trop prolon^i^e, cette crème dans la soupe aurait l'air de 
« tourner au beurre » ? 

^ Bei^btellb, s. f., bretelle. 
Berry, be7'teUë. Vx. fr., hyet. 

Heurter, y. tr., tamise i-, bluter : « J'ons beurté hot'. farine ». 
Bas-lat-, buratare. Biess-, harteler, Montr., bretalîer, Morv., 
beurtei^. Toul.tbariilOr. 

Beurtiau, s, m., blutoir. 

lisil., bur alto, BQMrg.^burleau, Champ., id. Montr., breteau, Morv. 

beurtoue, beurtcau^ Toul.. baruto. 
A Metz, Heurte est un sa^. de laine pour tamiser la farine. 

Biau, ale, adj*, beau^ bien mis. 

Bas-Norm., frIV^o^4■ Berry, biau. Bourg., bea^ biâ.Bresa.^ biau ^. bal. 
IL-V., biau. Lim., bèti. Lorr., bé. Morv., ôiaw, ôièZe Pic, biau, 
biel. Prov., bel. Rouch., id. St-Am., biô. ala. Saint., id, Sav., 
id ^ Toul .^bel. Wall . ^ bai. Vx . f r . , biau, biaur . 

BiAUTÉ, S. L, beauté, bel arrangement. 
Bourg., biâiai. Morv., biauiê. St-Am., biàtô. 

BiBLOQUET, S. m., bilboquet. 

Eichkt, s. m,, mesure de grains, d'environ un double décalitre 

(^0 liti-es), maïs variable. 
Bas-lat., bichetus. Bourg., 5tc/ie<. Bress., id. Forez, ic?. Hte-Mne. 
id. Lyon,, trf. {m livc, de froment), Montr., id. Morv., id, (ôOIitr . ).' 
Vx- fr., biùhQt' 



à 



LAÎïGAGE POPULAIRE YEUDUNO-CHALONNAlS 49 

BicoT, S, m., baiser, emb rasseoient : « Eli I la p'tiote, fais^ 

me ein bteoé ». 
Lille, bâche baje. Lîm., fjicûU. Morv.^ bise. (V. Bêcot,} 

Bidet, s. m,, numéro un» Cette dénowiination s'emploie dans 

les jeuK à numéros, tels que le îoto, etc. 
M-'d, bidet* Roucb., aidé {9^^ au jeu de dés). 

BiÉ, s. m,> blé, 

Bas4;it., blfu^dam ,• ïtal.^ biada. Bourg», hliai. Prov-^ blasât bictî. 
VïL, fr,, bîet^hleif. 

Bigot, s. ni.j bigaut, ftïurche, instrument de fer à deux dents 
(bidentjf emmancbé comme un râteau, pour enlever le trèfle 
en masses roulées. 

LaL. biago, ou bicornia* 

Bourg. j Bigot* Mootr., id. 

Pourquoi le Forez et le Morvan appellent-ils bigot une pioche 
à trois dents ? 

Bigot, adj., engourdi de froid : «c Ab! man-man, j' peux pu 

fui r boiDon ; j'ai les dèts tout bigots ». 
Moutr., bigot, St.-Am-, bigon* 

BiLUOQUÈTE, S. f., bibliothèque, ou simple rayon de livres. 
Houch., bibiothèque. 

BiLOTj s. m<, veau tout jeune. 
?ic,, v^eloi. Toul., hedel. 

Ce mot devient un cri dont les paysans se servent pour appeler 
leurs veaux* 

Bique, s. f,, chèvre : « ain-raes-tu V froumag* de bique'l w Un 
proverbe narquois dit : « J' t'en ponds, ilu bcùre de bique », 

Lorr., bùcaie^ Morsr., bigue, Prov,, blcho^ iit.-Ani., blqi^a. Sav*, 
jf/etro',, WalL» hiq\te.{Y. Cheùvre). 

BiQcjE. adj. désobligeant qui s'adresse généralement à une 
lille ou à une femme pour dire qu^elle est simple, niaise : 
« Oh! la Nan-nette, y et eùne gi'ande bique! » 

BiQUER, V, tr., baiser, embrasser : « Ces amoureux, ô n' font 
qa^se biquerl » 

UiiTr}\ bichev, Mger. IL-V., becquer, Lille, Jbojer. L;m., bicoras, 
iiicfjs. Moutr-, biqnev. Morr,, bU:her, /tiquer. Poit , hiqu^r^ biger 
Stiini,, biquer^ hicher^ hiser^ hii^uder. Vx, fi^, bouquer^ 

(V. BUer, Boqtcer). 

Biquet, s. m., chevreau, 

Bm'v, biquiait biquton. Jura, beqid. Lorr., hiqui^ Montr, Fnca. 
MoiT., biquoi^ Piém., bég, Poie., béqitot, béquion. V\. îv.^boqueL 



1 



ÇQ. LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Biquette, s. f., f^etite chèvre. 
Sav., stcvraiia, 

' BiRÉ, S, m*5 cuvJer pour faire la lessive. • 

BiscANCOKNE (à la), lue, à califourchon : c Oh ! mon grand, 

porte-me à la hiscancorne ? » Un ami serait d'avis qu'on 

écrivU bisquencorne, et J. Guill^min écrit bisquencone. 
GueriUj Itincoumne. Mohèi-., bisqu'encorne. Morv., biscanquarre 

(tordu). Norra., biscottin, de kigne-efi-coin, bisc-en~coin (d'un coin 

h Tautre), ratiberda. Orne, bicacoin. 

BiscAREAU, S, m., bissac, besace. 

Lat-, bis ifaccus. Berry^, bisoarriaii. Toul., biassos, . 

Le Normand a bissaquet paur paysan, à cause du bissac que 

portaient d'ordinaire ces derniers. 
RiSCOïKj adj,, mou, lent. 
. BiscouiNER, V. intr., flAner, faire traîner sa besogne, passer 

sur un ouvrage plus de temps qu'il n'en faut. 
Bise, s. T, vent du Nord. Acception absolue. La bise souffle 

parfois pendant des semaines avec une violence extrême. 

Elle sifile, mugit â travers les arbres, dont elle courbe et 

secoue les brandies comme des vagues furieuses. 
Moi'v., bie^ bige. Prov», bUa^ hiza. Wall., 6t/i«. (V. Vent^ Travarse). 

BisER, Y. tr, , embrasser. N'a rien de commun avec les violences 

de la bise. 
Lat., Msiitre. Ital.j baciare. Berry, blg er. BoMVg.t boisé, Prov.. 

haisary Roîich,j basier. (V. Biquer, Boquer), 

Brsou, s* m., qui aime à embrasser. 

BiSTïïAtj, s. m., saute-ruisseau : « Vhisteau ^i Qn courses ». 
nUisanç-j saute-gouilla (valel), Norm., misteau (jeune homme). 

B TE, s, f., chassie, humeur visqueuse de l'œil. S'emploie sou- 
vent au fig. : « L'nialinl ô n'a pas d' hite aux œuyes ». 

11 )urg., bite. ï>^\lph.^J}iqliQrna. Fr.-Gté., bigane. Genev., piquerne^ 
Montr., bitte, Morv., id. bôj^be. (V. Bitou). 

BiTOU, adj., qui a les yeux chassieux. Au fig. : « Ah! c'té-ci 
n'è pas bitnu, dà ! ôl y voit elâr ». 

BrJiT7,cftfTcftmHjc. Boxug.Mtou. Ghdiiï\\,^biguenou.¥Y .-(Më^bigafiou. 
Genev., piquemeusc, Montr., bittou. Poit., chiassou. 

Au lieu de bitou, Ch. Nisard cite biguenou, que je ne me sou- 
viens pas d*avoir entendu en Saône-et-Loire. 

Bl\no» s. m-, ancienne monnaie de la valeur de cinq deniers. 
Depuis longtemps ce mut n'était plus usité que dans la locu- 
tion : six blancB (deux sous et demi), qui avait survécu à 
rasage même de la monnaie. 

Berry, blam: Nivern., i^. Norm., id. 



LANGAGE I'OPULaUŒ VEUDUNO-CHALONî^AlS 51 

Blëterave et Blête, s. f., bettet-ave, bette à racine. 
St-Am*, àéterdra. 

Bluude, s. f-, blaïuie, blouse : « 01 é rvenu du marcliè, sa 

hUiiudc toute arraclièe » . 
liai*, bîada. Berry, biaude. Bourg., id. Pr -Cté*, blaude. Lorr., id* 

Mac, ôlioda, Monir. JUtiattde. Morv., ôliaude, filmide, biaude. Pic*. 

hkitde^ PoiLt biaude. Prov,, bUal^àîiaUt hUzaut. Vx. fi'*, bia^ude^ 

Blo, sse et Blot, te, adj., blet, lalô, trop inùr i « Air a gardé 
trop longtemps ses pouères; k\V sont venues toutes bioéses », 

Bepf), blosse. Bourff., blo, bli/:*. Fore?:, hlei, L30T1, id* Morv», blos^ 
h les se . N £>rm . , blêque.^oiû., b les i\ bias i . 

Blonde, s* T, bonne amie, maîtresse, qu'elle soit, d'ailleurs, 
blonde ou brune i « Voiu, voui, j' Ions vu avee; àlT é sa 
blonde ». 

Bourg,, biotide. Montr., blUande^ Morv.. itlotidn. 

Le graeieux. nom ! La blonde est le fioniplèmenl inévitable du 
jeune gars. Celui-ci îa eourtij^e, en tout bien tout bonneur: 
il songe â en laire sa femme; îl Tainie parluis tendrement. 
C'est avec elle qu'il danse aux foires et aux assemblées; 
c'est devant sa porte qu'il plante le mai', c'est ebex elle fju*il 
va causer et passer les veillées rlu tillaijo ou du iroquGl.,, 
Âhl la bonne et gentille tille que la blonde! 

Blondes, (aller ans:], îoc, faire sa eour aux filles^ assez sou- 
vent pour le bon motif. J'ai aussi entendu dire : » Aller an 
blondes ». 

Blossir, V, intr., blettir, devenir blet 

lleny, blesser, D:uipïi., ss blettir. Fr.-Cté., bloussi. Genav:, se 

h΀ssi}\ A^â blossir- M or T., blejisi, biossWier. Toul,, hla:;;i. WulL, 

hkli.{Y. Blo) 

Blouquk, s, f*, boucle. De cet ustensile nos pères attacbaient 
leurs braies; maintenant ils en ferment, sur lapoitrinc^ leurs 
rudes chemises, saîis que rardillon perce le linge, 

bat, baccida. Lill^, blonque^ Lyon, bocîia. Morv., bouqUie^ 
houclùUe. ^OTXW.jbiouque, Pic, îd, Roucb., id,, WaU-, id, 

Blouquer, V. tr,, boucler, 

Lille, bhntquer (iiiiisi que toutes les localités qui ont blouque au mol 

précèdent), 
biut le Nord a nos deux mots, tandis que des contrées beaucoup 

plus voisines les ont mgdiiiéa, •• 

B'xi, TE, adj,, bénij bénit^ consacré- 
Boufj^., beni^ 

Bob:e. s, r,> rolje. Terme dont on se sert avec les enfants : 
* La p'tloie a mélu sa baie bobts des diiuancbes *, (V, BoboUj, 



1!»?^ 



Sa LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

BoBOTK, S. f., dira, de Bobe, robe d'enfant : « Ah! la Ninite, on 
va H mett' sa boboie! * (V. Bobé) 

BÔGHER, V. tn, ïiêclier- 

Berry, hécei\ bisser. Bourg , hochai. 

BOCON, S. m., boiictièe, movceau : « 01 a tôjor faim; i faut 

tôjor U fourer Vbocon, » 
[tah, boccone, Genev., bocon. Sav.,*i5oc(5n, boustia. 

BocOTE, s. f.i bouche, bouchette; « Faire bocoée », embrasser. 
Lai., bufca. Ital,, bocca. Morv., boquotte, bouèce. Pic, bouquètey 
bouque, ProT*, hoqueta^ boca, (V. Boucoté), 

BoiCHEVAU (ùr la), loCj léte bêche, en sens opposé : « Quée 
rangeouse,va! Dans son ormoire tout et à la boichevau! » 

Berry, d hechevet, Jura, -béchouet' M.orv,, -boigevau, Norm.,5éc/ie- 
vêùhe. Suis, vom.^ -àei^^etr et, (V. Abouchon, Bouchon). 

BoiNON, S, m., petite benne, panier en osier, où Ton met la 
pâte du pain à enfourner. A l'heure du four, on voit les 
ménagères porter L^hez le boulanger leur boinon, où tremble 
la pAte levée et blanche. 

Buiîey, betJQS. Forez, benrm. Lyon., fta^non. Montr., boinnon. 

(V. Rcùtïhe, Bonéne, Bouénon)» 

BoiB {bûche de), loc, l'edondante. Une bûche est toujours en 
boia* (V. Bas, Chaud ^ Froid, Haut). Notre patois a bas. Bois 
n'est donné là que pour la formule fautive. 

Boisson, s. f., liquide fermenté, préparé avec des pommes, 
des poires, des prunelles, etc., mais surtout avec le marc 
de la vendange : « J'ons fait eùne feùillote de boisson, épeù 
brùment j' lirons d'ssus )». C'est la provision populaire. 

Bourg., Is boire, Goj^n., boisson. 

BoiTB, S. f., liquide à boire. Jadis, les crieurs de vin, pour 
vanter leur mar;^handise. disaient, après avoir donné le 
nom du débitant \ ■ Ah! la bonne boite au vin!... On s'en- 
dremirot su la feùillote 1 » 

Morv., boneHs, Yx. fr , boiture. 

BoxTOU, adj., boileux, qui marche à cloche-pied. 
Prov*, bùiitjb\ 

BOLB, s. f-, boule, tout corps roulé en rond. 
JBour^., bâle, Fr.-Gtd> blottie. Genèv., biole. Prov., boîa. Rom., 
bolle. 

BONDON, s, m., bourdon, grosse mouche. 
Bas.-laU, bordonu!^. liourg,, hondon. Prov., bordo. 

Bo?JDONKMENT, S. Hi . , bourdonuemeut, bruit de bourdon, rumeur 

lointaine, rontleinenl de machines. 
Mor?., baytdonneman, bùudenn'man. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIB 53 

BoNDONER, V. intr., bourdonner : « Te m* fais mau k la tête; 
ie m' bondonea tôjor aux orilles ». On entend aussi dire: 
bondoner, pour exprimer le sifflement d'une pierre lancée 
avec force. 

Berry, bondiner. Bresse, bondener* Fr.-Gté, rébondir. Jura^ hron- 
dener. Lim., bruhu7idi. Moutr., brondonner, Morv., bondener, 
hordouner, bourdougner. Norm., brondir. Pic, bondir. Poit , 
hordiller. St-Am., burdouné. (V. Bronsiner), 

BoNJOR, S. m., bonjour ; « Ben Tbonjor, vouésin! » 
Lorr., boinjo, Montr., bonjeù, St-Am., bonzou, 

BoNSOME, S. m., pieu, gros piquet. 

BoNTAi, s. f., bonté, bienveillance. 
liai., bonta. Bourg., bontai. Prov., bontat. 

BoQUÉB, s. f., becquée, petite portion de nourriture. 

Berry, bêchée^ p'chée. Bourg., baiquée. Genev., bêchée^ Morv., 

hoquée. FoiLtbéchëe. Sav., beccâ Suiss., bêchée. Vx. fr.» bet'chiei 

bêchée. 

BoQUER, V. tr., embrasser, caresser des lèvres. 

Lat., bucca. Bourg., bôquai, faire boquotte ou bocotie* Breas-, 
hoqué. Forez, bouquâ. Fr.-Cté, boquer. Morv., id. St-Am., bequè* 
Toul., picassa (becqueter). Vx. fr., bouquer (baiser par forcer 

(V. Biser, Biquer). 

BoQuiN, s. m., bouc, bouquin. 

Montr., boquin. Morv., bôquin. Suis, rom., bokan. Wall,, bo. 

BoR, s. m., bourg, bourgade ; « Nout' farmen'é pas ben avant 

du bor ». 
Ital., borgo. Lyon., bor. Morv., bôr. Norm., bur, Prov., bore. 

S>i'km.,bou, bourgdda. Suis, rom., 6or. 

Bor, s. m., bord, d'un champ, d'un bois, d'une route. 
Ital , bordo. St-Am., bÔ7\ 

BoRBE, s. f., boue, saleté: « J' veins des champs; j'ai mes 

sabots pleins d' borbe ». — « I fait eùne borbe!... j'en ai 

jusqu'au c... ! ». 
Berry, borbe. Bourg., bôrbe. Lim., faigno. Montr., borhe. Morv., 

bôrbe. Pic, baue^ beiie. St-Am., goulye. Suis, r., borba, borhi. 

Wall., borbou, porbou, 

BoRBOU, adj , bourbeux, sale, fangueux. 

Berry, borboux. Bourg., bôrbou. Dauph., bourbouso.^oiw^bùrbuu. 
St-Am., bourbô. 

Bordes, .s. m., feux qu'on allume, le soir du premier tlinianche 
de carême, dans les rues d'un grand nombre de communes. 



54 LANGAGE POPULMRE VERDUNO-CHALONNAIS 

On danse à l'entour, en toute effervescence de joie. Ils ne 
flambent pas sans occasionner quelques accidents. 

Bourg-, bodi^. Dauph*, bordaluneiri, Haute-Auv., hyeurta, Jura, 
beurdlf£tiUe^ Moi-t*;, bode, bourde. Norm., bourguelée. (V. Bran- 
dons)* 

BOBDKS (feà de), îoc, grand feu : « T' veù donc mett' le feû à 
la clivinée, que t' nous fais eun feù d' hordes! » 

Bordes (les), nom d'un village près Verdun-sur-Doubs . — 
Trop tranquille maintenant, il était, au commencement du 
siècle, envahi par le nombreux et bruyant personnel de la 
marine fluviale, 

UelLiq.» horde (môtnrrie, ferme). Basq., borda (maison sur le bord 
d'une routu], Toul-i hordo (forme). 

BoRGKOiStS. m., bourgeois, citadin. 

Berryj borgnois. Bourg , beurjol. Prov., barges. St. Am,, bourzâ. 

BoBQEON. S, m., bourgeon, bouton à la figure. 

Berry., borgcon. Bourgs, borjon, Morv., bôrjon. Pic, bordon, 

BOKGKK, V. intr., déborder, se répandre d'un vase trop plein, 
mais en s'iippHquant au vase lui-môme : « T* remplis trop 
la casserole ; h\V va borner ^, 

Bourg., borgé, 

BoRtiUiGNON, adjp, bourguignon : « Borguignon salé. * 
B a u rg ^, ffO rg ( t ig n o h , 

Bon LOT ou BoRKLOT, S, m>, bourrelet de porte, qu'on ne pro- 
digue pas asseï, Thiver. 
Vx. fr., bùurel^ boariaus, 

BoRNAYOïr, s. m,, gros pieu, avec lequel les mariniers empê- 
chent les grands bateaux de toucher le bord. Pour cela, ils 
placent la pointe en terre et la tête contre le côté du 
bateau. 

BORNOTE ou BoRGNOTE, S. f., coiu, rccoin, niche, cachette 
toute naturelle du paysan. C'est un des petits interstices qui 
se i^ncontrent à Tintèrleur des murailles, entre les pierres 
mal jointes dont elles sont bâties. Un jour, j'entrais chez 
une brave vigneronne. Je la trouve en train de se peigner. 
L'opération terminée, elle tourne autour de ses doigts les 
cheveux arrachés par le peigne : « Eh bien! mère Thomas, 
lui dis-je, qu'ai lez- vous en faire? » — « J' m'en vas les 
mett' dans la bornottc.l.ii, \ sont ben, et quand j' ressusci- 
terons j's'rons seiire de les rVouver ». Curieux indice de 
Tcspuir en la résurrection des corps. 

Berry, bouinùtte^ Gen^v,, cabourney neo^e(ale verb, e^icabourner). 



ïif'^f^^Tyçy, 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS- 55 

Lyon., caborne, Morv., ai lai hornotte (k tâtons). Pic-, carni- 
chotte. Poit., cabornea, cabrenote, boinotte^ à la borgîiette [â 
tâtons). Rom., cabourne ('capuchon). Saint., cabourgne , 
Le Berry et le Morvan ont bouinotte (comme plus haut) et bor- ' 
gnon pour dire : ruche. C'est toujours l'idée de trou, de pro- 
fondeur. 

BoRSE, s. f , bourse, petit sac. 

Ital , borsa. Berry, borse. Bourg., borse, Morv., id. Prov., borsa^ 

Bos, s. m., bois, forêt ; • N' t'en vas pas cori les bôs, w On peut 
citer ce refrain d'un chant dont Phistoire est connue : 

Eholéhol éhol 
Les agneaux vont aux plaines^ 

Ehol éhol éhol 
Et les loups sont aux bôs. 

(Voir notre Histoife- d'un chant populaire bourguignon). 

Artois, bôe. Auv., bou. Bourg., bô, boo. Bresse, boc, huec. Fr.- 
Gté, 60^. Gasc, bos, Lim., id., boue. Lorr., id. Lyon., houè, 
Montr., bou. Morv., bos. Pic>, id., bou. Prov., bosc. Roin , bas. 
Rouch., id. St.-Am., beù, Sav., boet. Vosg., bos. Wall-, uî. 

BoscoT, adj., bossu : « As-tu vu passer 1' boscofi 01 è drûle : 
deux pouces de jambes, é pi Pc... tout d' suite ». 

Berry, boiissu. Fland., bosco. Morv., boussu. Norm., bosco, bochu. 
Pic, id.,id. Rouch., .6o5CO. St-Am., bouçu. 

Bot, s. m., crapaud. 

(YoiY Botriau). 

BoTiQUE, s. f., boutique. Se dit, en mauvaise part, de tout 
groupe d'individus sans considération. 

Bourg., bôticle. Prov., botiga. St-Am., 6i«feca. Vx. fr., bouticie- 

BoTON, s. m., bâton. 

Ital., bastone. Bourg., baiton. Bresse, bôton. Fr.-Gté, bautan. Norm,, 
vaton, gaton, FroY. ^baston. St-Am., bôton. 

Le bâton est presque toujours une branche coupée d'un saule, 
droite et décortiquée. 

BoTRiAU, s. m., crapaud. Dans les environs de Chalon-sur- 
Saône, on emploie volontiers l'abréviatif Bot. 

Montr., 60/. (V. Bot). 

BoucAN, s. m., gronderie, bruit, querelle, tapage : « Drès 
qu'ôl a levé l' coude, ô vous fait eun boucan iV tous les 
diâbes ». Signifie également : un lieu mal famé. 

Berry, ftoMcan. Bourg., id. (et aussi Paccept. de : mauvais Heu). 
Genev., id, Jura, id. Lille, id. Lorr., id. Montr., id. Morv., id, 
Norm., id. Pic, id. 



56 LAKOAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Boucaner, v. tr., gronder, quereller- 

Los localités qui ont le substantif ont aussi le verbe. (V. Bou- 
can], 

BouCKK, s. f. Se dit indépendamment de bocote, et à un sens 
ptqnant dans cette loc. bien locale ; « Etre sur sa bouche », 
pour : être gourmand, « Aile é ben gentite, ma aile é trop 
su sa bouche ». (Voir Bocoté), 

BoucHE-FOUK, s. m., plaque en tôle fermant, bouchant le 
four pendant la cuisson du pain. 

Movv.j boueceaud' for^ 

Plusieurs mots ont en môme temps la prononciation citadine 
et rustique, comme four et for. Nous ne donnons les pre- 
mières que lorsqu'elles tiennent à une locution topique, 

(V, Cleque). 

BoTJCHETON (â), loc, exprimant la posture d'une personne 
accroupie : « O s'a couché à boucheton por jouer d'avou V 
petiot ». 

Berry, à baucKçion. Bour^., ai boucheton. Champ., à boucheton. 
Moi- T., a* boucheton. (V. A Tabouchon, s*acroupeto}ier), 

BoucHO, S. m,j bouchon, bouchon de cabaret, touffe de paille, 
de verdure ou de branchages pendue à la porte du débit pour 
renseigner le chaland... qui n'en a pas besoin. 

Boavgt bouchau (et aussi : cligne-mussette). Forez, bouchon, (caba- 
ret). MorT., bouchon^ (buisson^. Norm., id. (cabaret). St.-Am., 
beûsoti, Wall., hoithon, 

BoucnoN/'d), loc. , sens dessus dessous, renversé : « s'batteint. 

Liaude a fichu eûne torgnole à Cadet, qu' a roulé à 

bouchon w. 
Geney., a bouchon ^ Lyon. id. Toul., à bouca, de boucos enjouts. 
(Y, A la hoichevau, A Vabouchon), 

Bouchot, s. m.^ buisson, bouquet d'arbres : « Eun bouchot d' 

bois », 
Bas-Lat., boscus. Bourgs., bouchot, bouchet, bouchOfboùsson. M-Orv., 

bouchon. NLimur, ici, Poit., boisson. St'\m., bboâchon. Suis.-R., 

fjotza. fV. Bouchure) , 

BouOHURE, S, f., haie vive, généralement celle qui clôt une pro- 
priété. 

Beixy^ boucheture. Lille, hayure, MoTv.f'boucheure. St-Am., châ^ 
(Voir Bouchai). 

BoucoTK, s. f. , bauchette, petite bouche. Nous ne craignons 

pas les diminutifs. 
Lat,, hucca. T^oMtg.^boucôie. Dauph.,/6ac/ii. Lyon., id. Toul., bouco. 

Yx. fr., bQUcIi^tte, (V. Bocote). 



5?7^2fr^-^-^. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 57 

BouBRE, V. intr., bouillir, et aufig. s'emporter. 
Lat., hullire. Bourg., &owrt;. Bresse, baiidre. Montr., boudre. Mopv., 
boùre. St-Am., hôdre. Wall., hoùr, (V. Boulir). 

BouENE, S. f., corbeille. (Voir Benne), 

BouÉNON, s. m., panier. (V. Boinon). 

BouER [se], V. pr., se crotter, marcher dans la boue : « O s*é 

houè tout du long des jambes ». 
Genev., se houer. 

BouÉRE, V. tr., boire, et pas toujours avec mesure. 

Lat,, hiheré: Ital., hevere. Berry, hère, beuvre. Bourg., borre. Il.-V"^^ 

baire, Lim., beuré. Prov., beure, St-Am., bare. Toul., beure, 

Vx.-Fr., boiûve, 

BouÉTE, s. f., boite, petit coffret. 
Berry, boiiète. Pic, boèie, Wall., hoitt. 

BouFER, V. tr., manger copieusement et gloutonnement, sfi^ 
gorger : « Le goinfre! ôl a mingé tôte la jornée: ô bouf/'e 
c'raenteun gouri ». 

Bourg., 6o/ai. Berry, bouffer. Forez, boffd, Genev., Bouffer. Lim., 
bouffas. Midi, bouffer Nivern., id. Norin., id. Pic, id. Prov,, 
bufar, Rom., bouffer. Rouch., id. boufer. Saint., id. Sav., bouffa, 
Wall., bouffer. 

BouFREl excl., demi-juron, qui remplace le mot malsonnant 
hongre. 

BouGNiER, V. tr., tasser, presser, serrer, frapper fort : « J'ai 
hougniè toutes mes afâres dans T tirouér ». — < l'ii a 
bougniê des coups de poing su V nazô ». 

BouiLLOT, s. m., bouleau. 

Champ., hilloux. Montr., douille, Morv., bould, Pic , horde, 

houillet. Suis, rom., diola. Vx. fr., houl^ boust. 
BoujON, S. ni., bâton d'échelle, de râtelier; barreau de chaiso, 

petite traverse de bois qui en lie les pieds : « C'te chaire a 

eim boujon d'cassé. » 
Ital., bolzone. Gen^v., passet, passon. Lille, boujon, Montr,, bou- 

geon. Morv., boujon, paichon, Rouch., boujon. Vx. fr., id. 

BouLi, s. m., bouilli, morceau de bœuf qui a cuit pour le 
pot-au-feu : « Ah! par ma fi! mérote, v'ià eun fameux 
houlil » 

Genev., 5o«t^i. Rouch., id. St-Am., buli, 

BouLiE, s. f., bouillie. 

Lorr., boulie, M.kc.f boite. Morv., boulie, 

BouLiGUER, V. tr., remuer, agiter. S'applique peut-ôtre trnp 
indifféremment aux personnes et aux choses. Il me semble 



r.Tfm^ 



58 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

que notre hÛteUère nous en a donné le vrai sens, un jour 
qu^elle battait de la crème pour nous en faire du beurre : 
« Ca prend-il? » liïi demandai-je. «Tout bellement, répon- 
dit-elle; y a des fois qu'i faut la houliguer ben pus qu' 
d'autes >. — Ce serait donc surtout remuer une prépara- 
tion, un corps semi-Hquide. Cependant on boultgue le blé 
en le remuant à la pelle pour lui faire prendre l'air, et l'on 
dit à un en Tant turbulent : « Si t* fais tôjor ton polisson, j* 
vas t' bouligïier », 

Berry, bouleier, botiléyer^ boulanger. Dauph., holica. Forez, 
bouUca,. Lang,, boulega. Lyon., houliguer, Montr., id,, Morv., 
eniboulerv Poil.^ houêle^ bouêre. Prov., boulegear. Rom., 6ô/e^ar, 
boUegitar. Toul.^ boule ga, (V. Rauger^ Frougôner). 

BotLiR, V. intr,, bouillir. 

Lat*^ buliirâ. Lim., buiîîin^ bouillante » Pic, boulir, bolir, Prov., 
bulhù% hùlhir^ buillir. Rouch., boulir. Wall., id,^ boùr.Y, Boudre 

BouLOTER, V. tr«, manger. 

BouLU, part. pas. du v. boulir. 

BouLVAKi, s. m., lioun'ai'i, confusion, désordre. 
NorDi*, bouloari. 

B0UN> adj., bon : « Quant à c' qui é d'ia Jaqueline, y éteine 
boûne forme ». — « Tiénot épeù Dodiche, y ôt eûn paire de 
boiin' émis »^ 

Berry, boun^ Bourf*-, bon, e, Bress , ben, a. Lim., boù^na. Pic, 
boiit, Prov., bon. St-Aïii.. bon^una. S3LW,,boen,a. 

BouNBS (Hradans ses), loc, être de bonne humeur^ d'humeur 

gracieuse, enjouée. 
Lim,, dis stU bounas. Yx, fr., e7i ses bonnes. 

BouNOT, s* m.j bonnet, calotte. 

Ecrrys bonnet. Bourg. > honô., boneu. Fr.-Gté, bounot. Lim., bounet^ 

Lorf-t bfjuna, bouno* llontr,, bounot. }liovw.^ id. Prov., boneta. 

Si-AniH, bounë. 
Malgré cette désinence franchement locale, on entend assez 

souvent dire : bounut. 

BouRDiFAiLLE, s* f . , bombauce, grande chère. 
BreÊSs.» benrtiî faille. Geiiev., bourdifaille (étourdi, canaille). Jura, 
beurdifaiile (borde, feu de joie;. (V. Boustif aille) . 

BotJRENFLE, adj., enilé, bouffi ; se dit d'une personne hydro- 
pique^ ou qui aune lUixion. 

Bresa., boiulenfîe. Bourj,'., bora^ifle. Fr.-Gté, bouranflou. Genev., 
bouranfie. Jura, bourre-enfle. Montr., bourenfle. Morv., hou- 
tanfie^ Frûv.> boudenfla. Suiss. rom., boreinflo. Toul., uflat, 
Vsé fiM bourse. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 59 

BouRi! BouRi ! appellat. exclamative dont on se sert pour 
faire venir à soi les canards. Les enfants disent bouri pour ; 
ventre (v. Bourillot). 

Genev., bouri. Montr., hourri. Norm., boure (canne). PoiL, bouri 
(pour appeler les cochons). Rom , botir, bourd (canard), 

BouRiAU, s. m., bourreau, tourmenteur. 

Bourg., borea. Bress., boriau. Mac, bôrriau. Prov., boret, boyou, 
Sav., boriau, Wall,, boie. 

BouRiAUDER, V. tr., faire souffrir, tourmenter, tortui^r, 
martyriser; malmener quelqu'un comme on malmène le 
hourri en le frappant. 

Bourg., borelai, Gene\., bourreauder, Rouch., bouriauder. Sav.j 
boriôdd. Wall., bouriauder, 

Bourillot et Lambouri, s. m., nombril. 

Berry, lambouri^ Bourg., berullp, breuillô, ambreuille, lambrcutUe, 
Bress., beurelion. Bress., Chalon.anc, lambeùro. Forez, ambif^non, 
Fr.-Gté., ambreuillou, Gasc, ernbourigo, Genev., bonrilloHi 
iamôowro. Lang., embouniU embourigou, Lim., embouni. Lyon, 
embuny. Montr., beurillon, nombetireau, Morv., nonibeilloL 
lambeillot, rambillot, Poit., emboureil, embouril. nemhfniriL 
Prov., embouily embourigou, Rom , ambouilh, Rouch., bondène. 
^^v.,ambroui. Toul,, emboiinil. 

BouRiQuoT, S. m., bourriquet, ânon, au fig., enfant ignorant. 
Ital. , 6rfcco. Berry, Nourri. Fr.-Gté,, bourru. Lang., 6o«ro/(. Lim., 

bourico, Morv., bourow Poit., bourrin, bourdin, Prov», buT~ 

gwier (écurie à ânes). (V. Bourri), 

BouRiQuoTE, s. f., bourrique. Aufig., fille ou femme ignorante, 
Sav., borrica, ■ 

BouRNAïou, S. m., pieu servant à buter. 

BouROT, s. m., oreiller d'enfant tout petit. 

BouROTE, s. f., brouette i « promenot son frérot, daas la 
hourote, é pi ôl l'a chaviré ». 

Ital., biroccio, Berry, berouette. Bourg., barrô. Bresy , borette. 
Genev., ôarro^e. (tombereau). Montr. ^bourroUe. Morv., benrouelte* 
^orm., berouette. St-Am., cemre areûva. Suiss. barote, baroucftû, 
Wall, barwète, berwète, Vx.fr,, brouete, botirouaite, 

BouROTBR, V. tr., brouetter, transporter les terres des contours 

sur l'étendue du champ. 
Lille, broutter. Morv., broter, Norm., bouroter, (marcher coinrao 

^n canard), 

Bourri, s. m., bourriquet, ânon. 

Berry, ôourri, Morv., id. bourou.(y. Bouriquot). 

BousiLLON. S. m., petit travail de femme, depeud'imporLance, 



60 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

fait k lalulte, et surtout mal exécuté (couture, broderie, orne- 
ment (iiielponque) : «Vô v'iez que j'ii baille c'qui? n'y é ran 
qu' des bousillons ». 

Bousm, s, m,, vacarme, bruit excessif et discordant : « V'tu 
ben n'pas fûre tant d' bousin ! » 

Angl, boio.smy [caliaivt), Herry, bousin, Nivern., hoi.isbi, Norm., bousin 

WhU-, bousin. 

BotJSiN, s* m,, Uûu de mauvaise vie. 
Aiij^l., huit^sing, Geiiev*, bousin. Norm., bousin. 

BousiKER. V, tn, bousiller, mal faire sa besogne. 
Puit., rattousinai. 

BousiNERiE, S. f., chose de médiocre importance, travail lâché 

et mal exécuté. 
PoiL, rabousinerie. 
BousTiF AILLE, S. f., itrovisioDs de bouche, mangeaille pour 

bons dincrs- 
Genfiv.j bourdifaiile, Morv., boustifaille, Norm., boutif aille. Pic. 
bou.sii fallu. (V. Bounli faille .) 

BouteilThE, s. f.. grosseur au cou, goitre. 

'^QyxTg*h6taille^hûtoueili''y St-^Am., boutelye (à vin.) (V.Goitron), 

Bouteilles (/'ti'iVe^fc".*î),loc., se dit des gouttes de pluies d'ora- 
ge qnL tombant avec force, soulèvent des cloques sur les 
ruisseaux et lés pavés. 

M<5rv., faire fîex dés (quand les gouttes font des trous dans la terre). 

BouTENEiRE ; S. f., boutouniére, 
MoTV., hoittoytêre, SL Am. boutounire. 

BouTEK, Y. tr.j mettre, placer: « ôl a houtè son grand séchot 

BU la charote», 
îtal., buUat\ BeiT3% boiilej-, Bouvg bôtre (et non boutai du bottai, 
Breas., beio^ betrefhuie, buto,G\mm^.,boutre^ Dauph. , me^ia, bita, 
ViBrnih,b&Hhjt% Forc'^. hrUo^boula^ Fv.-Clà.bouf-er, Gasc, bôti^ Il-Ve., 
bouter. Jupei, boniei\ L\u\^.,bouta^ l^uw.ybouta, Lorr ^bouter, Lyon., 
b&tù^ beiia^ Muc.j betay, Morv., bote, boute, boutre, bouter, Norm., 
bouter, boutret Pic*, boutve, Poit., boutre^ Prov., boictar, botar. 
Boni-, bouffir, buUu\ bouter, Rouch., bouter, St-Am., beté, Sav., 
betft, boutai Suis, r*, buta, bouta, boucta, Vall., bouter. 

BouTEROUE, S. m.j barne placée à l'entrée des portes charre- 
tières, pour détourner le frottement des roues des voitures. 
Geiiev-, boLderoHe. Suv., chasse roue, 

Braï, s. m,j bras : * D'avou c'coumarce, V li as métu eiine 

peitte afi'iî'e ^su les brais ». 
LaL, brachium- Bourg., brai. Pic , bras. Prov., bratz. Sav., brai. 



y-fKx^^Y-^ 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 61 

Braimer, V. intr., pleurer fort, crier, gémir : « Pauv' petiot! 

ôl a mau; ô n' fait qu' braimer ». 
Ital., hramare. Berry, bermer^ bremer. Bourg., bramai, braimai. 

Daupli., brama, P'orez, id. Genev., bramer. Lang., brama. Lorr., 

brâyer. Lyon, brama. Prov., bramar. Rom., id. Sav., bi'amma. 

Vx. fr., bramer. 

Braisil, s. m , résidu, poussière de braise. « Cliaiquemaitin, 
àir prend ein sou de braisil por sa couvette ». 

Ital., bragia. Bourg., fresëe, frezai. Fr.-Gto., bré^i (gâteau dur cuit 
sur la braise). Jura, bresi, fresiaii (poussière du four). Lyon., 
braisa (miettes). Morv., breïe. brege^ braisé (brasier). Roucli,, 
hresse. St-Am., brazi (brasier). 

Brament, adv., ellipse de bravement, beaucoup, bien, conve- 
nablement : » J' seû été cheû la Mag'rite; àll é bé brament 
arrangée !»--(( T'ét iqui bé brament ». — - « Air m'en a 
brament hdàW^, des cerises ». 

Ital, bravamente. Berry, brament. Bourg., brdman. Bress., bro- 
taman. Champ., brdment. Dauph., bravament. 'LsiYig.,bravame?i. 
Um.^bravomén. Lorr., brahman^ Mac, brovema7i. Mons, b^'a- 
main. Prov., bi^avamens, St-km.,brdvei7iè. Wall-, brdmen., 

Brandons, s. m., feu de joie. La « fête des brandons » n'a pas 
encore disparu de tous les villages, et ce premier dimanche 
de carême s'appelle « dimanche des brandons ». (V. Bordes], 

Bas-lat., brando, Prov., bra^ido. 

Branlecoue, s. m., hoche-queue, lavandière, bergeronnette. 
Lang., brando-quuio. Lorr., hochecu, Morv., branletwiie. Norm., 

bacouette. Poit., bassecouette. St.-Am., guenye couva. Suis., r., 

brainlakoua. 

Braquer, v. tr.. monder le lin à la broie mécanique, après 
l'avoir laissé une nuit dans le four d'où l'on a retiré le pain, 

Brassie, s. f., brassée, ce qu'on prend entre les bras. 

Ital., hracciata. Bourg., brassie. Morv., braissie. Pic., brachie 
Pi'ov., brasiada. 

Brave, adj., joli, beau, bien mis, endimanché^ honnête, poli : 

« Oh! ma p'tiote, coume te v'ià brave! ». 
Bourg., 6mye. Bress., brovo. Genev., bravet. Lille, brave. Lim., 

brai^éi Lorr., brQve.^lkc, brove, Poit., brave. Prov., bran (dur). 

St..Am., brdvoii, a.' Wall., brafe. Vx. fr., brave. 
Brayes, s. f., braies, haut de chausses, culotte, 
^ourg., hrayôte. Lim., broyas. Morv., brayette. ^YBll,fbrdie. Prov., 

^^raia, braga. 

^ï^Ei, s, m., berceau : « Eproch' le brei d' la taule ». — 

« Porte donc V petiot dans son b^^ei » . 
Ba.s-lat., bersa, berciolum. Berry, barciau^ berciau. Bourg , brei 



rr^n:^^ 



€8 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

bers, bressore.'Bi'&ss., cruet. Champ., hrés. Dauph., creil. Espal., 
brës. Fi%-Glè, hré, Jura, hrt, Lim., berçau. Lorr., béh, béye. 
LyoQ , cïvi, Mac, barcio. Marn., ber. Montr., bré. Morv., id. 
Norm-i hei\ Pic*, id. Poit.,tc?., bressiou. Vrov, ,bres, bretz^bressoL 
Rom-, croille, Rouerg. anc, brés. St.Am., bri* Sav., bré. Suis. 
r., id. Toul., irejf. Vx. fr., berc, bércel. 

Breillek, V . tv.f écraser. 

Brésillb, s. f., branchette, bribe, menu morceau de bois, 

miettû de pain, de gâteau, etc. 
Berry, bressilîe^bretille. Dauphc, brisi. Forez, bresa, dreysa^ bresa. 

Lyon., id,^id.^id~. brison. drezon. Montr., dronde. 

BRésiLLER, V. tr-, briser en petits fragments. 

Bouinf., brésilloi. Morv., brésiller. Prov., hrezillar. Suis, r., 

Brkuceh et Brisser, V» tr., bercer. 

Bourg. ^ ^few^^^t, Morv., heurcer, toul., bressa (V. Beùrcer). 

Bkeuler, V. tr.t brûler. 

Bourg-, hreulai, hrelai. Morv., hreiiler. Prov., brular» 

Brsuwot, adj-, synon. de heurot. (V. ce dernier mot). 

BringueRj V. tr.j boire avec excès, faire débauche de cabaret. 
Bourg, j bringiiai. 

BHiNGCES, S. f., guenilles, fragments, morceaux : « C pauvre 

houme ! avou s;i culotte en brinjuôs, a-t-I l'air minâbe î » 
Pic, bringue (grande femme mal bâtie). 

Bringues (mettre en), loc, détériorer, briser, mettre en 

morceaux, dépecer. 
Genev.p mettre en bringue (csisser). Midi, id., Foit., id. Rouch., 

nature en brinque (casser). 

Briques, s. S., débris, morceaux, brins : « L' gâtiau é cassé; 

ma les brîqucB en sont bonnes ». — « 01 a métu, d' rage, 

son Louneau en mille briques ». 
li]A\.t hricciù. Br"S!^., breqiie. Genev., brique. Jura, id. Lang,, hrico, 

ôri^o. Lyon., brique. l^roY., bric, brisa, bresa, briga, Rom., briza, 

brifja. Yn. îr.j briche. • 

BRlSAQirEj B. m., qui fripe, qui use, qui brise : « Oh ! y et eun 
brisaque ; sa culotte, ses sabots, sa biaude, tout y étôjor en 
bringues i». 

Rouch*, brisaqite. Wall., brisac. 

Bbogher, y. tr., tricoter : « C'te vieille, àH'vous broche des 
bas, des bas^ qu'y et ein plâïi d' la vouer ! » 

Broches de ba^s, s. f., aiguilles à tricoter. 

Gtiiiev., hrojhiia de bas. Uliài. ,id. Pic, broque. Wai., broke* 



^y^T^*^^ 



LANGAGE POPULAIRE VERDtJNO-CHALONNAIS 63 

Broches (jouer aux), loc. tirer à la courte-paille. 

Bronquer, V. tr., heurter, toucher fortement : « O m'a hronquè 
en passant ; ô m'a fait bé mau. » 

Artois, buquer» Bourg., hoquai. Norm., hrucher, 

Bronquer, v. tr., buter, terme de batellerie : « Bronquer de 
pire », buter de gauche ; « bronquer de riaume », buter de 
droite. (Voir Pire et Riaume), — Sans faire de l'histoire, 
on peut dire que la Saône fut souvent une frontière. Par 
suite d'anciennes et successives délimitations géographico- 
politiques, les contrées situées sur la rive gauche de la 
Saône ont pris et conservé longtemps la dénomination de 
terre d'empire. Dans la Bresse mâconnaise ou désignait 
encore, de nos jours, la rive droite de la Saône sous le nom 
de terre de France, c'est-à-dire de royaume. La batellerie, 
dans sa tradition routinière, conserve un souvenir de cet 
état de choses . Ces dénominations de pi7*e et de riaume ont 
été classiques sur le parcours de la Saône et du Doubs pen- 
dant tout le beau temps de notre marine fluviale, et les vieux 
mariniers s'en sei*vent encore. 

Toul., trabuca, tus ta, 

Bronziner, V. intr., bourdonner. 

Lim., brundls. Rom., brogir, Toul., hrounzi, hrounzina, Vx fr., 
hordoner. (V. Bondoner.) 

Broter, V, tr., brouter : « Drés l' maitin, all'va faire broter 

Noirote au long d'ia l'vée ». 
Bourg., brôtai, YvoY.^brostar* Wall., broster, 
Brouillarder, V. intr., brouillasser. 
Berry, il brouasse, Mayen,, brouillasser. Norm% brouasser. ber- 

rouasser. Poit., brouillassât. 

Brouillards {être dans les), loc, être dans les vignes, être 
gris. Le cas est assez fréquent. 

Broutiller, V. intr., s'occuper de choses minutieuses, 

manger sans appétit. 
^o\iTg., broutillai. Vxtr., brousteler* 

Bruchon, s. m., corbeille, petit récipient évasé, la plupart du 

temps en paille tressée. 
Fr.-Gté, brechon. Genev., bruchon {brin de paille). Morv., id. 

Brûlot, s. m., pyrosis, sensation de sécheresse, d'ardeur, 
d'acidité au gosier et à l'estomac, causée parfois par le 
pain de maïs blanc. Les paysans ne sont pas toujours fâchés 
de cette propriété, qui pousse à boire. 

Montr., brûlot. 



Oî LAKGAOE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Bbiîsïï, s, f.. soir. « A la brune » veut bien dire : le soir, 
mais plusieurs ne craignent pas d'amplifier en disant ; « A 
la brune da jour » pour : à la chute du jour. 

Lorr., brune du jour, 

Brusine ^l Brousine, s. m., bruine, pluie fine, brouillard. 
BeiTv, b'^roitée. Bourg., bruene, breufjne. Nonn., crachinage. Pic, 
breiiame.Si-km., nyële. Wall., bruhène, Vx fr., broïne, bruin, 

BRUSmEH, et Brousiner, v. intr., bruiner. 
Midi, roasiner. Ni)rm., crachiner, Roiich., bruèner, Wall., brouhi- 
%ier^ Vx. fr. brazina. 

Brut* s. m., bruit, tapage. 

Aube, /jrw^ Beri'y, brut. Bourg., &n<. Gasc, &7'w^ Lang., 6n«. Lim., 

bvHi. Lorr., hru. Marne, brut. Morv., brù. Poit., brut. St-Am., 

bri. Wall., brut. 

BuANDTÈRE, a. f., lessiveuse. 

Genevn, houi'anûière. buyandière. Lyon., buyandiri, buandeyri. 

buyandlère^ ^^\., boeia?idiuza,Toul., labayro. Vx. fr., bouian^ 

diè re , b t uj andîùre. 

BuK, s, f. lessive. Soupçonnait-on les cabaretlers d'allonger 
leur vin, ou disait qu* « ô fesein la bue ». 

Ital., bucala. Eerry, buie^ buée, bujée. Bourg., buiCy buée^ bouïe, 
Bifiss., buya, Doubs. buie, Fr.-Gté. buyie, bouïot. Genev., bouie, 
Lang., biigado. Lorr., houeye. Lyon., huya, buyat, buie. Mac, 
baye* Marn., buaie, buée. Montr., bue, buye. Morv., bue. Norm., 
bues* FiCo id. Poit., buje, bujie^ bujade, buée. Prov., bugada. 
Itoucli,, buœ. St-Am., 6î(ya. Sav. boeia. Suis, r., buïa. bouhia. 
Voago ^Qua.ie. Wall., buée. Vx. fr., id., buyée. 

Buer, V. tr., lessiver, faire la lessive. 
Boury:*, biuii. I^lle, buer. Morv., id. 

BcSENEïï et Busoner, V. intr., musarder, flâner niaisement, 

lambiner, et aussi bouder. 
Bciry^ businer^ bousiller. Bourg., busenai. Mons, busier. Montr., 

bunoRHcr. Moiv., bujou?ier. Norm., busogner. Pic, businer 

boitiiin€i\ i^^M.^id., id. 

BirsON. fi. m., inusard, lambin, mou, mais plutôt niais et de 

mauvaise hujiieur. 
Boni-g., busoR. Montr., id., (boudeur^. Morv., buïon, bujon, beujoii, 

BuïER, V. intr., marquer le but, jeter son palet, sa boule pour 

servir de but. 
Ital-, huttam, Moiv., buter. Norm., péguer. 

Butte, s, t, monticule factice de terre, élevé dans le Jeu de 

TAri! pour y planter le collet. 
Du temps de Montaigne, la cible s'appelait bute. 



k.^ 



LANGAGE I^OPULAtRE VÉRDUNO CHALÔNKAÏS 66 

Butter, v. tr. terrer, c'est-à-dire mettre de la terre au pied 

d'un arbre, d*un arbrisseau, d'une plante. 
BuvAiLLER, V. tr. boire à toute heure. (Y. Buvocher,) 
BuvocHER, V. tr. passer son temps à boire : a O n' fait ran 
d'ses dixdèts ; ô buvoche tout V long du jor ». Il y en avait, 
de ces « gueurnouîlles de cabaret » quand florissait le culte 
de^e « gueux de p'tiot vin blanc !» (V. Buvailler,) 

BuvocHOU, s. m., buveur, surtout buveur d'habitude. 

Berry, beuveur. Bourg., beùvou^ buvou, Morv., beuvou, Prov., 

bevedor. 







Ça, pr, dém., cela. Ce mot s'emploie de bien des manières 
On dit d'abord : f Ça pleut, ça tonne, ça glisse » pour ; il 
pleut, il tonne, etc. On dit aussi : « Ça chien î ça dîâbe ! » 
en maugréant contre quelque chose qui va au rebours de ce 
qu'on désire. 

Cabache, s. f., un des noms de la châtaigne d'eau. 
Bress. chai., cabasse. (V. Escalibot). 

Cabeugne et Cabosse, s. f., bosse à la tête. 
Poit., cabeugne. (V. Beùgne et Cabosser), 

Cabeugner, V. tr., faire une bosse à la tête. 
Artois, s'expigner, (se battre en se prenant par la tête). (V. cabos- 
ser). 

Cabeuriole, s. f. cabriole, culbute. 

Bas-lat. et IlaZ., capriola. Berry, caberiole, calbasse. Bourg., 
cutimbîOy cniumario. Champ., cantibounîîe, iourneboile. Forez, 
iracolla, Genev., cupesse. G'ivry^ camboiti Ilote. Ht-Main., tourné 
boile, tourne-fiche, tourne-moelle, tourne vire. Lorr., quicambôle- 
Morv., cabeuriole, tourniboelle. Norm., trât, cumblet, cublé, cou 
plette, corbichée, cutrondelet, saucublettey trimboueUe,TiG,,cu 
tromblet, couvercheu. Poit., cormusia, reviron. Pouilly, carbouil 
lote, Prov., toumbarelela, cabirola, Roush., teumète, étumète 
St Am., cabrieûla. Suis, r., batacu, betêeu, Toul., cabirolo 
Wall., cumulet, 

Cabburioler, V. intr., cabrioler, faire la culbute, 
liai., capriolare. Morv., cabeurioler. Toul, cabirola, cabussa, V. fr., 
cabrioler» 

Cabeuriolet, s. m., cabriolet. 
Morv., cabeuriolet, St-Am., cabrieùli. 

Cabosser, V. tr., meurtrir, surtout faire des beûgnes ; aussi 

9 



r -^T 



66 LANGAGE POPULAIRE VEEDUNO-CHALONNAIS . 

J}Ossuer : « O m'a, \.(^\^\ cç^bopsè la t^te ?v^ rr» « J/^^i.f^,^^^^^ 
mon ch£^pia,vi„. tipa montre ». (La gousse des amandes du 
,, cacao, s'japipelle cabosse), ^ . .... , . . ., 

Berry, cabossée)', camho^serj carjfibgisser. Bourg., caibos-sai. Bress. 
chixX.^cainbosser. Fr. -Glè^.caboulerfCambauler, cabosser. Genev., 
caboter. Laus., cambosser. hyon, cambosser, Movy,, cambosser, 
cabosser, Rom., cabouler, cambouler. SàY.', cabossd. Tovdf cacha, 
(V. Cabçûgner). 

Caboulot, s. m., petit réduit, pauvre gîte. 

.Berry, cabiole. Forez, cabiotte. Genev., caborne, cabourne^ cabor- 

gnon, Jura, caboulot, cabeune, cabotte, cabourot. Morv., cabarne, 

Poit., cabasse, cabornea, cabourne. 

Cabri, s. m., chevreau : « O gingue tô c* ment eûu cabri 9, 
Berry, caôm. Bourg., cabri. Bress., cabri. Ecspal., cobrit. Gasc. , 

cOfbf-e. Mjàp..^ caôr/. Midi, cabrit. Iijlontpell.., cabri. Poit., cabri. 

Prqv., çabrel. St-A.m. ,brekyèn. Toul, crabit. he français a ce 

mot ,ppur dire : petit chevreau; mais nous n'observons point cette 

nuance. (V. Cheùvré). 

Gabuoher, V. tr., assaillir, et principalement à la tête, à coups 
de projectiles, ^pierres, boules 0e neige, çtc. .. ^ 

Bress., garoucher. Guern., capuchier (frapper). Morv., cabeucher 
(faire la tête des chous cabus). jNorm., capucher. Rochel., garro- 
cher. (V. Cadouner). 

Cachot, s. m., cache-cache, jeu favori des enfants : e Allons, 
veins ÎJ'allons jouer au cachot » . Appelé jadis jeu des report- 
nailles. (V. Coû, Coui), 

Cachot, adj., cachottier, mystérieus : « Y et ein cachot; 6 
. n' jQVis.4itvJ.ama ran a. 
B^ontr.^ çaichot^ , * • 

Oachote, S', f . ,' cachette. 

Bourg.. caichôCe. Lorr., coichatte. M.orv.^ caiche, caichot te. 

Qadiap, s.t.pa., cadeau, présent. 

Bjeri-yf cadiau. . , .^ , , . . ,. , . \ . s a 

Cadbt, s. m., petit. domestique, garçon de café; également le 
. plus jeune d'une famille, qui gaixie presque toujours ce 

nom : « Dis donc. Cadet y v'tu v'ni ! » 
Montr., cadet. 

Cadette, s. f., pierre plate, dalle dont on recouvre un mur, 

un trottoir, etc. 
Forez, cadatte, cadette. Morv., cadette. 

CiVppLE^, Sî.A; i^?)^^.^^°^^.^^9^^®*'*^.^?9>^^®' ^^^f'R^e, retr,ait^d^ 
bergerl de cantonnier : « 6 n'a pu ran qu' sa pauv, cadole ».' 



pi JiB 



■PP 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO CHALOîîNAiS 



67 



(J'ai entendu appeler cadole la maison qui se trouve sur la 
Pointe du Prè, à rextrêmitè de f A;Uée'des Soupirs. Ce nom 
est sans doute dontié là dahs le serts de rîsolement plutôt 
que dans f^elui de la dimension). " ..,,!!.. 
Eres., cadaià. Fr.'Glfi;, CabOTiie^ Prov,^ 'ci^hana. Toul^ cajaroeOy 
V^^.ïr^,ffaloIe,'gaole.(y.Cabouloi), ■ ' 

Caïk}uner, et parfois CadeniiIR, v/ tr., poursuivre â coups de 
pierres, de boules de neige, etc. : « Ol avot bu;'les' gamins 
font cadùuné à coups d' earveaus x^, — c Y avot d' la nbuêge ; 
i'nous sons cadaunès en sortant de Tèeole ». 

Cadre, s. m., tableau, gravure : * T'as d'ben jolis cadres 
dans ta chambre », 

CiFÈ, 3 m.j prononciation aiguë de café. Plusieurs sons fer- 
més subissent cette îatonation ouvf^rte : « Veifigi^tu au 
cafèf i. ■. - / 

Cafiau, s. m , mauvais café, rinçure de m^vc. 
U\[^,caftaii, cafliau. ^ijwihi cafeiiau, ^ ■• 

CiGNE, s, f. . mauvais chien, cliienne paresseuse. Injure que 
l'on donne volontiers à un individu, mâle ou femelle, qui ne 
veut rien faire, à une prostituée, 

Lat,, canis. ItkU, cagna. Bûrry, cagttie. Bourgs cagnar (fain^aat 
comme un ciiicri). Brcss,, càt/ne. Horv., id^ Poit., càgn^^ Tiota. ^ 

Caonus (les^, s, m., douleur que Ton ressent aus jambes pai' 
sut^te Aé lassitude : « A vol iM es c Armées », . / -m ^a ' 

80 u rg. , à ag n iàS l ' èji !/ ^ é t^es . tlhâ m p . , 5 uè^îf/na s\ Cl 1 ati 1 1, , caff niais . 
Foreîî, ùàgni. Morv., cagnias. Saint, ^ la cA^ne (apEitliîe). Yoîiïiei 

Cahiè. s. m., cahier. Du groupe des sons ouverts, conome 

iitifè, etc. 
tienK-V., i:ayeJ'. WalUn calhier. Vx. fr.^ qitaief, quayer. 

Çaibociif, s, f,, tète. Aa fi^. lôtedm^e, ou rien ne peut entrer : 

,« Queue lichue caibochc ^ue t*as ! Où l'dït quête choufe, 

' épeu du cou, là, y et oblièl * 

^^at,.capti^. BBTTy.djfbQch". Bourg., ca&t ocfte. Foreï, cabochi {cXom 
à proasetète), ¥\\-CAè. . caboche^ Lan g. cabesso^ cobosso (clou do 
ff^r A cheval). Morv.j (Ta/'>oie/*e, cabouéche^ Prov,, cabùsso. To\x\, 
id. Roue h., caboche. 

Caïlli, s. m., lait caillé : a J'ai mîgè, à c' maitin, du bon 
M^nfr., AiilU, St.-Am,, cfiîH'L Vît. fr^, cooilUnz. 



68 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO CHALONNAIS 

Cala, s. ai., noïs : ^ Vein-tu goûter ? J' avons des râïins, des 
càUiSf èpi du vin lïlanc ». J. Guillemin voit l'origine de ce 
mot dans le verbe êcaler (on écaîe les nois). 

BcrFv^ calon^ nhaîon^ êchalon. Bourg., ealô. caZeii. Bress., noay. 
Champ., vailloit écalo ?i. Cognac y écalas. Eur.-ot'Lr., callot, 
HU -Maine, ^alot. Jura, cala. Litn., oalao, nou. Lyon, noï, nué^ 
noué. Mac » cala. Moatr., ûf. Mocv., îV;?., éccalon, eshelon. Poit., 
calea, calan^ fhaîafe. Rouch . calo^ gaille. Saint,, cala. Sav., 
niai. TouL. notice* Vend., cale, Yk. fr., calon. 

Cale, s. f. , bonnet porté sous la coiffe, ancienne coiffure de 
quBlriuôs vieilles femmes. Jadis « on appelait cale une fille 
de basse condition, à cause de la cale qui lui servait de 
coilFure »- 

Champ,, cale (vieille femme). Jura, caliron, câline. Morv., cale, 
{ntaucalé, mal coiffé)» Suis, r., calety caletta. Tour., caillou. 
Vx. fr., calette, cale. 

Cale, s, f. , abri : « [ pleiivo; i m'seû métu à la cale ». 
Montp., cale, { V, Assole), 

Cale, s, f, , le brou de la nois, qu'on enlève en écalant. 
Poil-, c£^le. 

Calé, adj., h son aise, riche, à son affaire; signifie aussi : 
beau, bien mis : « C'ment te v'ià calé ! T'vas donc à la 
noce? » 

Bourg*, cale^ Lille, id. 

Caler, v. tr., coiffer, mettre une cale : « Eh! ma pauv'Jean- 
nette. coume te v'iâ brave! T'é, ma fi ! jouliment calée \ » 

Calibeuroaine, s, f.. calembredaine. 

Champ., calsmberdaine. Genev., calembour daine. Morv., calibeur- 
daine. Pic.j calembar daine. 

Galiborgnot et Galiborgnon, adj., borgne, louche, qui a 
la vue basse. 

Ital,, bnrnon Bourg., bane, Bress., bone. Cognac, calorgne., 
Fr,-Cté*, biclou. Genev., biclœiU Jura, feowr/îicZer (loucher). Lim., 
borli. Marue, caUhorgne. Mayen., id. Morv., biquiet. Norm., 
calibùrgueites (lunettes). Pic, caliborgue. Poit., cabourgne. 
bizstciL Rouch. I Hgornieux, borne, bornibus. St.-Am., beurnou, 
Wall., boigne. 

Câline, fi. fi, bonnet de femme noué sous le menton. 
Boui't'M caule, Jnrû., câline. Poit., id, (V. Folle), 

Gallk, s. f. , choc d*une bille contre une autre, dans le jeu 
des écoliers, 



fWÎPfrW^^-^', 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO CHALONNAIS 69 

Calonier, s. m., canonnier. 
Cognac, calonnier. 

Calot, s. m., bonnet de femme, coiffe à barbes tombantes. 
Bas-lat., callus. Berry, calotte (bonnet d'enfant). Morv.. calot. 
Norm., irf., (bonnet d*enfant) Poit., calot. (V. Cale), 

Calot, adj., câlin, caressant : « Ce p'tiot, ôl é cdUé e'ment 
tout ». 

Calou, adj., qui cale, poltron, capon. 
Morv., calou. 

Cambole, s. f., enflure causée par contusion, ampoule qui se 

Corme sur le corps. 
Bourg., cambole, Morv., cambole. 

Camise, s. f., chemise. 

Lat., camisia. It., camicia. Bourg., cheminze. Fland., qaeniisse» 

Morv., chemie. Pic, kemise. Prov., camisa. Rouch., fjuemîjf^e. 

Wall., g'mie^ (V. Chumise). 

Campaine, s. f., cloche, clochette que Ion suspent au cou des 

vaches et qu'elles font tinter en marchant. 
Lat. et Ital., campatia. Bourg., cam,pène, canpeune. Champ., cam- 

panelle, Espal , compono, Lang., campano. Lyon., catnpaHa. 

Midi, id. M.ontr. ^ cam,paine. Morv., id., cainpeune. Pnjv., nain- 

pana. Rom., id. St-Am., chounëta. Sav., campa?inat senailU. TouL, 

campano. Vx. fr., campane, cnmpanelle. 

Campaine, adj ,bigotte, dévote exagérée : « Eh! lass'-medonc ; 
y et eùîie vieille campaine, qui quitte son chez tius po 
d'meurer dans les églises ». 

Campin, s, et adj., qui marche de travers, boîteus, bancal 

(comme une campaine^ qui oscille pour sonner). 
Bourg., campin. 

Çàn, p. dém., ce, cela, toujours uni aus pr. poss. mien, tien, 
sien, en sous-entendant qui est. Can mien, çan tien, i:an sien, 
çan noV, çan vot', çan leur : ce qui est à moi, à toi, à lui, â 
nous, à vous, à eus. « J'ai pris çan mien; t'as çan tien; àl 
emporte çan sien » . 

Genev., c'an m,ien. Mac, san. Norm., id. Lyon., sen nûnOf s* en 
mien, 

M. Onofrio dit que l'orthogr. primitive et rationnelle est c'en 
mien (tout ce qui est dans le mien). 

Cancan, s. m., canard : « Hé! p'tiot, vois les cancans qui vont 
boire ». Faut-il chercher autre part les cancans des bonnes 
femmes, qui sont bien des canards ? 

Bourg., camar, ^'wène (cane). Lim., cana. Morv., cdinaU% 



70 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

_ i ^ .; '. . j . ' ■ . ' ■■ P'i..' /■ •! . ■..-.' . ■■.. 

Cancoirne, s. f., hanneton. Dans la saison, les gamins en 
ramassent par tas, par sacs, et s'amusent parfois, le soir, à 
en jeter plein les boutiques. 

Berr y i\càncbirè. B'>urg.,'i<i., ca^/^coMô?Ze. Champ., id. Dauph., can- 
coiro, ca;ncouara$; eancouelle. FoVez, cancbrn^ cod'coir. Fr. Ctè; 
cancoire, cancoille^ carie ôudne^ cancouainot. Isère, dOuccHiàra» 
Jura, cancoire, Louhans, quincorne (quinque cornua). Montr., 
canquoirne. Morv., cancoirne^ cancouelle, 

Caneçon, s. m , caleçon. 

Pic, canepon. Rouch., quenesson. 

Çanger, V. tr., changer, remplacer, modifier. 

Lat., cambire; Ital., cambiare, Berry, sanger. Bourg., cheingeai* 

Genev., sangp.r. L\m. ^ changea. Vit.i' canger.Pvov., cambiar.cafn- 

jar. Wall., cangi, cambgier. Vx. fr., changier. 

Çanger {se), v. pr., changer de linge, de vêtements. 
Cognac, se changer', Gen«v.,id.-Liin.> changea, Midi, se changer. 

Gani, s. m., chenil : c Rentre Médor dans son cani, » 
Lat;, canis. W'xW.'^ chinis, "' ' ■ ' ' • • ■ ' 

Caniforchon (à), ïoc. adv., à califourchon. 

Berry., éhdrùiquïont à l*écarquilîôl. Ùkliph,, en carcailli. Morv., 
àî oaillèton. Notm., à èàliherda, à càlirnouletles. Saint;, caille' 
'fourcha n^ catlllfourchon. S\xisài , àc%àou, Yt. ir . ;à càfourchàÀs, 
à daifourëhons. ' ■ . • ,. ■.•>;. 

Çaniqui, Ïoc, cela, ce qui est ici. 
Bress., çaniqiiie. 

Canne-major, s. f., tambour-major, militaire et civil. La 
canne joue un tel rôle dans les fonctions de cet homme 
grand, qu'elle a servi à le dénommer. La canne-majof- cWûé 
est de toutes les noces, de toutes les fêtes, surtout de toutes 
les promenades de cérémonie; elle précède le tambour èl lé 
fih'e,' et livVè son Mton enrubanné aûà plHis ëxcentriq'ues 
iudaces àe 'sa gymnastique. ' ..*;.- ... km ,. 

Canot, s. m., petit canard, caneton, 
Morv.. cani. 

Canoter, v. intr., aller de ci et de là, marcher à la manière 
des canards : « Aile é prou gentite de figoure; ma, mon 
I)ièu! c*rn en t al P canote.' » ' ' ^ 

Vx. fr., canoter. ' 

Canquouin, adj., lent, traînard, paresseus, 

Bôiirg., cd7icoin. ^ 

Celte dernière orthogr. devrait prévaloir, puisque c'est le norn 



-1 II tf^iWi 



LANGAGE POPïTLiIRE VERDUNO CBALONNAIS 71 

propfe d'un dijoaOi^is qui est devenu notre adj. (V. le Glos- 
saire des Noi'ls de La Mon noyé). 

Oakquouiner, V- itïtr,, paresser, traîner dans son travail : 

« n' fait ran d' ben brive ; ô canquonins tout F temps ». 
(T. Canquotiln^ p. l'orthogr.), 

Câpitau, s. m., capital, 

Morv-, capiiau. Prov., ctipdal^ crrptal. 

Capot, s. ru., o^antelet â capuebon, volontiers de couleur lilas, 
ample, capitonné, élè^^ant, que portaient jadis les laitières. 
Comme toutes les parties du tujstame traditionnel, le capot 
tent à disparaître, 1, Clievrler la gracieuse luent dessiné dans 
son beau Livi*e « Chalon-sur-Saône a. 

Berry, capiche* Lille, citpot. Morv., cape, chape- 

Carbon A DE* s, f., tranche de pore, à griller ou grillée sur les 
charbons. Ce mets, très godtè, fait, avec le boudin, la base 
des réveillons, 

Esp., carùofiada. Bpus'g.^ charbotinée, grillade. Fr,-Gl6, cali^boH- 
n ade - Pic . , ca/'6 d/ï t char \}ù\\), I\o u c Iï . , ca rh a na ie, Wal l ^carbot i- 

Carcaillet, s. m., appeau pour attirer les cailles. 
Rûuch,, courcaiilet^ Vx. fi*.. ùat^aailb^J, 
Onomatopée, ainsi que le mot suivant, 

Cahcaillote, s. f,, caiile, •• 

Vï^^.^carcaillo (en des cailles), ^^^\lv^h.^çtu^taliûH~ 

CakcassbBp V, tr,^ fatigjer, exténuer: « Par la nouége qu'î 
Cait, v'ià r piéton qui nous éporte les Ictt'- ôl è tout car- 
cassé. » 

Çabcrer, V. tr., cbercher. 

La!., circarei llaK^ cerc^rs. Borry, f^ûrchei*^ Bnuri^-, charchè^ 
char chai. Bpaas.,fûrL*é. Dauph., charchié. Genev-, mrchei'* Lim.j 
cJiercha. Marv.^ çay^cer, Nivern^, sei'eher. Pic, cerquiei\ Prov., 
csrcar^ serquar - 

fV- iiarcher, Char cher, 

Çakooersoîi pain, êa vis, loc , mendier, 
(V, Alier au3ô portes), 

ÇAKCLK, s. m., cercle : «t Thouma a bouté tous ses cardes à 
ses touneaus i>. r 

Lat-, circHlUif, Lille,, chergr^e. Morv-, cêqhie, Prov.j sercUt 
seîcîe. 

CAHEm-MË, s. f . , le earème. Carein-me a été dit dans un autre 



72 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

sens: a Pro feminarum fluxu periodico dicitUr, » On com- 
prent l'allusion à ce moment d'abstinence. 
Lat., quadragesima^ li^, quaresima. Lorr., euèrome, Morv., cai 
raime, quiérdmef gitéhâme (fém.). Prov., carema, caresma, qua 
resme. St-Am.H la carènma, 

Çaroek, V. ti\ charger, couvrir. 

heTrjtSarçer. Bouvg-i chargeaiMovY .,chairger. ^ic^carguer^cavker. 
Prov^j carffavt 

Carimektran, s. m-, carême-entrant, fin du carnaval. 

Auv., carmentron. EeiTy, cair' menh^an. Bourg., cairmantran, 
caire'^GLnfran. Lim*^ carmantran. Lyon., caramentrant, cara- 
mountranl^ caramslniran. Montr., carimentrant, Morv., cair- 
menirant Taul., oarmantran, Vx. fr., caramantran, gtearem- 
per fiant. 

ÇàRiHONnï, 9. f., cérèTnonie. 

Bourg., çairiTTioni^, Piov., cerimonia. Rouch., cerimonie. Vx. fr., 
Gerimonie^ ceïymonie* sermonie. 

Carlet et Garelet, s. m., petite mesure d'eau-de-vie, servie 
dans les hôtels et les cafés. 

Caenavau. s. m.j carnaval. S'applique également à une per- 
sonne masquée : « Oh l c'ment ôl é gôné ! Y é, ma fi ! eun 
biau carnavaii ! » 

itaK, ca^rnov^alû, Lim., carno^ar.M.ov "7., cair naval. Pic, les car ne- 
vifmo:, Rouch,, carneraL 

Carquelin, s. m., craquelin, sorte d'échaudé sec, que certains 

ti-empent dans leur café au lait. 
Bourg. ^ qaarqueîin. Poit., carquelin, Rouch., craquelin, Sav 

carqiwlin. ToiiK, chaudelet, Wall., carquelin. 

Carre, s- m., coin, angle, foyer. Nous disons : le jeu des quat 
carres pour ; It* jeu des quatre coins. 

Lat,, guadralus; Bas-lat., coronnus, Berry, quarre. Bourg., quâre, 
i^dre^careneu.DîiMph., carro. Forez, ca)'ou, Jura, quarre. Lang., 
calre. Lyon.» f/aare, carre, quore, cirou, Luxemb.. CM^m^. Montr., 
carre. Morv., quarre, quaire, quarrie, Norm., quarre, carre. 
Poit., qitarria. ProT., cougnet, caire, caïre, Wall., quar. 

Carre (de), loc, adv., de côté, de travers. Paroles de carre ; 

regarder quelqu'un de carre : « Je n* vas pu V vouer; ô m'a 

métu d' carre » (mis de côté). 
Bourg*, dequâre, Fr*-Cté, c?e carre. Vro\., de caire. 

Carreau, s. m., pierre. Sens absolu. Ce n'est pas sans surr 
prise qu'on entend dire : <r 01 a jeté des carreaus dans mes 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNArs 73 

vitres ». Nous avons recueilli ; « va à la ruine du châtiau; 
ma y é por y prendre des carreaus por son mur. ». 
Bourg., caria. Gène v., carron. Pic, ccriau, carieu. Prov., carel. 

Carrée (/a), s. f., tente, logette en toile, parfois en planches, 

construite pour abri sur le bateau et le radeau. 
Il-V., la carrée {\\Q\x où s'élevaient les potences). 

Carrer (sej, v. pr., se ranger, se mettre de côté. 
Jura, 56 carrer. 

Cartable, s. m., sorte de grand portefeuille en carton, dans 
lequel l'écolier met ses eahiers et ses livres. On s'e-it 
inquiété de savoir si ce mot est français ou patois. La ques- 
tion a été a demi tranchée; on a relégué le mot parmi les 
vocables provinciaux. Quel que doive être le jugement en 
dernier ressort, notre glossaire local maintient cartable, ce 
compagnon indispensable de tout collégien. 

Midi., cartable. 

Cartée, s.f., quartier, gros morceau ; « Yét eun fameus goulu; 
ô vous mainge des cariées d' pain!... » 

Çarvelle, s. f., cervelle, intellect. 

Lat, cerebellum. Bourg., sarvelle. Prov., cervela, St-Am., char- 
vala, 

Casaquin, s. m., camisole, courte et sans manches Se prent 
fréquemment, au fig., pour le dos : « Attens! j'vas t'en 
flanquer su V casaquin ! » 

Bourg . , caisaiq uin, 

Casiau, s, m., vessie. Celle de veau sert à la confection de 
la pressure pour faire prendre nos bons fromages blancs des 
Bordes. 

Lat., caseus, Montr., casieau. 

Casse, s. f., poêle à frire : < T'as breûlé ma casse en fsant 
ton omelette. » On trouve ce mot dans une partie du v. fri- 
casser, et le verbe entier semble contenir la contraction de 
frire dans laçasse, 

Bas-lat., caza. Berry, casse. Bourg., coissô, quesse. Champ., casse 
(poêlon). Forez, casse (poêlon à long manche). Genev., casse, caffe 
IàWq, paôle, Lyon., casse, Mac, id. Montr., id. Morv., id., quesse^ 
Norm., casse (léchifrite). Pic, casse (vase à boire). Poit., casse 
(léchifrite). Rom., casse. Sav.,pe7^. Vx. fr., casse. 

Castonade, s. f., cassonade. 

^^"^^^.^ castonnade, 'Roxxch.., castonate. St-Am., castonade, WalL, 
bastonnade. 



"H LANGAàB POPULAIRE VERDUN 0-CHALON NAIS 

Castjel, adj . , cassant, fragile : « li a baillé des bagues. . 

N'empdche; y et eun amoureus ben casueL » 
Norm-, casuel. 

Catarinh, s. f., cantharide : « li a métu des mouches 
cataHnes ». A mettre à côté des mouches catholiques des 
Berrichons. 

Marv, , cantine^ 

Gataplame, s. m., cataplasme. 

Lat,, ca(i»p2asma. Bourg., cataplame. Genev., cataplâme, Morv. , 
cataplame^ Pic, catapleume. Rouch., id. 

Catau, s, f , fille de mauvaise vie. Est aussi, comme catiriy le 

nom de la poupée d'enfant. Diminut. de Catherine. 
Lille, caiou^ Morv., catau, Novm.,ià. (fille méchante). 

Catéchime, s. m., catéchisme. 

Berry, catéchime. Fland., catichime. Genev., catéchime. Lorr., 

caiechissê. Midi, catéchime. Montr., catécime, Morv., id. Norm., 

catéchime. Wall.^ catégisSy catrusème. 

Ôater, V. tr., jeter, lancer, pousser, 
Br+^ss., calé. 

CatiOj s. m., plat, pot, vase. J. Guillemin cite cette piquante 
version d'un proverbe connu : « Tout catio trouve son queu- 
c^o ». Tout pot trouve son couvercle. 

h^UfCatinusiliikX.^ catio, 

Caton {à), loc, adv., à quatre pattes, à la manière d'un 
ciiat ; « L'bouïi houme, ô marche à ca^on pour obuyer son 
p'tiût ». 

Norm,, à catons, 

.Gâtons, s. m., grumeaux qui se forment dans toute farine par 

suite d'humidité, ou parce qu'elle est mal délayée. 
Morv., ra^^oji, qulaisson.{Y* Griimelot), 

Causou, adj., causeur, bavard. 
Morv.j causou, (V. Bavou). 

CiÊLÉBRALE, adj-, cérébrale ; « 01 é parti d'eune fieûve celé- 

brale. a 
Cogn-, céiébrale. 

Cemetière, s. m., cimetière. Dans un manuscrit verdunois 
du siècle dernier on trouve simitier ; mais ce texte peut-il 
faire autorité? 

Ital,, cimeierio. Berry, cemetière, cementire, cimentiére. Bourg., 
cemeîeire^ cemeteyre, Bress., cimétiro* G2isc . y cimentérû Lim., 
sémèntêri. Morv., ceumetére. Poit., cimantère, sementère. Prov., 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 75 

cementeri. Saint., cemantière. Toul., cementéri. Wal^j remin- 
tière, chementiére^ chimintière, chimetière. 

Cbndrei, s m., cendrier, drap qu'on étend sur la condiB dana 

le cuvier à lessive. 
Morv., cenré. Vx. fr., cendier, , * 

Cknise, s. f., cendre encore chaude. 

Lat., cmi5. Bourg., cenre, sanre^ carre. Champ., cenhe, Fr,-Gté, 

id. Jura, id. Eille, chinte. Morv., cenie, cents e. Pic, chotine. Prov», 

cenillas, cene^ cenre, 

Cbntime, s. f., centime : « Ta cli'tite afâre, à n' vaut pas tant 

seulement eune centime ». 
Lat.. centeslmus. Genev., centime ^^fém.). 

Cequi, pr. dém., ceci, cela, ça ; « Y é c'ment c' qui que V 

déranges?... » 
Bourg., celai. Bress., (^anquie. Bugey, cin. Lim., cellé]{ce^), co (ce). 

Lorp., celêj slè. Morv., çai, cequi. Sav.. citta (cette). TouL, aco. 

Wall., sous si 

GÉQui, pr. dém., ceus-ci, ceus-là. 
Bress., céquie. 

Ceusse (les)y pr. dém., ceus : « J' vouerons ben les ceûsse qui 

veinront ». 
11- V.., ^6?^ siuns. 

Chac {faù^e)f s. intr., rater : « Y et eun fameus chassou ; à 
tôs les cops son fusil fait chac. » 

Chafaud, s. m., grenier au-dessus delà grange. 
, ^OTY., chafaud, chauf au (échafaud). 

Chagne, s. m., chêne. 

h^i^, quer eus. Berr y y cMgne, chaigne. Bourg., chdgae. Bresa., 

chano. Lim., chone, rouvéï. Lorr., chaisne. Monlr,, chagnût 

chctigue. M.OVV., chdgne. Pic, ,quéne. Poit., chdgue. Prov., casèêf. 

I KovLch.y quèn?, St-Am., 5d«0M. Saint., c/id^ne. Vend., chdgue. 

I Wall, quène. 

I Chain-ne, s. f., chaîne. 

^ii'. catena. Bevvy, chadaine. Lim., chodeno. Pic, caina. Proï., 
cadena. Tou\., cadeno. Si- A.m., s ènna. 

Chaintre, s. f., chemin autour d'une pièce de terre, œinUire. 
Berry, cheinte. Forez, chintre. Montret, chaintre. Morv^ chintre» 
cinte. Poit., chaintre. (V. Contour). 

Ghallion, s m , la nuque. 

Chalumiau, s. m., chalumeau 

fiourg., c/iatZtfmine. Bas.-Norm., chalumiaou. Fic.,carwmÏÊi*.Prov,, 
calamel. 



7S LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHÀLONNAIS 

Chalureus, adj.j chaleureus. 

Genev-, chaloureus. Morv., chalûreu, céléreu. 

Chambarder, v. tr, et intr., lancer au loin avec colère 
vaciller, tituber : « J'ai chambardé c' chaudron au mitan 
d* la rue ». — « 01 a trop bu, Tivrougne ; ô chambarde, » 

(Pour ce dernier mot, t. Chambiller), 

CHAMBrLLKR, v. intr., aller de travers, tituber : « Voui, V 
boun hoiime, ôl a trop pinte; quan ô r'veint cheû lu, faut 
vouer c'ment 6e/iaw6t7Ze! » (V. Chambarder), 

Cfiambillote, s. f., croc en jambe. 

ChambleirEj s. f., chambrière, servante. 

B^rry, chambleire* Bourg., id., chambrillon. Fr.-Gté., chambelére, 
ha.i\g.t Ghaa^briero, Morv., chambleire. Poit., chambrère, Prov., 
camarieria. SEiinL,, chambarière. Vx. fr., chamberiere, 

Chambr'autb, s. L, chambre haute, pièce située au premier 
ou au deuzième étage d'une maison. Elle est haute relativ. 
au rez^de chaussée : « Pare et mare coucheint au bas; moi, 
j' couche dans la chambr'aute ». 

Morv » , c ha m b r'a ute. 

Châmpeh, V. tr-, camper, placer, mettre, et jeter, laisser là. 
Boui't^., t^hampai, janipai. 

Champigkot, s. m., champignon. 

Morv., champignoL 

Ghampoter, v< ti\, conduire aus champs les différents trou- 

peaus* 
Anjou, chamipakr. Dauph., champeier, Morv., champier, cham- 

pouéyer. Poit-, cho/mpayer, champéyer. Suis, r., champâ, Wall., 

champi . 

Chandibr, s. m,, chandelier. 

ItaL, candHiiere. Morv., chandié, Prov., candelier. Vx fr., c?ian- 
dellier. 

Chakée, s. f., cli(>naie. 

Barvy, chdgnaie. Saint., cM^nace. WbXL, ques7ioy. 

Chanfrilleh, V. intr., se dit des paysans qui veulent faire 
montre de parler français : « Aga, c'tu-là; Tentends-tu? ô 
chanfriUe ». Pris en mauvaise part. 

Chani, adj., chanci, rance, moisi. 

Berr>\ ûhannL Foresî, chani, Maine, Morv., id. Norm., chani, cani. 

Chanlit, s» m., cUdlit, bois de lit. 

Bîis-Lat-t vadelettis; liai., cataleUo. Borry, châlit, Montr.. id. Morv., 



LiNGAGE POPULAIRE VKEDUNO-CHALONNAIS 77 

\â. Norm*, id., qualit. Pk., calit. Puit, châlit. Sait] t., chdîis^ 
chalut^ chaÎQSse* Vond^j chaîiL Wall*, calU. 

Chaktou, s. m. etadj-, chanteur. 

\\:^\.,Qantatore, Lyon., rhantoa. MaQti\, id, Mui'v.» Id, Pl'Ov,, can- 
tairef caniador. 

Chantrouiller, V, tr.et intf.,cliari tonner, fredonner, mais de 

façon pea remarquable. 
Biurg.r fr&denai, Litn*, chanta. Pic , votoner, 

CHàPAU, S, m., crasse, croûte qui se trouve sur le sommet de 
la tète des nouveau-nés. et fine les mères ont la maladresse 
de respecter en vue de la santé de l'enfant. Ce mot n'a pas 
la mouillure comme le suivant. 

Chapiau, s. m*, chapeau. 

ItaL, cappeUû. Berry, r?tapifitt. Bourg., chépia, chaipid. Bress. 
çapiau. Datiph,, rhap^t, ri.-V*^ chapinu, LUI*, capiau. Lim , 
chopèu^ chapett, Lorr.. chépê* Màc.j rhaptâ. Morv,, chapiau, 
chaipeaif chépiau. Norm., id. Pic, capiau^ Pniv*, rapeL HoligIi., 
capiau. St'.\m,, sapé. Saint*, cJtapid. Sav*, stapai. Touh, capél. 
W8l].,capiau^ch<ipai. (V, Chapau)'^ 

Chjipler, V. tr., tailler, couper, mais surtout hacher : « As-tu 

rhaplè tes harhes? la sôpe va boudre ». 
Vio\ir^,,ehapelm, Bress., çaplove^Bimph .chapta, Genev., rhaplf^r. 

ùhaplot&}\ Lîing., rhapl/x, Lyou.Jd.j ckappla. Mûc.poï^ chaptîeiti'Cf 

(ara pour attacher la viande), Prov,, chjipîar. Vi. fr-, chapter, ch^^ 

ployer. 

Chapler, V, ti\, abattre à coups de gaule, surtout les nois : 
tt Oï a chapïé les calas de ses f^rands neùyers. Y en a tant^ 
qu'ô n' saroties compter w, 

Bûmgf,, chaipiài. Ceuirejablei^ /fâher. 

CHipouTER, V. tr., couper â tout petits bouts, morceler, avec 
Hache, couteau, ciseaus : « La couturière m'a chapoutè ma 
robe. » — ft Voyons, drtMet, n' chapouie pas mon bdion... » 

lit., capeliare. Berry, €hapH.'ie>\ chappoter, chapioter^ Bresa,, 
çhapoté, chapoto, chapoia, Fr,-Cté, chaipla. Ureti-, chupota. 
Lyon., chapoto, chapouia, chapater^ Monti\, ehapouter. Morv», 
chaipoutêt. Périg., chapusit. Poit,; chapotai* Suis. i\, capoitm, 
Toui-, chapouta, chapoiiteja (laver» tremper). Vx. fr., chapoter^ 

fT. Chaiyiller). 

Char. s. t, chair, viande. 

Bas. Norin., ché. Berry, ckar. Bourg., char, (tare, Lorr,, cM, chê. 

Morv., char. Pic-, id. Prov., cnrn. TouL, car, WalL, chtir. Vs. 

ff., cAdr. 
Char-a-qlace, s, nu, sorte de traîneau plus ou moins mdi- 



78 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

mentalre, boîte longue en planches sur laquelle s'assiet le 
p m meneur, et qu'il pousse à l'aide de deus bâtons à clous. 
Rûuch,, kar'à-ff lâche. 

Charbon de pierre, s. m., charbon de terre. 

Charbonète, s. f , petit charbon, braise qu'on retire du four, 
qu*on èteïntet qu'on vent aus ménagères pour allumer le feu. 
Mùï-v., chairbonette, Norm., charbonnette. 

Charbouiller, V. tr., barbouiller, salir, noircir par le char* 
bon, etc : «t Que v' tu que j' bise ton p*tiot; ô s'é tout charbouillé 
la figure en migeant sa rôtie ». 

Itd tbarbugliare. Berry, charbouiller. Bourg., charbouillai. Ghâ- 
till, frharàoniller. Lorr., châbrouille. Morv., chairboiller, 

Charohkr, verbe tr., chercher, ' 

LillOï cacher. Montr., charchir, Rouch., qiierre. Vx. fr., cercher. 
(V. Carcher), 

Chardonet, e. m., chardonneret. 

l\^^\,,cardinello, Berry, chardonnet,échar donnée, Bress., écardo- 
noayn, Fland., car do n7i et, cardonneret. Forez, chatri^ chatril- 
îon. Gf^nev , chardinolet, Morv., châdoxi gâtera, chairdonneri. 
Norm., chardonuet^ cardronnette . Pic. cardouyiet, cadoreur, 
Poit., chadrier, Prov., cardalina. Rouch., cardo?iète. Saint., 
chardounet, écharderi. Sav., cardinolin. Toul, cardino, Wall., 
cardonele^ cherdin. V. fr , chardonnet. 

Gharotk, s, f., charette. 

Berry, . chairette. HLov^ ., chair otte . Prov., caretta, St-Am., sarëfa 

' WalL, chèréte. 

CHAiirÉNB, s. f., panier à provisions, à mettre la c/iaeV et le 

pain* 
Bourg» chaivpaigne. Montr., charpene (charmille). 

Charpiller, V. tr., couper, mettre en morceaux. 

Aunis, charpiner, écharpiner. Berry, charpigiieT^ assarper. Fland., 
sarp&r. Genev., charpiner (tourmenter). Lang., charpigna, capi- 
gna (a[uereller). Norm., serper. Poit., sarpander , Saint., sarpil- 
1er. charpiller, écharpiller. (V. Chapouter), 

CiiAKPiLLÈRE, S. f., grosse toile d'emballage, d'un tissu très 
lâche, spongieux, et servant aux ménagères pour laver les 
carrelages des chambres. 

Charte, s. f,, cherté. 

yïù'^ qiterlê- Pvov, , car itat. Toul., carestio. Vx-fr. , chierté. 

CuARTfH s, \\\ , hangar où l'on range les chars, 
JtloaLr., charretis^ 



'.^- 



LA.NtîA.OE POPULA.IRE VERDUNO-CHALONNAIS 79 

Chassou, s. m , chasseur. 

liai, cacciatore. Bourg., cTiamow. l^ïQ.yCacheux, Prov., cassayre, 
yx'(r.,chaceor. 

Chat ! (hou), excl. pour faire déguerpir un chat : t hou chat ! 
hou cfiaé ! J' vas V faire mainger ma crein-me I attend ! ». 

Chat, adj., friand : « Aile é chate » se dit d'une personne qui 

est f sur sa bouche » On a le vieux sobriquet : c^ chats de 

Chalon t. 
Artois, cat. Bas-Norm., id. Bourg., chai, Montr., chat, Morv., 

id.yChaite, Pic, co, ca, Prov., cat. Wall., chet, Vx-fr., châtier 

(friander.) (V. Achati). 

Chataingne, s. f., châtaigne. 

(j%neY., chdtagne. Morv., id. Pic, castaine^ cataigne, Prov., caS' 
taiiha, castagna. Saint., chatagne, chatigne, 

Chaterie, s. f , sucrerie, friandise, entremets. 
Berry, chatterie. Bourg., chatterie» Morv., chaterie. 
Le Bourguignon a le verbe chaitognai (chatonner) pour : & don- 
ner des friandises ». 

Chatiau, s. m., château : « Voui, voui, j^ainme meû ma 

. maïion qu' sou châtiau! » 

ut., castellum. Bourg., chaitéa, Bress., cotiaii. Lille, catiaUt 

Lim., chdtéUs Lorr., chété. Morv., catiaic. Pic., catiau, cOitieii. 

Prov., castelh. Rouch.,trf. St. Am., sôté. 

Chaton, s. m., ce qui reste de la grappe de maïs, quand on 
Ta dépouillé de tous ses grains. 

Chatouil, s. m , chatouillement. Aux appoints, les fillettes 
disent sans gêné à leurs amoureux : « Oh ! j' crains pas V 
chatouil, moi! » C'est presque une invite aux témérités. 

Bres8., chatlllo. Cognac, chatouiU Montr., chàtillont. Morv. 
chagriot. St.-Am., satelyë (chatouiller), Toul., gratilhous. 

Chatouillot, s. m., dim. de Chatouil. (V. ce mot). 

Chaucher, V. tr., chausser. A Châlon, l'ancien nom de la rue 
aux Prêtres était : Chauche-chien (chausse-chien). On a le 
nom Chauchefoin. 

Lat., calcéare. Ital., calzare. Midi, chaucher (fouler, afiaiaser) , 
Pic, cawc/ifr. Prov., caussar, Toul , caussat (chaussé). 

Chauchéte, s. f . , chaussette . : • 

Lim., chaosso (bas). Morv., id. 

CnkVD (breûler de), redond. ÎB.\xti\G 
(V. Bas, Bois, Froid, Haut). 

Chaud DU lit, loc, saut du lit. 
Genèv., chaud du lit. Rouch., sonda Ht. 



80 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Chaudeur, s. f., chaleur. 

Lat., calor. liaiï., calore. Pic, caleur, Prov., calor, St.-Am. saleu. 

Chaud-frèd, s. m., pleurésie. La population a une grande 
prédilection pour ce mot. Il n'est pas d'affection de poitrine 
qu'elle ne désigne sous le nom de chaud-froid. 

Cognac, chaudfrèd. 

Chauféte, s. f., chaufferette. 

Toul., escalfeto. (V. Couvot). 

Chaufeuse, s. f., fenime qui chauffe la lessive. 

(V. Lissiveuse Laveuse). 

Chausse, s. f., bas, chaussette (Mervaus). 

Chauveau et Choveau, s. m., mesure de liquide, contenant 
environ le demi litre : « J'ons ben prou cori; veins-tu boire 
èun chauveau f » 

Bourg., chôvéa^ Morv.. chauveau (1 litre). 

Chavir et Chévir, v. tr. et intr., conduire, gouverner, jouir 
de. S'emploie surtout négativement dans le sens de faire 
obéir, diriger : « Ces drôles sont si dissipés que j' peux pas 
en chavir ». 

Chavogne, s. m., poisson blanc, que prennent journellemenl 

les pécheurs Dim., Chavognot. 
Ghal., chavène, chevame. Dijon, chevaneau. Morv., chevanne, 

cheveneau. En div. autres pays des environs, chevane, cheve?ie, 

chavene, chaboisseau, chabuisseau. 

Chéoun et Eun chécun, pr. ind., chacun : « V'ià les marioûs 
qui vont j'ter les dragées. Allons, p'tiots, corez! eûn chécun 
en àra ». 

Berry, chacun. Bourg., chaicun, eugne, checitu. Champ , id, 
Genev., chécun. Lorr., chéquin. Morv., chaicun. Pic, cacun, 
Prov., cascun. St.-Am., sôkyon, ëna Saint., chaquyn. Sav., 
stdcoji, TouL. cadaun^ caduUy quad'un. Vx. fr., chascun. 

Cheire, s. f., chaire, chaise, 

Bourg., chaire. Champ., selle. Forez, sella. Fr.-Cté., sélot^ seletot. 
Genev,, selle. Mac, chire. Morv., chëe, chéle. Rouch., quaière, 
quéire. St. Am., chala. Sav., sella. Suis, r., id., sala, chola. 

Ghenailler. V. tr., battre à coup de fouet, comme on fouette 

les chiens (chienailler). 
Qenv.y chenailler (secouer, tracasser^. 

Chêne vÉ, s. m., chenevis. 

Lat., cannabis. Berry, cheneveUy chenouis^ chenevouè. Bourg, 

chenevai. Genev,, chenav>er, chenevar. Guer., canivet, canivier. 

Lang., canabou. Luxemb,, cheneveuse. Morv., chenevé. Norm., 

chenevieu,canivieu. Poit., ckenebou.chcneboué.l^roy., canaboun. 

Saint., chenebar, chenevar. Toul., canabou. 



Chenevey {bounot)j s. m., bonnet éfyais que portaient jadis nos 
mariniers . Cette eoiifare, exeelien te contre rhumidité, était 
ornée de trois glands ronds à gauche, et se serrait à volonté 
du côté des glands. Le mot n'éclalrcit pas la question 
d*étymologie de ce couvre-chef, qui tient peut-être son nom 
(le celui du fabricant . 

Chenevotb, s. f., allumette faite avec la tige du 'chanvre, 

qu'on a dépouillée de son] filament par l'opération du teil- 

lage. 
Berry, chanxenotte^ chemenotte, chomenetle. Bourg., cheneveuilU^ 

chenevoUe.Mory.t cemenoUe, chevenoite, Norna., canivotte. Semutt 

chenevoUe. 

Cheni, s. m., ordure, petit corps étranger, balayure ; « J'ai 
un cheni dans Tûyot ». — « Y a des chenis dans V coin de 
la chambre ». 

Bourg., cAe^it. Ghâlill., chenil. Jura, cheni, Morv-, id.Wali.,<î7ii/»t> 
ehinêie (canaille). 

Chbnne et Chin-ne, s. L, chienne. 
Montr., chenne. S'-Am., sena, 

Chenot, s. m., chenet. Chenot est le dim. de chen (chien). 

Les premiers chenets représentaient volontiers des chiens ou 

des têtes de chiens . 
Beriy, chenard. Forez, ehanaus (grands chenets). Mory., chenot, 

Poit, c/ienei (petit chien). Saint., chenot (id.). Vx.fr., chienet, 

Chenovb, s. m., chanvre. La plante môme, et la filasse que 

Ton retire de son écorce. 
Lat., cannaàis; liai., canapa. Berry, chande, chambe, charhe, 
Bress.. c/ienat)o. Dauph., chenevo, Fovez^ chinèoe. Fr.-Glé, chenove. 
Mootr., id. Morv , chieindre. Norm., cambre. Pic, canve, Prov., 
cambre y carbe. Roueh., Kame, Kème, Saint., charve, Say., 
sienène, Wall., chainn, came, Vx. fr., charve^ cherve. 

Chenu, adj., bon, fort, cossu, solide, excellent : « I m'en a fait 

goter; oh! y é du ch'nu\ » 
Lat,, ca;ia^M5. Genev., chenu, Norm., îd. Prov., canut. Très vx fr., 

chanu. 

Chercher son pain, loc, mendier. Le'Morvan a comme type 
le cherche-pain (c/iercAow d' pain), (V. Aller aux 'portes). 

Chère AN-NÉE {la), s. f.. Tannée de la grande cherté (1816). 
. — P^lit, l'entendais toujours parler du pris exorbitant des 



82 LANGAGE POPULAIRE VBRDUNO-CHALONNAtS 

denrées en ce triste moment. Je me souviens du pris du sucre, 
qui valait 6 fr. la livre, et tout à l'avenant. 
Morv., la ch*tite année. 

Chésit, tomba, parf. du v. cheûdre. 

Chesser, v. tr., sécher: « J*veins d* laver mes draps; jMes 

ai métu à chesser^ ». 
Lat., exsugere, Lyon, essure, essuire. 

Chessot, s. m., lange pour les besoins des enfants. Parce 

qu'ils seiTent à essuyer, à chesser le petit. 
Bourg., chaissô, chaisseii. Montr., 'chaissot. Morv., chiaissot» Vx 

fr., chainse (jupe). 

Chbti, te, adj., pâle, maigre, chétif : « V'ià des Mets mor- 
ciauxl » — a T'é donc bé mau? T'as eûne ch'étée figure ». 
Au fig., mauvais, méchant, vaurien : «r Y et eun ckHi 
vouésin ». D'un petit polisson on dira : « 01 é ben prou 
ch*tt » . 

liai., cattivo, Berry, ch'tit. | Bourg., cheti, Lim., chêti, Mac, 
chetit, Montr., cheti, Morv., chéti, cKti, c'ti, s' Ut. Pic, quetif» 
Prov., captiti, caitiu, St-Am., cheti^ va. Saint., chetit. Vx fr., 
chaitif, 

Chetitement, adv., chéti vement, médiocrement; (misérable- 
ment. 
Morv., ch'tit*ment, cUitement. 

Cheu, prép., chez : « Qu' veins-tu fâre iqui? Va-t'en cheû 

vous ». 
Berry, cheux. Bourg., ché. Bress., ce. Dauph., chieu. Lira., châz. 

Lorr., chù Mac. chi. Montr. , cheux. Morv. , cheuz. Pic, cheux, chu, 

St-Am., vé. Saint., cheuz. Vx fr., chiés. 

Ghbudre, V. intr., tomber, choir : « Prens donc garde; t' vas 
m' fâre cheûdre ». 

Lat., cadere. Berry, cheir. Bourg., chezai, chot. Dauph., charre. 
Fr.-Cté., y ché (il tombe). Il.-V., cheir. Lille, guerre. Lorr., 
cheur. Louhans, chèdre. Lyon., cheyre, chayre, chère. Montr., 
cheure, cheûdre »chèdre* Morv., c/iouer, tiimber. Norm., quaire. 
Pic, tcher, kère. Poit., cheure, cheurre. Prov., toumhear. 
Rouch.j quéhir. Saint., chère. Vx. fr., cheoir, 

Cheuler, v. tr., trop boire, s'enivrer, se saouler. 

Bourg., cheulai (aussi téter son pouce). Uhamp., chùlai. Morv., 
chulèr, sùler. Sav., se cheulâ. 

De chôvéa, La Monnoye enregistre le verb. chôvelai et par con- 
traction cheulai. 

Cheu-nous, loc. employée substantivement, le groupe qui 



LANGAGE POPULAIBE VBBDUNO-CHALONNAIS 83 

fonne la maisonnée ": « Cheû-nous sont sortis. Cheû les 
François vont li fâre la conduite ». 
Bourg., ché-no» Bugey, chi-no, Lim., cha Picard. Poit*, cheux^ 
nous. 

Cheurter, V. tr., asseoir : « Eh ! brave houme, cheùrtejs-YOïxs 

donc eun brin su 1' ban » . 
Bress., cheto.M.ov\., cheurter. St-Am„ cheté. (V. Asseter), 

Chbuvre, s. ï., chèvre. 

Lat. et Ital., capra. Berry, chievre^ chieuve, chieuvre, chieuhe. 

Cognac, chièvre. Forez, chiora^ chuére. Fr.-Gtè, cabre^ caibre. 

Lim., chabra. Morv., câpre , chière, oière. Pic, cabe, cabre, kève, 

kèvrCj cape. Foït., chebra, cheubre. Prov., cabra, St.-Am., sevra* 

Toul. crabo. Vx. fr., chievre. (V. Bique, Cabri). 

Cheuvreu, s. m., chevreuil. 

Bourg., cheuvreu. Prov., cabrol, cabirol. Wall., chivrou, chévreu. 

Chevau, s. m., cheval : « A c' mai tin, j'ai m'né mon ch'vau 
au marché » . 

Lat., caballus ; It., cavallo. Berry, gevau. Bourg.', chevau, Daaph., 
chivau, Fland., g't?aM. Lille., queva^ q*va. Lim., chovàu, chavaq, 
Lorr., chouâ, Morv., chevau, g'vau, [s'vau, c*vau. Pic, kevau, 
kevaUgval. Prov., cavalh. Rouch., qu*vau,quevaui St-Am.,5etJÔ. 
Saint., c/te»aù. Sav ,stevau. Wall., queva, chivâ. 

Chicanou, adj., chicaneur, chicanier. 

Bourg., chaquignou, Morv., chicanou, Vx. fr., id. 

Chifon, S. m., morceau : « J'ai opetit; baillé-me eun bon 

chifon de pain ». 
Midi, chiffon. Morv., chifon^ grougnon. Toul., canchon de pa 

(V. Guignon). 

Chifon, Chifoneau, Ghifonbte, noms familiers et d'amitié 
donnés à une petite fille. 

CmFRE (la) y s.f., l'arithmétique : « Mon p'tiot va déjà à l'école; 

01 éprend la chifre ». 
Genev., ia chiffre. St-Am., sifron, 

Chin, s. m., chien, au fig., avare ; « Chin d' matin! » est un 

juron familier à nos paysans. 
Lat., canir. Berry., chen, chin. Bourg., id. Lim., chi. Montr., chin 

yioTY.yCheny cien. Pic, kien, tchèn. Prov., can. Rom., can^canh. 

Rouch., ^le/î. St-Am., ^èn. Saint., chein. Sav., stin, Toul., chi- 

chichetychichou. Wall., chen. 

GmpoTE, s. f., chicane, subtilité, procès. 
Bourg., chipote. 



84 LANQiLQB FOPULAIRe VUftlHJNO-CHÀLONNAlS 

CiiiPOTBK, V. tr , chicaner, marchander, tirailler, asticotor : 

« Y et eun tire-yards ; 6 chipote su tout. • 
Banrg., chipotai, chipouta, Genev., chipoter. Morv#, id. Roach., 

id. Saint., chicoter. Wall., kipoti. 

Chipotou, s. et adj., chipotier. 

Chique, s. f., quignon, gros morceau de pain ou de viande : 
« 01 avot faim; j* te li ai baillé eùne chique/.,. » 

Bourg., cAigae (aussi mine). Genev., chiquet. Pic, chike. Wall., 
chiche. 

Chique et Ghuque, s. f., bille à jouer. 
Norm., chique (chiflfon). 

Chiquer, v. intr., jouer aus billes, lancer la bille, mais plutôt 

être malheureus à ce jeu, et, par extension, à tout autre/ 
Genev., chiquer {V. Poquer). 

Chloffe (a//er), loc, aller se coucher. Un des restes des pre- 
mières invasions. 
Allem., schlaffen. Wall., choffe. 

Chodotes, adj., chaudes. Qualification Jdes châtaignes cuites, 
que le marchand crie : « Toutes chodotes ! toutes frigolotes I • 
(V. Frigolotes). 

Chognb, s. f, bouse de bœuf, de vache, et surtout excrément 
de cheval ; « Ben marci ! y en a-t-i des chognes dans c*te 
rue! » 

Mon tri-, iChqgne. St-Am. , bôja. 

Chogniot, s. m., le derrière de la tête, occiput. 

Chou! chou! excl. adressée aus poules que l'on veut chasser 
d'auprès de soi. 

Chougnier, V. intr., pleurnicher : « Qu'ol è donc déaagueù- 

riabe ! ô chougne tôjor. » 
Bourg., choutiiai, chouignai. Morv., chonner. Poil., cheugnai. 
(V. Chouinery Couiner). 

Chouiner, V. intr., pleurer sans motif, faire semblant de 
pleurer : « Qu*é-ce qui f fait chouiner c'ment c' qui? » 

Berry, chauler. Fr.-Gté, couiner, id. Morv., chouiner. Poit.» 
ehiouler. (V. Chougnier, Couiner). 

Chouper et Cheuper, v. tr., héler de loin, appeler fort pour 
faire venir quelqu'un. 

Berry, huper. Bourg., oupai. Bress., cheuper. Fr.-Cte, huper, 
heuper. Jura, hupper. Lorr., huchié. Màe., chupai. Montr., 
cheper. Morv., houper. \^ovm. Juper^ huper. Pic., houper. Rom., 



LANQAGB POPULAIBB VBKDUMO-CHALONMAlS 85 

hupper. Uonch., h ouper. St-Am., ereié, WtÀl., houpery hoi^el^r, 
Vx. fr.yjupey, (V. Hucher), 

Choupète, s. f., boucle, mèche de cheveus. 

Bourg., choupeute. YT,-QtXè,chouqi^Ue, Mort., choupetie. 

(V. Chourette). 

Chourétb, s. f., mèche de cheveus temporale, tournée en 
virgule, et qu'affectionnaient fort les jeunes gens du premier 
quart du siècle. (V. Choupète). 

Chouse, s. f., chose, être. S'applique à nombre de substances. 
Ital., cosa. Artois, cose. Berry, chouse, 'Boxxv^., cheiïze. Dauph., 

chouse. Lim., chà'ùso. Lorr., cheuse. Pic, case. Prov , cosa. 

KoMch., cosse. St \m., seùja. Saint., chouse. Sav., stieuze. 

Chtourbe, adj., mort. Nous vient des premières invasions. 
Allem., slorben. Pr.-Gté, aissouerhi. Morv., chtourbe. 

Chu, part, de cheûdre, tombé : « 01 a bouévu, ôl a chû. » 
Il.-V., chd, chête, Lille, qiieu. Morv., choué. Rouch., quehu. Vx 
fr., che'à. (V. Aile...) 

Chu, s. m., aire. Dans les cantons mèrid. du dép. on bat à 

Taire, ou c/iû, en plein soleil, et non en grange. 
St-Am., chiieù. 

Chumin, s. m., chemin, route, sol et parcours. 

Ital., cammino. Bourg., chemi, Gliamp., chemù Lim., chami, 

Uory. fChemi. NiverD., semin. Pic, camm. Poit., chemi. Prov., 

cami. St-Am., semèn. (V. Cmin). 

Chuminée, CHUiNÉBet Chvinée, s. f., cheminée. 
Ital., cambiata. Bourg., chenerée. Morv., cheminée. Rouch., que- 
menée. St-Am., semeiiô. Sav., stemenây seminaïa. 

Chuminer, V. intr., cheminer : « Lasse-le, ce p'tiot; n' li dis 

ran; ô chumine son train ». 
Bourg., chemenai, Prov., caminar, 

Chumise, s. f., chemise. 

Lat., camisia. Bourg., chaimi)ige. l[.-V.,cheminze. Lim., chemisa. 
Pic, kemise. Prov., camisa. St-Am., semija» (V. Camise). 

Chupb, s. f., huppe, oiseau, et aussi touffe de plumes, de fleurs 

sur la tète. 
Montr., chupe. Morv., cheupe. Norm., chouppe. Poit., supet, 

CiARGE, s. m., cierge. 

Lat., cereus. Ital., cero. Berry, eiarge, Br«ps.. ctro, ciarzo, Lyon., 

''^irou. Prov., ciréy ciret, ciri. Kom., ciri^ ciry. St.-Am., cirou. 

Vx. fr., cerge, cirge, cierge. 



86 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Cime, s. f., jeune pousse végétale. 

Ital., cima. Berry, cimiau (branchage). Metz, ceufnau. Morv., cime, 
Norm., c/itm^. Pjc, chimelte. Prov., cim,cima. 

CiMOT, S. m., lisière du drap. Dans la Bresse, on fait des 
chaussons en cimot ; c'est ce qu'en français on appelle : 
chaussons de lisière. 

Dauph., ctmou^sa. ForQz,cimou,cimousse. Fr.-Cié., cemou.cemoiisse. 
Lyon., cimousso, Montr.. cimot, Morv., id. 

Cinq sous, loc. : « Là, mon Diou! qu' t' é donc belle! T' è 

gentite, voué -tu, c'ment cinq sousl » 
Berry, id. 

CiOT, s. m., cep de vigne: « N' m'en parle pas; la mâtine 
de p'tiote béte va piquer tous nos ctots. Je n' pourons ran 
pu j'ter dans nos cuves ». 

CiRUGiKN, s. m,, chirurgien. 

Genev., cérusien, Morv., cirusien. Vx. Pr., cyrurgien. 

CisiAUs, s. m., ciseaus. Beaucoup de nos subst. ne diffèrent 
du français que par le son mouillé. Sans songer à les 
donner tous, nous prenons celui-ci parce qu'il amène une 
formulette d'élimination employée par les enfants lorsqu'ils 
se comptent pour un jeu où Tun d'eus doit être le dernier, 
ou lorsque chacun doit y figurer par numéro d'ordre. 

Petit cisiau 
jyor et d^argentf 
Ta mère t'appeule 
Au bout du champ, 
Pour y manger 
Du lait caillé 
Fait de la main 
De Jésus-Christ, 

A chaque syllabe, l'enfant qui compte porte la main devant 
l'un du groupe, et celui sur qui s'arrête le dernier mot est le 
dernier. — En citant autre part cette formulette, nous avons 
demandé si la variante oiseau ne serait pas bien venue à 
remplacer ciseau f L'oiseau pourrait être appelé par sa mère, 
et manger du caillé. Affaire d'o mal formé. 

Ital., cesello. 

CivADOU {à la) ! appel ; au dîner! Cri des mariniers de la Saône 
et du Doubs pour faire venir à table leurs camarades. La 
terminaison de ce mot vient des contrées méridionales, où 
pénétraient nos gens, vite faits à une accentuation familière. 

Forez, civada (dîner). (V. Margadou), 



LANGAGE POPULAIBB VEBDUNO-CHALONNAIS 87 

Cla, s. m., feu follet : « Voui, ô s'é pardu. 01 a éporçu des 
clas, ë pi ôl a été, ôl a été. .. é pi ô n'é pas rWeindu ». La 
croyance persiste encore. 

Lat., clarus. Berry, cular. Bourg., cita, quelar, fàletôyfeu foulteu, 
Bress., gueula. Champ., cular. Dauph-, culut (ver luisant). 
Forez, cular, Jura, kla, kela. Lorr., cula, chandelotte, flambart. 
Midi, cla, Morv., queular, Norm., faulau, folio, fifolet, fourlore. 
(V. Orjii), 

Clafouti, s. m., sorte de gâteau. 
Poit., clafotù 

Clairer, V. tr., éclairer, luire, allumer, faire flamber ; « J'vas 

dairerV feû ». — c La chandelle claire ». — « I fait noir 

dansTescayé; c/aeVe-me donc ». 
Bas-lat., clarare. Bcrry, clairer, clairir. Bourg., clairai, tiâraL 

UovY., clairer, quiairdi.quiérer Norm., claironner. Sav., éclalè^er. 

Suis., id. Toul., clareja. 

Clàirinéte, s. f , clarinette. 
Genev., clairinette. 

Clairté, s. f., clarté, lumière. 

Lat., claritas. Berry, clairté. Bourg., datais clertai, Fr.-Gté, cliaia^ 
Genev., clairté, Lim.» ch'arto. Lorr., clarta, kiertè. }AorY.,c*inrté, 
cliairté. Prov., claritat. Rouch., clerté. St-Am., lyaretô. TouL. 
clarou. Très Vx. fr., clartet, 

Clampin, adj.. lent, musard, négligent : « Quand ô va quête 

part, ce clampin, 6 ne r'vein pu ». 
Pic, clampin (boiteux). 

Claqub-bitou, s. m., fromage blanc, de qualité inférieure, 
mou, maigre, que ceiiains man^i^ent, mais que Ton mélange 
généralement avec de la farine de mais pour les volailles. 
— Où chercher Tétymologie de ce surnom burlesque? Biiou 
veut dire chassieus. Un déjeuneur emporté a-t-il, un jour, 
claqué une portion de son fromage sur Tœil de son coiti- 
père?... Mieus que cela, et voici la chose ; On s'en sert 
dans le Morvan, de remède contre la bite et autres maladies 
d'yeus. 

Bas. -Norm., clliaquer, Morv., quiaque-bitou. Rouch., claquen 
bièque. 

Clar, adj., clair, luisant, lumineus. 

^i', clarus. Berry, clar. Bourg., clar. Jura, kia, L'im., cliar. Lon*., 

quiar, Morv., cliar, cliair, quiar, Prov., clar. St-Am , lyd, ëva, 

Sav., ciidr. Wall., clér. Vx. fr., eler. 

Clbb, s. f.,clef. 

Lat., ctout*; Ital., chiav>e. Bourg., clar, Jura, kiai, Lang., elâoa, 
Lim., cUao. Morv., quié, Prov., clau. Toul., id. 



$6 LAK^AOS POPtlLÂlftB VËBt^UKÔ-CHALOMMÀIS 

ChiQVE, S. m.^ feuille de tôle, avec laquelle on ferme le four 
4aas les campagnes. (V. fîowc/ie-/bwr). 

Gleu, s. m., clou. 

Bourg., clô, Fr.-Gtë, kiô, kiou, Lille, clo. Lim., clio. M.ory., quiou. 
Pic, cleii, Proy., clau. Rouch., id. Wall., cld» 

Clia, s. f., claie, porte basse contre Tinvasion de la basse- 
cour. 

Forez, c/io^ Geûev., c/ie. Lang., cledo, Lim., clédau, Maine, eZaw. 
quiau, Metz, clieùe. Morv., quiai^ quiau. Norm., ctas. Fic^cloie^ 
Poit., die, cliorif cléon, clingne. Prov., cléda. Suis., c//ia, clédal, 
Toul., cZedo. Wall., cleùse. Vx h.yCloie* 

Gloiche, s. f., cloche. 

Berry, cloque. Bourg., cloiche, tioiche. Guero., cUoque. Lille, cloqtce. 

Lim , cliocha. Morv., cleuche, clieuce. Pic, cloque. Prov., cloca, 

Vosg., kieuche. 

Cloicher, s. m., clocher. 

Bourg., tioichai, quiochey, Lille, cloquer. Morv., cleuché, quioché, 
clieucé* Norm.» cliocher. Pic, clokier. 

G'mander, V. tr., commander. 

Berry, c^mander, quémander. Bourg., quémandai, Morv., c*ma7ider. 
Prov., comandar. Rouch., quémander. Saint., coumander. 

C'MBNCBK, V. tr., commencer. 

Berry, c'mincer, c'mencer. Bourg., quemançai, Lille, qu*mincher. 

Lim., couminça. Morv., c*m^ncer, comoincer, Poit., coumincer. 

Prov., comensar. Saint., coumencer. Suis, r., couminci. (T. 

Coumencer, et C'ment). 

G'MENT, conj., comment, comme. La prononciation élide abso- 
lument om : « Cment c' qui s' fait-i ?» — Certains 
l'écrivent Quement. 

Bourg., queman. Lim., coumèn, coumo. Lorr., c'mat comc^n. Mac. 
quem,an. Morv., couman, c*ment, c*man. Poit., quemant. Prov.» 
coment. SB.v.,quemê. St-Am , kemé.{V, Coume). 

C'MENT C' QUE?..., loc ., Comment est-cc que? « C'ment c'gu'on 
dit? » — « C'ment c'que t'as fait pour cheûdre ? » 

Go, s. m., cou. 

Lat., collum. Bourg., cô, ctceu^qmeû. Montr., co. Pic, co, Prov., 
col. St-Am., cô. Sav., co. 

Go, s. m., coup, fois ; « Y a des cô que j' vas prou ben; épeû 

des cô q\ï la gigue me fâ prou mau ». 
Ital., colpo. Bourg., cueu, queu,cô. Pic, keu, Prov., cop, colp. 

Moûtr., co. Sav., cow. St-Am., cd. (V. Cop). 



LANGAUI-: POPrLAlKt: > KRIII NO riîAU>NNA[Pt HW 

OOCHON-DE-CAVE, S, lîl,, clopOVkS 

La.L, porcellio^ cutio, lia^L, por ce letto. An j . ^ trèe. Berr y ^ (reac. 
ChHViip.j pourcvlet, porciilet^ pou de s. Antoine^ Dauph., caïon- 
Fr.-Cié. j poa de $. Claude, Gasc, coussonn. Genev., chpote 
(féni-). Lang. , poiirceteL Lyon^ caïon. Moit. , trencuùde^ 
Norm-, eodion, trèe-plée. Prov., /ionrrfftet de rroUt. 

CotOj s. m., œuf» 

Lille, covodac. Morv., rot:o. Saint- j, rorof. Sav., rorftret. 

Coco, leriin^ dérisoii^e, pris adjectivement \ t( T'ét encore euii 
joli coco! » — Dans une localité voisine^ un vieil avare, 
qui était borgne, avait regu des gamins le ^jurnom de 
a Coco-bel-œil ïi. IL avait un singulier moyen de déjeuner- 
Les jours de nuu'^'bé, plusieurs lois par semai Jie, il se 
rt^ndait place Saint- Vincent, et avait Tair de regarder les 
paysannes. 11 s'approchait des Tondeus^is de fromages 
blancs, marchandait et goûtait au frais produit. Aussi t^it 
la bouchée prise, il se détournait, portait vivement la main 
sous sa redingote crasseuse, d'un croûton de vieus pain 
arrachait une bouchée,,* et avalait pain et fromage. Tl 
n'achetait pus, allait plus loin, et recommençait son manège 
jusqu'à extinction de sa provision cachée. Les bonnes 
femmes n'étant pas toujour?^ les mêmes, il pratiqua long- 
temps avant d'être signalé. 

CocoDÈTE, onomat. enfantine, imitant le cri do la poule qui 
pont. Parfois ou multiplie les premières syllabes : t,i Co- 
co-co-codèie! » Le cocùdac lillois traduirait bien cette 
formule, 

CocoDRiLLE, s, ui-, Lrocodile. 

Lat,j LTù€odfftfs. Frov-, rocodrifh' Roucli., rocodrîir. Vs. fr.. 
co^afriX' 

CôDRK, s, f., courge. 

Lat,, cnmrhita, \L, cacfi^^a. Bourg,, (.'o^/^. Jura, courde. Montr., 
codre. St Ani., vurda. (V. Côrgc.) 

CÔDRON-, s. m. petite courge, Dim. de ràdre, 

CÙGEK [se), V. pr-j se taire, se calmer, s'apaiser : u Côge-te, 
vou ben je!..* » Ce fragment de phrase est tout bonnement 
un QuQ8 ego de village. 



W LANGAGK POPULAIRK VEKDL'NOCHALONNAIS 

LaL, tavere^ r^aiescûre, Berry, se couger, s*accoiser. Bourg., se 
çogè, sa couse, se coudai, Bress., se coiser, Bugist., se quaijè, 
Daaph.p se quèsîé. Forez, se qualsi, se caisiâ. Fr.-Cté., se coisU 
,^e cohi'v. Gasc-^ noG/o-^e (tiens-toi tranquille). Guien., te?., (id.) 
Ist>n*, se quaUu*. Lan g., se taher. Lorr., se cotijer, Lyon., caisi, 
fim*AÛ\ qiiimîf\ qnaii^vr. Metz, se cuhier, couhier, Montr., se 
voÎHfjf'r. Morv-, côffvt\ cour/er, cocJner. Prov., ^etssê. Rom., se 
voisvf\ irtiV/v tai^cr. Sav., se cdfjer. St Ara., chequâjc. 

Cogne, s. L coin, angle retiré : « J'iai niétu dans la cogne 

delà chVinét^. >> 
Bourg., i'Qfjnc, vo(pinitt\ Wall., coine. Vs. fr., cnitfncf. (V. Bor- 

fjftotp. Carre, Coanot.) 

CoGNEk, r, tr., baltri^ flanquer une correction : « Attens, 
maton 1 j'm'en vas Vcor/ner po t'éprende à miger mon 
beiLL'o! » 

Berry, vourjnvr. Wall-t coiuiU. 

CoÏER, s^ m. collier. (Prononcez c6-ïer). 
Prov., eùifir. 

CoLAFANEj s. f,, colophanc : « Voui dà! l'crincrin n'a jar 

gros usé à'colafane; po la danse, ça n'va pas. » 
Prov., colofiiniu- Toul, colofonio, colofano. 

Colas, adj., dini* de Nicolas; sot, niais. 
Lille, colas, Poit., id. (V. Jan-Jan.) 

Collet, s. in,, espèce de cible rembourrée, formant un rec- 
tangle élevé, et qu*oïi plante sur la butte pour recevoir les 
fl6dw*s dans le fit" i'i l'arc. Las! où est le beau Jeu d'arc 
d'an tau 1 

CoMBËK, adv., combien. 

Bourg., eomhf*. Lorr., vobin. Wall., comhen, Idbcn. 

C 6m UN s (to)j H. m., les cabinets d'aisance, les anciens retraits. 
Toujours placée assez loin de l'appartement. On a, pour s'y 
rendre, à traverser au moins une cour, ou un jardin... 

Genev-, coiafanns. 

CoMPANiE, s. f., compagnie. 

Genev., co/apa/tw. Morv., compainf/nie. Prov., companht'a. 

.CoMPAKÀÏoN, s. f., comparaison. 
Morv,, id. Prov^, ntfHpftraso. 



LANCiAGP: POPITLAIRK VEUniîNOrilALONNAIS Ul 

Compare, s. m., compère, pour un baptême; camarade de 

parties fines. 
Bourg, Compeire. Dauph., compare, Lorr., id. Pic, copôre, 

Prov., compaire. Sav., Compare' VJ M., copère. 

CoMPEURNOTE, S. t., compréhcnsion, facilité d'esprit, intelli- 
gence. 

Berry, comprenouèrc. Morv., id. Pic, corûprenoir. Poit., corn- 
prenouére. Saint., entendoère. Wall., compcrnos, (V. Jugodic.) 

CoMPEURNu, part, de com.prende, compris. 

CtfNCHisE, et CoNCiRE, S. m.^ chemin creus et plus étroit que 
le contour (un mètre au plus) et servant à l'assainissement 
de la pièce de terre. 

Montr., co/is?>^. (V. Barlgnon.) 

Condition (être en), loc. Un garçon, une fille sont « en 
condition » chez leurs maîtres. On dit logiquement 
aussi « Entrer en condition ». 

CoNDURE, V. tr., conduire. 

Lat., cam-ducerc. It., condurre. Lyon., condarre, conduère. Mac, 
condure. Morv., condeure. Prov., condurre. Wall., hidûre. 

CoNFusiÔNER, V. tr., douncr de la confusion, de la honte, 
rendre timide : « Vrâ, mare Michaud, d'avou toutes vos 
chateries, vous me confusibnez. » 

Genev. , confusion n er. 

CoNRiER, v. tr., broyer, travailler la terre destinée à faire de 
la brique. 

Conscience, s. f., plastron en bois^, que s'applique le fabri- 
cant de cercles, pour éviter les coupures à sa veste. 
Montr., id. 

CoNSENTu, part., consenti, accepté. 
Morv., id. 

Consulte, s. f., consultation d'un avocat, d'un médecin ou 
de plusieurs : « ôl é bé mau ; va y avouer, à c'maitin^ eime 
consulte, »' 

Ital., consulta. Genev., consulte. Lyon., id. Midi, id. Rouch., id. 
Wall., id. 



 



92 LAXCACK POPULAIRE VERDUNOfHALONNAIS 

CoNSTREURE, V. tf., constTuire. 

Lati, conatntere. Morv., Constreure. Mac, construre. Prov., 
eosirnitw 

Contour, y, m., sorte de plate-bande ou chemin, de trois 
met. environ do brge, entourant la pièce de terre, et 
donnant au laboureur l'espace nécessaire pour retourner 
sa charrue lorsiiuil est au bout d'un sillon. 

Monti'-, contnur. Morv., contor, Norm., forière. (V. Chaintrc). 

Coktrare, s, m. le contraire, et adj. 

Prov., contfYirr. St Âm., contrèrou. Wall., coniràre, 

C6p, S- m., coup, choc, blessure. Le jo est muet : « Ah ben! 

por crp'tiot c6p, t\*ries tôjor. N'y é ran que c' qui. » 
Lat.f volpu^. Bourg., cù, Lim., cowo. Toul, cop, (N'empêche pas 

vmip.) (V. ce dernier mot, et co.) 

CÔPERj V. tr,, couper, séparer. 

Ro«rg., côpfiT, cnetipui. Lorr., côpè, heifpc. Mac, côpai. Morv., 

coper\ Pic ^ eoprr. Houch., id. St-Am., krcupè. Sav., coppâ. 

Wall,, cofjiT. 

CÔPEROT, s. m*, couperet, couteau de cuisine. 
Bourg., côpet'ô. Roucli,, copcret. 

CÛPLE, S- m., couple. 

Berry*, conhe^ noubte. Bonv g., cop le. Genev., couble. Lang., co?^6/c. 
Morv., coph% Prov.j coubla, cobla. Ssiint,, couble. Wall., cape. 

C6pler, V. tr.i accoupler, mettre au joug, atteler. 
Morv., copier. Saint., coubler. 

CôpuRE, s* f* coupure, toutes sortes d'incisions. 
Pic, vopuviK Roueh,, id. 

CoQUARDiACj s. m., girofléc. 

Lang , cotii'ardo, Morv,, coquavdlau. Pic, cocavdeau. 

CÔQUELtJCiiOT, s. m. f:^puchon. 

Lat*, cucidlm- Bourg., 007 we/wcAô. Bres9., coq neluchon. Morv., id. 

CÔQUER, V, tr., choquer, heurter, frapper du talon; briser la 

coque d'un fruit. 
Bourg., rô/^K aï'. 

Cô^ïL'EsiMARCouiN, S. m., vicus galautiu de campagne, vieus 
t( coc] de village in_ 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 93 

CÔQUERiLLE, S. f., coquiUe : « De c'qui? JYen beillerô pas 
tant s'ment eùne coq'rille d'û. » L'orthographe cocrille^ 
adoptée par plusieurs, est moins logique, 

Bourg., côquerille. Jurai., cocrille. Lim,, couquille. Sa.y., corcdUle 
(V. Creuse). 

CèQUERiLLER (ss), V. pr., se recroqueviller : a C'te c6rde 
s^déroule mau ; âlF se coquerille tôjor. » 

Cor, s. f., cour, espace devant ou derrière la maison. 
Bourg., cor, cô. Montr., co. Morv., cort. Norm., court. Prov., 
cort. St Am., cou. 

Cor, s. m., cours d'eau, cours des choses : « Que v'tu? 

J^'pouvons pas empocher l'cor du temps. » 
Bourg., cor. Prov., cors. 

CÔRTE, adj. court : (( J'avons tiré à la cbrte bûche, é pis y 

é lu qu'a gagné. » 
Lat., curtus. Bourg., cor (au fém. cote). Genev., cor. Montr., eo. 

Morv., cort. Prov., cort, St Am., eue, urta. 

Côrage, s. m., courage, persévérance. 

Ital., coraggio. Bourg., coraige. Prov., coratge, 

CÔRANDE, s. f., courante, danse du cru, qui a été fort eu 

vogue, — et aussi diarrhée. 
Montr., courande. Vs. fr., courance, (2* accept.) 

CÔRBE, adj., courbe. 

Lat., curcus. Montr., corbe. Morv., corbu. Prov., corb. (V. 
Courbe). 

CÔRBE, s. m., corme, fruit du sorbier ou cormier. 
Lat., cornum. Berry, corbe. Genev., id. Morv., id. Poit., cunnà 
(boisson faite avec des cormes). 

CÔRBER, V. tr., courber. 

Lat., curvare. Berry, corber, corbir. Prov., corbar, curtar. St 
Am., croubi. 

CÔRBiER, s. m., cormier, ou sorbier domestique. 
Berry, cor6 ter. Morv., corbiè. 

CÔRBiAu, s. m., corbeau. 

Berry, corbin. Dauph., corbat. Wall., coirbâ. Vs. fr., covbel. 
corbiaus. (V. Coud, Crau.) 



94 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

CÔRDiAU, S. m., cordeau, cordon. 

Lille, cordiau. Rouch., id. Wall., coirdai. 

CoRDouNiER, s. m., cordonnicr. 

Berry, cordounier, cordougncr. Champ., cordouennier. Lang., 
courdougnè. Morv., corcZan/iié. Prov., cordounier, St Am., 
Kyurdani, Smss.T.tCordangnL Vs. tr,,cordouan. (V. Car'lou.) 

CÔRE, adv., encore, de nouveau. 

Bourg., ancor. ll.-V., cor. Lorr., ce. Morv., encoi, encouè, Norm., 
ce. Rouch., id., cor. St Am., encoure. 

CORÉE, s. f., cœur, au propre et au figuré. 

Lat., cor. Ital., corata. Berry, corèe. Bourg., cœu. Lyon, cora. 

Montr., corrée. Morv., couérée. Narbon., corade. Norm., corèe, 

courée, Rouch., id. Wall., id. 

CÔRGE, s. f., courge. / 

Lat., cucurbita. Bress., cuerda. Lyon., caria. Sav., queurda 
Toul., coujo. (V. Côdre.) 

CÔRGiE, s. f., fouet pour les chevaux, et autre sorte de fouet 
pour corriger (?) les enfants : « Tâche d'êt'e sage, polisson ! 
Si te n'te tiens pas tranquille^ j^vas t'flanquer d'ia corgie ». 

Lat., corrigia, corrigere. Arden., courgic. Berry, corgeon. Bourg., 
courgie, éeourgie, Jura, écourge. Lang., couréjo, couréjou. 
Lorr., corjen. Luxemb., scorgia, couriaU, couriette. Maine, 
courgeou. Morv., courgie, corgie j écorgie. Norm.. courgèe, 
courget, Orne, courgct (lanière de cuir). Poit., corgeon. Prov., 
courragea. Rouch., écourie. Vend., courge, courgette. Wall., 
corie, coriète. 

CÔRi, V. intr., courir. S'emploie aussi fréquemment que 
couri : (( V'tu cbri! » dit-on, pour renvoyer un enfant qui 
vous importune. 

Lat., currere. Berry, courre. Bourg., cori, corre. Bress., id., id. 
Dauph., id. Il.-V., coure. Lorr., couri. Lyon., codre, Montr., 
corre. Morv., cori, corre, couhi, courre. Pic, keurir. Prov., 
correr. Rouch., corir. St-Am., coure, couri. 
Plusieurs localités ont la loc. « côri tant qu'on a d'jambes.» 

CÔRJON, s. m., cordon qui sert à tenir les tabliers, les 

jupons, etc . 
Bourg., codon. Prov., cordo. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 95 

CÔRJÔNER, V. tr., attacher les cordons de son tablier, de ses 
jupes : (( Oh! l'anguigne! âll' ne cbrjbne pas tant seurment 
son d'vantei ! » 

Corne, s. f., cor, durillon : (( Mon esclot ma fait v'ni eùne 

corne, » 
Lat., cornu. Bourg., cône. Morv., corne. St Am., h'neà. Wall., 

coine» 

CORNER, V. intr.^ souffler, bourdonner. Employé dans cette 
locution : « Les oreilles me cornent » pour : J'ai un bour- 
donnement d'oreilles. « Le vent corne dans la chVinée. » 

Bourg. 5 conai, Prov., cornar. Wall., coirncr. 

CÔRNiAus, s. m., gros nuages noirs, que l'on voit avant 
l'orage : a I va faire un bigre de temps; v'ià ben des 
corniaus qui v'nont. » 

Charol., corniaus. 

CÔRNiLLE, s. f., corneille. 

Lat., cornix. Bourg.^ conouaille. ll.-V., cônille^ cournaille. Prov.. 
cornelha. 

CoRNiOTE, s. f., sorte de petit gâteau aus œufs, ainsi nommé 

parce qu'il est à plusieurs cornes. 

Les Verdunoises le réusissent à merveille. 
Norm., cornoite (espèce d'échaudé). Polt., cornue (autre gâteau). 

CÔRNÔT, s. m., cornet. 
Morv., cornot. Prov., cornet. 

CÔROu, adj., coureur, mauvais sujet, vagabond. 
Morv., cor ou, Prov., corredor. Vs. fr., coreor. 

CoRPORANCE, s. f., corpulcncc : « Padi! c'qu*ô dèt mainger 
d'avou c'te corporance! » 

Lat., corpulentia. Genev., corporence. Lyon., id. Midi, corpo- 
rance. Poit., corporence. Prov., corpulencia. Vs. fr., corpo- 
rance. 

CORSE, s. f., course. 
Morv., corse, Prov., corsa. 

CÔRTisou, s. m., garçon qui fait sa cour à la fille qu'il veut 

épouser. 
Toul., courtisou. 



I 



L 



96 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

CôsiN, E> S. m, et tt cousin, e. On dit, en Bourgogne : « Aler 
vouer les càsines » pour : Aller voir les filles. 

Ital . , cugino. Bourg. ^ cosein, cignCy cousain, aigne. Morv. , côsin, e. 
Prov., vomt^ eojtn, Roach., cosen, ène, cousen, ène. St-Am.^ 

CôsiNACE, s. m,, cousinage, en parenté et en amitié : « Bénédi 

et José sont prou d côsinage ». 
Roucb., cosènachcj cùusmache. 

C6t, s. m. mitCj insecte qui ronge les laines : « Rang ben 
tout çan tien, s'coue tes lain- nages; fsais qu'y a gros des 
eotfn ehcù nous. » 

Berry, vossùn. Fr.-Ctê., co. Montr., coi. Morv., c6. Norm., 
cos&on (charen^oji). 

C6tê et Coûté, s, m», côté, bord. 

îf^l., costaio. Berry, coûté. Bourg., coûtai, Bress.^ coûté. Lorr., 

coûté, Montr., cMc^ Morv., coûté. Prov.^ costat. St-Am., Ir/an, 

Saint. j coûté. 

CÔTE {la), s* tj la C6te-d'0r. Dans le pays, pour désigner ce 
départ-, dont nous sommes limitrophes, on dit « La Côte » 
tout court. 

Bourg., ta Coie^ 

CÔTE [à ou d'à) y loc* adv., à côté. 
Montr., à côte. 

CÔTEUME, et CouTEOME, S. f . , coutumo. 

Berry^ cotumc^ coutcume. Bourg., cueututncy quetume. Morv., 
coterlme. Prov., costuma, 

CÔTi, f?. m*, morceau de viande taillé dans les côtes de 
ranimai, et que prennent souvent les ménagères. 

Berry, cotf (froissé). Koiirg., côti. Poit., coti (meurtri). St Am.^ 
K'f/eâta. 

CÔTONE, s. f., cotonnadi; : « J'm'é écheté eùne bàle robe de 

abibne. n 
Genev-, colonne. Lille, cotonnette 

Cou, adj*, caché, couvert. Ce mot, redoublé, est une des 
exclamations les plus populaires parmi nos nourrices 
jouant avec Tenfant : « Cou-cou!,., ah! le voilà! » 

ItaL, cncolo^ {V, Coin\ 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 97 

CouÂ, S. m., corbeau. Onomatopée. 
Norm., couas, (V. Crau, Crâ, Corhiau). 

CouÂRNE, s. f., couenne^, peau du cochon. 
Genevois, couanne, Morv., couarnc. Norm., couane, quouanc. 
Poit., couagne. Prov., codena, Suiss., couane, Wall., coiène. 

Couchettes, s. f., langes : « Aile a ben entortillé l'petiot 

dans ses couchettes. » 
Lim., couedgeo (couche). 

CoucHi, V. tr., coucher. 

Lat., collocare. Bourg.^ cochai. Lim., couei/a» Pic, couker. 
Prov., colgar. 

Coucou (m... de)y s. f., gomme des pruniers, cerisiers, etc. 
Cogn., id. 

CouÉE, s. f., suite, nichée, ribambelle, queue : « Ah! c'te 

Bertiaude, allé a eùne couée d'enfants. » 
Berry, couée. Bourg., id. Montr., id. Poit., id., couic, grouèe, 

gi'ouie. Saint., id. Sav.,coaà. Toul., coueto, couo. Vend., couée. 

CouÉNE, adj., niais, imbécile : « T'ii as lassé prende tes 

gobilles? Ohl qu'té couéne^ va! » 
Lille, coinne. Pic, couane. 

CouÉTE et Coite, lit de plumes. 

BerrYyCouete. Champ., couette. Fr. -Cté., coutra, couètra. Genev., 

coitreycouatrc. Jura, coitre. Morv., couéte. Norm., coete, kcutc, 

Prov., cota. 

CouGNÉ, s. m., cognassier. 

Berry y coutg nier. Morv., coingnic, Poit., coiignai. Vs. fr., coi- 
gnier. 

Cougnie, s. f., cognée. 

Lat., cuneus. Berry. cognie, cougnce, Morv., coingnie. Pic, 
quignic. Rouch., queuniè. Saint., cougnèc, 

Coui! excl. Les enfants, en jouant, jettent ce cri pour faire 
savoir qu'ils sont cachés. (V. Coû, Cachot.) 

CouiNARD, adj., pleurard, qui geint. 
Morv., coiiinar. 

CouiNcouiN, onomat., sorte de crépitement que font entendre 
les souliers neufs. Les jeunes villageoises mettent ceus-ci 
au rang de la plus attrayante parure. Elles en sont toutes 



L^ 



98 LANGAGli; POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAI8 

fières lorsqu'elles entrent à Téglise, vont à l'offrande, 
emportent le pain bénit. Toutes font la cour à leur cor- 
doiinier pour en obtenir le couin-couin dans leurs souliers. 
Coquetterie des eanipagnes. 
Bourg. j rlùnal (faire ce bruit). Champ., cioner i\&,), hovr.jpin- 

CouiNEH, V, iulr., pleurer avec affectation et en criant. Un 
chien couine *iuaud on le frappe. Se dit du cri plaintif de 
plus, animaus et, d'une façon triviale, du cri des enfants 
que Ton corrige : u C'bigre de p'tiot, ô n*fait qyx'couiner! » 

BeiTv, couiner j couilcr. Bourg., colnnai. Champ., couiner, coiii- 
qncr. Gonev,, coutner. Gnevn.j couinaire. Hte-Marne, couiguer. 
Jura, vouint^r, rainiwr, Lang., quinçar. Lim., quinquina^ Lyon., 
e/ttino, qiiincr, qulncher. Morv., couiner, coinner. Norm., id., 
vQuîneier, houiner^ hinner, Poit., id., couinai, coinar, Rom., 
qnttar, qailîar. Sav., coinncl. (V. Bêler, Bôlcr, Chouincr, 
C hou f/ nier.) 

CocissE, s. r., poule qui couve. Pour le verbe, nous Tavons. 

Nous avons aussi grouer (y. ce mot) ; niais grouer n a pas 

son substantif, 
Berry, cottisée, couass^\ Montr., id. Morv.. couette, couotte. 

CouissË, adj, fém-, plaignarde. (V. Couissou.) 

CouissER, V. iiitr., se dit du cri de la poule couveuse, et 
signifie aussi : grogner, se croire malade, se plaindre sans 
motif, geindre : rc Côge-te donc ; te couisaes tôjor. » 

Couissou, adj*, celui qui couisse, femme qui geint, plai- 
gnarde. A aussi parfois Tacception de gauche : <( Voui, 
d'avou Jacôte, j'évo ben eùne brave fille ; ma allé étô si 
coidmsoui^eï.., » (V. Couisse, Couliche,) 

Cou LÀ RE, s. f., colère, irritation. 

Ital., collera. Bourg., quelère. Lang., coulèro. Morv., coulère. 
Prov., coalcr&f volera. 

CocLEURERj V. tr., mettre en couleur, colorier. 

ItaL, colorirc. Cogn.j côlcurer. Genev., colorer. Morv., coulourer. 

CouLiBiN, adj., lent, maladroit. 
Roiich.> amhiH. (V. Couisse, Couliche.) 



1 



I 



I 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALÙNNAIS 90 

CouLicHE, adj., .tatillon, niais, pas presiié. (V, CouwHCi 
Coulibin,) 

CouLou, s. m., petit vase de bois troué, filU'e n'ayant {yom- 
fond qu'un linge fin, à travers lequel on passe le laitj qui 
tombe dans le grielot, 

Lang., couladou, Lyon.^ colou, coluri. Morv., id, 

CouMÂRE, s. f., commère, voisine camarade. 
Berry, coumère. Bourg., quemeire. Dauph.^ eommart'. Ptov,^ 
coniaire. Saint., coumèrc, Sav., quemdre. 

CouME, conj., comme, de même que. 

Lat., quomodo. BasNorm., coume. Berry, iti Bourg., t:ome^ 

quemc. Lini.^ counio. Lorr., coume. Saint,, id., U'ume. (V. 

Cmeni.) j 

Coume, adv., en même temps que... : « 01 rt fhivé coume 
son p'tiot ». (V. Ciment,) 

CouMEAU, s. m., couche de bouillie laitée, œuvée, sucrée, 
qu'on étent sur la croûte des flans, et qui fait le régal dos " 

gourmets locaus. I 

Bress., counio, cuniar. 

CouMENCER, v. tr., commcncer. 
Sav., quemêchcv (V. C'inencer). 

Coume tout, loc. adv., beaucoup : « Aile é brave roume 

tout. )) « 01 a de Targent coume tout, » 
Centre, id., Norm.^ id., Rouch., id., Wall. id. 

CouNAissANCE, S. f., connaîssancc. 

It., conoscen^a. Bourg., quenetcssance, Morv.^ qn.miëQ.nce, cunoi- 

sance. Poit., queunett^ance, Prov., conoissemu. Vs. fr.f conois' 

sançe, quenoissencc, 

CouNAissu, part, de counaitre, connu. 

Bourg., queuneussu, q'neussu, q'nessu. Morv., councssu^ 

^ouNArrRE, et Counâtre, v. tr., connaître, 

Lat., cognoscerc, Berry, couneâtj^e. Bourg,, queunoître^ctteanvU' 

tre, Morv., queâtre, Poit., quencutrc, St Am.» coimffdira^ 

Saint., queneutre, Wall., kinohc. 

CouNÔT, s. m., coin : « Le coûnot du feu. h — n J ouï? métu 
Tsiau dans Tcoûnot. » 



* 



100 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Lat.j cnnetis?. Bourg., carrenô. Fr.-Cté., counot. Lim.. couen- 
Lorr.j eogno. Lyon.j ctr^in, couffin. Prov., co/i/t, cunh. St-Am., 
rnvn. WalL* coiui'. (V. Carre.) 

Coup, m, m*i fois. N'est guère usité que dans quelques locu- 
limis : \s Por eùn coup. » — a Ah! pou Vcoup, » (V. Cop.) 

CouRAU, s. f., courroie, L*écolier attache ses livres avec sa 

couratf. 
ItaL, correggia. B^ry,eûi{rra(e. Bourg., co/voo.Morv., cowrcaw 

Prov-, correga, voritja. 

CouRAUDj E, adj.. coureur, coureuse; garçon qui court après 
les filles, fille qui eourt après les garçons : « L'bestiâ ! 
v'ià-t-i pas qu'ô va parler à c'te couraude!,,, » 

Berry, couramUer. Genev., couratiè. Maine, courassier. Morv., 
eourandiv.NoTm., courandier. Pic, couratiè. W M., id. 

Courbe, :idj., courbé : a L'pauvre houme! ô marche tout 
courbe. )ï Oîi trouvera, dans ce Glossaire, un certain 
nombre d'adjectiTy verbaus ainsi formés. (V. Cbrbe.), 

Cou RI 3 V. inir,, entrer dans, en parlant des années : (( 01 é 
d'eùne bile âge! à court ses 95 ans. » (V. Cbri,) 

CouRjoN, s. m., hraucbe d'arbre, baguette, tresse de jonc, 

d*osier, dont on fait des liens. 
Morv., ctmrtfGOfi, côrgf'oa. Polt., cuergeon (lanière). 

CouTELERj V* tr., étendre, étirer et plier les draps, le linge 
après la lessive. 

CouTERiE, s. f.j aiguillée de fil. 

LowhSin^f eoittric. Mkc.f coutairi. Montr.. couterie, Morv., cou- 
trîet aùjllie. Sav , cotâria. 

CouTEURÉRE, S* f*y coccinelle, bête à bon Dieu. 

CouTEURÊRE, S. f., couturièrc, ouvrière en robes. 
Morv., co air ère. Prov., rorduriera. 

CouTiAU, s. m., couteau. 

ï^t-, ctdiellus. BerrVj coutiau. Bourg., coutiau. Flam., id. Fr.- 
Cté., cidîffu. I1.-V., coutiau. Lorr., coûté. Mac, côtiau. Montr., 
couUeau. Morv., coutiau. Pic,id., couticu. Prov., coltelh. St- 
Am., cutù. Saint., coûté, SsiV., coétai. Suiss. T.,coutè,couthi. 
Tout., coûte t, Wall.;, contai. 



LANGAGE POPULAIRE VERDlîNÛ-CHALONNAIS lOl 

ÇouTRE, S. f.^ oreiller. ^ 

Morv., contre. 

Couvert, s. m., toit, couvercle : u 01 a fait ranger Veoiwert 

de samâïon. » LecoMoer^d'unc^tabatièns d* a ne boîte, d'une 

marmite. 
Lat., cooperculum. Bourg., coucar^ ètoL Daupfi.» tarort, Genev,, 

couvert. Lori., tô. Midi, couvert. Morv., ùl., ffuiévlv. Sav., lu. 

Wall., couvieppe, couverture. 

Couverte, s. f., couverture : « 1 fait frM: faut m'mc^tc^ tua 
couverte d*lain-ne. » 

Bourg., couvature. Bress.^ cucertiou. Fr.-Ctt\, eoucathi'. G*^nov., 
couverte. Lim., cuberturo. Midi^ cùttreric. Mofv., vnHerii\ 
couvarteu. Pic, couverte. Poit., cuverie. Prov,^ voopertuvo, 
cubertura. Rouch.^ coucerto. St XïB.,rTiârta* Wall-, conrev^e, 
cofeteu. Vs. fr., covertor, couvretoir. 

Couvéte, s. f., chaufferette. 
Rouch., couvé. (Y.Courot.) 

CouvÔT, s. m., couvet, vase en terre tenant lieu de chauffe- 
rette : (( Tout r temps aile a §on cbucoi sout^ sos jupes. >ï 

Bourg., coco. Champ., couvet. Flaui., t'otiré. Genev.. ron^ror^^t. 
Lorr., covei. Midi, couvot. Movw^cottreait. WM.^vouèj kaivè, 
couvé. (V. Chauféte, couvéte.) 

Couvri, V. tr., couvrir. Le part, est également coiwn, comme 

ouvri pour : ouvert. 
Berry, covrir. Bourg., covri, côvre. Pic, rœucrir, Prov*, cobrir, 

cubrir. Rouch., couver. Saint., chun-ir, Sf Am*-^rcn-. WalL, 

covrî. 

Crà, s. m., corbeau. (V. Corbian. Coaà, Cran.) 

Crâchie, s. f., résidu du beurre que Ton vient de fondre. 

Les enfants, friands de ce produit, le demandent beaucoup 

en rôties (tartines). 
Bas-lat., drasqua. Genev., drâchéc. Montr., crachée* Norm., 

crache (graisse). Pic, crache (id), Rom., draschr, d pèche (mare 

du grain qui a servi à la fabric ch^ la bière), 

Craicher, V. intr., cracher. 

Berry, crâier. Bourg., craichai, creirkaL Morv., rrailter. Pic, 
raker. Prov., escracar. Wall., rttrht, rrchl. 



102 LANOAGK POPCLAIliK VKHDL'NO-CHALONNAIS 

Cramayère, s. f., crémaillère : « Quand qu*la mâïon sera 
finite, implanterons la cramayère. » 

Bas- lat., cramacîe^it«. Bourg. , cramaille. Btf^ss.^coiimacle^ quemo- 
clio. ChdiUip. fCramail, Genev., comâcle. Isère, coumaclo, Jura, 
cramaiL Lang., crcmaî, Morv.^ quiérâmc, cr e maille, cre mille. 
Norm., cramillaic, cremillée. Pic, cramailli, cremaillé. Prow., 
cumascle. Rouch., cramèffUe^ crèmèglie. St Am.. Iccmôlt/ou. 
Wall., crama, cramion. 

Cramper (*e), V. rêfl-, se cramponner, s*attacher avec force : 
ii Le p'tiot é ben geuti ; drès qu'jérive, ô s*crampe après 
moi. » A aussi parfois le sens de : se raidir, se révolter. 

Fr.-Cté*, se rramper. 

Crapïau, y, m», crat>aud. 

Bas-lat-, rrapaltfits, Berry, fjvapuiul. Bourg., craipau. Lim., 

tfropahvrapitm. Plc.^ crapeux. PïO\.,grapaut, c râpant. Wall., 

rrapfitt. Vs. fi'.^ crapa^, rrapftut. (V. Bot.) 

Craque, y , f ,, menssoiige, hâblerie : « Vouah ! c'qu'ô m'dit, j'n\v 

ci-eiî? guâre ; y é tôjor dos ct^qftes. » 
Nopm,, crat/tte. Rouch., ià. 

Craquer, v. intr., mentir : a T'airas biau dire, va, on n*te 
creira pus ; t'nous t^ràqiies du maitin au souér. » 

Chàqlîer, V. ti"., déchirer, faire e raquer : « Tas craqué ton 
panuUoiK H 

Cràquïller, V, inir,, produîi'e un petit bruit : « Y a eùn 

grain de siîbe dans ui sûpe; ô mcraquille sô la dent. » 
Morv,, ernquîftet\ 

Graqooiî, s, m. eladj.p menteur, qui dit des « craques ». 

CtytasE, y, f,, ladrerie, et mauvais tour : « Non, je n*li parle 

pus ; 6 m'a fait eu ne cràsac, n 
Cog 11 j c ru 8se. S l A tu . , ci vî ch r . 

ChÀ99E, adj, crasseux, avare, mnlpropre : (( 01 é crasse; ô 

n*donnc jamâ ran* )> 
Lat*, crasâUi^^ Berry, irruAsous. Cogn., crassou. Morv., id., crais- 

Bott. Saint-, vra^soit&>. St Am,, crâssou, 

Crau, corbeau. 

Itah, grofa. Bourg., rpai^. (V. Corbmiiy Coud, Crâ,) 




LANGAGE POPULAIKE VERDUNO-CHALONNAIS lO.i 

Crèche, s. f ., crèche. 

Ital., greppta. Berry, écréche. Bourg., creiche, Bress., crèce, 

Lim., cràicho, Morv., croiche^ crouèchc, Prov., crepia, crep- 

cha, crupia. Wall., crèpo, cvipe» 

Crei, et Croué s. f.. crois. 

Lat.\ crux, Ital.^ croee. Artois, crôo, croie, Beiry, qucroix, que- 
roué, Morv. croué. Pic, cros, Prov., crot.^. Rouch., cr». 
Wall., creûs, (V. Croué.) 

Crein-me, s. f., crème, ce délicieus produit qui nous donne 
le beurre, mais qui Je remplace fréquemment dans les pré- 
parations culinaires. 

Lat., cremum. Champ., crame, Morv., crame, Prov., crema, St- 
Am., crd/ima.. Sav., cranma. Suiss. r., crama, cramma. 

Creire, V. intr., croire, s'imaginer. 

Lat. et Ital., credere, Auv., creire. Berry, id. Bugey, crère. Fr.- 

Q,\è., creire. Gasc.,id. ll.-V., cralre, Lang., creire, Lim., créré, 

Lorr., crôre. Morv., craire, creire. Poit., creire. Prov., id. 

Rouch., crère, St-Am., crâre. Saint., crère. Suiss. r., creire. 

ToxjX., creyrCy creze. Wall., creure, 

CREmE (s'en), loc, se croire quelque chose, s'enorgueillir : 
« Diou de Diou! dépeû qu'ôl a été noumé gard*champéte, 
ô s'en crelt prou!... » 

Genev., s* en creire. Rouch., id., s'en crère, 

Creuche, s. f., cruche. 
Bourg., hrechie. 

Creuiller, V. tr., creuser, surtout enlever le milieu d'un 
fruit, poire ou pomme^ pour une préparation culinaire, 
beignets, compote, etc. 

Prov., crosar, Vs. fr., croser. (V. Creùlilon,) 

Creuillon, s. m., cœur de pomme, de poire, non lorsque le 
fruit est entier, mais quand ce dernier vient d'être croqué 
à belles dents jusqu'au centre : (( 01 a maingé sa poume, 
épi ô m'beillôt rcreùillon ! » 

Bress., creuillon (bois enlevé en creusant les sabots). Genev., 
coralllony couralUon. Montr., creulUons (de sabotier). Norm., 
ràqulllon, Sav., cœralllon, Suiss. r., corahlon, (V. Rongeon.) 

Creuse, s. f., coque, coquille. Une « creuse » de cala\ une 
« creuse &'û, » Le mot contient une image de concavité. 



h M I.ANfiAr;H PnPlLAlKK VERDUNO-CHALONXAIS 

Berry^ creuse. Bourg- ^ id, Forez^ creu (m.). Fr.-Cté., creuche, 
et-utze, crosiite. Guern., cruque. Lyon., creu (noyau). Montr., 
crense. Morv,, creuse, crtmUlc, Nivern., id. Poit., crucheas, 
Saiesn r.. emUf-hp, vroutj^e^ eraisilla. (V. Coqucrille,) 

Crels^ s. m*, mui'e, dont le Ht a été creusé accidentellement; 
le « Oef^J^^-Canlloii », par exemple, qui se trouve à Vexa- 
placement niome \\\\\w. tuilerie emportée par une violente 
inondation. (V. CVoM 

Crkvance, croyance* 

}Aof\.^cnnfarHU\ crètffuicr, Vs. fr. créance, cro'ianco. 

CREYii, part, de creire : a YrM jTauro pas créi/u, » 
Mon ., croi(éf/(t. 

CkocHÊR, V* H\, agnifer : u Croche me donc ma broche ; 

j'peus paH en v'ni h boui, i» 
Gene\ ., croeher. 

Crochqt, s. ni., crochet, objet recourbé. 
Boui'g., creadtô. 

Cr6i.er, V. iv.j agiter* remuer, secouer un arbre pour en 
In ire tomber les fruits : n On a cro7e Tpeùrnei. » 

Ital., croliare. Bourg., crùiai, craulai. Fr.-Cté., cratdcr. Lang., 
rrotar. Marne, crotter. Morv.^ croler. Poit., crolinai. Sav., 
crnlâ. Vosg., crmdcr. Wall., croler. Vs. fr., croller, 

Crompire, s. f,, pomme de terre. 

Alleni-, ifntmi-bipn. Louhans, catrochc. Morv., compire. Pic, 

cromplre, rro/npih. Roiich., cronpir. Wall., rrompir. Yonne, 

compire^ (V. Cttl-de-pOfifot.) 

Crosser, V, tr*> malmener, maltraiter. 
No nu M c rosser. Vîi- fr,j evoisi^ir. 

Chot, h. m*, creu^, trou, losse : « J'tTai fichu dans Vcrot. » 
AKÛK^cron. Beri'y, cros. Bourg., crô, Montr., crot. Morv., crû. 

crùdiaa (creus plein d'eau). Pot., cro, Prov., cros. Rom., cro^ 

Sav., croei^ *]oiet. (V. Cren;^.) 

Crôte, s, f., croûte. Les enfants emploient entre eus ce mot 
comme terme d'amitié : 

u Ma mie, mn crôte ^ 
ï( Xfain-me autant qu^ein aufe, )) 
ArUjLïï, tvvisile. Bourg., crdifê. Cogn.^ cratde. Prow,,crosta.St-Am., 
creûia, Wall., crosf* 



.....J 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 105 

Crôtot, s. m., creux de la nuque. Dim. de crot, 
Bas-lat., cvotum. Bourg., crôtô. Champ., crotiot. 

Crôton, s. m., crotte, crotin, boue sèche. 
Prov., crota. Saint., croton. 

Crotou, adj., boueux, crotté, barbouillé. Se dit des personnes 
et des choses salies dans la boue, mais surtout des vaches 
et des moutons qui ont ramassé aux jambes et au train de 
derrière une couche granuleuse de crottes en se couchant 
dans rétable. Les paysans leur laissent complaisamment 
cette couche comme preuve d'une bonne litière I... 
Morv., croitou. 

Croupeton (à) et A grepton, loc, accroupi, à genoux et assis 
sur ses talons : « J'mé métu à croupeton por cuyer mes 
fraises. » — « Pou s'chaufer, ô s'met à croupeton dVant 
rfeù. » 

Berry, à croupétony à crdpeton. Bourg., à croupeton, 
Bress., à crepoton, à creupeton. Forez, en acroupcton, à 
croupeton. Genev., à cropetons, à crepetons. ll.-V., accropi, 
s'accropir. Jura, à crepetons. Lille, à croucrou. Lorr., à 
cripotons. Lyon., à et en graboton, à cacaboson, Morv., en 
queurpoton. Neufch., à crepotons. Rouch., à crouerou. Sav., à 
cr'pion, à gr'bœgnon. (V. Acroupeionery Aqueûlcr.) 

Croution, s. f., croûton : « Quand Tpauv* vieux qui va aux 
portes li dit qu'ôl a faim, âll' li beille eùn fameux croution,)) 
Berry, crougnon, crouston, crousson. Genev., croution, 
Morv., crougnon. Poit., crougnon^ cregnon, corgnaon. 

C'te, pr. démonstr., cette : « C'te foune! » 
Bourg., c'^teu. Mac, cela, Morv., ceute. 

C'té-là, pr. dém., celle-là. 

^Bourg., çetei-lai. Morv., cetele-qui. 

C'téqui, e, pr. dém., celui, celui-ci, celle, celle-ci : « Qu'é- 
c'quié que c'téqui? » 

Betty, ceti-ci, Boxitg.y cetu-qui. Forez, cetu, cetui. Fr.-Cté. , 
itequi, stieci. Morv., cetu^qui. Pic, c"ti-chi. 

C'ti-là, et C*TU-LÀ, pron. dém., celui-là : (( Ohl cHulàl vous 
a-t-i ein bagou I » 

Bas-Norm., ch'tilà. Bourg., cetu-laiy c'tu-lai. Forez, cetui^ 
Lorr., c'tu-lè. Morv., ceti-lai, c'tuy c'ta-qui. 

13 



Î06 LANCxAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

CucHoT, S, m-, extrémité supérieure, sommet, faîte, cime, 
tas. Le cachot do la lête; le cuchot d'un arbre; un cachot 
de blé, de trèfle : a C't'agasse a fait son nid au fin cuchot 
du peûpier. i) — (t L'ioin étôt sec ; les foineuses l'ont métu 
en cachot, a Un petit tas de fourrage est un cuchot; un 
gros tas GSt une maie. 

Ai a, cuchon (de foin). Bugey, id. Forez, id. Fr.-Cté., quechot, 
GeïieVi, euchet^ Lyon., cuchon, cachouiiy quichon. Montr., 
CiichoL Prov., cueha^ Rom.^ cache, cuchot, cuchon. St-Am , 

CuEUCCËUTE, s. f.p bouillie que l'on prépare pour les enfants. 
Mot bizarrement composé du masc. et du fém. de Tadj. 
cueûtj ê. 
Lat., cofta. Bress., queuqueate, 

CuKUDE, s- m», coudû, 

Lat, cabituii. Berry, code. Pic, keute, Prov., code, coide. 
Roiich., queute^ 

CuEUDRE, V. tr., cueillir : (( N'y aqu'çà d'neuzilles; y é tout 
c'que i'ai pou vu cueâdre, » 

Lat., colU(f{*r(*. Berry, quillir. Bress., queudre, Lim., couscy. 
Moîitr., atetidre, Namur, coMc/e. Prov,, coillh^ cuelhir, culhir, 
WalL, rode. V. fr., queudre^ coillir. (V. Cueâïei\ cûyer). 

Cljeudre, V* tr,, coudre. 

ïtal., t7iW/r. BûLl^^^, 7«/ewc/re. Lyon., codre. Namur., keû^e 
Prov-ï coserjCo:^it%cusir, Ronch,, queute, keute, St-Am., codre. 
Saint,, coimr. Toul., cou^e. WM., keûse. 

CuEUDRË, coudrier. 

Âvdcn- , Courier. Bourg., queudre. Morv., id. ^quieudrej queure. 
Pic, caure^ Poit.,eott7*e. Rouch., caarter. Wall., côre, côri. 

CuEuÏER, V, tr., cueuillir : (( J'ons cueùïé tous nos râÏHs. » 
Genev,, cullir. Lang,, culi. Rouch., cueulier, St-Am., cuti, 
{V. Cueâdre j Cûyer.) 

CuEURE, V, tr., cuire. Acception générale de cuisson pour 
tout ce qu'on met sur le feu : « Mes faviôles ne voulont 
pas cueûre, )) — « Mon fricot n'é pas cueùt. )) 

Lat., eoquere, Itaî,, euocere. Bress., cueure. Dauph., coëre. 
Fr.-Cfê., qncfiri' Lor,, id. Lyon. y couère. Montv., cueure. Morv., 
queufe. Poil., qrfietin'. Prov., cozeryCoire. Saint., cheure. Sav. , 
rofitru. Toul.. rot/rt', Wall., ciwe. (V. le mot suivant.) 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 4 ICX? 

CuEURE, V. tr., cuire. Acception astreinte et spécialisée 
s'appliquant, chez nous, à toute la manipulation du pain. 
Quand on dit qu'une ménagère cuit, cela comprent depuis 
le pétrissage jusqu'au retour du four, en un mot, l'opération 
complète : (( Ahl vous v^là, Nan-nétel Làvoù pôrtez-vôus 
c'boinon? — rcueùs cheû l'grand Michau. ■» Certaines 
disent : « Je fais au for », ce que dit aussi le Genevois, et 
que le Savoyard traduit exactement dans : faire i fœur 
(ifaire au four). 
Courg., queiïre. Montr., cueure. 

CuEURÉE, s. f., curée. 
MorY., queurée. 

CuEURER, V. tr., écurer. Fig., mettre à sec, dépouiller quel- 
qu'un. Terme de jeu, employé par les enfants de nos con- 
trées, qui ne manquent jamais de dire, lorsqu'ils ont gagné 
toutes les gobilles d'un camarade : « Ohl j'iai cueùrél » 
Les gamins de Chalon disent : cueùsser. 
Lat., CMràre. Bress., queureP, Morv., id,, èqueurer, équiller. 

CuEusENiER, s. m., cuisinicr. 

Bourg., cu^enei. Prov.f cosiner. Rouch., cutsénier, St-Am., 
cujseni, Saint, cheunier. Sav., coe^enier. 

CuEusiNE, s. f., cuisine. 

Lat., eoçwma. Bpurg., cusène.Vvov., cosina. Rouch., Cfusénc. 
St-Am., cuzëna. Saint., cheunne. Sav-, coe^^eaa. Wall., cou- 
hène. 

CuEussE, et CuEUCHE, S. f., cuisse. 

Lat., coxa. Bourg., cueùsse, queûssù. Bress., queusse, 

queuche. Champ., queuche. Cogn., kieùsse. Fr.-Cté., eusse. 
. II. -V., quésse. Lille., cuiche. Lo»r., queuche. Lyon., coissi, 

couessi. Montr., cueusshes, Morv., queuche. Novm., queusse, 

cuusse. Poit., ceusse. Prov., cueissa^ coissa. St-Am., cuiche. 

Saint., chausse. Toul., quéysso. 

CuEussER, V. tr., dépouiller. Syn. chalonnais de cueùrer. 
(V. ce mot.) 
Norm., acusser (mettre un joueur à cul sec). 

CuEUT, adj., cuit. 
' Bourg., queut, cœu. Lim., keicho. Lorr., eu. MovY.yqueu. St- 
Am., eut, ta. Wall., eût. 



■Irf-f I 



108 ^ LANGAGE POPULAIRE VERDUNO CIIALONNAIS 

CuEUTE, S. L , cuite» cuhfeon : « Tant d'miches que ça 1 boufre I 
y ùi où ne* bâle cueùtel 

Bourg,, f/ueute. Lorr., cueute. Montr., id. Morv., queute. 
Norm., (fftksef quigson, Poit., qusscy queusse. Rouch., cuitie. 
Sav., coaiia, Wall., cutèc^ cuitèe, 

CucNOTj ad., mou, engourdi, un peu niais, qui manque 
d'énergie, ou se remue sans rien faire : (( T'n'as donc pas 
finiV Que qu'te fais là? Ran du tout. Va, t'n'é qu'un 

pauv' cugnot, » 

• 

CuGNOTËR, V. iritr., tourner sur place sans rien faire, mettre 
longtemps pour n'arriver à rien, ne pas sortir d'une 
besogne, * 

CuL-DE-pouLOT. s, m., pomme de terre. (V. Crompire.) 

CuL-DE-SINGE, s. Ul., nèflC. 

CuLETON, s. m,, coffret situé à l'arrière d'une fourquette, 

Corée, s. f., cruption de boutons fréquente chez les enfants 
du premier âge. 

CuRTï> CoETi, et CouRTi, S. m., jardin. A la campagne, 
c'était un champ entouré de haies ; à la ville, un jardin 
dos de muïs. * 

Ba3"lat. , enrtnc. Arden., courlis. Artois^ gardin. Berry, cowr 
tîL Bourg*, cnrtlh, cultUs. Bress., curti, coutillo^ cortil. 
Champ-, cotirtis. Fr.-Cté., couthi. Genev., corti^ courti, Isère, 
haert* Lang., coartiaL Lim., cortit^ courtiy vargier. Lyon., 
curtii, voftrfiL Mie, curti, Marne, courlis, Mayen., courli. 
Montr-, curfif- Morv., cmrli, courli^ courtil. Norm., courtiL 
Périg.» rortil, coarli. Pic.,id., id. Voit., courlil, Rouch., courli. 
St-Am., cfirit. Sav., coerli, courtil. Suiss., curti. TouL, ort, 
oriett hortf horto^ coudére. Wall., courli. Vx. fr., cortil, 
cour ta. 

Cuver, v, Ir*, cueillir. 

liim,, chIu Morv,, cuïer.iy. Cueàïer^ Cueûdre). 

CuYÈRii, %. f., cuillère. 

Bt*ïTy, quUh'VP. Lang.. ea/e.Morv., id. Prov., culhicry cullev. 
SI-Aju.* cnfye. Wall., eut. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 109 



DÀ I particule excl., qui donne de la force à Texpression : 
« Voui dà! » — S'emploie souvent seule, et surtout dans 
un sens interrogatif, dàf voulant dire : vraiment? 

Lat., dea. Forez, diâ^ diê (sans doute). Fr.-Cté, c/am.€tenev., 
rfd (merci). Lille, dà! Morvan, oui en rfà. WalL, rfa (sais-tu?). 
V. fr., dwa^ dea (contract. de deable). 

D'abord, adv., vite, bientôt : (( Aile é d'abord érivée. » — 
« pousse; ô s'ra d'abord grand. » 
Bourg., d'aibor, St-Am., d'abeû. 

D'abord que, conj., puisque : « D'abord que t'fâs c'qui, 
j'seû pas content d'toi. » 

DÀDÔ, et DÔDÔ, s. m., lit, berceau, et aussi sommeil : « Où, 
c'qu'é le p'tiot? — 01 é dans son dàdô. » 
Il.-V., leL Morv., dadô. 

DÀDÔ (/are), loc. enfantine, dormir. 
Bourg., /dre dadô, Morv., Id. 

Dainger, s. m., danger : « Gare donc! gare donc, Témi! — 
Bahl y a pas d'dainger! » 

Lat., damnum. BovLTg., dalngé. Norm-, dangf^r, Prov. id. 
Wall, dangi, V. fr., dangier, dongier. 

Dames, s. f., même sens que Dragées (V. ce mot.) 
Bourg., daime. 

Dan-ner, V. tr., damner : « V'tu ben te t'ni, qu'te m'fâs 
danner! » Prononcer comme dans : 

Lat. et Ital., damnare. Morv., dan-ner, Prov. dampnar. 
V. fr., id. 

D APRÈS, prép., après. Deux gamins jouaient sur l'herbe. 
L'un s'arrête, dit à l'autre : « Y é toi qui vas m'côri 
d'après, )) et se sauve. (V. Après.) 



L. 



110 LANGAC^E POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Dârei. prép-i derrière : « V*là Tchar à Toinot qui veint; 
jVas gravicher d«m. » — « Y a eùn grô-t-âbre p6 dàrei 
cheù nous- » 

Lat-, f/tî rétro. Bourj;., darrei, Genev., les derrières (de la 
mait^on). h]m>f doreL Mac, darri. Morv., dairè. Pic, da- 
vlùre. Prov., dsrclrc, dareyre. Sav., rférê. Toul., c^arré. Wall., 
derie, V. fr., darrière. 

DÂRKt, s. m., le derrière : (( Aile a chû su son dàrei, » ce 
qu'on appelle : casser le verre de sa montre. 

ïtal., dhiro. Hourg., darrei^ dârc. Gasc, c/arrc. U.-W.dère. 
Linï,, dorù. Lorr, dcrry. Marne, darriè. Pic, darain. Poit., 
darre. St-Ara-, dcri. Saint., darre. Sav., darrè, TouL, id. 
V. fr., derrière'. 

Dârkirëmbnt, adv., dernièrement. 

Boarg-, darêreman. Morv., dairèremeni. Pic^ daraine- 
mrfit. V. fr., derramvment. 

DÂRié, et Dârei, ad}., dernier. 

Aube, derrain, Boiry, dargnier, dargnèy darrier. Bourg., 
dulei^ darèï. Dauph., darnié. Flam., darrain, Genev., en 
dernier, Il.-V., dartaia.ixira.yaderri. Lira., rfarn/cr. Lorr., 
{fftlré^ Moritr., dt^rrtf.'. Morv., dairé. Pic, dèrain, darain^ 
derfn\ Poit.^dcratf. Prov., derrer^ dcrrier, (^firrier. Rom-, 
ret/re. Rouch., darrain. Saint., dàriè, TouL, darriè^ dagué. 
Wall, diertnn. V. fr., daerrain, darrain^ deerain. 

D'AURtÉ, loc. ridv., en arrière, de derrière : « Arra doû 
^r fi /7■if't^' )) Vite en arrière! — Langage de nos mariniers. 
(V. A rra^ei D'avant.) 

Daitte, s. f. , dartre, et presque toute maladie de p^u. 

Berrv, tmdurde^ endarce. Genev., darte, darde, dairde. 
Lyon., darU\ V. fr, dvrtre. 

Daltge, s. f., pourriture, maladie qui attaque les troupeaux 
de moutons. On Tappelle aussi : limace du foie. C'est, 
dans le ventre, à peu près le même mal que le tournis 
dans le cerveau. 

D*AVANT, prép-, devant. 

h^%,j^ttnte. Berry, fJacant. Lim. docan. horr.^dacan.Prov.f 
id,, dccanL Saint., d av an. ToixL^ dabàn. Y. îr,f dacant. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 111 

D'avant, loc. adv., en avant, de devant : « Arra doû 
d'avant! ))'Vite en avant! — De notre marine fluviale. 
(V. Arra et D'arrié.) 

D'avôu, prépj, avec : « V'tu v'ni (Tavoù moi? J'vons c6r! les 
champs. )) 

Bourg., craioô, aicô, Dauph., d'avei. Morv., daicou. Toul^ 
dan, dambe. 

De, prép. parasite : <( Que qu'te vôu que j'te dise? — J*n*en 
sais ma fi, de ran. » 

DÉBAGOULER, V. tr., racontcr, parler avec abondance, laisser 
couler le bagou : « Ah ben! si tTécoutes, ô va t'en df^ba- 
gouler, voui ! )) 

Bourg., dèbalgôlai. Champ., débagouler. Guern., bagoulair. 
Marne, débagouler. Morv., id. (déborder). Poit., dèba^joaii^ 
débagoulai. Suis, rom ..dcba go u la. 

DÉBÀROULER, V. intr., rouler en bas, dégringoler : a 01 a 
débaroulé tous les^scaliers de sa cave. » 

Dauph., barricula. Forez, barouler, barroulâ. Lyon,, bar- 
reiila. (V. Dèribouler.) 

Débau, s. m., suspension, temps d'arrêt, repos. J'ai été 
longtemps avant de saisir le sens précis de cette phrase ■ 
(( Je m'en débau, » fréquemment citée par les enfants fati- 
gués qui veulent officiellement un répit dans leurs jeux* 
M. le c*® Jaubert donne le mot débau et le traduit par : 
, interruption de travail. Quel travail plus important que le 
jeu pour les écoliers? Donc la phrase en question, synco- 
pée et que l'enfant s'occupe peu de comprendre, doit être : 
«Je demande c?(^6aa, )) c'est-à-dire : Je demande à sus- 
pendre la partie, à me reposer. — Les enfants du Berry, 
dans le même cas, crient : O lu! (Oh! lui!) Les collégiens 
du Limousin, de leur côté, crient : Défense! 

DÉBiLLER, V. tr., déshabiller. 

Berry, dèhiller (détacher la corde d'un bateau). Bniirg., 
dèhlUai. Mons, débiller. Morv., id. Namur, disbii. St-Ain., 
déjabelgë. * 

DÉBiTousER (se), V. pr., rendre net, se nettoyer les yeux. 
S'emploie au propre et au figuré. (V. Biiou.) 
Bourg., dèbitousai. 



\12 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

DÉBONDKNERi V, tf*, débonder, ôter la bonde d'un tonneau. 
Bourg.» dcbondefiai, Morv., dèbondener. V. fr., deshonder, 

DÉBOUDRTLLER, V. tr., produire, jeter à profusion; parler, 
chanter, jouer avec volubilité et sans fin. Un orgue de 
Barbarie « déboadrille un air », etc. 
Boarg., débouflfillal. 

DÉBOUDRiLLER (s^}, V. pr., sortir d'ennui ou d'assoupisse- 
ment, et aussi st.1 former : «Auparavant que d'se IVer, 
6 »Vt'6oM^ri7^c dans son lit. » — « J'seû en r'pos; le p'tiot 
s'déboitdrillera prou. » 

Bayeux, se débarnequer. Bourg., se dèboudrillai. Pic, se 
déhcrdo fit lier. 

DÉBOOGER, V. intr., bouger. Superfétation d'un préfixe, 
comme, un peu partout, décesser pour : cesser, etc. 
Berry, dèbottgcr. 

DÉBOULÉE, S. f*, sortie précipitée; grande quantité, amas, 
affluence : « Y en v'nôt, d'ces gas à la foire; y en v'nôt... 
Q\i-eûe déboulée!..,)) (Y. Tràlée,) 
Genev., déboulée. 

DÉBOULER, V. intT., décamper, partir rapidement, fuir; 

dégringoler, s'abattre sur : « Allons, ch'ti drôle, déboule- 

me vite d'iqui 1 )ï — « 01 a graviché su Tmur, é pi l'mur li 

a débouté su Tdos. » , 

Genev.j dôbouler'. Morv., ébouler. Norm., débouler, Poit., id, 

DÉCALER, V. tr., décoiffer une femme, lui ôter sa cale. 
Morv., décaler, 

DécANîLLER, v. iutr., au propre, faire sortir les chiens du 
chenil ; mais employé chez nous au figuré : « Te n'te leùves 
jàmâ. Attends, j'in'en vas t'fâre xiécaniller du lit. » Fuir 
comme uRchit^n- 

Lat., cantg. Berry, dècanillcr. Lorr., dégueniller. Pic., 
déqucfitiler. Morv, j déc'nailler, V. fr., dècaniller. 

DÉcATiGNER, V. tf., démêler les cheveux. La fin du mot est 
un visible fragment de tignasse. (V. Décatiméler, Déchar- 
bouter.) 



LANGAGE POPLÎLAKŒ VER&LINO-CIJALQNNAES 113 

Décatiméler, V. tr,, manger goulûment : « Ohl y é d'maia 
la fête; jVons-t-i dècaiiméter! » — rt Faut l Vouer à làble; 
y é ça qui dénatimélel » On voit le goinfre opérer. Celui 
qoi Diange ainsi ne doit pas l'egarder à y mettre les mains 
et à démêler les morceaux avec les doigts» Le vocable ne 
aérait donc pas éloigné d'avoir une parenté avee décati g ner. 
(V, ce mot) Le Liég., dikmelé (démêler les cheveux) j 
confirme cette opinion. 

DÉCHARBOTER, et DÉcïiAnBOQTER, V. tr,débarrasser,débrouîl- 
1er, désencbevétrer, déna^ler le fil d'un échcveau ; « Pôrra- 
t-i jamâ décharboter c t'afâre? » 

Boa rg. , déchet rb ôt a L 

m 

DÉCHARBOuïLLER, V. tf,, nettoyer la figure, débarbouiller; 
a La Mag'rite? AU'se déckarboidlle tous les trente- si du 
moue- J) 
Bo Q rg . , de eh a irb o u illa i . Morv » , déch a v 'h o iUe r. 

Décirer, v, tr., déchirer : (( Allons, bon! v'ià qu*ôl a dêcirà 
saehumîse! j) 

Genev., échtm\ Morv., dévirer. Pic, dè/^frcr, Prov*, nsqui- 
ra r . \Va 1 K , hfrer^ dkhttrcr.V.fr^^ deBsireVt d€cirej\ desmrer. 

DÉcizE, s. f., le cours deTeau. u Aller e/i déche, n descendre 
lecoursdela rivière. Les iiiarimers qui conduisent un train 
de bois ou un bateau à Lyon ff font une décUe », t( vont 
e:\ideche ïï* 

Déclaration, s. f., trou^ fente, découture dans un vêtement: 
ti Lèuve vouer le bras. Ah ben! J a eùne baie dét^laraiion 
à ta manche ! ï> 

De contre, prép.j contre : f< Voui, al le été t drè d' contre moi, » 
Mûrv., de contre. 

DécROTER, V. tr,, manger avec vif appélit : u ns'é pas 
putôt Tnétu à table, qn'ôl a décroié^on dîner, ^î 

Dégueudre, V. tr., découdre. 
St-Am., décadré. 

De DEeEu, prép,, depuis : « Comme allé a poussé, ded^peû 
l'an dâreit aile é ben gentite ! « 
Morv., ded'peu. 



L 



114 LANf^AfiE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

DÉDITE, S. f., dédît : a J'ons fait eùn marché; si ô n'tient 
pas, y a eùne dédite d'un écu de cinq francs. » 
Genev., dédite. V. fr., desdicty dcsdit. 

Dkfaire, V. tr., s'emploie, dans un sens détourné, à expri- 
mer maintes actions, maints travaux : « Défaire (écosser) 
des pois; défaire (éteindre) le feu; se défaire (se casser) le 
bras, n etc. 
St-Am., défère (accept. ordin.). 

DéfaireSj s. f.. défroques, vieux habits, objets hors d'usage: 
{i Âllo é prou minahe; j'vas li beiller mes dé/aires, » 

DÉriciLE, adj-, difficile. 

Lat., difffcifis. Itaî , dijff^ile. Cogn., dejfficile, Prov., difficil. 
ToaL, defecibie. 

DÉFILÉE, s. f,, file, longueur, grand nombre de personnes ou 
d*ob]ets : « Voui, y en évôt eùne fameuse défilée. » 
(V, Afiléê.) 

DÉFILER, V, Ir., efïïler : ((Aile a défilé tous ses morciaux 
d 'vieilles robes, tous ses bouts d' vieux pan-nias. » 
Ptov., asfilar. 

DÉFiNER, V. tr., cliasser, expulser du finage, du territoire de 
la maison, délruiTe, user : (( C'gueùrdin d'petiot, ô 
m'dèfine tous ses hébits ! )) 

Dkfrucher, V. tr., dt'^fricher. 

Berry, défrrârher, défricheter. Morv., dèfrcucher, V. fr., 
deA/richiir^ deffricher. * 

DÉGAGÉ, adj,, prompt, vif, intelligent: (( J'pens'ben qu'ôl 
ériver^i; ôl é prou dégagé. » 

DÉGAGER (.ve). V. réfl., se hâter, faire vivement : (( Allons, 
v'ià rheure; dégage-te. » 

DÉGiGOUGNBRj V. tf,, disloqucr, disjoindre. Malgré le préfixe, 
simplement euphonique, ce verbe esti peu près synonyme 
de f/igoagner, qu'il ne fait qu'accentuer : (( C'te taule é 
pis e*te cbeire sont toutes dégigougnées. » 

Lat-, disjufigere. Prov., desjonher, V. fr., desjoindre, 
(V. Giijougtier.) 



LANriAtiF, POrULAJHE VERDLî?iO CUALONNAIS 115 

DÈGNE, S, f ,, lige de chanvre. 

Bçi-ry, daigne. Bourg. j id. Dauph., dayni. Fr*-Cté, clagnv^ 
dasgn.(f. Jura, dègne. Mac, id. Morv., dnitjnc. Suisse i-om., 

DÈGÔNicHÉ, adj., liabili*? de mauvaises bardes, à moitié 
dévêtu, 

Morv.^ dè^joneillè. Toul., tlègarnalHaL (V. Depanelè, 
Dénia pu.) 

Dëgôrdi, adj., dégourdi. 

Morv-, dègovdl. V. fr. dt?gordr,U^ desijùnrdi.) 

DÉGOUAiLLER, V. Ir,, dégoiser, parler beaucoup, 

Berry» dégolailier, Norm,, dèjjois (babil)* Poit, dèijouallhr, 
V , ^ . desfj o U er, desfj 01/ s er^ dcsff ofj s ( babi 1 ) . 

DÉGOULINER, V. iiitr., découler. Se dit d'un liquide qui coule, 

plutôt lentement que rapidement : tf Quand ô bouét, l'vin 

li déf/oidlne dans sa moustache, jeûsque d'su Tmenton, » 

LaL, col are. Beny, dêtjouUncr. Bourg,, qurrtlai, Norm,, 

dégouliner. 

Dégreuber, V. tr., remuer, dégourdir, réveiller, tirer d'un 
endroit : u S'6 u'veiu pas, TdrAle, ym'eiwiiWh'greàber, )) 
— n Ma, vein doue, ch'tite panosse; te n'peux donc pas 
l'dégreûher d'iq\.u? n (V- Dé ijae uriner.) 

Dégrfgner, V. tr.p détirer du linge, mais imparfailemenf, car 
dôgrifjner veut ausi^i dire ; le mal repasser [V. CoideÂer.) 

DÉGRiMONEa, V. intr. , geindre, marmotter, murmurer* ■:- 
Senstr,i tirailler, chagriner quelqu'un, le malmener. 

Dégueugner, V. ir,, battre, donner des coups, dégourdir, 
faire marcher, activer, pourchasser : (f Attends! attends! 
j'm eu vas X^ dégueugner! )^ (V, D^f/reàber.} 

DeuorSj adv., dehors- Employé dans ces locutions bien 
locales : Entrer dehors; fremer dehors, a Tatiguél j'ai 
pardu ma cJéë; j*sus fremé déhora. » (V. Dlors.) 

DéjAui,, s. m-, dégeh 

St-Am., dé^èloti. V. fr., dcBgieL 



116 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO CHALONNAIS 

DÉJAULER, V. tr. et intr., dégeler. 

Bourg., dèj allai, St-Am., désèlè. Vieux fr., desgeler, des- 
geller, 

DÉLIBÉRER, V. tr., débarrasser : « CYafâre m'ostinôt;... j'en 
seû délibéré. » 

DÉLIRE, V. tr., choisir, trier le bon parmi les légumes qu'on 
épluche : « k\V délit les harbes por sa sôpe. » 
Lat., deligerc. Bourg., déleire. Montr., délire. Wall., élire. 

DÉMANGÔNER, V. tr., déchircr, démancher, mal habiller. Le 
gbner de la fin du mot a certainement une parenté avec gô- 
ner\ mais l'un se prononce très bref, et l'autre très long. 
Bourg, démangonai. Forez, mangon (manche d'outil). 
Genev., dèmangounè. Pic, d é mag andé, Morv . , dèmantigoner. 
St-Am., dèmangounè. 

DÉMÂRER, V. intr., bouger, quitter un endroit : « Bon sensi 
J'ons-t-i évu du mau à l'fâre démàrer ! » 
Norm., dèniarer. 

DÉMAUGER, V. tr., ôter la mauvaise chance, enlever un sort. 
(V. Mauger.) 

DÉMiNGER, V. intr., démanger: (( Dis, dis! on vouét prou 
que la langue te déminge. » 
Morw., deminger^ d'minjser. 

DÉMiNUER, V. tr., diminuer, amoindrir. 

Lat., dîminuerc. Berry, déminuer, diminuiser. Cogn., dé- 
minuer. Prov., diminuar, demenir. 

DÉMON, s. m., enfant vif, turbulent, lutin, mauvais sujet, 
qui remue sans cesse. 

Lat., dœmoniuni. Lim., demoun. Poit., demoniou. Prov., 
dernoni. (V. Demoniâcle, Diâhe.) 

DÉMONiÂcLE, et DÉMOUNÂCLE, adj., démoniaque. Mêmes ac- 
ceptions que Démon. ^ 

Lat., demoniacus. Morv., dèmônaqhi. Prov., dèmoniayx, 
démoniat. Vr. fr., demoniacle. 

Démortir, V. tr., faire tiédir de l'eau (l'eau froide étant con- 
sidérée comme morte). 
Montr., deniortir. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNOCHALONNAIS 117 

Démouner (se), V. pron., se démener, se donner du mouve- 
ment. 

Ital., dlmenarc. Morv., se démouner. Pvov., demenar. Vr. 
fr., demeiner, demainer, 

DÉNiÂPÉ, adj., vêtu de haillons. (V. Dégôniché, Dépanelé). 

Denrée (bonne), loc, eau-de-vie, liqueur, eau-de-noyaux, 

dont on boit un petit verre après le repas : (( Votre père est 

arrivé à bon port, et déjà le bon vin et la bonne denrée 

. lui rendent un peu de gaieté...» (Correspondance de 1816). 

DÉPÂiLLER, V. tr., déguerpir, se lever en toute hâte. En Bour- 
gogne, on dit familièrement : « Sortir de sa paille » pour: 
sortir de sa paillasse, de son lit. (V. Epailler.) 

'DÉPANELÉ, adj., qui a sa toilette en mauvais état, presque en 
lambeaux. (V. Déniàpé, Dégbniché,) 

Départiau [la), s. f ., la Chanson de la Mariée, ainsi nommée 
parce qu'elle a pour sujet le départ de la fiancée de chez 
ses parents. — Ce titre doit se donner à plus d'une chan- 
son, car nos chansons de noces sont assez nombreuses. 
Tout à côté de Chalon, à Mellecey, nous en avons recueilli 
deux (publiées dans la Romanla), les Epingles, et le 
Poumei, Le huitième couplet de la première dit : 

Jeune fille, souvenez-vous 

Qu'il vous faut quitter père et mère, 

Pour suivre partout votre époux . 

Voyez ce que vous allez faire {bis). 

Jeune fille, souvenez-vous 

Qu'il vous faut suivre votre époux . 

Dépendeu d'andouilles, loc, homme mince et grand, se 
tenant mal, dégingandé. Ce dépendeu n'empêche pas 
dépondre, (V. ce mot.) 

Berry, dépendeleux. Morv., dépendeu. (V. Gigue d'an- 
douilles.) 

Dépeu, prép. et adv., depuis. S'emploie fautivement pour 
de : « On l'entend bauler dépeù iqui. » 

Ital., dopa. Berry, dépens, despaye. Bourg., depeù, depô. 
Bress., dinpi. Dauph.. du dépui. Lim., depey. Lorr., depe, 
t/c/>e«. Mac, denipi. Morv., dcpeu, dupeu. Poit.; dèpeu. Prov., 



118 LANtJAE^E POPULAIRE VEBDUNO-CHALONNAIS 

(tepos^ fkpueis^ de$puois. St-Am., depi. Sav., dàpoai. Wall., 
dipvù.^ dispeâ, dlspôie, V. fr., despuis^ despus, despiu/s. 

DÉPIAUTER, et Depîauler, V. tr., éjcorcher, enlever la peau : 
« Airt'a pris Thipin, é pi d'eùn tor de main, alPte vous Ta 
dépiaiiié. H 

Movv., dépiolvr. Nivern., id. Norm., dépiauster. Wall., 
dèpîoiiir. 

DépiGNER, V. tr., dépeigner, mettre les cheveux eu désordre. 
Berry» dèpigner, d épig nâtrer. Morv., Dèpigner. 

DÉPLÂï, s. m., déplaisir. 

Ital., dlaplacero. Lim., déyplosèî. Pic, dèplaisi. Prov., 
df!^ta:^er. V. fr., desplaisir. 

Dépôcmer, V. tr., dépêcher, hâter : (( La sôpe é trempée; 
dépôche^lé. }> — « V'tu ben Vdépôcher, train-nard! » 

ItaLj dîsparvlare- Bourg., dèpôchè, Morv. , dêpoischery 
dèpotièver. Wall., dispèchi. V. fr., despeecher, despeschev. 

DÉPONDRE, V. ir., dépendre, décrocher, enlever. 

LsX. drpenderf:^ Forez, dépondre (dégueniller). Genpv.,id. 
Lyoji., id. Morv., id. Sav., id., décapa. Suiss. rom., dépondre. 
TouL, defftffraffu desarrapa. V. fr., despendre^ despandre. 

DÉQIJEUTENER, v. tr. , pcigncr, démêler les cheveux : « Jean- 
nettùj passe-me voué rdéqueût'nou, que y me déqueùteùne. » 
(Fontaines, près Chalon-s-S.) (V. Déqueûtir,) 

DÉQUEUTENOLT, S. m., pcignc, démêloir. (Fontaines, près 
Chaion-s-S.) 
Morvâfiti, iièqttrâtichou. 

DÉQUEÛTIR, v, tr, peigner, démêler les cheveux. Ce mot, 
comme les deux précédents, vient du temps ou l'on portait 
la ttueue. 
Louhans, déqucùtlr. (V. Dèqueûtcner.) 

DEQt'Oi, s. m., bonne position, fortune. Se prend dans le 
sens absolu. Avoir « de quoi », avoir de l'aisance, être 
riche : (< vout marier sa fille; ôl a rf'^wor. )) 

Rerry, ic/w <7M0fR'. Bourg., dequei. Bress., dequay. Mac, de 
quai. Sav,, de fpié. 

Der, adj,, dernier. Les enfants ne sont pas verbeux. Toutes 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 119 

les fois qu'ils ont à établir un numérotage d'ordre pour 
leurs jeux, ils- comptent ainsi : « pre, se, der, » ce qui veut 
dire : premier, second, c?ernier. 
■ No^tn., dérain, Wall., dern, V. fr., derain. (V. Pre, Se), 

DÉRÂCHER, V. tr., arracher, déraciner. * 

Ital. , disradicare. Berry, déracher. Morv. , dèraicher, 
déraicer. Pic. déracher, dcracheiner. Poit., déracher. Prov., 
desraygar, desrasigar. TouL, derrlga, darriga. Y. fr. , dcsra- 
chinner, 

Dérâïoner, V. intr., déraisonner, perdre le sens. 
Morv., déraïonner. V. fr., desranier. 

Déribouler, V. intr., dégringoler, tomber en roulant : (( Les 
charbons ont dérihoulé su Tcarreau. » 

Prov., dégribouler, dérlngoter. Rouch., dérœouler. St-Am., 
dègrî.ngouïè. (V. Déharouler,) 

Dérôter, V. tr., dérouter, sortir un char d'une ornière où 
sont engagées les roues . 
Montr., déroter, V. fr., desrouter. 

Désaboutoner , et Désabout'ner , v. tr. , déboutonner: 
« C'drôle, ô cort tôjor d'avou sa cueiilôte désahoutonée. » 
V. fr., desboutonricr. 

DÉSEMP1GER, v. tr., dépêtrer. 

Ital., spastqjare. Bourg., desempljai. TouL, desempacha, 
derramhouUla, eissinja, V. fr., despestrer. 

Des fois, loc. adv., parfois, quelquefois: « Y a des fois 
qu'j'ain-meben causer d'avou i\V, des fois qu'iW jacasse 
trop. )) * 

Bas.-Alp., des fois. Cogn.. des fois. Htes-Alp., des fois. (V. 
Coup.) 

Dbssiâler, v. tr., déboucher un tonneau, en ôter la bonde. 
Morv., dessialer. 

Desso, adv., dessous, sous. 

Ital., disotto. Berry, dessour. Bourg., de<;!:ô, dezeà. deso. 
Lyon., desso, Morv., dessos. Pic, de^ous, ed^ous. Prov., de- 
sot:r, desost^. Rom., dejost, St-Am., dechou. V. fr., desojs, 

ll;ilJ, L'iyiy^ (Icsouj. 



liO LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

DEââUR, adv., dessus : « J'étôs ben tranquille; ô m'a tombé 
d'siÈur\ » — « Y é lu qu*a mau fait, é pi on m'y a métu 
d'ssur le dos, » 

Ital., dtsopra. Berry, dessur. Bourg., dessu. Genev,, dessur. 
IL*V', fdGAsur. Morv., deuchu. Norm., desur, dessur. Pic, des- 
g^ure. ProY.^ desobre. Reuch., deseuf\ dscur, St-Am., desu. 
Sftv., dèchn. V. fi'., desur, dessur, desor, dcsus. 

DÈT, a. m., doigi : « L'maître d'école li a baillé suies dèts, » 

LaL, (iifjiiftiy. Ital., dito. Bas-norra., dé. Bourg., c/oê. Bress*, 

duy. Flam.^ dont. IL-V'., da. Lim., dé. Lorr., deye.MêiC., day. 

Ni ver-, diîl. Fuit., det. Rouch., dogt (prononcé do), St-Am., 

dà, SaïQt., dét, Sav., dà. Wall., deur. V. fr., dei, doit, dote, 

DÉTAicïiER, y. tr., détacher. 

liai. 5 distaccare. Bourg., dètcichai. Prov., destacar. V. 
fr., détat'hia\ destakcr, destacher. 

DÈTÙR, s, rap> détour: « J 'étions su la levée, làvou c' que 1' 

Doubs fait son détbr, » 

Bourg., dètur. Morv., dètor. St-Am., dètou. Vr. fr^ destor, 
des tour. 

DÈTORBER, V. tr., troubler, déranger. 

Berry, dèlorùer, détourber. Guern., destorbaïr. Maine, dé- 
tourbcr. Morv-, déteurber. Norm., détourber. Pic, déturber. 
Poiti déturber, Suiss. r., destarba. 

DiîrroRNER, V. tr., détourner du chemin. 

Bourg*, détonai. Morv., dètor ner. V. fr., destorner, des- 
tourner^ de&turner. 

DfiÙE, adj. , duFr rude. 

Lat., duras. Ual., duro. Il.-V'., duss. Morv., deur, Prov., 
dur. St-Am., da. V. fr., dure. (V. Dur.) * 

Dkùhemënt, adv., durement. 

Ital., dtiramente. Il.-V'., duss (comme f/ar). Morv., deure- 
ment. Prov., duramen, durament. St-Am., duremé. 

Deux-sous [un), loc, manière de désigner la pièce de dix 
centimes: c< L*mossieu ôl a rencontré eùn pauve, é pi ô li 
a beillé an deiuesous, » 

DE>rANT, loc. adv., de plus que: « 01 adeuxanscKca/i^moué, 
ITiénot; n*em poche qu'ô trime tôjor. » 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAES 121 

Devant, prép. et adv., avant: (( D'oani que diparler,. faut 
ben des fois r'torner sa langue. » — (( La Rose, àtle a évu 
son p'tiot d'vant la Jeanne. » 
Morv., deoan, Toul., daban. 

Devant (au, à son), loc. adv., à la rencontre: << JVonslî 
aller au d'vant, » 

Bqprg., devan. Genev., au deoant. Poit., à la deoanL Vx. 
fr., à Uaudecant. 

Devantée, s. f., ce qui tient dans un « devantîer «, plein un 
tablier. 
Norm., décantée. 

Devantei, s. m., devantier, tablier: « Mets donc ton d'oaniei: 
tVas barboter ta robe. » 

Arden., decantier, Artois, acourcheu, Berry» devantean. 
Bourg., devanieiy décanté. Champ., decantrin. Forez, det^an- 
teau, decanti, Hte-Auv., decantar. Il.-V*., decaniiau. Jura, 
décanté, decantie. Lorr., d'cantrè. Mac, decanti. Marn., 
decantier. Merv., decanti, Montr., decantier. Morv*, décanté. 
Norm., decantet, decantiâ, decanteau. Pic, vainéteu. PoiL, 
decani. Ponth., chinoir, Rom., dacanta/. St-Am.» decétt. 
Saint., decanteau, Ss^v.^foeudâr. Toul., dabantal^ damantal. 
Vosg., decaintri, Vx. fr., decanteau, décanter, decaaiier, {V. 
Deoanteire,) 

Devanteire et Devantière, s. f., tablier. Syn. du précédent. 
Berry, decanteire, Poit., decantaère, Vx. fr*j dccantière. 
(V. Decantei,) 

Devar, prép., devers, aux environs de. 

Bourg., decé. Lyon., decai, Morv., decè> Vx. fr. , deoers. 

Devargonder (se), v. réfl., se dévergonder, devenir effronté, 
* impudent. 

Lat., de cerecundia, Prov., descergonhar^ dcscergoignar. 
Toul., debergougnat. Vx. fr., descergogner. 

Déveler, V. intr., dévaler, partir vivement: a Drès qu'ô t'a 

éporçu, ôl a drôPment deoHé. » 
Ital., dicallare. Berry, decaller. Bourg,, dèoaidai. Forez, 

decalla, Lorr., déceler. Montr., décaler. Morv., dècoler* 

Norm., decaller. Poit., decaller. Prov., dcaaiur^ dacalar. 
« Rouch., décaler, decoler. Suiss., décala. Vx. îr. dcscaler. 

(V. Découler.) 

14 ^ 



JS8 LAJHGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Devenï, V, iptr,, venir, revenir. Se prononce indifféremment 
deo'nij ou (Tceni, selon la tonalité de la phrase: « D'iavoù 
e'àt-i qu* te d'oeins ? » 
Morv., dGceaî^ St-Am., décent. 

Deviner^te, s, U, devinette. J'emprunte celle-ci à Jules 
Guillemin: 

Qa*est-ce qui a cent têtes et cent cotillons 
Et que n'it pas de chair gros comme un mouchillonf 

(Un Van.) 

Morv., deomotic. Norra., devinaille, Vx. fr., deoinaille, 

Devjnou, s. m. et adj., qui devine. 

Ital., dwinaiore. Bourg, deoignou. Prov., deoinaire, dem- 
nador. Vx, fr,, devineour, deoiaeeur. 

DÉVIRER, \\ ir, et intr., dérouler, détourner, faire un détour: 
(î Ma grand' a déoiré tout son fî. » — « 01 a déoiré du 
chumin. )) 

Fr.-Ctëj dawirè, Lim., déoira (retourner). Montr.;, devirer. 
Mni^v., decîrer. Poit., devirer, 

DÉviRou, s. m.» dévidoir. 

Betef^dccidottè. Bourg., devldeà. Morv., devedeau, deoedou. 
(V. VirandiaUf Echavon.) 

DÉVORER, V. tr., déchirer: (( Sa cueûlote et en âcles;ô 
ra' décore tous ses ébits. )) 

Berry, décorer. Morv., déooirer. Norm., dèoourer. Saint-, 
dccairer. Suias., dcooura. 

Dévouer» v* ti\, devoir. 

Ital., do^ere. Prov., decer. St-Am., deoâ. Vx. fr., debooir. 

DÉVOILER» V. îiur , dévaler: (( Allons, boni v'ià mét'nant 
mou eha.pi!iu qui découleU,, 01 a découlé jeûsque dans la 
foodrée du champ. » (V. Déceler,) 

D'hasar, loc. adv,, peut-être. Assez souvent prise dans un 
sens dubitatif: « Vein*rez-vous pas vouer nout' fille? — Y 
é heu d'hasar. » 

DiÂBE, s. m.j diable. S'applique aux enfants bruyants et 
indisciplinés. 

Lat., dlidiolus^ Ual., diabolo. Berry, guiàbe. Bourg., diâle, 
Jura, dlule. Linin, diable. hon\, diâle. Morv., guiàbe, Rouch., 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 1^3 

diale. St-Am., diablou. Saint., diàbe, Wall., diale. Vx* fr., 
diaule, diaole, deahle. (V. Démon.) 

DiAu, s. m., dé à coudre. 

liBX.yditale. Anjou, deau, Berry, diau, Genev., dère. Guern*, 
date. Jura, daiau^ deiau. Lorr., dau. Montr., diean. Morv., 
dau, Norm., daiot. Poit., dau, diau, diaule. St-Am.f dai/é. 
Saint., dau. Toul., dldal. Vx. fr., del, deel, 

DiFÈRENCE, s. f., différence. Se prononce très ouvert. 
St-Am., difer anche. , 

Dinde, s. masculinisé chez nous, comme plusieurs autres ; 
« Por la fête, nout'fîlie nous a envié eùn hiau dinde, n — 
On donne aussi ce nom, mais en lui rendant son genre 
féminin^ à une fille ou femme bornée : « T*as cau^sé d'avou 
la Jaqueline. Y et eùne fameuse dinde. » 
Genev., dinde (m.). 

DiNOu, s. et adj., dîneur. On appelle dinous les convives 
d'un dîner 
Morv., dinou. 

DiONT, et DisoNT, 3® pers. pi., disent: « diont, é qui, 
portant. » 
Bress., dion. Sav., dion. 

DiÔRs, adv., dehors. Prononciation monosyllabique et 
très rapide. 

Lat., foris. Ital., fuori. Berry, diors. Bourg., hoj\ defeur. 
Bress. j de four. Dauph., defouv, dehor. Genev., c/é/iors. Lang., 
joro, deforo. Lim., defôro, déforé. Lyon, defour, dejor^four. 
Morv., dor, dior. Prov., defora, déjouera. Rom., forSi foras, 
defors, dcfora. St-Am., defeû, de/ou, deyô. Saint., dihors^ 
diors, dhoire. Sa,Y., déiôr, dejour. /Vx. fr., deforo, defors. 
(V. Dehors.) 

Diou, s. m.. Dieu. 

Lat., Deus. Ital., Dio. Bas-norm., Da. Bourg., Det. Bress,, 
Di. Fr.-Cté, Due. Mâc.,Z)^. Monir. ,Diu. Pic, Diu,Giu. Pmv\ 
DeuSyDieus. St-Am. ^ Die. Sav., Diu. Toul., Dius, Dlous, Vx. 
fr., Deus, Dex, Diex. 

Dire, v. intr., sembler, paraître ; « J'ai d'jà baliyé deus fois 
à c'maitin; on n*y dirbt pas, » C est-à-dire : ça ny paraît 
pas ; c'est déjà sale à nouveau. 



124 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Disons 'Dese'ïtes» loc, causeries, bavardages, confidences. 
Berry, dtseih's. Morv., disettes. Saint., disettes. 

Djsou^ Sp et adj-, diseur : « 01 a dit c'qui ? Bah ! y et eùn 
disou d'ran, » 
Lyoû., d^ij^ûti. Morv., diou. Prov., di^edor, disidor. 

Dissiper, v. tr., désennuyer, distraire. Un vieillard de 
95 ans nous disait : (( J 'travaille tôjor eùn p'chô; ça 
m^dissipe. n 

DivARTi, v. tr. divertir, amuser. 

Lat., dicertere. Morv., dioarti. St-Am., dèoerti. Vx. fr., 
divertir. 

DivARTissEMENT, S. m., divertissemcnt, amusement. 
Morv., dwariissement. Vx. îr., dicertissement. 

Déverse, adj-, gai^ diable, difficile à tenir, à élever : ((Mon 
Diou 1 que c'petiot é donc diverse ! » 

Btirry, dicari^, dlcarsieux. Bourg., divars, digalice. Montr., 
dit^ers. Murv.^ diccrse^ dicarse. Poit., divers^ di^arse. Saint., 
diceî'se^ 
L Guillemtn ëcvit dioers. en disant que Vs se fait sentir. 

D'jAj adVi, déjk. 

Bourg., jpf, dcji, degy. Vx fr., dès ya, des] a, ja-dè-jà 
(V. Jà,) 

DÔDÔ, adj,, polisison, gamin: (( Boufre de dôdô, va! » On 
voit que ce mot diffère du vocable enfantin qui veut dire : 
lit. 
Moi'v., Dodo (Claude), chez nous, Dodiche (Claude). 

DoGUËK, V. Lr., attendre, toucher. Expression enfantine, 
dont ne se privent pas les écoliers. 

DûuoiN, adj., rogiio, grincheux, qui a une humeur de dogue, 
signifie ausi^i : polisson. 
Morv., doQuifi (doux, facile, sans malice). 

DoMAiN-NE, s. m,, domaine, propriété. 

Lat., dominiam. Morv., dômeune. St-Am., domène. V. fr., 
dem a in e , dn m a Ig n p . 

DoRM/\NT, part- substantivé, qui, avec celui Revivant, donne 
une saveur toute particulière à la formule du (» Bonjour à 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 125 

Mars ». Voici cette formule : « Bonjour, Mars ! Comment 
te portes-tu, Mars ? Montre-moi dans mon dormant celui 
que j'aurai dans mon vivant. » Il n*est pas une jeune 
fille, villageoise et même citadine, qui n'attende avec im- 
patience le moment de la prononcer. Quand Février va 
finir, et à la première minute de Mars, elles ouvrent leur 
fenêtre et, personnifiant le mois dans lequel on entre, 
elles lui adressent l'invocation rapportée plus haut. Elles 
se couchent ensuite, et le rêve de la nuit vient, la plupart 
du temps, leur « montrer » l'image de celui qu'elles 
désirent et doivent avoir pour mari. — Cette coutume, 
comme fond est répandue presque partout ; mais dans 
chaque localité, elle diffère par les détails. En Morvan, 
les jeunes gens des deux sexes, à la même date et toujours 
à minuit, un pied dans la maison, un pied dehors, for- 
mulent ainsi la même invocation. (( Mair, joli Mair, di- 
moué dan mon drouman, c'qui aire dans mon vivan. » 
Vx fr., dormant. (V. Vivant.) 

Doter, v. tr., ôter : (( Jean, dôte-te donc d'ià ; t'mempôch's 
de passer. » — « Poui ! p'tiot mouchou ! y é prou peut. 
V'tu ben doter les dèts d'ton nâz !» — <( Avant d'ii beiller 
l'saichot, ôl en a ben doté tous les sous. » 

Berry, doter, Genev., doter. Morv., doter, oûter. St-Am., 
deûtè. 

Doucî, V. tr., adoucir, attiédir : « J'm'en vas fâre douci 
d'I'iau su l'feù. » 
Bourg., douci. Pic, doucir, 

DouçoT, adj., doux, doucet, agréable. 

Bourg., douçô, -ceute. Lille, douche (2 genres). Norm., dou- 
cieux. Prov., dosset, dousset. 

Double, s. f., douve de tonneau. 

Bas-lat., doela. Berry, douelle. (3hamp., douille^ douvain. 
Maine, douelle. Morv., douelle. Norm., douelle. Pic, douelle. 
Poit., douelle, 

DouiLLOT, adj., douillet, délicat. 

Bress., deuillan, Morv., deuillot. St-Am., doulyë. 

DouMAGE, s. m., dommage, dégât. 

Berry, demage, d'mage. Bourg., deumaige. Pic^ damage, 
Vx. fr. damage, daumage. 



126 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

DouNER, V. tr., donner, procurer. 

Lat., et Ital., donare. Berry, douner. Bourg., denai. Lang., 
douna, Morv., douner. Prov., dounar, donar. St-Am., balt/ë. 
Wal., dîner. Vx. fr., doner^ doguer. 

DouTANCE, s. f., doute, soupçon, crainte, idée: « J'ai ben 
eùp p'cho doutance de e'qui. » 

Ital., dotta. Bourg., dote. lAWe, doutance. Marne, doutance. 
Poit., doutance. Proy. adopte, dupte. Saint., doutance. Vx. fr., 
dotance, dutance, douhte. 

Douve, s. f., haie vive, sorte de clôture très usitée, établie en 
forme de mur sur la terre extraite d'un fossé. On appelle 
aussi cette terre : la douve du fossé. 

Ital., doga. Norm., i/o wce (grand fossé d'eau). Ptov., dogua 
(creux). Wall., dèoe. Vx. fr., f/ope, deuoe, douhe, douvre. 

Doux (du)j loc. Liqueur « de dame ». S'offre à l'arrivée d'une 
visite, et au dessert : « Eh ben I la Giraude, que qu'vôs 
v'iez? Bu doux, ben seùr? » — A propos de doux, un 
paysan a dit un si joli mot, qu'on trouve bon de le répéter. 
Il sirotait un petit verre qu'on venait de lui verser. Après 
l'avoir mis à sec, il le pose et, levant les yeux d'un air 
extatique: « Y ôt gros bon, dà! On dirôt que l'bon Diou 
vous descend dans l'garguillôt d'avou eùne cueùlote de 
velorsl )) — A Tappui de ce dire, voici une variante prise 
d'une notedeJ. Durandeau: « D'après M. Clément-Janin, 
les buveurs d'un cabaret de la rue du Bourg s'écriaient, en 
humant l'excellent piot qu'on y servait: C'a du velor, c'a 
de lai miguée! On diro que le bon Dieu s'évaule dans vote 
garguillô aivô sai cueuliote de péâ d'iaipin. » — La 
première version marche plus rondement. 

Lat., dulcU. Ital., dolce. Prov., doh, dos, dous. Vx. fr., 
dulce, duh, douz. 

Dragées, s. f., grains de maïs, qu'on a fait éclater sur le feu 
dans une poêle percée, et dont les parties gonflées présen- 
tent une surface très blanche. La jeunesse les croque à 
belles dents. 

Ital., treggea. Bourg., draigée. Morv., dreugie. Prov., 
dragea. Vx. fr., dragie. (V. Dames,) 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 127 

Drâiller, V. intr., courir, se sauver vite : « Attends ! attends ! 
j'm*en vas fenvier dràiller! » 

Forez, drayâ (patauger). Prov., draya (fouler en marchant). 
Sav., dâiller, (V. Drillcr^ Déveler.) 

Drapiau, s. m., drap d'enfant, lange: « Ole ben, Tpetiot ; 
jTai métu dans des drapiaux tout blancs, )) 

Ital., drapello. Aube, drapais. Berry, drapmu. Bourg., 
draipéa. Lim., dropéus. Lorr., drépés. Mac, petà. Marne, 
drapais. Morv., draipeai, drapiau. Norm., drapet, drapel. 
Poit., drapeas. Prov., drapel, Wall., drapiau, Vx. fr., 
drapiau, drapel, drappeau. 

Dremi, V. intr., dormir, être inerte, engourdi. 

Lat., et Ital., dormire. Ardèch., drumi. Béarn., droumi. 
Berry, deurmi, dourmir. Bourg., dremi, dreumi. Bress., 
dreumer. Bugey^ dronii, Dauph., dormi. Lim., deurmi. Lorr., 
dreumi. Mac., dremi. Montr., dremir. Morv., dreumi, 
dreame (sommeil). Prov., droumi, durmir. St-Am., dremi. 
SSv., dremi. Vosg., dreumi. Vx. fr., dormir. 

Dremoû, s. et adj., dormeur. 

Ital., dormitore. Moi*v., dremou. Prov., dormidor. Vx. fr., 
dormar. 

Drès, prép. de temps, dès: « Drès que jTai voyu, j'ii ai dit 
lachouse. » * * 

Lat., rfe ex. Berry, drès. Bourg., dô*dos ici (dès ici). Lorr., 
da. Lyon., dret que. Prov., des, deis. St-Am., dé. Vx. fr., 
dés. 

Dresser, v. tr., servir, tremper. On entend fréquemment 
dire: « Dresser la sôpe. » 

Bourg., dreussai. Pic, drecher. Prov., dressar, dreissar, 
draçar. Vx. fr., drecier, drescer, dreeer. 

Dresser (se), y, pron., se tenir debout : « Eh! la belote, 
dresse-te vouer eùn brin, qu'on ar'garde ta joulite mine. » 
Angl., to dress. Berry, se derser (s'habiller). Midi, se dres- 
ser. Norm., se drechier (s'habiller). 

Drèt, adj. et adv., droit, justement: « Brèt-làl v'tu v'nîl » 

*Lat., dirrctus. ^tal., dii^tto. Berry, drèt, dreit. Bourg., drai. 

Bress., dray, Fr.-Cté., drèt. Genev., droit (juste). Il.-V, dret, 

l^ng., drè, Lorr., dro, Morv., dret, drei, drai-lai-lai, Norm. 



128 tANGAGE POPULAIRE VERDUNOCHALONNAIS 

dreit. Pic*, drèi- Poit., drèty dné. Prov., dret, dreit^ dreg. 
St-Am-, drâ. Saint., dreit, Sav., dre'L Toul., dret,drey. Vx. 
fr., dretj drcît. 

Dreù, ad]., dru, fort, touflEu. 

Morv., drcu^ Prov., drtU. Vx. fr., dru;s. 

Driller, V. iiitr., courir, vagabonder, jouer, folâtrer, et 
aussi : avoir la diarrhée. 

Bar-s-S-, driller (ramasser de vieux chiffons). Berry, dvillon 
(bomme efflaûqué). Bourg., dr'dlai. Bress., dvuiger. Dauph., 
drugeier. Fore/, drugi, drugicr. Jura, druger. Lyon., drugi, 
drugter. Maina^ drugir. Morv., drcuiller. Norm., druger, 
dntgir. PoiL. Urttger. (V. Drailler, Brouiller, ) 

Drogue, s, f., donné en épithète aux personnes de peu de 
valeur: \\ Obi côge-te donc, ch'tif drogue! » 
Ital., droga. Bourg., drogue. Prov., drogua, 

Drôlasse, s* f:, fillette, jeune servante. ^ 

Montr,, drôîasso. Toul., droullcto. 

Drôlet, s. m-, petit drôle, jeune domestique. 

Bourg,, drâlai, dreule. Genev., /Yrd/e (garçon). Lorr., dreule, 
Montr., dràk, Toul., droullet. Vx. fr., draule, drolle. 

Drouïlle, s.'f., excrément» liquides. 

Borry, drille, Flanr., droule. Jura, drille. Lille, drisse. 
Morv., drille. Ptc^ drouille, drinse. Rouch., droule, 

Drouiller, V. tr., avoir la diarrhée, rendre des excréments 
liquides. (V, Driller , et Brailler,) 

Drouilloù, s. m., qui a le cours de ventre, et aussi petit 
drftle, jeune gamin. 
Berry, drdloux^ Flam., drouilleux. Morv., droillou. 

Du D'puis, prép., depuis, depuis lofs. 

Ital., dofio. Berry, dépeus, dépuge, dépuire. Bourg., depeu, 
dcpô. Prov., despuois, despueis, depos. Rouch., dudépuis. 
Wall.T dlpeùf dispeâ, dispôie, Vx. fr., despuis ^ depuys. 

DUR, adv,, fort, beaucoup: (( O mainge dùn^ y é bé vrâ; çaâ 
ô pioche dur itou. » 
Lat., duras^ ItaL, duro. Prov., dur. Vx.fr., dur. (V. Beiir.) 






rrjrr^rT 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNOCHALONNAIS 129 

DVan hier, et DVan-z hier, adv., avant-hier. 

Lat., anée heri. Bourg., awan-z-hiS, Cogn., d'oan hier. Vx. 
fr., ai^antier^ avant ter. 

DVenir (en), loc, venir de: « As-tu été qu'ri de Tiâ? — 
Voui, yen d'veins. )) 



E muet, glissé en parasite dans les conditionn. prés. : (( Je 
prenderions, je suiverions, » etc. 

É, 3® personne de Tauxil. être : a Y é bon )). 
Bress., é. Bugey, é, Sav., é (V. ôt). 

É, 2® personne de l'anxil. avoir : « Vous é bé boune mine, 
auj'deù, la vouésine. » 
Bugey, ay. Sav., eï. 

Ébandoner, V. tr., abandonner. 

Ital., abbandonnare. Bourg., ébandenai. Morv. aibandouner. 
Prov., abandonar. Vx. fr., abanduner, abandoiner^ haban- 
donner, • 

Ébatre, y. tr., abattre : « ôl a ébatu Toïau. )) 

Ital., abbatere. Bourg,, aibaitre. Morv., aibaitre. Prov., 
abatre. Wall., abaie. Vx. fr., abatre, abattre. (V. Êbôler.) 

Ebeùrcher, V. tr., ébrécher. 

Genev., èbercher. Jura, ébefTher. Pic, èberker. Rouch., 
ébercher, Vx. fr.^ esbrechier, esbrecher. 

Ébeùrluqué, adj., distrait, évaporé, étourdi. 
Pic, eberlukè. 

Ébeùrlute, s. f., éblouissement : « A quand jem'leùve, j'ai 
des ébeùrlutes. » 

Ital., barlume, Berry, erbelutes. Bourg., ébreluë. Lyon., 
ébarliaude, eybarliaude. Maine, ébéluition. Norm., éber- 
louette, ber luette (étincelle). Poit., erbelutte, arbelutte. Prov., 
ébarliaude. 



130 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONKAIS 

ÉBÊÙRLriTER, V. tr. et intr., éblouir momentanément, frap- 
per vivement In, vue, presque aveugler, avoir des ^louis- 
semenis : (( L'élidema ébeurluté, » 

Berry, èherluterj erbeluter, berluter. Champ., éberlucter. 
Lini,, èijblaù^f. Montr., èberluter. Morv., éberluter, Norm., 
èbéiuei\ Poit., éberlutai. Prov., èbrcUoudar. Saint., berluter. 

HnALER, V. tr*, (^bouler, renverser, démolir : « L'bestiâ! en 
v'ïant lu côvri, 61 a ébôlé sa cadole! » 

Bourg,, ôtiôUaîf èbôli. Montr., èboiler. Vx. fr., esbouler. 
iW Ébatpc.) 

KaèBh adj.» ébaubl, ébahi, étonné, stupéfait : « Que qu'tas 
donc, qu*te v'ià tout ébôbi? » 

Lat., halbiis. Berry, abaiibis. Bourg., ébôbi. Pic.^ èbeubi. 
Vx. fr., esbaubts. (V. Etaû). 

ÉaoRNiFLEîï, v* ir,, éborgner, aveugler d*un coup de poing. 
Genov., êhorniclrr. Pic, èbornijîer. gt-Am., èhotcriiè. 

Éboitrifler, y, IFm ébouriffer les cheveux. 
(V. Eceitrluchcr.) 

Ërratskr, v. Ir., mettre en miettes, réduire en parcelles 
comme de la petite braise. 
(V. ÉJ'raîser.) 

Ebuyement, s. m., amusement, jeu quelconque. 
Morv-, aiùtûeman. Vx. îr., admusement. 

Ébuver (s'), V. pr., s'amuser. 

Morv,. s'aihtiier. (V. Émaser, obuser.) 

ÉcAFOuïLLER, V- iT., écraseT, réduire en bouillie : « 01 a 
marché su c'te poume ; ô Ta écafouillée tout à plat. » 

Bom-g-T ècafoitiltif èclaijorai. Bress., ècafoayria. Chatill., 
ècu/bailier, Fr,-Utn, cafouiller. Lang., fouia, esfouia. jMorv., 
èt'afoUim\ éboudriller. Rouch., cafoulier. Suiss. r., éboudrilU. 
(V. Écrabouiilcr.) 

ÉcAGNARDÎ, V tf., acaguardcr. Rèfl., s'amollir, paresser. 
Genev.^yiTcafftifirdir^ s^acagg^er. Morv., aicagnardi. Pays de 
Caox y s* a acag n a rdlr. 

Écaille, s, f,, morceau, rognure. S'applique à bien des 






1 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 131 

sortes. On dit : des écailles de bois, de pots cassés, d étof- 
fes, etc. 

Ital., scaglia. Nam., scaie. Rouch., ècalc. WalJ., rsvaillv, 
haie. Vx. fr., escaille, escale. 

ÉcÀle, s. f., brou de la noix. 

Berry, échale. Ht-Maine, échalle. Poit-, cale, chalotte. 
Rouch., ècalc, ècn filon, (V. Cale.) 

Égaler, v. tr., sortir de leur enveloppe certains fruits et 
quelques légumes. On dit surtout : (( écaler des noix. )) 

Berry, écaler {du mais). Bourg., èchaillai. Ht-Maiue^ éca- 
ler, èchaler. Morv., écalucher^ èchaloter. Pic, ècaioier, 
Rouch., écajlier. Valogn., écaler (àM maïs). 

(On trouve ècale et écaler, dans quelques dictionuaives fran- 
çais; mais ces mots sont trop de chez nous pour ne point avoir 
leur place ici). (V. Échailler.) 

ÉcALOFE, S. f ., cosse, enveloppe des pois, des fèves et autres 
légumes. Ne s'applique pas, comme (^ca/e, aux coquilles de 
noix. 

Auverg., calqffa, Fr.-Cté., écorqffe. Morv., calq/fe, ècalofre^ 
gou. Norra., calot, êcaloé, écalofre. Poit., chalafe.^ èchaiafrc^ 
chalupe. Toul., teco. Wall., écajotte, décafotte. 

ÉcALOFER, V. tr., écosser, tirer de leur enveloppe les lé- 
gumes à cosse : pois, haricots, fèves, etc. 

Champ., c/éca/w/o^er. Morv., <^éca/o/rer, éca/q/rer( ies noix), 
écorcer. Norm., écaloter, écalopper, décalopper. Poit,, cvha- 
luper. Toul., desculefa. Wall., dècafoUer, ècafoiier. (V. 
Égousser.) 

ÉcARocHoiR, s. m., double maillet en forme de T, servant à 
pulvériser les mottes sèches ou trop grosses. On le désigne 
aussi sous le nom de : brises-mottes. 

EcARURE, s. f., carrure. \Jé préfixe est commun à plusieurs 
autres mots. 
Lat., et Ital., quadratura. Prov., cayradura. 

ÉcÀYER, V. tr., écarter largement les jambes : « Ehl c'pouv' 
petiot I c'ment ôl écâtje les jambes ! » 
Ital., scartare. Morv., écailler^ écâjer. 

EcHAiLLE, s. f., enveloppe, paillette des épis de niais, grande 



132 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

ressource pour les ménagères locales, qui en garnissent 
copieusement les paillasses de leurs lits. 
ItaÀ.ySquaglla. Bresse, èchaille. Montr., èchaille. 

ÉcHAiLLER, V. tr., enlcvcr quelques-unes des feuilles qui 
enveIoppentIapanoai7/e (les /?an/c/ie^s), en n'en laissant 
que ce qui est nécessaire pour la suspendre au-dessous 
des toits et la faire sécher. 

Bourg., èchaillai (des noix). Bresse, ècheiller. Isère, eichal- 
liè (des noix). Jura, échailler, Montr., ècheiller. (V. Écaler, 
Épanoailler.) 

ÉCHÀLE, s. f., échelle. 

Lat., et Ital., scala. Bervy y échalle, Morv., échalley école. 
Nam., chaule. Pic, èkelle. Prov., escala. St-Am., esëla. 
Toul., escalo, escalou (échelon). Wall., hâle. 

ÉcHÀLÉE, s. f., échalier, barrière fixe établie aux champs, 
dans la longueur d'une haie vive, fait de bois en forme 
d'échelons, de marchepied, et permettant d'être escaladée 
par une personne sans toutefois laisser passer le bétail. 

Bas-lat., sccdarium. Berry, échalier^ Montr., éeheillier. 
Morv., écholée. Norm., écolier. Orne, échalier. Poit., échaleé, 
Vx. fr., eschalier, 

ÉcHANDiR, V. tr., échauffer : (( Aile aivot les dèts gobes; j'ies 
y ai échandis, )) 

Mac, échandir. Pic, ecaufer. Prov., escalfar. Vx. fr., 
eschaulfer, eschauffer. 

ÉcHARBOTER, Encharboter ct Encharbouter, V. tr., em- 
barrasser, emmêler, embrouiller les fils d'un écheveau ; 
a Que qu't'as fait d'mon échevéte ? Te m'ias toute échar- 
botée. » 

Bourg., enchairbôtai, encharheutai. Bress., encharbouter. 
Genev., encharbouter. Isère, eicharbota (éparpiller). Montr., 
écharbouter. Vx. fr., encharbottery encharboter y escharbotter. 

Échârer^ V. tr., échauder, arroser d'eau bouillante, net- 
toyer. Dans la manipulation ménagère du sarrazin, on 
échâre la farine que l'on veut pétrir pour la mettre en 
pain : « I m'seû échàré la main d'avou d'iiau boulante. » 
Dauph., chaîna. Forez, èchara, eschara. Montr., écharrar. 
Morv., échorer. Prov., escaudar. Wall., hauder, Vx. fr., 
eschauder, escauder, eschaulder. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 133 

ÉCHARPiLLER, V. tr,, coupasser, mettre en pièces : « L'vau- 
ran! ô m'a tout du long ècharpillé sa bliaude. » 
Norm., écharpiller, 

^HAUPAisoN, s. f., pleurésie. 

Berry, chaud-refroidi. Mopv., échaufaïon. Norm., èchauf- 
faison^ échauffure. Div. local., chaud-froid. Vx. fr., eschauf- 
faison. (V. Purisi.) 

ÉCHAVON, s. m., dévidoir à main. 

Bourg., échaivon. (V. Virandiau, Dèoirou.) 

ÉCHENEAU, s. m., chêneau, chenal, gouttière : (( Uécheneau 
a eùn portu ; Tiau j'icle à travar. » 

Bourg., échenet. Maine, acheneau. Morv., chaineau, èche- 
nau. Poit., acheneau, achenal. Saint., chenelle, achenau. 
Sav., èsteneau. Suis, r., chenau, escheneau.Yx. fr., eschenet, 

ÉCHETER, V. tr., acheter. 

Bas-lat., accapitare. Bourg., écheiai. Norm., acater. Pic, 
(xcater. Prov., acaptar, St-Am., aseté, Sav., âstâ. Vx. fr., 
achater, achapter^ achepter, 

ÉcHEVELOTÉ, adj., échcvelé. 

Bas-lat., excapillare. Berry, égêoé. Morv., ècheceleuré, 
Toui., espeloufit. Vx. fr., escheoelé, escheoelede, deschevelé. 

ÉcHEvÉTE, s. f. écheveau : « Beiir-rae eùne écKmt' de fî. )) 
Certain tisserand ne manquait jamais, quand la besogne 
ou le vin blanc le mettait en colère, de jeter à la tête de sa 
femme un écheveau de son gros fil. C'était si fréquent et si 
connu, qu'on le surnomma Bernard-réchecéte. 

Bourg., èpatie, Genev., ècheoeéie. Il.-V»., éché, Morv., 
échacotte. Pic, èklgnèe. écagnon, ècane^cchit. Rom., esche- 
tcitc, St-Am., esavëéa. Saint., èchemâ. Wall., échè. Vx. fr., 
esche^y eschief, escheoaulxy eschecetie. (V. Flàte.) 

ÉcHicLE, s. f., petite lame soulevée dans un morceau de bois, 
écharde : « I m'seû foré eiine échicle dans Tdèt ; ô m'fâ bé 
mau. » 

Ital., scardo, Berry, cicle. Champ., esclice. Forez, échiron. 
Lorr., échâtre, échade. Morv., échiquV, échiquia, échicle 
(envie près des ongles). Ronch,^ éc lie he. Sav., éc/tojoa (que 
traduirait notre mot ételle). Vx. fr., eschardc. 



134 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

ÉciiiGNE, S, f-, échine. 

ItaK, schienn. Bourg,, échène^ échaignc. Prov., esquina, 
esquefia.WM.f dhrenn, Vx. fr., eschinc. 

ÉciiiGNÊR, V. tr., échiner, éreinter : « O n*nous lasse point 
d'répii; ôl échigne son inonde. » 
Morv,, èchcityner. Vx. fr., échigner. 

ÉcHiGNEr* (s'), V. pron., se fatiguer beaucoup : « D'peû c'tété, 
Ym^échigne gros en sâclant. )) 

ÉcoicHER, V. tr., t^corcher, fendre, casser, déchirer : « T'vas 
écoicher c'te branche d'âbre. » — « J'ai manqué d'écoicher 
raabout'neire. a 

ItaL, scorticare. Berry, acorcher. Nam., cholrchi. Prov., 
escopgar^ cscorttujar. Wall., A o ers t. Vx. fr., escorcheVj cscor- 
chier^ acorchwr. 

ÉcoïER, s. m,, écolier. 

Lat., scholarh. [tal., scolaro. Morv., écoïé. Prov., escolar. 
WalL, sicolL Vi. fr., escoler^ escolier, escollier. 

École, s. f., école. (La jeune génération prononce école,) 
Lat., schola. Ital., scuola. Bourg., écueàlc, Lorr., èkeule, 
Lyoti-T écûia, Montr., écoule. Prov., escola, St-Am., èqueûla, 
Sav., écoula. Wall., sicoll, sukalL Vx. fr., escole, escoule, 
eschole. 

ÉcoRDER, V. tr., accorder. 

ItaL, aa^ortlari'. Bourg., ècodai. Prov., acordav. Vx. fr., 
acùvdfir. 

ÉcoasE, a» f., cosse, enveloppe desgraines légumineuses, pois, 
fèvtîSï etc. 

Flain.j ^chosàfi Nam., cose. Rouch., écosse. Vx. fr., cosse, 
escossi\ 

ÉcoT. Si m., petit morceau de bois sec, mais plus gros que 

Véehiùle : ff Oh! le ch'ti drôle! ôl é sec coume eùn écot, » 

E.^p., c^rùfo. Cienev., ccot. Jura, écot .^ Sav., écô. Vx. fr., 

CiyCOt. 

ÉcÙTEÙMANCE, S f., accoutumancc. 

Uah, accosttfffiiin^a. Morv., aicoutcuinance. Pic, acoutu- 
nuiiu'hc. Prov., ucosduma/isa. Vx. fr., accoustumance^ acous- 
tumancc. 



I4ANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 135 

ÉcàtEÛWER, V. tr., accoutumer. 

Ital., accoséumare. Bourg., écoutaniai. Morv., aicôteamcry 
Prov., acostuniar. Vx. fr., accouatumer, acoustumer, 

ÉooucHÎ, V. tr., accoucher: « Voui, la Glaudine, allé et 
icouchie d*eùn gros garçon. » 

Bourg., écouchai. Pic, acouker, Vx. fr., acoiicher, acou- 
chicr. 

' ÉOOupiAUX et ÉcopiAUx, s ra., copeaux : « Va m'qu'ri des 
icoupiaux, et claire le feù. » 

Bas-lat., coipcllus. Berry, coupiau^ coupç^u, Coga., écoa- 
ptaa. Fr.-Cté, chequillot^ Genev., coupeau, Htes-Alp., éco- 
piaux. Morv., couplaux. Norm., coipeau. Pic, copieux. 
Suis, r., copiait, Toul.^ tupèl, tuquèl. Vx. fr., cot/piaulx, coi- 
pel^ escoupeaux. 

ÉcoussÉ, s. m., batteur en grange. Peu usité. Le verbe 
écoure (battre à la grange) est donné par Jules Guille- 
miû et le D'' Gaspard. Je ne le crois pas employé chez 
nous. 
Montr., eo0usserey. Vx. fr., ècoure^ escottre. 

ÉcouTRER, V. tr., accoutrer, habiller grotesquement. 

Berry, accoustrer. Bourg., ècouirai. Prov., acotrar, Vx. 
fr., acoutrer, accoustrer, 

ÉcRABOutLLER, V. tr., broycr, écraser. 

Bas-l|it., exboellare. Berry, écarbouilter. Bourg., escar- 
houiUoi^ écarbouillai, ècapo urai. Bvesa., ècarmalia. Champ., 
ècrabouiller. Forez, èbouillâ. Genev., ccarafter. Mac, ccar- 
bôitii.MoT\.^écrabouillci\ èquairmoillcr. Norm., ècrabouiller, 
escarhouilhr . Pic, écranioulcr. Poit., ècrabouillai. Renn., 
écabouiller. Saint., èbouillè^ ècarbouf/è. Toul., englanda. 
Vx. fr., acrabiller, écarbouiller^ escarbouiller. (V. Écafouil- 
1er, Escarbouiller.) 

ÉcREiGNE, adj., chiche, parcimonieux, avare: (( O n'doune 
ran, é pi ô s'prive de tout, Tgouri d'écreigne\... » L'idée 
de parcimonie et de pauvre réduit pourrait rapprocher ce 
mot de Vécraigne dijonnaise, pour lequel nous renvoyons 
au Glossaire des Noëls Bourguignons. 
Montr., écraigne. Norm., chingre. Wall., ècrèpe. 

ÉcRiGNÔLE, s. et adj., souffreTeux, chétif, ratatiné, malingre, 



136 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

amaigri ; « Qu*(5-c'qu y ét-i que c'gas-là? O n'peut ran fâre. 
Y et eu ne espèce d'écrignôle. » — « As-tu vu rfieû à la 
Dôdon? Oh! c'pauv^ petiot I d'avou sa mine écrignôle, à 
quoi c'qu'ô r'ssembel )) 
Bourg., ècrignàle. 

ÉcuEUiLLER et AcuEuiLLER, V, tf. , rassembler, chasser 
devant soi à Taide d'une baguette : « Allons, écueuille les 
vacbcsl )» Ce que font les bergers de tous les troupeaux, 
Morv., èqueuilles (balayures, ordures, épluchures). 

ÉcuEÛiLLON, s, ni-, chiffon humide, emmanché au bout d'un 
long bitou, k Taide duquel les ménagères nettoient le four 
chauffé au nioincnt d'y mettre à cuire le .pain. Au fig., 
personne dont les^ habits sont très sales : (( T'é prou brave, 
ma fil d'avou ta jupe tout' tachée; te r'ssembes à eùn 
écueàillon. » 

ÉcuEÙLE, s> f., écuelle, en bois ou en terre. Il y a la grôlote, 
écuellô de bois dans laquelle on fait tiédir le vin devant le 
feu, l'hiver. 

Lat. scutella. Ital., scodella. Bourg., éctièle, équéle. Flam., 
étwUe, éqaiiillû. houh,, ètiàle. Montr., équialle. Moty,, étue lie. 
Nixm.^sicuale^ chuèle. Poit.^ équeulle. Prov., escarfe/Za. St-Am., 
éctiala. Wall.^ hîèle, Vx. fr., escudelle. 

ÉcuÈÙLER, V. Ir., éculer ses chaussures. 

Bourg., èt/uelai, ècueuillai, équeulai. Morv., aiquéler, Vx. 
ÎT.f escater. 

ÉcuEÙLER (s'), V. pron., s'asseoir bas, s'accroupir. 

ÉcuEÙMOuÉRE, s. f., écumoire. 

St-Âm,, ékf/crtif/eâre, Wall., houmevèse, Vx. fr., écumoir 
(m.)- On lie uiunque pas, au figuré (on pourrait dire au défi- 
gurô) d^applicxui^r ce terme à toute face ponctuée de petite 
vérole : « AsHu vu c'peùt drôle de Nicou? Ses deux joues n* 
font qu'eune vrâ ècueûmoucre. » 

ÉcuEÛRiE, s. f,, écurie. 

Baa-lal-, aeurîa. Morv., ècuhie. Prov., escura^ escuria, Vx- 
fr,, esc ui^ rie, asciurie. 

ficuEtiRJOu, s. m., enfant chétif, mal portant, étiolé, sale. 
Lat. T L'xcoïûure. Bourg, eçuerjouy escarjou» Rom., es- 
quiraj\ 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 137 

ÉcuEÙRvissE, S. f., écrevisse. 

Ht-allem., screpù. Genev., écrioisse. Morv., équeurcisse^ 
Nam., //rarjasc. Pic, écréolche. Rouch., graoiche. Wall., 
grècèse. Vx. fr., crcoice, escrcclsse. 

Éfiler, V. tr., affiler : « Prôt'me ton coutiau; ôl é ben meû 
éfilé que V mien. » 
Ital., affllarc. Prov., afllar. Vx.fr., afdei\ effiler, 

Éfraiser et Éfreûser, V. tr., émietter, rompre en menus 
morceaux : « Pour mon quat' heures, j'ai é/raisé du pain 
bis dans mon lolot. » C'est un régal des goûters d'été. 

Lat., effringere, Berry, ejffraiscr. Bourg., emiaullai. Fr.- 
Cté, éf raser. Morv., effréser, eff'riger^ cffri/lrr.freser. Norm., 
éniier. Pic, èniier^ èmiocher, effroaer. Saint., fraser. Suis. 
r.,fresa^fresouna.Vx. fr., effrlser, es/nier. (V. Ébraiser, 
Émioter.) 

Égalir, V. tr., égaliser, aplanir, rendre uni. 
Douai, agaler. Pic, ègalir. Wall., ègalir. 

Égancher, V. tr., fatiguer, harasser, assommer : « J'ai tant 
sâclé, qu'j'en seù tôt éganché, » — « 01 a éganché son 
chin. » — Signifie aussi qu'on a détérioré son travail par 
sa maladresse. 

Égandiller, V. tr., vérifier, contrôler, poinçonner les poids 
et mesures. Ce qui plaît peu aux débitants. 
Montr., égandiller. 

Égarade, s. f., erreur, méprise, — et aussi promenade 
mystérieuse du soir... ce qui est souvent la même chose. 
^oxxvg., ègarade. 

Égaudir (s'), V. pron., se réjouir : « Enr'venant d'ia fête, ô 
s'égaudissein prou. » 
Lat., gaudere, Wall., si gaudi. Vx. fr , se gaudir, gaudyr. 

Égenôïer (s'), V. pron., s'agenouiller. 

Ital., agginocchiare. Bress., s*a.senoillcr. Prov., agcnolhar^ 
aginollar. Rouch., s'agligncr. St-Ara., a;^enoulgë. Wall., 
s^aglégni. Vx. fr., agenoiller, ageloingner. 

Égoûsiller (s'), V. pron., s'égosiller. 

Bourg., s'ègounllai. Lang., s'esgousia, s'esgargamèla. 

15 



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138 LANGAGE POPULAIRE VERDUNOCHALONNAIS 



Maine, s'égoulcr. Morv., sègousiller. Poit., s*esgousser. Vx. 
fr., esgossillor, esgoûller. 

Égousser, V. tr., sortir un légume de ses gousses : « É gaus- 
ser des pois. » 

Cogn., égousser. Morv., égousser. Yx. fr,, esgousser. ÇV. 
Éca lofer, Vog rer . ) 

Égoutiau, s. m., écope, égoutte-eau. 
Lyon., agoiiau, 

Égrafigner et Grafigner, v. tr., égratigner, écorcher: 
(( D'ià-vou e'que te d'veins, d'avou ta figure tôte égraji- 
gnée ? » 

Berry, grajlner, ègrnfigner. Bourg., égraifignai. Bress., 
ègrafincr. Champ., égrafigner. Chatill., grafigner, Genev., 
grafigner. Isèr., elcharognté. iura,, grafiner, ègrafiner. Lang., 
graoufigna. Lim., eingràugnias. Lyon., égrofiner, grafigner, 
Ma.vn., grafigner. Morv., égrafigner. Norra., grajfincr. Pic, 
égrafigner. Poit., égrafegnai. Prov., grafignar. Rom., grafi- 
nar. Sdiint., grafigner. Sav., égrafenâ. Toul., éscarraugna, 
grauplgna. Vx. fr., graphiner., égrafigner^ esgratigner. 

Égrafigneure, s. f., égralignure, écorchure. 

ltB.\.f grafiaéura. Berry, égrafignure, égrafignasse. Bourg., 
égrafignare. Lang., graoupignado. Lim., engraugnacfo, 
Lyon., égrafinure, graffignnre. Morv., égrafigneure, Poit-, 
égrafegnure. Prov., e^graffignadura, graffignadura, Toui., 
graupignado. Vx. fr., égrafeneure, ègrafineure, esgrati- 
g ne are. 

Égraper, v. tr., enlever les grains de la grappe de maïs. 
En Bourgogne, ce dépouillement s'opère en frottant vive- 
ment la grappe au coupant du fer d'une pelle, sur le 
manche de laquelle on s'est assis, après Ta voir horizon- 
talement adapté à une chaise. Un van est le récipient où 
l'on fait tomber les grains dru comme grêle. En Poitou, 
on frotte la grappe de « garouil » contre le manche d'une 
poêle à frire, et l'on dit : égarouillai. 

Égrouer (s'), v. pron., se baisser : « Ten'pou pas rémasser 
c'qui ? Egrone-te, vouéyons I » (V. s^Aroufer.) 

Égrimoner, v. tr., arracher le chiendent (grimon) avec une 
fourche, ou mieux une pioche à dents. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUKO-CHALONNAÏS 139 

ÉgueI excL, môme acception que Aga^ (V. ce dernier mot.) 

EGTjENfLLÉ, ad],, déguenilïf^., couvert de guenilliis- 

Forez, depiat. Lyoa., dùpic. Sav., ègaenàiUa.Yyi. ff., dè- 

ÉGUEi!iiiNER, V. tr., égrener. 

Morv., cg heur fier. Vx. fr., engrener ^ es ^rainer. 

EcCye, s. f., aiguille* 

Lat., «rfes, Ita!,, ngrifflia. Berry, agaeUlc^ agnUc^ Dauph.. 
etilie. Forez, eaU^^ cuiilL Lille, aiwaille. Morv.^ nîT/z^i/Zc. NaiiK, 
awiû. Pic*, agotiillc, Prov,, agtûila. Rouch., èwUe. St-Am., 
Qifk. Sav.T aooeliic (com- ^heUle). Wall., iucèle, Vx, fr,, es- 
voUlc^ a g aille. 

ÉûfjvÉE, S. f., aiguillée de fil, enfiWe ou non, 

LiilQ^atwtdlièe. Roïich.^ t*wlUe^ éwilièti. Vx, h-., aifjuUiie. 
(V. Coaterie.) 

EeÛYOKp s» m,, aiguillon, arme du bouvier, 

ItaL, agufjfione. Berry. agitllon. Gonew^ a r^ottUlon . Moî'v.* 
ttifjûUon. Prov., agnlioa, Ronch-, èwllhn^ âwujliori. St-Am,, 
cg algo n . Wa IL, awio n . Vx . f r , , agn IHon , acf u llk on , 

Egùser, V* tr, aiguiser, sur la pierre ou la meule, 

Itah , ug tu^a re. Bevry, aga is c r , ag as f r , ag n v r . Bon rg . , èg u- 
mL Morv,, atguler^ aigrt/er. Norm., aguchrr. Poit , a g usai. 
Prov,, agusar. Rom,, agiuav.W'M., awehL Vx. fr., agnUer. 
afitmler^ aculser. 

EiN, E[NE, adj,, un, une: c( T^'it por ein cùp. n — « A c' 
mai lin, y avôt eine fcUï. i) 

Lat.^ luiHB, Berry, m, t'fm, iertn. Bourg.^ cln (L éne). Lyon,, 
in^goa, Morv., ain^ etuiy i. Novm., cun. Pîc, f^itnc^ mne^ une; 
inv[vim). Poit,, t, Vx. fr., ting. (V. Eun.) 

PjAFRÉ, adj., très 6toniié, stupéfait 
Bourgs, èjaffré^ ('^u(frè, 

Eleumer, v. tr., allumer, faire briller. 

\^^\.yailaminare.\ii^}ivg,ièkui\(ti^ êlittiifu^ ùleumat. Morv., 
ailcfucr. Prov., ahimenar, alhf/ntnar. Rouch, , aleifmvr^ 
Wall., alonmi^r. Vx. fr., tiluntrr. 



I4Ô LANGAGE POPULAIRE VERDUNOCHALONNAIS 

Éleùmote et El*mote, s. f., allumette. 

Bourg., élemâtis. Morv., ailemette. Rouch., aleiunète, Vx. fr., 
aiamciie. 

Èlexir, s. m., <^lixir: (( La vieille a tôjor dans Tormoire son 
élexif' de longue vie. » 

Arab., al aksir (la quintessence). Genev., elexir. Rouch., 
di'jcir. Vx. fp., cUssir. 

Êlicher, v. tr., frictionner. Quand le rebouteur frictionne le 
tnembi'e qu'il vient de remettre, il Véliche. 

Éltde, s. f., éclair de chaleur: « I fait des élides, ma n'y ara 
point d^tiibouloi. is Néanmoins les paysannes ne manquent 
pas, â chaque éclair, de faire le signe de la croix pour se 
préserver dû la foudre. , 

Berry, i'fitf(% ali^h. Bourg., élaidc, éleade^ èloïde, èlouaide. 
Bugcy, èclar. Cb;imp., étende. Dauph., eiloïdo. Forez, èlteude, 
èluède^ èliouw. Ff,-Cté, élude ^ âlude. Frib., élluco. Genev., 
êliauda. libère, ctloeido. Lang., liaus, lieus^ lieussa, Lim., 
eicliaf éf/lausL Lolt., alade, èkiar. Montr., élide. Morv., èlâde, 
Not-m., calui, Poit., éloise, éleude. Prov.f oslious. Rom., eliou- 
RûQch., èclàrc. St-Âm., élude. Saint., éloése. Sav., èlliuide. 
Suis, r.^ èlicnda, édeujso. Toul., belet, lambrec. Wall., édite. 
Va^g.^ éîaîda. Vx. fr., éloise, chaline. 

Êlider, V. imp., faire des éclairs: « Boufrel au mitan d'ia 
neùt, y éUdot brament! » 

L:it., elacerc, alulere. Berry, èlider, alider. Bourg., élider, 
élafdo{\ éloiffi'f. Cliamp., éleuder. Montr., élider. Morv., 
êiadi*f\ Poit., éliiffd<:r. Saint., éloiser. Sav., écliârây écliàrié. 
Suis, r., tnnhtUi. Toul., beleja. Wall., éditer. Vx. fr., 
nsloidar. 

ÊLO^fGEft, V. t[\, allonger, étirer. 

Itah, a/iofifjere. Bourg., élongé. Prov., alongat\ alon/'ar, 
filfiahar. Vx, fr,, ahnglei\ aloiigev. 

ElourdÎ, V. intr,, étourdir, tourner la tête, donner le vertige : 
ff Je ïi*3ais pas c'que j'ai; j'seû tout étourdi, j'peux pas 
m'IenL \\ 

Heiry, nlonJtr. Genev., ébalourdir. Montr., étourdir. 
MgI'V-, (t/foirf^ alluvdi. Poit., altouri. Saint., étourdir. Vx.fr., 
ç (ourdir. (V, E tordu Entracirer.) 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 141 

Éluré, adj., déluré, vif, dégourdi, hardi: a Cett'-là, j'en 
réponds, y et eùne elurée. » 
Vx. fr., déleur ré. 

Éluter, V. intr., faire des efforts pour vomir : « Oh ! Tpauv', 
ôl elutôt, ôl élutôt et i n'pouvôt ran v'nî I » 
Lat., eluctari. Montr., èlutener. Morv., ètutcr. 

Émaginër, V. tr., imaginer. 

Lat., imaginavi. Ital., i/n/nayinare. Morv., ùmauiner. 
Prov., irnaginaf\ emaginar. Wall., mâgirtev. Vx. fr., uma- 
giner. 

Émarveiller, V. tr., émerveiller, étonner grandement. 
Bourg., ènior caillai. Vx. fr., esmerceiller. 

Émasser, V. tr.^ amasser, des chiffons comme des écus. 
liai. ^ animassare. Bourg., amassai, èmassey. Prov., emassar. 
Vx. fr., amasser. 

Embabiôler, V. tr., flatter, tromper. 

Poit., embabigeolai. (V. Emboheliner.) 

Embaisure, s. f., baisure, la touchée de deux miches dans le 
four: « Ohîman-man, beille-me Vem^baisare; j'y ain-me 
gros. * Fraiche, elle est très recherchée. 

Genev., baiser, Morv., embailleure. Norm., baiseul. Pie., 
baisure. Toul., bagsaduro. Vaud., baiser. Wall., baijure. 

Embeùrlificoter, v. tr., embarrasser, engeôler, prendre 
dans un piège. 

Espal., entroba. Forez, embringua. Norm., emberlificoter. 
Pic, emberlificoter. Rouch., emberlificoter, emberlafer (mettre 
tout pêle-mêle). Local, div., cmberlauder^ emberliner. Vx.fr., 
emburelicoquer, emburelucocquer . 

Embeùrner, V. tr., barbouiller, salir, souiller. 

Berry, emberner. Bourg., ambrenai. Morv., embeùrner. 
Norm., embernouser. Pic., emberner, imbrangcr (noircir). 
Poit., embenêtrer. Rouch., emberner. Vx.fr., embrener. 

Embobeliner, V. tr., persuader, enjôler, subtiliser : (( Y et 
eiin r'naré ; ôl embobeline brament son monde. » 

Norm., embobeliner (s'envelopper la tête d'un linge). Toul., 
emhelina, embabouti, embalauzi. (V. Embabiôler). 



142 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALOMNAI3 

Emboconer, V» iuti,, sentir mauvais de la bouche, 
(V. h!mpôsenev4 

Emboquer, V. tr., embecquer, donner la pâtée aux petits 
oiseaux, aux volailles; faire manger les petits enfants. 
Bress., aOocu. Chai., aboquer. Montr., embouquer. Pic, 
abèker. 

Emborner (s'), V. pron., entrer avec difficulté dans quelque 
endroit, corridot-, allée tortueuse, etc.; passer à travers 
des voiturcii : n Y f'sôt neùt; ô s'ét emborné dans la bou- 
chure; ô s'é tout égrafigné. » 

Embouche, s. f,, lieu clos, pâturage fertile dans lequel les 

paysans enEermeni certains bestiaux pour les engraisser. 

Rerry, embauche (engraissement des animaux; pré d'sm- 

bauchc). Morv.,, embauche (engraissement des animaux ; pré 

d^ embauche). 

Embrasse, s. f-, récipient contenant la provision de fourrage 
pour une journée, Vembrctsse se composait de deux demi- 
cerctwiux, tenus aux extrémités par deux cordes formant 
charnièies, et garnis d'un filet à larges losanges par lesquels 
bœufs et chevaux tiraient le foin fermé dedans. 
Montr-, embras^û. 

Embrouiller (s'), v, pr., courir, s*élancer, se mettre entrain, 
donner rinipulsiou : « Y et ein vrâ démon; quand i s'agit 
d'c<!>n, y é tujor lu qui ^'embrouille le premei. )) 

Jura, s'emhruer. Montr., s'embruer. Morv., s'embeurioler 
fprendre son enibvae^ son élan). 

Embijer, V. intr,, mettre le linge en lessive. 
Lat,., intbito^ Montr., embuer. (V. Bue.) 

Émeuner, V, iPo amener, conduire vers. 

Lat,, athhicevc. Bourg., émeunai^ èmenè. ]a>TT., amoner. 
Lyon-, mhlurei addure, Morv., aiinougner, Prov., amenar. 
Vx. fr., amcmer* 

Émi, s, m., ami. <r Toi, t'é ein émi, » 

Lat-ï amîats. Ital.. aniico. Berry, aimi, émi. Bourg., aimin. 
Fland., urnl. Fr.-Cté, aimiyèmi. Lim., omi. Lorr., aimi, émi. 
Montr. » aijui. ènii. Morv., aimi^ émi. Prow., amie. Suis^. r., 
émL Toul.j amistous. Vx. fr., amy. 



LANGAGB POPULAIRE VERDUKO-CHALONNAIS 143 

Émie, s. (. amie - « L'vauraii! u vous a d'jâ eùae boune 
imief >) 

Lat. et ItaL, anilca. honrg,^ alniie, Pfov., aml^a. Roatîh., 
omisse. (V. iùm.) 

Kmiotër, V. tr>, émictterj réduire en parcelles. 

Berpy, èmloÉer. Bourg., émtaîiflnif. Morv., hntoter^ Pk.i 
èmQckcî\ èmlër.\x. ff ,, èmi.cf\ (V. E fraiser.) 

Éhequie^ s. f,, amitié, 

Lat, amie it la, Ital.j a/ïiESifx. Berry, amiqulè. Lim., omlki. 
LyoD-, anilqnlè. Morv., auniqaié. Pic, aniikié- Proy., 
firtua ^a ^^ . Hq m . ï a/ïi f cicÈ ( t , S t- A ra . , « ^h ê ^y^t . Ton 1 . , ^ m t,"? ^ oyir a . 
Vï fr.i amiste^f amisiiêf amistè. 

Empige, s. L, entrave mise aux jambes du î>éUiiL Au fi^^,, 
p^rsounequigône^qui euibarrasse vos nioiivernijuts eomme 
vos projeta : a Dote- te donc d'i^ui, enipif/e. )) — a Ah t j'ai 
à^^ etnpiges plein lûa jambea I i> I'f\f/*.> [poix] u'est-il pas 
pour quelque chose dans le mol ? Etre priy comme dans 
de la poix. 

Lat^j, inipiaijcre. Bourg., ampige. Montr., cmpi*^/o. Morv., 
empigct empelgt?, Toial., eoipache, Vx* fr.^ empcsf^he, 

Empïgeb, V . tr , entraver : « 01 a empigé son chVau. a 

Boarg, 5 ampijal, ethplnjai. Main(.% pmpniger. Mmût., ent- 
pig cr. Mo v v . , cnip i<j er \ e mp e ig cr\ e t ) ip la mer . S u in s * r , , einpèjn , 
TouK^ ergrajata. 

Empeger (s'), V, prou., s'emkirrat^ser, s'enchev<Strer dans 
quelque entrave. N'est pas loin d'impedire. 
Berry, s'e/npiger. Monti., s'empttjcr. 

EmpimtEj s, f., gouvernail de ba.teau de canal, formé d*une 
longue pièce de sapin de 15 k 20 mètres, aminci par le gros 
bout et placé à l'arrière* 
Localité voisin., impcnia. Forez, empoîn (uttatîhë à). 

Empoche, s, f,, empêchement, obstacle : (( J'ir6 ben iVodèj 
ma son frâre é d'avou lu ; y et en ne empoche* » 

Latj itiipcdinicnttiru. Morv-^ entpoicheftîeni, Sain t. t empêche. 
Vx. ff., erfipedement, enipescheniefU , 

Empôchrr, v, tr,, empècfier, faire obstacle. 

Latr impedicare. Bourg., ampùchai. Dauph.j e/upàehié* 



\ 



■^ 



144 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Morv- empoicher. Prov., cmpedegar, enpasar^ cmpachar.WM.^ 
èpêchi. Vx. fr*, cmpccicr^ empeschier, empeccher. (V,Erâtcr.) 

EMPèGNEs, s. f., poign^^es d'un meuble, secrétaire, commode, 
etc. Ces poignées sont toujours métalliques, et le plus 
fréquemment en cuivre. Plusieurs ont de la valeur comme 
ciselure- On dit B^ussiVempogne d'un fer à repasser. 
Morv., ttzmpougfiv. 

Emporter, v* tr, , emporter. 

Lat.t itïde portare. Bourg., ampôtai. Lim.^ ampourter. 
Morv-, etnpourter. Prov., emporiar, Vx. fr. , enporter, 

Empôsener, V. tr, et intr., empoisonner, infecter, sentir 
fort et mauvais r a Le c'hti drôle ! ôl empôs^ne le vin. » 

Bourg,, timpor^cnfii, empouscnai. Genev., empoisonner. 
Morv,, cmpottlHcner. Prov., empoisonar, Vx. fr., enpuissu- 
ner.(Y. Emboconer,) 

Empoucner, V. tr., empoigner, saisir vivement. 

Berry, empùfjnvt\ Rom., empougner. Vx. fr., enpogner, em- 
pittfjfiit'f'f en ipù la fj n le r. 

Empour, adv., en échange de. S'emploie sans régime : « Aile 
avol deux casses. J*li en d'mandis eiine, é pis j'ii beillis 
eîiae tari ne empour. » 

Berpy, en-pour. Bourg., anpor, Bress., en-pour. Cogn., 
i'Rpetij\ 

EmprôtëBj V. tr*, emprunter, ustensiles et argent. 

ltQX.fimprQntare.^QVvy,emprùter, empveûter. Morv., enx- 
pviaicr. Saint, ^ empiéter^ empriater. Sav., èprontà. Wall., 
épronter. Vx. fr., eniprutei\ e/nprontcr. 

Émltser, v, tr., amusLT, cajoler. 

Bourg., cmtiSaL BiL'sse, abouijer, Lorr., émisé. (V. Êbiiyer, 
OLufjer.) 

PJmusou, s. ra., amuseur, musard, flâneur, cajoleur : « Eh ! 
p'tiotCj Jacot n'é ran qu'eùn émusou, » 
BeiTy, anatsûu^^ Morv., aimusar. (V. Enjôlcà.) 

ÉMUsfVrE, s. L, amusette, objet de distraction. 
Bourg., èniuiàottî* 



r^r^ 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 145 

En, prép., à la, aux : « Battre en grange. » — « Aller en 
champs. » 
Morv., en (V. Es,) 

Encalfeûtrer, V. tr., envelopper avec précaution : « I fait 
donc bên si frèd, qu'vous v'ià tôt encal/eùtréf » 
Vx. fr., calefreéer, calfretery calfetrer. 

Enchain-ner, V. tr., enchaîner, attacher solidement. 

Ital., incatenare. Morv., enchâner. Prov., encadenar. Vx. 
fr., enchaeiner, encaener^ enchaiennev. 

• Enchàpler, V. tr., frapper sur la lame d'une faux^ pour 
l'amincir et la faire couper; la rabattre. 
Montp., cncliapplev. 

Enchifôner, V. tr., enchifrener : « J'ai pris rrheûrae;j'sis 
tôte enchifonée, » 
Norm., enchtffbnner, Vx. fr., enchiferner. 

ëncleûme, s. f., enclume. 

^at., iacus. Ital., incudlne, Morv., cnquicume. Nam., 
èglaine. Pic.^ iiiglaine, eacUminc. Prov., encluige. Rouch., 
^^fffeumc. Wall., èglonie. Vx. fr., and unie ^ c/Kjlitmc, 

ENCOCHE, s. f., encoche, coche. Entaille faite sur la taille du 
"oulanger, et à la flèche pour y introduire la corde de Tare. 
iVlorv., cncoichc, enqnourne. 

^^^^TRE, adv., en face, au-devant, à côté : « Tôt d'ein côp, 
yiai Vu c'ment c'q*ii encontre moi, J'ii fsô ran, é pi ô m'a 
fait raau. » 

'tal., iacontra. Lorr., anconte. Morv., encontre. Norm., 
'^^Qtxtr^c. Pic, a V inconte. Prov , encontra. Vx. fr., encontre. 

^oiF^g,^ s. m., chose faussse que l'on veut faire accroire : 

^^'é pas ein encroire; y é, pardine, bé vrâ ! » 

^^rry^ ancrclre, accreire. Bugey, ancraj/i'è. Genev., en- 

^'"^ (accroire). Lorr., rècrcure (accroire). Morv., encroire, 

, ' ^''CGre. Prov., acreirc. Wall., acreâre. Vx. fr., acroire, 

'^^^Ftt: (faire), loc, faire accroire, conter un mensonge : 

. ' t'voudrô ben m'y /are encroire., ,1 )) (V. le motpré- 
cédetit.) 



146 LANGAGE POPULAIRE VERDUNOCHALONNAIS 

Encroter, V. tr., enfouir, mettre dans un trou, enterrei^: 
« JTai encroté; voui, j'ii ai raétu l'nazo dans Tcrôt. » 

Berry, cncvottcr. Bourg., ancrotai. Genev., encrotéer. Jura, 
encrotter. Morv., encroter, Suiss. r., elncrotta^ uncrojL 

End'çai, loc. adv. etprép., en deçà. 

Bourg., aa deçal. Morv., endeçai. Vx. fr., desày dechà. 

Endeiver, V. inlr., endiabler, êlre contrarié : « L*marmèt? 
nous fâ prou endeicer. » 

Bourg. y a/idéoai^ andaÎDai. Morv., endooer. Pic, endècer. 
Wall., indéoer, Vx. fr., endesoer. 

Endémouné et Endém*né, adj., espiègle, entêté, évaporé. 
Lat., de mens. Norm., e/idémenè, entémenç. , 

Endeùrer, V tr., endurer, supporter, mais dans le sens 
agréable : « I fait eùn frèd d'ioù; Jean-nète, \'endeûr'rô 

ben eùn brin d'feù. » 

Ital., indurare. Bourg., endurai, Prov., cndurar. Vx. fr., 
endurer. 

En o'LAi.et And'lai, Ioû. adv. et prép., au delà : « En dHai 
riâ, » de l'autre côté de Teau. On dit aussi : « Liâv'en^ 
d'iai, )) là- bas au delà, loin au delà. 

Ital., di là [deljuune). Dauph., dès-de-là. Forez, allai (là- 
bas). Lyon., dès-de-là- Veau. Morv., cndelai. Neuf chat., dès- 
delà. (V. Là vau, Lîâcan.) 

Endremi, part., endormi, engourdi, paresseux. 

Bourg., endremi. Morv., endreumi. Prov. endurmi. Sav., 
emmôrti, end round. Toul., endroumit. Vx. fr., endormi/. 

Endrèt, s. m., endroit, lieu : « J*rai choupé, épeû j'ii ai 
montré Tboun endrèt. » 

Berry, adret, endreit, adroit. Bugey, indra. Morv., endrei. 
Prov. endreit, endreich^ endrei/. Rom., endres. St-Am., edrë. 
Toul., dref/. Wall., idreùt, èdreùt. Vx. fr., endreit, endroict. 

Endrèt, s. m., endroit, beau côté d'une étoffe : « 01 ôt béte; 
ô n'sait pas tant s'ment mét'e sa veste à Vendrèt. » 

Artois, indrôe. Berry, adreit. Dauph., endrèt, Lim., endrè. 
Lorr., andro. Norm. endreit (envers!). St-Am., edva, (V. 
Adroit.) 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAlS 147 

Enfantiau, adj., enfantin, qui se livre à des enfantillages, 
qui dit ou fait des bêtises. 

Genev., enfantiau. Prov., ojfanti. Vx. fr., enfantls, enfarUtn, 
cnfanUf, 

Enfâr, s. f., enfer, milieu intolérable. 

Lat., inferi. Ital., inferno. Berry, eiij'ar. Wmv^., anfuv. 
Morv., enfar. Pic, tnfcr. Prov., infern, yfcvny VTtJvm^ til/ern. 
St-Am., éfd. Ton!., ufer, ifer. 

Enfle, adj., enflé : (( I m'seû tapé d'avou mon martiuu; )*ai 
Tdèt tôt enfle. )) 

Lat., inJlaUis. Ital., infiato. Artois, inflè^ injîefe. Gen.i 
enfle. H^'"-Alp., enfle. Lim., ufflado. Prov., efla^ ej\jla^ ufla. 
(V. Gonfle, Trempe^ Trouble.) 

Enfondrer, v. tr., efïondrer, enfoncer, défoncer : fr 01 a 
en/ondré IsL i^àrte. » — (( V'tu ben n'pas monter dVssus; 
tVas enfondrer Ttouneau. » 
Localités voisines, qffbnder. Bourg., effondrai. I^j-ov., effon- 
drer, esfondar^efundar.Kouch.^ enfondrer. Vx. li-., enfondrer j 
affondrer, csfnndrer. 

Enfô'rner, V. tr., enfourner, mettre au four pain, palisserie 
et viande ; mais surtout pour le pain. 

Ital., info marc. Morv., enforner. Prov., cnforuar. Va, fr., 
enforner. 

Engabourer (s'), V. pron., se salir en mangeant, aussi bien 
qu'en marchant : a Tôt côp qu'ô sôpe clieû son fiyei^i, 6 
^'engaboure c'ment eùn goret. )) — <( Pou s'en ï \'enij ô s'a 
engabouré; i f'sôt si ch'ti temps! )) 

Engelure, adj., qui a des engelures. 

Bourg., anjauluré. Pour engelure, La Monnoye a éiit^mdti 
dire : ègelure. 

Enger, V. tr., féconder, introduire, communiquer, ense- 
mencer. La rougeole enge, est contagieuse, lim ployé pro- 
nominalement et dans un sens particulier prir le paysan, 
qui dit : (( JVoudrein ben nous enger de c*te grain-ne, » 
c'est-à-dire nous voudrions bien en ensemencer notre 
champ.— Fournir de l'espèce, de la race : (( J'vous engerai 
4'mes pois, d'm«s poules. » A donné engeance. 



'^■1 



1-18 LANGArpE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 



Lim., vfifhd. Montr., angcr, enger. Norm. enge (espèce, 
race). Vx. fr;^ aen{}ler, englcr, 

Engiveler, V, tr.,enj:iveler, rassembler les diverses poignées 
d^bifrbes coupées ii la faux ou à la faucille, pour en former 
une* gerbe, 
Môiïtr., enfjitaler. Toul., cngahela. 

EngùYilkr, V. tr., civiiler voracement, ingurgiter. 

MniUr., vngauler. Pvov. ^ engolir,erigouller. Vx.îv.t engoler\ 
engoJiler. 

Engueûser, V. tr., Tromper, amorcer, enjôler comme une 
gueuse : « Âhl [j'iiote coquine, te Vengueùses joliment! )) 
Bourg-, a/ijôlat. tienev., engueuser. Norm., enguetiser. — 
RoDch*, engueuser. 

EnjArber, V. ir,, engerber, entasser gerbes sur gerbes. 
Mopv., enjarber. 

KnjAleu, atlj., qui enjôle : « NHy fie pas, ma pauv' petiote; 
Ion Cadet et eio enjôleu. » 
Bouv^^ enjôhâ. Vx. fr., cngcolcnr. (V. Emusou.) 

ENMJÔLEn, V. tn, caresser, flatter, câliner. 

Houig,, i'miolui. Morv., aimignodcr, (V. Amijôler.) 

Enmistolfler, V. tr., emmitoufler, envelopper. 

Bourg,, (iftimisto/Uù^ e/nniitôlai.Yx. fr., cmmojler. 

Enm'nj et Env'ki, v intr., aller, venir, se rendre à quelque 
part S^eriD'nij s'en venir. 

Berry, rnm'ni. 
Ici le m remplace le v, comme dans m*chà il remplace le p. 

Enmoltner, V. tr., emmener. 

Morv., (Sfimougnei\ Vx. fr., en mener, en niclner, ammoiner, 

En-neù, s. m., ennui, chagrin. 

ItaL, nojft. Berry, cnneu^ Lim., egnei. Marne, ennmr» 
Morv,, annea^ BftfiQiL Poit., enneu. Prow. , enueg, enuet^enuoi, 
i'iiat. St-Am,, enai. Toul., anech. Vx. iv.^anois,anui, ennuy. 

En-n[Ùant, adj., ennuyeux. C'est surtout à cause de la bi- 
zajTerie de sa prononciation que Ton signale ce mot, dont 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNOCHALONNAIS 149 

les deux syllabes finales sonnent comme la fin de chat- 
huani, légèrement mouillées devant Vu. 

Ital., annoioso. Morv., ainuïan, Prov.^ enojos, enueyos. Vx. 
fr., enieu^ anuieu. 

En-niûer, V. tr., ennuyer. (V. Enniûant, pouv la remarque 
sur la prononciation.) 

Ital., annoiare, Berry, eiinier^ cnnuei/et\ Bourg., éténai, 
Prov., enoiar, enujai\ enueiar.St-Am.^ énouyë. Toul., anu/a. 
Vx. fr., enuievt anuier, ennoier. 

Énorcer, V. tr., embarrasser, engorger : « Être énoncé » 
veut dire : avoir la gorge embarrassée par quelque chose 
qui ne veut pas descendre : « Arrange donc ton feû; c'te 
feùmeire m'énorce, » 

Auv., eynoussa. Champ., ènosser. Genev., ennosser. Morv., 
ciinossei\ ensoucer, Norni., ènosser, 

Enque, s. f., encre. 

ital., iac/iiostro. Movw., caque. Prov., encaiit. Suiss. r., 
câVic, elntse. Wall., eachcVx. fr., enque^ alncre^ ancre. 

Enqueûtir, V. tr., emmêler les cheveux. 
Montr., enqueniir. (V. Dèqaeâtir.) 

Enrevâr (à r), loc, à l'en vers. 

Ital., inoerso, Artois, incers. Cogn., à Venreoar, Pic, à 
m'/i c/toers (à mon égard). Prov., enoes. Wall., icier\ èoier\ 
(V. Envâr.) 

Enrheûmer, V. tr., enrhumer, donner mal à la gorge. 

Morv., enreuincr. Rouch., enrheutner. St-Am., éremè. Vx. 
fr,, anrimerj enrumer, enreumer. 

Enrôté, part., pris dans une ornière, en parlant, d'un char 
dont les roues enfoncées ne peuvent plus tourner. 

Lat., rota. Bourg., anrôtai. Champ., anhotlù. Morv., en- 
rôlé. 

Enrouer, v. tr., enrouler, envelopper, entourer : « s'a 
copé; j'vein d'ii enrouer l'dèt. » 

Bourg., enrouer., Champ., enroter. Montr., enroucr.\Âov\., 
endrouler, enrouler, enoirolcr. Norm., rotter. 

Ensaches, s. f., échasses. Tous les gamins s'amusent à 



150 LANGAGE POPULAIRE VBR0UNO-CHALONNAIS 

troiter perchés aiip leurs (( ensaches ». Ils vont par les rues 
el surtout aux bords vaseux du petit Doubg. La boue, 
qu*ils voDt chercher, justifie selon eux Tusage de Tobjet. 

Fland., sehaetsc. Lille, ècasse, Montr., ensache. Nam., 
chache. tlouch., ècache^ écase. Wall., ècache, hèse. 
Vï. fr., ùschacût ûschasse. (V. Époéaleés.) 

Ensàrer, V* tr., serrer, enfermer dans : « L* vieux chin, 
làvou y ét-i donc qu'ôl ensâre ses écus? » 

Ital., Inserrara. Berry, ensarrer, Morv., ensarrer. Prov., 
enserrar^ U^arrar, eserar, Vx. tr., enserer, 

Ensauver (s*), V, pron., se sauver, détaler sans attendre: 
« Ohl le ch'til V*tu ben Vensauver! » 
Morv.» s*ensaticvr. 

Ensemué {s'niét'e}, loc., se dit volontiers des unions où 
M, le Maire n'a point passé : « O s'sont métu ensembe; 
inâ i o'allAt guère. » 

Latr, ûi sûiini. Ital., inslemc. Bourg., ansanne. Lille, in- 
senne. Nam-t i'xhùne. Pic, ensane, insiane, Prov., ensems, 
cnsemps. Rouch-, tinsane, enchen. Wall., èsône. Vx. fr., an- 
samhle^ ensanle. 

Enseùte, adv.^ ensuite i après. 

Bo^irg., nnseîUi\ Sav., èchuita. Vx. fr., ensuite de, 

ENSORCifER, V. Lr., ensorcelcr, jeter un sort. 

Mai'v.s enaot^cillar, cncanclouciller. Poit. , ensorciller. Wall., 
sorcfcr. Vs. fi\, t'nsorcere/\ ensorccller. 

ENTÂMi-nt, V, Ir», blesser, déchirer ; (( J'ai les mains tôt 
entamées, i) ^ « 01 a chu, é peu ô s'a enidmé Tgenô. » 

l^'ài.^aitamitmri'. Berry, entomei\ entenmer. NdLm.^éclaamer. 
Frov., entaffienar. Rouch., adanier. Wall., edamer. Vx. fr., 
ti/itanpner, endarnev, entonimer. 

Entâmeùre, s. f*, entame, entamure, premier morceau 
coupé d'un pain. 

Derry, enlome, entomure. Morv., cntômeure. Saint., entou- 
rnure. 

EntArer, v. tr,, enterrer, enfouir profondément. 
Honrg., ttnkintij antarrè. Prov., enterrar. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAÏS 151 

Entârer l*feù, loc, le couvrir de ceiidres, afin qu'il se 

conserve pour rallumer le bois le lendemain. - 

* 
Entemi, ad]., engourdi, presque paralysé. 
Montr., enienii. 

Entendue, s. f., entente, accord survenu entre pcn-^sonnea 
dissidentes : « Os*a r'métu d'a^ou sa fonne; y ii évu eùne 
boune entendue. » 
Morv., entendue, Prov., ententa. Vx. fr., entente. * 

Ente2r, V. tr. N'est point le synonyme de greffer, et ne s'em- 
ploie guère que dans cette phrase : « Enter dos bas, w 
pour : remonter des bas. La ménagère a-t-elle vu, Hans (^ 
travail, une sorte de greffe? 
Genev., cnlev. Prov., empclta/\ cnpentar. Vx. fi\, euhu\ 

Entoneau et Entouneau, s.' m., entonnoir. 

Berpy, eniounoué. Morv., cntounouè, aù/uerio^. lioiiehpf 
entonau. 

Entôr, adv., autour, à Tentour. 
Bourg., antor. Morv., cntov. 

Entravirer, V. tr., fatiguer, tourner la tôte : « Âii! la 
bavarde! Air m'en a dégoisé si long... âll' m'a tut énfratiré^i) 
(V. Èlourdir.) 

Entremi, prép., entre, parmi, au milieu de : (( J oiis in'néle * * 

p'tiotà la fouére entremi nous deux. » — « Mon cbapiau 
a chu entremi la cheire et la porte, y 

Lat., intermcdius. Ital., intra, Berry, entre f a i^ enter mi. 
Bourg., aninii. Bress., entre/nier. Gasc, entremi et/. Jura, ^ 

entremi, enternii. Lim., intré- Mac, cntrcnu. Morv,, entetir/nl. 
Pic, inter. Poit., entremi. Prov., entre. St-Ain., eire-nii, 
Suisse r., eintrcmi. 

Entrepris, adj., embarrassé, qui a perdu contenante, îiialadf> : 
« L' pauv'gas! ôl é tôt entrepris; à pourrôt beii rester poti 
la façon d' s'a mare. » 

Envâr, s. m., envers d'une chose. 

Bourg,, ancar. St-Am., ècâ. (V. Enrecdr.) 



152 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Envarimer, V. tr., envenimer. 

lidil., invenclire. Berry, enoeli/ner.Bouvg., ancairiniai. Morv., 
enrrtilmcr. Norm., cnoelinier. Pic, inorinié. Prov., e/tpcrmar, 
escerenar. Vx. fr., encclimer. 

Enveûrner (s*), V. pron., être attaqué par les vers. Se dit 
des fruits, des étoffes, des viandes : « JTavô portant métu 
dans Tsau ; ma mon lâr s'a tôt d'mein-me e/weûrmé. » 
Morv., cnoeui'fiwr. 

Enviyer, V. tr., envoyer, faire partir. 

Ital., iiimave. Berry, e/H^ier. Bourg, a/iolaL Fr.-Cté, 
envier. ll.-V*.^ enoéi/ef\ Aurai, inoler. Morv., encier, Norm., 
enoier. Prov., e/wiar. Suisse r., ei/ivia. St-Am., écier. Wall.., 
inviàr. Vx. fr., cncoicr. 

Épâiller, v, tr., démarrer, éloigner une embarcation du 
bord : « L'barquôt touche tare; épâille-\e, » Un jour, nous 
allions pour entrer dans le bac, lorsque nous le vîmes trop 
loin pour Tenjamber. Alors nous entendîmes .: (( Qui'c'qui 
a donc épaillé? » Se dit aussi dans le sens de poursuivre : 
« Attends, polisson! j'm'en vas Vépailler, » 

Bourg., dépaillai (déguerpir, qaitterlapaille où Ton dormait). 
(V. Dépâiller.) 

Épâilléte, s. f., rame pourvue d'une monture (chaple) en 
fer, pour pouvoir ramer assis dans le bateau. Sert-elle, de 
préférence, à épâiller f En tout cas, ce mot est bien le 
substantif du verbe. 

Épanouiller, V. tr , dépouiller de leurs enveloppes les 
grappes de maïs (\es panouilles) . 
(V. Échailler,) 

Épantau, s. m., épouvantail, mannequm planté dans les 
champs pour faire peur aux oiseaux. 
Bourg., èpontaiï, Prov., espavenlalh, Vx. fr., espoantail, 

espouoantaiL 

» 

Épantë, s. f., peur, frayeur, épouvante. 

Bourg., èpontc, Lovr., apooante, pou. Montr., èpante, Morv., 
èpanie, Prov., espaoen. Vx. fr., espavante, espouoarUe. 

Épanter, V. tr., troubler, épeurer, épouvanter : «Lu! l'ta- 
ribe! ô n'a épanté qu'les poules, w 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAlS 153 

Lat., expacescere . Bas-lat, cxpaisantare. Ital., spazantare, 
Berry, apanter. Bourg., èpontai, esseurfaniai . Bresa.^ épaa- 
ter. Bugey, èpooanta. Champ. ^ épanter. Fland., èpctnta\ ^ 
Lim., éypàuridas. Lorr., épovotyi, apovanter. MAc, èpantciL 
Montr., épanter, Morv., épanter^ èpoulcander. Nomi,, èpt^n- 
ter. Pic, épauterf épaoander, èpeuter, Poit., èpontaî, Prov., 
espaoentar, Rom., espaoantar. Rouch., enpanier. Toul., 
espauri. W M,, épanter, spawter. Vx. fr., cspoeniet\ e^paou- 
ter^ espantos (tremblant). 

Épàrçu, et Epôrçu, part., aperçu, entrevu. 

Berry, aparçu. Bourg., éporsu. Lorr.^ épvrçeu. Morv., 
aiparceu. Pic, aperchu. Vx. fr., aperceu, apparia. 

Éperau, et Éprau, s. m., sorbe, corme, fruit du sorbier, ou 
cormier. 
Morv., épeuriau. (V. Épruleu.) 

Épetit, s. m., appétit : « Voui, j'mainjons ben;j 'avons prou 
d^Vépetit. )) 
Ital., appetito, Prov., apetit, Vx. fr., apetit. {V. Opctit.) 

Épeû, et Épi, loc. adv., et puis. Tantôt on écrit d*un seul 
mol, comme ici, tantôt on sépare Vé initial. 
* Lille, et ,pée, Lyon,, pouai, poué. Poit., apeu. Prov,. npct/, 
St-Am., pi. Saint., et peux. Sav-, e poué. (V. Pvih) 

Épeûiller, V. intr., éclore. en parlant de Therbe qui sort de 
terre, des bourgeons qui se montrent. 
Toul., espeli. (V. Epât/er, Trésir.) 

Épeûler, V. tr., appeler : « Qu'é c'que t'as donc dans la 
caboche, de n*pas v*nî? V*qui trente six fouf'is que 
]\'épeùle! » 

Lat. et Ital., appellare. Bourg., épclai, epvidai, oipdai^ 
Lim., opeler, Prov., appelar. Vx. fr., apeler, aftpvlhr. 

Epeùne, s. f., épine. On applique aussi ce mol h In grosse 
arête de poisson. 

Lat. et Ital., spina. Berry, èpeigne. Bourg., èpeupie, vprne. 
Bresse, épeune. Fr.-Cté, apeane. Lira., épino, Morv,, épetinc. 
Prov., espina. Rouch., èpènc. St-Am., epena. loul., vspuias^ 
Wall., sipeinn. Vx. fr.^ espine. 

16 



154 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Épkùrer, V* tr,, épurer, faire sortir l'eau d'un objet mouillé, 
égoatter : <f J'noas sons métues à Ttord'e, épeû j 'avons ben 
êpeûrè lUinge. h 

Berry, è/teurer^ purcr, Fr.-Cté, époucri, èpounta. Guern., 
purair. Lang^j espâouri. Morv., épeurer, èpouéri. Norm., 
puror^ pnrolt^rt épouver. Pic. , èpeutcr. Prov. , espaourir. 
SuÏBs. r.^pouairi^ èpouairi. Vx. fr., espurer. 

Épiïee, V. intr., épior, monter en épi. 

Ital., spigare. Bt^rry, épiger. Montr., èpeudrc. Poit., èpigè. 
Prov., espigar. Rom., cspigar. Toul., espiga. Vx. fr., espier. 

Épincue, et Epîône, s. f., épingle. 

LàU^spifuda, Uiil.^spilla, Bourg., èpindie. Champ., èplingue. 
Fland.t êpnanc. Fr.-Cté, épeingne. Genev., épingue. Guern., 
vpile. Il.-V% èpiffe. Lang., espingo. Lille, cpeinne. Lim., 
égpinlùj éffff'tfigo. Mac, épaingiie. Morv., épingue, Norm., 
cgpèchûy itffiqnc. Pic, éplcule, èpiule. Prov., espingla, Rouch., 
èplmqtiù. St-Am., èpènlye. Toul., espillOy esplingo. Vx. fr., 
espille^ espinglc^ 

ÉpLÈur., s, f,, iîtincolle, point qui brille subitement. 

Bourg., épluf^., lîï-ess., cpriic. Champ., epeleure. Dauph., 
olpeitté. Forez, bèluve. Fr.-Cté, âplue^ èplue^ èpelue, Jura, 
èprdle. Lang. , ùctugo. Morv. , épluô. Norm., berluette, 
bofficUf}, Prov., béluga, Suiss. r.,épélua, épelura, Toul., belugo. 
Wall-, bta(f!^ctta. Vx. fr., ép/ae, espelue, èpluette. (V. Epruïc.) 

ÉPLEiiER, V, intr,, tHinceler, briller tout à coup. 

Bourg,» ùphfié, êpluai. Fr.-Cté, àpluer, Lang., bèlugucja- 
HofV., èphirr^ épUiiev. Prov., bclugar. Saint., berlutcr. 
SliÎBR. r.^ f'pètua, 

Êp6frr {s'), V. pr., s'époufïer, pouflfer : (( O disôt tant 
fl'liétises, qno. fnous épqfions d'rire. » 

Botirg. , s'épojpd. Rouch., s'époufer. Vx. fr., s'esbofer, 
s\*shoi{ffhr. 

Épô^46^ER (s'}, v. pr., s'époumoner, trop parler, crier fort. 
Rouch,, ^'èpomoner. 

Kp(^rter, V. tt',, îip[3orter. 

ï^at., appoHurv liourg., épatai. Lorr., èpôtè. Prov., aportar ^ 
Vx, fr,i aporivr. 



'W 



LANGAGE POPULAIRE VKRDUNO-CHALONNAIS 155 

Épôs, ôsse, adj., épais, lourdaud. 

Ital., spesso. Bourg., espoo, Morv., espoo. Ptov., espcs- 
Wall., spès. Vx. fr., cspes^ espeisy cspais. 

Epôssî, V. tr., et intr., épaissir, prendre du corps. 

Ital., spessare. Bonrg", aipôssi. Morv,, épossi. Pfov.^ <?*- 
peissar, espiessar, Vx. fr., espeisser, espesser, 

Épotalets, s. m., hautes échasses : « 01 é fin hébile; avou 
ses épotalets ô côrttôt c'ment d'avou ses pieds. » 
Chah, pantalets. (V. Ensaches.) 

Époussôter, V. tr. , épousseter légèrement. 
Wall., époâseicr.Yx, fr., espousseler. 

Époustaler, V. tr., chasser, pourchasser : a Qu'é c' que V 
fais iqui, ch'ti crapiau ? Attends, jVas Vépoustaler. » 

Époutî, V. tr., écraser, aplatir : « J'm'é épouti l'dèl d'avou 
mon martiau. » 
Lim., èypoûti. Toul., espouti, 

Éprâs, prép., après : u s'é métu dans eùne jolite aEâre I 
Épras c'qui, qu'é-c'qu'ô va dVenî ? » 

Ital., appresso, Berry, auprès. Bourg., aipré. Lorr-, vprâ. 
Prov., après. Vx. fr., emprès, après. (V. Après.) 

Éprâter, et Eprôter, v. tr., apprêter, disposer, préparer. 
\X2\.^ apprestare. Bourg., èprôtai, éprétai, aiprôiai, Lorr., 
èprôtè. Morv., aiprôter. Prov., aprestar, Vx. fr., aprvsier^ 
apprester. 

Éprende, V. tr., apprendre, enseigner. 

Ital., apprendere. Bourg., èprare, èpàrc^ aiprârc. Bresse, 
aprandre. Lorr., eprandre. Prov., aprendre^ apreiun^ apenrt\ 
Vx. fr., aprendre^ apenre. 

Épris, adj., appris, élevé, en 'parlant d'un enfant, d'une 
personne : « 01 é, ma fi, ben épris; ô dit boiijor à lût 
l'monde. » 

Bourg., aiprl, é/)n. Bress., apratj. hor r. y épri. Vx. tr^, 
apris, 

É PROCHE, s. f., approche. 

Ital., approccio. Bourg ., èpruchc^ èprôcJie. Pmv., apro- 
che. Vx. fr., approche. 



156 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

ÉptiècHER, V. tr., approcher. 

Lat., appfùjrimart'. Ital., approcciare. Bourg., èprôchai, 
Prov*^ apropohar. apropjar. Wall., aprèpi. Vx. tv.,aproecier. 
approchier, aproler, apreuchier. 

ËPRÔPRÎ^ V, tr., approprier, tenir propre, nettoyer. 

Lat. et Ital., appropriare. Bçrry, appropéïr, appropzir. 
MQfv.,aiproprl. Prov.^ apropriar. Vx. fr., aproprier, appro- 
prer. 

Éprûïic, et EprùlEj ^tiocelle. Quand on tisonne la bûche, on 
en Eait sortir des « éprides, » 
Moiitr., èpreuilte. (V. Épleûë,) 

Épruleû, 3- ni,, fruit du sorbier. (V. Épereau.) 

Épûyer, V. intr., éclore. Ne se dit qu'en parlant des 
œuh d'oiseaux, (V. Êpeûiller,) 

Équjter^y. tr», acquitter, tenir quitte. 

Baa-lat., acqiiitare. Morv., aiquiter, Pvov., aquiCar, Vx.fr., 
aqiiitery aqiier, aqaiiiûr* 

Érang'ment, s. m., arrangement, combinaison. 
Bo u rg. , a it 'a ng eu la n - 

Éranger, V, tr.j arranger, terminer. 

Frov., (jrcn(jat% arcngar, arrenjar. Vx. fr., arenger, ar- 
rangier, arengier. 

ÉrAte, s. î,, arrêt, répit : « D'avou toué, on n'a pas eûn 
p'tîot moument à'érdtù. » 

Ital.» urrcsto. Getiev., érâée. Prov., arrest. Vx. fr., arrest^ 
arcsL 

Érate, s. t, arête, épine, mainte chose piquante. 

Ital., resta. Morv., fdrôde.'^aLïn.^èrèse. Prov.j'am^a.jWall., 
(trièsii, rîess. Vx. fr,, art?sta^ arreste, (V. Epeùne.) 

Éràter, V, ir., arrêter, empêcher, faire obstacle. 

Ital., arrestare. Berry, airter. Bourg., érètai. Morv., airter. 
Pic, nrter. Pvoy., arreAtar, arestar. Vx.fr., arester, arres- 
te i\ (V. Empocher.) 

Èhèqher, V. tr,, arracher, enlever de force. 

Lat., cxradfcare. Lorr., èrèchi. Prov., araigar, arai^ar, 
arasignar. Vx, fr,, esrachler, esraccrer, arachier. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 157 

Érhes, s. f., arrhes. 

Lat., arrha. Ital., arve. Berry, airrhes, Genev., airrhes, 
errhes. Pic, errhe. Prov., arras. Rouch., erres. Wall., ai're-j. 
Vx. fr., arres, erres, ares. 

Ériaule, s. m., érable. 

La.t., acer arbor. Bervy, arabe. Bourg., ô^eraulc. Fr.-Cté, 
iseraule, euseraule. Genev., iserable. Morv., eriaule^ ouriaule. 
Nam., aïaub. Prov., arabre. Wall., aioube. Vx. fr., érable. 

Éric6t, s. m., haricot. 

Morv., ericot. (V. Faviôle.) 

Éricôt, s. m., souci, tracas, ennui, inquiétude. 
Bourg., airigô. 

En cherchant Tétymologie de « boire à tire-larigot », a- t-on 
songé à Vairigô bourguignon ? Il donnerait une solution bien 
naturelle : boire jusqu'à clfasserTennui. On n'impose pas Tidée, 
mais on la propose. • 

Éricoter, V. intr., haricoter, chipoter, faire des difficultés. 
Bourg., airigôtaû Morv., hargoter, haricoter. 

Éricotoû, adj., difHcultueux, tracassier. 

Bourg., airigôtou. Norm., haricotier. (V. Érignoà.) 

Érignoû, adj., querelleur, hargneux. 

Berry, Aar^/zieCquerelle). Bourg., érat<;/iow. Morv., airaignan, 
Vx. fr., hargne^ hergne, hcme (mauvaise humeur). (V. Érico- 
toû.) 

Érisipêre, s. f., érysipèle. 

Ital., risipilo. Prov., erizipila. Wall., rèsipel. Vx. fr., 
herisipille^ erysipele. 

Ériver, v. intr., arriver, parvenir. 

Ital., arrivare, Berry, anriver. Bourg., airicai, erricé.'laorr.^ 
érici, Prov., aribar, arivar. St-Am., arevé* Vx. fr., ariver. 

Érivage, s. m., arrivage. 

Bas-lat., arrlpaticum, Morv., airrioaige. Vx.fr., arrivaige, 
arioage. 

Éroûser, v. tr., arroser, aussi bien les fleurs que le gosier. 

Lat., ad ros. Berry, arrouser, enrouser. Bourg., èrôzai. 

Morv., airouser, arouher. Pic, arouser, Prov., arrosar, 



156 LANGAGE POPULAIRE VERDUNOCHALONNAIS 

arvosar. St-Am., areu^è. Wall., arrouser. Vx. fr., arrouser, 
aroser. 

Erreère (en), loc. adv., en arrière : (( Mon diâbe de ch'vau, 
ô va tôjor en arrière. » 

Lat*i a'/ rétro, Berry., rlève^ en airière. Bourg., areire. 
Gijnev., en a'fiiTc^ Pic, en errière. Prov., areire, arerjre, 
ttrrvire. WalL, èri. Vx. fr., arere, arierey erriere. 

Ertùson, s. m», îirti.soa, teigne, mite, ciron. Les bois, les 
étoffes, Icïï livre.s en sont rongés : « Lapoutrôle a craqué; 
aile étot d;5vorée par les eriùsons. » 

Bourg-T artoîsifi. Forez, miée (acarus du fromage). Morv., 
arlouèjon. Vx. fr., artuison, artuson, arte, artre. 

Es, pj-ép., aux : <\ Le p'tiôl Dodiche s*en va-t-^s^ champs. » 
MoDv.p es. Vx. fr., as^ aus. (V. En.) 

m 

EscALiBèr,^. m., châtaigne épineuse, mâcre flottante, châ- 
taigne d*eau, dont Tenveloppe est entourée de pointes très 
piquantes. On la partage avec la lame du couteau, on en 
sort la chair farineuse, aqueuse parfois, et on les mange 
par passe-temps en se promenant, surtout en allant aux 
foires. — J. Guillemin la nommeca/î6o, et cite Marchangy 
qui rappelle caiUebote. Ce dernier ne connaissait donc pas 
les a caillebotes » saintongeaises? Le docteur B. Gaspard, 
de Montrètj transcrit caliboij signifiant « corps dur comme 
mâcre fl. (V. Cabache.) ** 

EscARBouTËRi V. ti\, écartor, étendre, éparpiller, disséminer: 
« La bise soullôt c'ment l'diâbe; aile escarhouyot les 
feûyes beùroies au long d'ia place, » 
Vx. fr., escarboailler (écraser). (V. Écrabouyer.) 

EscARûum, s. m., escargot. Quand les enfants prennent un 
escargot, ils lui ciiantent, en le tenant par la coquille : 

Escarguin^ 

Escargot, 
Montre-moi tes cornes. 
Je t'enseignerai 
Ton père et ta mère 
Qui sont su la Saône, 
Quifesont des gaufres: 



ifl^P'Wi.Vilfii^ 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 159 

T'en auras ta part 
Aussi ben qu'les autres. 

Escarguin^ 

Escargot! 

Ce couplet a de nombreuses variantes. Nous en avons 
cité plusieurs dans la Reçue des Traditions populaires. 

St-Am., escargou. Sav., lemace. Toul., escagarol, Vx. fr., 
escai^goL 

EscARMOucHER, V. iutr., synonyme comique d'étarnuer. (V. 
ce dernier mot.) 

Escarpin de bôs, loc, sabot. ]V. Esclot.) 

EscÀYER, s. m., marche : « Monter les escàyers. » On monte 
les marches de Tescalier. 

EscLÔT, s. m., sabot. 

Ardèc, esclot. Auverg., esclop. Bourg., esclot, Dauph., 
esclop, aiclop, eiclop. Forez, esclop, èclot. Lang., esclo^ esclôp. 
Lorr.,so6o. Lyon., éclot. Midi, esclop. Mofv., esclo, Puy-de-D., 
esclot. Rouerg., esclops. St-Am., cabeû. Toul., esclop, esclou- 
pet. Vx. fr., esclos, esclop^ esclot. (V. Escarpin de bôs.) 

EscROPioN, s. m., scorpion. Ce mot a dû être d'abord escor- 
pioHj puis, par métathèse, le mot actuel. 

Lat., scorpio. Ital., scorpione. Berry, escorpion. Montr., 
escorpion (chrysalide du gros papillon.) Prov., escorpion. 
Vx. fr., escorpion^ scorpiun. 

Espérer, v. tr., attendre, craindre : « yespèrons la mâre- 
grand', qui doit v'ni tantôt. » — « 01 é mau ; ôl espère la 
fieûve. » 

Lat., sperare. Berry, espérer. Lang., esperar. Lyon., esperar. 
Norm., espérer. Prov., esperar. Wall., espérer. Vx. fr., 
espeirer, espoirer. 

Esquinter, v. tr., fatiguer, épuiser, exténuer : « J'n'en peux 
pus; j'ai tant fait d'chumin, qu'je m'sis esquinté, » 

Morv., esquinter. '^orm.^esquçuinter. Prov., esquintar.W ail. i 
esquinter. 

EsQuiÔMÔ, s. m., bizarre prononciation locale de: EccehomOy 
personne à la figure immobile, atone, maladive, et volon- 



160 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

tiers pauvre d^intelligence : « Ma fi! ô n'sait ni entendre, 
ni dire; ôl é là, c'ment c'qui, ...y et eùn vrâ esquiômô, » 

EssAPKR, V. tr,, enlever l'humidité d'un linge mouillé: 
« Maugré Tviluiu temps, not'buë éjâr ben essapée. » Le 
mot ne ssignilie pas complètement sec, mais encore un peu 
Lumide. 

EssETEE, V. tr^i asseoir. Plus souvent pronominal. 
St-Am., chtUv. (V. Cheùrter.) 

EssEÙ RANGE, s. I., assurance, sécurité. 

Morv. y aisstiurafice. Vx. fr., asseurance^ assearement, 

EssEÙBER, V* tr., assurer, affirmer. 

îtal., anticcurare. Bourg., essurai. Morv., aîsseurcr. Pic, 
a3sciipef\ Prov., asisegurar. Vx. fr., asourer, asseûrer, 

EssisTANCEj s. f,, assistance, secours. 
Morv-, essUiance. Vx. fr., assistance. 

EssopER (^'), V. pron., se heurter, se butter par inattention 
ies pieds contre une pierre, un morceau de bois, et man- 
quer de tomber : a I m^seû essopé conf l'escàyé d'ia Glau- 
dine; i m'seù fait bé mau. » 

EssouMERî V. ir., assommer, ennuyer à l'excès. 

Ital., aièsomare. Morv., aissoumer. Prov., assomar, asomar, 
Vx- fr., asotntr, asonimer. 

EssouRDiLLËR, lit Ei^soRDiLLER, V. tr., assourdir, fatiguer les 
oreilles -. « V'tu ben pas tant couiner; t' m'essourdilles. » 
Lat., t^jL'sttrdarG. Ital., stordire. Derry, assordîr, assouriller 
(écouter avec atteation). Forez, essourlle. Genev.. essourdeler. 
Lang., elssourda. Lyon., essor li. Morv., aissorder, aissou- 
rilkr. Prov-, aissourdir. Toul., eissouvba. Vx. fr., essourder, 
essoardir. 

EsTEÛLE, s. f., paille. 

l\^LyStQppia.B^ixvg.,ètauley ètoule, Norm., ètau, Prov.^ 
cstobla. W^Mt s^cûl.Vx. 4v., cstublc, estcule, (V. Étoulc.) 

Estoc, s. m,,coupd'œil, esprit, intelligence, jugement. 

M^l.^stot'oo. Vjitn^^. y estoc, Lovï,, estoc. Prov., estoc. Vx. 
tr., GsLoc, (V* Jugeote.) 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNOCUALONNAIS lf>l 

EsTOUMÂ, S. m., estomac, poitrine : « 01 a pris eîin chaud- 
frèd, épeu rrheûme li a tumbé su Vestoumâ. » 

Bourg., esleumâ. Morv., astoinac, astomach. St.-Am., es- 
tourna. 

EsTRANGOuiLLER, V. tr., étrangler, comprimer. 

Lat., strangulare. Ital., sivangolavc. Morv., ètroingtttvr. 
Pic, étraner. Prov., cstririgolar, slranglar. Rouch., estrin- 
goler. St-Arn., ètvèltjè. Wall., sitvouè. Vx. fr., estvan(]let\ 
estranler. 

EsTREÙPisiE, s. fT, hydropisie. 

Bourg., estreupijsic. Vx. fr.^ idropulc, ytvopicc, h(/dropesit\ 

EsTRONGEON, ct EsTRONJON, S. m., csturgcon. Est suri ont 
employé au figuré pour critiquer, — à tort, — la petiteisï^e 
d'une personne ou d'un animal. L'esturgeon étant d'un 
gros format, par quelle bizarrerie sert-il de point de com- 
paraison avec un être chétif et petit ? Par antiphrase, sans 
doute : (( Va donc, espèce d'estrongeon! » 

Ital., storione. Morv., estrongeon (avorton). Vx. fr., e^iur^ 
gon. ^ 

Étaiche, et Étéche, s. f., attache, cordon, agrafe, etc. 

Berry, étache. Bourg., aitcchc. Morv., altaiche. Pic, 
aitake. Prov., attacha. Wall., aièche (épingle). Vx. fr., 
atache, estache. 

Étaicher, et Étécher, v. tr., attacher. 

Berry, étachev. Bourg., ètaiclié. Lille, attiquer. Liju., 
entachas. Mofv., aitaicher. Pic, attaker. Prov., attachar\ 
Vx. fr., atacker, atachier, es tacher. 

Etandre, V. tr., attendre, être prêt : « Dépêche te; le fricot 
nous étand. » 
Lat. et Ital.. attendere. Bourg., ctanre, ètandre. Prov., 

a tendre. Vx. tr.,atendre. 

m 

ëtarnuer, V., intr., éternuer. 

Lat., siernutare. Ital., starnutare. Berry, ètourncv. Bourg. ^ 
ètaraaè. Morv., étarnuer. Prov., estornudar, cstrunidar . St- 
Am., étarnevé. Sav., ètarniy ètarnâ. Toul.^ cstournmht, 
Wall., stierni. Vx. fr., estermicr. (V. Escarmoachcr.) 



» 



y 



\ 



162 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

États (être daus tous ses), loc, situation affairée, tourmen- 
tée, tumuUuiiuae : « La bigre ! i\V va s'marier ; aussi allé é 
dans iom ses étais. » 
Geuev., mêjne locution. 

Étau, s, m., dessus de l'ancienne entrée extérieure des caves. 
Les portos de cvs caves étaient inclinées à 45 degrés, et, 
sur Fépaisseur des murs triangulaires qui en soutenaient 
les gouds, gan^onnets et fillettes grimpaient pour atteindre 
le sommet. Ce sommet, c'était VÉtau, pierre horizontale 
sur hiquelk' tes jeunes joueurs se dressaient, se tenant par 
les juains et chantant des chansons. (( V'nez gravicher su 
Véiau I » criaient les intrépides. Et ils montaient. 

Coiliq., éico (grosse bûche). Pic, é^cra (souche morte). 

Uétau, était-il formé anciennement d'une souche équar- 
rie et poséeà pl:it? C'est possible. Ou, laissant cette hypo- 
thèse, faut-il rapprocher éiau d'étaule, en supposant une 
ressemblance entre les dessus de caves et les seuils 
d'âUibles? Voyons encore : 

BoLU'g-, état( (Ublede boucherie). 
* C'est Dolrc étxl. Il est probable qu'à un moment donné 
les bouchcr& étalaient leurs viandes sur la pierre, sommet 
de l'entrée de cave, laquelle pierre aura, de là, pris et 
gardé le nom à'*Hau. 

Ital.» statlo. Lorr., cttauquc. Prov., estaly estau. Wall., s^a. 
Vx. fp-, cataL 

Étaù, adj., suri>ris, étonné, stupéfait : « De c'qu'ô m'a ra- 
conté, voué~tu, j'en pouvô pas r'veni; j'en seû rasté tout 
étaiL » 

Bourg., iitau, ètaà. Wall., estenè^ estoiiè, Vx. fr., cstuné^ 
esionè. (V- EhôhL) 

Étaule^ s. f., éLable, écurie. Dans notre littérature popu- 
laire, il n'existe presque pas de Noëls où il ne soit ques- 
tion do Vé taule, où bergers et villageois se rendent pour 
adorer le Saint Poupon. 

Lat., btahitiam, Berry, ètaulc, ètouiey ètabe. Bourg., ètaule. 
Biess., èiohlo, Dauph., ètahlo. Fr.-Cté, aitatde. Lim., eitabk. 
Lorr., èiilbt*. Mac, ètroblle. Pic, ètaule^ étale, étave. Prov., 
&itabie. Rouoh.p ètaule, Toul., cstable. Wall., stâf. Vx. fr., 
estabk^ 



' LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 1G3 

Été, V. aux., être, appartenir. 

Lat., esse. Ital., essere. Bourg., été. Morv., etc. Prov., vsêûr. 
Sav., esré, Vx. fr., estre. 

Éteinde, et Étoinde, v.tr., éteindre. 

Lat-, extlnguere. Ital., estlnfjucre. Bourg., ètouule. Prov,, 
estenheVy esteingef. Vx. fr., csiaindre^ extaliidrc^ eséeindre, 

Éteindoir, s. m., éteignoir. 
Rouch., èteno, 

Éteindu, et Étoindu. part. A' éteinde. 

Bourg., t'^of/if/«. P'r.-Cté, aitcndu. Morv., ètoindu. Prov., 
esteingu. Rouch., ètindu, 

Ételles, s. f., éclats de bois, gros copeaux en lamelles, d (Ha- 
chés par la hache des troues et poutres qu'on équarrit. 
Elles servent au chauffage. 

Lat., hasttlla. Bourg., étèle. Dauph., eltellOy citcla. Forez, 
étella. Fr.-Cté, aitelle. Isère, citela. Lille, éqitcUes. Lorr., 
étetle. Maine, atclle. Montr., ètellcs. Morv., atètc. Nam.j 
asiate, Norm., atellcy hatd. Prov., astella^ astela. Suiss. i. , 
ètalla, àtella. Toul., estèlos. Wall., esiala. Vx. fr., asleh\ 
astelle. 

Étention, s. f., attention, soins, application. 
Morv., étention. 

Étention, s. f., intention, volonté. 
Morv., étention. 

Éteùrne, s. f., étrenne, non celle du jour de Tan, maiis la 
première vente faite, la première aumône reçue : « Dion 
bénisse la main qui m'éieùrne! » dit toute marchande en 
se signant dès qu'elle a vendu son premier objet. 

Lat., strena. Ital., strenna. Prov., estrcnna, estrenha, St- 
Am., étrénna. Wall., stren/n. Vx. fr., estregne, estrnine, 
est fine. 

Éteùrner, V. tr., étrenner : « Éteùrnez- moi, mon boû 
mossieu, » vous dit la mendiante en vous tendant la main. 
Et, si vous répondez à sa demande d'une façon affirmative, 
elle embrasse le sou que vous lui donnez, en vous disant: 
(( Dieu vousPrende! » 
Prov., estrenar, Wall., strine. Vx. fr., estrencr. 



r7 T-'^T^f'^J'^'X 



164 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

ÉTiFEft, V* tr^, attiffer, parer avec affectation. 
Morv., (uiif'er. Vx. fr., atiijfer, aiifer. 

Étîver, V, tr , faire tremper la lessive dans l'eau de cendres. 
Corruption de : lituver. 
Montr*, î'tiûûr, Prov., estubar, stuoar. Wall., siioucé. Vx. 

ÉTOILE (fairL^), toc. employée par les jeunes patineurs. 
reiJtlaiU Ja période d'apprentissage, on ne garde pas très 
bien son équilibre, et, toutes les fois qu'un commençant y 
va de son derrit^n', la glace ploie sous le choc et s*étoile. 
Aloi^ri les C3im;ir^des de rire et tous d'arriver, leur casquette 
à la main, et de simuler, à tour de bras, un ironique 
balayage de la place étoilée, en se livrant, mais sans fiel, 
aux plus cocasses formules. 

Étômi, adj., lourd, engourdi : (c R'mue-te donc; t'as Târ 
d^em vrfl étûmi. » 

Rress.^ ëror/u\ Norm., antomi. Pic, entomhi. Rouch., a^omte 
(maigre). "Wall., ètomhi. 

Étouner, v, tr., étonner, surprendre. 

Bourg. ^ èiùunai. Wall., estencr^ estoner, Vx. fr., csioner. 

Étôpe, s. f., étouipe, filasse pour attacher à la quenouille. 
haLyStnppu. U^].^ stoppa. Lyon., étopo, Morv., étôpe. Prov., 
tsstopa^ Mopa. Wall., sitop^ stop. Vx. fr., estoupe. (V. Étou- 
fictif, ) 

m 

ÉToriDii V. tr., étourdir, importuner, 

Ital., stordirG. Bourg., étocli. Norm., étaudi, ètaui. Prov., 
stordir. Vx. fr., t'stordir, estourdir. (V. Étourdi.) 

Érbr, imparf . du v. été, était : « 01 étot bé brave. » 

Étou, adv., aussi, pareillement. 

Montr., ètout. Morv., ètou, otichi. (V. Atou, Itou.) 

Étoule, s. f., éteule, chaume : (( Dans l'pays, les couverts 
des mtlïoiis sont tout en étoule, » 

Liki., stipula. lt^\., s top pia. Bevry, étrouble. Bourg., étoules, 
êicutei^f cstaulce^ èiaules. Chatil., ètroubles. Dauph.^ ectoublo. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 165 

Genev., ètrouhlc. Lim., èytouillas (champ de blé). Morv.. 
ètoule. '^orm,, étouley èiouble, étau. Pic, f éieule, Prov., estobla. 
Toulv rastoul. Vend., estouble, eséeule. Wall., steûl, èteule. 
Vx. fp., estouble, estuble, (V. Étrouble.) 

Étoupi, part., étoupé, éteint, bouché : « L*feù ététoupi. « 
Iteil., stoppato. Morv., étoupi. Pic, étoupé, Wall., stopé, 
Vx. fr., estupé, estouppé. 

Étoupiau, s. m., étoupe. (V. Étape.) 

Étoupon, s. m., bouchon fait d^toupes, de filasse, de linge, 
de paille, etc. 

Berry, étoupon. Flandr., ètoupèle (bouchoir de four). Forez, 
étoupon. Guern., étoupon (bouchoir de four). Morv., étoupon. 
Norm., étoupas (bouchoir de four et fagot de broussailles). 

Étourniau, s. m., étourneau, garçon léger, étourdi. « T*ét 
eùn fameux étourniau, va! » 

Lat.^ sturnellus. Ital., stomello. Berry, étourgneau. Prov., 
estornelhy estorncu. Vx. fr., estornel, estourneau. 

Étranger QuÉQu'uN, loc, le traiter en étranger, lui vendre 
plus cher qu'à une pratique habituelle : « Ah ! ben voui I 
ô m'a brament étrangée! » 

Être FORCE, loc, être d'obligation : (( Que v'iez-vous! yé 
ben force que j'y fasse. » 

Étrèt, adj., étroit, borné, resserré. 

Lat., strictus. Ital., stretto. Berry, étret. Morv., étroit ^ 

Prov., estreg, estreit, estrech. St-Am., étrâ. Wall., sitrcu. 
Vx. fr., estreis, estreit, estroit, estroict. 

Étrouble, s. m., blé coupé, dont il reste assez de paille 
toutefois pour que le chanvre et le sarrazin sèchent sans 
trop toucher terre; chaume^ champ de blé moissonné. (( Le 
chanvje, après avoir été roui, est séché sur V étrouble, » — 
« Sarrazin d'étroubles, c'est-à-dire semé sans engrais ni 
Tabours préliminaires. » Le Verdunois dit plus volontiers 
Étoule. On connaît ce conseil agricole, sous forme de 
proverbe : 

A la Saint-Martin (4 juillet), 
Sème ton sarrasin. 



t@S LANGAGE POPULAIRE VERDUNO'CHALONNAIS 

DiL, ^Uohlagutm. Ital., stoppia. Berry, cirouhlc. Bourg., 
riauie, étnule. KoreK, vctrouble, Geney.^étrouble (eau trouble), 
hère, citmibio. Lîm., é(/touillo. Lorr., ètouhlc, Lyon., ètrohlo. 
Midi, vvMotihlc. Montr. , étrublle, ètrublliou. Norm., é^os, 
étouble^ ètiiu. Poit,, reteuble, rétablie, Prov., estoubloun, 
estobla. Sav., étrœnbla. Suiss. r., étraublle. Wall., steûl. 
Vx. fT-, e^iuble^ cskmle. (V. Étbule, Freti.) * 

Eu, s. m., œuf» 

Lat., ocius. Ital., «fïoo. Berry, œM. Bourg., c^^ Jura, m. Lim., 
//rfM. Lorr., I, M, fc», Morv., œu. Pic, wé. Prov., mom, or, aoc, 
«cr^ Rouch., r(é, frfh Sav., coquet. TouL, yoou. Wall., où. 
ViL.h.,uef,o€f,cuf.(W.Û.) 

EÛJON, s, m,, oison, ru propre comme au figuré. 

Lat*, aiica, Berry* ochon, ojjon. Bourg., ô^on. Bress.,o//o/i. 
Pic, ûusQn^ Vx. fr., oyson. (V. Oyon.) 

EÛLEVER, V. tr., élever, instruire, éduquer. 

Lat., Ivoare, ItaJ.^ eleoare. Morv., eulcer. Prov., eslecar. 
Vx. fr., esteoerj elleîser. 

EÙN, EÙNÊ, adj», un, une. 

Lat,, uniid. TtaK, tfno. Berry, ieun. Bourg., cm, eun. li.-V, 
enn^ lun. I^orr., ean. Morv., in. Norm., eun, Pic, ein. Prov., 
tnts, u.^. n. Rouch., cun. Sav., ion, iena. WalL, on, onk. Vx» 
fr., uîiS^iinQ (V. bytn.) 

EftvREj s. ni,» filasse, chanvre adapté à la quenouille pour 
élre filé. Filer (5tait l'œuvre par excellence des femmes. On 
disait de la Romaine laborieuse : Lanam iexit. En Bour- 
gogne, nous avoua le proverbe : (( Avouer de Veûore à sa 
quoanfiilte, » — Les peigneurs du Bugey convertissent le 
chanvre en trois e.spèces d'œuvre : teillons, têtes, grands 
cœurs. (V. oes trois mots.) 

Bourg., t'Horcn Fr-Cté, ouëcrc. Jura, œuore. Montr., œuvre. 
Nforv., œuare. St-Ain., eâcra. Suiss. r., œucra. 

ÉVAïRER, elEvÈriER, V. tr., effrayer, chasser, mettre en fuite. 

Bas-lat., carari^. Berry, èoariè. Bourg,, èoairai. Forez, éoa- 
rachù Montr., è^cvrer. Morv., ècairer. Vx. fr., esoerer. (V. 
Lou-pairoUr) 

Lt.^ BouvgiiïgnOTi a v^airai pour : varier, et applique ce mot 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 167 

au grain du raisin quand celui-ci, gonflé, passe du vert au 
rouge : 
Le dur raisin se gonfle et la grume varie (J. Durandeau). 

ÉVANCE, s. f., avance : (( Oh 1 j*ériv'rai prou; j*ai dTéoance. 
MoTV., aiooinge. Prov., aoansa. Vx. fr., avance^ adoance. 

ÉvANCER, V. tr., avancer. 

ItaK, avanzare. Bourg., èoancè, Dauph., aeangier. Maine, 
avanger. Morv., aieoinger. Poit., avainger, aioonji. Prov., 
acanzar. Vx. fr., aoancier. aoanger, adoancer. 

ÉvANTURE. s. f., aventure, événement. 

Ital., aonentura. Bourg., aivanture, aidoenture. Prov., 
aventura, Vx. fr., adoenture, 

ÉvÀRER (s'), V. pron., s'égarer. 

Bas-lat,, rarare. Berry, ègairer, engairer. Bourg., s*èoaîrai. 
Chatill., s'éoarèer. Wall., èwarêr. Vx. fr., esguarcr^ esgarer, 

ÉvARTiR, V. tr., et intr., avertir, faire signe. 

Lat., advertere. Ital., aooertire. Bourg., évarti, évati. Morv., 
aicarti. Prov., avertir, Vx. fr., ad ver tir, adeertyr. 

ÉvARTissEMENT, S. m., avertissement, signal. 

Ital., avcertimento. Bourg., èoartisscnxan. Morv.^ aioartis- 
sèment. Prov., aoertinien. Vx. fr., adcertisscmcnt. 

ÉvAu, adj., profond. (V. Avau.) 

ÉvAULER, V. tr., avaler, mettre en bas, et aussi manger avi- 
dement. 
Bourg., éoaulai. Vx. fr., avaller. 

ÉvERMOucHE, S. m., chasse-mouches, filet spécial, généra- 
lement employé, jadis, par tout possesseur ou conducteur 
de chevaux, et dos plus efficaces pour éloigner les mouches. 
La bête en avait sur le front et tout autour des flancs. Le 
travail en était ingénieux, d'une coquetterie simple et d'un 
effet très pittoresque. 

Lat., varare muscas. Bourg., éoaire-môchc. Il.-V, èmoucher 
(chasser les mouches). Midi, paramouche» 

ÉvEÛGLÔTE (à 1'), loc, à l'aveuglettG, à tâtons, à travers 
l'obscurité : •(( La pauv'fonne ! âll' n'é point hureuse; âll» 



168 LANGAGE POPULAIRE VERDUNOCHALONNAIS 

n*a fan, épaû iW va à Céoeàglbte » (Dans cette loc. le^ 
reparaît)* 
Morv., alfyeughfotte, aiveuilloîte. Pic, à Vaouglctte. (V» 

At^CliQloiù.) 

ÉvEÛiLLEE, s. f,, liseron sauvage, qui a de profondes racines 
et multiplie avec ténacité dans les allées des jardins : 
a Quasi tous les maitins, à c*te éveuillie, j'ii fais la guâre 
d'avou mon coutiau ; pas moins que Tsouér j'en vois d'jà 
la léte parecr Tgravier. » 
Louhans, ai^cttillf/: 

ÉvEÙLE, s. m, ^ aveugle. 

Itah, arocolo. Bourg., éoeugle.F\B.nd.^ aoule, Jurai, aveuillo. 
Lille^ aûule. Lorr , cccule. Morv., aioeughie. Pic, aoeule, 
ajmlct acftttjte. Volt., aoellle. Rouch., aoeule. Wall., accule. 
Vx. fr-, ar^agie^ ctcale, aocgle, avogle. (V. Aoeâle.) 

ÉvEiiLER, V. tr., aveugler. 

DciTy, aeeuiUer. Bourg., coeuglai. Morv., aheughier^ ai- 
Detûller. Prov», aoogolar. St-Am., aoulyë. Vx. fr., aougler, 
aduler. (V. AueCder,) 

EvEÙrii>ïN, et EvEÙRDON, s. m., caprice, lubie, idée subite, 
action inattendue et instantanée : (( Depeû qu'allé et amou- 
reuse, àir ne sait pu c'qu'âir fait; aile a les ëoeurdins. » 

Pourrait venir de ^'éoarer. 

* 

Poit., èi^n'don. Saint., èoeurdin, (V. Veiirdin.) 

ÉvEÙRLUCUÉ, adj., dépeigné, ébouriffé. 

Morv.j èvonrlac}. (V. Ebouvtjlcr.) 
* 

ÊviSj a. m., avis* conseil : (( M'ét éois que... » — « J*sons 
prou dVW»,.» » 

Lat., r^tHiim. ItaL, aoclso. Berry, èois. Bourg., aim. Morv., 
rnp/s. Prov.^ aïifS. Vx. fr., adcis. 

ÉvïSER, V. tr.j aviser, conseiller. 

Ital.i avviiarc. Bourg., couai. Movv., aie iser. Pic, ado iser, 
atctsier. Prov., aoi^ar, acisar, Vx. fr., aoisler, adoiser. 

ÉvoiLLER, v. tr., (éveiller, appeler Tattention. 

Lt'it., ecigtUiTV. ïtal., soegllarc. Morv., éooillcr. St-Am., 
û^chjG. Prov-T CADelhar, esoeillar. Vx. fr., esoeillcr. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-GHALONNAI8 1^ 

ÉvoNS. 1'® p. ind. pr., avons : « V'tu v'nî à la fête? Véoom 
prou rtemps d'nous ébuyer. » 
Vx. fr., écons, 

Évoù, adv., de L, où. Tantôt une contraction enlève à un 
mot une ou plusieurs lettres; tantôt, au contraire, le mot 
s'amplifie d'une ou de plusieurs lettres redondantes. Vb«, 
ëro a, fournissent un exemple du dernier cas : « D'évou 
qu'te d'veins ? )> 

Lat., ubi. It^l. ooe. Berry, ooà, éooà. Bourg., voà. Prov.^ o. 
Vx. fr., u, ont 

Évou, adv., avec. (V. Avou.) 

ÉvouRÂCHER, V. tr., brouiller, mêler. 
Bourg., éoourâchai. 

Évu (j'ai, ôl a), passé indéf . d'acouér : « J'ai éou mon moar- 
ciau; ôl a éou Tsien. Y é d'aicord. » 
11 -V', oyu, Rouch., eu, 

ExEMPE, s. f., exemple. On entend souvent : « Oh 1 por 
exempe! » 
Sav., esemplo. 

ExEÙPRÊs (par), loc, exprès : « J'y ai pas tait par e^neû- 
près, » Cette locution (par exprès), qu'on doit éviter, a'est 
point une faute, mais seulement un archaïsme. (Ecseûprês 
représenterait mieux la prononciation.) 
Genev., /)ar exprès, Prov., exprès. Vx. fr., exprès. ' 



Fâbe, s. f., fable, récit douteux. Se dit maintenant plus cou- 
ramment qnefaule, 

Lat., fabula. Bourg., faule. Wall., fàve, Vx. fr., Jtaoe^ 
fable, fauve, (V. Faule.) 

Fâche, s. f., fâcherie, grondée, réprimande : (( L' vieux n èvn 
eùne grande /<:icy'ie à rencontre d'Jean-ne. » i 

Vx. tT,yfascherie, 

tt 



170 LANGAGE POPULAIRE VERDONO-CHALONNAIS 

Fâcher, v, intr,, être pénible, faire de la peine : (( I li fàchht 
grasd'mouri, w — « Nol'dame, i n'me fâche point d'fâre 
vote 6vraige, » 

FÀciïËR, V. tr., gronder, réprimander, faire des reproches : 
(( J Vv6 toul dévoré ma cueûlote ; la mare m'^. fâché, )\ 
Mor-^. y fâcher. 

FÂn, s, m., fer, chaîne, demi-cercle cloué au sabot des che- 
vauxi et aussi jadis sous certaineà chaussures. 

Lat-, /û^/vi/îi. ItaI.,/erro. Berry, /ar. Bourg., /ar. Bress., 
far. Gene\%,/crr, Lille, ^er. Mac, /dr. Morv.,/dr. Prov.,/er, 
fen\Si-Am.,fd. Wall.,/er. Vx. fr., fer. 

FÀRAU, adj*, faraud, fier, orgueilleux, et aussi coquet, endi- 
manché, 
Berry,/ara«ûf. Bourg., /aro. Norm., faraud. 

FArër, V, tr., ferrer, clouer le fer aux pieds d'un cheval. 
Lut. et ltaL,/erm/'e. Morv., forrer. Prov., /crrar. Vx. fr., 
ferer, 

Fareùre, s. f., ferrure, garniture de fer. 

\tii\iferrulura. Morv., forreure. Prov., fsrradura. Vx. fr., 
ferrearc. 

Farce, s. et adj., farceur, plaisant : (( É-t-i /arce, c'garçon I 
O nous fd raourl d'rire I » — Une chanson populaire du 
temps de Louis XI contient notre mot: 

Un/ars qui se laissa /arcer. 

Fâre, V. Ir. , faire, fabriquer. 

Lat.^/ticerc, ltaU,/a/'e. Berry,/ére, fèe. Bourg., /are. Bress., 
fon\ Dauph.^/dre. Lorr.,ydre. Morv., /ère, /ée. Pic, fouère. 
foutre- Pvov-,fiU\fair, faire. Toul., fa. Wall., fèr. Vx. fr., 
JarUyfere, faire. 

Fâbe c'tu QUI..., loc, feindre, faire celui qui... faire sem- 
blant : t( L'feignantl 6fâ cHu qu'é mau ! » 

Fâre DE BESOIN, loc, être nécessaire, manquer :« J'ai ma 
casserole qu'a tapé su Tfeù ; eiine aute me /à d^ besoin. » 

Fà pardon ! loc, pardonnez-moi 1 
Bt^rry^ faies-moué pardon ! 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 171 

Farfouiller, v. tr. et intr., chercher avec indiscrétion. Se 
dit ensuite des aliments qui ont de la difficulté à digérer et 
font mal au cœur : « C*morciau d*lard que j'ai maingé, 
ô n'pass'pas; ô m'farfouille. » 

Bourg, /ar/bMï7/ai (fureter). Lira., farfouillas, Maine, fi'U- 
trer. Poii., farfouillai (faire du bruit). Sav., farfolUçr. Vx. 
fr.,furiller,Jironer, (V. Reprocher.) 

Farfouillou, adj., curieux, chercheur indiscret. 
Sa.y., far follion, 

FÀRME, s. f., ferme, métairie. 

Bas-lat., ^rma. Fie. ,farnie. Prov., /erma. Vx. tr,^ ferme 

Farme, adj., ferme, solide, compact. 

Lat., ^r/nws. Ital.;, fermo. Bourg., farme. Morv., (arme, 
Prov. , fer m. Vx. f r., fers, fer m . 

FÀRMEi, s. m., fermier, métayer. 
Vx. îr.jfremier, fermier. 

Farmer, V. tr., fermer, boucher une ouverture. (V. Fremer.) 

Fartachou, s. m., peigneur de chanvre. 
A^xwerg. y far éachou. 

Fa tira ! loc impér., fais tirer ! Cri des mariniers pour acti- 
ver la "marche des chevaux qui tirent un équipage, (V. 
Louïa.) 

Fau, s. m., hêtre. Nous avons plusieurs mots pour désigner 
cet arbre. 

Lsit.^fagus. Bourg., fô, fotèa. Genev., feu. Guern^^ fane. 
Li\le,fau.MoTV.,fau,foutale, fautale, fauteai, foueL Rouch,, 
fau, féiau, Toul., fay. Vx. îv.,fousteau. (V. Foyard^fouicau,) 

Faubôr, s. na., faubourg. 

Lsi.t.,foris'burgus. Bourg., faubor. Bress. Joubor. Pic, for- 
boUf forbourg. WaLU.,fàborg. Vx. fr., forbourg, foiirhoure^ 
horsborcs,faulbourg, 

Faucheû, s. m., faucheur. 

Ba8-norm.,/aott7ttew. Pic.,,/aw^ca. Rouch., fauqueux* Vx. 
U'ifauchcor, (V. Foinoû.) 



L 



172 LAriGAGE POPULAIRE VERDUNOCHALONNAIS 

FaulEj s* f,, fable, conte, menterie. 

ÏMt., fabula > Ital.^ fola. Bourg., fauleyfaulou(mentenr).Fr.' 
Ctè, f^riofile (récit invraisemblable). St-Am., fôhla. Wall., 
fâGC. Vx. îr^^ fauve tfJaoe, 

Se disait jadis. Aujourdhui on dit plus volontiers /<i6e.* (V. 
ce dernier Diot. ) 

Fauter, v< tr,, mal faire, commettre une faute, faillir. 

hhL. faffvre. Uni,, fallire, Montr», fauter. Morv., fauter. 
Noïm,,fauCer, Prov.^falhir. Vx. tr., faillir. 

Faviôle, el FAFiôLbi, s. f., fé vérole, haricot. 

l^t^faseotus. UaL^/a^tw/o. Berry, feuoerole. Bourg.; fai- 
clàte (fève), C^mhT.,fageole. F\and.,fapeole. Genev., fajole^ 
fajiile, fatiolc (sot), Hain., faoclote. Jura, faiciole. Lang.,^ 
fapwons. Lyoïi. , fajiola, flageole. Mon tr., /aoio/c. Morv. , fai- 
ciole. ^orm. ^feitcc (fève blanche). Prov., faoa. Rom,^ f avion. 
Si-Am*tfafieûla. Sav., /a^ow. Suiss. r.y favioula. Wall., fa- 
Dète. Vx. tv^ffc^col, faseol, 

Faviôlon, s, ni., petit haricot, diminutif de/aviôle. 
Geaev.j fariolon. 

FÉciJALE, s. m., forme à fromages. 

l^dkt.^fl^cella. Merv.f féchale» Berry, fescelte. 

Fendure, s, f., fente, lézarde : « Vrà! t'as eùne fameuse 
/êmîtirek UiTobel i) 

Morv,, fendcure. Vx. fr., fente. 

Fernaule, s. f., part, provision de noix offerte à quelqu'un au 
moment de la récolte. Ce mot ne s'applique pas à une 
autre espèce de fruits : (( J'vons chapler les calas; j'te frai 
ISifernauh. ï) 
M<iuiY.jfarcnùlle (pour tous les fruits). 

FÉROTER, v, tr.j frotter le chanvre contre un instrument de 
fer planté dans le mur, afin de le préparer au peignage. 

Fessou, s. m., houe carrée pour sarcler le maïs et les 
pommes de terre. Dans les régions proches de la Saône et 
du Doubs, elle est plus large vers l'emmanchure que vers 
le tranchant. 

BouTg. ^ fismu^fcBsô^ fezô (fessourou de oeê^ne, vigneron), 
Indre, /t-ssoùv Toul., /oassoa. Vx. fr., fossouer. 



LANGAGE POPULAIRE VERDlJNO-CHALO.\HAlS 173 

FÊTE, S. f., fôte, réjouissance, réunion : « JVons E✠la/(^/e, n 
disent les gens dès qu'il s'agit de se régaler, dès qu*on va 
à la foire, à l'apport, à la noce, etc. 

Ital. ,/cs^a. Bourg., fête. iMâc, fêta. Morv., JHe^ Piov,, 
festa. St.-Am, y fêta. WalL.fièse. Vx. fr,, /este, ^séc. 

Feù, s. m., feu, ménage, incendie. C'est pour sa proDoneia- 
tion que ce mot figure dans notre patois; il sonne absolu- 
ment comme y e, le, de. 

Lat., focus. Ital. ,/aoco. Artois. /a. Bourg., /m, fo. Bress., 
fae. Lille, /w. Lyon.,/aé. Montr., /w. jMorv., feu. Fie, fu, 
?roy,y foc, fuoc y fuec. Si- Am. y fioâ. Toul., /oc. Vx. fr. /o(^ 
feu. 

Feûgère, s. f., fougère. 

LaLtyfilix. Champ., feuchicve. Hain., ftetlùre, Il.-de-Fr., 
fougère. Moty., fouchère, fousire.fouuive. NsLtn.j fichêre. St- 
km.yfieàre. Wall., fèchize, fèchi» Vx. îr., feucicre, fouchlerc, 
JogicrCffeugiere. 

Feûgnée, s. f., prise, ce que peut contenir le nez; une feù- 
gnée de tabac : (( T-i-pas, vieux pare, qu'ôs évcz pris eùae 
houne feûgnée!^ » 

Feûgner, V. tr., priser, flairer, chercher, fouiller la terre : 
« Que quYas donc envie d'treùver aujordeù ? V/eûgnes 
partout. » (V. Feûgnon.) 

Berry, feugner. Genev., fougner. La.ng., fou f/n a. Lille^ 
fouiner. Metz, fûgner. Morv., feugner, Poit.,fefignt'r O^pous- 
ser avec dégoût). Suiss. r., founna. Suiss. vaud,^ founer. 
VJdiW.^ fougner, fougni, 

Feûgnon, s. m., nez, museau, groin de porc, avec lequel il 
remue la terre ou les détritus pour y chercher sa nourri- 
ture. De \k feûgner. — Signifie également ; flair. Avoir 
^^ feûgnon, c'est deviner les choses. 

Fr.-Cté,/rew<7wo^. LsLUg.yfougno. Morv.^ feûgnon. Rouch.^ 
founiou, fou gnou. 

Feùmaillon. s. m., jeune drôle qui fume. 
SsLv., femaillon, femastiu. (V. Feùmou.) 

Feùmei, s. m., fumier, tas d*ordures. 

Lat., Jinius, Berry, fombrage, fomhreau. Bourg., feniei^ 



174 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

femhrter. Montr-^/cwé. Mory. ,fe(imé. Poit. , /emftroi. St-Am. , 
fuml. Vx. {v.,femUr^fenihrier, 

Feùmer, V. tr, et intr,, fumer, jeter de la fumée; fumer la 
pipe; se dit aussi des mauvaises cheminées. 

Lat. et U^X.^fumarn. Bourg., fcmai, feumal. ljOTV.,feumer. 
Movv*,fcumci\ Norm., /eamer. Prov., fa m at\ Wall., /eamar. 

Feùmer, V, tr.» fumer un champ, une terre. 
Pfov,, /(?mar. Vx. fp., femer, 

Feumère, et F'mère, s. f., fumée : « O liche trop; toutes ses 
tares s'en vont en feùmére, » 

Bourg., /c'^ietrt?, Bress., femere, fcniire. Fr.-Cté, fcmèrc. 
Guern,^ Jhm. Montr*, /emère. Morv., feumèe, Poit., Jamail 
(brouillard). Prov., fumade. St-Am., fumire. Sav., femà, 
fcmiè^c, TouL, ftitn. Wall., feumèe. Vx. fr., fum, fumcie. 

Feùmerée, s. f-, lie du fumier. 

Montr., femerée, 

Fbùmoû, s. m,, fumeur, celui qui fume la pipe. 
Morv*, /cama«. (V. FeUmaillon,) 

Feùrdonrment, s. m*, fredonnement, petit murmure. 
Bourg., fcurdeneman. 

Feùrdoner, V, tr., fredonner, chantonner. 

La t - , frttinnire . Bourg. , feur donnai, Vx. f r. , fredonner, 

Feiirgon, s* m., fourgon, tige de fer pour tisonner, perche 
pour remuer (fourgonner) la braise du four. 
Ital.,/orc^nc. M^tv,^feurgon, Vx. h, , fourgon. 

Feùrconer, y, tr-, fourgonner, remuer la braise, chercher 
sans ordre j retourner, comme avec une fourche en mettant 
tout sans dessus dessous. 

Lat., frangerc. Artois, randouler, Berry, forgonner^ fou- 
Qonnvr, ^ùwrg.^ feurQuenai, fôrgônai. Champ., feurguigner, 
Genev, ^fùtirfjonner* Jura, fregonner, Lang., furga, Lorr., 
fcurgHciinêp, Luia^mh., fourgulner, Morv, ^ fourgonner . Nam., 
forgulner. Norra., fourgoier, Rouch., rangoner, Suiss. r., 
fofirguonna, TqmI., furga. WM,,forguini, 

Feùhnàçherj V, tr,ï farfouiller, fureter, sans trop savoir ce 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 175 

que Ton veut. On dit aux enfants qui vont et viennent en 
cherchant : (( Que qu'te feûrnàches donc par iqui ? » 
"Roxxch. y four naquer, Wa,\\,yfouraaquer, (V. Gafouillcr.) 

Feùrtiller, V. intr., frétiller, s'agiter vivement. 

Lat., fritillare, Berry, fertiller. Flam., feriilter. Morv., 
feurteiller, ^orm,, fertiller. Vvov,yfresilhar. Vx. fr., fretilUer, 
(V. Freguiller,) 

Feûsseint, 3« pers. pi., imp. subj., fussent : « Les p'tiots 
ont piâlé ; y érôt foUu qvi^à feûsseint d'avou toué. » 

Feûve, s. f., fève, celle qu'on mange, et celle qu'on met 
dans la tabatière. 

Lat., faba. Ital., faoa. Cogn., feuoe. Norm., feuve. Prov., 
fava,Sa.y,, fana, Vx. fr.,/eoe,/e6oe. 

Feûye, s. f , feuille d'arbre, de livre. 

Lat.,/oZm/n. Ital.,/o;y/ia. Lim., felio, Lyon., folli. Pic, 
fuelle. Prov., folha, fusilla, fuelha. St'Am.,foulye. Toul.,/éZ, 
fèlho. Wall.,/o2e. Vx. (t., fuit, faille^ fuel /fuelle, 

Feûyôte, s. f., feuillette, mesure de liquide, de la contenance 
de 100 à 140 litres; environ 1/2 du tonneau. 

\\;s\.,foglietta, Bonr g. tfillotte. Foret, folietta,foulieta, foui- 
leta, Lyon., folietta^foulietatfouUeta.(\/ide pinte, Langued., 
chopine, Paris.) Montr.,^//e^^e. Morv,, fille Ite. Frov.^fulheta. 
Vx. fr., fillette. 

Fi, s. f., foi : « Eh! parma/L' y é prométu. » 

Lat., ^rfcs. Ital., /erfô. Berry, /o«é. Bourg., ma fi. Bress., 
ma fou, ma fiougal. Fr.-Cté, faj/. Guern., ma fégue, ma 
finge.Lorr., fi. Morv., fé, maijî. Pic, fi. Prov., fe. Rouch., 
mafique. St,'Am.,fœ>â. Suiss. r., mafika, mafiga. Toul., fè, 
permofés. Vx. ir.^foi, foy, feid. 

Fi, s. m., fil : « Passe-me eùne couterie d'/?. » 

Lat.,^/M/w. Ital.,^/o. Bourg.,/y,^//at (// mouill.). Bress., 
fi. Lim. ,flû. Mac, /î. Morv.,^. Prov., fil. Rouch., fi, St-Am., 
fi. Sav.,^. Vx. fr.,/t7e. (V. Fil.) 

Fiance, s. f., confiance, foi en quelqu'un. 

\ia,\., fidansa. Berry, fiance. Morv., fiance. Poit., fiance. 
Prow.,Jiansa, fisan^a. Rom., confisansa, confisansa. Toul., 
fisanço, fiso. Vx. fr., fiance. (V. Fiàie.) 



\ 



lîÔ LANGAGE POPULAIRE VERDUNOCHALONNAIS 

, FiÂR, ad],, fier, arrogant, dédaigneux. 

LnL, férus. Ita!. ,/ero. Bourg., ^é. Prov.,/cr. Vx. fr., fer. 

FiÀRDE, et FuARDE, s. f., petite toupie massive en bois, 
conique, tenu ini^e par un fer, autour de laquelle on enroule 
une ficelle, et qu'on fait tourner en la lançant adroitement 
à terre. Triomphe de nos gamins, 
BouT^.^flade. Bits9, y fiadoé. Morv. y fiarde. 

FiÀTE, s. f., confiance. A son synonyme plus haut. 

EiiTù^fia. M^nch. ^fiauté. Moïy.,Jlate.Norm,,fiaL Rouch., 
fiate^ (V. Fiance.) 

Fichant, adj., dépitant, contrariant : « 01 a-t-i pas pardu 
sonchVau, Vrâ, y é gros fichant tout d'mein-me. » 

Ficher, v, ir., donner, flanquer : u N'piaûl' pas, vou j'te 
^(^Ae eu ne claque» » 

Itah, âccare. Pic, fiker, Prov., ficar, Vx. h, ^fichier. 

FïERJOLET, s. m., flageolet, instrument de musique. 

Bourg., y^ayd/ûf^ Frov.^flautol, flaujol, St-Am., frajoulé. 
Vx. ÎT,^flaJoJCfJiajol^ flaioL 

FjËÙ, s. m., fils : a Y et un ben janti gas qu'ton^eà. » 

Lat,,yi7/£is. \idi\.yfiglio. Artois, fie u, fiu. Bourg,, Jl, Lille, 
fieU' Lim., fi. Lorr., feu, Morv.,^aa. Norm.,^6W. Pic, fteu, 
Jiu. Poit.î fciL Honch., fleu, Suiss. r., fieu, fiouj fé, Wall., 
Jîea. Vx. fr., fil^. 

FiEÙVE, s. L, fièvrcj agitation : « Dà I ô v's a eùne chiéne de 
/teûve... ôl et à bas. » 

LaU.febviS. lUù.,febbre. Bevry, fleuve, fie uvre. Forez, flore. 
LiiÏG.fièoô.MoFv., fièoes (ïes). Pic, 9 flèoe, Prov., febre. Vx. 
fr., flebvre^ les flètres, 

FiGNOLoû, s. m., celui qui fignole, qui prend des manières, 
élégant et aus^si blagueur : « NTécoute donc pas; y |ét eùn 
ch'ti y^^fio^oïi. » 

Berry, fignoleax. Bourg., fiôlan. Lang., flgnoulur, Morv., 
fifjnôteitjfifjnôlet. Norm., fignoleux. Poit, fignoleicx. Sav., 
fïgnolcL \NtiiL^flgnon. Vx. tr., finioler, 

FicuÉ, s. m,, figuier. 

Morv * , J ïguè. P rov . , fig u ieyra . Vx . f r . , fieis, fig ter. 



i 



^ 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 177 

Fil, s. m., filet de la langue : « Jarni! on n'a pas oblié (fii 
côper Vfil; 6 jacass' prou. » — Pour du fil à coudre, on 
dit : du/t; pour le filet de la langue, on dit bien : couper 
\eJiL (V. FL) 

FiLÉTE, S. f., roue destinée au filage du chanvre. • Générale- 
ment on préfère le filage au fuseau. 
i\ir3L,Jl lotte. 

FiN-DES-FiNS, loc, fin absoluo : « J*li dirai tant, qu'à la ^in- 
(ies-^ns i faura ben qu'ô marche. » 
Lim., fi-dé'laS'Jis . Vx. fr., parjln. 

Finition, s. f., fin, achèvement, conclusion. 1 

Ldit., finis. Ital., fine. Movv., finition. Prov., fi, fin. Vx. 
fr., fins. 

FiÔLE, S. f., fiole, petit flacon. 

Lat., phiala. Ital., fiala. Bourg., fieûle. Morv., fiaule. 
ProY.j fi ola.&i' km., fieûia^ Vx. fr.i phiole. 

FiÔLER, V. tr., boire, boire à petits coups, boire sans soif - 
« n'é content que quand 6 fiole. C'buvochoû-là, ôl a tant 
fiole, qu'ôl en a dégobillé. » 

Bourg., fiôlai. Bress. , fioulo, fioulé. Champ., floider, 

DsiU^h., fiouler. FoTGz, fiolâ. Fr.-Ctéyfiouler,fioula. Genev., 

fioalei\ fiuler. Isère, floula. Lang. , fioular. Lyon., fiola. 

Neufch., âouler. Norm., fioler. Prov., Jloular, fiolar. (V. 

Fleûter,) 

FiÔLAN, s. m., fendant, beau, blagueur, poseur, fanfaron, et 
aussi buveur. 
Ital., /an/ano. Bourg., ^^dZa/i. 

Fioû, s. m., faiseur, presque toujours en mauvaise part. 

Bas-lat.,. /ac^a^or. Bourg., fcseu. Monir., fiou. Morv., fiou. 
Pic.,foiseux de fagots (menteur). VfsiU.^feâ. Vx. ir:,faseôry 
faisiere, faiseresse. 

Fiston, s. m., garçon, garçonneau : « Eh! dis donc, fiston, 
v'tu v*ni? )) 
Ca,en, fiston, Norm., filset. Vx. fr., niescin, 

FiïEÛ, s. m,, filleul. 

J^at., filiolus. Berry, filleux, fillol. Bourg., fillô.^ Bress., 

18 



178 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

JiiloL Gepev., Jîlliol. Lyon., JiUiou, Montr., fiUou. MolPV., 
Jiilà. V\G.,jmoL Poii., fillol, fliâau, Prov.y Jlhol, St-Affl., 
ft'ôfeâlou. Sav., feliiou, Toxxh.fiiol.JilhioL V^aXL^Jiou. Vx. tt., 
fdka.fdioL 

FjYÔLE, s. f., filleule. 

L^LfJiliala. B&ny, ^lliole. Btess,, ^fillole. Genev., JilUôU. 
LyoXi., fi lioia. Pic, fillolc. Voit. ^ filiale. SaLV,^/ellioula. Walli, 
Jioulc. Vx, iv.yfillQie. 

FiïÔT, s. m,, petit 'fils, petitgarçon. Pour certaines localités, 
se rattacherait kjiyeû. 
Bourg ^,Jilio. hon',^Je,ficu. 

FivÔTK, s, fp, petite-fille, fillette. 

L3kt.,/ilîa. l\A\.,figlla. Bourg. ^fillô te, Dauph., fillet. Lim., 
Jllia. Lorr-, fèf/ti, Poit., feillaudc. Prov., filha. Wall., fèie, 
Vît. fr., filicUv. 

FlAber, V. tr., abattre les noix. Le mot vient-il de ^aèeZ/am, 
la gaule exécutaut un mouvement d'éventail? 
PQiLJlabù. (V, Chapler.) 

Flache, s, f,, lacune défectuosité, creux. Les fldches d'un 
terrain, d'une route. 

BQi'ry,Jldt]/tL\ Cliamp., /tache. Morv., Jldche. Pic, floycu, 
fie yen, 

Flam ANCHE, s. f., lucarne d'un grenier, petite fenêtre d'une 
mansarde : « s'balançôt. 01 a été trop fôr; ôl a dévaulé 
par V^fliimanehe. « 
MovY.^JJanianche, fia m ange. 

Flamb', s. f, , flamme, lueur vive. 

Lat.,7îtiw/îia. Ual., ^»i/««. Mory, y flambe. Ptov.j flama. 

Flâmer, V. iiilt\, flamber, flamboyer, luire, brûler. 

lu^l,^ Jlanunare, WdA.yfiainmare. Morv,, flamme/'. Vx. fr., 
flamei\ 

Flàmusse, Flémussë, Flameùsse, petit pain, gâteau des 
campiignes, pétri à la farine, au maïs, au sarrazin et 
aasaisonné d'œufs^ de lait et parfois de courge. Toutes ces 
pâtisseries locales ont une saveur des plus agréables. Les 
mcnagèrûs les réussissent à merveille. 



^'ç^-f^rv:?:-"-,'- 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 179 

Bourg., ftaimeàsse. Jura, flamusse. Montr., Jliammusse^ 
Morv,, Jlaimeusse, Norm.^ Jla m miche. Pic, Jlamtche. Rouch., 
Jîamiche. Vx. îr.,flamiche. (V. Cornioéc, Gânote.) 

Flate, s. f., flatterie, louange, caresse intéressée. 
Bourg., Jiaittc, Mor\.,Jlaittc. Prov., Jlataria. 

Flatoû, adj., flatteur, qui dit des paroles trompeuses. 

Bourg., Jlaittou. Morv., ftalitou, Prov., Jlatairc, flatador, 
Vx. iv.^Jlaterc.y Jlateoi\ Jlatcour. 

Fléme, s. f., flegme, mollesse, paresse, accablement, maladie 
de l'ouvrier qui ne veut pas travailler. — N*est pas 
inconnu, même à Paris. 

\\;à\,,flemma, Bevry,Jlênie. Bourg. , Jleùme. Genev., Jleume, 
la molle, Norm., Jleume (pituite). Prov., flegma, Jlcmma. 
Saint. ,yïcm/nc. WaW.Jlemme, Vx. fr., Jteumc, flumejleugtnc. 

Fleur, s. f., fleur de froment. Ce mot s'emploie seul, el a 
un sens absolu : « J'ai écheté d'ia fleur; jVons fâre des 
flamusses aux ûs. » 

Lat., y^os. Ital., flore. Bourg., ,/?o»w. Montr., fïieur, Norm.» 
fleu, flieu. Pic, flour. Prov., //or. St-Am.,//cf^. 

Fleûtaine, s. i., école buissonnière : (( C'crapaud-là, ô 
n'éprendra jamâ ran; ô fait quasiment tôs les jors la 
fleûtaine. » 

Ital., fustagno. Bourg., fcteinc, futène. Champ., futaîne. 
MoTY.,futaine, Pic, fustanCt futaiie, Prov., fastoni. Toul., 
fustani. Vx. fr., fustaingae, fustainc. 

En Bourgogne, couri lai fcteinc y c'était jadis tenter le prix 
de la course^ pour lequel on octroyait au vainqueur une pièoc 
dQfuiainc. La course est bien l'affaire de l'école buisson nii'^re. 
Nous avons simplement ajouté un / au nom de l'étoffe. M. de 
Chambure tire le mot de « fuite », avec un suffixe de diminution. 

Fleûte, s. f., flûte, instrument, et petit pain pour le café 
au lait. 

Ital., flauto. Bourgs fleàie, L\m.^fieuia,L,ovr.^Jieâte. Mac, 
flieûte. Pic, Jlahute. Prov., flauta, SaLV., fluta. Joui., fiait to^ 
flautot. Vx. h\, fleûte, frestcl, 

Fleûter, V. intr., jouer de la flûte. 

Lat.,//tt^e/s. MoTv.^fleuter. PiOY.,flaiUar, Vx. iv-^fleûtQVj 
flauter^flouster, fluster, fresteler. 



k 






180 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Fleûthr, V. tr-, boire avec complaisance et à bonne 4ose. 
(V. Fiôler.] 

Fleut[au, s. m., rtùteau, petite flûte d^enf an t : « O n'ain-me 
qu'à sofler dans son Jï eût iau, » 

Bi^rry t flfiièiiait. Ch^mp., flutot. Fp.-Cté,//ottê^o<. Morv., 
fiettteau. Prov., fl%utei, JrausieL Vosg., fieuteau.. 

Fleîitoû, s. in., joneur de flûte. Figure dans les orchestres 
des fêtes de village, 
Morv.» jleatoii^ fleuimi, Vx. fr.,flcuterc, fleusicor. 

Floche, et Floc«on, s. !., fîloche à prendre le poisson, 
petit filet, 

FLocîiErt, V. tr,, prf>ndre dans la fîloche : « J'seû été d'avou 
IVieux André, qui pi^t:he. J'ii aijtoché eùne carpe. » 

Flon, s. ni,T fil formé de plusieurs crins, tordus ensemble 
pour attacher un hameçon. 

ï^LOQUER, V. intr., flotter, osciller. Ne s'emploie qu'en parlant 
do TefTet des pieds dans des chaussures trop larges : « Ses 
pieds Jlùquoni dans ses saibots. » 

Bourg., floqrmt, fhquai. Champ. , floqucr*Morv., floquer, 
Jîoqaer, ^ovm.^ ftoquer. Pic, floquer, 

Floquet, s, m., grappe de fiuits ou de fleurs tenant ^à la 
même branche » 
Bourg,, fioqaai^floqatti.Wx, iv,, floqiiei\ 

Floquéte, s. f-, nœud de cravate, coquettement disposé. 
{LtU^-à'Ov^ f loquet le. Lorr., floqaette. 

Floret, s. m*, fleuret, arme, et fil de soie. 
lidX.^fioreito^ Rouch,, floret. Vx. fr.,floret. 

Fl6te, s. f., écheveau do fil, de soie, etc. 
MUc.ftiote. S3L\\,fîaata.(V, Êchevéte.) 

FLÛnîi V. inir., fleuri r- 

Lat. , flarore. I tîi l . , fiorira. Morv. , flàri, effiurl. Pic. , flourir- 
PwY,,Jlûfir. St-Am.^ h/iiri. Vx. fr., florir^ fhirir. 

Fô, adj., fou, badin, enjoué, excentrique. 

Bas-lat-T /b//:s. ltal.,/b//c. Bourg.. /ô. Morv., fou: Prov., 
Joi,foih.Vx,h.^fol^foul^fox, 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 181 

FoiNEAu, S. m., fenil, grenier, grange où l'on rentre le foin: 
(( 01 a couché dans V/oineau. » 

hat.,fœnile. Berry, feni, feniau, fencau. Champ., fointtcr 
ForeZyfeneiron.Montr.,fomeau,MorY.,f9incau, Saint., fo- 
niou, 

FoiNAisoN, et F'naison, s. f., fenaison. 

Lat.,/<a?/iwm. Montr., folnaison, Movv., fonaison. 

FoiNER, V. tr., couper le foin. 

Berry, fener. Genev. y fener. Montr.j foiner. Morv., foher, 
foner. Norm., fener, Proy. jfenar. Wall., fiant, Vx. fr.,/t'/«er. 

FoiNoû, s. f., faneur. 

Berry, feneux. MorY. ^ foi/iou, fonou. (V. Faucheâ.) 

FôïoN, s. f., foison, abondance : « Des peiàrnes, des poires^ 
des calas, j^en avons à foïon. » 

Lat., /asêo. Bourg., fouson. Morv., fôïon, fouïon. Prov., 
fusion, Vx. ir.,fuison. 

Fois (des), loc. adv., parfois : (( T'é si jantile, vois-tu, qu'y a 
des fois que jH'embrasserô. » 

Ital., vece. Dauph., oei, Genev,, fois. Hain., /os, /aw. Nara., 
fié. Prov., cet^, feéc^, vegada, cogada, Vx. fr., fei^, feiode, 
fiée, foi^, 

FoLiGÔt, adj., folâtre, folichon, d'humeur trop gaie : « Oh ! 
lap'tiote/oZi^o/e.'airne fait qu Vire. » 
Montr., fotiliyoé. Prov ,, fou ligaudo. 

Folle, s. f., bonnet déforme légère et avenante que portaient 
naguère les jeunes filles, et qu'à tort elles remplacent 
maintenant par des coiffures plus « à la mode ». (V, 
Câline,) 

Folloir, V. intr., falloir, manquer: « Cor ein p'chô, ô gâ- 
gnôt; i s'en é pas /o//a gros. » 
Il.-V%i7/ot7/eï (il fallut). 

Fondree, s. f., fond, résidu aussi bien de terrains que d'us- 
tensiles : « J'sons descendus dans la. fondrée du parc. '> ^ 
« J'ai ramassé ]sl fondree de la marmite. » 

Ldit. ,fundus. ltal.,fondo. Berry , fond rèe. Genev., fond rat i- 
lon. Morv., fondrée.]^orm.,fondrillc. Poit., fondree. WalL, 
fondraille. 



182 LANGAGE POPULAIRE VBRDUNOCHALONNAIS 

Fo?ïCEANT (papier), s, composé, papier buvard. 
ha,t,,ftiRgosuâ. Midi, papier-fou. 

FoNNR, s. f.j femn\e : « Y é pas lu qu'é méchant; y é sa 

Lat-, /emt/ia. Ital., fûmmlna. Berne, fonne. Bourg., fanne. 

Bress., fenna Biigist., /c/i/ie. Dauph.,/e/ia,/e/ic. Forez, fena, 
fine. Wi^-kuY, ^Jiana. Lang.,/6vmo,/emo. \Am,,fcnno,fenna. 

JjOTT.^fômt^ foume. Lyon.,/e/ia,yiv//ia. Mac, fcniia, Montr., 
faune. Morv., fonne. Nivern., fonna. Poit., fennec. Prov,. 

fçna^ femnxff. Rom.., femna. St-Am.,/c/»a. Sav.j/c/i^a. Toul-, 
fefino. V^^M.jfiutîiû. Vx. fr., fainmcy famc,femc, 

FoNNELÔTE, s. f,, femmelette. 

Bourg., /afîit^^d^c. To^L, fanhoano^fennarou, Vx. fr., /cm- 

FoNïENf, s. m*j terrain marécageux, entretenu par une 
quantité de petites sources. Givry a un lieudit les Fonte- 
no lies. 

Lat., /ons, Montr., fonteni. Morv., fontningne. Prov.. fon- 
iami^fontaaUha. 

Fôn, s* m., foun (Pour la loc. : « Faire au four, » voir 
Cuedre,) Le Geriev. Ta comme nous. 

L^t.^ fnrnm. ItaL, forno. Bourg., for. Bress., for. Fr.-Cté, 
foHoi. Lyon. j /or. Montr., fo. Morv., for. Norm.,/o«/. Prov., 
forn, St-Am.,/(?H. Ss.v.,fœur. Vx. fr.,/o/vi. 

FèRCHB, s. L, fourche, à dents en bois ou en fei*. 

hi^t.^ fnrca. Itil., forc^. Berry, forchc. Bourg., forchc» 
hyon., forchi. Lim.,fourcho. Mé.c. ^fôrche. Montr ,, forç-hon. 
Mary, i fore ho, foarce. Pic, fourqae. Prov., força. St-Am., 
fanrse. WM*^ fofje. Vx. fv.y forchcy furke, furchG,fourque. 

FÔRCHÉTE, s. f., fourchette. 

Rerry, forchetfr. Genev., forchctte. Mac, fôrvhète. Morv., 
forchcltf\ forceKe. Sl-km.yfoarsëia. Vx. fr., fârc/icUcy fur- 
chesli'yfottrcdc (creux de Testomac). 

F6Rcin% adj., fourchu. 

Berry, forv/iu. Mor^., forchOK. 

F6rçon, s, m», fourche en fera deux pointes. (V. Bideni. 



LANGAGE POPULAIRE VBRDUNOCHALONNAIfi L8U 

FÔRBR, V. tr., fourrer, introduire de force. 

liai, y f ode f*are. Bourg,, forai, for rai. Prov., folrar. Yx^U,, 
forrcr. 

FÔRMi, s. f., fourmi. (V. Frémi,) 

FÔRNÉE, s. f., fournée, ce que le boulanger met de pâte pour 
emplir son four. 
Ital., fornata, Berry, fornée. Bourg., Jonéc. Prov.^ Jornada. 

FÔRNÎ, V. tr., fournir, livrer. 

liai., fornire. Berry, fornir. Bourg.^/or/it. Morv. , feurnitre. 
Prov., fornir. 

FÔRNi, s. f., fournil, endroit où se trouve le four. 
Forez, fournaé. Morv. ,fornié. Poit., fourniou. 

FÔRNiAU, S. m., fourneau, portatif ou à demeure. 

La.%., fur ne lias. \iaX.,forrieUo. Berry, forniau. Bourg , fo- 
néa.Montr.,fornieau. Pic., forgneu. Prov., foraelh^ forneL 
Vx. fr., forniau. 

FÔRNiER, s. m., fournier, le maître d'un four, boulanger. 
Bourg., fond. W M., four nier. 

FoRTEÛNE, s. f., fortune, biens : a Oh! j'ons pas compté 
d'avou lu; ma 61 a d'iaforteùne, » 

Lat. et Ital., fortuna. Bourg., folèàgne, fotugfw. Moi'V., 
forteune. Prov., fortuna. Vx. ir., fortune, 

Fquàter, v. tr., fouetter, les fesses et la crème. 
^i-Xm., fœatè. 

FouEïLLER, V. intr., ployer, fléchir. Se dit surtout de la glace 
trop faible pour porter ceux qui sont dessus, et qui va 
craquer : « Oh ! j'vons pas glisser par iqui ; y é trop mince, 
y fuueille, » 

FouÈRE, s. f., foire, apport, marché : « Y é demain ln/auÈre; 
y veinras-tu ? » 

LaX.,feria. Ital., fiera. Morv.^ fouere. Prov., fit* f/ra^ fuira. 
Vx. fr., foire. 

FouiLLON, s. m., individu sans ordre et sans soins, qui 
dérange tout. 

Cbamp., foillon, foyon. Morv., fouillon. Suiss. r.^ foaon. 
Wal l ., fouan, foyan . 



XM LANGAGE POPULAIRE^ VEHOUNO-CHALONNAÏS 

Fouiner, v. intt. , fuir comme une fouine, s'esquiver:, 
décamper : n L'sans-cœur! quand les autres s*batteint, 
61 ^fouiné. >> 

Bourg. ^fouinaL Genev., fouiner. Montr., foagner. Morv., 
fouiner^ No^m-?^ fouiner. Poit., fougner. Rennes, fouiner. 

. Sahs. r., fouin/ia. VsiXogn., fouiner. Y K. fr., fouiner. 

FoTjL'')T, s. in., tourbillon de poussière, coup de vent, bour- 
rasque. Au Hguré, exaltation du cerveau : (( Y é v'nu ein 
foulot, je ii*pouvi!> pu me t'ni su la levée. » — Le bour- 
guignon fouleire (fou d'artifice) ne se rattacherait-il pas à 
notre mot? 

B&i*vy ^ foTilot. Forez, foullët. Gene\.,fdûlet. Montr., foulot. 
Morv.j faulotj froulot. Norm., folle. Suiss, v.jfulet. 

FouRQûÉTË, et Frouquéte, s. f., sorte de petite barque de 
pêche, dont Tarrière est façonné en pointe. {y.Bavqubt, 
Arloquin.) 

Fouete! interj., dehors 1 « Fourie! ya-t-enl sors! » Nous 
est resté des invasions. 
Aiieni., fort! Ronch., four ie! V^M., fourie. 

Poussé, s. m., fossé : « 01 a tant bouévu chopine, qu'ôl a 
chu dans V/oiissé. » 

Lat,,/£?s5«. \t-àl., fossato. Berry, foussè. Bourg., fous s ai. 
Champ., foitêsetlc. Dauph., foussè, foussey. Lorr., foussè. 
Morv-, foussè. Frov., fossat. St-Am., tera. Saint-, foussè. 
Vx. fn, f os? se t. 

FouTEAU, et FouTiAU. (Voir Fayard, et Fau.) - 

Foutimasser, V. într., s'occuper à des riens, agir comme 
uniaibécile, faire quelque chose avec nonchalance. 

Berry > foutimassar (tourmenter). Norm., foutimasser, fou- 
timer, BjOuùh.,fouiiniasser. 

FouTRÔT, s. m., jeu de cartes. Au figuré, chose légère, peu 

consistante. J'ai entendu un lettré hourguignon dire, en 

parlant d'une œuvre plus brillante que solide : <( Il y a 

diifoutrot là-dedans. » 

RûutîlK, 1 n'y a ùwfoutrau (il y a quelque chose là-dessous). 

Fuyard^ et Fayard, s. m., hêtre. Des sabots à^foyard. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 185 

C'est, avec le bouleau, un des arbres que les sabotiers 
mettent le plus à contribution. On a dit fouteau ci foutiau. 
Ce mot a subi des modifications nombreuses. 
Latin, fugus. Bas-latin, faya. Bourg., /ô, foteâ. Genev., 

fai/ardy fo(/arcL hère, fui/ ar. Morv., foutiau. Savoie, /oew. 

faïâi\ Vx. fr.yfouillard,ftu/aUjfaia. (V. Fau.) 

Frâ, Frâche, adj., frais, fraîche. 

liai., fresco. Bourg., frai, frôche, horr. , frah, Morv., frô, 
frouédCy frôche. Nam.,/réc/ie. Norm., Jrâ, fret. Prov., f rose. 
St-Am , //'é. Toul., /resc, frcsquet. Vx. fr. , /ré.s, freschCf Jres. 

Frâches, s. f., tiges de plantes : frâches de pommes de 
terre, de betteraves, etc. Branchettes entourant les jârons 
et complétant le fagot. Les fagots de frâches sont des 
fagots de branches d'arbres. 
i ma y frachons, Morv. yfràte. Poity frotte. 
Le bourguignon a le verbe frâchai (rompre, briser), et le 
Jura ie yerhe /rucher (même sens). 

Frâgne, s. m., frêne. 

Lat., fraxinus, Berry, fràgne, Bouvg. , fr^âg ne. Dauph., 
fragnio. Isère, ^rrï^nto. Montr.,/ra^fie. Morv., fragne. Poit., 
fragne^franâ. Saint., frag ne. Vx. h., fraisne, ft^sne^freisne. 

Fraîche, s. f., fraîcheur, humidité, frais du matin ou du 
soir : « Je m'ieùve de boune heure ; j'aime ben de marcher 
à la fraîche. — Ce mot n'empêche pas frôche, (V. Frô 
et Frâ.) 
Lorr.^frochou, Wall.^ frèche. 

Fraisi, et Fresi, s. m., fraisil, petite braise. 

Berry, frasil. Champ., //-asm. Poit., /rasat7, frasl. 

Frâre, s. m., frère. 

Lat, frater, liai., fratello. Berry, /rée. Morv., frée, Prov., 
fraire, fratre. Sav., /rare. Vx. fr., fradre. 

Frârot, s. m., frérot, petit frère (dim. de frâre). 
krto\9y frérotln. Morv. y frérot. Rouah. y frérot, 

Frèd, adj., froid : « Ohl qu'i fait donc frèd! que temps! » 
(V. Froid.) 

Lat.^ frigidus. Ital., freddo, Berry, freid, Bress., frag, 
Dauph., /^•c^. Lim.,/re. Lorr., frôdj freu. Morv., fré. Prov., 

19 



186 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

fveQtfrcy\ Rouch.,/yo(^ St-Am., frd, SaLY.,fvâ.fràdet. Vx. fr., 
froit 

FKtaâ, V, U'- et iïitr., refroidir : « Veins donc, tVas lasser 
frêdi ta s6pe. h — m L'dèt m'breûle; j'vas l*tremper dans 
i'iau por le/rêdi )) 
i^vry^/rèUtr^/erdir, Jrède^ir, Bourg., frèdi. 

Frèdure, s. f,, froidure. 

Jtal.j frcdtlura. Prov.^ freidura, fre/'ura. Wall., frodure, 
Yx* îr., frldore. 

Frkgo.nt, s. m,, fourgon, râteau de boulanger pour remuer la 
braise dans le four» tisonnier. 
ii^L^forcûae. ^t^-Ciéy fregon. Montr.,/rc^o/i. 

Fregoner, V. tr., fourgonner, tisonner, remuer sans motif. 
Berry, fonyonftcr.foagonncr, fougounor. -Bonrg., freguenai, 
feitrgtitmaLBveAs., frogonè. Fr. -Cté, fregonner. Genev ., four- 
gonfler^ \^ontr.t freg on aer. Nam.,/o/'^amcr. SsLY.f fr'guenâ, 
W M, j for g ni ai. Vx. ii". y fourgonner. (V. Frougouner, qui ne 
diffère que par une nuance dans l'acception.) 

Frkguiller, V. tr., frétiller, remuer constamment : « Aga 

donc i^'poîsson, coume ô freguille! » — (( C*te p'tiote, ail' 

fregudle tôjor. » 
' Berry, fçrtilkr. Bourg!, freag aillai. Fr.-Cté, freguiller. 

JuT^^frcg ailler. Piov. ^ fre^ilhar. Vx. fr., fretiUier^ frcicller. 

(V. FeùrtUlûi\) 

Freguïllôt, adj,, remuant, frétillant : 

O bauge y ô r*nme, 
O tor la rue . . 
Oh! VdrôV deptiof. 
Tout freguillot ! . , . 

- (V. Viîppindî.) 

Frement, s. m., froment. 

\jx%.^ frumeatam, Itiil., framento. Bevry , froument. Mowiv.^ 
fremctit. Mon'., froufifent. Prov., fromen. Wall., froumint, 
Vx. fr., Irofitmanlf frnnienty foarment. 

Fremer, V, tr*, fermer, clore, entourer. 

Lat. et IV.il.^ f*rmure. Berry, froiimer^ fromer, >.frcumer. 
Bourg*! /'oni^i'- Bt^s. froumè. Fv.-Ctéjremai. Guern.frumair. 



LANGAGE POPULAERE VKRMJNO-CHALONNALS 187 

Motv., fiomrr. Norm^ y fviimvî\ fromer. Pic, /r^'^ncT. Prov., 
fcrmar. Ro^ch., /rcitmvr. St- A m., Jroumù. Sav.,/rentrf. Wall^ 
fremcr. (V, Far mer.) 

Fhemt, s. f. (jadis m,), foumii : a Mr^Tlciiii comme uri frcmi 
rousaot, )ï dit uiï vieux pmvL^^bo cité p;ir Juîvs iiuilknnn, 
<< On dirôl qu'jai diis/rt^m/^- dîtiiH Tdos, » 

La t . , /o / ' m ica . 1 ta 1 . , /b ; V3 1 /'c^t . Hn r py *y ro n ï £ , fro a nd. Bo l'dcla i a , 
hourmie. Boprg., frcmi. Fr*'Cté, frémi. Hainaat, fourmis ne, 
fourmicho. IL-V^c^ frami. froumi. Maine, frcftmi, Moritr., 
fWftil, ^\oTV^^ fetirminf/n\ fntni, ffirmi, N^n\. ^ frimotichi\ 
froitmonrhc. Norm., formi (ni,). Tic^ frettmio{it formlon^ 
fortui. PoiL, frefiiif\ Prov., formifjif. Rodi., fromt. Houch,, 
fo urtn ich c . S t- A m , ^ fro n n 1 1. Sa v ,^ Jr'mia^ y/M^f ft mm ich v , 
fro H m ich i\ Vx. îr., from /V, forn i is ^ fron us. ( V . Fo rn li.) 

Fhemiyement, s. m., foLirmiUe!iient> 

Be i T y j /> 'om ton , froft i d kn \ en t , frott m il Irmcnt. M or v . ^ fre - 
ti\iUcmL*rtt. Pic, f'rcmion^ frcmi lion. Prov., formt^atiicnt. 
Vx, fr,, fourmicment. 

FKiiMiYER, V. într., fourmiller, démanger. 

liai., formicare. A uni s, fretnÎQcf. Berry, fro m Hier, fron- 
nuiler. Bourg.^ f rem f liai. Montr,, fremiUrr. Morv., fre mi ila\ 
Pic.^fj 'cm tort cr. P ro v . , forfi i In ar. S u iss / r . ^ frcm ill i , Jt -em e il fi . 
U'ûu K , /o ïf ^f^i tg " ^J^ • ^^' ^ 1 1^ - 1 ffufii C'A if Jro u n i e li i . V x . f r . , fo r- 
miller i formicr , 

Fremiyère, a. f.5 fourmilière, et foule nombreuse. 

Itaî., formicaio. Beny , fromiUœre, fromilk. Genev.,/rt)ri- 
milière. M&ti.frcatinryt*. Moty., frcmllldrc PoïL, frem il ièrCt 
frem tg ère . P ro v . , fro m i(j u ier . Rom., from il ic rc , Sa v . , fr'm ter . 
Vx. ir^^ fromiere, formilivrc. 

Fretï, s. m,, et Frétille, f,, paille, chaume» terre en 
cliaume* A peu près in mènui sens qM'EioalG. (V. ce moU) 
BourQ.^frclaiUc (meuue choae). Montr.ifreÉi, 

Freurer, V* iutr., cliereher, fureter, déranger : « Que c'que 
fveux donc? Tùjot te frêùbes partout, ^j 
M a i ne , /p a i r e r . V x , f r . , fii ril Lu-j fi ron er . 

FiuGOLés, adj., rôtis. On appelle ainsi les châtaign(.^s cL les 
Uïarrons tout chauds sortant de la poêle trouée* (V, Cho- 
doies^ Frigolbte^*) 



188 LANGAGE POPUbAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Fbigoler, V» tr., faire griller, rôtir des marrons, des ehâ- 
taigaesi. 

GonQV., brisoler, hrcsolcr, Morv., frigolcr. Norm., friolcf\ 
Poit., frionlor. Sav,, hvlzold, 

Frigolôtes, adj. f., rôties, grillées. Ne s'applique qu'aux 
chfilaignes seulement. (V. Chodoies,) 

Frïgûusse, s. f,, frilure, cuisine, fricassée : « Jeanneton 
n^nous fdit pus d'Iu bonne frigousse. » Ne se prend guère 
en bonnii part, 
lîtmrg , frigoiiAse. Genev., frujoasse. Pic, frigousse. 

Fbïgou3ser, V. tr., faire frire, fricasser, cuisiner tant bien 
que mal. 
Bon rg. » frigoussa t\ 

FRrLïEux, adj., frileux : « 01 é si/rilieuXf qu'ô tient le poile 
entrenai ses jambes. » 

L^i.,fri<jîdus. Berry, fredillcux,frcdoUoux. Bourg. y frillcû. 
GeuQW . y frilmt. Morv., fredillouy frillou. Nam., frulcux, 
frileuB, Norm.p Jrilou. Wall., froûleâs, fruslcds. Vx. fr., 
fricu te u s , fro ida il tous. 

Friller, V. tr*, brûler avec de la paille la soie d'un porc 
que Ton vient de saigner. Ce feu d'artifice vulgaire est 
toujours une fête pour les gamins, qui ne manquent pas 
d*accourir aussitôt qu'ils entendent les cris aigus de la 
béte au boudin. — Le poitevin dit frilai pour rendre le 
pétillement de Teau dans laquelle on plonge un charbon 
ardent, de Thuile qu'on verse dans la poile, etc. 

Berry, frUlcr (ttre frileux). Midi, uscler. Montr., frlller. 
Motv . , frilier. WM.yfrouler (avoir froid). 

Frillôte, s. f., cuisson particulière de l'estomac, bien connue 
des trop assidus buveurs de vin blanc : « Prends garde, 
Jacot; t'chopînes bon souvent. . . Gare à Isi/rilloie! )) 

FRiPotîELLE, s. f., gens de rien, chose de rien. Terme de 
mépris : n Eùue vrâë fripouille que ce gas-là! » — « Sa 
marohandise? N'yé que d' la. fripouille! )) 

Frisons, s, m., rubans de bois qu'enlèvent le sabotier et le 
menuisier dans leur travail de rabotage. Eu effet, rien ne 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 189 

ressemble plus aux bouclettes de la frisure des femmes. 
Les enfants s'amusent parfois à s'en faire des coiffures 
comiques. 

Berry, frllon, frillon, frison. Forez^ /résilie. Fr.-Cté, //7*so/i. 
GexiQV,, frison. Morv. jfrillon. Norm., frison. Prov.. frisoun. 

Frô, adj., frais : « Dis donc, not'belle couraude, ail' n'é jà 
pu sï/rôche! )) Ce mot n'empêche pas notre locution (( à la 
fraîche. » (V. ce dernier mot.) 
Bourg., /r (5, /rat. Montr., frô. (V. Frâ.) 

Frôgner, V. intr., remuer, se remuer, se caresser par un 
petit mouvement ondulatoire : « 01 (^ bé si content, qu*ô 
s'en /rogne les épaules. » 
Bourg., /ro g ni. Forez, se frougnî (se frotter). 

Froid, s. f,, la froid. Certains citadins, pour mieux parler 
que les paysans, disent /roic? (Y./rèd), mais en féminisant 
ce mot : (( Oh! la, la! brrr! je grûle la froid. » 

Bourg., /rot. Bress., /rar/. Genev., froid. Saint., //"é^. Wall., 
frod. 

Froid (geler de), locut. redondante et fautive. Quand on gèle, 
c'est toujours de froid, (V. Bas, Bois, Chaud, Haut.) 

Front (avoir du), locut., être effronté. 

Ital., s/rontato. Bourg., été e/frontoa. Prov., cs/rontat' 
St-Am., été efroniô. Vx. fr., cs/rontè, effronté. 

Frontonière, s. f., fronteau, bandeau formé de plusieurs 
tresses, au milieu duquel est fixé un petit joyau de plus ou 
moins de valeur, et dont les jeunes femmes s'ornent le 
front. Sorte de ferronnière. Mais ce n*est point dans ce 
dernier mot qu'il faut chercher Torigine du nôtre, qui dit 
simplement « ornement de front ». 

Ital., /rontalc. Berry, froatiau. Prov., /reniai. Vx. fr., 
fronteau ix. 

Frotée, s. f., croûton de pain frotté d'ail, qu'on mange pour 
déjeuner, ou qu'on met dans le fond du saladier. 
Morv., /rotèc. 

Frougouner, V. tr., remuer, mais d'une façon ennuyeuse: 
« Ah! p'tiot, que q\x\e /rougounes donc tôjor à coûte 
d'moi? )) (V. Fregoner^ BouUguepj Ranger.) 



190 LANGAGE POPULAIRE VERDUND-CHALONNALS 

Frouille, s. f., fraude, tricherie. ' 

Genev., frouille. Montl*., frouille, 

Frouiller, V. tr. etiiitr., tricher, tromper son adversaire au 
jeu : (( J'quitte la partie; te n'fais (\\x\frouiller, » 

Genev., frouiller. Montv., frouill';r. Morv., friper, frouiller^ 
Sa.y. y frouiller. 

Frouillon, et Frouilloû, adj., tricheur au jeu, trompeur; 
(( Te gagnes, mais pasque t'ét un frouillon, » 

Fovez, frouillon. Genev., frouilha. Montv., frouillon. Sav., 
frouillon. 

Froumage, s. m., fromage. 

Ital., forniaggio. Bourg. y forniaige. Forez, fournia, frou- 
niageou.W*'k\iy.^ forma. Limous ^froumaje. Montv ,fremagc. 
Morv., fromaige^ frouniaige, frcumaige, forniaige^ frounxaise, 
V^ic, formage. Prov., for mal ge. St-Am., frouma^ou. Vjc. fr.^ 
froumage, frou mâche, Jourmagc. 

Froumageôt, et Fromageon, s. m., fruit de la mauve, dont 
la forme capsulaire figure un petit fromage, que les gamins 
mangent avec avidilé. 

Champ., fromageot. iwrs^^froumaidgeot. Morv., fromaig^ot., 
froumaigeot. Ronch., fromageon. Saint , fromageon. Wall-, 
frumejon. (V. Froumagère.) 

Froumagère, s. f., mauve à feuilles rondes, dont les enfants 
recherchent le fruit. 
Berry , Jromagère, Montr., fremagère. (V. Froumageôt.) 

Frût, s. m., fruit, de n'importe quelle nature. 

Lat., fructus. Ital., frutto. Berry, fru, frut. Bourg., /rw. 

Montr., frut. Morv., freu. Prov., fruty frug. Toul., fruto, 

Vx. ir.,fruis,fruict, 
« ' 

FiJARD, S. m., pigeon. (Le vieux mot /a/e voulait dire 

colombier.) 

L3ii.,fuga, Bourg., /aar. Bress., fuiarcl. 

FuiTER, v. intr., fuir, couler par une fissure : (( Ma tarine a 
fuite; j'ons pas évu d'bouillon. » 

Lat., fugcre. Ital., fuggire. Berry, fuigcr. Dauph., fuiiâ, 
Moi'v.,/wàcT, ^roY. jfugir, Vx. ir,, fuir ^f oui/ r. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHAL0NNAI8 191 

FumAle, S. f., femelle. Le paysan ne marchande pas pour 
ce mot; il le donne carrément à sa femme, que cependant 
il appelle aussi ss. fonne. 

Lat., fetnclla. Berry, fumellc. Hainaut. , Jumelé^ feuméle. 
Morv., fumelle, Nam., famèle. Pic, fumelle. Ppov., fcmeL 
Rouch. y feurnèle, Sav.^/c*ma/§. Wa\l.,frunièle. Vx. fr., fumele, 
fumelle. 

Fumoûére, échelle clayonnée pour le transport du fumier. 

FusiAU, s. m., fuseau. Les grand'mères l'emploient encore 
en filant au rouet : « La grande Glady, airvas'casâer; aile 
é mince coume ein fusiau. » 

Lat., fusas. Ital., fuso. Bourg., fuslâ, fu. Bress., Jusè, 
U, 'Y ^^, fusiau. Mac, /«S6». Montr., fcscau. Morv., feu hiau. 
feujau, fujâ, Poit,,fusea. Prov. y Jus. Vx. fr., fuisselt fuiseau, 
fuisiaXyfuseiau^fuseaulx. 



G 



Gaban, s. m., blouse, roulière, synonyme de bliaude. {V. ce 
mot.) 
Montr., gaban. 

Gadou, s m.t gadouard, vidangeur. 
Bourg., gadoL Lyon., gâduse* 

Gadoue, s. f., matière que remue le vidangeur. 
Wall., godau (eau de fumier). 

Gadrouille, s. f., eau sale, boueuse, vase, et aussi boisson 
désagréable, sauce mal apprêtée, etc. 
G?nev., Montr., Poit., même mot. 

Gadrouiller, . vw tr., gâcher, salir, barboter dans Teau, 
marcher dans la boue. 

•Genev. , gadrouiller. Lyon., gaboulller. Poit.. gadrouiUai. 
Rouçh., (catroulier. 

Gafer, V. intr., patauger, mettre «les pieds dans i;eau de 

. manière à la faire jaillir. Se dit des gens, des chevaux, etc. 

Pvoy., gafar (accrocher). (.V. Gauger, Gassouiller, etc.) 



1- 



n 



192 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Gafouiller, V. tr., remuer, agiter en tous sens et en désordre. 
Châtill., gargouillai. Dauph., gnboriller. Genev., gafouiller, 
Limous., gadouillia. Pic, gadouillcr. Prov., gafouillar. 
(V. Feitrnâcher.) 

GA[fiEj s. m,, gage, garantie. 

Ital., goggio. Morv., gaige. mPvov.^ gcilgc-, goje, Vx. fr., 
iGage, gnagc, gaje, gaige. 

Gaiger, V. tr., Pair*^ une gageure. 

Bûurg., gaigé, Morv., gaigcr, Norm. y gagier. Prov., gatgar^ 
gatj'ar, Vx. fi\, gagier, gaiger. 

Gaigeùeie, S- f., gageure, pari. 

Mopv*t guigciivc. Wall., wageur. Vx. fr., gaigeure. 

Gaille, s, f., lE'uie, (V. Treiië.) 

Gatte, adj., fém- de gai : (( Aile é prou ffaite, aH'rit tôjor. » 
Berry, galtte. Morv., gaite, Vx. fr., gage, guage. 

Gale, s. f.p employé adjectivement pour qualifier une 
méchante personne : (( Ohl nVas point d'avou aile; y et 
eùne vrâ ^ate. » 
Lat-i callus. Bourg., gaule, Sav., gala, Vx. fr., galle. 

Galine^ s, f-, poule, 

Lat. et itaï.^ galttna. Art., g leine. Bourg., galeigne, Dauph., 
gîalina. Forez^ jalena, jsalena, Langued., gatino. Morv., 
galinc (fruie qui a porté plusieurs fois). Norm., guerne. Pic, 
g laine y glaigne, glane. Prov., gallina^ galhina. Rom., gaiina. 
Rouoh., glane. Vx. fr.^ geline. 

GalinEi s. f., petite pierre et caillou plat. Les enfants jouent 
n à la galinc ^> ou tâchant, à une certaine distance, de 
renverser une pierre avec une moins grosse. Ce jeu s*exécute 
aussi en sautant sur un pied, et poussant devant soi la 
pierre avec le pied qui est à terre. Dim. de galet. 

Berry, gaiUne^ galine (jeu du bouchon). Jura, ^aZme. Norm., 
galoche, galine (jeu du bouchon). 

Galipia, s. m., galopin, vaurien, rôdeur, vagabond; qui ne 
travaille pas. Certains donnent ce mot avec un s ou un ^ 
finalp 

Baveux^ gaiaplan* Berry, galapiot, galopiot. Bourg., galapia. 
Orne^ ganipiou* Pic, galapiat» 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 193 

Galon, s. m., croûte d'une plaie. Sorte de mascul. de gale: 
« Pouihl jVeux pas Tbiquer; ôl a des galons sur toute la 
figure. » * 

Galoû, adj., galeux, principalement celui qui a de la crasse 
sur la tête. Aussi ce qui est inégal et rugueux. 
Berry, galoux, Vx. fr., galleux. (V. Galouse.) 

Galouse, s. f., bon gâteau local, dans la pâle duqud on 
mêle abondamment de petits cubes de courge. Après la, 
cuisson, ces cubes, quoique très attendris, restent saillants 
à la surface, qui se trouve ainsi garnie de reliefs granuleux 
faisant disparaître le poli de la croûte. De là le nom : 
^a^OMse.-c'est-à-dire rugueuse. (V. Galoà.) 

Gamache, s. f., vieille chaussure, savate, soulier dont on a 
plié ou coupé le talon pour en faire une sorte de pantoufle, 
Les Normands nomment ainsi des morceaux de toile dont 
les paysans s'enveloppent les jambes. 

Forez, gamache, Genev., gamache. Il.-Vne, gamache. Morv., 
gamache, Poit., gamache. Saint., gamache (guêtre). St-Am., 
chacata. Vx. fr., gamache (guêtre). 

Gambe, s. f., jambe. (Le français en a encore gardé gambade 
et gambader.) 

Bas-lat. et Ital., gamba. Pic, gambe. Prov., camba. Roucb., 
gampe. VJ ail., gambe. Yx. fr., gambe, jame^genbe. (V. Gambû) 

Gambée, s. f., enjambée, grand pas : (( Pour passer Tgouillat,. 
i m'a folu fâre la gambée. » Quelques-uns, fautivement^ 
-prononcent camhée. 
Berry, ajambèe, èjambèe, ègambèe. Vx. fr., angambèe, 

Gambi, adj., bancal, qui marche de travers, qui boite d'un 
côté : (( 01 a chu d'ia mate, é pi ôl en é resté gambi, )^ — 
« 01 é gambi; ma c'qui nTempôche pas d'ginguer quand 
ô joue. » 

Berry^ gambg. Bourg., gambi. Genev., gambion. jura,, 
gamby. Lang.f g ambio. Montr., gambi. Morv., gambi. Norni., 
gambier, Sav., gambie, (V. Gambe, Jarréard, Tovtait\ pion*) 

Gambille, s. f., jambe. Synonyme moqueur et diiTj. d^ 
gambe : c( n'se tient pu su ses gamhilles. )) 
* Bas-lat., gamba. ChaLm^t., gambille. Vx. fr., gambille. . 

m 



194 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Gambiller, V. iatr., agiter les jambes de travers, boiter. Se 
prend toujours ironiquement. 

Bourg., gambillcU, Champ., traîner la g^mbllle. Lang., 
gambé/a. Morv., gambiller , ganibincr, ^ovm,, g ambeler. Pic, 
gambillonner, Poit., être de gambillon, Wall^, gampicr. 
Vx. fp., gambier, 

Gandôler, V. intr. , remuer ondulatoirement , balancer: 
(( Quand ô marche, ô gandôle, » 
Norm., gandolcr. Prov., gancillar. Vx. fr., gandiller. 

Ganif, s. m., canif. 

Angl., knife. Genev., ganif. Vx. fr., kenicet, canicot. 

Gânote, s. f., sorte de gâteau, de forme ovale, tenant de la 
flamusse et de la corniote, mais se rapprochant un peu 
plus de la brioche. (V. Corniote, et Flamusse.) 

Gâpian, s. m., employé de Toctroi, gabelou, rat-de-cave. 
Terme volontiers injurieux. — Signifie aussi drôle, 
polisson. 

Bourg., gaibclou. Fovez, g apian. Genev. j gapion, gaillepan. 
Lang., gabian, Lyon., gâpian, Morv., gâpian. Rom., gobl^x. 
Sav., gâpian. Suiss. r., gâpian. 

Garaude, s. f., grande guêtre de toile. 

Bress., garaude. Dauph., garoda. Forez, garaude, garodon. 
Màcon., garode, garaude. 

Garaude, s. f., coureuse, fille de mauvaise vie. 

Forez, guiraude. Genev., faraude. Morv., garaude. Piém., 
garaude, garûlla. Rom., caraulde (vieille sorcière). 

Garauder, V. intr., courir, mener mauvaise conduite: 
« Tous les soirs ô s'en va. On n*sait point c' qu'ô fait... 
garaude, » 
Genev., garauder. Morv., garauder. 

Garaudeu, s. m., coureur, garçon qui se dérange. ^ 
Dauph., garaudiè, 

m 

Garcenôt, et Garçounôt, s. m., garçonnet, petit garçon. 
Dans nos vieux Noëls, le petit Jésus est fréquemment 
appelé garcenôt. ^ 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 195 

Berry, gavçoaniau. Bourg., garccnô, gacenô, gaichenô^ 
gach!ncû, Lorr., gàchenot. Pic, gucrchonet. Vx. fr., gar- 
çonet, garsonnet, 

Garçouniaude, et Garçounière, s. f., fillette qui joue trop 
volontiers avec les garçons : « Ta Jaeole, prends-y garde ; 
aile é prou garçouniaude, )) 

Lang., garçouniairo. Montr., garçouniaude, Morv., gar- 
çongnièe. Pic, guerchonière. Vx. h\, garsonnière, 

Garderobe, s. m., armoire, meuble, et aon pas chambre à 
renfermer linge et habits. Se dit concurremment avec 
armoire, 
Bress., garda-robba. Genev., garderobe. Vx. fr., garde robo. 

Câre, s. f., guerre, lutte, bataille. 

Ital., guerra. Bourg., garre, gare. Dauph., guerra. Mâc.^ 
guàrre, Prov., guerra, gerra. St-Am., gara. Vx. fr., guerre. 

Gare, adv., guère, un tout petit peu. 

Ital., gari. Bourg., gare. Pic, ouère, wère. Prov., gaire, 
guaire. Wall., wair, Vx. îr.y guaires, gaire, gueres. 

Gareau, s. m.; pluie abondante, averse : « En revenant d*la 
noce, j 'avons reçu un fameux gareau, » Faut-il voir là:- 
gare eau? 

Berry, garaude. Fland., gruot, Lille, gruau. Merv., gou- 
niau. Montr., garrot. Morv., guèrot. 

Gargaméle, s. f., gorge, gosier. Nous trouverons plusieurs 
mots ayant une double signification. 

Aube, garguette. Poit. , gargamè. Prov., gargameUa. Saint., 
gargan\elle. TouJ., gargamèlo. Vx. fr., gargamela. (V. Gar- 
gouléie, Garguillôtj Garguillàte.) 

Gargôillon, s. m., charançon minuscule, qui fait son nid 
dans les grains : fèves, pois, lentilles, etc. 
Lat., curculio. Lyon., gourguillon, 

Gargôiller, V. intr., gargouiller. 

Maine, gargouiller (gazouiller). Morv., gargouéiller. Toul., 
gargouta. (V. Gargoter.) 

Gargoter, V. intr., barboter, presque synonyme de gar- 
gouiller. 



196 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Genev*t gargoier. Pic, gargoter (bruire en bouillonnant). 
Prov., gargotiéar. Rom., gargottcr. (V. Gargôiller). 

Gargouléte, s, f,, gosier. 

Bouvg., gart/ouhUt\ maryoulette. Snta^, gargoulette. Montr., 
garguelotte. Vosg., gargolette, Vx. fr., gargouiller (se gar- 
gariser). (V. Garfjamèle, Garguillôt, Garguillôte.) 

Gàbguillot, s. m., gosier, gorge. 

Bourg., gairgaiUùy gargari. Champ., garguillot. Fr.-Cté, 
fjorffoilloé, f/nurifelin , Lang., gargaillol, Morv., garguillot^ 
gairjtc'dlot, garUùrot. Toul., gargailhol. (V. Garguillôte.) 

Garguïllôte, s. f , gorge, gosier. Après le maso, qui précède, 
il a fallu encore ce fém. pour dire la même chose : « Se 
ranfrôchir \3. garguillôte, » c'est boire un coup. On se la 
rafraîchit souvent. 

Lit., fjorgullo. Aunis, garguena. Berry, gargane. Champ., 
gargnefte. Fr. -CU\ fjarguillotte, gargotte. Genev., g ar gâtai ne. 
Lang., gargatè, gargantè. Lim., courgniolo. Morv., garguillc, 
Plc.^ gargaté, Pa[t.^ gargane^ garganate. St.-Am., gueurze. 
Saint., guarguenaiL Sav., gourde. Vosg., gargolate. Wall', 

. garguiUe. 

Oàrî, y. tr., guérir. 

hski.^ ^juarlre, Berry, garir^ guarir. Bourg., gairi. Gasc, 
guari, Lim., gorL Morv., gâri. Pic, garir, Poît., guari. 
Prov., garîr^ gttarir. Rom., garir. St-Am., gari. Vx. fr., 
garir, guarir, 

Gâriyon, s. f., guérison. 

ItaL, guarîgione. Mqrv., gairïon, gârison. Prov., gueriso. 
Vx, fr.^ gaarisun, garisori. 

Garlët, et Garlôt, s. m., étui à aiguilles. D'autres penchent 
pour garrdet. 

Bourg , garlô, garrclôt, gareleu. Champ., garitiau, Haut- 
Maine, gariliet. Montr., garlot. Morv., garlot, guerlot. 

Garnirent, g. m., garnement : « T'pourôs ben garder ton 
p'tiot; y et un prou ch'ti garniment. » 

Ual,^ garnioicnta. Cogn., garniment. Prov., garnimen. 
Vx, fr-, guarnement, garniment. 

Garnipille, g, m., coureur, maraudeur. Ch. Nisard en 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 197 

donne une étymologie piquante : « Guerne et guernillier 
voulaient dire, en normand, poule et poulailler. Ce derQier 
se disait aussi poullier. On comprend donc comment 
pilleurdeguernes3.pu former guarnipille, ipuis garnipille. » 
(V. Gueùrnipille,) 

Garôille, s. f., truie salie. Se prend souvent, au figuré» 
pour désigner une fille de conduite peu propre. 
Bress., garoille. Montr., garoille. (V. Treue.) 

Gârot, s. m. , garrot, gros bâton court, gourdin, trique, 
Montr., garrot. Vx. fr., garrot. 

Garouiller, V. intr., courir salement, mettre les pieds n'im- 
porte où. Au figuré, vagabonder, hanter les mauvais lieuN, 
(V. Guèreyé.) 

Gâs, s. m., garçon, jeune homme. Se prend aussi bien en 
bonne qu'en mauvaise part. 

Berry, gas, gasin, gason. IL-V^e, gâs. Maine, demigds (tout 
jeune domestique). Morv., gâ. Pic, ga, 

Gasser, V. intr., marcher dans Teau, passer à gué avec 
éclaboussures. 
Montr,, gasser. (V. Gaffer, Gassouiller, Gaager, etc.) 

Gassouiller, V. tr. et intr,, salir en marchant dans la boue, 
répandre de Teau, barboter. 

liai, et espagn., guajssare. Bourg., gassoulllat. ChàtilL., 
gassouiller. Genev., goulller. Pic, gassouiller. Poit.^ ga$- 
souillai. Saint., gassouiller. (V. Gasser.) 

Gâter, v. tr., salir, déchirer : « Le ch'ti morveû! ô m'a 
tout gâté ses hébits. » 

Lat., oastare. Ital., guastare. Berry, gâter (blesser). Pic, 
water. Polt., gâter. Prov., gastar, guastar. Saint., gâter. 
Vx. fr., guastery waster. (V. Gassouiller.) 

Gâtiau, s. m., gâteau, désigne volontiers toutes sortes do 
pâtisseries. 

Berry, gdtiau. Bress., gotiau. Mac, gôtiau. Pic, wastel 
Ppov.^ gastal. Rouch., wateau. Wall., wastai. Vx. fr.^ 
ga^tiau, gasteau. 



198 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Gatjau (pèri3), loe, familière, pour désigner le grand-père 
qui gâte ses petits enfants. 

Gâtre, s. f., gnutre. 
Bourg-, guaire. 

Gau, s, m,, coq, A plusieurs synonymes. 

Lat-, galhts. Lang., gai. Morv., gau. Norm., gau, (V. Jau, 
Jagar.) 

Gaudes, s. f*, bouillie préparée avec la farine du maïs, soit 
au kit, soit à Teau et au beurre. Mets des plus usités et 
des plus goûtés en Bourgogne. Avec addition de sucre, 
recommandé par les médecins aux convalescents. Ce 
potage pourrait ajspirer à être classé comme mets national, 
si toutefois il ne Test déjà. — Sert pour la polenta des 
ïtaliens- — La farine la plus renommée se tirait du village 
d'Echenon, prt'S Saint-Jean-de-Losne. Aujourd'hui on en 
a partout d'excellente. 
Montr.^ gutidcs, (V. les Sonnets Verdunois.) 

Gaudï (se), v. pron», se gaudir, se réjouir. 

Lat*, gaiidere^ Bourg., se gaudi. Toul., se gaudina. Wall., 
si gaudi. Yx, fr.^ gaudgi\ 

Gaudrille, s* f., libertine, fille de mauvaise vie : « C'te 
feignarite-làj n'y é ran qu'eùne peùte gaudrille. » 
Bourg., gaudrille, 

Gaufrei, s- m., gaufrier, ustensile dont remploi réjouit 
toujours les enfants. 
Bouj'g., iJofre'L Vx. fr., gaiiffricr. 

Gaugerj V. intr,, mettre les pieds dans Teau ou la boue: 
« Dieu de Dieu! j'sui-t-i fait! En v'nant, j*ai gaugé tout 
mon soiK » — Un certain nombre de nos mots se retrouvent 
dans le piitois des Charentes, entre autres celui-là. Un de 
nos compatriotes le croyait tellement local, qu'un jour, 
remondant prononcer dans une ville éloignée, il se 
retourna et dit à la personne qui venait de s'embourber.: 
M Ohl vous, vous êtes Bourguignon! » C'était vrai; mais 
la personne pouvait être de La Rochelle ou d'Angoulême. 
Berry, gattgcr, gaucher^ gouiller. Bourg., gaugé. Fr.-Cté, 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 199 

gaugie. Montr., gaugev. Morv., gaucer, goueiller. Saint., 
gauger, (V. Gqffar^ Gassouillci\ etc.) 

Gaumer, V. intr., séjourner trop longtemps dans l'eau, dans 
la sauce, sur le feu : « Ton linge gaume dans Tbaquet. » 
— « L'mainger ^aame su Tforniau. » 

Gaupe, s. f., coureuse, fille ou femme dont la conduite laisse 
tout à désirer. Notre patois est riche pour désigner ces 
créatures. 

Bourg., gaupe. Forez, gaupa, gampa, Fr.-Cté, gaupot. 
Genev., gaupe, Jura, gope, Morv., gaupe. Suiss., gopa, TouL, 
gaupas. Vx. fr., gauppc, 

Gausseû, s. m., gausseur, qui fait le malin : « J'n'ain-me 
pas d'aller nous deux lui; tôjor ô s'moque. Y et ein 
gausseù. » 
Bourg., gausseu, Vx. fr., gosseur, (V. Gosse,) 

Gayôt, s. m., gros bâton, rotin pour se défendre, et dont 
nos gas savent souvent trop bien jouer. 
Lorr., guègo, Vosg., gc^fot. 

Gein-ne, s. f., gêne, physique et financière. Dans plusieurs 

de nos vocables, le son aigu è ou ei se trouve remplacé 

par le son nasal plein : gène, gem-ne; peine, pem-ne; 

Madeleine, Madelem-ne, etc. 

Maine, gèhaigne, Mov\,Jâne, Vx. tr.,gehine, faîne, géhenne. 

Gein-ner, V. tr., gêner, contraindre. 

Morv., ya/ier. Vx. fr., gehenner, geiner, gesner. 

Gelô, adj., gelé. Indépendant du v. Jauler, (V. ce mot.) 

Lat., gelatus. Bourg., /aulat, jeulal, Bress., selo, Prov., 
gelât, Sav., sèlà, Wall.,ya^é. (V. Glas, Jaulée.) 

Gémî, V. intr., gémir. 

Lat. et ital., gemere. Berry, génier, Prov., gémir. Vx. fr., 
gémir. 

Gémissu, parf . de gémi : « Aile a tant gémissu, qu'aile en a 
tombé mau. » 

Gençôts (les), s. m., agacement des dents produit par des 
fruits verts, ou des aliments acides : « Tes peùrnes sont 



200 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

,-pas meùrtcs ; alT m*onl baillé les gençots. » (On dit: 
donner les gençots, avoir les gençots,) 

Boa^g.i al/unce* Bress., gensos. Champ., gcnccs. Lyon., 
la detice. Montr., les genceaux. Morv., le geneiot. Prov., 

Gendre, s. îû., gemtï, sorte, manière : « I vorôben por mon 
gila eu ne fi ilote dans V gendre d'ia vôt*. » Est dit par 
rit'ilien qui parle français. 

Lat. et ital., gcaerc. Morv., ^Inre. Prov., gendre, Vx. fr., 
gendrCj gcrre. 

GÉNiLiER, s. m., gel i nier, poulailler. 

Bourg. j ffcnelcï. Montr., g eni lier. Morv., gelnlère, (V. Gar- 
niplUc.) 

Genô, s» in., genou. 

Lat,, genn^ Ital-, gliiocchio. Bourg., gcnon. Bress., aeneu 
Lim., jononéh Lorr., geno.jaoa. Morv., geno^ ^'riou. Prov., 
ijeaolli^ ginolk. St-Am., scnô. Sav., -s-enoea. Vosg., geno. 
Yjc. fi'.T genOîUj gcnuil^ gcnol, genoidl, 

Gentî, adj., gentil, agréable, gracieux. (V. Gentite.) 

Gentite, fém, de Genti, gentille, jolie : « La p'tiote, j'ia 
prendrôs ben; aile é gentite à croquer. » 

Lat., gentilis. Ital.. gentile. Berry, gentie. Bourg. ^Janti, te. 
Lim., jèntè. Morv., gentite. Vx. fr.,, gentis, gentite. 

Gevrï, s, m,j givre, frimas. 

Boprg*, .^ét^re. h?^ng., Jalibre. Morv., geori, geneori. Prov., 
gihre. St-Am. 3 ^mra, Toul., gibre. Wall., gicronde. 

Gevriller, y. intr., se (Jit du givre qui tombe. 
Morv., gi'criller^ genecriller. 

GiBOULÙTE, s, f., gibelotte, fricassée. 

Montr., glhotiloUe. Wall., giblè d'awe (abatis d'oie). 

GicLÔTj oa GiQUELOT, S. m., loquet Constitue encore dans 
maints villages toute la fermeture des portes. Les paysans 
vont, atix champ?!, pour la journée, et se contentent de 
laisser retomber le loquet ; ils n'ont point de cambrioleurs 
â craindre. 



fV^^^^^T^ett^BV^ 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS .201 

GiCLOTER, V. tr., loqueter, agiter, faire tourner le giclbt, 

GiFE, s. f., gifle, soufflet. 

Bourg., giffle (joue). Genev., gifflard (joufiQu). Nam., gije» 
Norm., giffle, jiffe, jaffe, Vosg., giffle. Wall., cAt/c (joue). . 

GiGiER, s. m., gésier. Se dit aussi de restomac d'un ivrogne, 
d'un goinfre : « S'en é-t-i fourré dans le gigier! )) 

Lat., gigeria, Berry, gigier. Genev., gigier, gisier. Hain*, 
gigier, gigè, sizier. Lille, giger, gigier. Lorr., gigier. Pic, 
gigier, giger. Rouch., gigè. Wall., gigi. Vx. tt.Juisier, fusier, 
jugier. 

GiGouGNER, etGiGOGNER, V. iutr., gigoter, remuer lés jambes : 
« Pendant tout Tbal ôl a tant gigougné, qu'ô n'en peut pu. » 
— V. tr., tirailler, secouer en disloquant : « T'veux donc 
Téracher, que t'gigougnes si fort la porte? » — « T'as biau 
gigougner l'mânche du martiau, te l'démanch'ras point. » 
Genev., chicougner, sigougner. Lang., cigougna. Morv. , 
gigonner, gigoigner (travailler maladroitement). Poit., gigou- 
gnai. Saint., gigougner. (V, Dègigougner.) 

Gigue d'andouille, loc. Se dit d'un homme mou, qui se 
laisse aller en marchant, qui n^a pas la jambe (gigue) plus 
forte qu'une andouille. 

GiNGois (de), loc. adv., de guingois : « Drèsqu'ôl a bu eun 
varre de vin, ô va tout de gingois. » 

Berry, gimhoise. Bourg., de guingoi. Forez, de gingois^ 
Genev., de guingoine. Lim., de higouèï. Pic, de gaingoin. 
Poit., de ginguois. Toul., de guingoués. Vx. fr., à gyngogs. 

(Le Berry et le Morvan ont le verbe Guincher, aller de côté^- 
et d'autre.) 

GiNGUER, et GiGUER, V. iutr., sauter, courir, danàer outre 
mesure, s'amuser bruyamment : « C't étourniâu 1 tout le 
temps ô n'fait quginguer. » — « T'sais, ta mère veut ben 
que t'joues; ma à n'veut pas qu'te gingues. » On a nommé 
ginguet du vin à faire sauter les chèvres. 

Lat., joculari. Berry, ginguer. Bourg., fringai, gipaillai. 
Bress., siiiguè. Champ., giguer. Fr.-Cté, ginguer. Genev., 
ginguer. Jura,, jinguer. lAm.,jïngliâ. Midi, jinguer. M-onit., 
ginguer. Morv., ginguer. Nor^. , ginguer. Pic, jing 1er. F oit. ^ 
lingual, ginguer, giguer. Rom., fynguer. Rouch., gingler- 
Toul., guimha. Wall., gingler. (V. Requinquer, Glpalller.) 

21 



•2ffiî LAKGAGE POPULAIRE VERDUNOCHALONNAIS 

GiPAiLLER, V, inir^j sauteriller, gambader en faisant sauter 
ses jupos. 
Bourg., gipaiilui. (V. Ginguer.) 

GiREEs, s, I., plaintes sans grand fondement, manières de 
plaignarde, et aussi simagrées, grimaces, affectations 
hypocrites : t< Ah! mon Dieu! en fait-elle des giries! » 

Berry, gj/rie^ Bourg., geyr^ H^^-Marne et Marne, giries, 
Morv., */t>tes* Norm., giries. Pic, giries (tropaperies). Poit., 
giries. Roucb,, gif ries (mauvais tours). 

GivÉLE, s. !., ja%'elle. Ce qu'on coupe d'herbes (blé, orge,- 
seigle) avec la faux ou la faucille, et qui attend d'être mis 
en gerbes. 

ItaX,, gacela* Boneg, ^ jaicèle. Champ., yareaa. Mor\., j'ai- 
vale, jaiuèle. Pic*, gacdle, Prov., gacéou. Suiss. r., djsècala, 
Toul,, gabcie^ Yx, fr., garnie, gacelle^javaulx» (V. Javelles.) 

GivELER, V, tr,, javeler, CQuper, faucher des poignées de 
céréales, 
Aum$,ja(^ouilkr, ^lofv.^Jaicaler. Toit, Jacasser, 

GivELÔTj et Gjyelôte, s. m. et f., petite javelle, et petit 
fagot de sarments* 

Berry, jamlotic, Morv., javelot^ jaivelot, Poit. , jacelon^ 
jaceht^ 

Glâice, et Glas, s, f, et m., glace. 

Ital., ghtaccia, Berry, gla. Bourg., glaice, diaice, Gasc, 
glas, Lim., glia^ gliaço. Lorr., guiace, Montr., glliaiche» 
Morv., ijaiaice. Prov... glas, glatis, Rom., glaU, St-Am., 
Ujachc, Sav., gliais, Toul.^ glas, Vosg., cftaise. Vx. fr.,;9 /acAe, 
glas, (V. Jaulèe.) 

Glaiçon, s, m. 5 glaçon. 

Bourg., glaiçon f diatt^on. Morv., guiaiçon. Pic, glachon. 
Vx. fr., fflasQH* 

Glener, Y, tr., glaner. _ 

BaS'Iat., glenare, Aunis, glienner. Berry, liéner^ glalner^ 
gicner, Gen.ev,. glèner\ glaimer, Morv., guaincr^ guieuner. 
Nûrm., Itanner. ViQ.j glalncr, Poit., lienner, Prov., grenar^ 
St-An],, hjcnè^ Yx. Ir., ylencr, glainer. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUN0-CHAL0NNAI3 203 

GuÂ, S. m., glas, tintement lugubre de la cloche pour* 
annoncer une mort. 

Ital., chiasso. Bourg,, c las. Morv., îâs. Prov., çtas. Yx. fr., 
gla^, clas. 

Gliand, et Gliand-DÔ, s. m., gland, et gland-doux, 

Lat., glandis. Ital., ghianda, Berry, aillant, tland, Bre&s., 
yan, y an-do, Genev-, agi an, Maine, guian. Matich,, lion,* 
Montr., glliandu» Norm., lian, lion, glian, Prov,, gltmt^ 
aglan. St-Am., lyé, Suiss. r., aillan. Vx. fr., glande^ glan. 

Glissière, s. f., glissoire : « O s'é flanqué le c*.. su la 
glissière; ôl a fait étoile. » 

Bourg., li;seu, Genev., gUsie. Pic, glinchade. Poit-, glis- 
souère. Rouch., dègrîoloirc, g lie hoir c. Toul., Icgaenadùu* 
Wall., g lie hoir e. 

Glonfer, V. tr., gonfler, distendre. 

Lat., conjlare, Ital,, go njiare. St-Am., conlyé. Vx. fr^ eon- 
Jler. (V. Gonfle.) 

Gloriéte, s.f., cabinet de verdure dans un jardin. A Chalon- 
sur-Saône on a encore le rempart « de Gloriette n. 

Esp., glorieta. Lille, glorictte. Rouch., gloriéte. Vx. fr., 
gloriéte. 

Glu, s. m., a du glu », pour de la glu, 

Lat., gluten. Ital., g latine. Berry, lia. Forez, tjlun, clœu, 
Genev., glu (m.). Prov., glut. 

Glu, Glus, Gluix, s. f., et Glin, s. m., paille de seigle de 
Tannée précédente, qu'on emploie souvent à faire des liens 
et surtout à couvrir les maisons. 

Lat., glus, Aunis, glieu. Berry, glotte, Hotte. Bourg., gleu, 
glô. Bress., glu, Fr.-Cté, glu, glou, ghieu. Guern., gliic, Hte- 
Auv., cludsada {ioii de chaume). Montr., gllieux, g (Uns. Morv., 
guieu. Norm., liot, gleu, glu. Pic, glui. Poit., glin^ gîeu, glieu, 
Prov., clui, glueg. Rom., gleng. Rouch., glui. Saint., gieux. 
Vend., gliu. Wall., glui. Vx. fp., gluyon, gluy, glui. 

GniaFj et Gniafe, s. m,, cordonnier, mais pas d** pi-eiiii(3C 
ordre, resseméleur. Expression dédaigneuse. 

Marne, niafre. Norm., gniaf. Poit., niaj. WalL, gniaf, Vx, 
fr., gnaf. 



204 LANdAGH POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Gnieù, s, m., nichelj œuf couvé laissé dans le nid pour que 
la poule y vienne pondre. 

Auv.» nlo^gnlau, Berry, gnieu. Forez, m'a^, niron. H*-Maine, 
niaa. Jura^ ^nieu. Morv., gtiiau^ nlau. Norm., gnieu^ gniai, 
niaii. PoiLj nto^ niou, nioue, Prov., niau. Suiss. r., niôy 
gniô. Vend.^ gnieu. 

Gniole j s, f., lape, coup : a Si te n'me lâches pas, j'vas 
l'envoyer eùne gniole, » 

Bourg., gniole, Lorr., niole, gnole. Morv., gniole. Pîc, 
niole^ gnolû. Rouch.^ nieule. 

Gnognôte, s. i-t bagatelle, chose de peu de valeur : « Qu'é 
c'qui é que c'qui? Y é d'ia gnognbte! » 

Berry, gaiogniot (niais). Chatill., <//ito^ (dernier né). Montr., 
nioniot (Hiaîs), Norm., ^/ito^ (niais). 

Gnôle, adj., crédule, niais, simplet : « Côse-te; t'é ben trop 
gniole, » 

Genev., begnulc. Ouern., niolle, Jura., g niotle.Movy,, g noie. 
Norm., gnole^ gnolu- Vaud., gnagnou, guegnule. Wall., noie. 

Gobe, et Gobôt, adj., gourd, engourdi par le froid : « Je 
n'peux pus t*ni ma pleùme; j'ai les dèts gobes. » ' 

Aunis^ gobe. Berry, gobe, gobourd. Bourg., gobe. Dauph., 
gobto, goitbio. Isère, gobio. Lyon., ^060, goba. Morv., gobioi^ 
goublc, Norm., gobot Pic, baude. Prov., gobi, gobia. 

GûBELÔT, et GouBELÙT, S. m., gobelet, vase à boire, et liseron, 
fleur qui ressemble à un gobelet. 

Bas-lat.,.^»6e/^(s. J^vtY,goubelet. Boxivg.j g ôbelle (petit vase). 
Prov., gobelet. Roueh., gobelot, gobaui. Vx. fr., guhulet, gow 
beleL 

GoBRjciiËR, V, tr., gober, avaler vite, croire à la légère: 
(( Tout ça qu'on li dit, ô ïgobriche. )) 

God'lurô, s. m., débauché, jeune libertin. 

Lat-, gaudere. Bourg., gaudelurô, galiirâ. ^Vx. fr., gaade- 
lureaUf goguelurûau^ galureau. 

Godiche, adj., plaisant, bizarre, ridicule : « D'avou sa cane, 
él*ti godicliê, c'ti-làl )) Altération de Claude, qui, comme 
Jean-Jean, veut dire : nigaud. 
Rouch,, godiche. 



l^ANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONN Aïs 205 

GÔDRON, S. m., goudron. , 

. Berry, gôdron. Genev., goclron. Mory., gùdron. 

GpGÂYE, s. i,y bon repas, copieusement arrosé : « Youî* 
Tfameux gas I ôl é prou bon pour faire Ja gogàyç, )) 
Bourg., g ôg aille. * 

GÔGUE, s. f., plaque de fer attenant au bateau, et où sa 
place r^/)ai7/é^e. 

GoiFFON, s. m , goujon. D'un apprenti pêcheur on dit : « 
n' prend qu'des goiffons! )) 
Bourg., ^oat^on. Bress., goifon, Rouch.,^oMO/on, goat^lion, 

GoÎTRON, s. m., maladie du cou, qui décime souvent les 

troupeaux de moutons. On la nomme aussi èowreiY/e. — 

Ces deux noms la désignent assez clairement. 

« 

GÔMON, S. m., mélampyre, plante des terrains calcaires, qui 

colore le pain en rouge vineux. Se dit aussi de Tàvortement 

du grain de froment, maladie plus locale que le charbon, 

GÔNER (se), V. pr., s'habiller de travers, sans goût, et aussi 
se travestir, se déguiser pour les jours de carnavaL A 
propos de ce mot, disons qu'en Bourgogne il a signifié: 
Y Se mal vêtir; 2^ se vêtir avec soin : <( Pou Tmardi-gras, 
ô s'a^dn^. » — « Eh! dis donc, coum' te v'ià gônéel n 

Ital., gona. Berry, gouner, gauner. Bourg., gonai, gaïuuii^ 
(jounai. Chât.-Chin., gôner. Dauph., gonella (niaise). Forez^ 
goner. Jura, gôné. Lang. , gonela (tunique). Lyon., ffônfir, 
Montr.. gôner. Morv., gôner. Toul., gouaèl, gounelo (robe)- 
Vx. fr., gône^ gonelf gounela (jupe de femme). (V. Gànùt.) 

Gonfle, s. f., musette : « J'vons danser; Simon va nous 
jouer de la^on^e. » 
Lira., àhobréo, ÇV. Musàte.) 

Gonfle, s. f., bulle, ampoule : « Faire des gonfles de savon. 
Avoir des gonfles dans les mains. » 
Bfess., ;90/t/ïc. Genev., \90/i/?e. 

Gonfl&, adj., gonflé : « 01 a tant buvoché, qu'ôl en ègonfle. n 
Quand un bœuf a trop mangé de trèfle mouillé, il est 
gonfle et crève. Alors on le fait assavoir, et on le vend au 



206 LANGAGE POPULAIRE VERDUNOCHALDNNAIS' 

rabais, sous la garantie du vétérinaire, — Un certain 
nombre d'adjectifs prennent chez nous cette forme dépouillée 
de Taccent : en/îe, trempe^ trouble, etc, Pontus de Tyard 
a délivre pour délivré. Le genevois a cure pour curé (mis 
à sec), 
Genev.^ gonjle. Lioi,, yofèU. Morv,, gonjle. 

Gong6neRï y, intr,, murmurer, se plaindre : u C'ta vieille > air 
n'é point drôle; ail' gongone sans En. >j 
D;iuph.^ gofiifonaer. Gene^'.^ gofigontier^ Lyon., gongonner. 

GÔNiÂ, 3. m,, chiffon, loque, et aussi la personne qui en est 
vêtue. {V. Génbi.) 

GÔNÔT, et GÀNtÔT, s. m,, personne travestie de façon gro- 
tesque et triviale : « J'sons ^n carnavau ; les gânots c6roiit 
les rues, w 
Fr-'Cté, gôna (équiper)* (V- Gônerf et Gonia.) 

GoRDER, v, tr., quémander, mendier : a Tn'as donc pas 
honte, d*allerc'mentc'quitôjorr?orrferchen les vouésios? u 

GoRGÉTE, s. f ., petite gorge, gorgerette, col de femme. 

Itàl., gorgleretta. Bourg., gorfjelre, Breas., gorssira, Mac, 
gorgeîre. Morv,^ gorgaire. Poit., gorgeirc. Prov., gorgetireta. 
VjCh fr-, gorgcttcr gorgerete, 

GÔBi ! goret 1 exclamation des campagnardes pour rassembler 
leurs petits cochons. On entend aussi parfois : Gouriî 
(V/ce mot.) 

GoRMAND^ ad]., gourmand, qui a Tappétit d'une chose, qui 
mange beaucoup, 

Berry» gormantL Bourg., gormaa, Mac, gàrman. Morv., 
fjoroian. St-Atn., groumè. Saint., gormand,VxAr.^ gourman^ 
fjournient, 

GoRMAND (être), loc, être désireux, avoir besoin : « 01 é 
gormand d/soumei» u — (t C'tc tare é gormande dlati. ï> 

GoRMANOisKs, S. !., friandtscs, sucreries : (( Y évôt enn biau 
dessert; y ét6t plein de plats à'gormandises, » 
Genov.j gormaadises. Motw^ gormandtes. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 207 

GôssE, S. f., gausserie, mensonge, bourde; jacasserie, potin : 
« Côse-te; t'é tôjor à nous conter des gosses. » 
Berry, gausse. Bourg., gausse. Norm., gosse, (V, Gausseû.) 

GôssER, V. intr., mentir, conter des blagues. 

Bourg., gaussai. Chatitl., gausser. Poit., gossev, 

GÔTE, s. f., goutte, ration de «< dur », que Tindigène multiplie 
avec trop de complaisance. 

Lat., gutta. Ital., goccia. Bourg., gôte, gueute. Morv., gotte. 
Ptoy.,gota, St-Am., goûta. Sav., gotta. Vx. fr., gote, goûte* 

GÔTER, V. tr. et intr., goûter, discerner les saveurs, et aussi 
tomber par gouttes. 

Lat. et Ital., ;^«s^are. Bourg., gôtai. Morv., g otter. Prov., 
tfoster. Vx. fr., goster, goustcr. 

GouDÔT, S. m., jeu d'écolier consistant à courir d'après 
. certaines règles, et à s'attraper : « Veins-tu jouer au 
goudbt^ » 

Gouî, s. m., serpette de vigneron. 

Bourg., goâi. Montr., goyard (grosse serpe). (V, Gouisot, 
Sarpe.) 

GouiLLAFRE, ct GouLiAFRE, S. m., goiufre, glouton, qui 
mange-par gourmandise. 

Berry, goulaffre, galaffre. Bress., galafre. Genev., galïau/re, 
gouliafe, Lille, galafe. Lorr., goulafre. Marne, goullaret, 
Montr., gouillafre. Norm., galaffre. Pic, goulafre. Poit., 
goulufria, Rouch., galafe, galoufe. Sav., gaillôfra.Toul,, 
galhofre. Wall., galafe. Vx. fr., galiffre, goulafri. 

•GouiLLAT, S. m., flaque d'eau qui reste après la pluie, creux 
d'eau sale, bourbier : « N' pass' pas dans Vgouillat! » — 
« J'ai, dit J. Durandeau, entendu une Bourguignonne qui 
partait pour l'Amérique dire simplement : « J 'allons 
passai le grand gouillat! »... Appliquer le mot gouillat à 
l'immense océan! Chez nous on appelle aussi Paris le 
grand village, 

Berry, gouillat, gargoiile, gargot. Bourges, gouilla. Bourg., 
fjouillai. ChSitilL, gassouillat. Cogn., g assouil. Dauph., goliat. 
Doubs, gouillat. Forez, sahouliat. Fr.-Cté, gouillet. Montr., 



SOS LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

' */ ouille^ g otiiiUï. Morv. ^ gor^a(,goueillâ,f)argoaiUa.(y .GoulllCy 
Margouiliai.) 

Gou[LLE, s, ï. de Qouitlat, flaque, boue, sale ruisseau. 

Aï p. rom., ijoinUi\ Bonvg., g ouille. Dan^h., gouUle. Fr.-Cté^ 
ffOuiUa. Genev., gàutUe. Morv., gmiclUc. (V. Gouillat.) 

GouïNE, s. f., fille, femme de vie méprisable. Qaean (kouine), 
truande, laisst^ aux Bourguignons par les Anglais au 

- commencement du XV^' siècle. « Singulière fortune des 
mots, dit J, GuiUerain; le même veut dire ici reine^ et là, 
femme perdue. » D^ins la Table ronde, la reine Goïne^ 
complétant les deux acceptions, trompe et tue son mari. 
Rourg., gouine, gùulgnc. Bvess., gouine. Forez, gourrine. 
hSLûg.^ goarruic. Morv., gouine. Sav., gouina. Rouoh., gouine. 

GouisÔT, a. m-, et Gouisôte, s. f., serpette de vigneron. 
Lat,^ gœsum. Berry, fjouè, gouet, gou^. Bourg., goi, gouiy 
goa^ô, ijouiûot. Fo^êï, ,70//c. Fr.-Cté, goillot. Genev., goiset, 
goa^ei, goi/arfle. Isèra, gouï. Lyon,, goyeéa, goyarde. Mâc.^ 
goyeU (hachette). Morv., goyar. Poil., gouet. Rom., gois 
(épée). Sav., got/et, goictta^, goyarde* Tour., gouet. Vx. fr., 
goy, goiart. (V. Gout^ Sarpe^ Roiràte.) 

GoÙLE, s, r., gueule. Se dit désobligeamment pour bouche. 
Lat., gula, îtal., gola. Berry, goule. Norm., goule ^ Prov., 
gola. Vx. fp.5 gocfle, gole^ gueullé, 

GouLRE, s. f., gueulée, f^orgée, grosse bouchée : (c Gare! si 

Toiriot s'met en coulâre, ô n'f'ra d'toi qu'eùne goûlée, » 

Genev., goièe, Lim. , gourjado. Loir. , goulèye. Morv., 

gueulée. Pic, gonlèc, Poit., goulèe (petit morceau). Prov., 

golada» WaU., goutèc. Vx. fr., goulèe. (V. Goulon.) 

Godler6t, s. m., goulot, ouverture " par où Teau s'écoule, 
petit canal de pierre pour conduire les eaux. 
Morv.j go(derot. Rouch., gulo» 

GouLERÔTE, s. f., pli dans le terrain pour Técoulement des 
eaux pluviales. 
Morv., goaierotle. 

Goulon, s. m., même sens que Gaulée, (V. ce dernier mot.) 
Bûupg,, gatiion. Champ., gaulon (bon morceau). 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 209 

GouNÉLE, S. f., robe, dans le sens peu élégant. Se dit aussi 
d'une fille mal attifée, sale, effrontée et de conduite 
équivoque. ■ 

Bas-lat., gunna, goriela. Ital., (jonna. Bourg., gonèle. Lim., 
gowielou, gounèu. Midi, gonola^ gounella. Montr., gounelle. 
Norni., gounelle (jupon). Rom., goaa. Vx. fr., goruie, gonellc, 
(V. Gôner, Gônôt,) 

GoÛRi, s. m., goret, porc. On emploie volontiers ce mot 
pour qualifier un enfant sale : « Oh! le p'tiot gouri! va- 
t'en! » Ce mot sert encore à appeler les pourceaux. 

Lat., oerres, Bas-lat., correius. Berry, goiirljgouret. Bourg., 
gouriy goraL Forez, gourri. H'-Maine, gorin. Jura, gouri. 
Morv., govi. Toul., gourri. Vx. fr., ooret, gorrei, gouret» 
(V. Gori.) 

GoiiRiN, adj., coureur, vagabond, libertin. 
Montr., g(Turrain. 

GoÛRiNER, V. intr., vagabonder, rôder, libertiner. 

Bas-lat., gorrinare. Forez gourrina. Lang.^ gourina^ gour- 
rinar. Montr., gourriner. Prov., gourrineja. 

GoûsiER, s. m., gosier. D'un qui mange dru : « Ah! le 
boufre! ôl a eun rude goùsier! » 
Bourg., goasiè. Lorr., gosse. Morv., gousiè. Vx. fr., gosiUier. 

GoÙT, s. m., odeur : (( Queû drôle de ^oà^ qu'ça sent por 
iqui! » Faute locale invétérée et des plus caractéristiques. 
Lat., gustas. Ital., gusto Bourg., Jlairure. Prov., gost- 
Vx. fr., goust. 

GôvARNER, V, tr., gouverner, diriger. 

Lat., guhernare. Ital., governare. Bourg., ^^ôoa/ié, goaoanai. 
Prov., gooernar. Vx. fr., gooerner^ guoerner, guotserner^ 
gouoreneç. 

GoYÔTE, s. f., poche, boîirse, gousset. 

Bourg., goilleute, Lorr., gosso.SaLV., Jaia. Vx. fr., gouchot- 

Graboter, V. tr., retourner le bois, attiser le feu dans le 
poêle. — Greùbe voulant dire : bûche, ne serait-ce pas 
greùhoter? 

Grâces (faire des), loc, faire la coquette, Taimable. 
Norm., /tïf>e des grâces, 

22 



210 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Grafer, V, tr., agi^afer : « Ehl p'tiôte, \'tu m' g ra fer ma 
robe? J'en peu pas v'nî à bout. )) 
Vx. fri. i/raj/crf atjruppcir, 

GraincEj s. L, grange- 

Bas-lat^ granica. Bourg.^ grainge. Lîm., granjo» Morv,, 
groîiiiic. Prov., gvauja, granga, Vx. fr., gragne, grançhe. 

Grainger, s> m,, raôUiyer qui exploite une propriété rurale. 
Daupb., ^ranger. Genev.. g ranger. 

Grainjons, et Grinjons, s. m., petits joncs, oseraies qui 
poussent au long tïes rivières, et dont sont garnis les bords 
des lions et du Petit-Doubs. 

Graipin, s, m,, grappin, tisonnier : (( Là voudoncc'é quYas 
fort) Vffraipin du poêle? )) 

Ital,, ^r«/>/^o. Champ., crape, Morv., graipin. Pic., crape, 
Prov.i grapa. 

Grand, s. m., et Grand', s. f. : « Mon grand, ma grand' » 
s'emploient elliptiquement pour : mon grand-père, ma 
grand'ratre. — Dans une des notes dont il a enrichi les 
poëaies de Bonaventure Desperriers, né à Arnay-Ie-Duc, 
le bibliophile Jacob se demande ce que peut bien signifier 
ce mot grand. Que ne mç Ta-t-il demandé, à moil En vtai 
Bourguignon, je l'eusse vite sorti d'embarras. , 

Lat>, grandis, Ital.n grande. Mkc,, grand. Montpel., grand. 
Montrât grand. Prov-, gran. {W. Màre-grand^Pàre-grand.) 

Grands cœurs, s, m., fils de chanvre de la prepaière finesse. 

Gran'ment, adv,, grandement. 

Lat., grande. ItaL, grandeniente. Bourg., ^ra/i'ma/i."Morv., 
gran^ment. Norm. , gran'ment. Pic, granmeint. Prov-, 
granmen. Saint,, g manient. 

G RAPE, s. f., ustensile en fer, à trois dents courbes, pour la 
pèche* 

Grasse (terre)> s. f.. terre glaise. Utilisée pour les tuiles. 

Grate, s, L, démangeaison. 

Morv., graite. Poit., gra telle. Saint., gratte. 



tANGÀGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 211 

Gratecu, s. m., fruit de Téglantier et du rosier, surtout la 
bourre piquante qui entoure ses graines. La jeunesse des 
campagnes, habituée aux grosses farces, répand parfois 
de ce singulier duvet dans les lits des jeunes mariés. On 
est toujours riche en mauvaises plaisanteries. 
Sav., gvattacu. 

Graton, s. m., petit morceau de viande rissolé, résidu du 
lard qu'on a fait fondre. Les enfants s'en régalent : 

. « Manman, donne-moi des gratons .' » 

Berry, yrillon. Champ., graton. Forez, graton. grèton. 
Fr.-Cté, grêlon, grubson, grabson, grahençon, grubenson. 
Genev., greubon, graton (aspérité). Montr., gratton. Morv., 
(freilie, griblaude, grillaude. Norm., creton. Poit., graton» 
Suiss. r., greubon. Vx. fr., cretonne (friture dans la graisse). 

Graule, et Grôle, s. f., grêle. Pris adjectivement dans le 
même sens que gale : (( Ah ! que ch'tite graule que ça fait, 
que c*te coraude iqui ! )) 

Bourg., graule. Motv., grôle. Pic, grieu, gris. Prov., gressa, 
gre^a,*Yx. fr., grès le. 

Grauler, et Grôler* v. intr., grêler. 

Bonr g., g raàlai. F.-Cté, groin. Morv., grôlcr.Vx. fr.<, gresler, 
grausler. (V. Crouler, qui a encore une tout autre acception.) 

Gravéles, s. f., petits cailloux, gravier : « T'as cori sur les * 
bords de Tiau ; v'qui tes sabots pleins de gravéles, » 

Bress., gracale. Morv., gracelle, graiealé. Nann., g ravale. 
Prov., gravel. Wall., gravale, grevale. Vx. fr,, gracelle. ' 

Gravicher, v. tr. et intr., gravir, grimper, nionter : « Que 
brise-tout! ô m'dévore ses culottes à graoicher su les 
âbres. » 

ItdLÏ. y gradirc. Bevry , g raislger, graoiller, gravouilïer. Bourg., 
graici. Morv., gramcher. Poit., graver, graviger. Saint., 

., gracocher^ graver. Tour., gravouiller. Vx. fr., graver. 

Gravichôt, s. m., lierre, parce qu'il grimpe après les arbres 
et les murs. — Les enfants donnent aussi ce nom à Tépi 

-. de blé qu'ils s'introduisent sous la manche de chemise, et 
({\x\ graciche tout seul jusqu'à Tépaule. 
Morv., gravissot. (V. Gravlcher.) 

Gravichoû, s. m., enfant qui monte aux arbres. Le grim- 



; ^"3» T^^^F^j.^ 



212 LAÎ^GAGE POPULAIRE VERDUNOCHALONNAIS^ 

pereau est surnominé gravisson. Rabelais dit : « Il gravait 
as arbres comme ung chat. » 
Morv., grat'trhon. 

Gravière, s. î.t sablière, carrière de sable. ^ 

Cbamp., gratièrCy greoière. Prov., gracier. WalL^^rart. 

Gremau, s. m., ûoyau de fruit. 

Gremklons, s. m,, petites saillies, d*une espèce particulière, 
que ] oa remarque sur la terre après une forte pluie d'orage 
mêlée de grêle. Répond, par l'idée et la forme, à l'adjectif 
grumeleuji'. Simulerait presque la contraction de « gru- 
meaux formés par les grêlons, )) 
Lat., 'jmtudiua. Ital., grunw. Vx. fr., gruiniel^ gremeaux, 

Gremil-lons, s. m,j petits grumeaux, parcelles coagulées: 
îi Ton lait veint d'torner dans ton café; ôl é plein (iUgre- 
raillons* » 

Berry, grùmille^ gremillon. Genev., gremaillon, gremoUion. 
Morv,, grmifnillofi, gnearmillon. Poit., gremillon^ grenxcillon, 
(V. Caton^ Gj-Hfnelôtf Matons.) ♦ 

Gremdchau, s. m., peloton, petit paquet de fil. J. Guillemin 
donne le plaisant verbe engramuchaler (pelotonner). 
Boui'g., gremisséa, Bress., gremuchau. 

Greùbe, s. f*, soucbe, grosse bûche, fragment de tronc, que 
Ton chosit pour mettre au feu avant la messe de minuit, 
qu'on arrose de libations de vin,* devant laquelle on 
réveillonne en chantant des Noëls, et qui pisse bonbons et 
friandises pour les enfants sages. On dit à un enfant lourd : 
a Te n' bouges pas pus qu'eùne greùbe; » et d'une personne 
grosse et molle ; i< La grosse greùbe! » 

Bourg. ^ seiiehe. Bre^., grèbe. Genev. dit : Faire caquer la 
tronche. Metz, trqffan. Montr., grèbe. Norm., treffeu^ éreffouel, 
Sav-, grœuba. Vx, fr., treffouel. (V. Queùrle^ SeiLchey Rossi- 
gnon.) 

Greùmagê, s, m., grappillage. La vente du raisin en détail 
demeurait interdite, ainsi que le greùmagê, avant lexpi- 
raiion des quinze jours qui suivaient la vendange (le ban 
de vendange était jadis d'une grande importance en Bour- 
gogne). 



LANGAGE POPULAIRE VERDUN0-CHAL0N;^AIS 213 



l 



1 



Greùme, et Grume, s. f., grain de raisin : a Ahl l'biau râïiil 
donne-moi-z-en eùne ou deux grumes, » J 

Berry, grime. Bourg., g réunie. Champ., greume. Chàtili,, 
greame. Lang., grumo, Morv., grènie, greume. Toul., gra* 

Greûser (se), V. pr., se plaindre, raconter ses ennuis» ses 
misères. Dans le même sens, on dit aussi : « Faire ses 
greùses. » (V. ce dernier mot.) 
Montr., se greuser. 

Greûses, s. f., ennui, contrariétés, griefs, plaintes, lamen- 
tations : « 01 a été li faire ses greùses, » 
Montr., greuses. (V. 5e greûser.) 

Grïau, Gruau, etGRUïAU, s. m., seau de sapin, petit baquet, 
destiné, dans tous les ménages, à recevoir de l'eau, du 
linge à laver, etc. Ce mot, qui désigne le contenant, désigne 
aussi le contenu : « Ein grïau d'iau. » 
Montr., g rieau. (V. Griélot.) 

Gribiche, s. f., femme méchante, maligne : « C'te peùte-lâ, 
y et eùne vieille gribiche; air ne décesse de dire du mau 
des gens. » 
Genev., gribiche. Norm., gribiche. 

Gribouiller, v. tr., tracasser, tourmenter, obséder : « Ahl 
j'ai ben la tête prou gribouillée c'ment c'qui. » 
Morv., gribouiller. 

Gribouillon, s. m., gribouilleur, griffonneur. , 

Bourg., gribouilli (trempé d'eau). - 1 

Gribouilloner, V. tr., gribouiller, mal écrire, griffonner: 
« Le p'tiot é r'venu dU'école; ma, le ch'ti, ôl avôt gri- 
bouilloné tous ses devouérs. )) 

Hain*, draboulier, Wall., grabouiller, crabouii, (V. Gri~ 
fouiller.) 

Griélot, s. m., petit grïau, vase de bois dans lequel on 
reçoit le lait trait des vaches. (V. Grïau,) 

Grifouiller, v. tr., griffonner. 

Rouch., grifoulier, grafoulier. (V. Gribouilloner,) 



âl4 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Grigne, adj.j maussade, grincheux, chagrin : « Dépeû qu*ôl 
a été mauportant, 61 é grigne en diâbe... » 

BeiTjt grignaitd, griffne (qui grimace). Bourg., greigne, 
(fraifffie, tfftgne^ gvlonche. Bret., g rignoux. Champ., ^rt^ne. 
Cogn., 7r;^/if.'f croûte de pain).Fland., «f^ri^y/ie, graingne, Fr.-Cté, 
grigne. Geuev^i grin^je, graingc.J\iraL, grigne. Morv. y grignon, 
ffrarngne, grigne. Norm., grigne (croûte de pain). 

Grignede\t, adj,, reclngné, de mauvaise humeur, aigre, 
qui grince deâ dent^. 
\\q\xz\\., grintiden^ grtmeden. (V. Grigner.) 

Gricner, V, intr*, grincer : (( la treùve si peùte, qu'ô li 
gritjne des dents, ii 

Ttal.^ digrlgnare i drnii. Chàtill., grigner des dent». Morv., 
groingnur. (V, Grii/iif*fh'nt.) 

Gruxôt, s, m,, grillon : « Ugrillot é dans la ch'vinée; ô 
chante darriîî les cenises. » 

L;it., gri/lua. Ital., grilla. Berry, grelet^ grillet. Bourg.» 
grllhii, fjrrsUlon, ffrtîlô. Forez, grelet. Jura, grillot. Midi, 
griiio. Montr-, grillot. Morv., greillot. Poit., grelet. Sav., 

' grillet. Suiss. r.. gnyllei. Vx. fr., gresillon. 

Grillôt, et GRÛLèT, s. m., grelot : « s'émuseàfâre souner 
yon grillai. » 

Lat., crotahtni. Ccntr., greland, grelot. Montr. , grillot. 
Morv-, grcillùt. Vx. fr., grelet. 

Grilloter, V. intr.j faire du bruit à la façon d'un grelot. 

Grimon, s. m., chiendent. 
Bourg., grimon. 

Gringe, adj., qui s'applique au blé. Le blé est gringe quand 
les épis sont maigres et les grains petits. . 

Gringuenoter , V. intr. , gringotter, fredonner , chanter 
comme le pinson, comme le rossignol. H^ Estienne dit : 
« Gringitenottep une messe. )) 

Bourg., grainguenotai , gringnai (faire sonner). Vx. fr., 
gringotter, griagotcr (se moquer). (V. Rossignoler.) 

Grïpe, s. f., grippe, catarrhe épidémique. Au fig. femme 
brusque, mauvaise, emportée : « Voui, ces fonnes iqui, y 



» 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 215 

é des vrâ gripes, » On se souvient de la trop fameuse 
, tournée européenne de cette maladie, en décembre 1889< 
--- Plus d'un siècle auparavant, Voltaire écrivait à Cha- 
banon : « La grippe, en faisant le tour du monde, a passé 
par notre Sibérie, et s'est emparée un peu de ma vieille et 
chétive figure. » Je me rappelle ce couplet, qui doit dater 
dô ce temps : 

Maman, quel mal que f ai! 

J'ai la gripetic, 

Tai la gripette ; 
Maman^ quel mal que j'ai! 

J'ai la gripette 

Du mois de mai. 

Grispin> adj., disposé à griffer: (( Méfie- te : y et eùne 
grispiîïê, )) 
Bress., grispin. Morv., grispin. 

Gr'ispiner, v. tr., saisir des mains et des ongles. 

BvQss.f gtispirier. Forez, grispignà. Gène v., </rts/7t>r. Morv,, 
grispiner, 

Grissoler, V. tr., rissoler, jaunir. F3.\re grissoler un morceau 
de viande, c'est le (( faire revenir », le dorer au feu, 
Genev., bresùler, hrisoler, Norm., roussoler, 

Grivolôt, adj., grivelé, tacheté de gris et de blanc^ comme 
la grive. 

Bress., gricale, Bugey, gricola, Morv., gricot. Vx. fr-, 
grivolé, 

Grognoû, et GkouGNOÙ, adj., grognon, groûdeur, pleureur* 
Une femme grogneuSe, grondeuse, on l'appelle Marie- 
Grognon, 

Morv., groingnon, Rouch., grèniou, grignou^ engrognè^ 
engraignè. (V. Groûgner.) 

Grondée, s. f., gronderie, reproche, réprimande : u D^avou 
lu, tôjor des grondées ! » 
Genev., grondée, Morv., groingnerie. 

Gros, adv., beaucoup : « Y é gros bon; j'y ainme gras! n 
Bas-lat., grossus, Ital., gros.so. Berry, groûs, Boutg., gré. 
Lim., gj'os, Mac, grou. Pic, rros, Vx. fr., gro;s, gros d'eau 
(grande marée). 



^ 



\ 



^6 LANGAGE POPULAÏRE VERDUNO-CHALONNAES 



I Grosses dents (parler des )> loc, parler sévèrement \ « Aile 

I ét^t ben penaude ; son pare 1 1 a -parlé dês grossea dents, » 

Gr6ter, y* tr,, bercer : u Jean-néte, veins groier 1* petiot, 
qu'ô peiirne ein c6p rseûme. \'> 

Boufg., breuàsai. Bresa., ^rotê. Lyon., croassa. Montr, 
fjrottcr. Prov,, bnraar^ht'aisar. St-Am. ^ (/oufié. Sav., hrlcher^ 
Vx. fr-, bcrsa\ birsicr. 

Groùer, V- tr,> couver : « X'vns p.is déranger noV poule; 
air groue. » Ce mot a-t-il un lien avec égroder (baisser)? 
La poule se baisse bien pour couver, — Se dit aussi dans 
le sens de : croupir. 

Lat.i f*ubar(^. Ital., cocart\ Berry, cotwr» Bourg., couer. 
Forez, coria. Fr.-Cté, ffoui^er, Genev-, gonrei\ Lang., mua, 
mugn. Montr,, grotifjr. Morv. vouer, Norm., couer, acottar. 
PoU.» couer. Prov., conar, gvouttr^ coar\ Saiat., coûcf'^ Wall.* 
cocer^ coHCr, Vx. fr-, f}nettvcf\ coccr. (V. Couisse,) 

Groùlée, Gt Grôlée, s. f-, forte secousse donnée à un arbre 
chargé de fruits : « Oh 1 la balT g roulée ! toutes les peurneiH 
ont chu. Si t'en veù, en via. i> 

Sav., Bngroilà^ 

Groûlerj et Gkôler, V. tr,, secouer un arbre pour en faire 
tombor les fruits ; « Dis donc, Jacot, veins-tu groider 
Tpcirei? » 

Ual-, croUare. De n'y ^ grouUer^ (fronUler, g router. Bourg.» 
grôlai. Dauph., se.groia. Forez, grôfui, Geaev., gveuicr. Lyon., 
sif/ râler. M^c.ygucgfii, Montr., crouler, Motv.f stgôler. Nopiû,, 
croller^ g rouer j groller. Poit. » sigouUler^ segeilier. Sav., 
branla. Vx. fr.^ croullcr^ croUer^ (Y. Croler,) 

Geoûgner, V. tr, etintr., gronder, grogner. 

LaÈ., grunnire. Ital., grugnare. Berry, greugner. Bourg., 
gronguaL Pro%\, gronhu\grofdr, WalL, grognl, (V, Grognoà^) 

Grousèle, s. f., groseille. 

Bcrryi grotselle^ gronselle, ègraselle. Guern., grouaîse, 
Hain', grtulèlû^ g rois té le. yiotv-, grouelle^grotmlUf grou-^ale. 
Norrn,, groi^clle. Poit , gre^olle. Houch.t gru^ièle, griisU'le. 
St-Am,, grujàlà. Toul,, tigrassol, WalL, gru^ate. Vx. fr,i 
groisfile. 



^!^^ 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 



217 



^^. Grouselei, s. m., groseillier. 

WBfl^ Morv., grousalé, grouaillé, TouL, agrasBoulic Vs, fr, 

r 



groiselier, grouselier. 

Grû, s. m., brome (hnomus secatinus), parasite du seigle 
qu'il rend moins farineux. Donne un fourçage vert abon- 
dant, mais durcit à sa maturité. 

Champ., gru (son). Genev., grus (orge mondé). Larr., fjru 
(avoine). Prov., grus. Vx. fp., gvu^ grust (orge pr^Sparé pour 
labière). 



Grue, s. f., plante vénéneuse. 

Grûer, V. tr., écorcei^ Torge sous la meule verticftle du 
battoir. 
Genev., gruer, Prov., gruar. (V. Rebate.) 

Grûgnôt, s. m., morceau de pain, ce qui reste de la miche, 
ou du morceau que Ton grignote. 

Berry, grigne. Forez, grougnou. Jura^ gregnon. Maîne^ 
grigne^ grignette. Morv., grougnon. Pic. h grigaioie. Poit-, 
grigne^ gregne, grignon. Saint., grigne, fjrlgnotte. Vx. fr., 
grignette. , 

Grûgnoter, v. tfi., grignoter, manger lentement, mordiller. 
Montr., grûgnoter. 

Grûler, v. intr., trembler, greloter : (( A c' mai tin, Vvùni a 
torné. Y é la bise; Ygrûlons d'frèd. » 

Bourg., grullai, grihoulai. Bress., grêlé, grtnlfer. Daupti,, 
gromolà. Fr.-Cté, gruler, Genev., greboier, grenier. Jura, 
gruler, grouler. Lorr."; greiilé., Mac, grelai^ croulai. Morv., 
grebaler, greoaler. Poit., gresoulai. Sav., greTOlé. Toul., 
tridoula, tredoula. Vx. fr., grouiller. (V. Grâ^iHer.) 

Grûlot, s. m., ampoule. Analogie avec la sphéricité da 
grelot. 

Grumelôt, s. m., grumeau, petit grumeau. 

Lat., grumellus. Ital., grumo. Vx. fr., gramicl^ gremeaux. 
(V. Calons^ Gremillon.) 

Grûziller, v». intr. > avoir froid, trembler de froid. Dim» de 
grùler. (V. ce mot.) 
Pic, guersi 1 1er {]eier des pierres). Poit., grenouiller^. 



'*c'i.TP«)J«*W 



218 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

GuEÙNt\ou, S. m-, guenilleux, mendiant sale, vêtu de gue- 
iiilles^ (Le bourguignon a mauhué pour malblanchi.) 
Mon., (jncHeiiloa.guéî^eiUou^goueillou.St'Am.ydégaenelyu. 

GuÈRLiN, s. m., onomat., bruit d*une sonnette, d'un grelot. 
Poit., ijuerliii. ^ 

GuÈR^vÉ, adj-, crotté, couvert de boue. Semble bien être le 
partie, de noire verbe garouiller, et devrait être garouillé; 
mais le patois a ses corruptions. (V. Crotou, Gaugé.) 

GvEÙGNE, s. L, syn, de beùgne, C*est aussi le nom d'une 
sorte dd jeu d*^ gobilles : « V'tu jouer à la gueugne? » 
Jura, giiifnc* iV. Beùgne^ Giioûgnorr,) 

Gi;eûg?ïer, y. iiitr., attendre longtemps, traîner, lambiner: 
K Dis douL% hier l'é pas v'nu ; t'm'as joliment iz\igueùgner^ 
pus d'eu ne heure. ») 
Moïv-, gueugnvr. Poit., guener. Saint., guener, quener. 

GuEÙGNo.N, s. n)., jeu de gobilles. (V. Gueûgne.) 

GuEÙBDiN, s. m*, gredin, franc mauvais sujet. 

Berry, ^ueurdia^ guerdin. Bourg., gueurdm, guerdin, Lorr., 
tjorrfin^ gourdin. 

GuEÙRïûTE, s. f-, griotte, cerise aigrelette. 

Cietiev., griùtd;. Lang., agrioto, Morv., gueriote, Prov., 
agriota, Walt,, grlaine, grinchc, gringue, Vx. fr., agriote. 

GuEÙRLOTER, v. intr., greloter. ' ^ 

Morv. , gnenrlotcr, Rouch. , gargoter, Suiss. , gribolâ. 
(V, Grûlcr.) 

GuEÙRLu, S, ni., drôle, garnement. 

Berry-f querin. Bourg., grelu, Jura, grelu. Morv., gueurlu, 

GuEÙRLucaoN, s. m,t péjoratif du mot précédent, amant de 
tiœur des drôlesses, Alphonse de province. 

GuEÙRNAÏON, s. !., grenaison, développement du grain, (Le 
savoyard a lé verbe grinnd pour dire que le blé a un bon 
rendement.) 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 219 

GuEÙRNiER, et GuEÙRNEi, S. lïi., grenier. 

Lat., granarium, Ital., granaio. Berry, guernier. Bourg., 
grenei. lAm,, gronie^s:, Lorr., guernier. Morv., gueurnè. Pic, 
guernier, Prov., granier. Rouch., guernier. St-Am., garni. 
Wall-, ijuernier. Vx. fr., nrenicr. 



GuEÙRNiPiLLE, S. m. et f,, vaurien, homme de peu, coureuse: 
« ToMS ces ch'tis drôles, qui nous fesont des niches, y é 
d'ia vrâ gueùrnipille. » 

Bourg., gueùrnipille. Dauph. , ganippa. Forez, ganipe^ 
guenipey guefnipillc. Morv., gueùrnipille. (V. Fripouille, 
Garnipille,) 

GuEÙRNOuiLLE, ct GuEURNOiLLE, S. f., grenouillc : « Non, 
moi j'n'ainme pas Tiau; air vous met des gueùrnouilles 
plein Tventre. » 

Lat., vana. Ital., ranocchia. Berry, grenoille, guernoille, 
Bourg., renoucîle. Fr.-Cté, re'noille. Lorr., guernouille. Morv., 
eurnoueilley gueurnoueille. Pic, guernouille. Poit., greneuille, 
Prov., granoilla, granolha. Vx. fr., reine yreinoillCi renoulle. 
(V. Rânote.) 

GuEÙRNOUiLLER, V. intr., aller de ci delà, perdre son temps: 
(( Te crès qu'ô travaille? Ah ben ouiche! ô gueùrnouille 
tout Hong des rues. » Dans ce cas, ce mot contient aussi 
ridée de buvocher. (V. Veùrneùler,) 

GuEÙRZi, et Greûzi, s. m., grésil. 

Flandr. , gue^i, Liég. , grusai. Mons , guersin, Morv., 
gueursi, gueur/i, WalL, gréMn, guerdn. Vx. fr., gresiU, 
gresliz^ grisille. 

Gueùrziller, et Greùziller, v. intr., grésiller : « Dà, y a 

gueùrzillé su nos vignes ; j'n*àrons pas grand vin c't'an-née. » 

Berry, crésiller. Flandr., guerdller. Luxemb., gurj^eler^ 

Mons, guersiner. Morv., gueurdller. Prov., grasilher. Vx. fr., 

grediller. . . 

GuiBOLE, s. f., jambe longue, mince. Se dit ironiquement. 
Norm., guibolle^ quèoUe, quiolle, 

GuiNDÔLE^ s. f., vase contenant une portion exagérée : « 

mainge, ônaainge... I Ty.faut (ies guindôles de sope! » 

Dauph., gandola. Forez, gandola (tasse en bois). Isère, 



S^ LANGAGE POPULAIRE VERDUNOCHALONNAIS 

gandola (tasse en bois). Lang., gandolo. Morv., ganduule, 
Ppov.j gandola, 

GuiNDOLÉE, s, f,, coûtenu de Idi guindé le, 
Forez^ yundoîdèe. 



H 



Habile:! excK, vite! va vite! : « Allons, habile! cors! Le 
mâtre te d'niande. j) 
Lille, habilt*' Rouch., acite-habile (accours promptement). 

Hachon, s, m., petite hache, pour couper tiges, branchettes 
et autres menues pousses. Le paysan, bien entendu, 
n'a&pire pas la première lettre du mot, et dit : « Vhachon, 
mon ji'hachon, i» 

Ital-, aecia^ Champ., asse, assau. Dauph., aissctto. Lim., 
hochou. Montr., kaichon. Morv., asciau. Poit. , ascieau, 
Ppov.j apchiiy ar/ssu. St-Am., aciion. Sav., aston, Vx.fr., 
haîche. 

lUë, s. f., haie, buisson, clôture d'épines. 

Bas-Ut., Ati^a, Bourg., lias. Dauph., agi, Lorr., hâ, Morv., 
hà* Norm., haion. Suiss., adse. Wall., hâh., hâhe, hakai, 
haie. Vx. fr*, hasel, kaseat^ haison, heugue, hage, (V. Soî>) 

HaÏssu, part, de haïr. 

Haït, v- tr., pour hait : « Oh! yVhaï-tiï » Très usité, mais 
guère à d'autres temps. 

Harbë, s. f., herbe, herbage. 

Lat., herbu, ItaL, erba. Berry, hnrhe. Bourg., harbe^ arbe, 
Hain*, hierbe. Lim-. herbo, Montr.^ harbe, primes harbes 
(petites herbes). Morv., harbe. Prov., erba, herba. St-Am., 
arba. WalL, ièbe, Vx. fr., eî^be (parfois mascul.). 

Màrbou, adj., herbu, herbeux : (c J'veins d'mon pré; ôl é 
prou harbou- n ' ' 

MorY., harbûu. Prov., herbut. 



langage; populaire verduno-chalonnais ' 221 

Hardi I excï, pour exhorter, stimuler : « Courage ! allons ! 
roiidemeut! Malheureusement ce mot sert souvent à exciter 
les personnes qui se querellent ou se battent : « Hardi! 
hardi les enfants!.,. )> C*est le macte animo latin pris dans 
le sens méchant- 

JtaL, ardito! Bress., «m/ Cogn., hardi! Lille, hardi! 
MorY., hairdi! Prov.» ardii! Saint., ardit! Wall., hardi! 
Vï, ff., hardi/ ! 

Harigner, V. tr., tracasser, chercher querelle : « Ole mauvais 
coume eûne teigne; ôl harigne tout Tmonde. » 

Bourg, ^ hanjuignui. Fr*-Clé, arguenai, Montr., haregner. 
Pic, arffueker. Vx. fr,, hargne^ hergne. 

Harjgnoû, s, m., hargneux, qui cherche querelle, mauvais 
coucheur. 

Bress,, harltjnmir. Foi t., hargnou. Vx. fr., hargne, herne, 
licrgne (querelle). 

Harnoij s. cq,, harnais. Se disait jadis pour toutes sortes 
d'appareils de pêche, d'agriculture, de mine, etc. 

Ital,, arnesç. Berry, arnas^ Bourg., harnois, Morv., hair- 
nois. Nam., hcrnè. Pic, humas (attelage de quatre chevaux). 
Prov., âmes. WalL, h*^rna* Vx. fr. , harnois, harnei^, 
harnas, harnor/s. 

Harmoicher., V. tr,, harnachej% accoutrer. 

Morv., hairnaicher, Prov.» arnescar, arnesar. Vx. fr., 
aharnaskier. 

Haitt (monter eJi)^ loc- redondante et fautive. Quand on 
monte y c'est toujours en haut, 
Mac, hiaut. fV. Bas^ Bots^ Chaud, Froid.) 

Harsë, s. I., herse» 

Lat., hirpcx. Bas-lat., hercia, Ital., erpice. Dauph., herpi. 
Haiflt, hîcrse, Montr., harche, Nam., htpe. Wall., ipe. ipre. 
Vx. fr., herce, 

IIÉniLLÉ DE SOIE, S. Di., porc. 

Bourg., haihiUai dcsoo. Cogri., habillé de soie. Jura, habillé 
d£ soie. Morv., haibillé de soie. Norm., vota de saie (un noble, 
un monsieur). Pic, habillé de soie, Sav., habelia de chuai, 

Hébtller, V. tr., habiller. 

Bourg., aibillai. MorUr., harbillir. St-Am., abelyë. 



222 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

HÉBiT, S. m», habit, vêtement quelconque. 

Lat., habitus. Ual., abito. Bourg., haibi^ aibu Lim., hohi. 
Lorr., èbL Morv., h{*hit, Ppov., abit^ habit, Vx. fr., abit^ habis. 

HéRiTANCE, s. L, héritage, transmission qui ne va pas 
toujours toute seule dans les campagnes. 

lts^..,eredUaffifio, Morv., héritation, Prov., keretatge, Vx. fr., 
pritaffe^ 

Heûgher, et HouGHER, V. tr., hucher, appeler d'une voix 
perdante et de loin. 

Lat, hucrtarc. Berry, hucher. Bourg., /mc^at, aulai, Bress., 
wr^, I-îm., hitcha. huchas. Morv., heticher. Norm., hucher, 
huchi&r. Pic, huquer. Poit., heuchai. Prov., huchar, uchar, 
tfcar^ Rom., hrtkf^r. Suiss. r., hutschi. Wall., huquer, houki. 
Vx* fi'., huscher, huchier, (V. Chouper,) 

Heure, s. f. , heure, division de la journée que le paysan 
devine sans montre ni horloge. 

Lat«, hora. Ital., ora. Prov., ora, qora. St-Am., ora. 
Vx. fr-, urûf hure, rare, nore. 

Heî RLER, v, intr, , hurler, crier avec force. 

Lat, et ïtal., uhdare. Berry, hûler, ûler, ioâler, Morv., 
hetiler^ euler, Norra., hàler, neûlcr. Pic, heuler. Poit., 
heulGv, haulor^ Prov., ulular, udolar, Suiss. r., ula. Wall., 
hoûlcr. Vx, fr., uUer, usler^ heurter, 

HïÂR, adv, de temps, hier. 

Lat-, herl. Ttal., ter, Berry, hiar. Bourg., té. Aie. Morv., 
hlar, ijar. Prov. , /u^r, er, ter. Vx. fr., er, her, ar, hyer. 

HisTouÉRE DE, loc- familière : (( Coûte-nous donc c'qui, 
hislouére de rire. » 
Lat,, hisiorm. Vx. fr., istoire, estotre, hestoire, hysioire. , 

HivÂR, s. m., hiver- 

Lat., hibernus. Ital., inverno. Bourg., hivar. Forez, huoar 
(la neige). Morv., hwar, Pivv., ivern, St-Am., evâ. Saint., 
hwar. WalL, wîer\ Vx. fr., toern, icer, yoer, hycer. 

HOME, et HouME, s. m., mari : « Ben sûr, air va y dire à 

son hoitme. )) 

Lat-T hotno. Ital., uonio. Bourg., hemç, hpume, Bress., 
oo\e. Jura, houmnioa.lAm.^ home, Mkc, home. Morv , honme^ 



<--t^^fn 



LANGAGE POPULAIRE VKRDUNO-CHALONNAIS 223 

hoftnie* Nivern., horfme. Poit., hontuG. Prov. , oni, honi, 
home, SÈ-Am., ûnmojt. Saint., hoffiue. Toul.. hotnt'. Vw fr., 
; home ^konme, houmct fions, 

HoNTOUj adj,, honteux, timide : « Ta p^tiot^e n'ose pat«i parler j 
aï Je é honfQuae devant J 'monde. » 

\tâ,\.yOi}ioso. Motv,^ honloH. Prov., anctos. Vx. fc,, hoa- 
tous y hontens. 

IJôWtau, a. m., hôpital. Suit la mèTne règle que ch'cau et 
autres. 

Lât'. ko&pUuh. Ital. , ospûduh^. Doubla, cpetau^ opeiau, 
Lorr.T opità. Prov.j kospifal, tn^pàaL St-Am,, ept-tô. Vx. fr, 
hospitaL 

HÔTELKE, s. L, hottée, Je contenu d'une hotte. 

HÔTRiAU, s. m., hotte plus mince et pJus allongée que la 
hotte ordinaire ; surtout la hotte de vendange , 
Bourg-, eâte^ hottriot. Lijn.^ hofinto. Morv,, hotttte (tiotte). 

HouiNÈTE, et HouNÀTE, ad j . , honnête : * Vos êtes ben hou-- 
ntUe, not* moussieu, )) répond invariablement, en portant 
la main à son bonnet de cotoa, lo vigneron on Le fermier 
au passant qui lui dit bonjour et lui demande de ses 
nouvelles. 

Lat., honestuê. Ital.^ oneslu, Pruv., honeU. Walh^ oniès. 
Vx. fr,j hofiùi^te, houne&te, onesie, 

HoLfNÊT'TÉ, s> f-, cadeau, présent* 

Morv,, hotuiètelé. Pmv., honcslut, honvsielat. Vx, Ir,, 
honesiet^ honesié^ onncsté, 

HouNEUR, s^ m., parfois f.» honneur, politesse : < Vos êtes 
ben bonne, not'dame; vos me faites ben d'Vhouneur. a 

Lyon,, Aô/iowr. Prov-, Au/tor, onor. Vx, fr., honur^ oaar^ 
honoVy onor, oneur. 

Housse! exch impérat., va-t'en! fileî S'adresse surtout aux 
gamins, aux enfants qui vous faiifçuent : « Y a prou long- 
temps que t'é là; l'm'eunuies. Allons, housne! ^ Cette 
injonction s'adresse aussi aux chiens que Ton veut ren- 
voyer. On leur dit également : t( V'tu côri ! » 



224 LANGAOE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

HÛREUSEMENT, adv., heurcuseiuent. 
Rouch., ureusemen. 

HÛREux, et Heùrou, adj., heureux. 

Berry, f^arûux. Bourg., heurou, eurou. Li çi., Awroa. Morv., 
hureu, hlretf, hihieii^ Pic, hureiix. Rom., hetiros. Rouch., 
ureu:)£, St-Am., èrcu. Wall., wrew. Vx. fr., eureux. 

HùssiER, s, m», huissier, peu aimé dans les campagnes. 
Lat,, ostiarlfis. B^rry, hussier. Bourg., huchier, hussiép 
GeneT., httssier, Morv. , hussier. Nam., uchlr. Wall., ouhî. 
Vi. fr. tissier. 

HÛTEAU. et HousTEAU, s. m., hutte, baraque, maison: 
^1 Kntret k y hâieau. y) 
Wall., hùiUf\ 



], pr pers., je, il : « /seù bé content dVous vouer, » 

Lat., ^917- îtaL, io. Bourg., i, eL Forez, i, io, Liég., t, j'i, 
Nivern., L Pic, ^71?, e/, ea/\ Poit., i. Prov., eu, ieu, io. 
Suiaa. T., t, io. Vx. fr,, eo, io, Jo, gè. 
Ia-ïa (faire), loc, caresser, particulièrement passer dou- 
cement la main sur le.s joues : (( Allons, mon geuti p'tiot, 
. fais-me ïa-ïa, )) dit la. mapian à son bébé. — N'aurait-oip 
pas là une réduplication du owi allemand, resté des diverses 
invasions? 

Ïâu, et lÀ, s. f., eau : a 01 ôt maugé; en travarsant TDôubs, 
tout çanaien a chu dans Vïau, » Comme icn bien d'autres 
syllabes, prononciation très mouillée. — Pour ce mot, 
donnons, exceptionnellement, un exemple curieux des 
transforitiatioûs survenues, par un long usage, dans la 
prononciation et Tortliographe'. De Veau, substantif actuel, 
le nom al été jadis : èise, aiguë, âge, aque (sans parler de 
notr<* patois). Em s'est conservé dans ^mer ; algue, dans 
Miguade, aiguière ; âge, dans la locution- être en âge. (en 



^f 'I''." V. . L' 



LANGAGE POPULAIRE VERDLTNO-CHALONNAlS 225 

eau)» qifon écrit à tort ^/i nage; aqitQ^ dans aqueux^ 
aquatique, aquarelle. 

Lat.j rt^wG. Ital*, atqna. Esp., a^ua. Aveyf., ago. Berry^^ 
saw, (Et<?. Bourg,, ed, (Vj, iîress., aigan^ èdte. Dauph., a'ujna. 
Fore2, aigna, Gt/gua. Fr.-Cté» /yaîi. Lang., ^ty/ii. Lille, 7au^ 
atce, Lim.T àlgo. Lyon,, aîguû, aiguii. Mûutr., ieau. Morv., 
aâ^ eai^ tane. Norm,, iaou, lau. Pic, mw, îeu. Poit., aiguë. 
Prov., aïga^ aigaa. Rouch., iaa. St-Am., ^9^tge. Saint., ère. 
Sav.j alga. Suisse, i*gae, ùgotte. Wall, ^ mu, autre. Vx, fr., ècc^ 
aiguë, age^ aquc^ eioe^ tare, auge^ i/aue. 

Idée (une), adv. de quantité» un peu, fort peu, un soup<,^on i 
« J Hâterai ben d'ton vin blanc ; ma fo'en veù pas lourd, tant 
sèment eàne idée. iï — « 01 et eûne idée pu grand que sa 
geiire- » (V, Miùite (eûne)- 

ÏE^T-i? loc. interrogative, est-ce? c'est -il? « T'ias pas vu 
ginguer? YéMi donc qu'6l é fou? « 

Ieii, pr- pers», leur, à eux : f( Attends, attends I j'ra'en vas 
ïeâ-z-y dire,.. » 

Lat., iilL Ital., /oro. Berry, /eux-. Bourg,, h, lote^ Morv,, 
tm. Norm,, leux. Pi-ov,, lor, Ihor, ita\ Yx, fr, iof\ {af\ 
{V. me, Leûs.) 

■ 
lÈvE, S, m», lièvre, 

Lat-, ^e/j^s. Berry, Heune, tiûuhe. Genev-, (/a) ^técre. Maine^ 
lècre, gtiearre. Mory*, r^re. Pic, iica^e, gùut^e. Wall., itr, 
Vx. fr,, ^^rpre. 

ÏLAi, adv. de lieu, là : <( n'fait, jar, pas grand ôvrage; ôl 
étôjor por iqui, por iiai. a 

Lat.^ illac, Ital., là. Bourg,, ilal, lai. Morv., tlai. Nivera., 
IcL Ppûv,, lai, tag. Vx. fr., là. 

f u)?*s (Les), dénomination locale de temiins sîtu(5^ aux extré- 
mités de Saint-Jean, et qu'entouraienijadis des bras faut i ce s 
du DoubSp aujourd'hui desséchés. Là se trouvent l'Allée 
des Cordiers, la Levée de Chauvorl, etc. — Une dispo- 
sition analogue se remarque aux extrémités de Verdun, 
entourées du bras artificiel nommé le Petit-Doubs, et 
couvertes de pittoresques oserai es poussées naturel lem£*nt 
dans les ail avions* L'eau ua peu stagnante qui circonscrit 

fi4 



S^ LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

ce dernier terrain est garnie de joncs (grainjoncs) et de 
nénuphars; et Tangle qu'elle termine est la Pointedu- 
Pi'é. — Le premier de ces terrains est dit les lions de 
Saint- Jean; lautre, volontiers, le Pré, tout court. 

Imeùr, s. f., humeur, au sens physique et au sens moral: 
« né pas ben ; 61 a des imeùrs plein le côr. » — (( Aile é 
prou gentite; aile é tôjor de bonne imeùr. » 

Lat., humor. Ital., umore. Berry, hinieur. Bourg., heumeu, 
Pic.| himeur. Fix>v., humoi\ umor, ymor. St-Am., imeâ. 
WalL, imcâre. Yx. fr., kumor,^ humeur. 

Imparfait, adj., mal élevé. En parlant d'un enfant, on dit: 
f( Qu'ôl é donc imparfait^ c'morveux-là! ô n'fait qu'des 
malices â tout l'monde. » 
Lîit-i ifàperfecias. Ital., imper fetto. 

iNcoirMooÉ, adj,, malade, infirme : « Not' pauv'Jacot, ôl a 
chu du foineau ; ôl é hen incoumodé. » - 
Morv.j iftcottmodè* 

Inducatïon, s. f-, éducation, que nos braves gens confondent 
avec instruction* 
Lat-^ eclucatio, Morv., inducation, 

Induquer, V. tn, éduquer, élever et instruire. 
Lat, et Ital., educare, Norm., induquer, 

In-nocent, adj-, dépourvu d'intelligence, idiot. A le même 
sens dans plusieurs localités. 

Lat.^ innocuits. Ital., innocente. Berry, énocent. Bourg., 
îgnGuçan^ ignoçan. Bress., inancent. Liég., énoceinn. Morv., 
énocent. Prov., ignoccn. Rouch., inochen^ énochen. St-Am., 
énoncée Vx. fr., iriocent. 

Jnseùlance, h. L, insolence. 

Lat., insotcntifi. Bourg., inseulance. 

iNsiiÛLENT, adj., insolent. 

Lat.^ insoU'Tts. Bourg., inseulan. 

TnstrbûmenTi s. m., instrument, et parfois ustensile. 

Lat.» tnslrunietitnrn. Ital.> strumento. Bourg., instreuman, 
Morv., estrctimenL Prov., esérunient, esérumen^ esturmen. 
Vx. Ir, i'AU'itnian^ estrunien. 



.^^ 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 227 

Inventioner, V. tr., inventer, découvrir. 

Lat., invenir e. Ital., inventare. Morv., ècentionner. Poit., 
intentionnai. 

Invitance, s. f., invitation, provocation : a Cheû la Jean-ne 
va y avouer le batein-me du p'tiot; je compte ben su 
Vinvitance. » 
Lat., inmtaiio. Ital.;, inmto, 

IÔTE, adj. poss., leut : « Ibie mâïon; ibie chin. » (V. leû, 
leà.) 

lou-cou-cou ! cri de joie, qui termine la plupart des chansons 
et des danses. Certains y voient un équivalent à Tancien 
lo hymenœe! — On le trouve, sous la forme lou-hou-hou! 
en Saintonge d'abord, puis dans les vers de deux poètes 
bretons, Brizeux et Lenir. 

loup-LÀ-LÀ! autre cri de joie, que poussent fréquemment les 
jeunes gens, quand ils courent, et surtout quand ils 
dansent. 
Poit. 5 houp! (V. le mot précédent.) 

Iqui, adv. de lieu, ici : « Ehl dis donc, veins-tu por iqui? » 
Lat., hic. Ital., qui. Esp., aqui. Arden., iqui. Artois, ichi. 
Berry, êct, écit. Bourg., iqui. Bress., iqui. Champ., iqui, ichi, 
iche. Dauph.^ iqui. Fland., chi, ichi. Fr.-Cté, qui. Jura, hique, 
hiche. Mac, ique, iquié. Mars., aqui. MoDtr., iqui. Morv., 
ichi, iqui^ itchi. Norm., ichin, ichite. Pic, t/a, ichi. Poit., 
ity, itchi, iqui, iquit. Prov., aici, aissi. Saint., ichi^ ikit. 
Sav., itie. Suiss. r., tce, ike, iki, inki. Toul., ayci, eiy;a. 
Vx. fr., issi, icy, iqui, 

IsQUE, s. m., X, lettre de Talphabet. 
Rouch., isque. 

Itou, Étou, Atou, adv., aussi : « Te vas à la fouére, moi 
itou. » — (( T'en as baillé au p'tiot; baille-moi-z-en étou. » 
Lat., ita. Bourg., aitô, et ta. Champ., atout. Fr.-Cté, aitou, 
aitout. Genev., et tôt. Jura, ètou. Mac, ètou, ètô. Montr., 
atout. Morv., aitou, auchi. Norm., atout, ètou, itou. Pic, 
atout. Poit., étou, itou, itout. Rouch., étout. St-Am., ètou. 
Saint., ètou, étout, litout (lui aussi). Sav., itoe. Suiss. r., atot. 
Vendée, aètou. Wall., ato. Vx. fr., et tout. 



L^.*-. 



228 LANOAGP POPULAIRE VEBDUNO-OHALONNAIS 

IvRER (s'), V. pr., s'enivrer : « Qu'vous-tu fâre de lu? 
s'icre quasiment tô les jôrs. » 

Lat., cbriarL Berry, s'ierer, Bress., s'ivrcr. Gîenev., s^iercr. 
Montr.* s'iorer. Norm., s' lever, Poit., s'ierer. Prov., enieurai\ , 
eniurar. Suiss. r., ierâ. Toul^ s'yhraugna. Vx. fr., enffcrcrf 
ennivrer. 



JÀ, adv., déjà, maintenant, à présent. 

Lat., f'am. Ital., gia, B(Hirg.> tJegy. Fr.^Cté, déjai. Morv., 
dije, diji. Vx. fr., /a, desja^ dèsjà. 

Jabot, s. m., estomac : « Hïâr ôl étot d*noce. 01 a maingé, 
61 a maingé.-. ô s'en alouré plein Yjaf^L » 
^oii., jabot. 

Jâcin, s. m., aiguillon d'abeille, et même de serpent. On le 

dit aussi d'une mauvaise langue de femme. • 

hat. fjaculum. Berry, gêçon, gêssortf guêsson, hresa.^ j'acin. 

ChsLm^.yj arçon. Fr.-Ciè, dj:aiçon. Isère, jar (aiguillon de tout 

insecte). Montr., fas, Motw. ^Jaiçon^ jaiceron. 

Jacôte, s. f., jaquette, vôtement. 
Bourç., faicoUe. 

Jacotk, s. f., pie. On baptise de ce nom la femme babillarde. 
Montr. y jacquette, (V. Agasse,) 

JÀCRiAu, et Jaque, s. m., geaii 

Berry, j'aie. Bourg., Jaque. Mohtr., jacquot^ facquerieau. 
Morv., jaque. Norm., gai. Pic, gai. Prov., gai, jai. Vx. fr., 
jai/.gag. 

Jâdi, adv., jadis. 

Lat.,,/am dies. Bourg., /aidi. Prov., jadis. V^. fr*, jadis. 

Jalouserie, s. f., jalousie. 

Lat., selotijpia. Ital., gelosia. Prov., gelosia,gilosia. Rouch., 
jalouserie. Vx. fr., gelosie. 



i 



LAKGAGE POPULAIRE VERDÙNOCHÀLONNAIS 



229 



Jamâ, adv., jamsiis. 

Ital., giammai. Bourg. ^ jaimoi, jet. Bress., zamai. Dauph., 
jamei. Il.-V% jamains. Lim., j'omài, Lorr., j'cmâs, Morv., 
saimd^jama^ jeumâ, N\v,^ jaimas. Prow. y jamais. Rouch.. 
jamè, Rom., famés, Vx. îr.,Jà mes. 

Jânei, adj., moisi : « Ton pain n'é pas bé cueùt; ô sent 
Vjdnei. (V. Nazé,) 
Morv., j'anci. (V. Nazé.) 

Jan-Jan, adj., ironique, niais, imbécile. (V. Colas.) 

Japillard, s. m., petit chien qui aboie toujours, qui ne cesse 
de japper. 
Mont r.,japillar. (Y, JapUler.) 

Japiller, V, intr., japper souvent. Se dit des petits chiens 
qui se font toujours entendre. 

Berry, japiller (parler aigrement). Bourg., jaipè. Montr., 
japiller. Morv., zaipper. Poit., japiller (criailler). Prov., 
papar, 

JÂR, s. m., oie mâle. 

Berry, jers. Bourg., j air. Champ., iars. Morv., jair, jâr, 
zair, sâr. Norhi., gars, gauticr. Pic, gars. Poil., /erc. Wall., 
gear. Vx. fr., garce, jar. 

Jarbe, s. f., gerbe, spécialement celle du blé- 

Berry, gearbe, gearhaude (la maîtresse gerbej. Bourg. Jarbe. 
HainS garpe. Morv., jarbe, zarbe. Nàm. .jaube. Pic, guerbe, 
garbe. Prov., garba. Rouch., garbe^ garpe. St-Am., jdrba. 
TouL, garbe, W8Al.,jâbe, Vx. fr., jariàe, garbe. 

Jarbée, s. f., gerbée, botte de paille. . 
Pic, guerbée. Rouch., garbèc. 

Jarber, v. tr., mettre en gerbes. Fin fêtée des moissons. 
Bourg, y jarbai. 

Jardinage, s. m., réunion de fruits, de légumes : « Un plat 
àe jardinage, )) 

Genev., jardinage, Rouch., gardènache. Vx. ir., fructage, 
fruitage, 

Jâre, adv., jà, certes, ma foi! pardieu ! Excl. complétive 



230 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

à sens multiples : « Y éjâre ben vrâ !» — (( J'en onsjâre 
prou ! » etc. 
Bou rg . , fa ne . M o r v . , jair, Jar. 

Jargouner, V. intr,, jargonner, parler un langage corrompu. 
Morv., j^argonner, jairgoner. Prow., jar g ounegear. Vx. fr*, 
^ardorteff Jargouiller^ gergonncr, 

Jarni! el Jarnïdié! juron assez familier aux campagnards. 
Quekfues chercheurs y voient la contraction de : « Je renie! 
Je renie Dieu ! » 

Bourg., /arm/ Po\t.,jarnidié!jarnongoi!yx. fr., harni- 
bien ! 

Jàron, s. ra., nom de chacune des deux grosses branches 
constituant la partie principale du fagot. Le breton appelle 
jaron une espèce de vesce. Le cognaçais dit jarron de via 
(de veau) le morceau pris dans le bas du fémur et avant le 
genou. 

JÀRRÉARD, adj.i clnudicant, qui, par suite de vicieuse con- 
formation naUircHo, se dandine en marchant. (V. Gambi, 
Tortampion.) 

JÀRELÔT, et Jarlôt, s. m., sorte de baquet : « Y é prou 
engageant, ma fi ï Je n'ii prêterai pu ran ; ô m'a crevé mon 
jàreloi, >ï 

Berry, jarlrp^ jàiais, jâlot. Bress., j'erle^ gerlon, jarlot. 
Champ. ,yft^/('- Forez, ^cr/a. Genev., jar le, jer le, jarlot. Lang., 
gerlo, jherUo. Lyon., gerla. MB.ine^jaloé. Morv. ^jarle. Norm., 
jaioé. Prov.^ gerla. Rom., Jarle, 

JARTEtRE, s» £., jarretière. 

Atigl^ garicr. Artois, garretier. Berry, jarretier. Bourg., 
jatelre. Mkti,^jartire. Movv,, jairtère . Norm., jarretier. Pic, 
gariier. Rouch., gartier. Vx. h., jartière, gertier, gartier. 
(Y. Jârter.) 

JÂRTER, V, tr., mettro des jarretières. A côté de cette acception 
propre, s'emploie couramment au figuré par les rouliers 
rit condutUeurs de voitures, quand ils ont à menacer un 
gamin qui les ennuie : « Attends, morveux! Si te nVen vas 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 231 

pas, j'm'en vas te jârter, » c'est-à-dire t^envoyer un 
coup de fouet qui te fera des jarretières. 
Artois, garreter. Montr.t jarre ter. (V. Jarteire.) 

Jârtoû, adj., cagneux, qui a le pied bot, la jambe tordue 
à l'endroit des jarretières. 

Genew.f jarre tou, Jura, farroutu. L3Lng., jarretiè. Moi'V., 
jarretu. Poit., Jarouillou. 

Jâsées, s. f., causei'ies, syn. de Jasons. On réunit souvent 
les deux : « Depeû quéque temps, n'y é cheû nous qu'dea 
jasons et des jasées, » ce que nous appelons encore des 
disons-disettes. (V. Jdsons.) 

Jâsons, s. m., syn. et souvent complément du précédent, 
causeries, bavardages, cancans. Fournissent une occupation 
assez assidue aux ménagères. (V. Jdsées.) 

Jâsoû, adj., jaseur, babillard, potinier. 
MoTY.jjasou. Vx. h., ja^ard, jaseresse. 

Jaspiner, et Jaspiller, v. intr., bavarder. 

Berry f japper f jappiller. Genev., jaspiner (disputer). Poit, 
JAppe7',jappiller. Ronch., jaspiner. Vx. fr.y jaspiner. 

Jaû, s. m., coq, et personnage qui fait l'important. 

Berry, /au. Bourg., gargan. Champ., /au. Forez, yat, jatt. 
Lang., gala. Llûi.. /au. Lorr., /au. Lozère, /al. Morv., jatt. 
Norm.j/aa. Poit., jau. Saiût., yaa. (V. Gau, Jayâr.) 

Jaulée, s. f,, gelée. 

haX.^gelu. Ital., gelata. Bourg, y jaulée. Prov., yelada^gilada, 
Vx. fr., gelede, gielèe. (V. Gela, Glas.) 

Jauler, V. intr., geler. 

Lat.et lta,\., gelare. Bourg., jaulaijeullai. Lorr. ,jâlé, Prov.» 
gelar. St-Am., s^elé. Wall., ya/er. Vx. fr., gieler^ g e lier. 

Javéles (tomber en), loc. Se dit d'un objet formé de douves 
et entouré de cercles (tonneau, cuvier, baquet, etc. ), ni qui, 
par suite de sécheresse, se disjoint et laisse tomber ses 
planchettes de côté et d'autre. (V. Gicéle.) 

Jayâr, s. m., coq. Syn. de Jau. 
Forez, jaillar. (V. Jau, Gau.) 



^^^P^^P^flB 



^32 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAÎS 1 

J AZERûN, S* m., jaseran, chaîne d^ cou à mailles fines en or. 
Bijou lie fondation, dont le nombre de rangs indiquait la 
foriutie du ménagea, 

liai., (^/tm^jfTt/io, Bourg., gorgeire. La.ng.,Jhaseran. Lyon., 
jaseran. Prov., fu^eran. Rom., jaseran, Vx. fr., jaserant, 
ja^crenc. » 

Je, pr. pers., nous : « Voui, voui, /'la marions; dans huit 
jôrs je fons la noce. )) 

1L-V',ye. Niveni,, i, Pic, ege, ej\ eig\ Prov., eu, ieu, iê. 
Vx. fr„./o, (V. JoH.) 

JeaN'NÉte, s, f., narcisse, fleur. Aurait aussi, d'après un 
Noël, servi h désigner les cocottes de Tancien temps : 

Vùiiâ aciej: donc mal es yeux, 

Éiie^ sans lunettes, 
Quittant un lys gracieux 

pour une Jeannette. 

Même Tocable en Blesse et en Morvan. 

Jeu, s. m., jeu» Prononciation très ouverte; comme feà. 
L^L.Joctis. llaî.n qf'uoco. Bourg., /e/i. Lille, ya. Lyon.,yaé. 
PTow.Jocjaec^ /«oc. TouL, yoc. Vx. fr., ./ta, geu, gieu^ ju. 

Jeûn-ner, V, intr.j manquer de... : « L*pauvM Sa fonne li 
Î2,\l jedn-ner l'paîn. b'sogne portant prou! » Pour la 
prononciation pourrait s'écrire jun-ner, comme un. 

hKi.,jiijimave. Morv., jeûner, Prow., j'unar y jvonar, Vx. fr., 
jejuner.juner^ geûner. 

Jeùrer, V, inlr-, jurer, faire serment. 

La.1., J tira r^\ ItaL, f/iurare. Morv., zeurcr, jeurer, zeuher, 
PvQV.Jurar, Vx, tv,, Jurrer. 

Jëùrement, s. ra., jurement, juron, serment. 

Lat*, JHPamentam. Ital., giuramento. Morv., jcurement, 
-:eù m en i , je u ro n. Pv\\^., jura m en t . 

Jeùriau, et Jéùroû, s. m., jureur, qui a l'habitude de jurer. 
Lat., jttralor. It^i ,giurat or e. Morv. ,jeurou. Prov., j'uraire, 
jttrador. 

jEÙsofuÈj prép., jusque. 

Lat., usf^ae. Bourg., ieuque,jeusgue. Bress., tanqu'.Morv., 



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LANGAGE POPULAmE VERDUNO-CHALONNAIS 233 

feusque. Pic, dusque, Prov., fuscas^ duesca. Saint., dtisque, 
Yx.ir»yU8que,juïsc,jo3que^de8que, * 

Jeùsqu'à temps que, loc., jusqu'à ce que : « Te resteras iqui 
jeùsqu'à temps que j*aïe moudu mon pprain. » 
Genev., jusqu'à tant que, 

Jkûste, adj., juste, d'accord. 

Lat., justus. Ital., giusto. Berry, juçae, jut^ Jute (nivelé). 
Bourg, f feuste, ProY^, l'ust. Y j;. U.^juss. 

Jbûstement, adv., justement, exactement. 
Boxxtg.fjeusteman. 

JicLE, s. f., petite seringue en sureau, qui sert d'amusette 
aux enfants. 

Berry, gille. Bourg., chiele, Bpes8.,yfcc/e. Jura, gicle. Maine, 
canne gilolre, Montr., gicle, MorT.,/7^Af , jsricle. Norm., giloire, 

JiCLÉB, s. f., jet, jaillissement : « En passant proche de la 
voiture à Jacot, j'tai étrapé eùne jicléell... » Quelques- 
uns, comme pour le^ verbe, pencheraient pour G/cZer. 
Plusieurs patois leur donneraient raison ; mais pourquoi 
s'éloigner de yaca/ari7 

Lat., /acm/n. Berry, jille. Dauph., ^tc/^e. Genev., regiclée. 
Jura, gicle, jicle. Lang., gièctàda. Maine, gilèe. Midi, rejiscle. 
Morv., gighiot. Norm., filée. Prov., giscle. (V. Jiclôt.) 

Jicler, V. tr., lancer de l'eau, de la boue, etc., et v. intr. 
jaillir avec force d'un jet d'eau, d'une petite seringue, 
d'une flaque. Très imitatif . 

Lait., j'aculari, regicere. Berry.jiller, gigler, zigler. Bourg., 
jiclai^ chiclai. Dauph.. rejicler. Forez, jictà. Fr.-Cté, chiclâ. 
Frib?, zicliar. Genev., gicler, gigler, rejicler. H*-Maine, giler. 
Jura, gicler, giler. Lang., regiscla. Lyon,, giclo, jiclo» Midi, 
rejiscler. Montr., gicler. Morv., j ig hier, vicier ^ bigler. Norm., 
ziguer, ziler, giler, Poit.^ giler, Prov., g isclar. Suiss. r., 
dgicla. Toul., regita. Vend., gilâtfr. Vx. fr., jalir. (V. Jiclàt, 
Jicler ôte.) 

Jiclerôte, s. f., petite seringue que se façonnent les enfants, 
à Taide d'un tube de sureau et de tampons de chanvre 
humide. Comme cet instrument ne peut avoir le luxe d'une 
douille, on pratfque un trou près du haut du tube, qui par 

25 



r 



SM LAJ^GAGE POPULAIRE VERDUNOGHALONNAIS 

ce moyen aspire très bien Tôau et la renvoie encore 
mieux, 

Berry, jiliouère. Bourg., chiècle. Bress., jiclote, Cogn., 
fchliqaeiùére. H^-Maltie, gilée, Jura, gicle, Morv., zîcle. 
Norm*, êliençourê, éclisse, Poit., éclissouère^ siclouère, gui- 
chaire, (V, Jicie^ Taperiau.) 

JicLÔT, 3. m., et JicLÔTE, s. f., petit jet d'eau, ce que peut 
envoyer une JicU^ ou un corps frappant dans l'eau; tache 
de boue qu'on se fait en marchant, ou qu^envoie là roue 
d'une voiture, le sabot d'un cheval, etc. 

Lat., facius. Ital., getto. Berry, gitte. Bourg., chicclô. 
MoDtr,, giclot. Prov,, get. Vx. fr., ges^ giest, giet, gecty geez. 
(V. Jiclèc.) 

J'mbnt, s. f-, jument. Le paysan n'emploie jamais i'w dans 
ce mot : « Ma fment. » 

Lat-t jumtî/ittùm. Ital., giumento. Berry, jement. Bourg., 
jenmn, ^iouiv. y jement, Morv., jg'ment, Vroy.^ jument, St-Am. 
cacaia, Yx. fr.j jumen, 

Jôë, s, f., joue, que notre jeunesse montre si souvent fraîche 
et rosée. 

ItaL, gota, Aum^.Jotte, Berry, jotte. Morv.- jô, Poit., /otte, 
Prov,, gauia. Wall., joé, Vx. fr., jode, foe, 

JoiGMU, part, dejolnre, joint, réuni. 
Morv,, foindu. Saint., joignu, 

JoiNRE, V, tr., joindre, réunir. 

L^Lj Jungere. Ital. giugnere. ProY »yjanherfjonger,joincher\ 

JoiYoû, adj.j joyeux. 

ital., gioioso. Bourg., joyou. Vrov. , j'opos, Vx. fr.,yows, 
joioas^ 10 te us. 

Joliment, adv., beaucoup, exagérément : (( Dis donc, ô n'é 
pasgein-né; quand on li a offri des dragées, 61 en ajou- 
rnent pria! )) 

Cogu^ ^ jolimenL VTOv.fjoliament . Vx. tr., joliernent, joli' 
tiemeat. 

Joute, et Joulie* adj., analogue de gentite, 

îtal.^ ^M(/(oo. Bourg,, yo/td^e. Morv., jsoulie. Saint., jolite, 
Vx. fr., /oUoe, jolye, foliete. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO'OHALONNAIS 235 

Jqnf^r, V. iutr., occasionner une douleur sourde, que Ton 
comprime. On dit d'un mal de dents : « Ça m'jonfe. » 
Bress.,yo/i/er. Montr., jonfer, 

JoNFLER, V. intr., soufller, respirer, ronfler. Se dit en parlant 
d'une fiarde, d*un diable, d'une toupie. 
Norm., jonjler, (V. Baronfler.) 

JÔR, s. m., jour, clarté, lumière : « V'tu bente l'ver, feignant; 
y fait grand ^ôr. » — « Que brusinel 1 n'fait tant s'ment 
pas /or pou lirp. » 

Lat., diurnus. Ital., giorno. Bourg. , /or, yd. Bress., ;gor. 
Lorr.,yo. Lyon., jor. Mâc.,yor, yoa. Montr., yea. Morv., zôr, 
zour^so. Niv., zor. Pic, iaur,Jor, àjou fait (à la chute du 
jour). Ptov., j'orn^jor. St-Am., zou. Sav., zeur. Vx. ir,,jurz, 
jopy jorn. 

JÔRNÈE, s. f., journée : « La pauv'fiUe, aile va enjbrnée; 
ma à n'gagne pas gros. » Indépendamment de j ornée, 
nous ayons journau. (V. ce dernier mot.) 

Ital., ^iorna^a. Berry,j'ornée. Bourg, j'o née. Dauph., /owr/ia. 
Lim., journado. Morv., zornée. Prov., jornada, St-Am., 
zournô. Sav., zeurnâ. Vx. fr., f ornée. 

J6t, Jeu, Juc, s. m., juchoir, perchoir. 

LaI., jugum. Bevty.Juc. Bourg., juchai, guiche. Champ., 
jouque. FisLud., j'ouque. Genev., jot. H"-Auv. , dzu. Montr., 
yoa. Nam., yoc. Norm., /wç. Poit., ju. Toul., Joue, jouq nié. 
Vx. tr., JUC, Joue. (V. à Jôtf Jouchoû.) 

JÔT(à), Jeu (à), Juc (à), loc. adv., juché. S'emploie en parlant 
des oiseaux qui sont çur le juchoir : « La poule et àjbt. » 
Bress., àjou. Genev., àJoL (V. Jot.) 

Jou, pr. pers., je. 

Lat., ego. Ital., io.. Toul., jou, yeu^ yu. 

JoucHER, v. intr., jucher, se hisser sur le perchoir. 

Beppy, gucher, gueucher. Bourg., Juchai. Lim., Juchas. 
Morv., Jeucher. Nann., Joker. Norm., hucher, h\ichier. Toul., 
enjouca. Wall.,yoa/pt. Vx. tr., Joquier^ Juchier. 

Jouchoû, s. m., juchoir. 

Berry, guche, Juche, gueuche, Montr., juchou. Morv., 
Jeuche, Pic, Joukoir. Vx. it,.,Juclieoir, 



^rm* 



236 LANGAGE POPaLAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Jouer de la musiq^jk, loc. redondante, jouer d*un instrument 

quelconque. 
Saint-, même locution. 

JoUERiE, S- f.j jeu, amusement: « L'feignant, ô n'ain-me que 

lesJQueries. » (V. Jeu.) 

JouEÛ, adj,, joueur. 

Ital., gi(4ocat(}re. Bourg.i jueu. Bresse, juriau. Morv., 
joiir*ai6* Ptoy.j joguaflor. Vx. ÎT.^jouere. 

JouFLARD, adj., joufflu, rebondi des joues, bien nourri. 
Genev.^ jouffiard. 

JouPER, V. intr., gambader, sauter. 

Morv., jouper (sauter à pieds joints). (V. Ginguer.) 

JouRNAU, et JoRNAu, s. m., journal, feuille périodique, 
liai., giornale. Morv., zornau, sournau, 

JouRNAu, et JoRNAu, S. m., journal, mesure agraire d'environ 
cinquante ares. Équivaut à peu près à ce qu'un homtne 
peut labourer en un Jour. Quantum uno die per boum arare 
potesi, « Ole prou chiche; ô se m'sure le pain por se 
bailler Bnnjornau d'târe de pus. » 

ha.tj diurnaiis. Bas-\B.t., j orna lis, Bevry, fournau. Cogn., 
Jôrnau (1/3 d'hectare). Marne, journel. Morv., fornau. Prov., 
Jornait , jornal. WalK, journel. 

Jouter, v. intr*, bégayer : (( J'ii dirai son fait S2ins jouter. » 
— n Quand ôl a qu'ét'chous' qui l'tracasse, ôyow^e, ajoute, 
qu'ô n'peut pu parler. » 

Bress. ,joier* Montr„joter. St-Am.^ pequelyë, TouL. que- 
quejay 

Jugeote, s, f ., jugement, sens droit, intelligence : « Que v'tu 
qu'ô lasse? n'a pas por deux yarda de jugeote! » 

Ital., fjtutUcamento. Lim,,jujomén. Prov. y jutjamen. Toul, 
iitljonien, Vx. U.^ juise^ jugement. (V. Estoc^ Compedrnote.) 

Jûi| V. intr,, jouir. 

Lat. et Ital., gaudere. Genev., gaudir. Morv., jui, Prov.. 
gaudlr^ jausir^ gaiiJs^ir, 

JûissEMENT, S. m*, jouissance. 

Morv. j /[iman-ce. Prov., gaudensa. 



:^v^ 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAlS 237 



Labôïi^ s. m«, labeur. 

Boarg., laibor. Morv,, laibùr. Vx. fr,, lahor, 

Labôrage, s, m., labourage. 

Bou rg . , ? aibo ra ige , Mor v, , ia ib o h era t'^ e ^ laib o uha isie . Pro v , , 
laborutge. Vx. fr,, loborage^ labouraigfi. 

Lab6eier, V. tF-, labourer* 

Lat., laborare. Ital.i lacorare. Bourg,, laborai. Morv,, 
laibouérer^ laibouhcr, rabourer. Pic, rabourer. Prov.^ la- 
borar^ laorar^ laurar. Vx, fr., laborei\ 

Labôkeu, s. m-, laboureur, 

Lat», labùvator. Ital,^ tacoratore. Bourg*, laborei^ laiboreL 
Metz, rèborous* Morv,, laihotièrou, îaîbouheu, Prov*, labo- 
rador^ taboraire. Yx. fr., lahoreoj\ îaborera. 

La celle, pr. dém,, celle-là. 
Pic-, cholk'-lo. {V, Les ceux.) 

Lâcher de l*iau, loc, uriner, J*ai enteadu souvent les 
paysans d'une locaîitô voisine dire : « Plaire de riau. ïï 
Norm,, Qdii'r de l'eau. 

Laçôt, s. m.t lacet, à Tusage des corsets^ et aussi filet pour 
prendre certain gibier. 

Bourg., laissa. Nam., lusch'. Prov*, iassoL Wall.^ tèêééù. 
Vx. fr-, îasset, 

Lagosser, V, tr», laver, mais mal : « V*là du joli linge, ma 
fi 1 y ô prou la^ossé. n 
Morv., iarjùcher. 

Lagôt, 3. m,» lavoir, petite pièce d'eau, llaque. 

Béaro, lagot, Montr., lagoi, Morv., îaijà> Poit-, lacqnassQ, 
Saiss. v,y larjot. 

Lai, art. et adv,, la, là. Plus usité dans la Côted^Or. 

Lat., illac. ItaL, là. Bourg., ^(^t. Il.-V^ illè. iMâc, Haumoii 
(là-haut). Montr., /at. Morv., /<ii, Niv., let. Prov., /ay, lai. 
Vx. Ir, là. 



238 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALOItNAIS 

LÈë, S. f,, 16 d'étoffe, de toile, etc. : « J'engraisse; i m'faut 
mét'uant eùne lêë d'pus à mes jupes. » 
Lat,» laéus. îtaL*, lato. Prov., lat Vx. fr., lée^ let, lai. 

Lain-ne, s. f., laine. Cité pour la prononciation nasale. 
Lat., Ital*, Esp.p lana, Prov., lana. Sav., tanna. Vx. fr., 
laine. 

Laitusson, s» m., litbymale, plante qui se môle au loin, et 
qu'il faut en séparer au moment de la récolte, parce qu'elle 
lui communique une mauvaise qualité. 
Montr,, laîtusson, 

Lamdroche, s. m* tlain bruche, petit raisin sauvage (Mervans). 
Lat»^ labru^ca. ïtaL, lanibrusca. Berry, lamhroche^ lamr 
brmche^ Prov,, iabrnsca. Vx. fr., lambrusche^ lambrusque^ 
lambr anche. 

Lande, s. f., lente, œuf de pou, que les mères ne craignent 
pas assez et laissent sur la tête des enfants. 

Baa-lat.p lens. Berry, lende. Bourg., lenSy lente. Dauph., 
lande. Geaev., lande, landine. Hain', lin. Lang., lande. Lyon., 
lande. Nam,, hnde. Une. Poit., lande. Prov., lende. Wall.» 
lén. Vx, fr., lente. 

Landif^, s. m., landier, ancien chenet à tige, dont l'extrémité 
évaséo pouvait recevoir une tasse où tenir chaude une 
boisson quelconque. Mot qui a pris Tarticle. 

Baa-lat., anderins. Berry, languet. Forez, ander. Jura, çindin 
(randin). Montr., aadier (l'andier). Morv., landié. Poit.*, 
landéi landia. Wall., andi. Vx. fr., étudier ^ andier. 

Langue {repasser sa), loc, babiller à cœur joie. Manière de 
dire imagée et bien dans la couleur, dans Tesprit du pays. 
C'est comme le régusou, qui repasse son couteau pour 
qu'il coupe mieux. 

Languir, v. intr., désirer, attendre impatiemment, ou dou- 
loureusement : a y languis dVous vouer. » 
Lat.j lamjueve. Itah, languire. Vx. fr., languir, 

Lantàbne, s. f., lanterne, d'un usage constant pour aller en 
veillée les soirs d'hiver. 

Ital., lanterna. Prov., lanterna. St-Am., létarna. Vx. fr., 
lanterne. 



->'r^4^dÉl 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 239 

Lâr. s. m., lard, et au figuré embonpoint. D'un qui engraisse : 
(( fait son lâr, » 

Lat., lardum, Ital., lardo. Bourg., là, Prov., lar, lart 
Vx. fr., lar^ lart, 

LardancHe, s. f ., mésange bleue. Espèces nombreuses. 
Bas-lat., mejsensa. Hain*, masinque. Lièg., mazitige. Montr., 
larclanche. Pic, masingue, Ponth., imhesirigue, Wall., 
mazenge, Vx. fr., mesanghe. 

Larme, s. f., goutte, petite quantité : « V'iàdu bon riquiqui; 
peùrnez-en eu ne larme. » 

Lat., lacryma. Ital., lagrima. Fr.-€té, larmottc. Morv., 
lainne. Nam., larme, Prov., lacrima, lacrema, lagrema, 
Wall., lame. Vx. fr., lairme, larme. 

Larmier, s. m., soupirail de cave. 

Bourg., larmei (coin de l'œil). Fr.-Cté, larmie. Morv., lair- 
miè. Wall., larmire di cave. 

Larmuse, s. m., lézard gris, lézard de muraille. 

Lat., lacerta mûri. Danph., larmuse. Lyon., larmuzi^ 
larmouési^ larmire. Vx. fr., larmuizc. (V. Lisard.) 

LASSER, V, tr., laisser : « Làsse-me donc tranquille I » 

Lat., laxare. Ital., lasciare. Mac, laissi. Pic, laicher, 
laissier. Prov., laissar, latsar. St-Am., lâche. Vx. fr., lazsier^ 
lesser, laissier. 

Lavasse, s. f., forte ondée» et aussi soupe, tisane, boisson 
trop allongée : « m'a fait bouére eun cop; y étôt, ma fil 
d'ia vrâ lanas'ée, » 

Bourg., laioaisse (et réprimande sévère). Nam., lacange. 
Prov., lavaci. Wall., laoas'. Vx. fr., lavace. 

La-vau, adv., là-bas, au loin. 

Fland., la-vau. Montr., là-càu. Morv., daioau. Rouoh., 
lavaUf laucau. (V. Liavan^ And* lai.) 

Lavier, s. m., évier. Encore de la famille des mots qui ont 
pris Tarticle : Tévier, levier, lavier, 

Basq., attt/er. Champ., /ao ter. Forez, aiguie. Liég., aiwi. 
Mons, aiiceu. Montr., aguier. Morv., agie, lécié. Norm., 
lavierr Pic, lavier, St-Am., /aciew. Wall., aivi (puisoir). 
Vx. fr., euwier. 



I 

l 



240 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

LÀ-vou, LÀ-vou c'qïje? adv., où, là où, où est-ce que? 
<( Là-oQtt c'qu'é la p'tiote? Air patevôle cor por iqui, bé 
seùrt » 

Berry, iàaou. Bourg-, lai-vou. Bugey, yo, Lorr., lavoà, doà. 
Mâc,j quat qucod. Montr-^ qoua, Morv., laicou, Poit., lacou^ 
lacom\ Vend., iacoure. 

Lequeiil, Laqueùle, pr. rel., lequel, laquelle. 

St-Am., iûuquôhu, taqtiâla. Vx. fr., liquel^ li quel. 

Les ceùs, pr. déiriM ceux-là. 
Morv., iù ceu. (V, La celle.) 

Lét'e, s. f,, lettre* de Talphabet, épître, missive. 

Lat.^ IHicra. Ital-, leUera. Berry, lètre. Bourg., lôttre. 
Morv. s leife. Prov.j ieiira, tetra. Vx. fr., letre, lettre, 

Leû, s- in-, lieu, endroit, pays. 

Lat., lociti?. IUL, iuof/o. Bourg., leù, lei. Fr.-Cté, lue. Lorr. ^ 
feâ. Montr,, leii. Morv., leu. Pic,, lia, Prov., loc^ luoCy luec. 
Wall., lue. Vj. fr., lia, tea, lieu. 

Leû, et Leûs, pr. pers., leur, à eux : « Je leûsj dirai. » 
Berry, tciu:. Bourg,, lo, los^ lotc. Il.-V% leu, lou. Lim., 
(ours. Lorr., ^otc, Mopv,, lleuy îeu. Norm., leux. Prov., loi\ 
ikor, lar. WalL^ /e«. Vx. fr., lor, lur. 

Leûmeire, s, f., lumière* 

Lat,t iifnten. Itah, htmi^ra. Bourg., lemeire, lemayre, Bress., 
lernirc. nain\ kumière. Lim. , lumieiro, Lorr. , eulmère, 
Lmère. Prov,, himeru, lumcira, lumneira. Rouch., leumière. 
St-Am.f lemire, Toul-, lum^ lumenario. WalL, loumire. Vx. 
Ir., lumière. 

Leûmeire (éleùmer la} p loc, allumer la lampe, la bougie. 
Solécisme des plus familiers à tous, et caractéristique. 
Toléré cepeudaût par Littré. 

Le Midi, st d^autres régions, disent aussi : « Allumer la 
lumière. î» 

Leûmer6te, s. f*, lumignon, petite lumière, petite lanterne. 
Berry, iaminofi (botigîe de résine). Lille, leum'rotte (ver 
luisant), Pio., lumion^ luraichon. Rouch., leumeurete (feu 
follet)- WalL, leumerotie. Vx. fr., limignon. 



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, i 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAtS 241 

Leûne, s. f., lune : « Au clar de la leùne,,, » Au fi^^uré, troa, 
vide, etc. A un qui n'avait pas mangé depuis la veille : i 

(( Vos devez avouer eùne fameuse Imne dans rventr\ » 

Lat. et Ital., lana. Bourg., leugne, Lim., liino. Lyon-» hina. 
Morv., leune. Pic, le((ne, lèiie, Prov., Itinu, Ikunn, St-Am^^ 
luna, Sav., Icna, Roacli., leune. Wall., leiine. Vx. fr., lune. 

Leùver, V. tr., lever, soulever. 

Lat. et Ital., leoare. Bourg., lencnt, lecal. Genev, , (erer la 
^a6/e (la desservir). Lim., levas. Lorr., loacé. Morv., Ivurer, 
Prov., lecar. Vx. fr., lecer, liccer. 

Leùver (se), v. pr., se lever, sortif dulit : « s'ietw' tard, 
é pi ô va bouére... » 
Bourg., se leucai. Lorr., se laver. Mac, se licer. 

Lî, s. m., lit (le distinguer des deux mots suivante). 

Lat., lectus. Ital., letto. Bourg., leï. Nam., lelt. Norm., liet^ 
Prov., leitj lelch^ lieg. Wall., lét. Vx. fr., liât. 

Li, temps de verbe, lu : « J'ai li ma leçon. » 
Bourg., IL Morv., li. (V. Lisu.) 

Li, pr. pers., lui, elle : (c J'vons li dire. » 

II.-VS li, la. Morv., li. Poit., //, glt. Wall., la. Vx. ii\, li, 
lei, ///, luy, 

LiÂVAN, adv. de lieu, là-bas. 

Forez, layçLii. Montr., liaucans. Morv., laâoan. (V, Là-^aUê 
And' lai.) 

LiBÀRTÉ, s. f., liberté, permission, hardiesse. 

Lat., libertas. Ital., liberià. Morv., libartè. Prov., lihcrtat. 

Libre, adj., déluré, leste, étourdi : « Aile é prou gentile; ma 
aile é trop libre. » 
Lat., liber. Ital., libero. Morv., libe. Prov., liore^ Hure. 

LiCHÉE, s. f., lapée, lippée, ce que la langue prend en 
léchant, en buvant, en lapant : « Je l'y é tendu la tasse; 
ô vous en a pris eiine fameuse lichée. » 

LicHER, V. tr., lécher, avaler, boire avec trop de complai- 
sance : « J^e gas, ôl a liché toute la bouteille! » 
Ital., leccare. Berry, licher. Bourg., lochai. Breay., lever. 



^42 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Maine» licher. Movv,, licher. Norm., licher. Pic, licher, 
léket\ Foit.» //Y'Aa^ (manger avec gourmandise). Prov., lecar, 
tcchar, >VaU,, kh^hi. Vx. fr. , lechiei\ leschier, leicher. 
{V. Loickct\) 

LiGiïER, Y- intr., glisser : « Prends garde! y a pleùvu, y é 
m au ; t'pouràs beo licher, 
tlatn., glttsen. Vx. fr., glicie/\ glinsei\ glacier. 

LiGHERÔTE, sî. f., gligsoire : (( Si tVoux, en sortant d'clâsse, 
y a eùn endrèt oùsqa'y a jaulé; j'y pousserons eùn' . 
iichêrote, n 
Pic, fjiindiad(\ (V. Glissière.) 

LiCHOÛ, s, TU,, lécïieur, qui aime à boire, qui caresse trop 
souvent la bouteille* 

Berry, liche^ lichenx. Champ., hichard. Forez, liche. H'- 
Mainey llchoux. Morv., lichou. 

Lic6, s, m., licou, ou licol. 
Bourg., iicù. Vx. fr., licol. 

LicÔTE, s. f., loquet do porte; suffit aux paysans. 
Morv., licotle, (V. Loquet,) 

Lic6ter, V. inlr., osciUor, se dit d'une porte dont la licote2L 
trop de jeu. — Signifie aussi : soulever le loquet de la 
porte, 
Morv-, Ifcoier, 

LiGNÔL, s, m,, Jigneul, fil poisseux des cordonniers. La pro- 
nonciation supprime volontiers le Z, ce qui, à Toreille, fait 
ressembler ce substantif à l'adjectif lignât, qui suit. 

Berry, iujnou. Bres!*., licjiio. Cogn., lignou, Genev., lignu. 
11. -V% ligneux. Midi, lifjnol. Montr., lignu. Morv., ligneau. 
Norra., ligneur. Poit., lignou. Prov., lignoou. Rouch., queu- 
défi, Wall., lùiîouhf iignau. Vx. fr., lignel. 

LiGNÔT, adj., poli, uni, glissant : (( Méfie-te! tVas licher; la 
gliace é ben lignbte. n 

LiiwACE DU FOIE, loc- {V, Daugc,) 

Bourg,, ientaisse. Moiv., lémaice, elmaice, 

LtNçiôi s. m., linceul j drap de lit. A Saint-Usuge, u n 



i^]»^ — 'qr 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNOCHALONNAIS 243 

mariée reçoit toujours, de sa mère, le matin de ses noces ^ 
une pièce de toile, destinée à lui servir de linceul. Malheur 
à qui la taillerait pour s'en faire du linge! 

Lat., linteolam. Bas-lat., len^lolus. Ital., liasuolo. Berry, 
liacieux. Bourg., lanceu. Dauph., Iclncieu, lenceu. Forez, 
lencio, lensio. Lang., lensoou. Lyon., linçou, Merv.^ tanstt, 
Montr^, lançu. Pic, lincheux. Prov., linsoou, linsol, lanssoL 
Rom., linsoL St-Am., lèçu. Vx.fr., lincieux, linchius, ltn.^tici^ 
linceu. 

LisÂR, s. m., lézard : (( Le p'tiot drôle! ô s*chaufe au soul6 
c'raent eùn lisàr. » 

Lat., lacertus. Ital., lucerta. Berry, lùard, luenL Bourg. ^ 
luzar. Genev., llusard. Morv., lujâr. Prov., losert^ lau^erL 
Vx. fr., leisardc, llsarde, li^art. (V. Lavmuse.) 

Lisoû, s. m., liseur, mangeur de livres sans proiit. On cite 
plaisamment lisarde, que nous né recueillons cependant 
pas. 
Bourg., liseû. Vx. fr., leisor, 

LissivE, s. f., lessive : « La Jean-néte s'é métu à couler sa 
lissice. )) (Ed. du Méril voit dans couler une aphérèse 
d! écouler.) 

Lat., lixicia. Ital., llsclola. Genev., liasice. Vx. fr., Icxloe^ 
lecioe. 

LissivER, V. ir.j faire la lessive. 

LissivEusE, s. f., laveuse, lavandière, femme qu*on loue 
pour donner ses soins à la lessive. 

Berry, lessiveuse. Bourg., lalvandclre^ lawoiue. Lin3. ^ 
hujandlêro. Morv., laicou;^e. 

Lissu, Lussu, et Lussiau, s. m., eau de lessive. 

Lat., lixivium. Berry, lessif, lessu, lissu. Bourg.* Irtissif. 
BresB., lissu. Champ., lèchu, Icssu. Châtill., lèchn. Cogu., 
lessit. Fr.-Cté, Icssu^ lissu, llsic. Genev., lissti. H^'-Maeiiô, 
/essa. Jura, Icssus. Midi, lissieu. Montr., lissu. Moiv., tehu^ 
tuclii, lussu r Poit.^ lissi. Prov., lissiu, leissiu. Sav., tèchu* 
Suiss* v.ylissuy linsu, lieii^u. Yon., Ivssu. Vx. fr., le&ùea. 

Lisu, part, de lire : « Mon live ôt tout Usa, » Quand il faut 



S44 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

dire : lu, le paysan dit : Usa; mais quand il faut dire : lui, 
le paysao dit \ In^ ou li. 
Berry. Usit. Bourg., li. (V. Li.) 

Liv'e, s. m., livre- 

Lat., Iihvî\ liai., libro. Lorr., lice. Morv., liv*e. Prov., 
iîbri'. Vx. fr.. hcre. ^ 

Livrât, s. m., petit livre. Ici le r se prononce. 
ItaJ , , libretto. Bourg*, Ucrô. Vx. fr., licret. 

LoicHE, 8. f., l^che, tranche de pain assez mince, pour 
tremper ou faire rûtir, 

ItaL, li'ica. Berry^ Itrhe. Bourg., loiche. Dauph., Icichi, 
letcho, Montr-, lauchv. Morv., loiche. Norm., lèche. Pic, 
tèke* Poit,, lichC' Prov., lisco^ lesco, Suiss. p., letscke. 
Vx. fr.. leschc, leehe. 

LoictiER, V- Ir,, lécher. 

TtaL, leccarc. Berry. ficher. Bourg. ^ lochai, loichai. Morv., 
loicher. Pic,, lôker. Prov., lecar^ lechar. Wall., lèchi. 
(V, Licher.) 

LojN, adv,, longtemps m( 01 é proche de descendre; ô n'en 
a pas pour loin, )) 
Bourg., lôgne. Lîllo, loin. 

Loisï, s, m., loisir, bon temps. 

Bourg., foist\ îèjff Dauph., lei^i. Lim., lé^éï. Pic, laisi. 
TolU,, k'^t'. Wall.. It't/i. Vx. fr. , leisii\ loysir. (V. Louâyù) 

LoLÔT, s. m., lait; quelquefois pour indiquer une boisson 
doucep 

Lat., lactïs. \{^\.Jftttc.Bo\irg.,laissea, ^««'sseaa (petit lait). 
BresB., lassa f/. Bugey, Itissaj/. Fr.-Ctë, /at^io^ (lait inférieur). 
Hain'n fachatt, Iffssait. Lorr., laicè, là. Montr., laissieau. 
Nam., lasin , Prov., lach^ lag^ layt. Rouch., lassau, lolo. 
St-Am. , lé. Sav. la.^sai. Wall., lésai y lolo.Yx. iv.y let, laid. 

LoPKB, V, rr.. boire beaucoup, avec excès. 
Morv., laper. (V, Laquer.) 

Lopoû^ s. m., qui boit ti-op, ivrogne. 
Morv., lapon. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 245 

LÔQUENCE, S. f., éloquence, beau parler. Ce mot, que nous 
avons encore entendu, est rarement employé ; il appartient 
plutôt au patois de La Monnoye. 

Lat. , eloquentla. Ital., eloquemla. Bourg., lôquancc. 
Lorr., louquance. Poit., loquence, Prov., eloqucncia, elo- 
quensa. Saint., loquence. 

LoQUER, V. tr., boire, lever le coude : « Lu? la jôrnée 
durant, ôl a loque d'avou les aimis. » (V. Loper.) 

Loquet, s. ra.^ hoquet. Encore une fois Tarticle fondu avec 
le nom. On entend fréquemment dire : 

J*ai rioquet. 
Dieu m' la fait. 
Vie' Jésus!... 
Je n'iai pus. 

Les bonnes femmes apprennent cette formulette aux enfants, 
prétendant qu'on fait cesser le hoquet en la prononçant. 

Cogn., loquet. Genev., loquet- Lim., saiifju. Morv., chicot. 
Poit., loquet, Wall, hikète. 

Dans ce mot, absolument rien du loquet déporte. 

LÔR, adj., lourd, qui a le vertige. Se dit du mouton qui a le 
lordbt, (V. ce mot.) 

Berry, lordaud. Bourg., lor. Morv., lor^ lordals. Vx. fr., 
lar, lurd, lor, lour, 

LoRDÔT, s. m., vertige des moutons. Les bêtes ont les indis- 
positions des gens, et les gens les indispositions des bêtes. 
Je me rappelle un vieux bonhomme qui^ lorsqu'il avait la 
tête un peu prise, me disait : « Auj'd'heù, i n'vas pas ; 
j'ai Vlordot. )) On appelle aussi lordot la pesanteur de tête 
que le buveur éprouve après l'ivresse : (( Ah! làsse-me 
donc! te n'vaux pas deux yards; t'as Vlordot. » 

Berry, lordène, lorderie. Bourg., virô. Forez, la lourde. 
Lim., louc/fno. Midi, lourdun. Montr., lordot. Morv., nlloi- 
rissemariy ailordition. Wall., lourderie, lourdise. Vx. fr,, 
lourdcrie. (V. Tournis.) 

I-oû, s. f., loup, et personne qui vit retirée : « On n'ie vouét 
jamâ; y et ein vrâ loiL » 
Lat., lupus. Ital., lupo. Art-, letl, leup. Berry, loube. Bourg., 



"^-x 



H 



^tff LANGAGE POPULAIRE VERDUNOCÎIALONNAIS 

[où. Lorr.. lou. Pb., hit/. Prov. ,/«/), lop. Rouch., /e«. St-Am., 
lêu. SaT., îoett. WalL, t/*a, Vx. fr., lu, lou, len, (V. Lêû- 
cairou,) 

LouAïi, s. m*, loisir^ délassement. 
Morv. , httaT/î. (V, Loiini.) 

LoûEiN, s. m.» lien, atta<7he. 

Lat,, llgarncn. Jtal,, legame. Berry, lian. Bress., loin. 
Moutr-, totn. Morv.^ hudteure. Norm., lian. Prov., liam, 
Wall., loien^ Vx, ff., loien, liem. (V. Lot/eûre.) 

Louer, v. ii., lier, attacher. 

Lat., Ugare. Ital., legarc. Hain'., loici'. Montr., louer. Pic, 
hutjci\ hfjer. Prov., iifjuar^ liar. Wall., loii. Vx. fr., /otcr, 
/jycr. (V. Lot/cr.) 

LouGER, et LoECER, V. If. et intr., loger, habiter. 

Lat., tocarf*, Morv-, loiger, loigier. Lorr., lougè. Vx. fr., 

LouïA . , , , première partie de trois locutions fondamentales 
employées par les mariniers dans la direction de leurs 
bateaux : Lotua d\want, maille en avant! Louïa d'amitan, 
maille au milieu ! Loida d'arriè, maille en arrière 1 Celle-ci 
Totieut quand Téquipoge traverse un courant. — Ces trois 
mailles, utilisées pour la traction des bateaux lourds, se 
tiennent d'un seul c6të de la rivière; mais souvent on a 
b<*soîii de faire tirer la maille sur Tautre bord. (V. Beau- 
nifh-j\) — C.L'i mot louia ne peut guère se traduire. En 
reprenant eette phrase de notre glossaire : Tira louïa la 
m.fiiUe, je ne puis niVrnpêcher de voir dans louïa une con- 
traction do là fjtt il // a. Ce serait donc : Tire là où il y la 
maille. Tout cela est de Ta peu près. Ces expressions sont 
d*une syncope asseK obscure. (V. Fa tira!) 

LoHRDiAtJ, adj., lourdaud, simple, idiot. Épithète qu'on ne 
ménage pas à qui la luérite. 

Berry, alorde. Bour^., lor. Morv., lardais (fém. dale). 
Wall., lourdà/Vx. fr., îourdault, lourdas. 

Lou-vAiRou. S. m., loup'garou, loup errant. Etsorcier, dont 
le r^Ue a défrayé bien des légendes. Il errait, voulait-on, la 



.'.i^iAoiiaÊÊÊM 



LANGAGE POPULAIRE VERDUN0-<5HAL0NNAIS 247 

nuit, transformé en loup. Au figuré, individu farouche et 
fuyant le monde. 

Art., leup-waroK. Berry, loup-berou, loup brou. Bourg., 
leu'voirou, lou-toirou. Hain\ leu-warou. Morv., loup-cdrou. 
vérou. Norm., varou. Pic, leuwarou, Wall , ieu-warouy 
lèuifarou, Vx. fr., leuwarou^ garou. (V. Loû.) 

Loyer, v. tr., lier, attacher. 

Bourg., loyai. Bress., louer, léyer. Fr.-Cté, loyie. St-Am., 
layë. Vx. fr., loïer, (V. Louer,) 

LoYEÛftE, s. f., lien, attache. 

Mac, layeure (lien pour les bœufs. (V. Loûein.) 

Lu, pr. pars., lui. N'empêche pas, dans certains cas, la pro- 
nonciation lui, (V. ce dernier mot.) 

Bourg., H, lu. Lorr., lu. Morv., lu. Wall., lu. Vx. fr., /t, 
lei, ly, luy. 

LuGNÔTES, et LuNÔTEs, S. f., luncttes, besicles : (( T*n'y 
voués d'jà pas prou ; mets donc tes lugnoies, » 

Bourg., lugnôte. Lille, leuneitc. Rouch., leunete. St-Am., 
lunëta, TouL, mericles. Vx., fr., lunecte. 

Lui, art., le : « I faut lui empocher défaire ça. » Très excep- 
tionnel, mais très local et très usité chez les paysans. 

Luïôte, s. f., lueur légère, lumière naissante ou mourante. 
Berry, Heur. Morv., luiote. Prov., lugar. (V. LuzoL) 

LuizERNER, v. intr., luire faiblement et par intervalles. 

Lat., lucere. Bourg., lusanai. Forez, lusarnâ. Maine, lui- 
semer, luisarner, Morv., luiserner. (V. Lure.) 

LuNÔT, LuNÔTE, et LuNÉTE, S. m. et f., linot, de ce que, 
dit-on, cet oiseau aime la graine de lin. Le masculin 
lunbt nous suffit parfois pour les deux genres. La pro- 
nonciation va de lunbt à lugnbt. 

Berry, linot, lunotte, lunette. Genev. , ninotte. Montr., 
lunette. Morv., alunette. Nam., Une. Norm., siffler la linotte 
(perdre son temps). Wall., linièr^û. Vx. fr., leinote. 

LûRE, v. intr., luire. 

Lat. et ital., lucere, Morv., lure. Prov., lu^er, lusir. Toul., 
Iwsi, Wall., lure, (V. Luiserner.) 



â4& LANGAGE I^OPULAÏrE VERDÛNÔ-CHAtONNÀIS 

LÙTrin, V. ir.', terrasser, vaiilcrô. Lutter quelqu'un, pour 
JiUter contre qutilqu'un, mais avec l'idée de succès. Un 
marinier, coiifectioiineur dé radeaux, parlant d'un sien 
camarade assex fort, disait : « J'I'aurôs ben litté, » 

LaL, LMctarL Itah, loitif^ye. Midi, ^<? W^^r. MorV;, 5^ leuUK 
Noi'in.. Hier. Prov^, lochary luchàr^ loiÀ^r. Vx. ir.,. loiticr^ 
tuiticr^ lucter, luirU'7\ liter, r » 

LuzÔT, et LuzoTE, s, m. et f., petite lumière, lampe qui 
donne peu de ularuj, ti.sqn restajatdu feu, lumigno», restant 
dç la chandelle ; « I)ép0che*tf3 d!ralleùnier ton feù; n'y a 
pus qn'eùti lit;soi dans le» c'jais^s. j>, -t- « N'y avdt qu'eine 
lu^iie su la taule, j'n'y vouéyès pus ran. v» . , . , 

Bourgs, UiiQùe (feu de .pa,iile, et ver. luisant); Montr., lu^ot. 
{y . Ltiïà te i Relaxât.) ,>; , , :' 



M 



MA, eoïij., mais. ^ ;/ , ; - . , 

Bourg-, mû, Hain^ mè^ Lqrr.^ /jid, Prov., tnaiy ma^, ma. 
Rouch., mê. 81- A m., nié. Wall., main, mâie. 

Mâbre, s. m,, marbre, au pf ppr^ et au figuré, ., / 

Lat, oiarmor. JtaL, maririo^ B<>\xv%,„ malgré, Movy i, mâhre. 
Prov \, mar//ïe. Suisîï. r., m(ibro,^2i^\,^,marm^NxAt.,niabre, 
malhr-e. 

Màchèdrtj, adj., mâche*ferme, qiit mange avec avidité, 
gourtuîind. , 

BfïUrg., mtîcAefîrw, (V.'MamçeOM,) 

^ÀCHEÙKË, E, f., barbouillage.de noir, tache quelconque. 

Getiev,, mdc/ittrÉ? (masc). 

Màcheùrer, V. tr., mâchurer, barbouiller de noir. Avant 
rinventioû des masques., on se barbouillait de lie de vin. 
Ita!., ma&cherare. Bourg., mâcherai, mâchurai: Champ., 
mâchurer. Forez, machurd. H'«-Auv., matsara, Lorr., ma- 
cher^r. Morv. , màcheurer. Prov. , mascarar. Suiss. r., 
maUura, mat&chera, To\ï\. , mascara: Wall., m^herer^ 
mahiiver. Yx. fr., mascurer, maschurer, mascerer. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 249 

Mâcheùron, s. m., tout objet qui devient noir, suie, lumi- 
gnon, papier brûlé, etc. 

Genev., machuvon. Morv., raacheuron, Suiss. r., maUuroa. 
Wall., macuriau, noiret. 

Mâchoû, adj., qui mâche, qui remue quelque chose entre 
ses dents : « Que qu*te voux qu'ô parle ben, c'vieux 
màchoù-lkl )) 
Morv., mâchoure. 

Mâchouiller, v. tr,, mâcher diflScilement, sans appétit, 
mâchonner : (( Dépeû qu'ôl a été enrheûmé, ôl a tôjor 
quête chouse qu'ô mâchouille. » 

Bourg., mâchouillai. Cogn., matrouiller. Forez, mcdroulie, 
matrollie. Grenev.. mâchiller, Lang., mastulia, /nuaUdhar. 
Lyon., mdchiller. Midi, mâchoter, Morv., màquviller, Poit., 
matouilierj machouinai. Rouch., ma^aaZtVr. Wall.,//m<7K/Y/er. 
Vx. fr., machoiller, machotter. 

Ma fi! excL, ma foi! revient fréquemment dans les conver- 
sations : « Maji vouil maji non. » 

La,t.. Jides, Ital., Jede. Bourg., ma fouè! Bress., ma fuj/l 
Fr.-Cté, /ajy. Lorr.,j^, mèfoul Mac, ma fut, ma^fion!l>iQim., 
mafonge!mafinguette!PiQ.,Ji, Prov., fe. Vx. ÎT.^fcid, feit, 

Magnin, Magnan, Magnier, s. m., chaudronnier ambulant: 
« As-tu des castroles à rac'moder? V'ià Vmagnin qui 
passe. » Ce mot a autant d'orthographes que d'étymologies 
différentes. 

Bas-lat., magninus. lia.!,, magnano. Berry, mignon. Baurg*, 
maignié, magnien. Champ., maignien. Forez^ ma(jt\uii. Genev,, 
magnin, Jura, magnin^ magnié. Lorr., magniake. Montr., 
magnin, Morv., maignin, mignin. Norm., magnan, maignin. 
Pic, magniake, Poit., maignin, Sav., magnin. Vx. fr., mat- 
gnen, magnan. 

Mâgre, adj., maigre, défait. 

Lat., macer. Ital., magro. Bourg., magre^ malgré. Prov., 
magre, Wall., maig, Vx. fr., magre. (V. MaigrioL) 

Mai, adj. poss. f., ma. 

Lat., mea. Ital., mta. Bourg., mai. Pic.,c/w', ème, cmn*. 
Prov., ma. Vx. fr., m' (m'ame, m'espée). 

m 



L^^ 



i 



250 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Mate, g, f., grand récipient en bois, dans lequel chaque 
iiiénagï^re pétvh Je pain de la maison. Orthographe peu 
tixùe et variant k F in fini. 

Lat., fticu'tra, Baa-lat., madla. Ital.. madia, Anj., mette, 
B^irry, nwi. liourg., mai. Champ., mei, Dauph., ainat. Forez, 
amat. Fr.-CtiS muU, meà. Gasc, mach, Guien., mach. Jura, 
fftfifd. Lim., nm. Lorr., nul. l.yon., ainat. Midi, mee, maie. 
Montr., fnaiû. Morv., mai^ arche. Norm., met. Pic, maie^ 
m/n(\ l*oîL, ftivt, Pmv., mag^ mastra. Rom.,/?ia^. Rouch., 
màe. Saint-, met. Wall., mets. Vx. fv.^mect, (V. Pètrissoire.) 

MaigriùTj adj., maîgret, maigrelet, cbétif, qui a mauv^,ise 
mine. 

lta.1., tnagrcito. Genev., maifj volet. Morv., maigrichon. 
PrtïV., iituijret. Rouch., maiguerlot: Vx. fr., maigrelin^ 
meijrct, (V. Mthjre.) 

Mafllà, s. f., terme de marine fluviale, corde tirée par 
réquipage de chevaux remorqueurs. 
(V. Tira^ Lan ta.) 

Maili.6t, s, m., maillet, petit marteau solide. 

Geuev., maillot. Prov., maihet. Wall., maiet. (V. Mar- 
ttichv.} 

Mainchë, s. [*, manche de vêtement. 

Lat. etltaL, maniva. Bourg., maiiiche, MotY,^ moinchey 
rtitiHce. Piiov., maamta, mancha. Vx. fr., mance, 

Maincuei, s. m,, manche d*outil. 

Bus- lui., mttnicfJtn. Ital., manico. Bourg., mainchë^ 
tuoinclu\ Forei, mungo^ mangqn, Morv., moinge. Prov., 
tntAvgu*'. W'ali*, main. 

Maincuôt, s. et adj», manchot. 

Lat.j mtmcns. Boni g., maiachô. Morv., mainchoty moin- 
chotj mangitin. Pott-i mancrot. Vx. fr., manc. 

MaingeoI, et,Mu:iEOÙ, s. m., mangeur. 

1 l,a L , m a n g in / a l 'e . Ho u rg . , /7 1 a ing e u , m eijo û . Ly o n . , mi/ou, 
Mow., mf'gcoit^ mi ffvuft^ maiiigeou^ m^jsou. Prov., manjaire^ 
manjadar. Vx. fr., mangoav, (V. Màchedru.) 

Mainger, et MiGER, V. tr., manger, ' absorber, faire dis- 
paraître. 



j 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 251 

Lat., manducare, Ital., mangiare. Bevry, migner. Bourg., 
maingé, maingeai, meijai . Bress., marusé, Dauph., migiè. 
Hain^, mignei\ mégner^ mongner. Lille, mier. Lorv :, mi nger . 
Montr., mongir, Motv , , minger , mige^, niègcr*, migner^ 
m'ser. Nam., mounii. NiTern., mesir. Norm., man^usser. 
Poit., migner, mlgnoter, Prov., manjar. Rbuoh., meng^r, 
ménier, mier. St-Am., méqué, Sav., mezà, Suiss. r., medji^ 
midji. 'Wall., mier, migner^ mougnier, munit, Vx. Ir., 
mangier, menfier, man/er, 

Mainger la cape à Diou, loc, se dit d'une personne sans 
ordre, d'un dissipateur : « Lu? On Tlaiss'rôt fâre, 6 
mangerbt la cape à Dioa. » Sent son méridional. 

Main-me, adj. et adv., même, 

Ital., medesimo, Berry, mainme. Bourg. > molme. moènfe. 
Morv. ,momme. Prov., medesme, mcsesme, meieesme. Vx. fr., 
mcismCy mesme. 

Main-mement, adv., mêmement. 

Bourg., moimeman, masmement. Morv., moinm'ment. Prov., 
meseisamen, Vx. fr., meesmement, miesmemént, 

Mâïon, s. f., maison, habitation, intérieur : (( T'é pas 
gein-née, toi; fvas t'preùmener pendant qiie j'garde la 
màïon. )) 

Lat., mansio. Ital., magione. Arden., man/on, majon, Arde^., 
manjon, majon, Avt.^ mason. Berry, maihon, maton. Bourg., 
moison, mâson, mâgeon, mâgion, Charent-» mèjon, Flandr., 
majon, Fr.-Cté, mason, moëson. Hain', mason. Jura, mahon, 
Lim., meijon. Lorr., majon, mojon, mohon, 'mahon. Mâ6., 
moaîson. Montr., mas-hon. Morv., mdjon^ mâion, mâson, 
maihon. N3i.m,, manjo. Norm., moison. Pic, /rmso/i, mahon, 
mansion, mageon, mon. Prov., maiso, mayson, màij^o, maio. 
RoQch., mason, maon, mon. St-Am., majon, Sav., maison, 
majon, Suiss. r., maison, mouaison. Verv., mâhori. Wall., 
mason, mohon, mocho, mochoœe. Vx. fr., maio. 

Maïs (paille de), loc. On appelle paille de maïs les feuilles 
qui servaient d'enveloppe à la grappe. On les fait sécher, 
et on les emploie à rembourrer les paillasses. 

Maitin, s. m., matin; de très bonne heure. 

Lat., matutinus.WdiX., mattino. Bourg., maitin. Lorr., métin* 
MoTY., maitin, Prov., mati. St-Am., matèn, Vx. îr., main- 



titô t*HOA&B POWLÀfttÉ VÈft©UNO*CHALONKAlS 

Majtinadle, adj/» tnatinaiw ; ' 

I Beny^ nmiinau. Movv, y ma tlfigule*Prixv, y- matinaL 

Mait*nant, et Mctnant, adv., maintenant, à présent. 

ItaL » rttnntctu'fiie. Èourg. ,^ motn^e/ia/i. MorV. , ' m(?^'Aia/i. 
Prov,, manienefit, Rouch\, métenant.^x. îr., maintenant: 

Mait'née, s. L, matin^ç. 

Ital*, muiiuiaia* Morv., maitenèe, maifnetle. Prov., maii- 
nadô, Vx« fr,, matinée, 

Maitoû, s, m-, matou. Appellation moins bienveillante que 
minbtf minoû. . , . ., . , ■< 

Mory.j maiJou. Norm., marcou. Pic, niartou. 

Halère, s- L, lige de chanvre mâle. . • 

MAutiE, s. f., coniraï*iété, re'xation : « 'Ah! qu'j*ai donc 
malice que vous sentes venue, la chamb' pas faite! » 

Latin, ntaUfia. Ttaï.', maliffké. Éoûrg.;'ma^lieei Prov., 
m aile ta ^ malissa. Rom. malecia. Vx. fr., malcsse: 

Malûr, s. m., malheur. ' ''" " ' - v 

Prov., maiahur, Si-^Am./mwfetl. Vi; tr., maletirtè, maleur, 
mai eut*, ^• > • ' : I '..-■..;.. 

Malùreux, adj,, malheureuj^,^ , , , -, 

Berry, niathurfttx. Bourg.^ nxai(lh(4f"ous, Bress^.^ mploi^rieu. 
^forv.J maihica^ malùreu. Pic, malhureux. Prov., malauros, 
ftmlahriroÉ. WaU.; trml^hùf'àMl Vxv ff.i mcileuré; maleureu's. 

MVm(e,,s, m,, et f.^ mon ami, pion amie;^ AppeUatioti cares- 
. ^ante, <| u 'échangent J:é,9iproq^e^?aç^t le, frère ^t la sge.ui/, le 
mari et la femme, etc., et,ç4^i;i^- dififéi^jace \pour, les ^eux 
genres : (( Veins-tu, m'amie? Marci, m'amie! )) — « Faire 
des m'amieif, » caresser^ cajoler. On' écrit aussi ma mîe, 
mais c'est moins correct. Un chant du X II I^ siècle donne : 
« Marnée dame. » ' '''■ - 'f' " ' < . ;/ 

^'BeYpy,'m\ifnk. Brej^s;, ni'amia. Morvl, munmie. Rouch., 
'aW^5e(amie). Vx. fr.y rwtt /nte; ^' ■ -M • 

••■. . \) /■ V .... . 

Mankte, s. f., anse, poignée transversale qui termine le 
' ' raàlniihe du rochet ; est posée à Fou v^rturè' d'un va&e, d*an 
panier. X est point le' diminutif de manne. ■ ' • 

Geoev.j manilhJ Lang.', mania, mcinilh. hyon.^- manillon, 
manille j niauelli. Prov., manelha, Ylom., h/iàneiie. 



LANGAGE POpyUAaiiB/ VEÇPC>NOtOHAJL.ONNA1$ ?58 

Manquer, v. intr., acception particulière, ideéto/atefiOlt':: 
« Y a ben longtemps d'jà qiî.'ton fifeû^ manque/ de' toheû 

Bas-lat., 'mancare. Berry, mfxnquer (être dans le besoin). 
Prov., mancar^ manquar, Wall., manher^ màker, . . 

Mantiau, S. m., manteau. , . . ., ' 

Lat,^ mantile. Ital., mantello, Berry, maatlau. Bourg., 
mantèa. Morv., manquiau. Prov., manuel, manlclk^ nicinteu. 
Vx. fr., mantel, mantiau. 

Ma QUE, conj., pourvu que. 
. Bourg., ma que. Bress., mai (fue. Dauph., ma que, FôVez, 
ma que. Lyon., ma que. Morv., ma que (lorsque). Prov., mes 
que. Vx. îr., pourveu que. .-.,..•{- ., h'. 

Mâii, s. f., mer. Peu U3ité, les voyagçslointaips n'étant pats 
dans les goûts du .p^ys^ . , , -. 

.^Lat. et Ital., marÉ?., Bourg., mar. Prçjv., mar,^ ^t-A^f»., vière. 
Vx. fr., mens. / • . , . v ,, 

Marande, s. f., repas de midi. : . .. ^ ,!,.:/ 

Lat. , merer^cla. , Esp./ merienda» / Berry, xnùra(ide, . ppurg. , 
marande. Forez, marcnda. Fr.-Cté, marande, mèrancle^ jt^Què- 
rande, marandon. Genev., mé rende, mérendon. Montr., 
marande. Morv., marande, méràndë. Pôîti, maranddri. Sdïï^., 
niàrandon.Sxihs. f., m'àrl>ihdon.' ^ ^ „i 

• • . • . • ' • < ' > ■ ■ ■ ' ' • . > ■ ', • ., ' > , '••.!/ 

Marander,>Vv. inti?., dîn^r^ faire^ le repas ô^paidi.. .; ^ 
Esp., merendar. Alp.-Frib., marendar. Champ., marauder. 
Cogn., niaràhdonher.' ^'r.-Ctè!, hier ekdâ! Lirti.,' mûh'ùridas. 
Morv., nidrànder,' 'hïèi^andèr. 'Itlom'.'l iharefidet (goÛ.ter), 
Suiss. r., marfehâ', marréffïdâ: .''.:;; < i, 

Marchoû, s. ni., marçtieur. Le piéton est un m^archoû. . 
Morv., marchou. 

Marci! s. m., merci! remerciement. ^ ^ x\i. 

Lat., mirées. JtaJ.i' 'tierce.. Berry, ^larei. Bourg»-,, ntarci. 
Lorr.^ marci. Prov., merce, mercey, S^V., tnacl. ^^^*.\ir., 

mercit, merci/. (V. Marcier.) 

,'.'( 1 , .' .' •■ ■.- ■.-"<.'•' '">'..'•; ,.--.!(;,. I .' n •[/ • i,/ 

• Mi^RCiER, et' Merwer,^ v. M.^ remercie?, :. > .« . V14 ! T.^f wtiau 
quVous m'aveins prôté; i'vous mo^cie)^Qn* » / : j 

Bourg., remarciè. Prov., ramarcier. Wall., rimerM*<Y%. fr.^ 
mercier. (W, Marci J) • . . . ;. :- v- 



2bi LANGAGE POPU-LAIRE VJSBDUNOCHALONNAXS 

Mârdélb^ et Maréle, s. f., maï^lle de puits. 
Berfy, mardelle, Morv., meurgealle, 

Mardiéne! intcrj., parbleu! pardi I etc. 

P'orez, mardia^ Morv., mardlcnne^ hiardiè, Poit, merdè, 
merdinfjnc. Suiss. r., mardi. 

Mâhë, et Mère, s. f., mère. On donne ce nom â toute vieille 
feiiiiTie : « Eh! mare eùnetéle. » 

Lat.» mater. Ital., madré. Bourg., meire, Bress., more. 
Dauph.r friare. Lirn., ma/. Morv., mèe. Prov., maire. St-Âm., 
mère. Sav,, mdre, Suiss. r., memèe* Vx. ir.^ medre^ mère. 

Mare, s. m., maire : «Y ét-i bentôt, Jean-not, que j'vons 
aller dVant mousieix ï mare ? » 

Latv tnqjor. Bourg., moire. Mac, mare. Morv., mare. 
Yx, ft,^ meor, mère ^majeur. 

. 1% . - -" « 

M Are-Grand', s. f., grand'mère. 
Bourg , m rire- g r an. (V. Grand*.) 

Margadou (à la) ! loc. exclam, de nos mariniers, réplique à 
rappel : à la civadou! —r Par ce mot, dont le sens littéral 
nous t'ichïippe, — car il ne doit rien avoir du normand 
marga sign i fiant : ordure, — les camarades répondaient aux 
appelants, et il est certain qu'ils voulaient dire : « Allons 
dîuef! » On peut remarquer la désinence méridionale du 
mot. 

MAmiÔLON, s. m., homme d'affaires véreuses, marchand de 
vieux chevaux, mauvais boupher, etc.; en général terme 
. de mépris. 

MoDtr., mar galon. 

Maiigouillat, s. m., margouillis. Môme sens que gouillàt. 
^V, co mot.) 

Lat., martja, marguillum. Berry, margoille, margouillat. 
Bourg,, manjouiUi^ gargouilli. Jura, tnargouille. Lang., 
murijovlkiss margoulhar (treipper dans l'eau). Morv., mar- 
goiiéilla. Noirn., tnargas^ margasse, margouiller (^dMt). Sav., 
margùiid (patauger). Vx. fr,, niargaillerj margoiHer (rouler 
dans ia boue), 



LANOÀG^ Ï^OPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 26S 

Margouléte, s. frf, mâchoire : « O t'Vi a flanqua eùûfi 
mornifle par la margouléte... » 

Bourg., margouloéte (gosier). Champ., tnargoulette (bas du 
visage). Cogn., margoulettê. Novm., m argouleita (hoacbe sa^ié). 
Pic, margouléte, Rouch., margouléte . Wall., margouléte 
(gosier, estomac). 

Margoulin, s. m,, vaurien, vagabond, qui rôfle ^t court les 
chemins. 

Marichau, s. m., maréchal-ferrant. 

Lat., marèscalcus, Ital., maniscallo. Berry, mallàKàUy 
maréchau. Êourg., mairchau, mairechau. Cogn., marlcknu. 
Hain', marissiau, marlcau, marichau. Lorr., marcha. Morv., 
maicéau, marchau. Naim. , marirhau. Norm.j maréehaud. 
Pic. y martchaUy maricha, marissau. Pvov., manèsrale^ ma- 
nescal. Rôm., marescattx. RoMch. y marissiàu ^ maricau. 
Suiss. r., marf~nn. Wall., marihd, ' maréehau. Yx. fr., 
marescJiauSy marischax^ marîssaly mareschal. 

Marichauder, V. tr., faire métier (Je maréehal, trav^,ii}çr le 
fer, forger. 
^Qvm. y marèchauder. / 

Marignier, s. m., marinier, 

Ital., mariniero. Prov., marignier. Vx. fr., niaroniery 
maronnier. ' 

Marîïer, s. m.^ marguiller, , 

Lat., matriculavius. Berry, marillier. Bourg. , marillei^ 
marnllai. Montr., marillier. Nam., maureli. Pic, mairier, 
Wall.,, mareli. Vx. fr., marreghicr. , ..,,.' 

Maringôte, s. f., sorte de voiture longue, autre qn'un 
camion, et employée jadis par les charretiers des maisons 
de roulage. . 

Norm., maringoic (mauvaise voiture). Saint., maringote. 

Mârle, s. m., merle. On dit d'un triste garçoa : « Y et ein 
biaumdrZe.' » • ' 

Lati, merula. Ital. merlo. Berry, marlaad. Bourg., marie, 
miâle: Fland., marie. Fr.-Cté, malou. Jura, mairie. Montr., 
miarle. Morv., mierle (fém.). Norm., tnelle. Pic, or mer le, 
eui*merle, ermele. Prov., merle. St-Am., marèou. Suiss. r., 
marlot. Wall., miel (loriot). Vx. fr. melle. 



256 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Marloù, s. m.j rusé, retors; aussi souteneur. Au commen- 
cement du i^iècle, les gamins gratifiaient de ce surnom les 
perruquiers. Le Dictionnaire Savoyard de F. Brachet 
donne le mot merioa comme abrégé de merde de loup, 

MarluchEj s. f., gros maillet, mailloche. 

Lat., malhtis. Berry, maliuche, Bress., rnarleuche. Guern., 
maillachc, Morv.^ maillaèche. Vx. fr., mailhoche, (V. Maillât,) 

Marnïfe, et MoRNiFE, s, f., momifie, soufflet, coup de la 
main sur la joue. 
Pic.* margnoiife^ bornijle. Rouch., marniouje. 

Mâronier. s. m., marchand de marrons. L'homme qui les 
vend a pris le nom du l'arbre qui les produit : « JVons 
mainger des mârons; Vmâronier a v'nu. » (V. Frigolés.) 

Marôt, s. m., marais : a Por aller la vouer, j'ons pris par 
le pré des marois. )) 

Lat., fnarii^ctts. ItaL, marese, HainS marache, Morv., 
maint. Norm., maffias. Suiss. r., mara. Wall. marasWx. fr., 
ma rois, mares ^ marcaqu. ' 

Marti AU, s. m.^ marteau : « Faura donc t'fâre entrer c'qui 
dans la tête à c6ps û'martiau f » 

Baa-lat,, marias. Ital., martello. Bourg., martea, matea. 
Morv., mairtcaij marieai. Nam., maurtia. Pic, martiau, 
marUea. \^fqv., ma rtei^ mar tell. St-Am., marte. Sav., mariai. 
Wall-, maviiaUf mariai. Vx. fr., martel, martiax, martiaus. 

Martial-, s. m., dent molaire. Dans quelques localités on 
dit correctement : marteau. 

GenùV-, marteau. 

f 

Marveille, s. [*, merveille, toute chose extraordinaire. 

Lat., mîrabilla. Ital.^ maractglia. Berry y m arceille. Bourg., 
morvatlte, Breas., mor ajsUlc. \jim., miràudio. horr., mervoille^ 
marcôfje. Morv., marceille. Prov., meravalha, merajyilla. 
Rom., mt-'rapûîla. Vx. fr., mercelle. 

Marveilloû, adj,, merveilleux. 

Ital-, maratijlioAO. Borry, maroellleux. Bourg., marcillou, 
mor^ouilloiu Prov., mi'raviUos, meravillios. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 257 

Mâseûre, s. f., masure, bicoque. 

Bas-lat., mansura. Bourg., ma^etre. Morv., mâgnc^mastàre^ 
mcurseille, Suiss. r., mase, ma^ot. Vx. fr., masure^ miêlèrCf 
mèsière^ masaille. 

Masques (côri les), loc, se déguiser, en Carnaval, aller par 
les rues, et pénétrer par bandes dans les maisons. Tous les 
travestis ont ce privilège durant les jours gras, et ils sont 
toujours bien reçus. 

Masques (mots ébillés en), loc, mots défigurés par une 
prononciation fautive (au point de vue des gens) : « Ahl 
c'té-ln,» quand all'parle, tous les mots sont ébillés en 
masques. » 

Mataflan, et Matefaim, s. m., sorte de crêpe, quo nos 
ménagères sautent habilement dans la poêle, et quL paraît 
fréquemment sur la table. 

Bress., matafan. Bugey, mata/an. DRuph,, mntafan. Forez, 
matafam, Genev., matafan^ mate-faim. Lang., maiofun, 
Lyon., matafan^ matafon^ maicfain, mateJïn.MkG., ntalafan. 
Montr., matafan, Prov., matafan, Sav., matafan. 

Mate, s. f., meule. Des mates de foin, de blé, de paille, etc. 
Genev., matolle (pain de beurre). Montr., mate, SdiV.. mm4l(K 

Matéraux, s. m., matériaux : « Ovafâre bâtir; ôl ad*jà tous 
ses matéraux, » 
Rouch., matéreaux. 

Matons, s. m., grumeaux du lait tourné, d'une sauce id., 
du savon non dissous dans Teau, etc. 

Champ., niatton, Fland., maton. Lorr., maton, Noi-m., 
mnttc. Poit., mate^ maton, matlUon. Rouch., maton (fromage 
de crème et d'œufs). V. fr., matlion, maite, maton (lait, cailtô). 
(V. Gremillons.) 

Matons, s. m., tourteaux formés du résidu des fjuits, et 
des plantes oléagineuses dont on a extrait Thuile. Les 
Bressans les utilisent, pendant Fhiver, à augmciiier la 
qualité nutritive de leurs foins. Ce fait se produit par la 
quantité de matière caséeuse ou albumineuse que eon- 

m 



âS8 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

lieiment les lourteaux* Le maton de cal^s est surtouj 
recht^rehé par le.s iinfunts comme gourmandise. . 

Vov^z^paîn miàtun. l^^^T^^ niatoriy palillon. Montr., maion. 
Morv*, inaiton. Wall., maton. (V. TrculUôi.) 

Mâtre^ s. m,, maître, ' . ' [ ,, 

Lai. 5 maifîi^tvi\ Itîii., maestro. Bourg., nioltrc. Lorr., mate. 
tnà'Ui\ Montr ., tinUre- Morv., maire, Pic-^ mc^tf» mQtt.e^ mOi(iiti 
Pfov., maieaifr, ma/f;slie, maehire^ mei$triS. ]^uçhii ftiètc. 
St-AiiKy ïnf'ire. Wall.» fttnis\ Vx, Jr^^tnaistro^ nie^^irCii. / / 

MATtïOSSE, 3. f.j mal tresse. ' .;/ ,. , r • •/ 

U^L, fftar^iror. Boarg,, nioUrrssn, ^ddtitry mairosaç>Mi>rY.y 
niatvQ^i^<\ Prov.ma/eîitra, mn,(stra.^t P^m ,/>'^»/rée/i<r.,Vxvrff., 
fttaïstrvs:yt\ fitfastrt*^ife. 

Mau, Éi. 1' , mal, maladm, ôinpècheam^exit tî <( -LeSi.d^ipi^'inie 

font mmi. jï — « 01 a ben du maa à joindMe^vd^u?^»t)QUt$., » 

Lnt,, muhtm. Ital., />t(e/o» Ardècji»,' ^<?o«» , Jiçrry» .î/^^^w. 

Bourg-, nteut^ maiil. Bress., nuni. Bugey, ma. Dauph., ma. 

FlaïH-, mnfi, 11. -V% mait. Lille, rnd. lim., niùii. Lo^^.;'Mrt^ 

Morv., m{fti. Pîci,, mrtfu Poît., man. Prov., Màii, mal. St-i\mo 

fîjô, Sav^, /Nrf. Roueh.. maté. Wa'lL.mtWf, mt(. Vk.ft.\' mcitcs, 

maL '" •• ■' ' ■ ■•■' -^-^ '' ^-^ ••'•'-•' 

. • ',.".. .' •' i ■* •■..',.•. 

Mau, adj.^ malade : « Ohl Tpauv' garçon t^^Lé-béi im^û; 

ô n' pasijera pas la neiit* » 

ItaUt fftiti^iio. Bouig., inailaide.\a\\\Q,mdh'a: Lira., màldado. 

Mûrv.j fnailaid^. Prov., mal apte, mdlaat. àt-Ain., maïddpu. 

WalK, maidd. Vx. h.^malabdCy mallade. 

Mali, et Mou, adj-, mouillé : « Je r'vpins par là 'pleûê;/mà 
cote é tote maule, n — u A la fête, not* Cath'rine à daiisé... 
aile eii étot /nrwt/e* » • ' -^ '' ' • w ;i • 'i/ , - ; [/ 

Bony, îfHiilUè. Boufg., ma. Chato^., m<)a (le )Hmi, le téhips 
Immidy), Lim., moidm. Morv., hiô. Rouoh., mOiSkv.'^'nioliiu. 
WalL, ifio. 

Maubon, adj,, mauvais (mal-bon), màis' qui' r^nchérits\ir-Je 
sens de ce mot, m(^chaTit: ' '' ^" ' • v i<'A i-" 

Ital., mnhaf/ta. Bourg^j mmjvoij. Bress., m^i/6on. Hain'. 
mrt//^ meij^ mourais. Mputr., maubon. l^^m.,' muai!:. Vic.^ 
mtiomU, juatcfiia. Prov., mdhais! V^M., macd'^ Vi'; fr, 
makais, mtdcÙÂi tnaurùs^ mnucaj/s!^ 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 250 

Maucoifée, adj,., mal-coiffée, mais surtout femme de mœurs 
tjco^) faciles,/ '' , 
Boutg., m aucQtffee. \ ^ . , / -. 

Maucontent, adj, mécontent. 

Bress., maucontent. Mory.j maucontent. Lorr.. mauconlani, 

MÂUPES'A'm*,adf., malfaisant.' i :/ \ > 

Beff^;-Dîkufaii$antt MàTir,i''màufè^àn, Poît.. maufa^ani. 
Yx. îr.\ma^fesàiiy'm(^aistin/ï/ - ' ' ^ --. ^ 

M AUFA1T, adj., malfait. ' • > 

. ^^S6urg,,^frmafaihM6ntv.,-maïifait (méfail, ».). Morv.j mnufè, 
%w^i.y mûffi\^/x, iiP.i nraujhit (le diable). . 'f 

Mauger, V. tr., ensorceler, jeter un sort : « N* m'en parlez 
• paâ-J f cffais'qfu^ô m'a/mâiêffée, wScarron iappeUe'la sérceilêflé' 

\^^GR,éi. prép:..,^ma^.gré. ,.. . :, . , .. / ; ., 

..f,f)ta,l<, f«^/</rA^9. Barry, /7^aay^é.•Be^a^Çv. n^Ç^^^gra. Bourjï-, 

■.(t^u^ruf, B^es^,, ,ma«/;9/-é. DaupU., /??«^^r,^, Lii^., /}iaujjni6. 

Lorr., mâgrè. Morv., maucjré. Pic, maugrè, margrj. Poit., 

maugré. Prov., malgrat. Roiich., maugréa St-Am., niôgrô. 

'.'VK,\tpjfhnnà§rèfinfiaitgrèene,>\ 1 '> ' / : r ; ..: .> - J 

Mauladrèt, a^j., maladrpit. 
,,^ Bourg., ma<(/(i^W^^t. Bress., nm ulacirc t. "Morv.^ maulaulni{U*, 
St-Àm., môladrâ. . , ^ 

Maulépris, adj., mal appris. 

'■'.' "••;:<]'» i>! î'ivi ^. !•■ IJ ! -M ■ ... . ,• ,•','.'" _ ,; 

Mory., niaulaipris. Vx. fr,, mal-appris.' 

.'• ii; " i- .j; ' liT'. > •■ .: • '■ • .;; / v-" ^.• ,< l •■ '^- » 

M AULENDEÙRANT, adj., malendurant. .^ .v ; , 
^•.:iB)&r^yy,m(AhudtimfU, yJ^^^B.i nuAulrndeuranti .Morv., Man- 
.fHx:Uien,t. y^,4x,, makn{lu,rant., î.. . : - , 

Maulentendu, s. et adj», malentendu, parolemal interprétée, 

'iet»peir$oiinff;peu)ipteJ)ligepte. i ;,, ; . i; ,/ i , 

St-Am., môl-étèdu. Vx. fr., malçMj^endu^,, ; :. , ; 

■'1. rj[ r>'»''--'..u', -.v^ /'m .,.,... - , . , . ,v 

MAi/pR^ et MoLERyV.tr., mêler, emmêler, confondre. 

jjLaJÈy nitscere. Ital.. mischiare. her^v^', miche le j\ Bourg,, 
maulal, Movv., riioler. Prow.^ nicsslar. Vx. fr.;, mes 1er ^ m ed 1er, 
nieller. 



260 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

MAULiN-MAULÔ.^dv., mêli-mêlo. ' 

Boiirg.i mnufin-niatilo. Morv., rtiôlin^môlo» 

Maui^ahdu, ad]\^ mal employé : « D'avou toutes ces bavétes 
qu'air s'en va tôjor taillant, en v'ià-t-i du temps maa- 
purdiif ï> / 

Mauparlant, adj., .médisant, et aussi grossier, brusque. 
Vx. fr., mulparlier, ^ 

MAUPRÔt'E, adj., malpropre, répugnant. 
Mac, so/c. 

Mativi, s. m., nifd vif, peu ingarabe, invalide. J. Guillemin 
rapporte ce joii de mots, qu'il a entendu d*un vieillard: 
ff J^seû pus maum que grive. )) (Le mauvis est une espèce 
de petite grive-) . . i' 

t ■','.',' 

Macvoulance, s. f., malveillancey mauvais vouk)ir,.humeur 
contraire, 

I^t., mafctoîentta. ]tR\.,maUvo{jlien^a. MoH.ymàucoulancc, 
mfifffr(iillffncf\ mniœotiîoir. Poit., rnaucclanco, maloôn'lrtnce. 
Prov*, mfilcoicnsa. Vx. fr., nialcoillancç, mal-cellience^ mal- 

Mauvoulant. adj., malveillant. 

Lai, t malecolens. Morv., maacoillqn, Pvoy.^ malvolcat. 
rnalcoienL Vx. fr.» inal-cuillan^^ pialoueillakt. 

M'cHÔT, s. m., un peu, adoucissement de p'ekdt (V. ce 
dernier moL) 

MEj pr. pers-, moi. . . 

l^at,, me. lloiich., me, mi, Vx. fr., me, mog. (V. Moue,), 

Mkù\, s, m., midi : a Su Tcô d'médi v'nez m' vouér; j' f'rôns 
la marande* » 

Ba^^'lat., medUlies, ItaL, mé'r^arft. Berry, mèdL Bourg y 
mC'id, ml. Champ., meidi, Dauph., mçijour. Forez, mùiotfr, 
rnt'tfijottr^ mt^jouo. Genev., mt-^eur. Guern., mcicu. Lorr., 
mvtthf, Lyon., méjour^ mejjjour, mejouo. Morv., meiWt. Norm., 
meJ€u- Prov., mic-Jour, metjour, medta, micgdia, RomV 
mictj-Jorn^ midj-dia, Sav., riûèseur. Vx. fr., mesdi, niieMis^ 
miedî, mçdiy midrj. . . 



.^uii^y^iifl 



LiVNGAGe POPULAIRE VKRDUiNO-GHALONN Aïs 20^ 

MÉDi (les), loc, tournure redondante usitée eoncarremmettt 
avec le mot précédent : « D6pôche-te; les médi sont smittés, » 
J^arfpis aussi : « Les médi ont souné. » — (( Su les médi. )) 
Cogn., les médi. Genev., midi ont sonné. 

Meilloû, adj., meilleur. 

Lat., mclior. Ital., miglioro. Bus-norm., milleur. Berry, 
mélietir, hourg. / mouton , môillou. Hain', melicit. Lorr., 
maillou , maïou. Mac. , maiUiou, Prov. , melhor, mcillor^ 
meilher. Rouch., milicn. Wall., mèicùs. Vx. fr., meilloVy 
melleur^ mellor, niiadre, 

Meine, s. f.,. mipie, air, figure. 

Ital., mina. Ëourg., rncignCy moifjne.'Si-Am.y mena. Vx. fr., 
mine, •■ •' ' ••:' '• • ; ■ ■ • ••■ 

Mein-m'ment, adv., mômementf même. 

Berry, meinme. Bourg., masmcmcnt. Cogn., mcinmcment 
'■ Proîv,, nwj^éisamcn, Vx. fr., mesmemcnt, maismement. 

Mêle^ s. f., nèfle. . 

)uSit.^ m cspiftts. Ital., ncspola. Berrj^ mêle. Bre.ss., ncple. 
Çhanip., mclle. Genev., né/'e^ neifc. Hain^ népe, ncfc. Morv., 
fnèle. Nam., mespc. Norm., mêle, meille. Pic, mcsle, merle, 
meille. Poit.^ mêle, merèle. Prov., ncsple. Saint., m6'/t^Suiss. r., 
mêlé. Wall., mèse. Vx. fr., no/de, ncjle, mesle, 

NIêlier, s. in., néflier. 

Berry, /;u?//6'r, mêplier. Hain^ nèpier.^lon^, mesplie. Morv., 
jpêti/^i m^lé. Novvûu' ^^élief\ mailler^ nieslier. Pic, merlie/\ 
Poit., mêlé, mèlier, mèrclier. Suiss. r., mêlei. Wall., mespli. 
Vx. fr., nesplier, mespliei\ mcUiev. 

Melin, et.M'uN, s. m., moulin, 

Bas-lat., niolinua. Ùal., molino. Berry, molin. Bourg., 
n^çlifi. Mprv., mf;lin(jJi>\ ni'linf/n\,PiG.r fnolint mélin, meu/in, 
Pï'ov., molin, moli. Wall.', molin. Vx. fr., molin. 

MiîVteRi V- tr.,' embrasser : « Mcrher papa, manman. » 
Semble contenir le lîiot aimer (m'aitHer). 
"Bress., ru èmrr. S.t-Am., màmè.'(V. MicJieicP.) 

MÉNEitRBi^ s,.i mw, ménétrier. 

Bcwtfg.y m^/iy?^/.'(?y, meuni^rei. Morv. ^ niènctrf^' V\/ab\\',mestrè. 
Vx. ff., menestricr, ménestrel, ■ ■ 



-r- 



263 LANGAGE POIM/LAfRE VERDUNOnOUAtONNAîS^ 

MÔNELiT, S, iiK, minuit.: « J' irons à lai m^nne de méneàif é 
• peu, en rentrant, j'ferons rossignon. •)) - ^ «v \'' ;. -ir 
Lat,, mf'diti nocte. Ital. , me::;3ia noUe^ Betvyi^otékuitf 
mcinnmt. Bourg., méneu, mainneu, Bresse, ruinai. Fr.-Cté. 
rAftinneti. Vor^z, rfirr/noty mcnoi, 1\.-V*^ môntiit.lAiiïl^'mici- 
fo*nc. Lorr., nténcfty mê/iew^y^?. Motitf;/ nu'ni?^. MbK.i 'J7?ê/ib'w, 
mèritt^ mingneti. Norm., menait, meinnuit. 'St-Aiti.,' /Wmd. 
Saint,, minetd. Sav., mièniiiai. \yall., i\\ènuit^ mqie-niU^^ 
Tx. fr., ruvc-nnî. fuie-nuit, minuict. . , 

MiÏNEÙT (les), redondance qui fait pendant h les méMy^N^ 
tes méneùt. » • . . / ' ^ ..-^ . i! 



Genev.j ies fftrntiit. 



,! l--.i 



1/ 

Mensonge, s. m., petit oarré (Ma- petite étofle de. icartxMi ova^e 
bois mince, sur quoi l'ouvrière pelotonnie le fil'de ^son 
(t échevëte >h • > : .:i| i; k; 

•. ,.-- v^ • ' 
Mektou^ s. et adj,, menteur, diseur de bourdes. 

Ital,, mcniiiorv.^ Morv. y mentouv Ppav.y^}én:iidbrc St-A-mV 

mct^fjeû^ Vx- Ir, mentcor, . / .\r ^^ . uiA 

Menussefiii;, s. f., minutie, bagatelle :-. «-Bak!, 6 /s'émiu^c là/ 
de.s mefl-Hsser/es qui ne sarvontd'ran.iw -. -• ^ \ ii» 

Lat., mifuUla, Genev. . inenutle. Hain^^ /no/iW#. Walf.» 
mlnntè. ., 

^ ■ .... >-.^ . . •-' '.'; '■»!' '.- .•'.-'1 I 1/. 

MÉQUÈuRDi. ^. nh^ mercredi. 
► Ijài^^ m^rcuni r//(^â. Beny, rhèfjacr'cli/mémêrcifiyboni^.,' 
mécrwii. GfHiev . ^ m(''4îrcdi. H^-Matihè, niinrfHei*df: • • Mô>v\ , 
mèqueitrrfi Pio., tnèrrcdi. Prov., merc/'ff. -R0itlièhi,'7ni?/'</i^é'rfL 
Wall-, mia/if", dimivl\ Vx. fr., mcrquedi, mccp^dii ^ ..^ 'i/ 

Meiîdaillon, s, iiK, blanc-bec, bambin, bonhonume. q«i ^Mii^ 
limpor&aiit et ii'osi que ridicule; .«^ ' ' •! • ^ ' • 'J-i 
Xyaa,^^'/îm^É/«t^i- SaV., merduillon: Vx: iv,y'merdonV' •■ • ''^ 

Mekde de corcou, s- f., gomme que Ton recueille sur certains 
arbres, principalement sur les pôcWèti^-et'îesJituliièr'^.' '^'-'^ 
)àfièm,i merdt^ de tiUteixu:}AoTv.; ihdde»..:^ ' '^^ ,:-;ii>M 

Merlusine, et Mêre-lusine, s. f., corruption de Mélusine, 
Mo qui apparu is^sîi il lorsqu'un 'rtren^ïxfè' de' là fàWfïlè^'rfé 
Lusignan devait mourir. Alors elle remplissait râîk^dé' ses 



«p«-1 



h^}^&AQE POPtJl^AItlB' VEROUNOhCWALONNÀIS 26S 

M gèEni^setneuats. Onidit eneoi^e'iiiaintenaDt ;: «" Porusseï* des 
cris de Merlusine. » , ,. . m ^ / i > . 

Merote, 9.jif.^ dimi^. d/B mère,, petite mère, np^ip caressant 
^quejes eoffynts donner^t,^ leur maman.. ; < 

^ , Rpucfiyy /îiî^mcre, TW^ro^/f?,^ ^ - . 

MèsAisk,' adj.V mécontent. Mésaise, en français, signifie 
malaise; nous avons détourné ce vocable de son acception 

Bress., mnnlaise. Vx. fr., mèsar/se^ mèsaisié. 

Mesure, s. f., nom spécial d*un petit vase cylindrique en 
.îepnblanîQ^imuaai-d'uiie'iofiguie' queue à crochet, et dont Se 
,'8ery^nt'lcst,lai>tiièîres ipoiiippuisear le kitetie mesufër àiix 
pratiques : « Comben démesures vous faut-i? » ' 

Lat. , niensava. Ital. , niisura. Prov. , mesura, rfiositra. 
(V. Tcpcànc) , , , ■ / 

MÉéUs&i sv f*v abus j. mauvais limage» " * 

Morv., niè^u. Vx. fr., mcsusage, ' ' - 

MÉT'Niv'vi-^tFM'niia^htenir. : •' > ■ f •' 

Ital., mantcnere. Moisw^métenL Prov. .^'mantcner^ n\enicnei\ 

M'ÉTOu, syncope de moi-étou, moi-iéou, moi aussi. 

M^XR^^.parV,» ,WS,Â,« Te P'crains pas Tiau? r-r Non ; j'my é 
7n^4<^ toutd'go. » — .tc.O n*é pas manchot; 'ôs^é métu tout 
drèt.à son.ôvcâgê. » > .^ ' - ' 

yiorv., meiliti. ' ' ,' ' ' -^ ''; ' ^ 

Meâ, adjv.i)ifiiaieux-u.i . •:<; ' . '. ' * '*; .-/•:■ 

Lat., mcllus. Ital.^ m<?^ Zto. iBoUrg., wtf/^.Lorp., mïdSy m^Ua*. 
Nam., mf^: ^r(xv ^^mek^ nicU^^mielhs. Sav.v mtru Walh, inî, 
Vx. fr., mieulxy nielh^ tnicx. mlas, etc. 

Meûguat,,^?;.;?».-, mMê^^J- " • ■' '■ ■.!■ '• '"i ■'• • ■' ■■ ' 
Bourg., iiieuguay. Ge^ev*,):- tvkuf^u^t^ menrguet^ Moi-lv., 
mcujuet. Wall., murguè, Vx. fr., muqelt, niusguet, 

M;ç^iLf.ç:fjipTj, s.rm., liîigç 4^?ieqaeIon l^çeun nouvea^i-néi 



264 langage: populaire verduno-chalonnais 

Mbùlé, et Meùmei, s. m., meunier. 

Morv,, îiif*tflt\ 8t-AiïL, monnl. (V. Màgnler,) 

Mkùk, adj., mûr : u Cath'rine, faut miger c'te pouére; aile 

Lat., matftri(.-i. ïtul., maiuro. Berry, moàr^ menx. Bourg. 
mmii\ mi'ff. Biesa., tueur. Genev., meur. Hain^, mcur. Lim., 
titotluro, Lorr., nmr, Morv., mcitr, mon. Nam., mcûr. Norm., 
nwur. Pic, nieur^ Frov., madut\ St-Am., mô, Toul., madar. 
Wallv f^iGur, matccur, Vx. fr., mcur^ mmr. 

MeùrKj s. L, saumun*. 

Lat., tHuriaAUi\.,,'fftlamo/((. Bress., meure. Cenev., mouare, 
moire. Wall., Huavur. Vx. fr., saumuyrr. 

MeùkEj s. f,, mure, fruit du mûrier et de la ronce : (( Y fait 
biau l'ion^ dey foii.ssés; vons-jou cuyer des meures?)) 
J. Amyot liil meùrie pour mûre (fruit) ; nous, nous le disons 
pour mûre (adj. fêni,). 

La t. til ItaK, mor^}, Auv., moura. Berry, meûse, meCue, 
moiii\ môsr. Gène?,, meure. Hain\ ineiirie, meure, moure. 
li^-Marno, nton-, moure. Lang., amouro. Lim., mouro. Morv., 
mone, moure. Nam.i meure. Norm., m cure f moure t, moret. 
Poit., maure, Prov., mora. Rouch., moure. Toul., amouro. 
Wall., moure^ flK'«/t\Vx. ir.^meure^ mure^ muere.(Y. Meûron.) 

Meùrki, s. m., mûrier. 

Genev., tneurler, Rouch., moùrier. Toul., amourlè. Vx. fr., 
marier^ mmirwr. 

MiiÛRER, V. iiur., tïiùrir : « Y aura pas gros d'vin cVan-née; 
les raïins îïmettrofU pas. » 

LaÈ. et ItaL, mat u rare. Berry, meûrer, meûser, meùrlr. 
Bri^ss.^ nieurer. Genev., meurlr. Hain', mûri. Morv., meurt. 
Nnm,, mûri. Prov., madarar. Rouch., meurir. St-Am., môrè. 
Wall.p mearer, matrouri, maiceri. Vx. fr., meuror, murer. 

Meûréte, s. f,, pri^paration de poissons assaisonnés au vin 

rou^^e. Mets recherolié presque à Tégal de la pôchouse. 

J. Guillemiii donne rnôrette, que je n'ai jamais entendu. 

Lorr, mouroite. Montr., meûretie. Morv., meurettc. (V. P(5- 

chousf.) 

Mbûréte (ilairrr la), ioe., chercher à découvrir quelque 



LANÛAGP POPULAIRE VERPUNO-CHALONNAIS 265 

chose, et aussi tdcher de se faire inviter à dîner : « Que 
qu'te vourès ben sayouér, que l'veins c'ment c'qui flairer 
la meùréie? » C'est l'analogue de : tournet autour du pot, 
tâter le terrain. 
Lori*., rncùrùte. 

Meûron, s,, nu, mûre sauvage : « 01 a migé des meùrons en 
s'preùm'nant; ôl en a la bouche toute gafouillée, » 

Bress., nn'uron^ mo^'on, mouron. Genev,, nieùroa. Montr., 
mouron. Morv., muron. Pic, mouron, (V. Meure.) 

Meûsiau, s. m., museau, laide figure. 

Ita,!., mii^Q. Hain', musian. Nani., mu^la. Pic, muse, 
moujjnon. Prov. , mus ^ mursely mursoL St-Ain. , mu^è. 
(V. M us i au.) 

MeûsiquEj s. f., musique, tout son plus ou moins discordant. 
Lat. et Ital., nmsica. Bourg., mus'wle. Prov.^ mujîca. 

Meûsir, V. intr., moisir. 

L&t. ,mucere. Ital., muffUre. Dailph., musir. Piov., mosir. 
Vx. tr., muisû\ meisijr, 

Meùsse, jidj., déconfit, penaud, décontenancé, mortifié, 
attrapé, boudeur : « Quand aile a vu c'iiu'aile avôt fait, 
ahl voui, qu'aile a été meùsse! » — « veint d'casscr son 
biau vâre ; ôl en é cor tout meùsse, » 

Berry, mousse. Bourg., /ncusse. Bress. , mrnsso. Champ., 
mousse, Fr.-Cté, moussu. Lille, mousse. Morv. . meftsse, 
meussot. Poit., mousse. Suiss. r., moûts, mout^o. Wall.^ 
musse, muclii. 

Meùsser (se), V. réfl., se taire, se cacher, se coucher. 

Lat., mussare. Berry, musser (glisser). Bourg., meussai. 
Norm., muolier, muchler. Pic , mucher, Vx. fr., mucer, 
muechery mussier^ mucoicer. 

MiiLET, s. m., homme de petite stature. 

MiAUNER, et MiÀLER, v. iutr., miauler : « C'matou et 
enniuant; ô n'fait qu^miauner, » 

Berry, miâler. Bress., mianer. Genev., mlaler. Marv., 
mldner, miàler, mlonner. Norm., mianer, muinder. St-Ain. 
nif/anè. Sav., mionnà, mioulà. Vx. fr.. mioler, mi/auder 
. miai/Llder. . 

29 






Wê LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

MiAUNOû, ad]*, miauleur. Se dit (i*un chat, ou d'un qui 
imite Je chLit» 
Morv-» miânoa. Vs. fr., mioleur. 

MicaÉTE (faire), ioc.^ caresser la figure avec les mains. On 
dit aux enfants : a Allons, ma p'tiote, fais-me michéle, » 
Bourg, T michaitc. (V. Mcmcr.) 

*M]ETR (eiHie), adv. de quantité, un peu : « Te /i' m'ain-raes 
pas tiLiU s'jiicnt eàne miéte. )) (V. eùne idée,) 

MicNAUDEn, V. tr,, parer, mettre en toilette : « La Glady 
Yout aller au bal; faut vouer c'ment ail' se mignarde, )) 
Beny» mujnardvr (jouer). Morv., mt^/ioirt/er (faire le câlin.) 

Mjgnôt, aflj,, gentil, gai, caressant. 

Champ., mnjnot. Morv., mignais. Suiss. r., mcgnot^ nié- 
tjnttrif. Vx, fr-, ntlf/not. 

MiG^OTEu, V tr., caresser, cajoler, flatter, faire des bonnes 

Bourg,, mtfjnùlai. Vx. fr., mi(jnolcj\ mtgnonncr, 

MiLSîPiri (à), loc. adv., bien loin, au diable. Manière de 
parler prise du nom du Mississipi, qui, en effet, nîest pas 
très pioehe, ou plutôt allusion à la C^^ du Mississipi, 
établie en 1710 par Law, et qui jeta une si terrible per- 
turbiuioii dans tout le royaume. On ne s'est pas conlenté 
du mot, et, comme on rit de tout, on a forgé la locution : 
u A mihipipi lijs (jUdnrnoilles.)) Qu'est-ce que les batraciens 
avaient affaire là-dedans? 

Hoiirg,, fitisi^ipiti. Cogn., nnhipipi. Morv., nnssipipis (en 
mille morceaux), 

MiNÉTE, s. f.p petite luzerne. 

Berry, mujnotuietlG. Morv.» minette. 

« 
Mis6t, et Miisoûi s, m,, minet, petit chat: « Veins, mon 

p'iiot mlnol! » — « Petite chate fait d' joulis minois, » 

Betry, oilnon, mignon. Lille, minou. Morv., niinon, Rouch., 
mtnon. Toul., niinant, nilnaudo, niineto. Wall., niinon, 
(V. Mîion,) 

MiNÙT, aclj., tout ce qui est velu et doux, comme le velours, 



.W^^H-'r-r.i ■'^" 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 267 

comme les chatons des fleurs mâles des amentacées 
(ormes, bouleaux, saules). 
Mômes congénères que le précédent. 

MiNÔTE, s. f., menotte, petite main d'enfant, de fillctto, 

Ital., manetta. Berry, mentUtc^ mcnitte. Guern., minoUe. 
Jura, mcniiie. Lang., mcnoto. Morv., ntlnotc. Poit i înefietle, 
mcnitte. Prov., maiieta. Suiss. r., mcnclna. Wall,, numote, 

MiÔTet MuÔT, adj., muet. 

Lat., nifitns. Hain'-, muan. Lille, maot, Montr., mnot, 
Morv., inlot. Nam., mola. Roucli., maau. St-Am.^ ntoncl 
Wall., inouyau, mufjau, muot, mouœai. Vx. fr., muct^ rttuiau^ 
muc^^ niueau. 

MiÔTE, s. f., miette, parcelle de pain, d'un corps quelconque* 
Berry, mi/ette. Bourg^, inletitte. Morv., mto^ (miette), fittaUe 
(mie). Norm., niiote. Pic, miottc. Wall., mictt\ mtièlc. Yk, fr,, 
miectc^ miete. 

MiRoû, s. m., miroir, souvent un fragment de glace cassée, 
Berry, mirott^ inivonè. Bourg., mivô, niiroûcr, mirOiô, nnrou* 
Lille, miro. Lim., mircï. Lorr.. mtneî^ mcrca. Mans, mircnj;, 
Morv., niirouc. Prov., nnrocr, miroiter, mirador {mnauv). 
Roucli., miro, mirlct. St-Am., merc. Vx. iv.^miroaer^ înb^aoiU\ 
niiroer, mireor. 

Mise, s. f., corde fine et serrée, que charretiers et cocbera 
mettent au bout de leurs fouets. 

Miser, v. tr., mettre Tenchère sur quelque chose : (( J Vai 
ran misé à c'te vendue. )) 
Genev., miser. 

Misère, s. f., peine, mal : « Jarnigué! que j'ai donc cvu 
d' misère pour m'en r'venî! » 

Lat. et ital., miseria. Berry, misère. Prov., miscrla. Vx, fr.j 
miser ie, misère. 

MisÈRER (faire), v. intr., occasionner de l'ennui, de la peine 
à quelqu'un : « Ah! le ch'ti gas! ô m'a ^voxx fait misàrer 
d'après lu! » 

Mistifrisé, adj., élégant, muscadin, beau, petit-maître, tiré 
à quatre épingles. ^ 

Boujg., mistifrisé. Vx. fr., miste. 



268 



LAXGAGÊ POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 



Mita:^, et Mdetan, s* ni., milieu : « Mets c'qui au mitan 
d'ia (aule, » — « J'vons partnger c'galiau pô V mitan, » — 
« Ol a îlliu nu lïiMU nu tan du gouillat. » Chez Du Cange on 
trouva fattiitfin. 

Lat., tn mefiio.Be^rv}\ mitan. Uonrg., mitan. Bress., moitan^ 
fuafftftn^ fiieictti. Vovex, mn^ met/^ mct/tnn. Fr.-Ctc, moitant. 
Gpnev,, mtilnn. ll.-V% mitan. Lang., miùy mofj. Lille, mitan^ 
ihnvUunL Lîîu., mh*i. Lorr., /noi/tan. Lyon., miran^ mi\ ineij. 
Mac , mitan. MoriTr., ntoitan. Morv., mitan, miit<(n. Norm., 
nvffCfi, mf'r/cn, mitna. Pic, mitan. Vo\l. y mitant . Prov., mitan, 
fftif*f/, UoijcIi., mi tant y molieu, dcmitant. Si -A m., m tente. 
SriinL, nutan. Sav.. mrU'. Wall-, (/cmitan. Vx. fr., moitan, 
fHOffUti^ nivff, mi, ammr/. (V. Mitantcirc.) 

MiTANTEiRE, S, f., iiioiiiê, cequi est au milieu, intermédiaire: 
u Faut ç.'>pcr c'te bande, é peu en f)rend'e la mitan teire, » 
Bourg,^ niltiL\ tnitttutcire (mitoyenneté). Bress., mcj/tia. 
CharupH, fîit.*i. D:ni|)li., mfltn. Forez, meta. Lim., mèjita. 
Montr., moitié, Morv,. niitantièrc^ mitantK', ntit/è , moufic. 
Prov., mitaiy nnui^h, llnuch., dcmotiè. St-Am., matid. Sav., 
matia^ Vx* fr., mt/tiv. (V. Mitan.) 

M [TE. s L, mitiiiiKi : « Por sa fouére, j'ii ai écheté eùn jouli 
paire iîe mit es. n 

HaMat., miivila, Berry, mite. Houig., mite. Genev., nùte. 
tP'Ativ., ntitff. MôiT-, nn'taif/ne. Poit., /nitc. Suiss. v., mitta, 
nntauntt, Vx. fi'*. mittnine. ' . 

>[rroN, s. m. y cIkU, el aussi manchon. 

Lat.j miti^. Jiua, ntiitm. Morv., miton (manche de gilet)- 
Norm,, mittifi. Vx. fr., mitoain. (V. Minât.) 

MiTONÈE, s [., panade, soupe mitonnée. Quelques personnes 
disent aussi panée^ (V- ce dernier mot.) 
H^ii-ry, milrtnnniie, 

MiYAs:^!^ .s f,, gaieau d« maïs, jadis de millet, plus petit et 
un peu plus fernu^ que le niiijet. (V oe mot.) 
Mûûtr., miîfffSr^r. 

MiTfASsijiiRE, s. L, vase en terre, d'un certain diamètre, très 
plat, et dans Jeqiitil on fait cuire, au four, le niiyet. 
Montr., nuUassivrc, 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAfS Î369 

MiYET, S. m., grand flan, mou, préparé avec d 's œufs, du 
lait et de la farine de froment ou de maïs, et cuit an four. 
Cogn., miijat. Montr., millet. (V. Mlr/nssièrc.) 

M'nange, s. f., vendange. 

Par un adoucissement phonétique, — analogue :i f:elui q\ù 
fait dire : m'chb pour p'cho, rnnji pour o'nw, — nous avons 
ici une famille de quelques mots dont le v initial s'o^t changé 
en m [m'nange pour o'nange, etc.). Il n'y a pa?i ani.re chose 
à trouver là qu'une euphonie par mollesse de prunoncialion. 
(V. V'nange.) 

Champ., cenoingr, Jura, i'e/ian<ha. Morv. . nuuio'^nijr^ 

m' liante. Suiss. r.. cciieindje. 

M'nangeoû, s. m., vendangeur. 

Morv., m.r/iolfif/cDK, m'naa::ou. Vx. fr., cf/i'ttnjntr. {V, 
V'nftnfjcoù.) 

M'nangkr, v. tr., vendanger. 

Morv., nic/ioi/ifjer, m'/ian^er. (V. V'nancjrr.) 

M'NANGERÔr, s. m., petit panier servant à recevoir It^ raihin 
coupé pendant la vendange. (V. V'nangerot.) 

M'ner, v. tr., jouer, exécuter un air pour mener une daîiso, 
une marche. S'applique au musicien (tambour, fifre, ou 
violon) : v Allons! le v'ià qu'ô va m'ner la marche de la 
mariée. » 

Lat , mlnare. Ital., mc/tare. Bourg., nieunnl. XUc , nu^id, 
Morv;, nieuncr. Prov., nie/iffr.\Va.[[., miiici\ imUn^r. Vx. fr., 
maifierj nimer (un bruit). (V. Monner.) 

M'nî, v. intr., venir : « J'ain-me ben meù m'en tnnir U[m. » 
Le r supprimé se prononce devant une voyelle et n'exiisle 
pas devant une consonne : « M'en m'nî cïum nous, » 
Analogie avec m'nange et ses composés. 

Lat. et ital., vcnire. Beny, ceindre, eelnrc. l*iov.^ rtnrr. 
Wall., ctni. Vx. fr., cenir. 

M'noû, s. m., meneur, celui qui dirige une noce^ unt* fête, 
une danse, conducteur. ♦ 

Ital., mcnatore. Bourg., mcnou. Morv., wr/ioir. Prov,, 
menairc^ menadoi\ Vx. fr., meneur. 



— T. ,» ^~y'jr- 



870 LéNGAGE POPULA[RE VERDUNO-CHALONNAIS 

M 'nu, paru, venu, (V* M 'ni,) 

M'nuser, V. tr.. nicnuîser, faire des choses menues, rompre 
en petits morcoaiix. 
Ital-, mifutj^artK Prov., mrttit:^ar, 

Màj s. m., mot, parlé ou écrit. 

Lat.. mtif.l'tm, Ital-, moU<K Bourg., nicii, niô, Prov., mot. 
Vx. fr., ntot. 

MôcHE. s. L, iTiouclie, inspecte et femme finaude : « Y et une 
fine moche, ïï 

Lat,, mmca. ItaL, nin^ca. Bourg., mons'^ue. H^'in., moulue. 
Mac, "ifichc. Morv., m^r/te. Nam., moche. Norm., niouque. 
Pic, manke. Prov., nio^ea, Suiss. v.^mofsny motsflia. Wall., 
Tiiohc. V%, fr., mni?rhi\ mottst^'fe. 

MooE, s. f-, tmjiit d(Heniiînr fait sur la rivière par les 
niarinieif! de la SaAne : i< J'ons fait une mode y deux modef<, » 
disent-ils. Lyon a le verhu moder, modo, pour partir. Les 
nttfde:^ de nos mariniers vienn«mt de là. 
Bourg,, mrfiilc. Mac. monde. 

MÔDRE, V. tr., mou lire. 

Lafe-, mofcre, It^L, tnachuirv. Berry. nnu'idrc, mcùdc. Morv., 
fiioare. Pic*, marri\ mattlvr^ Prov-. moire. St-Am., môdre. 
Wall., moàrt*. Yx, fr., mourie^ Diouldre^ more, mauldre. 
(V. Mmffiri.) 

Moë, s f-, moue, grimace, mauvaise huniîur. 

Champ-, mof}iti}. Gtiiiev., mofftjne. Morv.. me!ie.yia.m.ymfnre. 
Pic, moiist*. RûucIl, fiionse, lippe. Wall., moire. V.\. fr., 
mocs^ moi\ {X. Mohuc^) 

M6gnk, s. f., force et adresse du joueur de billes : « 01 a d'ia 
mogne; ô poque de joliniem loin. » Mo'gnon est il pour 
quelque chose dans l*ongine de ce mot? 

MoissK, adj., moite, humide : si Aile amétu dans son ormoire 
son linge tout inoiiise. n 

Lat., tnadidits. Jtai*, ttmldo, Angl., molst. Lille, molss'*. 
Wall., mai\ Vx. fr., tftoisli'. 

9 

MoiNRS, adj., nï jindre, <^iuiinué. 

Lat.^ tnhtor. Lorr., manre. Luxemb., minvc. Mess., maure. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 271 

Morv., moifire. Prov., mendre, meure, Suiss. r., meindre. 
Wall., moinr. Vx..fr., meure, mendre. 

Moi-z-i, Moi-z-EN, euphonies très usitées : « Dis-moi z-i; 
baille-moi-^-en. » 

MÔLE, s. f., meule h moudre, à aiguiser. 

Lat. et ital.. mola. Lyon., mola. Prov., mola. Vx, fp., 
myele, mole, mciille. 

MÔLRR, V. tr., mêler, brouiller, confondre. 

Lat., miscere. Ital., mischiare. Berry, michelcr. Bourg., 
maûlai. Prov., meslar. St-Am., mèlj/è. Vx. fr., mesln-, medler, 
mellcr, merlrr, 

MÔME, s. m., enfant, gamin. 

Morv., morne {tire-mome, sage-femme). Vx. fr., moine. 

MÔME, adj., sot, stupide : (( C*tu gas? Y é ben Tpu m6m,e de 
cheû nous. » 

Champ., //io/?io/i.Genev., mô me, mo masse, mômichon.^oxxch., 
niomcu. Suiss. r., mômo, mouma (fém.). 

MÔQUE, s. f., moquerie, raillerie^ grimace ; (( Voui, quand Ô 
vous dit qu*éte chouse, y é tôjor eùne moque. » 
Bourg:, w.ôque. Genev., moque. 

MoQUOÛ, adj., moqueur, gouailleur. 

Berry, moquurd. Bourg., môquea. Dauph., moquou. Lorr., 
mouquou. Morv., moquou. Vx. fr., mocqueur. 

MÔR. s. f., la mort, fort appréhendée des paysans malades. 
Lat., mors. ItaL, morte. Bourg., môr. Lyon., mor. Mess., 
moue. Prov., mort. Vx. fr., mort, 

Môr, adj., mort. Se dit déjà d'un moribond. 

Lat. mortuus. ital., morte. Bourg., mor^ mô. Wall, moirt. 
Vx. fi-., mort. (V. Mouru.) 

MoncHiLLER, v. tr., mordiller,' mordre à petites dents : 
« n'a point d'opétit; quand ô mainge, ô morchille. » 
Genev., morsUler. Rouch., morfèller. Vx. fr., mordiller. 

MoRciAU, et MouRCiAU, s. m., morceau, fragment. 

Bas-lat., morsellus. Ital., morsello. Berry, morciau. Bourg., 
m orcca. Li m., moreèu. Morv., morceai, mouciau, mourciau. 



L 



272 LAN^ACË t>OPULAIRB VERDUNO'CHALONNAIS 

Pic, nmurrhf'ft. Prov., morsel,, morscits, St-Am., moucè. 
Siiiss» r., fiiorct'. Wall., niorciau, moirsqi. Vx. fr., morsiaUy 
f}iùt\^ft(fit tnarct'L 

M{^RDE, V. lï',, mordre. 

Lat. et ital,, mordoré. Bourg., môdre. Lyon., modre. Prov., 
mordre^ St-ÂiiLi mcùdre. Vx. fr., mordre. 

MÔRON, s, ïiK, mouron « pour les petits oiseaux ». 

ProVn, ftiotirmanf mourel. Rouch., nioron. Wall., moi^on. 

MoRVANDiAU, DKLLE, S. m. et f., habitant du Morvan. 
Moi'v., uiorcandeaa. 

MoRViAU, s. ni., morveau. amas de morve. 
Ïh-V", moreiauj morcias. (W .Mou cher là,) * 

MoRvoû, adj-, morveux, mal meuché. 

Herry, ntortutttx. Genev.^mourceux. Morv., morcou. Norm., 
morcoH, morcas^^e. Poit., morcou^ morchou^ niouchuu. Rouch., 
ïnoafftfefi.jfjr. Suiss. r., moccau. Wall., moiiqidcu. (V. Mou- 
choti^ Naquou.) 

MÔTE, s. f., fg^azon. 

lui-, moîta. Berry, moutte, Norm., motte. Vx. fr., moto, 

MoucHEiiiÀ, s, m*, morve, humeur visqueuse qui sort du nez 
Hoticb., moiiffttclintt. (V. Morciau.) 

MocciioN, s. ra., moucheron, bout de mèche non éteinte: 
H 01 a bent6l fait; d'avou ses dèts Ôl Ole le mouchon d'ia 
cbandi^le. * 

Cogn., mourhofi. Dauph., moue. Forez, mouchon. Fr.-Cté, 
mouêiyt^ron. Geiiov., mouche. Guern., ùmouc/uillon. Lang , 
motn\ mouse. Luxemb., mouchirau. Lyon., mouchon. Morv., 
moufJiCl on. Norm., mouqueron, mouqaet. Pic, moquct. 
Roucb., monklitm^ mouqueron. Saint., mouchiron. Wall., 
mohe^ moka. Vx. fr., moucheron. 

MûuctiÔTE, s, f., mouchettes : (( Passe-me la mouchote, que 
j'côpti TiHizo d'ia chandéle. » 

MoL'CHoù, adj., morveux- Petite injure adressée à un enfant 
jnal propre, mal mouché. 

lli^ss.. nioiichou. Lorr. ^ mouchoux. Montr., mouchou. Poit. ^ 
mouùhoa. (V, Morcoû, Naqu^d.) 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAlS 273 

MoucHÛ, S. m., mouchoir de poehe. 

Berry, mouchoueP, mouchoué. Bourg, moucheu, Morv., 
mouchouè^ mouchou. Pic, moukoir, Rouch., mouco, moucau. 
St-Am., moiisô. Saint., mouchenes. Toul.^moucadou. Vx. fr., 
mouchouer, 

MouDu, part., moulu, fatigué, brisé : « L'mûgnier a moudu 
tout son grain. » — « J'ai sié é peu monté du bôs tôte la 
jornée; j'n'en peux pu; j'sis moudu. » 

Bourg., melu. Bress., molu. Rouch., molu. Wall., molu. 
(V. Môdre.) 

MouDURE, s. f., mouture. 

Lat., molitura. Bas-lat., modura. Berry, modure^ moudure. 
Forez, modura. Prov., mooudura^ moldura, moltura, Vx. fr., 
mousture, moulcture, moulture . 

MouÉ, pron. pers., moi. 

Lat-, me. Ital., «o, me. Mac, mai. (V. Me) 

MouÉ, s. m., mois. 

Lat., mensis. Ital., mese. Bourg., mô. Hain*, mô. Il.-V', 
mâs. Prov., mes. Rouch., mos. Sav., ma. Wall, mcû, Vx. fr., 
meis, 

MouÉ d'âvri, loc, poisson d'avril : « On li fait eneroire tout 
c'qu'on vont ; on li a baillé ein fameux moue d'âori, » 
Genev., mois d'avril. 

Mouess'noû, s. m., moissonneur. 

Berry, mèticeux. Fourgs, mèss'ni. Hain', mesneux. Morv., 
moichenouy mouchcnou, mouèchenou.^a^m.^ mèchenoû. Pic, 
méchoneux. Poit., méticeur^ mètioouxy môiivier, Prov., mes- 
sounier. Wall, mèheneu (glaneur). Vx. fr., moissoneor. 

MouÈssoN, s. f., moisson. 

Lat., mcssio. Berry, mètice. Fourgs, mcsso/i. Hain', mrc/îo/i. 
misson. Lim., meissou. Metz, mochon. Montr., mouss-hon, 
maiss-hon. Morw.,moichon, mouchon, Na.m., mèchon. Poit., 
mètice. Prov., meissoun, meisho. Rouch., michon. Saint., 
métioe. Suiss. r., messon. Wall., mèchon. Vx. fr., moison. 

MouÈssouNER, et Mouèss'ner, v. tr., moissonner. 

Berry, mèticer. Bourg., moissenai. Forez, more. Fourgs, 
mess'nai, Hain^ muchenery mes'ner. Montr., mouss-hener, 

30 



274 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

maÎA&'heaer. Nam., méchener, Poit., métioer. Prov., meis- 
êounar. Roue h,, mesner. Saint., métioer. Wall., mèhener 
(glaner). Vx, fr., /nessonner. 

MoupEs^ B. m., moufles, gros gants de peau fourrés, servant 
à ceux qui conpcnt les épines dans les haies. Les doigts, 
excepté le pouce, ne sont pas séparés. 

Bas'lat., bulfala, Genev. et Lille, mouffes. — Norm., mouffles. 
WalL, moitjfea^ mofes. Vx. fr., mojles. 

MouFLÔT, adj., doux, gonflé, joufflu, fourré, rebondi. Se dit 
des joues d'un enfant, d'un gâteau, d'un édredon, etc. 

Bas-Iat., mujfida. Bourg., môjlô, Bress., moafLo. Montr., 
mou/lot. Morv, , mojlan^ môjlot, Norm., moujlu. Prov., mofleL 
RoucL., moa/lu. Wall., ma/Lé. Vx. fr., majle^ mafflu, 

MouGNON, et MôcNo>\, s. m., moignon. 

Berry, meugnon. Genev., mougnon, mognon, Lang., mou- 
gnoU. Montr.^ tnoiigaot, Rouch., mognon. Yx. fr., mougnon. 

Mouillasse, s. f -, bruine, petite pluie, ondée légère. 
Morv., fïiouéiltalsse (endroit marécageux). 

MôULK, s, m.p mesure de capacité pour le bois à brûler: 
f( J'ons éch'té eûn moule de bôs por notehivâr. » Équivaut à 
un mètre cube. On le mesure à l'aide de deux tiges ver- 
ticales et d'une horizontale, chacune d'un mètre et 
ajuslées l'une dan.s l'autre. Elles servent ainsi de cadre aux 
bùcbes, longues également d'un mètre. De cette manière, 
on obtient naturellement le mètre cube. 

Berry, rotdv (pile de bois). Prov., molle, Vx. fr., modle, 
ntolk't mole, 

MouLETONj s, m., molleton. 
Genev., mouleton. 

MûUMENT, s. 111,, moment. 

Lftt., momcnium. Ital., momento. Berry, moument, Morv., 
mùmQngt\\ Prov., moment. Saint, mouman, 

MoitN, ot Men, pr, pors., mon. 

Lai., fiwus, ItaL, nilo, Berry, moun, Hain^ mén. Pic, mon, 
mi/i. Prov,, wtas. Rouch., mèn, Wall., ml, Vx. fr., meon, mi, 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 275 

MouNER, V. tr., mener, conduire. 

Ital., menare. Morv.. mouner, molgner,mouener, mùugnèr* 
(V. M'ner,) 

MoÛNiAu, et MÔGNiAu, s. m., moineau. Au fig., d'un gaa 

prétentieux: « V*là-t-i pas eùn ben biau moûniau, ma fi ! » 

Ard., mochon. Berry, moigneau, Mac, monta. Norm., 

moisson. Pic, mougneau, moinet. Rouch., moniaii, Wall,, 

mohon,Yx. fr., moine, moisnel, moiniau, moissun, mousson. 

MoURÎ, et Meùrî, V. intr., mourir. 

Lat., mori, Itak, morire. Berry, mouri, mourer^ moiirir. 
Bourg,, meari. Bress., mûri, Fr.-Ct4, meuri, Lim,, murU^ 
Lorr., meuri. Lyon., mori. Morv., meuri, mûri, m.ouht, mou- 
ritre. Pic, morir, Prov., morir, mûrir. Sav., moert. Suibs. r,, 
mûri. Wall., mort, morir. Vx. fr., mûrir, morir. 

MouRU, part., mort : « L'pauv' diâbel ôl é ben vite été 
mourui )) ^ 

St-Am., meû. Wall., moru. (V. Môr.) 

MousE, s. f., moue, maussaderie, mauvaise humeur- 
Lille, mousse. (V. Moe.) 

MousER, V. tr. et intr., bouder quelqu'un, faire la moue. 
Bourg., moulai. Fland. et Hain., moMser. H -Main., moa&- 
siner. Lille, mouser. Morv., mouser, fére lai meue. Norm., 
muler. Rouch., faire la mouse, la lippe; Wall., mouser t 
muser, Vx. fr., faire la moe. 

MoussERiYON, s. m., petit moucheron : « Au bord de l*iau, 
vou ben dans le p'tiot bois, y en a des mousserit/ons ! on 
en é dévoré. » (V. Mousseron.) 

Mousseron, s. m., moucheron, cousin. Notre ceinture de 
deux rivières nous en fait naître parfois des nuées. Alors, 
gare aux peaux douces I 

Bourg., mo%son. Genev., mouchillon, Lille, moug'ron. Pîc, 
moukeron. (V. Mousserigon.) 

MousTAFA, s. m., moustachu, gaillard qui a de fortes 
moustaches. Ironique. 
Wall., moustajia. 

Mousu, adj., qui fait la moue, boudeur. 

Fland. et Lille, mouson. Rouch., inousàtc (fém., maussade). 
Wall., mouson, inuss, (V. Mouse.) 



276 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

MouTEiLLE, S. f., moutelle, petite lotte. 

hat, ftiustela. Bourg., mouteule» Champ., moielle. Geuev., 
moutailc. Mor"^., motUcille, 

MouT^NET, s. m., petit berger, jeune gardeur de moutons: 
n T'sîiis pas qui y é qu'a fait c'qui? Y é le p'tiot moufnei 
du père François. » 

Mouton, s. m., petit ver, larve qu'on trouve dans les cerises 
noires : « Je n' maing' pas de tes cerises; y a des moutons 
d*dans< *> 

Bourg,, môton. Mac, mouéton (le mouton), Montr., mouton. 
Prov.i fnolto, multo, moto. 

MouTRÔT, s. m., petite élévation de terre, monticule. Dans 
les environs de Tournus, des éminences de terre, qu'on 
suppose être des "sépultures, sont dénommées meurbt, 
marot. 
Lat.i murus. Bress., meutro. 

MûUYER, V. tr., mouiller, humecter. 

Lat,, mollire. Berry, moillieV' Prov., muelhar^ molhar, 
moillar. Vx. fr., moillci\ moillier, mouiller, 

MûcHER, et MussER, V. tr. et pr., cacher, se cacher; pour le 
soleil, se coucher : « Soulô mùchant. » 

Bûuig*, meûssai, caichai. Champ., muser. Il.-V", cuter. 
Lille, mucher. Morv., mousser . Norm.. mousser^ mucher, 
mudiwr. Pic. et Rouss., mucher. Wall., muchi. Vx. fr., mu- 
echur, muchier, mukier, 

MûciTÉTË, s. f., cachette, petite cache. 

Bourg., caicheute. Lille, mnche. Norm. et Pic, à la mucke 
impôt. Rouch., muche^ muc/iète. 

MÛGNïER» s. m., meunier. 

Lat-, ^no/martMs.Bas-lat., monerius. Ital., n^linaro. Bourg., 
m.wjniè^ mugnai. Genev., mûnier. HainS monter, mounier. 
Lim., moânièjs. Midi, mûnier, Morv., mugnier. Nam., mount, 
Norm., mounier. Pic, magnier. Prov., molinier, mounier, 
moiiim\ AVall., mounî, molinier. Vx. fr., mounier, nieusnier, 
mulnicr. (Y.Meûlé.) 

MÙLEj s. f., engelure : « J'ai les mules au talon. » Cette 
phrase, très usitée, est, moins l'inversion, le vers d'un 
de nos vieux Noëls. 



LANGAGE POPULAlUii VliRDUNOrCJllALONNAIR 277 

Fland., muyle, Genev» et Lorr., mule. Morv., mâie. Poit., 
muioiu Wall., meule 

MuLÔT, s. m., mulet. 

Lat., r/îw/as. Mdl.y mulHto. Morv., mà/o^.'St-Ann., mulô. 
Vx. fr., mulet, 

MuRGEi, et Meurgei, monceau, tas : a Eùn murcjei de 
piâres » est un tas de pierres qu'on forme dans les vignes 
en défrichant. 

Berry, murgèe. Bourg., murgei, meurgei. Brie, mcrger. 
Fr.-Cté, murgie, murgler, murgerot. Fou rgs, m or/7 té, f^^ourchi, 
mourguet, Genev., moé, Jura, murger, Mac, morgt\ ropeille, 
MoDtr., meurot, murot. Morv., meurgè^ meur^ère. Poit., 
murgé. Rom., moye, Sav., moai, Suiss. r., morgié, mordju, 
mourguet. Vosg.^ meurgée. 

MusiAu, s. m., museau : « Oh! Tmaulépris! v'tu ben 
meùsser tqn peut musiaul » 

Bourg., musea. Bress., mesiau, musillon, mru^ellon. Genev. 
etU.-V, mougnc. Lim.. muséu. Metz, m eus gnon.. Moiv., 
meugneau. Nam., tufi^ia. Sav., moc^ai. Wall., niihcii, 
musiau. Vx. fp., musel. (V. Meùsiau.) 

MusoN, s. et adj., musard, lambin, flâneur. 

Morv., muson, butons bu/on, Prov., musart., musard. 
Vx. fr., mu.-iart. 

MusÔTE, s. f., musette, jadis choyée des danseurs. 
Bourg., museute. (V. Gonfle.) 



N 



Naige, s. f., nage, action de nager : « Por ratrapai l'batiau, 
ôs'é j*tô à la naige, » 
St-Am., ncuc. Wall., a note (à là nage). Vx. fr., najc. 

Naiger, V. intr., nager. 

Lat., nature. Ital., nniare. Hain-, na/igcr. Morv., noncr. 
Pic., nanger, ianycr^ larger. Roacli., na/ujcr. Wall., noï. 
Vx. fr., naiger, nagier, naggcr, necr^ noer. 



278 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Naipep & (., nappe : « L'côsin veinra gôter; faut méte la 
naipe, » 

Lat., mappa. ItaL, tacoglia. Berry, napillon (guenille). 
Bourg, et Morv,, naippe.V/aL]\,,mape, Vx. fr., nape, mappe. 

Naïsir, et Nâzir, V, inlr., moisir, sentir l'aigre. 

I^t., maçûrc, ItaK, mvffare, Bress., naiser (faire rouir le 
clianyre). Jura, naistr. Prov., mosir, St-Am., musi, Wall., 
muATr. Vx, fr., mnisir, moisi fr. (V. Nàsè,) 

Naissu, part, du v, nàtre, né. • 

Bei'ry, nutchn. Bourg., nai, Bress., nacu. Lira., nâcti, 
Lorr.j nalihi. Mue, naqui. Morv., nâssu. 

N AN-NE (faire), loc, dîner, faire le repas de midi. 

Augi^. noon (nndï). Art., none. (V. Quat^heârçs, Vêprô, 
Ride.) 

Nanni, adv,, nenni, non. 

LaL, non, ItaL^ no. Berry, nannf. Bourg., i^ainin^ nèna, 
nannnin. Fland*,/uVi. Fr.-Cté, ncne^. Morv., nini, Norm,, 
nunnîa. Vx. fr., ncunil, aenal, nennin^ nenny , 

Naque, s. f., morve, mucosité qui sort du nez d'un enfant: 
« Mauch' donc ton p'tiot; la naque li tombe dans rbec. » 
Bourg-, nalqnc. Morv., niaquc. Poit., nacre, Wall., 
nûcque (odorat), 

Naque, part^, crach<5. Se prend dans un sens figuré. Pour 
exprimer, par exemple^ qu'un enfant a les traits de son 
père : " Eh! dit-on, coume ô le ressembe ! Y é lu tô 
naffué, M 

Bourg-, naqualt naiquni. Bress., naquer (faire jaillir de 
l'eau, de la boue- A peu près l'équivalent de nottQjicler). 

Nauuou, s. m. et adf., morveux, et au fig. gamin qui fait 
rimportant, de ceux dont on dit : « On li tordrôt l'nâze, 
([U y en sorti rôt core du lot. » 

Bourg., natqaoït, naqna (Naquet était jadis le surnom du 
garf;oii de salle d'un jiia de paume). Champ. , nncard, naqueux. 
Genev,, rmimbot , Lang., ninhot. Morv., niaquou. Norm., 
Hulmt, Poit., nacrnfi. Renn., nuckard. (V. Morcoû.) 

K AS! ATT, s. m., uaseiLU : « L'voués tu d'avou son chVau? 
l tUiilche des uops su l' nasiau qu'la pau v' béte en saingne. » 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 279 

Lat., nasus. Ital.» narice, ll.-V, nasiau, Pic.^ nasieu, 
Vx. fp., nazeau, 

Nâtre, V. intr., naître. 

Lat. et Ital., nascere. Bourg., nàtre. Morv., nâte, Prov., 
nascerf naisser. Vx. fr., nestre^ nai^tre. 

Naviau, s. m., navet, et au fig. objet de peu d'importance : 
(( Ça? y et eùn naoiaul » 

Lat., napus, liai,, naoone, Berry, naveau, naviau. Midi, 
naceau, Nam , nama. Pic, naviau. Poit., naoia. Rouch., 
naviau. St-Am., navë. Saint., naveau. Toul., nap. WalL, 
naviau^ naoai. Vx. fr., naviel, naviet. 

Navôte, s. f., navette, plante dont la graine fournit Thuile 
de ce nom. 
Berry, naheéte, nabin. Morv., naiootte. Vx. fr., navetc. 

Navôte, s. f., navette, outil du tisserand. — On se rappelle, 
à Verdun, cette ruse d*un ancien tisseur de toile. Il payait 
un gamin, qui descendait dans la cave et mettait en 
mouvement le battant du métier, pour que ce bruit, joint 
à celui de la navette, fît croire à la femme que le mari 
travaillait, tandis que le buveur levait le coude au cabaret. 
Bas-lat., naveta. Ital., novetta. Vx. fr., navette. 

Nâze, et Nazô, s. m., nez. 

Lat., nasus. Ital., naso. Bas-norm., nde-jr. Bourg., né, née. 
Bress., nar^e, no. Lim., nâ. Lorr., né. Nam., /i<i^'. Prov., 
nas, na^. Rom., na:s. Rouch., nac, naso. St-Am., nô. Saint., 
nasot. Sav., nâ» TouL, nas, najset. Wall., nase, Vx. fr., 
nés, nés. (V Nâsé.) 

Nâzé, adj., qui a mauvaise odeur, moisi. — La jardinière lavait 
à grande eau, dans un tonneau près du puits, ses salades. 
Elle les déposait ensuite, toutes ruisselantes, dans une haute 
corbeille : « Les laissez-vous là-dedans? demandai -je. — 
Tant s*ment pour les égouter; pas longtemps, air sen- 
tireint Ynàzé, » — Naze voulant dire : nez, n'y a-t-il pas, 
dans nazé, l'idée de punais? 

Bourg., meuzi, mesi, naisô (rouissoir) . Dauph. , naiser 
(rouir). Fr.-Cté, naisev (rouir). Genev., naisè. Montr., mus-hi, 
Morv., aiser, naiser (rouir). Neufch., nasi, gési. Vx. fr., 
naiser (rouir). (V. Naisir.) 



SSÙ LANGAGE POPULAIRE VERDUNOCHALONNAIS 

Nè, adj., Qet, propre, clair, luisant. 

Lat.» nitiaits. Ital., netto. Bourg., nai, Prov., net, ned, nedc, 
Vx. fr.p fwi;\ nés, net, nect, 

NÉGRESSE (la), s. f., marmite dans laquelle font la soupe les 
nianniers d'un équipage. (V. Pérole.) 

N'êmpôche que, loc. contractive, cela n'empêche pas que... 
Cogn., fC empêche que. 

Nent[lle, s, f., lentille, légume. On donne aussi ce nom 
au3C tachos de rousseur : « Y ôt bé vrâ ; la Toinon serôt 
cor pu brave» si air n'avôt pas des nentilles plein la figure. » 
Lat>j knticala. Ital., Icnticchia. Berry, nentille. Bourg., 
naniiUc. Cogn., Morv. et Pic, nentille. Prov., lentille. Tout., 
dcntilhOn Vx, fr.. lentille. 

NÉH'ÉYEMENT, et Nétéyage, S. m., nettoicmeut, nettoyage 
ItaL, nelfamcnto. Morv., noteyaige. Rouch., nètimen. Vx. 
fr., ncUo(jemcnt. 

NETÉïEn, V. tr.| nettoyer : « AU* vous nétéye ça qu'y é 
prope coume cinq sous. » 

Lat.t mlidnre. Ital., nettare. Berry, neiteyer, netteger^ 
nettir. Bourg., nettouè. Champ, et Fland., nottier. Genev., 
nefiaifcr^ Hain" nètier. Morv., nètèger, nètèïer, notèycr^ 
Norm., nèi(H\v}\ natcr, nètier^ nètir. Poit., nettir. Prov., 
neiojary ncdetfar. Rouch., nètier, renètier. Wall., nettir, nèti. 
Vx. fr,, neloler, nestor/er, nectier. 

Neû, adj., neuf : (( Son onque veint d'ii bailler eiin hébit 
tout neà. » 

Lat.j aomis. Ital., /laooo. Berry et Bourg., neu. Bress., nia. 
Gaî3c., nèou. Haîn' et Lille, naé. Lim., niau.horr., naf, Morv. 
et Pic, neu. Poit., no. Prov., non, niieu. Sav., ntewce. Wall., 
noâ. Vx. fr,, nuêf, noef. 

NeÙRÎ, et N6hî, v. tr., nourrir. 

Lat- et Uni., n ut rire. Bourg., norri. Hain' nore/*. Morv., /ititr/. 
Pic, norir. Prov , nurir, noirir. Wall., noûri, nori. Vx. fr., 
nurrîpf norrir. 

NeûricEj et NÔRicE, s. f., nourrice. Réputées senties fraîches 
et saines nourrices de la Bourgogne. 



j 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 281 

Lat., nutritla. Ital., nutrlce, Morv.. neurice, hnrice, norlce. 
Ppov., nuirissay noyrlssa. Vx. fr., norrice^ nurrlce, 
> 
Neûriteùre, et Nôriteùre, s. f., nourriture, 

Lat. et Ital., nutrltura. Berry, nourreture, nourrisse ment, 
Morv., nurlteare, Prov., notjritura^ noiridura. Wall., norl- 
ttire. Vx. fp.. nurlure, norreture, noureture, 

Neôsance, s. f., nuisance, tort, préjudice. 

Lat., nocentia. Ital., nocensa. Berry, naisse, nuisance. 
Norm., neusance. Prov., noysensa^ nosensa.Yx. fr., neusancc, 
nuisance, 

Neùt, s. f., nuit : (( Bonsouér, compeire; i fait neùt; j'vons 
dremî. » 

Lat, nox. Ital., noite. Angoum., neut. Arden., Besanç. et 
Bourg., neu, Bress., né. Dauph., not. Il.-V% nuitée. Jura, 
nat, net. Lim., ne, nèit. Lorr., neut, ncuyc, neu. Lyon., ncy. 
Mac, nfiu. Midi, necht. Montr., net, Morv., neuy nuée, gnuèe. 
Pic, neuit. Poit., neut, neuil, neet, nit. Prov., noit, noich, 
nuoit, nuot, nueh, nuh. Rom., nuecli. St-Am., nâ. Saint., 
neut. Sav., niuai. Wall., nute, neit. Vx. fr., noit, nui::, nuits, 
nuict, nuyt, 

Neûyer, s. m., noyer, arbre. 

Lat., nux, Ital., noce. Berry, nogier, nouger, nouer, calou- 
nier. Bourg., calôtei, caleutei. Bvess.,* noyi. Lim., /î^J/o. 
Morv., noué, noujè, calenè. Poit., nougeai, nouay, noagi, 
noui, Prov., nouguier, noguier, nogier. St-Am., nouyi. Sav., 
nayer. Suiss. r., nohi. Vx. fr., nayer, noter. 

On remarquera que le Bourguignon, le Berrichon et le Mor- 
vandeau ont chacun un ou deux verbes répondant à notre subst. 
cala. (V. ce dernier mot.) 

Neûzille, s. f., noisette : « Vons nous preùmener sur la 
levée, por miger brament nos neûzilles, » 

Lat., nucella. Ital., nocella. An]., nouille, nousille, nouseille. 
Berry, nousUle, noisille. Bourg., nesille, nosel, nousei'tte, 
nôsotte. Bress., nusille, anaille. Champ., nougetie. Dauph., 
oulagni. Forez, aulagnc. ^llongne. Fr.-Cté, nàillote. Frib., 
alogne. Hain., neuséte, nosète, nogète. IL-V"©^ nouille, nosette. 
Jura, nesille.^Am., noujsilUas. Lorr., neuhatte, mijote, cacatte, 
Mac, alôgne. Messin., nugeotte, Montr., nu^ille, alogne. 
Morv., nouée, nouotte, nouillotte. Nam., neâje. ViQ,,neusette, 

31 



282 LANQAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

neseiie. Poit,, noMlc, nouzille, nouseille. Rom., aulanie. 
Rouch,, nogèle^ riojète^ nosète, Sav., alôgne. Vend., nozcille. 
WalL, nojette^ nottjnÉte, neâche. -Yx. îr,, noisille, nousille, 

Neuziller, s, m., noisetier. 

Ital., nocciaoîo. Aunis, nousillier. Berry, noisillier, nou- 
silîicr. lîaiu*, ncusié^ nosier, nosetier. Morv., noujetieL Nam., 
neujL Pic.j nelgeiier. Wall., nofetier, neûhi, Vx.fr., noi- 
setier. 

Neveu R, s, m., neveu : (( 01 é ben le neoeur à son onque, » 
dît-on pour coiiï^tater Tidentité de quelqu'un. 

Lat., n^'/iGs. Ital., nepote, Lyon., necou. Montr., neceur. 
Prov.j ncps, Tiebè^ nebot. St-Am., necô, Toul., nebout. Vx. fr., 
nepceitf nté^ nteps^ nencl, necol, nevoz. 

NÉYB-CHtïÉTiEN, S, m., périssoire. — Cette appellation 
plaisante, n'a dû être imaginée qu'après lin certain nombre 
d'accidents. Elle a son analogue dans le Centre^ oii une 
sorte de pâtisserie indigeste est appelée : « Étouffe- 
Chrétien. » 
Toul-, ncgofoL (V, Avloquin.) 

Néyer, v; tr», noyer, faire périr par immersion. 

Lat-, ftt'care. Ital., negarc. Berry, nager y neger. Bourg., 
nègaîy nôgai. Catï^L, negar. Champ., nager. Dauph., nega. 
Forez, naisâ. ¥ï. -Cié^ naser.nâsi, naisir . GsiSG., nég a. Genev., 
nager. Hain., nélcr. Jura, nagi. Lim., ne/as. Morv., nager, 
niger, Norm., ncuc/wr, nier, nager. Pic, neger. Poit., nauzai, 
nègt'aî. Prov., negar. Rom., neger. Rouch., nier^ nèier, noter. 
Si- A m., nage, SuUè, r., nèhi, neihi. Toul., nega. Tour., néger. 
WalL, ninr, neger, noiiger^ nui. Vx. fr., nagei\ neger, noir, 
noter, 

NiÂR, s. m., nerf : a Quâ ç*a-t-i qu'aile avôt fait? L'butôrl 
ô t'II llanqaôt des cops de niàr dfe beû. » 

Lat., ncrtus. lÈaL, nerco. Genev., nierfe^ niarfc. Prov., 
ncruL Toul., ni'rii. Vx. fr., nier, ner. 

NiARGUER, V. tr., narguer, gouaiîler, persifler. 

Lat,, naris, Bas-lat-, naricus. Bourg., niarguai. Vx. fr., 
faire des nares. 

Pour narguer on contracte les narines. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALQNNAIS 283 

NifletI excl. nég., non, non! pas du touti Du vocabulaire 
des écoliers : « Ah! l'crais que j'vas t'en bailler? Nijletl a 
— Quelle origine trouver à ce mot? A Provins, on nomme 
niflettes de petites pâtisseries à la crème, et riijkt un 
gourmet. Il n*y a, là, aucun rapport avec notre négation, 
(V. Nixl) 

NiNE, s. et adj. f., naine, petite femme. 

Lat., nanus, Ital., nano. Berry, Genev. et Lyon^j rit/it. l*ic-, 
naintresse» Vx. fr., naine, 

NiNFiA, s. m., nénuphar. 

Lat., nymphœa, Ital., ninfca. Vx. fr., neufart. 

NiôcHE, adj., sot, niais, nigaud : (( 01 a ben été 11 dire 
Tafâre; ôl é prou nioche, ma fil )) Par une sorte de 
réduplicatif plaisant, on dit aussi : nionio. Un vieux pro- 
verbe disait : (( La nience de Chalon. » 

Ital., nldiace. Berry, nioche^ niole. Bourg., gnlùU', Urt^i^s. 
et Forez, nioche. Genev., niôquc. Jura, niauchv. Nomi,, nio, 
Prov., nisaicy nia le. Sav., nioehe. Suiss. r., nioku. Wall.» 
ninoche. Vx. fr., nyaiSy nic^. (V. Niquedouille .) 

NioÛD, et NÛD, s. m.', nœud : (( N'y a si gros nàd qu'on ne 
défasse. » 

Lat., nodiis. Ital., nodo. Berry, non, noud. Brei^s.^ nwud. 
Il.-V% neu. Lyon., non, nu. Morv., nou. Nam., nuk, Noim-^ 
nou, noue^ noud. Pic, nou. Prov., not^ no^ nous^ nount\ 
St-Am., /lô. Toul., nouscL Wall., nouk, Vx. fr., nca, nm, 
noud. 

Niql-edouille, s. m., simple, niais, imbécile : (t Ohl Tgrand 
niquedouille! ô n'sait tant s*ment ran dire! ïî 

Berry, niquedouille. Fland., nicdouille, Jura, niguedottifle, 
Lille, nicdoul. Morv. et Norm., niquedouille. Roiich., nique- 
doule. Saint., niquedoui/e. Suiss., niquedouille. Yodh., fï/m- 
douille. (V. Nioche.) 

N*iTOU, loc. adv., non plus : « Y a eim bal; ma, â cause de 

la Jaqueline, ô nVeut pas y aller. . . et moi n'iiou. » flou 

voulant dire: aussi, n'iïow est conséquemmnnt ; non iioa. 

Mieux vaut donc l'écrire n'itou que nitou, 

Norm., nitou^ nctou. l 



'«rr^* 



2HA LAXOAGE POPULAIRE VERDUNOCHALONNAIS 

NiuACE, a. m , nuage, nue, nuée, 
, Lat,, nnlx's. Ital., ntfbe. Bourg., rutalgc, nueige. Forez, 
tHollii* Lang., nioul, nicoid, niboul. Lyon., gnlola, Prov., 
niou^ nioul, iiloula. Rom., nlca, Toul., niboul, 

NiviAr, ^. m., niveau, égalité. 

Lat., llbelbi. Ital., Hrcllo. Guern., Vicet, Hairi., niciau. 
Pcov-, iiccJl, idccL Rouch., niclnu. Wall., lèoaû Vx. fr., 

Nixî pL Niscô! oxcl. nég. non! non pas! Le premier est la 
pmnonciation acloucie du nichtz allemand. 

Lat., Ht)'i. Ital., no. Bo irg., naûi. Morv., no. Pic, /lem, 
nale, na. Pi'ov., non. no. Vx. fr., nn/t. (V. Nijlet!) 

NoBLE> adj , fort, grand, mais presque toujours ironique et 
en mauvaise part. J'ai entendu une paysanne admonester 
se^ pouîcs en termes non équivoques : « Attends! nobles 
p. . ♦ î )) leur criait-elle, pour les empêcher de picorer dans 
\yi jardin et les faire rentrer. Ce singulier attends n'est 
point une faute; le pluriel attendez eût été beaucoup trop 
long pour l'impérieuse. 

NoNOSTAMT, prép., nonobstant, malgré. 

Lat., fio'iobstans. li^L, /ton ostante.Bevvy, nostant. Bourg., 
nonoi^tan. Bress., nostan. Vx. fr., non obstant. 

Nox PAS, loc. redondante : (C cor meti que non pas son 
freîre, )i 

Kùs, pron. pers., nous. N'est pas toujours employé. Vient 
plus volontiers au début de la phrase : « A^ôs v'ionsben. » 
Lat-, nos. Ital., noi. Bourg., no. Pic. et Prov., nos. Wall.i 
noises. Vx. fr., nus. (V. Je) 

Note, et NouTE, adj. poss., notre : (( Noute fonne; note 
fieu. )> 

Lat., nostev. Ital., nostro. Berry, noùie. Bourg., note. Il.-V» 
nù^ttrc. Mac, n*ton. Morv. et Norm., noute. Pic, no. Prov., 
no^lrc. Suisa. r., noutro. Vx. fr., nostro, nostrc, no. 

Nou^Vj s. f., source naturelle, rigole, et aussi prairie maré- 
cageuse. — Près de Chalon-sur-Saône, un peu plus loin 
que le village de Saint-Marcel {VHuhiliacus à l'église 



k'à^ miÉl 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 2S5 

fondée par Gontran et aux derniers jours d*Abélard) se 
trouve une maison de maître, entourée de ses fermes, et 
qui porte le nom de « Domaine de la Noué ». A Mon- 
tereau, une promenade sur la rive gauche de TYonne est 
appelée Les Noues, 
Bas-lat., noa, Norra., noe, noue. Vx. fr., noe. 

NouÉGE, s. f., neige : (( J'ons été pris; j'pouvions pas rentrer 
du marché : y avôt d'ia nouége pa dessur les saibots. ^ 
Lat., nix, Ital., neoc. Berry, neige mêlée de pluie (neige 
•pourrie). Bourg., nàge^ noige. Bress., nôge^ neze. Catal., ntit, 
Fr.-Cté, nolge^ nedge. Hain., nice. Isère, nei, olfa, Jura, na. 
Lira., néà, nevio, Lorr.j nadgc. Montr., nouage. Morv., tioïtùge, 
noige^ noue. Nam., ntve. Norm., ntge. Poit., nèpt*^ nire. 
Prov., neu, nieu, niex. Rom., nlcx. St-Am.. nese. Sav.» nâ. 
Toul., nèu. Wall., nicaie. Vx. fr., nolf, nei/\ negc, notgc. 

NouÉGER, V. intr., neiger : « Y é prou joli, quand on vouôt 
c'ment c*qui noué g en tout blanc dans les prés. » 

Lat., nlngcve. Ital., nccare. Hain., niver. Morv., Hoiijvt\ 
nouéger, nolser. Nam., nir^cr. Prov., nconr. Vx. fr.^ ncger, 
negier. 

NouÉL, s. m., Noëlf la fête et les cantiques. Ce mot se pro- 
nonce très rapidement, comme s'il était monosylliibique, 
Nau est aussi très usité, surtout dans les vieux Noëlft. 

Lat., naialis. Ital., natale. Berry, nonel, nctu, no. Bourg., 
noëi. Bress., nogé. Hain., noé. Lim., noclau. Mâc^ nocr, 
Mons., noèe, nouée. Morv., noè. Pic, noué. Prov-, nadol^ 
nadau, Rouch., noè. St-Am., notryè. Toul., nadaf^ nouei. 
Wall., noté. Vx. fr., nouel, noe, noueus. (V. Greàbe, Sekcfie.) 

NouÉL (chandelle de), dénomin. locale. Chandelle bariolée, 
multicolore, enjolivée de reliefs, que les femmes et les 
enfants portent et allument à la messe de minuit. Dans 
certains ménages, on en laissait toujours une neuve dans 
chaque chandelier, comme ornement sur la chemin^^e. 

Nouer, adj., noir, au fig. triste. 

Lat.. niger. Ital., nero. Bas-norm., nair. Bourg., noir^ 
noire (noirci). Mac, naï. Morv., nouer, nar. Prov., ncgro^ 
nier, ner. St-Am., nà. (V. Nouer te.) 



LÂHGAGI^ POPULAIRE VERDUNOCHALONNAIS 

NouÈRTE, adj,, fém. du précédent, noire. 

Lat., nifjra. liai., nera, Bas-norm. et ll.-V% nacre. Morv., 
nouàre^ nare^ Prov., niore^ norc, Rouch., noirte. St-Am., 
nâre. WalL, neùre, Vx. fr., noire. (V. Nouer.) 

NouvEÛLE, s. f., nouvelle : « Dis donc, sais-tu pas ben la 
nottveàie? La Dodiche, air se marie d*avou son boun 
aimi. j) 

Ital., noctilta. Bourg., nôcelle, neucéle. Bress., nocala. 
Daupb.» fioreUc. Lille, nouoielle. Lim., /toMoeZo. Lorr., nooéle. 
Mac, fiôcayle^ Morv., novelle. Prov.^ novella, nocelha,noela. 
Vx, ir.f nooele, nuoele, novelle. 

NouviAU, adj-, nouveau : « Eh! vouésin, y a du nouniau 
cheù vous? — Ben voui, ein gros p'tiot, si genti, vrâment 
ein anior d'î^n^^e. » 

Lat-, noûcUuii^ Ital., noccllo. Bas-norm., noiœiaou. Berry, 
nonctmr. Bourg», nôccà^ neuoiâ. Bress., nomo. Il.-V, noumau. 
Lim,, fiOH^^ek. Lorr.,/iooé. Pic, nouoiafi. Prov., nooell, nocelh, 
noel. St-Am,, noacé. Sav., nociau. Wall, noueiau. Vx. fr., 
noccie, nocûiîi^ nouolax, noucelei. 

N OVALE, adj., ttjrre novale, précédemmentenboisou pâquiers 
défrichés, et nouvellement rendue à la culture. 

NuN, pron. iiuléf., personne : « J'seû été cheû les Simon, 
j'ons triiiivé nun », ou « y avôt nun, )) 

Lat-, au UHHA, nullas. liai., wssuno, niuno. Bourg., /im/i, 
nttns. Bress., nton. Champ., nesua. Esp., niunr/uno. Forez, 
hfjtut^ lenijun. Lsère, nengun^ neiqun. Lang., negan^ nengiui^ 
ffetjtfft. Lorr. H nuson. Lyon., nujoa. Mac, nion^ nedlon. 
Montr,, /wqtUn^ nien^ nion. Morv., nu^ nun. Rom. neyan, 
ïiegHS^neiiS, dcngun, dengus. Sav., nion. Suiss. r., nion, gnion. 
Toul., deguH^ di'fjuno. Vx. fr., nuns, nesuuj nesung, nessune. 

Nylù, s. m,, œil : (( Eh! mon chat, j'avons donc babo à nos 
p*ii' Ly nijvU'^t-iu^eùxf )) (V. Œiuje, Ugot, Zieù.) 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAlS 287 







ô, pr. pers. m.,iJ. S'emploie devant une consonne : '(( G veinl; 
dm'dit; ô s'en va. » On entend parfois 6/ mais rarement. 
Saint., 0. (V. 6/, Ô/.) 

ô, etÔT, 3™® pers. s.indic. prés, du v. être : « 01 o vrâment 
bé brave. » — « Aile o^érivée qu'aile évôt mau. » S'emploie 
concurremment avec é. 
Bourg., a. Lorr., ot. Morv., ô. (V. É.) 

ÔBLi, s. m., oubli, négligence. 

Lat., oblitus, Ital.^ oblio, Morv., obli. Prov., ohttt. Vx. U\^ 
obli, oubly, 

ÔBLiANCE, s. f., manque de mémoire, à peu près synonyme 
du mot précédent. 

Ital. oblian^a. Prov., oblidansa. Yx. fr., obliance^ ou- 
hlience. 

ÔBLiE, s. f., oublie, cette petite pâtisserie mince et en cornet, 
que font tirer les marchandes de plaisir, et qui fait la joie 
des enfants. 

Bas-lat., oblata. Genev., oubli. Prov., oblia, Roucb,, ohUc. 
Vx. fr., oublèe. 

ÔBUER, V. tr , oublier, négliger. 

Lat., oblioisci, Ital., obiiave. Berry, obller, obcHer. Bourg*, 
obliai. Lim., aublidas, Morv., obliei\ obier, ouhier. Xorm,, 
obller, Prov., oblidar. Rouch., oblier, St-Am., ébki/é, Vx. fr., 
ublier^ oblier, oubly er. 

Obusëau, et Obuyau, s. m., amusette, jouet, joujou, à 
l'usage des enfants. 

Bress., obusau. Bourg., aubusiau. Morv., abuJoUe, aibùtoL 
Rouch., relusète, erlusète, relusoir. 

Obuser, et Obuyer, v. tr., amuser : « Y et eùn prope à pas 
grand'chouse; ô n'songe qu'à s'abuser. » 
Bourg., aubuaai, Bress., obuser. Dauph., amu^iè. Moatr-^ 



288 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

ottbuser. Morv., abti/cr, abuher. Rouch., reluser, rclusier, 
St*Am*, aht/cyé, animée, Vx. fr., abuser. (V. Ébuyer, Êmuser,) 

OcÂstoN, s. f., biisoin : (( J'ons d*la bé brave tèle; n'en av'ous 
pas ocâaion f » 

Lat,, oticasio. Ital,^ occasione. Genev., occasion. Prov., 
occa&to^ ochaim, udiaiso. Vx. fr., ochoison, achoison, ache- 
S0/I5 ocquoi&ùfi.* 

ŒuYE. s. m,, œîL On dit, assez grossièrement : « Pisser des 
œur/es n ponv : pleurer. 

Lat., ocalfts. Ital., occhio. Berry, yeu. Bourg., euUlc, 
Daiiph.» wu. Hain., oriail^ ouàle. Lim., et. Lorr., euye. Maine, 
ruH, Pf<3v., ûl, olh^ oiU, huet, huelh, uil. St-Am., su, Sav., 
jeu. Wall., aide. Vx. fr., otV, el, ieu, eu, ueil, icxy œil, œl, 
Œul, {V, Uilhtj Nycâ^ Zieii.) 

6rAR, et èFR[, part, du v. bfrî, offert. 
Bourg., ofar, 

ôfrI, V» tr,, offrir, présenter. 

Lat., ôffen-e. ItaK, offerirc. Dauph., vffrL Morv., euffri, 
ouJfrL Prov,, ufrir* Vx. fr., ouffrir. 

Ogres, s, m., orgues- 

Lat., oryaaum. Ital., organo. Fr.-Cté, ogres. Prov., orgue. 
Wall., ùre. Vx. fr., orgenes, orgres. 

OÏAU, OusiAu, etôsïÂ, s. m., oiseau. Un gas disait à une 
fille entreprenante : « T'sais prou chanter, bel oïau!.., 
ma, . • ïï Et il la plantait là. 

Lat., acis. Bas-Lit., ucellus. Ital., uccello. Aunis, osia, osa. 
Berry, oistna. Bourg., ougia, ousia, osea, oisea. Bress., 
ugeau^ Dauph,, u^en* Forez, usai. Hain., osiau. Il.-V", oisiau, 
soisoau^ ijasiau. Jura, ugè, ugeau, usai, usiau. Lim., ausèà, 
aasèoa. Lyon., sisiau. Mac, esiau. Montr., usieau. Morv., 
outau, ouïni. oûiu^ oujâ. Nam., oûja, Norm., aoias. Pic, 
i^usieu, oisîeu. Poit., nusea. Prov., oousseau, ousel. Rouch., 
osimi. St-Am., joadjë. Saint., ôsiâ. Sav., àjô, àgeau. Suiss. r., 
o^éj osi. TouL, atictèl. Vosg., ougè^ oujeix. Wall., ojeau, 
QBtati^ oàkiù, Vx, fr., oisel, aciaulx. 

ÔL, et ôli pron. person. m., il. S'emploie devant une voyelle : 
(t bl érivej ôl entre. )> 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS '-ÎH9 

Lat., ille. Ital., iL Berry, i, i. Morv., oL Prov., tV, iU. 
Saint., o, ol, ol è (cest). Wall., i, il. Vx. fr., <?/, il. 

Oliéte, s. f., œillette, tête de pavot blanc, dont ou fait de 
rhuile. Cette huile sert généralement pour les frituros, 
de préférence au saindoux. 
Lat., oleuni. Pic, oullctte, Rouch., oliète. Vx. ft*., olieite. 

Ombréte, s. f., ombrelle. 

Ital., ombrella, Genev., ombreé Ce. 

Ongue, s. m., ongle. 

Lat., unguis. Ital., unghia. Morv., onghi*. Pic.» ontjue. 
Prov., ongla, ungla. Saint., ongllc. Vx. fp., uiiglc. 

Onque, s m., oncle. 

Lat., avu/iculus. Morv., onkhC. Prov., oncle, aconcle. Vx, 
fr., uncle. (V.' Tonton.) 

0ns (j'), et j'AvoNS, 1'® pers. pi. du prés, du v. aoouér, nous 
avons. 
BoMTg.j'aioons. II. - V, /'o^s. 

Opétit, et Op'tit, s. m., appétit. 

Lat., appetitus. Ital., appetiio. Bourg., aapcti, Breaa.» 
opeti. Dauph., apeti. Lim., opcti. Prov., appétit, apfCit. Vx. 
fr., apetit. (V. Épetit.) 

Opôser, v. tr., empêcher; mais, ici, employé iiitransiti- 
veraent : « Te crais qu' t'es l*pus fort; n'opôse que j'tfi 
flanquerai eùne raclée. » 
Lat., opponeve. Ital., opporve. Vx. fp., oposer. 

Oquéle, s. f., difficulté, discussion, paroles : « Oh! v'ià ben 
des oquéles pou ran! » 
Lat. et ital., loquela. Jura, oquel. 

ÔR, s. m., or, richesse. 

Lat., auvuni. Ital., oro. Bourg., ô. Prov., aur. St-Am., eà. 
Vx. fr., aur. 

Oragan, s. m., ouragan. 

Ital., oragano. Genev., oragan. Vx. fr., houragan. 

Orde, s. m., ordre : (( 01 é ben planté d*avou sa bêle; alT 
n'a pas à! orde pou deux yards. » 



ââO LANGAGE POPULAIRE VERDUNC-CHALONNAIS 

Lat., oriio. Ital., ordine, Berry, ovde. Bourg., odre. 
Morv,, orde^ ordon (rangée). Prov. , horde, orde, orden. 
Saint., ordc, Vx. fr., ordre. 

OftGELÔT, s. m., orgelet, petite tumeur au bord des paupières, 
etqu'oiiapp*>Ue vulgairement : compère loriot, graind'orge. 
Morv., orifClûL Wall.^ oriou. 

Optr^ES (faire ses), loc., faire finement ses affaires, tirer bon 
parti d*une chose. Pareille formule est usitée en Lorraine 
et autres lieux, — Cette locution en a une autre pour 
cons(5quence : c'est quand on a (( fait ses orges » qu'on a 
{i du foin dans ses bottes ». 

Lat,, hordetim, Ital., or.::o, Prov., ordL Wall., woig. 
Vx. fr., or(ft^. 

t 

OniLLE, s, f., oreille : ((On en a prou dit su toué, va; les 
orille^ ont du t* seûner. » 

Lat., aftris, aarlcula, Ital., orecchia. Bas-norm., ollière. 
Bourg., orailU', orollle, airoaillc, airoille. Lim., ôrelio^ 
àarèîlio. Loir.j araillc, èràj/e. Morv., aireille, cille. Norm., 
aitUèrc. Pic-, areille^ airclc^ éraile^ èreille. Prov., aurelha. 
JSt-Aiii., ourchje. Vosg., airaillc. Vx. fr., aureille, orille, 
orellc, oroiîlc, aroillc. 

Griller, s. m., oreiller. 

Jtal,, origucrc. Bourg., orilUer. Morv., orlllè. Prov., an- 
rclhicr. Wall.T orillcr. Vx. fr., orillicr, orillcr, oreiller. 
(V. THeA 

OnioT> s?, m,, loriot. Notre patois, plus près de la source, a 
couserv('' la [orme pure, le / n'étant que l'article incorrec- 
toment agglutiné avec le substantif (l'oriot). On verra 
plusieurH mois dans ce cas. 

Lat , aareoins. Ital., rigogolo. Berry, louriou. Bourg., 
oriô. Genev,, oriot, oriol, ourioii. Montr., oriot. Pic, uriot, 
Prov., aur'ioL Wall., orimiel. Vx. fr., oriox, oriou, euriels, 
Icuricul (compère-loriot.) 

Orjû, s. m,, feu-follet. Longtemps on a cru que ces exha- 
laisons des cimetières étaient les âmes des trépassés. 
Montr., ùî'jae. (V. Clâ.) 

6rler, V. tr., ourler. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 291 

Itail., orlare. Bonvg , orlal. Morv., orler, Prov,, orlar, 
Toul., ourela, Vx. fr., orlcr. 

Orlot, s. m., ourlet. 

Lat., orula, Ital., orlo. Berry, Bourg, et Champ., ork. 
Forez, or Ion. Morv., or le, Toul., ourél. Vx. f^, urlv^ ur^ 
or le . 

Ormiau, s. m., orme, ormeau. 

Lat., ulnius. Ital., olmo. Berry, ormiau. Bouriç-^ ormea. 
Gasc, ourme. Il.-V% ormiau. Marne, ourmcl. Norm.* 
ourme, ourmet. Poit., ou ma. Prov., olmc, olm , Rouch,, 
ourme. Saint., ourmiâ, Toul., own), ourm. WalL* hommiau. 
Vx. fr., oume, oulme. 

Ormise, s. f., remise, hangar pour les provisions, les che- 
vaux, les voitures. 
Morv., ormise. 

Ormoire, s. m., armoire : « Son ormoire, ôl é plein de 
linge. » C'est là un des luxes de la province. 

Lat , armariuni. Ital., armario. Anjou, ormotfère, Herfy, 
ormoire, armoire. Bourg., ormoire, ormaire, omeUlv, ortneh. 
Champ., aumoirc. Esp., armario. Fr.-Cté^ aurmolri\ au^ 
rcmare. Lim , èj/mâri. Lorr., ame/7c. Midi, ormoire. Morv., 
ormouùre. Pic, ormère. Prov., armari. Roucli-, amure, 
oincre. Wall., ormoire. Vx. fr., almarie, armarie^ atunairc^ 
aumoire. • 

Ortillons, s. m , doigts des pieds, le gros surtout. Peut 
passer pour un diminutif d'orteil. 

Ital., aril(jlio. Berry, oriè,artl', artoul^ortignoUe. Da^jph.j 
arùou. Douai, orto. Forez, artijo. Genev., orieuilj attvtnl^ 
artieu. Hain., arioille. Il.-V', ortal, orta. Lyon et Mi4î, 
artcil. Pic, ortifu. Prov., arteil. Rouch., artoii. Sav.^ 
artaj/. Wall., ortoil, ôrtia. Vx. fr.^ ortel^ ortil, arteil^ oriaif,/:, 
(V. Ariô ) 

ôselot, s. m., oiselet, petit oiseau. Diminutif d'oit^eL Litiré 
cite un diminutif non latin : avicellas. 

Bas-lat., aucellus. Ital., ucccllino. Rouch., oadot, ost^laL 
Vx. fr., oj/selct, oisclon. 

OîiÈKE, s. f., oseraie, lieu planté d'osiers. 

Bas-lat., 06a/ w. Berry, ouiscrie. Morv., ou^icrc. HoucIk, 



s 



293 LANGAGE I^OPULMRE VEKDUNO-CHALONNAIS 

aslèrr, WaiL, nsU^ osièrc (rosier mùtne). Vx,,éjen, o^praic^ 

OsTLLE, S. L» oseille : c( Quand ail' vous parb» on dirôl 
qu'ail' veint d*miger ^''Vosille. » 

Lat., oxaîiij, ItaL, nvetoAa. Moi^v, et Poit., outille* Sui38* 
r*. salctia. Yx. fc, o^cilfc. 

OsTiNÉ, adji, entité ; (t N'naen parlez 'pas; j'n'én pouvons 
ran fâre. Y él ciin ofitinê du diûbe* >^ 
LaL, ùisti'nttftfii. ItaL, osfuutio, Roucli. f?l Vx. fp., ostiav. 

O-îTiNERj V. tr.j f'ïinuyer, contrarier, tourmenter : i( Là là! 
qu*ô Tn'ofl^f/?e donc! u — La forrno réfléchie restreint ses 
acceptions â s'obstiner, s'entêter. 

Lat., o^'stinorv. IlaL, ostinarc. Prov., obstinar, Vx. fr,, 
astiner, 

èr, terminaison fait) de lu 3"i« pers. du sing. de rimpîirfait; 
" fesfy/, (M allo^ ô veno/, » etc. S'applique à ce temps 
de tous Ij's verbr?s. Certains verbes lorrains ont aussi cette 
terminaison, (it JVoyo* qu^al* H boutiô^, . . •») 

OucHEs, s f,, entailles, crénelnres faites sur un double 
morceau de bois (à Tinî^tar des boulangttrs}, pour marquer 
les denrées prises k crédit. (ïn marque de cette fa^^on le 
nombre des verres d*cau que les buveurs absorbent à 
Santenay, D'autres en tii^ti Tient compte ii l'aide de petits 
cailloux posés sur la table, près du vase. 

Brefts. ^ihyon.^ ottchc. Montr., i^ianie. Morv., fuer'ftte, 
Norm-, OL'hc. (Y. Paiara.) 

OuÉë, s* f., oie : (( Veins-tu d'avouV J*votis porter à note 
dame Vouée A'\3. Saint-Martin, h 

Bas-lat,, auca. ItaL, oca* Berry, ocho. Morv,, oaè, Nani., 
auœe. TouL, auc^ attffiio^ aur/ucto. ^ValL , dire. Vx. fr., 
autcCt oe, oue^oijejiojjts. <V, Ùf/on.) 

OiiGNïON, s. m , oignon. 

Lat,, jfnio. Morv,, oufjnlùn, Prov-, tdgnofif tt^non, St-Âm., 
j^Cftifort^ Vx. fr,^ oingnont onQuon. 

Quiche! particule exclamative, oui! bah! Ne s'emploie 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAl^ 293 

qu'ironiquement et négativement. Se dit concurremment 
avec vouiche. Affaire d'euphonie. 
Norm . , ouiche ! (V . Vouiche . ) 

OÙLE, s. f., marmite, vase en terre, dans lequel se font la 
soupe, les gaudes, etc. 

Lat. et Ital., oÙa, Berry, oulle, Rourg., o/e, oalo. Bress., 
eule. Dauph., oulc^ àla. Forez, oula, ouleta, oulla. Fr.-Cté, 
eulâ. Guern., houle, Lang., oulo, oula. Lyon., nlla. Mac, 
ouïe. Morv.. toulc, toulon. Poil., oulle, ouille. Prov., oulo, 
oula. Rom., okt. Suiss. r., eulu, olla, oullha. Toul., oulo. 
Vx. fr., oie y olle, ouïe, oillc. 

OuvÀRTURE, s. f., ouverture. 

Ital., apertura. Bourg., ocâture. Prov ., uberùi m. Yx: fr., 
ouverture. 

OuvERiER, et OuvREi, S. m., ouvrier. 

hB.t. y operarius. Ital., opernjo. Bourg., oucrai, ôcrei (les 
vignerons appellent leur femme : note ôcrcire). Cogn., occricr. 
Morv., oucvè. Poit., outré, -rc (jeune garçon, — fille). Prov., 
obrier. Rom., ohria. Rouch., oucèrier, St-Ara., oucri. 
Wall., oucerier. Vx. fr., ocercr, ocrler, ooerier. 

OuvERiER (jour), s. composé m., jour ouvrable, où Ton peut 
ouvrer. (V. ce dernier mot.) 
Lim.^j'ourbrau. Sav., ^enovrà. Wall., ouorant. 

Ouvrage, et ôvrâge, s. f., ouvrage : « De la bêle, de la 
bonne ouvrage, » 

Lat., o/>as. Ital., o/)era. Berry, ooraige. Bourg., oeraige^ 
oucrai(/e. Prov ., obrqt g e.Tonl., obro. Wall., ooré. Vx. fr., 
ouoraige. 

Ouvrer, v. intr., travailler. 

Lat., operari. Ital., operarc. Boiyg. et Lille, ocrât. Prov., 
obrar. Vx. fr., ocrer, ouvrer, œuvrer. 

OuvRÎ, V. tr., ouvrir. 

Lat., aperire Ital. aprire. Berry, ovrir. Bourg , ôvri. 
UèiG., uvri.Montt., ucrir. Prov.. ubrir, obrir. Wall., ovri. 
Vx. fr., ucrir, uverir, ocrir, olvrir, aubrir. 

OuvRi, part, d'oarri, ouvert : « Y é trop tôt por entrer; y é 
pa ouvri. » 



294 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Lat., aperius. Ital.., aperto. Berry, ocri. Bourg., ocar. 
Brefïji, et Dâuph.^ ncrl. Fr-Cté et Morv., oncrl, Sav., icri. 
Vx. fp., anhri, eUi. (V. le mot précédent.) 

6yon, s» m.» oison. Ou ne se gône pas pour donner ce nom 
aux gens simples : « Te n'coinprends pasc'qui? Y éportant 
pas déficile... Oi/on. va! » 

Herry, oifion, ochon, otjon. Bourg., ô:son, Bress., 0//0/1, 
eujon. Jura, OiiiUon. Lorr., onsson, oulUoii. Montr., oyon. 
Morv.i oàtûn, oujon, ouiotte. Pic, cuson. Rouch., oson. 
Suiss, r.j onhkj oukion.Vx. îv.,oijr, oijon, oj/son. (Y.Ouèé.) 



PÂ, adv. Ti(?g., pas : « O n*é pà tant s'ment m'nu au 
dVant d'î^on onque. » 
Bourg., ^îtK Mic/îo. Prov.,/)(7S. Rouch., /)a. Vx. fr.,/)a5. 

Pà, s, f , paix, sikmce : « Voyons, galopin, fiche-me eùn 
p*ch6 la pâ! » 

Lat ,pax. ItaL, pace. Bourg., pat, poi. Lorr. et Morv., 
pu Pi^v*,/>«i% pnt^. St-Am., pè. Vosg., pa. Wall., pâle, 
panie. Vx. fj^^ pais, pcs, pc^. (V. Ràiiote.) 

PÀCOT, S. m., boue, nrotte; au fig. embarras : « D'avou tous 
ses micmacs, A s'è inétu dans Vpdcot jeiasque au cou. » 
Genev*, paro. 

PADOue, s. TU., p?ulfni, ruban mi-fil et'nii-soie : « La p'tiote 
a éié m^qu'ri du padouë pou border ma mante. » 
Koim.^ padouo{îèm.). Vx. îv., padoue. 

PÀDRËAU» S- 111., perdreau, jeune perdrix. 

ItaL, pf'rnicioitiK Berry, perdriau^ pardriau, pardrljaa. 
Morv., padvimn. Pi-ov., pcrdirjal, pcrdifjo. TouL, pcrdiyaL 
Vx. fi\. perdrifitt, pvrtriscati , 

Pàdki, s. f., pordiix. 

\/^i., pvrdi^r. \U\\., pcrnici. Houvg., pdîd fi, podrij. 11. -V% 
pt'tfrîj' pvrdvrij\ Mui'v., padri. Piov. perdiU. St-Am., pcdri. 
yÇi\\\.,pcrU'i^ pi (ri, Vx, !>., pcrdrls, pertrlx, plctris. 



.^v^S^IÉ^ 



1 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALOMNAlS 295 

Pafe, adj., gris, ivre : « Vrâ, ôl en pren-t-i, tVcm gètes ô 
pi d'ces gôtesl Aussi, drès Tmaiin, ôl é pafp, h 
Genev., pafe, Vx. fp., paf. 

Pafouiller, V. intr., bavarder, causer beaucoup, causer 
trop, sans rien dire de sérieux, et aussi s "ex primeur d*uue 
manière confuse. ' 

Pagane (en), loc, en pagaie, pèle mêle, terme de marine 
fluviale : (( Toué, pô côrî, te laiss' tout ton cheû-^ous en 
pagane. » J'ai aussi entendu prononcer : en pngaiile^ 

Pagnié, s. m. , panier. 

hait,, panarium. Ital., panière. Berry, pcfjnti\ pêmcr^ pmè. 
Bourg,, penei, L\m.^ ponié. Lorr ^pegni, Prov.^ponivr. Sav-, 
caoé. Vx. îr,, penriicf\ pannier. (V. Pagniàrc, Penvi.) 

Pagnière, s. f., corbeille en osier, plus grande et plus 
évasée que le pagnié, dont elle est devenue le féminin. 
C'est généralement dans la pagnière que les villageoises 
apportent leurs marchandises au marché. 
Bress., panire, Genev. et llouch,, panière. 

Paillôt, s. m., balle, enveloppe des grains. 
Mory,, paillote halot, boujjfe. 

Paillote, s. f., paille des épis du maïs. Sert à remplir les 
paillasses, et quelquefois des matelas. (V. PanoutUe.) 

Paipié, s. m., papier : « Lep'tiot, ô sait d'jà lire en paîpié 
(lire récriture). » 
Ang\,, paper. Bourg., paipiè, MèiC,, papL 

Paire, s. m., un paire : (( J'm'é écheté un paire de bas, t^t 
un paire de saibots. » 

Lim., povèi, Mac, èpairc, Poit., un pareil de sabots. 
^dXni,, paire, Toulon ., /)arc/. Vx. iv., paire. 

Palanche, s. f., perche, levier. 

Lsit,, palanca, Montr., palanche. TouL, pilaneo (planche 
à passer un ruisseau). Vx. h., palangue, 

Paléte, s. f., petite pelle, et battoir des laveuses, avec lequel 
elles battent le linge sur leur selle. 
MhX,, palet ta. Morv., /)a/e^^e (dent incisive). \^Qïm . ^ pahnte 



2BÛ LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

((*elle â feu), l^oit., palpite, Prov., paleta. Reims, palette 
(pelle â feu). Vx. fr., paellettc. 

Palfeurmier, s, m., palefrenier. ' 

Rouch,, paijermier, WaU.^ palfurni, Vx. fr., palefrenier. 

Paltsse, s, f,^ haie, palissade vive. 

Baa-lat.. pallclum, Ital., palissata, Berry, palisse. Poit. 
palisse, palUson. Rom., pâlira. Saint., palisse, Vx. fr., 
palis, pnUis, paslis. (V. Bouchurê, Plessis,) 

PampiVon, 3. m. papillon. 

Lût., papiliù. Ital., parpaglione. Art., pitolct, Berry, 
parpiîhn. Bourg., parpaillon. Bress. y parpillon. Dauph., 
parpaillon. Forez, parpaillon. Genev., parpillon, H"-Auv., 
parpalU/ior. him . , parpoillau, parpoliô. Mory., panpillon, 
prtrpotiilhn. Poit., parpion^ parpaion. Prov., parpalhoun, 
Roui.^ parpalho, parpalhoL St-Am., parpelyon. Wall., 
patcion, Vx. h. ^ paoeillon^ parpaillon, papillot. 

PahàSi et Panes, s. m., vieux linges^ vieux vêtements, tor- 
chons, chiffons. 

Lat*, pafin.HR. Ital., pannaccio. Forez, pana, pana (essuyer). 
Lille, pana (benêt). Lyon., pananian (éssuie-main). MAc, 
patificmain (esîïuie-niain). Morv., ponais. Norm., pannas (plu- 
meau). Vx. t'p.,/3a/me, /)a/mcmat/i (essuie-main). (V. Paniaux, 
Pates^ Pièces i Panosse,) 

Pancher, V. tr., fipancher, répandre : « 01 a. j)anché tout son 
siau parterre, » Se dit aussi pour : Satisfaire un petit 
besoin nalLireî. L*ivrogne sort du cabaret pour pancher 
de Teau. 

Lat., expandere, Ital., spandere. Bourg., èpainchai. Genev., 
pancher iVcaa, Montr., pu sshir, Morv., èpinchcr» Vx. fr., 
espancher. (V. Lâcher.) 

Panée, s. f., panade, soupe qu'on prépare volontiers pour 
les enfants. 

Ital., panata. Berry, panée, panache. Éourg., painaide. 
Prov,, pan^ada. (V. Papète, Papoute.) 

PaniauXj et Pan-niâs, s. m., haillons, vieux vêtements: 
« Aile é bra<]ue, ma fî! aircôrt les rues en paniaux. » 

Lat., pannas. Ital., pannaccio. Bourg., pannô. Vx. fr., 
f^neati;r, (V, Panas, Panosse, Pattes, Pièces.) 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO G H ALUN NAIS 297 

Panichets, Panissets, et Panechats, s. m., feuilles qui 
forment Ten vélo ppe de la grappe de maïs, et quon enlève 
en échai liant. 
Bress., panichet. Montr., pannUscL (V* Echallitis.) 

Panosse^ s. f., vieux linge, mauvais chiffon, torchon, 

Bug., panoce. Forez, panoussa. Fi'.-Cti-, ftanoa^dv. Genev^, 
panasse, Lyon., paaoussa, pcmnosse. Montr., pnnno-i&t*. 
Prov., paaoucha, panouchon. Sulss. r., pannoéàa, (V. Paaaê^ 
Partiaux.) 

Panosse, s. f., personne paresseuse, mollasse, snna caniûtûre: 
(( Que grande panosse! a' n*ficiie ran tout Tlong du jor, » 
— (( Jacot travaille, lu; ma. toué. feignant, t'né qu'eimc 
vieille panosse, » C'est racception figurôe du mot pré- 
cédent. • 
Sav., panossa. \x. h»^ panosseux (fainéant, d(.'gaeniïlti). 

Panouille, Penouille, et Paneillk, s. f., grappe de maïs 
mûre. Le paysan a parfois abondance de mois. 

\idX., paniiocJda, Autun., p(i/iouiUt\ Cogn. , paniîuille* 
Montr., pennoullle. Poit., penouille (tige), pt'noft (épi égrapé). 
(V. Paillote.) 

Panouillon, et Penouillon, s. m., grappe de maïs r^ui n'a 
que quelques grains mal venus, ou qui n'a pu mûrir, 
Dimin. de Panouille, 

Panserôt, s. m., abdomen saillant. Tout naturellement 
diminutif de panse. 

Lat., pantex. Ital., pancia. Bourg.^ pa/isero. Montr, j 
pansereau. Pic, panche. Prov., pan$a^ pan;/a, Vx, fi'., 
pance, panche. 

Pansoû, s. m., pansu, gourmand, biberon, 
Genev., panfu, Morv., pansou. 

Pantet, s. m., pan de chemise qui sort de la culotte, parti- 
culièrement de celle des enfants : « L'toquél 6 Disait pu 
c'qu'ô fait; ô veint de s'preùmner tout en pantet! ») — Un 
grand-père v^dunois du commencement du siècle déam- 
bulait gravement en chemise, les malins d'été, dans son 
jardin. Il appelait cela « se promener en robe de chambre 
de grenadier. » 

35 



298 LANGAGE POPULAIRE VEBDUNO-CHALONNAIS 

Bourg., panne (en pannâ^ en chemise). Fr.-Cté, Genev* et 
Jura, pantet. 

Pantion, s. m., chiffon, morceau de mauraîse étoffe; 
a Que quV voux que j*fasse de tous ces ch'ii^ ^aniiùnsf » 
(V. Panâê^ etej 

PapetEj s. f., soupe pour les enfante, bouillie. 

heny^ pèpi'Ue. Bonrg.^ papote, papa. Daupb., pnpei. Fr.- 
Cté| paipcL Genev., papeU papatte. Pic,, p^peite^ Roucb,, 
papin. To\xL, papeL Wall., pape. (V. Panèe^ Papoute.) 

Papon, s. m., poupon, expression enlantine. 
Morv., papon. (V. Papànaau.) 

Papcîïne, s. f., poupée. Considéré comme fém, de papon, 
Mofv. ^ paponne- fV, PHpôneau^ PapounôL) 

Pap6neaUi et Papounëat:, s, m., personnage dessiné, gravé, 
émaillé, sculpté , ou découpé : ff V'ià d'jolis paponeatix 
dans c* cadre, i) — \^ J'ii ai baillé pu ne vieille aissiéte où y 
avèt des paphneaux. »> — i) Vous savez ben, son ormoire 
avec des papàneaitœ taillés d'ssus. « Dimin. de papon. 
(V, Papoitnoi.] 

Papounôt, s. m., synon. de IMponeaUt mais pris dans uû 
sens péjoratif. Statue grossière taillée au couteau, dessin 
informe : « C'marmot-là, à récrie, au Heur d'étudier, à 
fait des papQunots su tous ses liv'es, » (V. Paponeau.) 

Papoutë, et PoupouTE, s. f., soupe d'enfants : « Allons, 
p'tiot, y é temps; veins raïger la papauté. » 

B^rry, papouie, papoue. Bouri^., papote. Champ,, papoufe. 
Fland-, /)£i/Jtn, Fov&'i^papa. Gejiçv .^ papot, papote. H^'-Âuv., 
papa. Movv . f papauté . Saint.^ /joa/îo«* (V. Panèc, Papète.) 

Pàqoïers, et Pàquers, s. m., pâquis, pâturages qui étaient 
autrefois des bois, et dont la qualité est médiocre < 

\.hi,, pascere. Ital , pasvolo. "Biywvg.^ pàquei.paqiicLlJiT^^i 
pûqiii. Moty.^ pdqins. Vx, fr., partis . 

Pkn, s. f., part, portion, morceau. 

Lat,, pars, Itah, parte. Bourg,, pa. Prov. et Vx, fr., 
part. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 299 

Parai, s. f., cloison, muraille. Corruption de paroi. 

Lsit. y paries, Ital., parete, Bress., paray. Forez, parcy, 
Montr., /)oirat. Morv,, parié, Norm., /)arc:, paroit, Prov., 
paret. Wall., pareuse, parcuie. Vx. fr., pareit^ parci^^ 
paroy, parai. (V. Poiré,) 

Paraisso, part., paru. 

Morv., paraissu^ pairaissu, 

Parapel, s. m., parapet. 

Lat. ^ parare pectus . Ital . ,parapeUo, Berry, par/jet (estomac), 
Genev., Wall, et Vx. fr., parapel. 

Par après, loc. adv., ensuite. 

Berry et Norm., /)ar a/)rès. Prov., en après. Vx fr., en 
après, par après, 

Parasine, et Parésine, s. f., poîx-résine. Parasine n'em- 
pêche pB.spouége, (V. ce dernier mot.) 
Rouch., poix-rasine, 

Parcer, V. tr., percer. 

Lat., percidere. Ital., pertugiarc. Bourg., parce, Morv., 
porcer. Pic, percher j puter. Prov., pertusar, Vx. fr.^ pei*- 
cier, 

PifcRCERÉTE, et Percerôte, S. f., vrillc, foret. 

Genev., /)erce^, percerette Marne, peroe^^c. Montr., per- 
ccrette. Mov\ , y porçou , Norm. et Poit., /)erce^^e. 

P arche, s. f., perche, long brin de bois, soutien d*un jeune 

arbre, d'une plante. 
Lat. et Ital., pertica, Berry, Bourg, et Mac., pctrche. 
' MovY,, parce, Prov,, pergua, perga, perja. St-Am., parse. 

Wall. piss. Vx. fr., perche, parcke. 

Parchie, s. f., perchée, ce qui tient sur une perche. Perchée 
d'oiseaux, d'herbe, etc. 
Morv., perchie, 

Parde, V. tr., perdre. 

Lat. et Ital., perdcre. Berry. parde. Bourg,, padre, paitlr 
pardrc, MêiO., predrc.yiorv. y parde, Ptov ,, perdre. Sl-Ani,^ 
padre, Wall.,/>tcrf. Vx. iv.^ perdre. 

Pardié! Pardine! et Pardiènl:! excl., pardieu! Jiimn 



300 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

affirmât! f familier à toutes les classes. Ces trois formes 
s*eni ploient indistmctement. 
Bourg. , pufk't! Vx , f r. , par Dé! par Dieu ! 

Pardouner, V* tr.j pardonner. 

Lat,s pardonarv. Ital., pcrdonarc, Morv., pairdouner 
Prov., perdonar, Vx. h., pcrdnner, parduiner, perdoner, 

Pare, Père, et Peire, s. m., père. 

Lat,^ paicr. Ital., padre. Bourg., peire, Bress., porc. 
I)a.\iYih., pare. Lim., pài. Morv., pèc, poupa, Prov., paire, 
paf/re, S^Y, , pân\ Vx. ir.^pedre, père. 

Pare GRAND, s. m,, grand-père. Inversion très familière 
chez nous* 
"Bowfg^, peirn-yran, (V. Grand.) 

Parjure, s. f-, gageure, pari : « TTain-mes tant que t'vas 
côriJa vouer: j'l*en fais iupariùre. )) 
Fr,-Ct^, Geuev. et Lyon.y par lare. 

Parler a, loc. d'un sens bien local, fréquenter, faire sa 
cour : (( Toinol parle à la Jean-néte; jVouérons ben si ô 
la cUniande, à la Im des fins. » 

BQvry y paler^ palier. Bourg., palai, pairollai. Lille, parler 
à. Mûpv., pàfer, pairler. Norm. et Pic, paroler. Prov.$ 
parlrr. Wall., parlé ti, paûrlâ. Vx. fr., paroler^ parler. 

Parleuhe, s. f,j parlerie, parlage, babillage. 

Bourg- , /3ar///rc Mqïv . , pairleinciit . Poit., parlange. Prov., 
pariaria. Saint,, parlnrc. Vx. îv., parlerie. 

Parlisse (que j'), ParlÎt (qu'ô), subj., que je parlasse, qu'il 
parhlt : fi Y érôl donc folu que Yparlisse à c't houme? 
J*érôs élé ben emp6chée. » 

Parméte, V, ir., permettre. 

Lat.. permittcrG^ Ital., per mettere . Bourg., parmetre, par- 
maître. Vx- ïe.^ per/iteftre. 

Parmetlt, part, de parméte, permis. 
]\GVTy^ permcitu. Bouvg., par maitéu. 

ParVleùê, s. m., parapluie. 

Genev .^ parepliue. (V. Parasol.) 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 301 

Parsî, s. m., persil. 

Lat., petroselinuni. lisl , ^ pctroscllino . Berry, parsi. Bourg., 
piarsi. Fland., ;)ersm. Mov\ , , piarsi . Norm. et Pic, /)c'/-sm. 
Suiss. r., picrrassct^ pierrosset, Wall., plc3:;iii. Vx. fr., 
pierresill^ persin. 

Par'sol, s. m., parasol. 

Jtal., /)ara.so/e. Genev., parcsp/ (Y . Par'pleûe.) 

Parsône, etPARSOUNE, s. f., personne. 

Lat. et ) tal . , /)erso/ia . Berry, par sou ne. Bourg., par sonne, 
porsènc. Morv,, parsonc. Prov., persona, St-Am., pechêna, 
Sav., parsena, Vx. fr., persone. 

Par'vent, s. m., paravent. 

Ital., paravento . Genev., parecent. 

Pas, s. m., marche d'escalier. Le pas de la porte : « Peùrnez 
garde, la boune mare ; por entrer, y a cùn pas. » 

La,t. . passus. ha.\.y passo. Guevn., pas d'us (seuil). Mopv. , 
Norm., Prov. et Vx. fr., pas. 

Pàsque, contraction de la loc. conjonct. parce que. 
St-Am., prequà. (V. A cause que.) 

Passée, s. f., trou, passage pratiqué dans une haie: « T'voués 
la passée; les p'tiots s'fouront par là por picorer. » 

Berry, Morv., Norm. et Poit., passée. Suiss. r., passaira, 
passiau (échelle pour franchir une haie). Vx. fr., passée. 

Passer, v. tr., achever, terminer : « J'poux ben côrî m*obuyer 
eiu p'chô; j'ai passé ma Tçon. » 

Ital., passare. Cogn., passer. Midi, passer un livre. Prov. 
et Vx. fv . y passar . 

Passera, s. m., passereau, moineau. 

Ldit., passer. Ital. passera. Berry, passe, prase. Brcss. et 
Montr., />«s.sera. Sav., /jdsséra. (V. TiiH.) 

Passerôte, s. f., passoire. 
Fr.-Cté, passerotle. 

P'assez, loc. adv., contraction de : pas assez : (( J'ai ben 
faim de sôpe; te n'm'en baille jo'a.9se^. » 

Patàche, adj., féni. de patachou (au lieu de patachouse, 



I 



302 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

peu usité), femine mal tenue, sans tournure, et parfois de 
mœurs équivoques : u Quand tVoux t'preùmener, n'vas 
donc pas d'avou c'te patdche. » 
llal.,paiacchiaAy^ Patachoû.) 

I'atâcuoù, adj. m. et parEois subst., homme sans beaucoup 
de conduite, qui boit trop fréquemment, et court la ville 
et les chemins i h Que v*tu! ô travaille deux jôrs par 
semai n-iie, é peu, drès qu'ôl é payé, ô s'en va bouére ça 
qu\M a gangné;. . . u y é ran qu'eùn patachoû. » 
Mot'v., palachûti. (V. Patache.) 

pATAiLLE, adj», bavarde, cancanière : « Si vos v'iez l'acouter, 
air vos en dira, lupataille! 

Pataler, V, intr., galoper. Se dit surtout d*un cheval qui va 
grand train» Notre patois a peu de mots plus expressifs que 
eo verbe, qui fait entendre le bruit rapide des quatre pieds 
du coureur, C'est uu peu le quadrupedanté putrem., . — 
Sigimlons, en passant, une étymologie fantaisiste et naïve 
d'une vieille verdunoisc : (( On dit coume ça pasque, 
quand le ch'vau pniale^ en entend ses paie' aller, » (Cela 
rappelle rétymologie de pantalon, ainsi nommé parce qu'il 
pend sur le talon, et autres de cette force.) Pataler se dit 
aussi d'un entant qui court en frappant fort des pieds. 

Jura, palater (courir bruyamment). Norm., patarë, Vx. fr. » 
pèéiilvr. 

Patapouf, adj., honime lourd, corpulent : « Ton lichoû 
d'vou^^sin, y él ein gr^s patapouf. )) 
Rouch., patotff, pntnpotif. 

pATÂE, s* m., palard, monnaie ancienne valant environ cinq 
liards : « D'tîi poche de la jôrnée, j'n'en baillerô pas tant 
s'nient ein paiât\ » 

ItaL., ptUacco. Liik, patdr. Prov., patac. Wall., patdr. 
Yx. fr., pidari, pactat\ pastar. 

Patabâ, s, m,, vase ou pot, contenant une certaine quantité 
de liquide, et qu'à Bnnienay Ton remplit de l'eau laxative 
que les amateurs y vont boire. (V. Gâches.) 

l*ATAm>u, s. nu, embarras, préoccupation mouvementée. 



■irV*^-^'- '- 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS *J03 

Être, se mettre en patarou, remuer, ranger, mettre en 
ordre chez soi pour les préparatifs d'une réception, etc. : 
« Y é donc ben grand'féte cheû Tgros, qu'ôl é dans tous 
ses patarous f 
Bourg., Jura et Morv., patarou, 

PÂTE, s. f., chiffon, morceau de linge, neuf ou vieux. Un 
confesseur grognon, qui n'aimait pas à confesser les 
femmes (?), renvoyait toutes celles qui venaient à lui, 
en leur disant : « Allez -vous en, têtes de pàien! ^ Par là 
il faisait allusion à leur cale, ou bonnet de linge. Dans les 
jardins, près des endroits boisés et humides, on fait dus 
feux de pâtes pour se défendre contre les cousins; raai:^, 
en étouffant ces bestioles piquantes, on s'asphyxie à moitié 
soi-même. 

Bourg., patte. Bress., patte. Dauph., paéa, Foiez, paia. 
patte^ petas. Fr.-Cté, pute. Genev., pâte, ploie. Jura^ paie, 
Lang., pelhot, pelha. Lyon., pate^ pata, Midi^ paU'. Prov,, 
pata. Rom., pelha, pcllle. Suiss. T.,pata.lLùyiL^patarocoê^ 
Vx. fr., peille, peillot. (V. Patiriy Petas, etc.) 

Pate-mouillée, s. f., personne, homme ou femme, sans 
énergie : « 6 n'sait pas se r'torner; y et eùne vri pâte- 
mouillée. » 
Vx. fr., paite-triouillèe. 

Pâtés (crier les petits), loc. Se dit des cris que pousse une 
femme en mal d'enfant. Jadis, les marchands do petits 
pâtés les criaient très fort dans les rues. On voit Tanalogie, 
Lorr., même loc. 

Patevôler, V. intr., aller de droite et de gaucho, courir de 
tous côtés, être un peu partout : « D'avou vot' mau d'pied, 
vous d'vez gros vous enniûer? — N'm'en parlez pas, moi 
qui ain-metant patevôler.. , » — Plus loin, on trouvera 
le verbe pa^ico/er. (V. ce mot.) L'un, celui de cet anicle^ 
semble s'employer pour les personnes ; Taiitre, pour les 
habitants de la basse-cour. — Analogie avec batifoler^ et 
bariooler cité par M. Jaubert. 

Patier, s, m., marchand de chiffons, qui achète et revend 



304 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

des pâtes. Jadis c'était le nom du marchand de chiffons à 
faire le papier, 
Montr., pattim\ 

pÀTiÉRE, s, f., maie, coffre à boulanger la pâte. (V. Bal- 
longe,) 

PAtin, s. m.» dirainut. de pàée. (V. ce mot.) 

Patïvôler, V, iutr., voler bas en s'aidantdes pattes, comme 
les oiseaux de basse- cour. (V. Patevôler.) 

Pâton» s. m., petit bloc détaché de la masse de pâte. 
Genev-, Morv. et Saint., pâton, 

Patoue, s. m., putois, ce langage qu'on prétend corrompu, 
qu'on dédaignait jadis, et dans lequel on puise maintenant 
pour remonter aux étymologies, et connaître les usages, 
les coutumes, les traditions des localités. 
Midi, patoïs (compatriote). Morv., patoue. 

PATRiGot, s. m., palrouillis, patrouillage. Au fig., mauvaise 
affaire, embarras : nY é pas por dire; ma ô s'é métu là 
dans un iîchu patrigbt. » 
Dauph* et Gène?,, patrlgot, Yonne, patouillat (ruisseau). 

Patrigôter, V. intr,, patauger, barboter : « Diâbe d'enfant I 
V'tu ben n'pas tant patrigbter! » — Au fig., mettre la 
main à des affaii-es peu claires. 

Bourg., paéritnarffotai. Champ., patricotter, Genev., pa- 
trlgoter. (V. PatrolUcr.) 

Patroille, s. f., sorte d'écouvillon, étoffe sale emmanchée 
au bout d^une perche, pour remuer et nettoyer le four. 
Montr. et Xorm.. patroillc. Ovney patoiiille. 

Patroille, s, f., patrouillage, eau sale, boue liquide. 

Aube, patonUlas. Berry, patoille, patouillat, Marne, pa- 
iotdUas. Midif patonillerie. Montr., patroillc. Morv. , />a- 
tùdèillat, patouèiUe. Norm., patouillat^ patouillis. Poit.? 
patoatt^ pairniùL Yonn., patouillas, (V. Gouillat.) 

Patrojller, v. intr., patrouiller, patauger, marcher dans 
le patrouillis. Se prend aussi dans le sens impersonnel; 
H Auj'deu i pairoille (aujourd'hui il y a mauvais chemin). » 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 305 

Aube, patoulller. Berry, patolller, palrigiœr. Champ., 
patoidUcr, platroaillcv, hy on., pitrogiier (gâter, écraser). Mldl^ 
patoulller. Morv., patouèlllcr. Norm., pntoailler^ patrouilhr^ 
patrigousscr. Pic, patroniUci\ patoalUer, Poit., patrontlier, 
patifagner. Saint , patroidller. S\iiss. r,, pacrollhi^patrigoia. 
Tour., entaycr. Vx. îv.^ patrouiller, (V. Putrigoter.) 

Patroilloû, s. m., enfant qui s'amuse à remuer de l'eau 
sale. Pour tous les mots de cette famille, la prononciation 
d'une certaine contrée supprime volontiers le r \PatouiUej 
Patoulller, Patouilloù). 
Poit., patroaillou. 

Pàturiau, s. m,, petit pâturage. 

Berry, pdturall, pôtureau, pàturiau, IL-V% pdiotif, pâtti- 
riau, pastouriau. Maine, pâturas. Morv., pateureau. Nîvern., 
pdtureau, pàturiau y pàturail. 

Pau, s. m., pal, pieu, poteau. 

Lat., /)«/««. Ital., palo. Berry et Bourg., pau. Lim*, paon, 
Mac, pô, pau de benne (pal à bennes/perche qui sert â. porter 
les bennes de vendange). Montr. et Morv., pau. Nf)rm., pô. 
Poit., pau. Prov., pal. Sav., palgô. Toul., esploun. Wall.j pa, 
potlau. Vx. fr., pau. 

Pauforche, s. f., pieu terminé en fourche. Les chasseurs 
appellent pau/orceaa le piquet auquel ils attacliont le 
filet pour pluviers. ^ 

Cogn., pauforc/ie. Genev.. /)/7'//^r (levier en fer, f>t pieu qui 
servait à enlever les gerbes des dîmes). Morv., paufwkot. Poit, 
paufourche. 

Paule, s f., pelle, pour le feu, pour le four. 

Lat. et Ital.,/)a/a. Berry, /)a/^, /)a//6'. lào\\vg.,paulc. Champ., 
pallc. Mac et Montr., paule. Morv., palle, polJe, pâlotte. 
Norm. et Poit., palle. Prov., pala. Sav., pâla. St-Âm,, pôla. 
Suiss. T., pala. Wall., pdl. Vx. îv., pelé, pelle, pallr. 

Paulée, et Pâlee, s. f , pellée, pelletée, le contenu d'une 
pelle 

Berry, pallerée. Bourg, et Montr., paulèe. Morv., polletùCn 
Norm., Pic, Rouch. et Wall., palée. (V. le mot suivant.) 

Paulée (repas de la), souper qui se donne à la fin du battage, 
et ainsi nommé de la dernière pellée de blé que Von vient 

3* 



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LANGAGE POPULAIRE VERDUxNO-CHaLONNAIS 

de ramasser, {Voir Renard.) Également repas donné aux 
gens du pressoir après le pressurage qui termine les ven- 
danges. — Quant à Tétymologie du mot, j'abrège un 
article spécial de J. Durandeau : « Pour M. Cunisset- 
Carnott la paulée est un mot dijonnais signifiant la fin des 
récoltes (irioissons ou vendanges), et aussi la fin d'un 
ouvrage : ei Si le temps reste beau, nous ferons demain la 
pofde des blés... » Mais paulée veut dire aussi le repas de 
réjoaissance qu'on fait une fois la récolte terminée, et 
alors /:)a«/ee et^it peut-être pour poêlée.,. M. Maillard de 
Chambure esït de cet avis. De son côté, Clément Janin 
observe que ï< dans la Côte et une partie de TAuxois on 
donne le nom de paulée à la fête qui termine les moissons; 
c'est le tue-chien des Dijonnais »... Puis Mignard, qui 
pille Delmasse, lequel a écrit : « Lai paulée, repas donné 
aux faiseurs de vins après le pressurage, d^epulia : faire 
la paulée, se régaler. » Le bouquet de la paulée est aussi 
usité chez les ouvriers du bâtiment, qui, dès qu'ils l'ont 
posép ne manquent pas de l'arroser en abondance. » 

Berpy, poèUti. Bourg., pèlèe, paulée, Morv., poaa/ée, paulée. 
Norm.^ pelèc. 

Pauler, V. tr*. remuer, nettoyer avec la pelle. 

Bourg., pauiai. Champ., /)a/e/'. Fovez^ paleyi.Morv. , palier, 
poUer. Poli., palcijér. Suiss. v., palà. 

Pauther, V. tr., marcher sur, piétiner, broyer, écraser: 
(( Ô l'ia vortciUé su l'sable, épeu ô t'I'a pautré c'ment ein 
tas d'pâtes. )ï 

Art-T tipôtrcr, Berry, paatrer. Cogn., pauirlguer (presser 
dans ses doigts). Fland., èpautrer, Genev., piotonner. Mac, 
pt'fotujlai. Morv. , pautrer , ainiartolller . Pic, èpautfcr , 
t'pettirer. Houcli., èpautrer. Wall., èpautrer, pautrier, pitié. 
Vx- fr., pifiticr^ pictoicr. pictiicr, pietonev, pleteUcr. (V. Trâ- 
pill*r^ Tripcr.) 

Pauv'e, s. etadj., pauvre, malheureux. 

Lat,T paitpvr. \tB.\. , pocero. BsiS-yiOvm., poiter. Bevry, poure, 
potmrt'y paura. Bourg., pôcre, prô'c, preiioe. Bress., paurion. 
Lorr., pure. Lyon., potiro. Montr., poucre. Morv., poure. 
Norm.i pourt\ pouret. Pic, poure, paure- Prov., pauprc, 






LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAtS 307 

paubrc, paare* Rom. y poure. Rouch., po/e. St-Am,, peûcrou. 
Toul., pauvc. Wall., pôo. Vx. fr., poure, paonr. 

Pauv'ment, adv., pauvrement. 

Ital., pOGcramente. Bourg., prôc^man. Lorr., pôrman. Prov., 
paubranipn, paurcnient. Rouch., poecrnien. Ttiul., paaronifR. 

Pauvrôsse, s. et adj., pauvresse, mendiante. En ce mot le r 
reparaît. 
Morv., paurossc, pouro^se, pauveillc. 

Pauv'té» s. f., pauvreté, dénuement. 

Lat., paupevtas. Ital., pocerta. Berry, paarciù^ portretè^ 
pauocrtè. Bourg., pôcrcUil. Morv., ponretô* Pic, ,^ paucerlè, 
Prov. , pauprekitj panbretat^ pcuiretat. Rouch. ^ pooerîè. 
St-x\ui., peàcreto. To\x\., paurièro^ paarctca. WalL, pociîté. 
Vx. fr., poenrtelty pocertè., poxicerte, pourctc. 

P'cHO, adv.de quantité, peu : « T*as ein fameux quignôt 
d*pain; baille-moi -z-en donc eiàn p'chb. i} Un ramollisse- 
ment de prononciation a fait que certains en sont venus 
jusqu'à dire : un m'chb. (V. ce mot.) 

Lat., paucus. Ital., poco, pochctto, Berry, p^chon. Bourg., 
pccliô, pouchot, p'chaà, Bress., pou, pecho^ poncho. Bugey, 
pou. Jura, peehoty pichot, Lim., pâù. Lorr,, pô. LyoTi.i pou. 
Mac, potion. Montr., pec/iot. Morv., poiclitmotj p'chot^ p'sot^ 
p'son, pouè. Pic, p'chott pohe à poke (peu à peu), Prov-, 
pic/iot, pichoun, pave. Rouch., pnu. St-Ani ., pvà, Sav., pou, 
Suiss. T., pechoty pichon. Wall., /)a«, /)ô, po/^. Vx, fr., poi^ 
pouy pocket. , 

PÉ, et Pî, s. m., pied. 

Lat., p(^s. Ital., picde. Bress., pie. Genev., ptôt<^. Lim,, pé* 
Lorr., pi. Mac, peïfs. Montr., pie. Norm., plè- Poil., piote. 
Pvov., pe. St-Am., /3/yë. Toul.,/>c^ Wall., /sr. Vx. fr., pu^t, 
pic. pied. 

PÉCHELER, v. tr., paisseler, garnir d'échalas. Se dit pour 
étayer la vigne, et ramer les pois. (V. Pesaiau*) 

PÉcHELEiiRE, S. f., paissclurc, petit lien de chanvre. Les 
vignerons s'en servent pour attacher, après la taille, la 
vigne aux paisseaux. (V. Pessiau,) 



f 



308 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CflALONNAIS 

PÉCHiLLER, V, \i\, manger peu, et presque avec dégoût: 
« D*peù qu'ùl a été mau, Topelit ne r'veint pas; ô n'fait 

Breas., pùvfiUlcv. 

PÉCT MAUX, 55. m., argent. Ne s'emploie qu'au pluriel: 
(( C*iéqui. ôl ûi à Rou afàre ; ôl a des pêcuniaux. » 
Lat. et Itaî., prcff/da, Vx. fr., pcctinie, perune. 

Peindu, part., puiul : (( Jarnidié! ç'â biau cheùlu; sesvôlots 
sont peindu.'i eu var. » 
Bourg., plndif^ poi/idu. Vx. fr., prin^, pnint, painct. 

l*EiNTURLuri£iï| V. ir., peinturer, peindre grossièrement, 
bîirbouiUer, 
Motv^ ,t pamtcur'lcurcr. Vx. Iv., paliituvcr. 

PEiiSTUBLUROÛ, S. 111., celui qui peinture; barbouilleur d'en- 
seignes, 
lidS . ^ piitQvdio . Vx. îr., painiurier. 

Pelisse, s. f,, fragment de peau de mouton, que Ton met sur 
les sabots en en rentrant le bout en dedans, afin d'amortir 
la dureté du bois bur le cou-de-pied. 

L^l^, pelUs, l^]., pelUcia, Morv., plisse (semelle en paille 
pour les sabots). Nojm.. palette, Piov., pelissa, Vx. It. y police. 

Pelosse, s, f,, prunelle, petite prune sauvage. 
Montr.^ pc*;ojî3Ê, poulesse, (V. Peàrnèle.) 

Penaillons, s, ra., vieilles Bardes, guenilles. 

Volt., fcnaUhMi'i, pe/iailles^ pcni/les. Rouch., pendcr loques. 
Saitit.j penniliuus. \x. fv.^ pcnaillon (moine). (V. Pendrillon.) 

Pendhïller, V. intr., pendiller, flotter : (( Les penaillons, ô 
pimdrtlleint à la bise; y étôt, ma fi, prou peiitl » 

Bourg-, pandriUai. Morv., pandriUcr. Vx. fr., pendier, 
pendeief\ 

Pendrillon, s. m., ce qui pend, chiffon; cordon qui pend 
derrirTo un vêtcnieut mal ajusté : (( Aile é, ma fi! prou 
bêle, avou tous se^ pendrillons pou darrei sa robe! » 

Bcrry. pend il lot !u:. Fourgs, pend' lion. Morv., pendrillon. 
(V. FvaadlofiS.) 



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LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAtS 309 

PÊNE, S. f., panne, graisse garnissant la peau du porc. 
Genev. et Vx. fr., penne. 

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Penei, s. m., panier. 

Berry, pcgntej\ pènè, pègnr. Bourg., pt^nvi. Mfiiru?, phùer, 
Mov\. y pèné. Poit., panôy penè. St-Am., puni. (V. PufjHier.) 

Pénerée, s. f., le contenu d'un panier. 

Movw.ypànerèe, Pic, pcif/ueice, palfjnrrvf. Vx. U.. pani*vèr, 

Peneû. adj., penaud, inquiet, mortifié, qui est en peine. 
Berry, /)r'/i('f/.r. Bourg., /u'/i/v/. Geuev.. pf^nul. Morv^. p'ftt'u. 
Pic, pénaux. Wall., penou. Vx. fr., pt'nfftx, pciitntL 

Penser, v. intr., faillir, manquer, être sur le point de. 
« 01 a pensé cheûdre. » 

Penser (se), v. réfl., mais sens intr., penser ; u I ra'' pense 
que l'pourôs ben m'rend* les quêtes sous que j'tai prôtés, )> 
Morv., se penser, 

Pérât, s. m., grosse pierre servant à amarrer un bateau- 
Perchôte, s. f., petite perche, perchette, soutien d'un jeune 

arbre. 
Lat. et Ital., pertica. Berry et Bouirg., parche. Prov.t 

pergueta. p*'/'gn, perja, Wall.,;Dtss. Vx. l'r., pcrcheitc 

Pérî, v. intr., mourir. Le part, est souvent employé subs- 
tantivement pour mort : « 01 é péri, )ï comme en Morvan. 
Lat. et ItaL, />ert>e. Mov\., pàvltie, Ptov. etVv. îv..pi'vir. 

Pérî (se), v. pron., se donner la mort : « 01 avôt evin ben 
gros torment; y é pou c*qui qu'ô s'é pért. n 
Fr.-Cté, se péri. 

Pérôle (la), s. f., marmite de l'équipage des mariniers. Cette 
appellation n'est pas la seule qui désigne cet ustensile, 
, (V. Négresse.) 

Pessiau,'s. m., paisseau, échalas : « J'ons prou d'raïins 
autôr de nos pessiaux. » 

Lsit., paxUliiS. Berry, paissiua y pession. Bourg., paiss^à^ 
poicid, polçot,, polciot. Dsinph.y pcf/sscl. Fûrcz^ pfijiîitit^ij, Fr.- 
Cté, paiésel, paisseau. Genev., passai . Lang. , p^fissel, pch&vL 
Lyon., 'paisseau, passeau. Morv., palahà. pèliau^ Prov,» 



i 



810 LANGAGE POPULAIRE VERDUSO-CHaLONNAIS 

pftlêSf'ih, paUàel Rom . , paUst'L pm/sso. Sav . , pachô, passais 
Toul,^ ptiflAièl Vj£. fi"., paL^$i*L pafsseatf, paîs^on. 

Pessie, L*t P'ssïK, s, f., vessie. 

Lai., cesiçn. Ual,, ves^iica. Bourg,, mvti/îe. Piov,, cvsica^ 
eesi^Ot CGtssigti. Wall,, r(?^>sWc, Vj. fr., cesiv^ ^ecte. 

Vkv, a. iTi,, pis» mamelle de la vache : a Dis donc, p'iiot, tes 
vu |iies sontbeù crot^ùses; quand on lîéû tire le I5t, i dèt 
pas étu ben pr6p<:ï? — Ali! si ; on Ueù-z y îave le pét. h — 
L'oiihographe p*^ ou pei serait préférahle; elle anéantirait 
un'^ forme qui souièv^e intililement une idée d'incongruiié. 
Lit .^ pt^ctit,^. lUii.^ peffo. Bourg., /îf'r. G^nev.^ pot re.prUre. 
Maine, pf\ Montf.^ pet. Marv\^ pu. Prov., pcit/t, pv'ti, pit'tii. 
pîi'îf^ prtjf'^ pit. St-Am-, pttnc/tt/. Wall-, pé^ Vx. fr,, petrt^ 
ph (seins). 

Petas, s. ni., chifTunSp pièces pour rapetasser 

Mac* pt'tti. PoîL, ftrtii.i. Saint,, pi'htt, Toul., petite. 
(V Pùtf\ Patin, elc.J 

PETASSiin, V. !r,, rapetasser, raccommoder de vieilles hardes» 
FofPZ, peiassa. Poit,^ pctrta^scr. Rorao padassar. 



Petas soù, s. m., ravaudeur, fripier, celui qui commerce en 
vieux chiffons. 
I Tûul,, petasmit. 

Petkù, adj., honteux, timide, craintif : « Ohl Tdrôle de 
Jenn-Jeanl 01 â làd'vant vous c*ment eùn peéeiï! » 
Lîni., pi'tint . 

Pëtêù, ^. m., roitelet. 

Mic.,//£f^/t. (V, RoUviot.) 

Pcri! s. m,, cri dont se servent It's paysans pour appeler les 
poulets : «. Peii! peu! » — Se dit concurremment avec 
petiot. 

PETior, et P'tidt, s. et adj., petit. Ce mot, qui nous est 
si familier, se trouve en de nombreux exemples de ce 
vocabulaire, 

Lat,* trnufs. Ital.^ piccoh. Bourg., petîâ, potif/nô, Breas., 
peiiot, petiot. Bugey, petîort. Dauph., petiot. Fr.-Ctè, poqui- 
gnat^ '^jenev,, pvtloir pcliotet. Lira,, pili. Lorr, pequlat. 

t. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 311 

Mac . p*'tîs. Montp,» peltoL Morv,, p'tîofh. petiot Norm,, 
tlot. Pic. plot, p'dot^ p'ffuiot^ f^itfoL Rouch , ptiof^ tfoL 
St-Am,» pf^tL Sav-t pi'dftt polioti. Totil., pirhan., ptehot, 
WalL, piîllot^ itot^ pUL Vx. fp.. prûot, pviiT^ pclif:^. 

pETi^ïT-BAissELON, S* m., houi' dû petite dimensiou, servant 
à sarcler le sarrasin. 

PETi<Vn£Mb:NT, adv., petitement. 

Piow ., petU(^mi'nr. ilou^ih., pùuttrfnfn. V'x. U\, pe(fU*m**utu 

pErroN (poti^t ), s, m., pcMit pied. Quoique j^i^tnn soit déjà 
un diiuinuiif, nous disons très volonlierii : {i Tes peiibla- 

liai. ^ fn'tftao. Fr.-Ctë, fJKMt, xMaine, pittoti. ilopv., pfon^ 
pt'lon. Rouch,, pi*tQi . Sniss. r^^ pion (pied de bas). Ton!., 
penet. TouT.^ p^Hona. Wall., pvtot. Vx. fr*. pcfon. 

PétrAj s m., empêtré, lourd comiue une pierre, sot, gros- 
sier, niiLis : (( Que gros pétrâ! ^ 

Bourg., pé^r. l^f^i.^pftra. Maro-, petrat. Morv* et Norm., 
pétra. Poît., pùtrà. 

PéraissoïRÊ, s. f., pétrin. 

hdX., pUtrinum. Bowvg.y preii (pétL'iJ. Fr.-Cté et Genev,, 
pidrUs ' i if-r . L y u 1 1 . , ^^ Hi ièrti . Pic, p av trU s a ir . \Va 11., p rn s- 
tcifi. Vx. fr-T pe^ytria- (V. Mèe,) 

Peu, adv,, puis, ensuite, d'ailleurs* 

Lat., fiost. ItaL, poi. Rourg,, pm. For&i et Moiv., peu. 
Ptov.^ fnfi'ii. paois^ pfif^is, po.'iy pus, S^w.j p^ai. Toul., pè^jA- 
sottfi, Vx. iv. , postt pttt/3^ puisAcdi (depuis ce joui'). (V. Epetu) 

Peùce, s. f.. puee. 

L-tt., p^dir. ItaL. pnlce Baurg. , pmnc, Lyon.. pft^L 
MùnU\, pn'/{^. Pic, ptichc. Poit., piott.-^e, piotîséti. Prov,i 
pùij^t% pàu^. Rouch. , pa fiche ^ ptjchc, ptichr. St~Am., pft^&. 
Taul., p/l//st^/)tow.^L^ WalL j puclw^ potfr-ia, Vx. fi'., pukt\ 
pue fie, 

Peùce, s. m., pouce. 

Lat ^ polir X, UaK, /Jo/Z/tv. kmiçin%, pnitck^ Bourg., pG^K^e. 
Bress-, ;ioçe. ^laud., /JttJitVi/'. ^Xùnlv . . pauije . Morv,, pence. 
Pie., pcti^ pcucG, pr/tchcy patte kv. Pj'ov. , polce^ pouss^ 



31S LANGAGE POPULAIRE VERDUNÔ-CHALONNAIS 

po-^f, pou.-i^ pfifUj. ^i-\m., po^otf, Wall., pôss, poùss. Vx. 
fr** pfituh^ jmuc\ pousse, poulcc. 

Le Petit Poucr^t devient Pô^cri dans nos vieux contes. 

PeûcélEj s. L, pucelle. Il n'est pas de Noël où ce mot ne se 
trouve employé pour désigner la vierge Marie. 

Ital-, pnlfi'llfi, Berry, phicclle. Bress., peuçala. Prov., 
pt'ut'i*in^ pifittcla. lloiich., pfichèle. Vx. fr., piicelc, pukeUa^ 
ptnc{*it*. 

Peùcrhon, i5. m., puceron. 

Bi^ny^ pioson. Rouch., pucheron. Vx. fr. , piilçoriy piilçot. 

pEÙNÀs, adj.p panais, qui exhale une mauvaise odeur par le 
liez. 

\\o\xvg„ p**iifi^ pt'nai. Moniv., pcnas, Morv., peu/iâ. Pic, 
pnnfiju-^e. VioY.j piitnais, Vx. iv.^ purjnès^ puncs^ piinns. 

Pkûnàse, s. tj punaise, hôtesse acharnée et puante de cer- 
tiiini* lits, 

Hoiir^.^ pcnajG. Fland., punassc, Lille, panache, Morv., 
pi^nttHje^ p{'tindiitt\ pnâfe. Rouch., panasse, panache. Vx. 
îr.y pfitjnciSc. 

Peûnitance, s. f., pénitence. 

Lat., pœtiheatla. Ital., p(*nlten::ia. Boiirg., pegnitancc. 
}<lûvv.. pcnnitenre. Prov., penltencla, pe/ieden-ia^ pentcnjsa. 
Vx. ï\\, pf'fifJaricti, penltcnche, peneance. 

Pt^ùi^LE, et PeûpiEit, s. m., peuplier. 

L3i.i'\n. pop f tins. Ital., ploppo, popolo. Aunis, pible. B3rry, 
paupv, pouph, popuUer, popelier. Lang., plboul. Lyon., 
pnblo, pftco. Moiiti'., peuple. Morv., peuple, plplniei\ pipi- 
f)ftcï\ Norni, et Pic, peuple. Poit.. poupe, populon. Prov!, 
piboftia. Uouch.n peuple, poupiev. Saint., populot, peuple. 
Sd.y,^pt'hla. VoVLÏ.^pihoul. V^M., poupier. Vx. iv.^ puupllei\ 
popttUûf\ popifiL'f\ popHer, poupclln. 

Peiuœe, s. f , purée, bouillie. On fait chez nous d'excellentes 
« ?40upDs à la purée » : de pois, de haricots, de pommes de 
t.prre. 
Bas-lat., pftrca. yiow., peur èe. Vx. Iv., purée. 

PfiÙRGE, s, f., purge, médicament purgatif. 



i ^ 



r^' 



LANGAGE POPULAIRE VËRDUNO-CHALONNAtS 313 

Ital., purga. Genev.» partie. H^' Auv., pnrd;;^. Mûrv», 
, peurge, Yx. ir,, purge* 

Peûrî^ V, inlr, j pourrir. 

La t • j pti trcro. I ta L , inip a tridirc , Bou rg - , p ùrtff . M ûp v . , , 
pcfiri, pflrL Prov., pùirir\ St-Âm,, pnri (poum). Vx. ffp 
purlr^ purrlr^ porrir^ poarrr/r. 

PEâRiAU, s. TH., purin, urîi:e des bestiaux, reeuéillie dans 
des réservoiriî, et qui sert à certains arrosages des terres. 
Rouch.f pariait. 

Pëùbier, V. tr. , prîer^ supplier- . '\ ^- ** 

Lat. , p rc ca r î. Ital., p ri*g are . BQVty, p érlrr, n rçtf fir^ peu rier • 
Mûrv*i prnrkr. Prov, , prfif^ar^ prer^uar^ prefiar* Saint, , 
pvarier. Vx. fr., proier, prêter. 

pEQntiÎRE, s. f., prière, supplication. 

Lat., precnùo. Itai., preg filera. Berry, prèifère, periéere* 
B ress . , p reg Irû. him., pr èjû ro . Mo tv.^ peut '1ère , pe u rlè h. Pic, 
praifèrc, Ptoy^^ pregtitcra. Vx, fp, proiere^ prciere. 

Peûritëùre, s, f., pourriture. 

Berry, pourritance. Mûpv., pmfriianre. Ppov.^ poiridara^ 
puridura. Vx. fi\, ptfrrcfttrc^ porretun^. 

Peùrnant, part, du v. prende, prenant. 

Bù^ry^ pf'r fiant. Vx. h*, prentuu^ptirnant. 

pEÙRNE^et Pr:eÙ!ne. S. f., prufle. 

Lat., prnnnm. ItaL, pruf/n'i. BoUPg., prctme ^ prûTfgnc^ 
peurne. Lille, pr^irme. Lyon.^ porna. MAc. et Montp-, prerie, 
Mopv., peurne. Pic, prou tic. Prov., prana. Rom,, prone. 
Uouch., pronCf prarme. Sa^v.^proana. WM.jpronne^ prenan. 
Vx. fi',, prune. 

PEÙftNEf, S. in,j prunier. 

BaS'Lat., prufiarius. Bourg,, preheï. MQnir.,prenè* Rouch.» 
prûnie/\ Wall., proanier. Vx, fr., prunier. 

Peurnéle, s. l, prunelle : ^f J'ai évu ben des pedrfiéles ; 
j'vons en faire de la boisson, n 

Berpy, pretinclle. Bourg. , pminviUi*, Morv.* peurnaÎA.^ pettr- 
nelie. Prov., agretta. Vx. fr., puntûlle, plonclc. (V, Pdos&e.) 

35 



314 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Peiirm'leï, s. m., prunellier. 

Berry, preuncllier^ peurncliicr. Boorg., pcurnelai. Morv., 
pearnelè* Prov., agrenier, Vx. tr.y purnelier, 

Peùrnez, impérat. du v. prende^ prenez. 
Boarfç-, penrnei. Lorr., pernrj^, 

Peùr^iiau, s, m., pruneau. 

Bas-Nû^m-j pruniaa^ Berry, peurniau, Bo\irg..prcnlâ. Bress. 

et IL-V% pruniau. 

Peùrnoù, adj-, preneur, 

Ital*. pretidltove. Bourg, ^ prenou. Morv., peurnou. Prov., 
prendifior. Vx. îf,yprcndeoi\prcncor, 

PeÙRNU, parL du v, prende, pris. 
Bouvg. y praui, prin, 

Pëùrtauger, V* intr., patauger. Au figuré, faire mal les 
choses, meltre le désordre : « Ah ben, voui! J'ai vu dans 
son ormoire, Pauv' linge! y é prou peùrtaugé! » 

Motitr., pretatiffcr. Korm.^patôcher, Wall., padgtè, pagié, 
Vx. fi\, patoier. 

Peûrte^ h Pi^RTE, s. f.. porte. 

\jLt et ItaL, porto. Bourg., poic. Dauph., porta, Lorr., 
pùie. Lyon,, porta. Mac, pourto. Marcig., paôrte. Prov., 
porta, St-Am,» pvorta^ picarta, Vx. fr.. porte. 

Peùrter, et Porter, v. tr., porter. 

Lat. et Itat,, porUtrc. Berry, pourter. Bourg., potai. Bress., 
peurti\ Eïauph., porft*. Lorr., pôtvr, Morv., pourter, Prov.. 
porta r. Vx. îr-t porter . 

Peùt^ adj., laid, désagréable, sale, méehajit : « Oh! Tpeùt! 
v'iu ben te Vcacher! » — (( 01 a peut âr. peùte façon. » — 
M. Jouve constate que ce mot est un des plus anciens du 
patois lorrain* Il le soupçonne d'origine celtique. Ce mot 
est bien aussi ancien chez nous. On a même appelé le 
diable : h le Peut, r) 

l. TiL^f puilf lus ^ Bourg, ^ peu, peut, Fr-Ct.% peut, Jura, Lorr., 
Monfr. et Morv., p(*ut. St-Am., lèdou, 

PEÙTt:F[N, s. f-» fin triste, déplorable, malheur, catastrophe : 
tt O va mau, Tgas; ô Vmpeùtefin, » — Pour cette locution, 



LANGAGE POPULAIRE VERDUMO-CUALOMNAia 315 

J, GuiUeniiiiditque la Bresse chtilonnaise a le verbî pcu- 
iefener, 

Bourg.^ peititifîti, Dauph., peta/iit. Forez, ptitafin. Lan^.^ 
piitofi. Lyon., ptiiajin, Montr. et Morv,» pattte/în. Vx. fc 
ptdcjl^ putejln. '• 

Peùtement, adv. , laideinent, vilainomeut. 
Mûi'V,^ peutnnenL 

Peùvez, 2^ pers. pL, ind. prés., pouvez. 
Lorr., peticè.. 

Pi, S- m,, pic, instruraenl de fer, pointu des deux bouts, 
ItftL, /îÉCOorte, Berry et Morv,, /ïf , Prov., pic^ Vx. îp., pis 

Pî, S- TU,, petit morceau de bois, appoiiiti d?.^ deuxboutSj 
que les enfants font sauter â Taîde d'uti bâtonnet. A cliaque 
saut du bois pointu, les joueurs, sans s'inquiéter de com- 
prendre, disent: a Pi! mi! Iroin-picofisI » Qu'est-ce que 
cela signifie? Les Limousins appsllent ce jeu picotaL 11 y 
a là une analogie frappante. Un po^te de Limoges le 
nomnie killola (?), — Le.s Normands du Bessin appi^Ilent 
le petit bâton pointu pirti, et le lancent à l'aide du baculo, 
bagalot. — Les Genevois disent aussi baculo, — Les 
Foréziens ont donné au jeu le nom de baculon, nouvelle 
analogie. Ils l'appellent encore r/uinei, et Ils ont le mol 
pi-côie pour dire courte-échelle. 

Pjàler, et PïôLER, V. intr., piauler, ciier. Se dit du cri des 
enfants, desoiseaux, et des volailles 

ItaL, phjoîavv. Beri'y, piotdrr. Bourg., pmWaL Champ., 
pimûûi\ piailler. Foreîî* pi^là. Fr.-Cté, piauler. Genev,, 
piîiht\ piàlcr, pionlvr. 11. -V% qaèrivr. Liui., plànfas. Maine, 
plipicr. Morv. ^l^otm.. piauler. Sàïni.^ pidier. Suiî^s. r,, 
piaula. TouLt pfoala. Vx. fr., ptolcr. (V. PiaufiLT^ Piacr,} 

PiAloû, s, m., qui piaule, qui crie, 
Yx fr.. piaahur, 

PiÂRE, S. f., pierre. 

Lat., peira. Ital., pinira. Bourg-, piarre. Bre^îS., piare. 
Lim-, pcira. Lorr., pirru. Prov., petnt, paira, pej/a. St-Am., 
pidra. Sàv*t piùra. Toiil., p^'t/ro. Wall., pir. Vx. ii\^ picrv, 
pfcrrt*. 



s tfl LA N GAGE POP UL A l RÉ V ERb U NO - CH A LON N A I B 

PiAiJp et Fia, s, f., peau, épiderme ^ « nVout pas aller 
s' bât' ; ôl a peur pour sa pian. » (Ne pas confondre avec le 
mot suivant,) 

Lat-, pellis. ItaL^ pelle Ba5-Norm.| piaou. B«rry^ piaa 
Bourg., /JCfl, /siff. Bress., /How, Da\iph.,/ji7. Gasc.,/)^^. 1i.-V*, 
piaa. Lim , pnû. Mâ-c, /ïtart. Morv*, />car, ^r'aa* Norm.^ piau^ 
petette^ Pic, /ï^'cf/, pian. Poit., /)(?fl, /ï^rti. Prov.^ pel^ pelh, 
Hom.,/3t'. Houch., /ï'Vtff, St-Àm., pc, Sav., /^mw. Tonl,, /jc^ 
Wall., ptd, pifiu. Vx, fr., pet, pcaf^ pt'ju, pittx. 

Pi AU, s, m., poil, chevtiu. Ne se prend pas volontiers en 
bonne pari. On ne dit jamais piawis pour parler des beaux 
cheveux d'une femme, 

Lat., piltfs^ Ital,, pefo. Bourgs, poL Bi-ess.^ pat. Forez^ 
pdiuchi. Lim.,/imrt. Mac, /m//, Poit,, /j/ci». Pfov.,;3t*t7. Sav.^ 
pà. Vx. fr.^ /)if?t7, pûat, poil. (V. Z^of".) 

PiAU-MOBTEj s. f. , durillon, aux pieds ou aux mainsi cor, 
œil de- perdrix, 

PiAUNER, V. intr , crier comme les oiseaux de basse-cour, 
Fr.-Ctt^, pUtuner, ploutwr. Jai-n, piùner. Morv., putimûr, 
pton/iej\ y^orm., pitincL-r. (V, PidU't\ Pincr.) 

PtcoN, s. m,, gouvernail de même genre que Tem peinte, 
mais plus court et placé à Tarant. Terme de marine 
fluviale. 

Pjcôt, s, ra., produit du chardon pignoloL {W ce dernier 
mol.) Par leurs mille crochets, ces petites létes s'attachent 
aux vôtumenls- Les gatiiins s*am usent aies lancer sur les 
passants, qui ont du jual à en débarrasser leurs babils. 
Aux promenades du dimanche surtout, cette espièglerie 
triomphe. 

Pic6t, s m., pointe, aiguillon, épine, écharde, tout ee qui 
pique : a Prends garde à tes dèts, p'Liote; la branche a 
des picots. 
Bourgn, picoL Morv , piqtfoi. Poit. et Rouch,, pœoi. » 

Picote, s. f., petite vérole, 

Morv.» oarole. Norm., rèrtttc^ vérvitlc, Poli., pi cotie, Pjov., 
ecirola^ pickota* TuuL, plvoto. 



' LANGAGE POPULAIRE VERDUNOCUALONNAlS 317 

PïcÔTÉ, adj., marqué de la petite vérole i i< La pauvTiLle! 
aile é restée la figure toute picotée, u 
Morv. ^ pica&sè. 

PICÔTIS, s. TH. (V- Pi,) 

PiDANCE, parfois Pîtanche, s, f., pitance. A aussi Tacceptioa 
de bonne cuisine, gâteau, etc* 

B^^-Lzt.-tputanrta. li^h, pi elau.^ a, Bervy. ptdance* Bourg., 
piiainch(^y pldancû, Geuiîv., pidnace, Morv., pidancû (Eïiaillet), 
Prov . j pUitunsn t piedansfr^pidan^a. Vx. ir., pitanc/te^pcdancc, 

PiDER, V. tr,, mesurer, avec le pied ou une paUle, la distance 
d'ua palet â un autre. Expression dont ae servent les 
enfaiiisqni jouent au palet. 
Genev,, pldvr. Sav. ût Suiss. v.,pithi, (V. Pifjcr,) 

PiDiE, s. t., pitié, compassion, 

h^i.^plvîfL'i. \ih\,, pif'ia. Beny ^ pt'itdè. Bourg, et Bresî^-, 
p idlé. Fo i^z I p Ida . F r. - C té ^ pidL L i m * , p tv It a . Màcon . j ptnf/L 
Montr. et Morv.j pi' lié. Poit-, pidi, pidù. Prùy.^ plelai, pia la (^ 
pliai ^ pitlaL St-Ani., pt^df/d. TouL, pièiat. Vead.. pidàâ. 
Wx, fr,, pilé, pi'U't, pfte^. 

Pjdiou, adj., pitE?nx, pitoyable, qui inspire la pitié 

Béaru, fHchtdoKjt. lîi'esss., pidion, LyoQ., pf'dou (eoui pa- 
lissa n t ) . Montr,, pif f ion, M o r v . , /> idio ad • , p idio r ^ , P o i t - , /j ido n . 
Prov.^ platahle. Saint., pidons. TmiL, piêladons. Veud.^ 
pidùH. Vx. fp., ptlcttbli\ pitiable, pftws (plein de pîlié). 

Piéton, s, m,, facteur rural : a J'atondons Vpiélon, raport 
aux nouvoûles du p'iiot, Si ô veint vile, fli baillerons à 
bouére eun bon côp. a 

1 tal . , p cdoit e . U en e v . , p io lo i i , Mo : v ^ p iv fuit. P lo v , , p czo , 
peon^ S'àv.^ p(*do/i. WàiL^ piton. 

PiPRE, s. m., pifj nez gros et bourgeonné. Jadis on se faisait 
pre:5que gloire de celte décoration du buveur* 

Beny, pif. Bonrg., pljftt} (gars). Norra., pij[ Poit.. pljrrc. 
Prov., pijr'irt (ivpint]. Tùu\.. pifrv {^Îvq), plfiuti (gvm iieada,H), 
Vx. fr., pij*<^ (gourmand). 

Pige, s. f., mesure, point de comparaison, et aussi attrape, 
Berry, pl^je (mesure, et pîè^e), Bontg, pige, Genev., pidt}. 
Morv., pif/(^j fisc. 



'^^vW8!!^n 



31B LANGAGE POPULAIRE VERDUNO -CHALONNAIS 

PiGKR» V. tr., Tïiesurer, particulièrement au jeu de bouchon, 
où Ton a à constater là distance des sous. 
Berry, Bourg, et Morv., piger. (V. Pider,) 

Piger, v. tr.» attrapper, tromper et dérouter quelqu'un qui 
médite un projet tuauvais : « L'aut' voulôt Tmét' dedans; 
ma ô t*la briment pigé. » 
Rerry et Pic, pt)]er. 

Pjger, V. tr., écraser, fouler, aplatir avec les pieds. On pige 
le raisin dans la cuve; on pige et avarie une récolte en 
marchant dessus ; on pige la terre pour la durcir, etc. 

Bourg., Bi-ssî?., Forez, Montr. et Morv., piger. Poit., pifjer 
(creuser, piqiiei). Sav., piger (écraser la pomme à cidre). 
(V. Pautrer^ Plivr,) 

PrGNARD, s. m-, peigneur de chanvre. 

Forez, phjFiprc$, Movw. , pignar^ pigncîrou. 

PiGNE, s* m,, peigne. 

hdX^, pecten. Ithï.^ petti ne. Berry et Bourg., pigne. Mac, 
pcîgnle. Mnntr,, pi^jno. Morv., pliigue, pi^ne. Prov., pigno^ 
penche. S^v., pêne, Suiss. r., pigna. Vx. fr., pigne, piegnc. 

PtGNE-cu, a<lj. m. et parfois subst., être sale, méprisable, 
homme de rien, servile, hypocrite. 
Roucb,, pettcctf. 

Pegnêr, s. f., peignée, roulée : « Ah! j'te li ai fichu eùne 
pignée. . . ô sVn sôvenra. » — A de nombreux synonymes. 
Bourg, et Morv,, pignèe. 

PiGNER, V. tr»s peigner, démêler. 

Lat., pectukave. Ital., pettinarc. Bourg., pignai. Il.-V-, 
peiigner, Morv., plgner. Prov., peuchenar. St-Ara., pyenè. 
Sav., pend. Wall., peigni. Vx. fr., pigner, pignier. 

Pegnolot, s. m.j chardon à foulon. J. Guillemin cite ces 
deux vers du cru : 

Lc8 e ha nions, les pignolos 
Etaient pour moi des roses. 

Ce chardon i^crt de peigne dans l'industrie du foulon. 
(V. Plcbi.) 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAtS 



319 4 



Pilé, s. m., millet cuit et prêt à être mangé. Meta jadis assez 
répandu. 
Bress.f pilé, pelé. 

Piler, v. tr., piétiner, fouler aux pieds. 

Lat., pilare, liai., pillare, Il.-V% piler, Prov., pilar. Vx. fp., 
piler. (V. Pauirer, Piger.) 

PiLURE, s. f., pilule. 

Lat., pilula. Ital., pillola. Bress., pilure, Prov,, ptUnla. 
Wall. pclL Vx. fr., pilule. 

PiMPÔNER, V. tr., pomponner, parer. Ce verbe impliciue tou- 
jours l'idée de prétention : « Ah! la p'tioie drôlesael ï 
n*sais point trop c* qu'ail' deveinra; ma ail' se pimpune 
gros. » 
Genev., se pouponner. Isère, pimpona. 

PiNçÔT, s. m., pincée, minime quantité d'une chose. 
Fr.-Cté, pinçot. 

PiNçÔTE (à la), loc, à la pincette, exprimant une agacerie 
gentille. Le§ enfants se disent entre eux, et les* mamans 
aux bébés : « Bise-me à la, pinçbte », quand ils désirent 
que l'enfant les embrasse en leur prenant les joncs ou le 
menton avec ses menottes. 
BouFg.^ pinçôte. Fr.-Cté, pin çoitc. Wall., pissvit. 

PiNçÔTES, s. f., pincettes, instrument du foyer. 
Wa\\., pissett. Vx. iv., pincette. 

PiNER, V. intr., piauler. Se dit des poussins, et aussi des 
jeunes oiseaux, qui jettent de petits cris, et commencent 
leurs chants. — Autre acception : quand l'enfant embrasse 
la mère, la mère dit à Tenfant : « Fais piner », c'csi-à-tiire 
fais chanter ton baiser. 

Movv., piner. Norm., pif/ner, picler^ pigler. Saint., pimer. 
Wall., piler, 

PiNGÔLE, s. f., perche, gaule. Se dit principaloinent des per- 
ches ajustées au-dessus de certains puits pour tirer les 
seaux, le gros bout faisant bascule : (( Va qu'rî le siau, 
écroche-le à l:i ping ôle, et tire-nous deTiau frache. » 



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$2Ù LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

PiNJON, S, iHm pigeon, 

Lat.T pipio. Ital-5 pfccionr. Bourg., pinjon. Norm. et 
V\<i.^ pinf)Coa. J^tov.. pffon. WM., ptrlon. pàclon. Vx, fr., 
pignon, ptpon^ penjon, 

PiÔLÉ, adj., qui a des taches de rousseur ; « Ah! voui, je 
roQunais; y é c'tu qu*é tout piûlé. ï) 
Berry» Mo»*v. et Vx. fr„ plùU\ (Y. Plpolè.) 

Pi6ne, s. f-, pivoine. 

Lnt,T^cl'0^it^7. MùX.^pcoaia. Genev., /ïtcoi/ie (masc.). Norra., 
ptone. pfaïimc. i^iQ,, pionc. Poit., pilonne. Rouch., pîouc. 
Vx. fr-T pjfone. 

PioucHE, S. f-, pioche* 

Bas-Lat.^ />/ot'ff,*ï. ^evry, pieuche, plcuche^ Morv., ptnuche, 
ptècha^ Vx , , pîochct^ pîcachc. 

PioucnivR, Vptr,. piocher, 

BeiTy, pteftchùr\ pleuchcr. ^ourg., pfcûchaLMorv , ^pienclterj 
pictfccr*. V^x. îv., piocher . 

PiPEK MOT (ne pas), loc, ne pas souffler mot, nt* Hen dire, 
Morv,,, ptper mot, Vx, piper. 

PiPiE, s, f., pépie, r n comniod i té bi en fféquera ment ressentie, 
et qu'on augmente en cherchant à Tapai s<^r. Lo ciouplet 
suivant est trop d*â- propos pour ne pas être cité» Les 
buveurs le chantent à cœur joie : 

Helfi! hcln! huitrons f^onc 
Dv rr ji t j4 , ïû n t eU fr tt t ' fl a tn Onde ! 

Hein' hein* heùrfm& donc 
Dti ce jns, car âl è hwi! 

Si j'n'e/i lioûcins p/yg. 

J'ai vins la pîple; 

Si f n'en Uefuin^ pas, 

J'alrins hî hpnpla . 

Je ne suis pas fixé sur le sens de ce dernier mot^ ^ue 
]'ai aussi entendu : lampia. A moins qu'il ne veuille 
UTïpnmer le besoin de lamperf. . . (V. StHier.) 

T.at,, pUfff'/a. Il ah, plpli'f. Bourg. . pif de, (i^nev., pipi^ 
Lini., prprdo. Lyon., pi/â, Morv.. piprp. Pi'ov., peplda, 
Rouoh.. plpie. WalL. popln. peprdn. Vx, fp., pépie. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-GHALONNAIS 321 

PiPOLÉ, adj.,qui a le visage plein détaches de rousseur. 
ÉtoflEe, drap piqués : « Air se creit gemite. Ah ben, 
vouiche! aile é ben trop pipolée. » 

Bress., plpolé, Montr., pipe. Morv., pipà, pipoté. Poit., 
bre^olai, pignerli. 

Le Normand appelle ces marques tachas de son. (V, Pîolè.) 

PipoLER, V. tr., marquer de taches, de points, pointiUer- 

PiQUE (prendre la), loc, se piquer, devenir hostile, se 
brouiller, prendre la mouche. 
Vx. fr., picquc. 

Pique du jour (à la), loc, à la pointe du jour : « Y et ein 
rude piouchoù; ô part à la pique dujbr. » 

Jura, piqueta du d^ou. Morv . , pique, piquette dou joi\ Poit. , 
piquette du four, (V. Pite,) 

PiQUE-FEÙ, s. m., tisonnier. Très efficace pour provoquer la 
mitraillante éruption des étincelles. 

Piquet (compter au), loc, se dit d'une chose importante: 
« 01 évôt pinte dépeû Tmaitin ; quand ôl é rentré, sa fonne 
li a fichu eùne tripotée qui comptât au piquet, n Vient 
évidemment du jeu de ce nom. 
Genev., môme locution. 

Pire, s. m., empire. Rive gauche, en terme de notre ancienne 
marine fluviale : (( Vira de pire! » Tourne du côté d*em- 
pire! c'est-à-dire du côté de la rive gauche. (V, Bronquer^ 
Riaume.) — Depuis que notre mot Bronquer est imprimé, 
J. Durandeau, dans sa piquante étude sur Zeù- deux Bour- 
gognes, a donné une variante curieuse des deux mots Pire 
et Riaume, Il a recueilli ceci : (c Tra-ré » [trmu re^num), 
côté de la Saône appartenant au royaume de France; 
(( tram-pi » (trans imperium), côté du rivage franc-comtois. 
Cela pourrait sembler ingénieux; mais c'est très vraisem- 
blable. 

Pirôle, et PmAULE, s. f., terme dont se servent les mariniers 
pour désigner le repas, les mets : « Préparer la pirole; 
manger la pirôle, de bonne pirôle. » 

U 



322 LANHAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

PisQUE, conj*, puisque : u Pisque y é c'qui, va ben! » 

BsisSonn.^ piei^ffue. Bourg., puque. Genev., puique. Il.-V, 
pisque. Lorï., peaq ne ^ pisque, MéM,, pi-que, St-Am., pichque, 
Vx. fr., puUque, 

Pisse, s. f., pissat, urine: « Ma fi, voui, dans ton escayé y 

sent gros la pime de chat. » 

Cbamp., pîchoa. Genev., pisse. Lille, pîchntf». Mac, pissi 

(pisser), Morv., plchot. Rouch., pissiate, Wall., pichate. 

t 
pjssERÔTE, S. f., pissote, canule, petit canal, gouttière. 

Morv,, pichcrotte, 

PjssûTïAu, S. m., récipient pour le soulagement des buveurs 
de cabaret; parfoiii moitié de vieux tonneau. 
Rouch., pimotidit, 

Pissoû, adj., pisseur, particulièrement le buveur. 

Lille, pichùiix. Morv., pichou, Rouch. , pissiou, Wall., 
ptchaiu 

PiTE, s. L, poule toute jeune, qui n*a pas encore pondu. 
Breas,, pile. Moïitr., pite. Morv., pite. (V. Poùneàse,) 

PiTE, s. L, uniquement employé dans cette locution : « A la 

pite du jor ^), pour r au point du jour, à la pointe du jour. 

Ital.T punta. Bourg., pique du jo. Mac, peque du jou. 

Pfov,, poncha^ punta. Ronoh., piqueté du jour, Wall., pont, 

Yx. fr.^ puifite, poincic. (V. Pique du jour.) 

Pitou, s. nu, putois. 

Bâs-Lat, , pfttacfus. Ital. , pusisola. Berry, chat-pitois. 
Bourg., pitleà, piiù (fouine). Montr., pitou, Morv., pitois. 
Norm., piton. Vx. îi.^ putois, 

PivER, v. intr,, tourner sur un pivot, pivoter. Un enfant dit: 
(( n^ispiver ma fiarde, » quand celle-ci tourne, pour ainsi 
dire, en dormant. 
Bourg,, picai. Champ., pileotter. 

PiYocHER, v, tr., pignocher, manger malproprement : (( Y et 
cÙQ mauprôpe; à ulmi que piyocher dans son eissiéte. » 

Btrvy^ pig nocher. Forez, pignorchâ, Genev., chafouiller. 
Laua,, ^tc/io^rterp hy ou,, pillocher, Nenîch,, pic ho nnef. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNATS 323 

PiYON, S. m., envie, petite languette de peau qui se soulève 
autour des ongles, et qu'on a tort d'arracher, 
Bress., pillon, 

PiYÔT, et PiYEÛ, s. m., thym, plante aromatique utilisée en 
cuisine. Jlyaune sorte de jor^yo^ sauvage, que las bonnes 
femmes vont (( racoter » pour en prépiirer des infusions 
contre le rhume. 

' Bress., pt^^eu. Motv., pouïot. 

Plaice, s. f., place publique. La nôtre a son c6té ombreuxj 
sous ses larges platanes plantés en 1811. 

Lat., platea, Ital., /)ta5'5'a. Bourg., pîaîce y plaice. Mac, 
plautre. Montr., plliaiç-he. Morv., plaice. Pic, plache. 
Prov., plassa, Vx. fv., plachCy place. 

Plaignoû, et Plaignard, adj., qui se plaint, et souvent 
sans raison. 
Morv., plaindou^ plaingnou, 

Plaignu^ participe de plainde, plaint. 
Morv., plaindu. 

Plainche, s. f., planche. Les scieurs de long en façonnent 
avec les longs sapins qui nous arrivent. 

Lat., planca. Montr., plionche, Moiv.^ plainvhe. Pic, 
planke, Prov., planca, plancha, planqua. WalLj plang. 
Vx. fr., planque, 

Plaincher, s. m., plancher, fenil, grenier, resserre au grain 
et au fourrage. 

Morv. j plainché, ProY.^plancat. Wall-, planchL Vx. fr., 
planchier, 

Plainde, V. pron., se plaindre : « On l'entend itiov plainde; 
ma, vouah ! ô né pas si mau qu'ô veut ben dire, » 
Berry, se plainer, (V. Plainder.) 

Plainder, V. tr., plaindre. 

Lat., plangeve. Ital., piangere. Berry, plaïner. Bourg., 
plaindre. Prov., planher, plaigner, plangcr^ TouL, plaigne. 
Wall., p/amrf. Vx. tr., pleindre, plaindre. (V. Plainde.) 

Plain-ne, s. f., plaine. Nous en avons de vastes, couvertes 
de beaux champs de maïs. 



324 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

ïtaK, piana. Bourg., /)ta//ic. Prov., plana, planha, plaigna. 
\x, Ir., plaigne . 

PLAisut part, du verbe plaire, plu. 
Motv.j ptdïa. 

Plate, s. t, bateau plat pour les laveuses. La plate est un 
lieu dtî prédilection pour les « jasons » et les cancans de 
la ville. — Où donne aussi ce nom au grand bateau du 
bac, dans" lequel on passe chevaux et voitures. 
ItaL, plaita. Lyon , plata, platée, 

Platiau, s. m., plateau. 

Lille, piatidfft parler platiau (parler patois). Genev ., plateau 
(madrier). WalL., ptatai^ platiau. Vx. fr., platel, 

Platjne, s. f., poitrine, dans le sens d'organe propre à parler 
fort et longtemps : (( Ah voui! c'té-là, air vous en a eùne, 
de platine. N'y en a qu'por elle! » — Encore aile et elle 
ensemble. 
M^c, platene* 

Plâtrée, s. f., platée, contenu d'un plat copieux. 
Pie. et Vx. it.^ plateléc. 

Playant, adj., plaisant. 

Morv-, pluïa fi ^ plaidant. V/M., plai/ian. Vx. îr., plaisant. 

Plàyi, s. m., plaisir : (( Si jVeins por iqui, y é pas tant por 
mon plàfjL n 

\tà\^j piacerc. Berry, pliasi, plaise. Bourg., plai^i^ piâzi^ 
piaiji, Bve^s., plai/si. Champ., plagi, Dauph., plci:si. Lim., 
plo^éi. Lorr. ^piùhi. Morv., plài^plai/ii, Prov., placer. St-Am., 
ptâ:ti, Sav., pUaisi. Vosg., piahi. Wall., plaisi. Vx. fr., 
plestr^ plaisir. 

PlAvi {au)l loc, cUiptiq., au plaisir! Jetée tout court de la 
sorte, allé veut parfaitement dire : « Au plaisir de vous 
revoir! » 

Plein-nôt, s. m», planche assez forte et large, posée de la 
terreau bateau, pour qu'on puisse y entrer ou en sortir. 

PLE831S, s, m,, haie vive. (V. Bouchure, Palisse.) 



LANGAGE POPULAIRE VEaDUNO-CHALONNAIS ^ 325 

PtE^pRE, el Plôdre, V, intn, pleuvoir. 

Cat., /j^^efc. Itai.t pfODcre. B&rty, pleure, pienn'f?. Bourg., 

pleitGre, pictfvrc. Bress-, piôre. Dâupli,, il plot. Montr., 

p llio « r e , M o r V . , pleure^ p ietufret p teara , p in ire . No p m . , 

pleudre. Prov., ploottre, plattre^ pinoure. Sl-Am., plouvâ. 

Wall,, ptottrj plourc. Vx. Ir.j ptaccir, ploueoir^ ptoooir, 
pliit/r. 

pLEÙë, s. L, pluie. 

Lat., plucia. ItaL, pîoca. Berry, pleue. Bourg*, plonge^ 
pleuc. Br-ess., plâ^^t^i pi^K DauplL^ pîcici. Fr*-Cté, phmfjc. 
Genev*^ plhfje^ pUo^i\ plioihe. Jura, pictftje^ pirtt^ha. LyotJ., 
plaitiir ^&sA., pliauce. Moiitr-, plliouc* Morv.* pienc, pîcuc. 
Pic, plciwe. Prov,, pluviay ploia, pluelft . Rom., phtjr, 
Romh., plitùfv. St~A.m., pîon^G. Salut,! ptetir, pienr, S^v.^ 
plô^îi. Wall., pltmct\ plaie ^ ploie. ¥x. fi\, pbiich\ pliure, 

Pleù MÂCHE, s. nu, plmnage, panache» ornement de coiffure : 
f( Aile a été d'ia noce; alU vous évôÉ ein pieùmàche su son 
chapiau I . * . falot vouer. » 

Ro U ^'g . ^ p ÎG a fi i vj e » // 1 a m r, if] c^plc tt it t e if) t\ QenQV.y pititna ch v , 
MoTY., pit'Hfiiar. Vx. ïr,, piutnaigc. 

PleùmEj s» f., plumo* 

L^t^, pluma. lUL.pinmn. Bevry, plûtime. Boni-g., pi eitme, 
picftme^ plGuniôte. BtGsti.^ pleumc^ pieuoie. Fland,, plvunie. 
L'im.i pluma. Lovr., plcH me. Mâc.^ pleume. Mcrv,, pirume. 
Montr., pllicamc. Morv., pieitmi\ plctime. Prov.y pluma. 
Roooh., ptettfnc. St-Am,, plûma^ Sav., phfima. WalL, 
plamm, plenmG. Vx, fr-., pliunc. 

Pleùmer, \\ tr., plumer, et aussi pnrfois peler, 

B^tty ^ plo mer, pli' urne r (peler). liQ\xy\^^^ pieu mer ^ mettmai, 
¥i^tïA.^ pleamer. l^iovv,, pleiwwr, èpletimer. VqM., piaiuncr 
(muer). Prov,, phimar. St-Ani., plemè. Wall., pleamer, 
ploitmé. Vx. îï\^ plumer. (V, Pùler, Plnrcr.) 

Pleùxiialt, et Plumiau, s, m,, plumeau, et auj^si aile d'oie^ 
dont les ménagères se servent pour ëpousseter, ramasser la 
cendre devant le feu, etc. 

Ben y, /^/t'H//^;/ s (fait d'aile d'oie). Maine, plumas, Morv.^ 
pimuneau^ pleitmâ. Noim,, plumas. Foi t., plumait (d'aile 
d 'oie) . Wa [[.^plcam iau . 



■■^i «» ««'i^ppsiew? 



326 " LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Pleurer, v. tr. etintr., pleurer, et, dans un sens tout,parti- 
culier, mesurer parcimonieusement : « Pleurer la nourri- 
ture à quelqu'un, » la lui reprocher. 

Lat. et Ital., plorare. Bourg., pieurai, Bress., plorer, 
Dauph., /)/oare. G^new . y pleurer (reprocher). Il.-V*, plorer, 
Lyon., plourcr. Montr.. plliourer, Morv., pieuhcr, Norm., 
pleurer. Pvoy . , plorar. Wall., /)/oré. Vx. fr., plurer, plorer, 
ploarcr. (V, Couiner.) 

Pleùvocher^ V. intr, , pleuviner, pleuvoir légèrement. 

B res3., p^^Hcmcr. Genev., plucigner, ploitcigner, Rouch., 
pîucàner. Sav., ploeégner, Vx. tr., plouoiner, pluoiner. 

Pleùvu, 3®pers. s, du parfait de p/ewdre, plu : « Je v'ieins 
eôrî ; y a pleûcu tôte la jornée. » 
Morv. j phatiH. * 

Pl6t, s» m,, billot, escabeau, bloc de bois scié dans un gros 
tronc, et sur lequel la cuisinière hache sa viande, ses 
herbes, etc. On entend souvent dire de quelqu'un qui a le 
sommeil lourd \ « dort c'ment eùn plot. » 

Bas-Lat.^ ploda. Berry et Forez, plot. Fr.-Cté, éploion. 
Genev. et Lyon., plot. Montr., plUot. Morv., piot, pioton^ 
plot, plate. ProT., plot. Sav., plô. 

Plote, S- U, pelote, las, amas de diverses choses. N'est pas 
le féminin de plot. 

Lat,, pria. ItaL, ptilota. Berry, pelote (du fumier). Bourg., 
pehàtG. Prov-, pelota^ pilota. Vx. fr., pilote^ pelotte, 

Plùciier, V, trans,, éplucher. 

Lat., pîlare, Ital., piluccare. Genev., pluchcr. Pic, 
èplulier, ProY.t pelacar. Vx. fr., esplucher, esplucier, 

Plùchons, s* m., épluchures, rognures. 
Genev., pluchorts, 

Plurer, V. tr., peler, ôter la pelure d'un fruit. 

Morv., pleumcr, poler (un arbre). Norm., plurer, Prov., 
pclar. Vx, it.^pdiùr. (V. Plcwner.) * 

Pô, prép-, par, et aussi : pour. N'est pas exclusivement 
employé. Por ink rvient devant une voyelle. C'est affaire 
d'oreille. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAI8 327 

Lat. et Ital.,per. Bourg., po, Lorr,, pa, Mù.c,, pre, Prov., 
per, Rouch., po. Vx. fr., per, pai\ (V. For.) 

POCHE, s. f., pêche, action de pêcher, et poisson qu'on a 
pris : (( Eh benTmon gas, la poche â-t-éle bonne? » 

Ital., pesca. Bourg., /)ôc/ie. Bress. etMontr., poche. Morv., 
pouéce^ pouache. Wall., peh. Vx. fr., poische^ pesche. 
(V. Pôchouse.) 

Pocher, v. tr., pêcher : « J'm'en vas au Doubs, pécher la 
friteùre pou le dîner. » 

LaX., piscari. Ital., pescare. Bonvg.y pochai^ poché. Bress., 
pocher. U}*-Notm.f pêquer. Morv., pouâcher. Prov., pcscar. 
Roneh., pêquer St-Am., /)éct. Wall., pehi. Vx. fr-, pesxier, 
poec hier fp CSC her. 

PôcHERÔTS (rats,, loc, rats pêcheurs; rats d'eau, qui font 
concurrence à l'homme pour la chasse au poisson. (V. Pô- 
ohoù.) 

PôcHON, s. m., cuiller à pot, louche pour servir la soupe: 
« L'goiafe! ô mainge ses gaudes à plein pochon. » 

Genev., pochon. Mac, pôchon. Morv. , /?0(c/ie. Rom., 
poçon. V/ M., pochon (pleine verrée). 

PÔCHON, s. m., tache, pâté d'encre : « Que p'tiot saligot! Su 
toutes ses pages ô n'fait qu'des pochons. » 
Rouch., tacon, 

PôcHoù, s. m., pêcheur. Aux bords de nos deux rivières, 
chacun l'est. Un fantaisiste nous disait : « Chez nous, 
tout entant vient au monde une ligne à la main. » 

Lsit., plscalor. lt3L\., pescatore. Bourg., Bress. et Montr., 
pochou. Morv .^pouâc hou. Prov ., pescairejpescador.Roxich.^ 
pêqueux. Vx. fr., pescherre, peechiere, peschcur. (V. Po- 
cher ôts.) 

Pôchouse, s. f. Ce mot n'est pas le féminin de pôchoù, 11 
daigne une matelote particulière assaisonnée au vin blancs. 
Cette manière d'accommoder le poisson est spéciale aux 
bords de la Saône. Verdun est si renommé pour la con- 
fection de ce mets, — son mets national, — que des 
gourmets viennent de Beaune, par groupes, par bandes, 
pour s'en régaler. Le goût prononcé de nos voisins rend. 



388 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

par périodes, le poisson relativement cher dans le petit 
pays. 
Bresa, et Montr-, pockonse, (V. Meûrète.) 

PÔDRE, 3. f-, poudre, et tout ce qui est pulvérisé. 
MâCp, pcudrc. 

P6fer, V. intr», pouffer, éclater de rire en s'efforçant de se 
contraindre : « 01 étot si drôle; ô nous Vsàt po fer.* )^ 
Bourg., pàfai. • 

Poi, s. m,, pois, petits pois. D'un dormeur dont l'haleine 
bouillonne, un dit qu'il « sôflé les pois ». 

L;^i.^ piùum. Bourg., pot. Rouch.,pos. Wall.,pea. Vx. fr., 
polx^ pold. (V, Sôjîer les pois.) 

Poj, s. m,, poil, cheveu, brin d'herbe, menue chose : « 
n'vout rau fâre du tout; ôl a ein fameux poi dans la main. » 
Lat,, pilns. Ital., pelo. Bourg., poi. Gasc, prieL Il.-V, 
pa.pai. Lim.tpiaou, Montv.j poi, Movw. ypoué. Poit. ypiau. 
Prov., pf'ow, pe^ pelhf pcil. Saint., pau, Sav., pâ, pioeu, 
TouLjpc/. Vx. ïWf pau, peil. (V. Piau.) 

Poi-FOULOT, s. m., poil-follet, duvet. Se dit aussi bien de la 
jeune barbe qui pousse, que des plumes des jeunes oiseaux 
et de la première toison des moutons. 
Morv,, pouèfouht. Poit., pifolet. Rouch., sot poil. 

PoiLOÙ, ad]., poilu, velu. Se dit de l'homme, de l'animal 
et de la plante. 
Moi'V . , [toHêlou. St-Am . , pœaleà, 

PoïNTERj V. inlr.j poindre. Se dit du jour, soleil levant: 
« s'ieùve à boune heure, pou vouer pointer l'jôr. » 

Lat.j pnngcre. Ital.^ spuntare. Cogn.^ pointer, Prov., 
piinger, ponger., poigner, Vx. fr., puindre. 

PoiNTUSE, adj, f., pointue. 

Lim., pounchada, Prov., piinchuta. Vx. fr., poinctue. 

Poiré, s. m,, muraille. 

Lvit,, paries. Ital., parete. Norm., parei. Prov., paret, 
WalL T par&us&, pareuie, Vx. fr., pareit, paroy, parey, 
parùit, (V. Parai,) 



LAftlGAOE POPUUVmB VERDUNO-CHALONNAIS 3^ 

Poison, et Pôïon, s. f., poison : a Qu'é-ce qu'y é que o'qui? 
Jéte-s-y vite; y é d7a jooisonj)— Le vieux français a main- 
tenu cemot féminin jusqu'au milieu du XIV® siècle. 

La.t., potio. liai,,, po^ione, Berry, poison. Bourg,, pouj^on. 
Cogn . , poéson . Genev , , poison (fém . ) . Lim . , pouèisou , Morv , , 
pouillon. Prov., poiso^ oysou. St-Am., pwa/on. Sav., 
poàson. Vx. h, y poison (fém.). 

Poison, et Pouéson, adj., épithète injurieuse donnée à une 
méchante femme : « C'te mauvâs'-là, n'ii parle point; y et 
eùne vrâ poison, » 

Poisse, adj., poisseux, gluant : « 01 a tant patrouillé ses 
peùrnes, qu'ôl en a les mains toutes poisses. » 
Berry, pèg eux, Vx. fr., poisseux, 

PÔLER, V. tr.. peler, arracher le poil : « Mon Diou! à que 
c'qu'i r'sembe, d'avou son chapiau tout pôle! » 

MovY,, polepy pèoler. Prov., polar. Vx. tv., peler. (V. PUà- 
mer.) 

PoMÂcHE, s. f., mâche, doucette, blanchette, « salade de 
chanoine ». 
Montr., pommâche, Morv., pomâche, 

PoMEiLLER, V. tr., visitcr des engins de pêche sans les enlever 
de Teau. 

PÔMON, s. m., poumon. 

Lat. , pulmo. Ital. , polmone. Bourg., pômon, Bresa, , pormon- 
Genev., polnion. Prov., polmo, pulmo, Rom., pommon. 
Wall., ponion. Vx. fr., pomon, polmon^ poulmon, pulmun, 

PôNER, V. tr., poser, mettre en place. 

Lat., po/ierc. Ital., posare. Champ., poner, Foppz, pond. 
Genev., pôner (payer, contribuer). Lim., douné, Prov., pausa^, 
pausar, Vx. fr., pouser^ poser. 

Poncer, v. tr., éponger, enlever l'humidité avec uneépongfi. 
Norm., épinger, Rouch., ponger. 

Pontenier, s. m., pontonnier, passeur préposé au bac, celui 
qui, glissant les mains sur la corde, fait filer le grand ou 
le petit bateau d'un bord à l'autre de la rivière. 



330 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Berty, panionnier'. Bourg., pontenei. Bress., pontani. V. fr., 
ponioaier. 

PoQUE^ et PoucHE, s. f., pochc. 

Bas'Lat., puncha, Berry, poche (sslc). Norm,, pouque. Vosg., 
pcuchCf pâche^ pouche. Vx. fr., poque, pouche. 

PoQUER, V. tr., atteindre. Verbe usité entre les enfants jouant 

aux billes. C'est toucher la gobille de son partenaire avec 

celle fju on lance d'assez loin. — Pris quelquefois dans le 

sens de laisser : « Poque-me iqui c't imbécile. » 

F r.-Cté, plaqua, Eure-et-Loir etPoit., poquer. (V. Chiquer.) 

PoQuÉTE* et PouQuÉTE, S. f., petite poche, pochette. 

B^s-Xotm. j pouqueite. ll.'Y*, pouchette, Vx. fr., pochette. 

PoR, prép., pour, et par. Po devant une consonne. 

Lat., pro. Ttai., per. Berry, prâr. Bourg., po, pôr. Bress., 
per. Dauph.^ pé- Lorr., po, pou. Mac, /)rc. Morv. et Pic, por. 
StrAm.. pre, pëî\ Sav., pé, Toul., per. Vx. fr., pro, por, pur. 
{V. Pô, Pottre.) 

Por iqui, por ilai, loc, par-ci, par-là. 

Bûtirg-, por iqni^ por ilai, Mac, premequié. Morv., porqui 
parlai^ poarqvi pourlai. 

PoRQCÉj conj. et adv., pourquoi. 

Ual-, perche. ^Q\xvg., porquei, poquei, Sa.v.^ parcâ. Wall., 
pokoL Vx. fi'.3 porquei, porcoi, pourquoi/, 

Portail, s. m., porte d'entrée, grille : « s'ét érâté dVant 
V portail delà c6r. » L'entrée la plus minime est portail 

L(it-,/Jor^rt.Bas-Lat.,/)or/!a/e. Berry, por tau, portai. Genev., 
pùf'iaiL Morv,, portau, Wall., poirtâ^ poirtau. Vx. fr., 
portai, portau. 

Portant, conj.j pourtant. 

hoavg., potan. Vx. fr., pour tant, 

PortefkiIeyk, s. m., lit : (( J'ai seûne; i va m'fôrer dans 
Vportpfeùuje, u Cette appellation originale est fort en usage, 
comme celle de u chapelle blanche », qui signifie la même 
chose. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAI3 331 

Portion, s. f., potion, remède qui n'a pas toujours les sym- 
pathies du paysan. 

luB,t., potio, liai., po^^lone, Genev. et Lyon., portion. Vx. 
fr., poclon. 

PoRTOû, s. m., porteur, commissionnaire. 

lta.\., par tatore. Bourg., pôtou. Pic, .porieux. Prov., por- 
tador. Vx. îr. y parterre, porteor. 

PoRTu, S. m., pertuis, trou, trouée. 

Lat., pertusus. Ital., pertuso, pertugio. Berry, partns:^ 
pertus. Bourg., pota. Bress., petiu. Daupk., pfrlKs. Forez^ 
partu. Fr. -Cté, pouéhu. II. -V et La^ng,, perlus.hyoa.,partuSj 
partsu. MêiC. , pretu. Montr., pour tus, pour tnsi. Morv., ;>er^r- 
teu. Pic, pertuis (d'aiguille). Pvov., parias, pertus, partais. 
Renn., pertu. St-Am., goulë, capoû. Suiss. r,, perte, pcrtL 
Toul., trauc Vx. tr., partuys, pertruis, periuiks. (V, Cvdt.) 

PoRTusER, V. tr., creuser, trouer. 

Bat-Lat., pertusare, Ital., pertugiare. Bôrry, portuser, 
pertuser. Bourg., potusaL DaL\xi^h.,pertu^olè. Fovei ^ paHiua. 
Mac, pretusi. Morv., peurtuïer, peurtajer^ RûuKt pertnsar* 
Toul., trauca^ Vx. fr., partuiser, pertuisier^ pertut/ser. 

PoRvuQUE, loc. conj., pourvu que. 
Sav., parci qu\ 

PossiBE, adj., possible : « Y ét-y ben Dieu po.ssihe! )) 

La.t., po s s Ibilis. Ital., possihile. Berry, posa t ble (p&ut-èir^y 
Bourg., possible (peut-être). Lim., poussibtè* Frov . ^ possibh. 

Postillon, s. "m., languette de papier, ou carte percée^ enfilée 
à la ficelle d'un cerf-volant, et qui rejoint celui-ci q^uand 
le vent souffle. Très employé jadis. 
Lille, postillon. 

Potée, s. f., soupe épaisse et savoureuse, dans laquelle on a 
mis, avec la viande ou le lard, toutes sortes de légumes, 
(îhoux, pommes de terre, haricots, carottes, etc. Grand 
régal des paysans. 
Lille, potée (mesure pour les liquides). Wall., potaic. 

PoTER, V. intr., péter. Une femme, qui ne voyait rien au- 
dessus des agréments (?) de son homme, lui disait : « Poie^ 
pote, m*amie; y é du bonbon. » C'était délicat. 



'il ii^in^ii^f«»«!^^^^i^^ 



932 tANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

LaX., pederc, Ital., spetessane, Bonrg.^ potai. Prov.^ petar. 
Sav., /)(r^^d. Vx. fr., poivre, 

PoTET, s* m,, petit pot, encrier : (( Je n'peux pas écrire; 
j'n^ai pus dVncre dans mon potet, » 

Bas-Lat., potellm* Bourg., peu^ pô. Forez et Fourgs, poulet. 
Fr.-Cté, poiitot, Jura, potet, poutoL Lorr., poutat^ pota. 
Lyon, el Morv., potet. Pic, potequin, Poit. et Saint., potet, 
TonL^ poutet. Vx. ît,, pos, pot. 

PoTiAu, a, m., poteau, pilier. 

\iàUf paîo, Ptov . j postcL Ronch,, potiau, Wall., posstai, 
Yi, fr., pûstci. 

PûUDRiYEB, V. tr*, éparpiller, semer autour de soi; répandre 
de la poudre, poudrer. — Au fig., chercher à paraître: 
« Pou fâre ses embarras, ô n'é pas manchot; ô poudrille 
prou, » 

MoatT*, poudriiler. Ronch., pourcr. Vx. tr., pouldrer, poul- 
droier. 

Pouë, et Pour, s. f *, peur : « Va donc ! a pas pouë! » 

Lat.^ paeor. Ital-, paura. Bas-Norm., poiiœ. Béarn., poou. 
Bourg., /Jéft, pô (prononcé pôë). Bress., po. Dauph., pou. 
F F. -Clé, potte. Gasc. /JOOM. H"-Mn«, poue, Il.-V*, pou. Lim., 
pàu. Mac, />o«, pacH. Montr., po. Morv., pcu^ pou, Poit-, 
poa. Prov., pacoï\ paor. St-Am., pô. Saint., pour. TouL, 
poou. Vend., paofir. Wall, ipaicou. Vx. tr.,poû,poor, poour, 
paor^pcor. 

Pouégè:, s. Lf poix. 

Lat,, /JtJT. Bas-Lat-, pega. Ital.,/)cce. Auverg.,p6't/e. Berry, 
pèjc. Bress., /ïcj^f. Dauph., /)e^t. Genew., pè g e^pègue. Lang., 
pc(jo. Maine, paige. Montr., poigc. Morv., poué. Prov.,/)6's, 
pej, Rom., pégue. Sav.^pé^e. Suiss. r.,pedge. Toul., pego. 
Vx . f r . , pège, pcl^, p ois . (V . Parasine . ) 

PouEiN-NE, s. f., peine : « Ah! voués-tu, d'avou tes bouderies, 
te mïais prou Û^\;i pouein-ne. )) 

Lat,, pœna. liai , pena. Bourg., pone. Bress., pinna. 
Daupti. et Fr.-Gti^, panne. Lim., peno. Lorr., pouène. Mac, 
painne. Meas, .^ poine. Montr., poin-nc. Morv., poigne, 
poingfw. Vic^, poine, peigne. Rouch ., poine . Si- Am ., penna. 
Sav.j^âAa. WalLj/3()/ia. Vx. ir., poine, poency paine, peyne. 



^cihéiéÊÊîi^^ 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 333 

PouÉRE, S. f., poire. 

Lat., pirum, Ital., pcra. Berry, poise, pouèse. Genev,, 
potre (masc). Movv,, pouée, pouère. Si- A.m.j pare, Vx. fr., 
poire, père, 

PouÉREi, s. m., poirier. 

Lat., />Jras. Ital., pero, Bevtjy poisicr. pouéuor^ Bourg., 
pàrei, Lorr., poirèye, Morv., pouerè, pait-è. Wali., pcri. 
Vx.fr., joerier. 

; PouÉssoN, s. m., poisson, ressource de nos deux rivières, 

• Lat., /)tscts. Ital., /)escto/ic. Art., posson. Lille, ptchon. 

\ Lorr., pouchon. Morv., poaâclion, pouchon. Pic, ptsson^ 

pichon, Prov., peisso. St-Am., pâchon. Suiss, r., pessoa. 

Wall., /)tsso/i, pichon, pehon. Vx. fr., pestions pcisson, 

! PouÉTRiNE, s. f., poitrine. 

Lat., pectus, Ital., petto. Bourg., poitraî/jnCt poUvùnt^.. 
i Prov . , peitrina, pecirina. Vx . f r . , peltrlnc% pcirtne^ poicirlnr., 

PouGNE, s. f., poigne, poignet : « Ahl Tbigre, q\iépoagae 

qu*ô vous a! » 

' Lat., /JW^^rns. Ital., /)Wi7/io.' Berry, ;)Ow^/ieL Gcnev.j pongae^ 

I pogne. Movw., pouy net. Prov., punh, poing. Rom., paangne^ 

Ro\ich,,poine,pogne. Wa\\., pougnet, pOHniet^poffn. Vx.fr., 

i poignes, poingnes, poin, puing, puinz. 

PouGNiE, s. f., poignée, ce qu'on tient dans la main. 
I Berry, poug nie, Bcmrg., pog nie, Lyon., pagnato. Montr.» 

pougnie. Morv., poingnie, pougnie. Pic, pulgme, Poit., 
pougnage. l?tov , , poahada, punchada , Rom, ^ pagnle, Rouch., 
pognie. Suiss. r., pug na, potigna,W a\i,, pougnif\j}onifn<.'ie, 
Vx. ÎT.t poingnie, pugnie, puignie, pniiiniù. (V. Pougnon.) 

PouGNON, S. m., petite miche que les ménagères font pour 
les enfants avec le restant de la pâte; gâteau lait d'une 
pougnie de farine. 
Montr., jooaij'/io/i. Vx. ir., époigne (gâteau). (V. Potignie,) 

Poui! interj., pouah! fi! Exprime le dégoût, la répulsion: 
(( Poiti donc! poui caca! )) dit-on aux erifimts pour les 
empêcher de toucher à quelque chose de malpropre. 

Bourg., poui! poue! Bress., poui! Sav., poaai (poï*c). 
Vx. fr., pog! 



JUANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

PoL^rLLE, ei PouiLLÔT, S. m., pou. 

Lat., petltcttlus. ïtal., pidocckio. Berry, poueil. Bourg.» 
Bpesa. et Fr, -Cié^ pouille. Lyon., piu^ piou. Montr. et Morv., 
pou iilo t. 'Poit.^ poueil. Vtoy.^ pesolh^ pcsoill^ pcoilL Saint., 
potiiL Suis3, r., piau, Vx. fr., paou^ pou. 

Fouiller, v. tr,, chercher et ôter les poux, plutôt avec les 
doigts qu'avec le peigne. 

Berry, peuilicr. Bourg., poaillai. Morv., dépouillener, 
Vx. if.ypooiller. 

PouiLLoû, adj., pouilleux, misérable. S'emploie pour inju- 
rier : << Ohl Vpouliloù! » dit-on à un traînard, fainéant, 
mal accoutré, 

Lat., pedÎGitlosus, Ital., pidocchioso. Berry, poueillou. 
ï^ourg. j pauUlou^ pouilleu . Bress. , pouillou.FoxiTgs, pouaillou. 
hy on. ^ poultia^ puillu. Montr., pouilloux. Movv., pouillou. 
Prov , , pe^olhùs^ peoillos. St-Am . , picidijcû, 

PouiFSERj V. tr., puiser, de Teau, etc. 

Ben'y, poigcr. Bourg., polscr. Champ, pouger, Morv., 
potih'r,poitjer. Norm. et Pîg. jpucher. Prov., po^ar, Suiss. r., 
pouaisi. Vx. h. ^ puiser. 

PouiT, s. m., puits. 

Lat., palûiis. ïtal-, posjso. Bourg., po^/ê. Lang., pous.lAm.^ 
perj. MontT. ^ poulis. Movw. , pouè. Pic, puche. Poit., pouè. 
Prov., pou^ pout^. St-Am., pwâ. Suiss. r., poué. Wall., 
pusse. Vx. îr.,puch^ pais,pui. 

PoïJLÔT, s. m., jeune poulet. Il y a, en Bresse, une chanson 

du Ricochet, qu'on appelle la chanson du Poulo rouge. 

lUX.^^pùUastro. Bourg., poulô, poulcii. Bress., poulo, palet. 

Forez et Lyon,. plUioty plllotta. Montr. et Morv., poulot. 

Prov., polet^ pollat. St-Am., poule. Wall., polet. 

PouLOT, adj. employé dans les deux genres. Expression 
d'amitié, terme de caresse, qu'affectionnent surtout les 
enfants entre eux : « J't'ain-me ben, mon poulot, ma 
poalbte, » ^ « Y et eun gentit poulot. » 
Montr. et Norm , , poulot. 

PouME, s. f.. pomme. 

Lat., pomufif. Ital., ;)omo. Berry, poume. Bourg, et Forez, 



p^*"^" 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 335 

pome. H**-Auv., poum (masc). Lille, pun, Lorr., peume- 
Lyon., poume, pouma. Montr., poumme. Morv-, ponme^ 
poume. Pic, peinie. Prov., pom, Kouch . , pun^ peun. St-Âm.f 
pouma. Saint ., poume, Vx. fr., pume, pome. 

Poume d'amour, s. f., baie du pommier d'amour (amomB 
des jardiniers, oranger du savetier). 

Poume de tare, pomme de terre. 

Lille, pun-df-tlcrre, Rouch., peunetiére. Voeg., quemotie 
de tiare. (V. Tarteujle.) 

' PouMB d'orange, s. f., oraugc. Dans Olivier de Serres oa 
trouve ces dénominations : pomme d'orange, pomme de 
coin, pomme de grenade, etc. Dans une chanson populaire 
on a ce vers : 

Aux quatre coins du lit z-y a quatr' pomm's d'orange. 

Berry, poume d'orange. 

* 

PouMEi, s. m., pommier. A Mellecey on chante, aux nocôs^ 
une chanson du Poumei. 

Ital., pomiero. Bourg., poumei. Lorr., pemei^ pemèt/e. 
Montv., pounmè. Morv., ponmé, poamè. Prov., pomcr, po* 
mier. Roxich ., peu micr . Vx. fr., pumer^ pomier* (V. Dvpar- 
tiau.) 

PoÙNER, V. tr., pondre. 

Lait . y ponere , Bevry , pouner. poner, ponre. Morv,, poner^ 
pouner. Normp. , ponner. Poit., pougner. Prov*, pounar^ 
Vx. fr., ponner, pouner. (V. Grouer.) 

PoÙNEÛSE, s. f., pondeuse, poule qui pond. 

MovY. ^ poneuse^ pouneuse. S^rth . , poneuse . (V. Pile.) 

PoÙNu, part, de pouner, pondu. 

Champ, et Morv., ponu. Vx. fr., pont, pouna, 

PoùPONER (se), V. pron., se poupiner, se bichonner, se parer, 
se friser, comme on ferait d'un poupon . 
Gène V . , se pouponner . » 

PoùPÔTE, s. f. huppe. 

Lat. et Ital., M/)«/)a. Berry, uhe, duhe, MonÈr,, poupoito^ 
Prov., upa. Vx. fr., hupe, puput. 



3t& LAMGAGE POPULAlitE ¥ER1jUNO-GHAL04NNAIS 

PooRCiAU, S, m., pourceau* 

Lai,, porrf'thfs. ftal.» porcetlo. ll.-V, ponrcîau. Pic^ 
porchit^u. Frov., povcel^ porccÂh^ WalL, pottrsaiy pour si a. 
Yk* if., porcel^ potirceL portlauj porctmti. 

PoÛRE, prép.* pour; « Vous bauîez tôjor poure rion. » La 
finale de oe mot est des plus accentuées, de sorte que 
H pour rien » se prononce : poureàrien (la seconde syllabe 
comme la prejuière à'heareus). — Plusieurs ne disent déjà 
plus ran : u Y é hé seùr, dit le vendeur à Tacheteuse 
économe, vous voudrefns que j'vous bailUsse tout c'qui 
poure rien^ * {V, Pov,) 

Pou RE E, s. f. , sorte de planio ligneuse, qu'on trouve volon- 
lierâ dans les haies, Trt^s recherchée des enfants pour sa 
saveur sucrée. — Fait partie, comme Vèternht et le tendron, 
des friandises naturelles que les jeunes écoliers vont cher- 
cher dans les prés et dans les champs. — Lecomte Jaubert 
donne : Aer65fx*/a^oa^n'e (cousoudeotfictnale), et rappelle 
enco re sa iy ne- la ng u e^ 
Vx» fr., poarrèc (poirée). 

Pour6t, et PôtiÔT, S- m,, poireau. 

L^t-,porras^ ItaL, /lorro. Berry, pourée^ pottrîèes poureau^ 
poarlau. Bour^. ^ porrà. Genev, ^t Lyon ., pourrcaa . Morv-, 
ponréej porèe. Pic.» porion, porgeon, Prov,, porr^ poyre. 
Kom.^ poret. Sav,, porre* WalL, par au Vx. iv^^ poiHau, 
porreau. 

PoÛroù, adj., peureux, timide. 

Ital-^ pauroso. Bourg., poirou, poreux. Lyon., ponron. 
Morv-, potiron, poirou^ pùtmou, Pvo^ ..paoros, pacoros* WaU, » 
patcQurrAf. Yx. t>., paoros, peûros^ paourctuc. 

l^ouuKRiEz, 2^ pcrt^, pL, cond. de pouDot, pourriez- — Les 
iTCH ^t 2"^"* pers. pL de ce temps des verbes en noir: 
savoir, reDoir, etc., subissent presque toutes 11 ntercalation 
de la syllabe re (très fortecaent prononcée). 

PoussERÙTE, s. f., poussière, celle de la paille brisée par le 
fléau, d*abord; puis» par extension, toute autre poussière, 
Bourg,, pousse rôle, pousse Ire. pourîere. Bresa-, pans sire* 
Fi.'Cié^ pousseroUc^ Liikt pouretia. Lim. , poitssteiro. Morv. 



f 



* LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-^CHALONNAlS 337 

potta,^erotle (neige fine). Toul., poalbcro. Wall., poureiie^ 
Vx, fr., pofUcicr, potmerc, (V, Poasmt,) 

PoussÔT, s. f., petite quantité, parcelles d« poussière* 

Boupg-, pouBsô^ poiisseii. Fr. Ctéj pousse^ paussot. Lyon.j 
Dûussa. Morv-, pon^sott poitssié, St-Am., pocha* {Y, Pons- 
sera te,) 

Pouvoî, V. tr., pouvoir. 

Lat-, posse. lUL, potcrc. Bourg., pôcoi. Daupb., poceî. 
WM.f polear. Yx. fr.» podcr^ pocr. 

Pou vu, parf. du poucoî, pu : (( Je v'ieins tirer les Roués ; 
j*ons pas pQiimu faute à Colas, qu^étèt bé mau. j» 
Môrv, et Kouoh.j poHtu. Wall., pocit. 

Pbe, -adj, abréviatif, premier. Du langage des enfants, dans 
TOUS les jeux où ils ont à donner des numéros d'ordre: 
<t Y é moue Vprei loué, T-se; toué, Vder. » (La pronon- 
ciation est tout simplemeut celle de la première syllabe 
de : premier, second^ dernier.) 

Berry et Bourg., ï/re«. LIUq, premme. Norm., prm. (V. Se 
Der,) 

pREMEi, ad]., premier. 

h^i.^primus. \t?^,.^p^imle^Q. Bourg., prcmei, lj>rf.,premcL 
Mac, pre/nt\ Mùfv , ^ petirmà . Prov.,priïïU'f\prùmûr. Roue h., 
preunie. Wall., prumL Yx. fr., prctncr. (V. Fre,) 

Prendë, V. tr-j prendre. 

Lat, et ItaL, prendcre. Berry, preare. Bout^., pr are, pare. 
Morv.» prearc. Pic.^ prindr.. Pmv., penre^ prcfia\ Wali., 
preincLYx. Ir.f prcnde^ paure. 

Prés- BÂTA RDS, s. m,, prés situés au fond des vallons, ou au 
bas des pièces cultivées^ dont ils reçoivent les eaux. Ont 
une grande ressemblance avec les près-de- fauche, (V. ce 
mot.} 

Prés-dE' FAUCHE, s. m., près arrosés, situés au bas des 
collines, sur le bord des rivières et des ruisseaux, — Dans 
le Cbarollais, on distingue trois classes de prés : iBSprès- 
de-faucfiGt les prés-d' embouche t et les pâguiers. {V. Prés- 
bâtards*) 

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338 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAI9 

Prés-d'embouche, s. m., prés situés sur le versant (Jes 
coteaux, et destinés à l'engrais, au vert, des bêtes à cornes. 
(V. les deux mots précédente.) 

Presse (avoir), loc, être pressé de..., avoir hâte de... : 
a Tons presse de vouer not'gas r'veindu. » 
Morv., aPûtV presse, 

Pressouèr, s* m., pressoir, dont les approches ne sont pas 
sans da^uger quand il fuit couler le vin doux. 

L^t. ^ prassorlani. Bevvy, pressoué^ persoué. Bourg., treâ, 
Norm., permax. Vs, fr., pressoar^ pressouer, (V. TreuiL) 

Prête, s* m^t prêtre, 

Lat., prcsbf/let\ IVïi., prête. Bourg, et Morv., prête. Prov., 
prûùe^ preceire^ prestrv. Wall., prycss. Vx. fr.^ preeeire, 
proreire, pramire^ pvovoîre, prestre, prebstre. 

Preij, s. m-, provîn. 

Lat., propago. itah, propaggine. Berry, prouin, peroui/iy 
prognis. Bourg., preu, Prov . ^ pr^baing,. Vx. ir,, prooain, 
pùuvcaifi. 

Preiimener, V. tr,p promener, conduire. 

Lat.j pronunare. Berry, pourmener. Bou,rg., promeuaait 
parnie/iai^preumenai. Dauph.,/>ro/?ie/ia. Morv., promouùgner. 
St-Am., premené. Wall., porminé, Vx. îr. ^ pourmener, 
proumûnçr . 

PBEÛP03, S. m., propos, causeries, potins. 

Lat-, proposUam . Berry, perpos^ prepoux. Boi;u*g., propôy 
prcpô. Dauph., prapou. Lim., pèrpàà, Lyon., parpous, 
Vx. fr,, propos. 

pREÙ POSER, V. tr., proposer. 

Lat . , oropo/iere . I ta l . , /j roporre. Berry, perposer, propouser^ 
Bour^., proposais St-Am., prp/^cà^'é. Vx. fr., proposer, 

PbévenÎ, V. intr., provenir : « C'te montre que t'voué^j» aile 
se dérange jamis. Aile me préoeini d'mon grand. )) 
L^i., proc entre ^ GeuGV., preoenir. Vx. tt., provenir. 

pRiJON% s. f., prison. 

Lat*» prehcnsiQ. ItaL, prlgione, Jura, prigeon, Morv., 
prijon^ prihon, Pr^v , , preisô . Wall., prihon, Vx. fr., prison, 
ùrisun. 



^. 



LANGAGE POPULAIRE VBRDUNO-CHALONNAtS 339 

Prijounier, s. m. , prisonnier. 

Ital., prigioniere, Morv., prijongné, PrbV., prèisonier, 
Wall., prtViair. Vx. fr,, prisonnier, 

Prisoû, adj., priseur de tabac. Ils n'ont pas toujours été 
sympathiques : Amurath IV les faisait piler dans urt 
mortier. C'était radical. 

Prô, adj., près, proche. 

Lat., prope, Ital., pressa, Lyon., prochi, Pfov.^ près^ 
St-Am., pré, Toul., prép. Vx. fr., pre:^, près, 

Prôcher, et Prâcher, v. tr., prêcher. 

hsit,, prœdicare, ItaX,, predicare. Bourg., prochain proche, 
tfeiuph., prêchié. Lorr., prâché, Ppov., predicar, prc:jicar, 
St-Am., prèsè. Wall., préeki, Vx. fr., prescher, preeschier^ 
preechert pretier, 

Prôpe, adj., propre, qui appartient à, convenable, net: 
« Vouah ! y et ein prbpe à ran. » 

Lat., proprius, Ital., proprio. Bourg., prôpe ^ Morv., 
prope^ peurpe. Prov., propri, Rouch., /)ro/)c. St-Am., peà- 
prou, Wall., /)ro/)e. Vx. it,^ propre, 

Prôpeté^ s. f., propreté. 

Bourg,, prôpetai, Morv ,, propHé. St-Aûi., peâpreiô. 

Prôt, adj., prêt, préparé à. 

Lat., paratus. Ital., pronto. Bourg., prot, prao. Lorr., 
prâé, Morv., prôt, Prov,, prêt, prest, St-Am ., préioii, Y s., fp., 
prejs^, prest, 

Prôter, et Prbûter, v. tr., prêter. 

Lat., prœstare» Ital., prcstare. Berry, preâter, Bonrg., 
preâtai, horr, , prâté, Morv ., prôter . Prov., prestar, Wall., 
pruste. Vx. ir,, pr ester. 

Prôtoû, adj., prêteur. 

Bourg., preutou, Morv,, prôtou. Prov., prestou, presiai/re. 
Vx. fr., prestere, prestenr, presteor. 

Prou, adv., assez, suffisamment : a Vous m*baillez tout 
c'qui? marcil J'en ai prou, )) 

Berry, pro a. Bress., prau, preu. Champ., prou. Dauph., 
pro, prout, Espal., prou. Forez, pro, prou, proi, Genev., 



340 LANGAGE POPULAlBE VERDUNO-CHALONNAIS 

preii. Lang., pran^ proiia. Lim., proa. Lyon.^ pro^ prou^ 
prot. Mac, Morv, etPoit,, prou. Pfov., pro^ prou. Rom., 
prcu. Saiat-, jorotto. SskY. , prou^ proeu. Suîss. r,, pro, prou^ 
pru.prea. Toal^, prou. Vx. fr,, pru, prea, pro, prou, prod^^ 

Prou FIT, s, m,, proBt, gaiOi bénéfice. 

ItaL, profUto. Beri'y, proufit. Morv., prouji, pourji. Prov>^ 
profieg^ pTûfieyt. Vx. tr.^proujîé^porjlù. 

pROUFiTER, V, intr;, profiter. 

ital., proflUare, Forez, pronfltâ. Morv., prouflter. Prov,, 
profechar^ profeiktr. Yx. fr., prouffitcr^ proufficier. 

pROUMÀTE, V. tr., promettre. 

Lat*, promittere, Ital^ promet iere. Bonr g., premaUe. Prov,, 
promotre, St-Am, prùniéirs, Wall.i pranieU. Vx, fr., pra- 
' meire, p ro uni a i trc. 

Proumàtu, part, de proumàte, promis, 
Bou rg , , prern ai tu. Lo rr , , jo ren i L 

pRoussE (être en), loc, être animé, excité, colère: « 01 é gros 
en pr^rjuHse après son petiot. » 
Roucli-, mâme locution. 

ProvArbe, s< m., proverbe, 

Lat. .proûerhium. Ital., proccrblo. Botirg., prdoarbe. Prov., 
promirbi. Vx. iv., proi^evhu. 

Plîreh, V. tr. et într., égoutter» coaler* 
Lille et Norra., parer, 

PÙRÎsr, s. m , pleurésie. 

\ta)\.^ pleur i^la. Gànev. ^ purê^Wf plu reste. Montr., purèsi. 
Ptqv . y pieure^la . Vx. fT.,ptirhi (maac). (V. Echoufaimn,) 

Pus, et Pu, adv- de coni p^iraison , plus : (t Quand tVas la 
vouer, te prends Vpm eôr* >? 

l.dX,,plus. Uai., /?Èf/. Bas-Norm, jtî^(r?s. Berry, /)ws. Bourg*, 
pli. Brass,, pie, iMrv.ypu. Màe., pUeû, Morv, et Norm., pu. 
PiG.,/3ïi5| pHche. Prov., pus, plus. Rouch., pua. St-Ara., 
pië. Saint-, pii$, Toul,, pu. Wall., pas, pu, Vx. fr.j pîu$. 

PussiNj et P*ssiN, s. ra., poussin : a Aile él empêtrée ciment 
eùne poule «qui n'a qu'oiîn p's^in n 
L3.i., pailiceniisAtBl., pnktno. Bourg., pticènc (poussine). 



LANGAGE POPULAIRE VERDUN0-CHAL0NNAI3 341 

Genev . f pussifit pucin, Lille, pouckin. Mac, prdtion^ Morv*, 
p*cin, Prov., pousi, poUi. St-Am., pu^èn. WalLj poijon. 
Vx. fr., pulcin, poucin. 

PutI interj. de dédain : « Eh benl quoi? put!.,, éprâs 
tout, j'm'en moque. » 
Voit,, pate!^dX\,, put! 

PuTÔT, adv., plus lot, et plutôt. 

Bourg., putô, Lyon., pUUou, Mac. y petou. St-Am.^ pie- tetL 
Toul., pulèu. Wall., ptitôt. Vx. îr., plus tost^ plustosÉ. 



Q 



QuÀVetQu'À-cE?pr. rel. et interj., quoi? et qu'est-ce? Figure 
dans le plus grand nombre des phrases interrog^ilives : 
(( Ma, qua c'a-t-i qu'aile a qu'à crie? — Allé a qu'aile a 
chu. ». 
Bourg., qu'a-ce, qu'a-çuf Il.-V*, qua, quaif (V, Que.) 

QuAiNGNÔ, s. m., était jadis le nom du présent que les par- 
rains faisaient à leurs filleuls le premier jour de l'an après 
leur baptême. (V. Quignot, Quin-noi.) 

Quand, adv., avec, en même temps que : a J'irai là^bas 
quand vous. )) 

Genev., ^aa/icZ. Il, -V^ y quand et, Norm., d quand nous^ 
quant et nous. Sav., quand, (V. A quand.) 

Quand que, loc, lorsque : « J'prendrons noute grande 
panière quand que j 'irons au marché. » 
Morv., quanque (autant que). Pic, quandqm. 

QuANTE, adv., quand. Nous avons vu « quand )ï, mais qui 
a une autre acception : « Quante la p'tiote veinra, j'ii 
baillerai eùne flameùsse. » 

Lat., quando, Il.-V*, quante. Pic, quat^ qualndc. Prov., 
qnany can. Wall., quant, Vx. îr,, quand, quanta 



\ 



343 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

QuÀaÉLEr B^ f., querelle, dispute. 

Lat. 6t Ital-i querela. Bourg., quarelle. Prov., querela^ 
querella. Vx* fr., queriele, carelle. 

QuARTEi. S. m-, quartier, morceau, portion. 

Lat-, quartavius. Ital., quarticre. Bourg., quateï, cateî. 
Prov.T cavUûr. Vx. fr., quarier, cartier, quartier. 

Quasi, et Quasiment, adv. , presque. Entre dans une locution 
assez piquante : « Y a du quasi, » comme qui dirait : Il 
y a du preaqui]!, c'est presque cela : « va d'avou elle; 
aile Tainme quasiment. » Remarquez elle et aW employés 
concurreranient. 

Lat. etUal., quasi. Berry, quament. Bourg., quasiman, 
Breas. , quonij cosiment. Champ., quasiment. Jura, casi. 
Lorr., tmsi, quasiment. Mac, cosi, quosi. Morv., quaihiment. 
Norm. et Pic, quasiment. Prov., quais, cais. Rom., casi. 
Houob., casi. casimen. St-Am., quosi. Saint., quasiman. 
Sav», quasi. Wall., quasimint. Vx. fr., quasy, quasi. 

QuÀTE, adj. numérique, quatre : « Quàte sous. » 

Lat*j quatuor. Ital., quattro. Berry, quat\ Bourg., quate. 
Morv., quaitû. Prov., quatre^ catre. Rouch. et Wall., quate. 
Vx. fr,p quatre. 

QuAT*EN'CHiFFE, S. m., quatrc-de-chiffre, piège pour prendre 
les rais, U^s oiseaux, et composé de trois petits bâtons à 
peu près diiiiposés en forme de 4. « Les glossaires du Nord 
de la France désignent le même appareil sous le nom de 
cat in chijffe, ou chat de bois, cai d*bos; caté/ust^ souri- 
cière » (Eh de Chambure.) 
Morv., quatre en chiffre. Rouch., quatechife. 

QuatVers d'um chien (ne vaut pas les), loc. imagée et 
expressive pour dire : Ne vaut rien. (V. Quafmngt dix 
neuf coups.) 

QuAT'ttEÛREs, s, m., goûter, léger repas que Ton fait vers 
les quatre hi^uces. La mère, panier au bras, rentrant de 
courses, demande à son p'tiot : « As-tu fait quafheuresf » 
(V. Rèeie, Vèprer.) 

Quat'vingt dix keuf coups (avoir fait les), loc. dont on se 



"V*?wî?- 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS ^43 

sert pour dire de quelqu'un qu'il a mené une vie joyeose, 
dissipée, aventureuse, et qu'il ne vaut pas cher. (V. QaaV- 
fers d'un chien.) 

Que, pr. relat., quoi : « Qae qu't'as? Que qu'te voux? » 

Lat., quid. Bourg., quei, Lorr., que. 9av. cà* Vx. fr., queù 
coi, quoy, (V. Quà.) 

QuEMENT, conj., comment. Neus mettons ce mot à cette 
lettre parce qu'on ne manquera pas de l'y chercher. Mais, 
pour son orthographe plus logique, nous renvoyons à 
C'ment. Un cas analogue se présentera pour quelques 
autres lettres. 

QuEMiN, s. m., chemin, route à suivre. 

Ital., cammiao. Bourg., chemi. Champ., chemî. Lille, 
qu^min^ qu'min. Nivern., se/nm. Pic, camin. Prov., cami, 
Vx. fr., quemin, chemin. (V. Chumin.) 

QuÉQUE, et QuÉTE, adj. indéf., quelque. 

Bourg., queique, Bress., quoque. Bugey, qnaqaè^ Lîm.j 
càiXc. Rouch., queque. St-Am., quôquye, Vx. fr^ qaci que^ 
quelque. 

QuÉQu'cHousE, et Quét'chousë, loc, quelque chose. 

MêiC, quoque chuse. Rouch., quet'cosse. Sav., câqaerô, 

Quéqu'fois, et Quet'fois, adv., quelquefois. 

Bress. , quoquejay. Dauph . , quoque Jei, Lorr. , qvêqtte joué. 
Lyon., quauquecey, quoquecè. Rouch., qucquefos, queCfois. 
Sav.. quaquc vey. Wall., queq'fos. Vx, fr., queiqucfoys. 

QuÉQU'uN, pr. indéf., quelqu'un. 

Bourg., qupicun y quécun. Bugey, qnaquion. Lim. , càûcu. 
Lorr., inq. Morv., q uéq un. Novm., quècun, queuquun, Poit,, 
quièqu'un. Rouch., quequ*un, quéqUeeun. St-Am,, quôqtjr/on^ 
Sav., cdco/i. Wa.[\., quéquun. Vx. fr., quelcimg, queican. 

QuERÎ, et Q'rî, V. tr., quérir, chercher : « Attends! attends I 
si tu n'veins pas, j'ûi'en vas aller t'g''H. » — a J'peux pas 
ouvrî rtirouér; va m' qu'rî la Clé. » 

Lat., quœrere, Ital., chiedere. Bas-Norm.,<7'rE, Bérv}\ krL 
Bourg., queri, quèri. Champ., querre. Forez, qnurre, carre^ 
kare, Ih-V*, qu'ri. Lang., ^«ere. Lille, quère. Lyon.,qaarre^ 
carre, care. Morv,, quarre, querre, quèhi, qu'ri. Nam.^qaére, 



344 LANGAGE POPULAIRE VEBOtîNO-CHALONNAlS 

Normal h^L Voii.y quiave^ t*^L crir, Prov,» qucrn^r^ qiierre^ 
Rom*, qiierct\ querrc^ quérir. Saint., q'ri. Sav., qti'ri, 
Veridn , qitiarc^ VVall , quèrL Vi. fr,, qucrre, quierrCt qtterri, 
quérir, ^ 

QuEÛ, et Que, adj., queL 

Lat., qualis. Ital., qnalc, Berry^ qmu^ quetille^ queux* 
Boufg*, ç«et, IL-V% queu. Morv., queUj qulfiu. Prov., quat, 
caL Rouch., queu, queuL Vi. fr,, qaei, qex^ quel. 

QuEÙLOT, s m., culot, dernier né d*une famille, d'une couvée. 
Le fumeur appelle aussi queidot ce qui reste au fond de 
sa pipe. (Culot, de là culoter.) 

Berry, cnhl, ehaùculon, qucalot (croupion). Champ, et 
FI and,, cidot. ^qt^i^ cùtia^fioa. Genev,, couâtve. Morv., 6os- 
queulaa. poussoir qucalot. Pic., calot. Poit. ^ ctocUf cocuiau. 
Rouch,, ercutot. Wall.^ coalo, houto, Yon., jacidon. Vx. fr., 
culot, 

QuEÙEiLE, s. f,p grosse soucîie, racine d*arbre. 

Boupg-, queute. St-Am,, surin. (V* Greùbe^ Seûchc.) 

QuEuvEu, s. m M cheveu, 

Lat., capUlns. Ita!., capdlo* Nam., ûh^Jîa. Pic, canieu, 
Prov., cahclh. Rouch., qu*ocu. WalL, cheDé.Vx. tr^^chevoel^ 
cheoet, che^ol^ cecolf chùvoil. (V, Pot,) 

Qui c'qui? et Qui É c-qui? con tract de Qui est-ce qui? 
H Qai c'gul veint pot îqui nos déranger? h 
Berry, qui c'qul? Lorr,, quiasquef 

QuiEN, s. m., chien. Sert souvent d'injures, 

Lat, , caais. I tal . , ca ne , Be r ry , q u le n , chin, cA ï rt n . Dû u rg , , , 
chen. Pic. klen Prov^^ can. Rouch., quica^ iien^ Saint., chein. 
Sauter,, ichèfi. Wall,, chen. Vz. fr., ciwa^ cien. (V. Chln.) 

QuiGNÙT, s. m., quignon de pain, de gâteau : a Y étôt la 
fête; le drôle a v'nu; j'ii ons baillé un guignol de flan. » 
Latu, ameus. Bourg., quignô^ chignon. Champ., eugnon, 
cidijnon, Fr.-Cté, qulgnot^ quigneu, ca^neu, Genev,, tignon. 
Lorr., cugnon. Maine, chai gnon. Montr,, gragnot. Morv,, 
qutrugnon. Xorni.^ chiffon. Pic, quignoi^ kignon. Rennea, 
chiffon. Rom., quignon. Roue h., kûuniè, chiqaet^ chippe. 
Suiss. r., quegnon. Toul., crouquet. Yx, fr., csquîgnon, 
(V* Quaingnù.) 



LANGAGE POPULATRE VKRDUNO-CHALONNAIS 345 

QuiN-NÔT, QuiN-NOTË, 3, aux alluras d'adj. : ïf Mon quin-noé^ 
ma quin-note, » comme qui dirait : « Mon canard, ma 
canette. » Terme d'amitié qu'échangeât entre eux les 
eûfants. — A pronoEcer, la première syllabe de ce mot est 
très simple; il est moins facile de récrire. Le son qui n'y 
entre pour rien; c^est quin, comme dans le mot qidnqnin, 
comme la fin d*arle^«i'n. Pour Toeit, aussi bien que pour 
roreille, il faudrait presque écrire quainnot. 

Norm., quennoiy qaénaud, caiynof^ tjucniot. Saint», cheaot 
(petit chien). Poit., queniau (petit enfant). 

Quelqu'un voulait, à tort, voir là le masculin de quenote. 
Ne pourrait-on remonter à quaingnô {w ce mol)? L'idée 
de présent, de chose agréablCj a pu facilement arriver à 
désigner une personne qu'on aime. D'autre p^rt, on vient 
de voir qu'en poitevin queniaa veut dire petit enfant. 
Faudrait-il chercher de ce c6té? 

QuiNQuiN, et QuiNQUÊ, s. m,, !e cinquième des doigta de la 
main, le petit doigt : « T'n'as pas été sage; mon qulnqiiin 
m'y a dit. » 

Lat. , quintus, Bress. , quinquin. Flam., quinqaia (petit, 
^it, terme de caresse), Genev., glia-gllfi. Lille, qttifiquin (t^ut 
petit). Montr., quinquia. Norm., quieti-quiari (pinson), Sav.j 
guinguelin. 

On serait tenté de voir en ce vocable le réduplicatif de 
quin, dont quin-nbé (v. ce mot) n'est probablement qu'ain 
diminutif. Une des chansons les phi^^ populaires du chan- 
sonnier lillois A. Desrousseaux a pour titre : Le p'tit 
Quinquin; mais ce mol n'a pas le sens du nôtre. 

QuiNsoN, s. m., pinson. 

Lat., pincio. Ital., pinsione. Bourg, et Champ., quinson, 
Dauph., quinçon. Fùr^z^ quin&on, Fr.-Cté, coaissoti^ qamsoti. 
Genev., quinson. Juta^ qaut^on. Lang., quinsaun. Lyon.< 
et Morv., quinson. Nûrm,| plnchar. Prov», qulnsouft* kinsoii. 
Wall., pinchon, pismn. Vx. fr., plnçun. 

Qu»NTAU,s.m., quintal: <î JMi ai vendu eu n quiniaud'i^^vin^. » 
Bas-lat., quintallus. Ital., qulatale. Prov., quintal. Sav., 
quintau, Vx. fr., quiniaL 

tJtriTETR, V. tr., laisser, lâcher, diminuer de pris i u 01 a 



346 LilNGÀGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

quitê son dVentai. » — « J'ai qaité mon coutîau su Tplot. » 
— * m*a qaité trois francs su ma note. » 

BâS'lat., qiiieîare. Ital., quetare, Morv., quitter. Prov., 
quitar, Yx. fr,» quliery quitter, 

QurTEft, T, într-, œsser, interrompre : « Qu'ôl et en-niuanti 
ô n'quitê pas dô tracasser. » 

Qui vEiNT, formule adjective pour dire : prochain, prochaine; 
a L'an qui veint^ ta semaine qui veint. » 
Gen,, qui eienf. 

Quouëj s. t., queue. Nous disons, comme partout : « N'y é 
ran d*si deûr à éracher qu'la quouë. » 

Lat.j cauda. ïtal., coda. Art., qéeu, Berry, coue. Bourg., 
coue^ quQue. Bress,, cône, Dauph., coûat, Il.-V*, coue. Lira., 
cona^ cuao. Marn., coué, Montr., couë, Morv., coue, quoue, 
Nam., cawe. Poil,, coue. Prov., coa, coda, coza, Rom., quoue, 
St*Âm., coûta. Saint., coue, Sav., coa, cava, TouL, quoy 
cQiio, Wall., €OiVQ. Vx. fr., eue, coe, coœe, keuë, coue, 

Quoùneille;, s, f-, quenouille, colonne de hois placée à 
chaque coin du lit pour en soutenir le ciel, et autour de 
laquelle on enroule par moments les rideaux. Sans doute 
coraparëe, quoique plus volumineuse, au bâton de la 
quenouille à filer : (( Nout' Dodiche va se marier; j'ii 
beillerona ein biau dodo à quoùneilles. » 

QuoÙNRïLLE, s. f., bâton auquel tient le chanvre à filer." Au 
figuré on dit : « 01 a de l'œuvre à la quoàneille, » Certains 
écrivent couneille ; mais notre mot ne subissant qu'un 
simple déplacement de voyelles, il est bon de lui conserver 
le plus possible sa physionomie orthographique. — Le 
maçonnais appelle pofile l'attache qui soutient la quenouille 
sous le bras. — La quenouille a été, dans beaucoup de 
nos anciennes provinces, et est encore, dans plusieurs de 
nos départements, an des gages les plus précieux offerts 
par le promis à sa fiancée : chez les Romains, on portait 
derrière la nouvelle mariée une quenouille garnie de 
laine. — A Carnac, on fait présent à la mariée d'une 
quenouille qu*elle est obligée de filer. — Dans l'Orne, on 
vient chercher le trousseau de la mariée avec une charrette^ 



1^^?^^^^ 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 347 

sur le devant de laquelle on a planté une quenouille. — 
Dans la Manche, le bedeau présente une quenouille à la 
mariée, qui y attache un ruban et une pièce de fîL — En 
Sologne, cinq paysans présentent à la future une quenouille 
et un fuseau. — Dans les Landes, une vieille femme porte 
la quenouille de la mariée pendant toute la durée de la 
noce. — Dans le Lot-et-Garonne et dans leTarn-et-Garonne, 
on porte en pompe la quenouille et le fuseau de la nrai iée 
à sa nouvelle demeure, etc*, etc. 

Bas-lat., conucula, Ital., conocchîa. Berry, quenoillei qfion- 
neille^ counoiUe, Bourg., quenoUle, quetognet fclogne. Foriez^ 
couletgne. Fr.-Cté, quelogne^ quelouille. Genev., cologne, 
Lyon., cologni. Mac, conclie. Montr., quouneilic. Morv., 
concilie, Prov., coulongne. Rouch., quèncule, Sav,, cologne. 
Wall., kinoïe, quenoille, queaneule. Vx. fr., connoUle, qus- 
longne, keneule. 

QuoÙNEiLLÉE, s. f., provision de filasse qui garnit la que- 
nouille. 
Bourg., quelongnée. i 



RÀ, syncope et synonyme de Arrà. (V. ce dernier mot.) 

RÀ, s. m., mot dont se sert le paysan pour appeler les 
cochons : « Rà! rà! vein iqui! » 

Rk, et RÂë, s. f., ligne, raie, ruisselet, — La prononciation » 
ouverte et longue, se rapproche plus du second des deux 
mots. (V. Roie,) 

Rabiau (au), loc, en diminuant. Lorsqu'on joue, aller au 
rabiau, c'est perdre des points. Dans un marché, avoir 
du rabiau^ c'est obtenir une diminution de prix, 
Morv., raibiau- (V. Ratant.) 

Rabistoquer, V. tr., rapiécer, raccommoder, Tnais sans 
donner bien bel air à l'objet avarié. 



i 



948 LANGAGE POPULAIRE VERDUKO-CBALONNAIS 

Genev., rahistoquer, Roucb., rahistiquer. Sav.^ rablstocâ. 
{V. Rahobîner, Rcberdauler,) 

Rabobiner, et Rabobicher, v. tr., rajuster, remettre en 
état, récoDCiiier : « Aile é si jentite, qu'all'ies a rabobinés 

enserabe. » 

Genev. . rabobiner, Morv., raipoupiner. Norm., rabaubiner 
(répéter ironiquement le dire de quelqu'un). (V. Rabistoquer, 
Ramiaaier.) 

Rabônir, V. ir,, rabonnîr, rendre meilleur, bonifier : « Après 
c qu'ôl a fait, IVauran, y é pas lu qu'on veut rabônir. » 
MoDtr., rabûfider, Morv., rabouni, raibouni. Suiss. r., 
rabounna. 

Rabot, s. m., petit soulèvement, inégalité de pavé, de terre 
sur les routes : <t J'seû été au mi tan d'ia levée; y avôt ben 
des rabots. » 
Bourg,, ratbd. 

Rabotoù, adj», raboteux, inégal. Plancher, chemin rabotoû. 
Genev*, rabota. Morv., raibotou. Vx. fr., rabotteuxp 

Rabouter, v. tr., raboutir, coudre bout à bdtit : « L*pauvre 
houmel 61 a Tair minâbe. Sa fonne devrôt ben li rabouter 

ses nipes. » 

Raboutoner, et Rabout'ner, v. tr., boutonner de nouveau: 
« Vouéyons, chin d'sâlôt, raboutone donc ta cueûlote. » 

Racàter, et Raquater, v. tr., ramasser : « Eh! vieux! que 
qu'te lais? Bacàte donc ton bounôt. » 

Racater (se), V. pr., se retirer, s'abriter : « Eh! bonne 
vouésine, que d'renez-vous donc? On nVous vouétpus. — 
Que v'iez-vous, vouésini par ce grô-t-hivâr, i.m'racate 
au counôt d* mon feu. » 

RAche, s. t., teigne, gale. On entend souvent dire : Ça teint 
bon, ça leint cou me râche, » 

Berry et Bourg., rache. Bress. , râche. Forez, rachL 
Fr.-Cté, râche, raitse, Genev., râche, Jura, rache. Lang., 
raaca. Lyon., rackù Montr., râche. Morv., râche, Prov., 
rat je, ritJjta. Suies, r., raù^e. Vx. fr,, râche. 



LMiGAGE. POPULAIRE VER]>UNOr*CH«ALCXNNAIS 349^ 

Râci^t, adj., mot qui, d'abord synonyme de Râehoû, a 
ensuite son acception figurée, qui le fait l'équivalent de 
« gamin » : (( Allons, dit une femme à un drôle qui Teii- 
nuie, va-t'en donc, ch'ti racket. » 

Ital., raschia^ Bourg., rachat. Dauph., racket, Jura, râchH* 
Lang., rascas. Montr., racket. Rom., rasca^ raf/cha. Vs. fr., 
rackat, rachats. (V. Râchoû,) 

Râchoû, adj., rude, rugueux, qui a la teigne. 

Aunis, rackou. Berry, râdkous. Bourg. , râchoû, Foftif 
ràckous^ rockous. Lang., rascous, Lyon., râckous, rochous, 
Morv., ràchfju, Prov., rascas. Vx. fr., rackeux, (V. Rdchet) 

Râcloû de boyaux, loc, crin-crin^mauvais joueur de violon, 
— qu'on est encore bien heureux de trouver et de jucher 
sur ses tonneaux pour les noces, les foires et tous les bala^ 
de fêtes. 
Rouch., racleux d'boïaa. 

Râclôt, s', m., raclure, croûte ordinairement d'un beau 
brun doré, qui reste au fond de la marmite où Ton a fait 
cuire les gaudes, et que la cuillère enlève par rubans* Très 
recherché de certains. Les mères abandonnent volontiers 
ce régal aux enfants. 

Berry, rdcùon. Chalon. , raclo. Maine, râclon. Morv., 
râgktot. Sav., rupon. (V. Rdsure.) 

Rac'moder, V. tr , raccommoder. 

Berry, rac'moder. Morv., ratc'moder. Norm. et Poît, 
rac*moder. Wall., rakomodè. Vx. fr., raccomhioder, 

Racoin, s. m., recoin, coin sombre, angle retiré : « J'ons 

sarché dans tous les racoins, et j'ons pas pu y treùver. n 

Berry, racotn. Bourg., recoy. Lille, racoin. Morv., racoin^ 

Norm., rencoi/it rincotn^ racotn. Wall., rencoin. Vx. fr., 

recotn. (V. Counàt.) 

Racôti, adj., raccourci, de petite taille; et aussi : desséché, 
retiré, racorni par le feu. 

Lat, recoc/ÎM/n. Bourg., ratcd/t, récôtt. Vx. fr., r'acouraL 
(V. Recoquertller.) 

Radelier, s. m., celui qui confectionne les radeaux, La 



350 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

prononciation élide le premier e autant que possible, et 
fiait par donner radHier, et chez certains même radHer. 

Radiau, s, m., radeau. 

Lat,, raiis. liai., nattera, Bas-Lat., radellus, Prov.» radelh. 
Touli, rach. Vx» fr,, radeau^ 

RAfe, adj,, rugueux, rude au toucher, au fig. revêche : 
f< T'as les mains ben rdfes: on dirôt la langue d'ein chat. )) 
— (( Qu'ôl é don râfû en vous parlant! » 
Br^s., rd/e, Frp-Ctéj revache. Montr., rafe. 

Rafler, v. tr., effleurer: « 01 avôi bu ein coup d'trop; ô 
râflht les murs en rentrant. » 
Bourg., raJliaL (V. Rijtcr,) 

Rafouillon, s. m,, chose de rebut, mauvais reste de viande : 
« Que e'qu'ié que ces ra/ouillonsqyx'te m'bailles à mainger? 
Notre chin n'en vourôt point. » 
Bourg., raifoulUon. Nûrm., roffreux. 

RAfu, s, m*, bruit, tapage : a Que râfu qu'te nous fais! 
Y'iu ben Vtaiserl » — « La neùt j'ons entendu ein râfa 
du diâbe, » 
Berry, raJfUL Morv., raff'ut, rai^t. 

Ragâcher, V. tr. et intr., rabâcher , gronder, taquiner, parler 
sans cesse, sans raison, et surtout d'une manière ennuyeuse. 
Berry, rahdicr. Bourg,, rayàchai, rabâchai. Champ., 
racûter. Fr,-Cté, rarottuf^r. Jura, vabâter. Morv., raicâter, 
Nûrm., ra gâcher. Pic, racacher. Poit. et Saint., rabâter, 
(V. RaijOfjaer^ Randoner.) 

Ragâchfr, V. tr., gagner aux billes, en faisant rouler dou- 
cement la sienne. Terme de jeu enfantin. 

RagAchoù, s. et adjp, rabâcheur ; a 01 é enniuant, c'vieux 
ragâçhoû; 6 rec'mence tôjor lamain-me chouse. » (V. i?a- 
gognon.) 

RagognkRj V. tr., gronder à tout propos, murmurer, bou- 
gonner, maugréer : (^ Que c'que Vnous ragognes donc là, 
loué. » 

Mopv., rago&sev, raigoigner, Prov., regaUgnar, (V. Ragâ- 
cher^ Handoner.) 



LANGAGE POPULAIRE VE:ROUNO-CHALONNAI3 351 

Ragôgnon, s. et adj., grognon, mécontent, grondeur, qni 
trouve à redire à tout. 
Morv., ragossoti, raigoignon, ravjoigaou, (V. Ragdchou.) 

Ragotoû, s. et adj., bavard, cancanier, diseur de menteries, 
faiseur de ragots : « C'té-là, alJVous en débite! ma y éi 
eùne ragotouse. » 
Morv., ragotoû. 

Ragouillage, s. m.,mauvaiseratalou!lle, cuisine d'auberge, 
mets à sauce trop longue et fade. 
Bas-Lat*. regustus, Cngn. et Poit, ragoaiitage. 

Ragouer, V. tr., rassasier, dégoûter : « J'nVn voux pu, d'ton 
fricot; j*en seû vagoaé. >) 

Raïin, s. ni., raisin : « Vraïin é meùr; j^allons v*nanger. m 
Lat., racpmus. Ital., racemo. Ben^y, rasifi* Bourg., rasin^ 
rasln, Isère, raisi. Lica., ro&in. Mais,, rainsain. Metz, rejin^ 
rèhin. Mon tels, rouf in. Morv,, rdjtri^ ras in Pic, rojm, roîsin. 
Prov., rnsin, rasaln.^ ra^im. Itoucb., romn. S^Aï^,, rètisèn. 
Sav., resin, Wall., rojia, Vx, fr., remn^ roUln, 

Raïinet, s. m., raisiné, cette confiture locale, faite de fruits 
cuits dans le vin doux, excellente comme on la façonne 
chez nous et dans le Midi. On en connaît le nom à Paris, 
mais on n'y connaît guère la chose. 
Genev., la raisinèe, Vx. fp., ratsinet, résinée. 

Rail, s. m., qrgane, voix, parole : « Vie réponds quW Ten- 
tend, c'tu-là ; ôl a eùn fameux rdiL » 
Morv., raille. 

Raim, et Rain, s. m., ramée, ramille, branchette. On dit un 
rain de balai, de fagot- De là : raimée^ correction donnée 
avec un 7'am. — Se dit aussi d'un bord de chemin, d'une 
lisière de bois. 

Lat., ramus. Bress. eÈMontr., rain. Morv., raimc. Prov., 
rama., ramasse. Vx. fr., rarn;, raimc, ram^ raniel^ ramon. 
(V. Ramiau, Rcniesse.) 

Rain-néte, s. f., crécelle. Même source que Rânoie^ le 
bruit de la crécelle imitant volontiers le coassement de la 
grenouille. — Les trois derniers jours de la semaine sainte. 



352 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CBALONNAIS 

cet instrument peu harmonieux remplace les cloches 
u parties à Rome m, et dan?? les mains des enfants sert 
à appeler les fidèles aux offices et principalement ans 
Ténèbres. — Dans la Franche- Comté, certains villages 
dénomment la rainette : cri-cri^ on brai/anL (V. Tar- 
tevéle,) 

Rain-non, s. m., murmure, bruiÈ confus de paroles- Quand 
le chat ronronne, il fait son rain-non. 
Morv.j rainon. 

Raîon, s, L, raison ' Ê-t-i godiche, c*tn-lâ! ô n'a pas à'raïon 
de s'ensauver c'ment cqui, » — Prononeialion analogue 
à : Râun, Alâton^ Plat'i. 

hat., ratio ^ Ital., ragione. Bourg., roison. Fr.-Ctë, rason, 
rajon. Lorr,, rdhon. Morv., raton, râfon. Prov., rajo^ ruTio. 
S t'A m., rajon. S av., rà^oa, Vï, fr,j rais un, reson^ rciso/t. 

Raïouner, V. intr., raisonner, discuter. 

Lat-, ratîonare. ItaL, ragionare. Morv., rdjouner. Prov.j 
razùaar^ racornir, St^-Am-, rtxjoaaé. Vx. fr*, raisnier. 

Raîons (avoir des}, loc, être en querelle, en dispute, en 
altercation : « N'ii dis donc ran; ôl a lôjor des ratons 
d'avou tout r monde. » 
Genev. 5 acoir des raisons. Morv. , aeotr des raïont. 

Raisse, s. f-, sillon double, tracé au moyen de six raies, 
pour Tensemencement du maïs et des pommes de terre. 
Indre, raise. 

R'aler, V. intr., aller de nouveau : « J 'avions à r* vouer la 
p'tiote cheû sa grand'; j'y sons r^aléa. » — « J'n'ai pu raau 
au geno; je r'cas à Técôle. » 
Vjc* fr-, râler. 

Rambôr, s, f., rambour^ sorto de pomme originaire de 
Rambures, territoire d'Amiens. (V. le Glossaire des Noëls 
Bourguignons,) 
Bourg,, rambor. 

Ramendevefi (se), v. pr,, se rappeler, se remémorer. 

Lille, ratmntUD0Û\ Koucb,, ratnentucer. WalL, rûMWi/wP*?'*' 
Yx. fr., ramembrer^ rameuter^ rameatGOoir. (V. wà Recorder^ 
se Remembrer.) 



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LANGAGE POPULAIRE VERDUN 0-CHALONNAt S 353 

Ramiau, s. m., rameau, petite branche fetiillpe. 

Lat., ramellus. Bourg., raimea, Morv,, raimîau. Prov., 
ramel, Sav., rampau. Toul., ramadeto^ Vx, fr,^ ramel^ 
rameau, (V. Raim,) 

Ramiauler, V. tr., rendre amis^ réconcilier : a JUes ons 
invités, é pi j'ies ons ramiaulés. » Dans la première moitié 
du mot on trouve un réduplicatif d'ami (r'ami). 

Maine, amiauler, ramiauler. Morv., raimifiuler. Norra., 
ramiauler, ramicher, Poit., ramignauder. (V. Habobiner,) 

Ramounà, et RoAfONÂ, s. m., ramoneur : ce On entend ïra- 
mounà chanter. Gare! y é l'hérondale d'hivar. » 

MsLÏne, ramognard, Morv., ramona, rnimongnà^ ralmolgnâ. 
Pic, ramonai. 

Ramouner, v. tr., ramoner : a Pour pas mett' le feij à ta 
ch*vioée, faut la fâre ben ramouner. » 

Morv., raimouner. Pic, ramonner (balayer). Vx. fr., 
ramoner . 

Ramouner, et R'mouner, V. tr., ramener : « Veins, veiiis, 
p*tiat drôle, jVas X'ramouner cheû vous, » 

Bourg., rémené. Morv., raimouner, vaimotigner. Wall.^ 
reminer. Vx. fr., rameiner, ramainer, ranit^i/nvr^ t^'amcnar^ 

Ran, s. m., rien : « Te nVaux ran! » — ît Je n'te dois ran! n 
Par-ci, par-là on entend également ren (pr. rm). Vient, 
par une bizarrerie étymologique, du latin res (chose) : Non 
habeo rem, je n'ai rien, littéralement : Je n ai pas quelque 
chose. 

Berry, ren, rin. Bourg., ran. Bress., ran, rln. Dauph., 
ren. Fland., rin. Fr.-Cté, ra/i. 11. -V% ren. Jura^ ran. Lîm. 
et Lorr., ré. Mac, ran. Mont., riè. Montr,, ran. Morv., ran^ 
rin. Poît., ren. Prov., re. Sav., rê. Suisa. r., ran, rein. Toul., 
re, res. Vosg., ron. Wall., rin, rein. Vx, fr., viens, rien 
(chose). 

Rancâser, et Rancasser, v. intr., jeter les derniers souffles, 
râler. Se dit de Tagonisant qui respire avec ptîiue e\ 
suffoque :•« 01 é ben prô d'pâsser; ô rancche, » 

Lat., rancare. Bourg., rancôssai. Daiiph., ranchcister. 
Fr.-Cté, rancoyer. Genev., ranquemeler. Isère, rancktisi^. 

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354 LANGAGE POPULAIRE VËRDUNO-CHALONNAIS 

Jura, rancasser. Montr^^ rancaêer. Morv», ranquener, Norm.t 
7*aHt:€r. WalL, i*ôki. Vx. îr.. ralier. {V. Hancùi, ) 

Ranchée, et Hangïe, s. f,, rangée : a Eùne ranchèe d'âbres, 
eu DP rangie d^mâïons, u 

Berry, ranehée^ r anche j range, rande. Genev,, ranchèe. 
Lyon., raachéût r anche. Morv., ranchie^ rancie. Norin,, 
ranguie. Prov., ratifiera. WalL, reingeaie, Vi. fp,^ rengêe. 

RancôrsÎp V. tr*, raccourcir. 

St-Am*, racoursë. Vx. fr*, r'acourcir* 

RancôTj s. m-, enrouement, respiration de moribond : « J*aî 
évu frèd, à c'maitin, é pi vMà qu^ai Vrancot/ » 

Lat*, raucus. Breas.^ rct/ït-o. Forez» ranquet. Fr.-Cté, ra/i^û^* 
Genev,^ ranco. Jura et Montr., rancot. Mofv.^rangoL^ùfm.j 
rancie. Toul.^ ranrjuil^ rai^cle. (V. Rancàser.) 

Bancoû, adj., qui a Le rancoi^ enroué dangereusement. 
Montr,, rancou. * 

Rancoeùne, s. f., rancune, animosité- 

Baa-Lat. , vancuriaa. IlaL ^ ranvnra. Berry^ rancurc. 
CbanapM rancor, rancouTt rancœur, Maine, rancoeur. Morv., 
ranqueane, Prov., rancara. Vx, fr., rancure^ rancune, 

Rancueûnoû, adj., rancunier. 

Lat., rancldus. Morv.j ranrjueunoii, Vx, fr,» rancu/ietise. 

Randoner, w intr.p gronder, être de mauvaise humeur: 
« L'pauv' vieux, ô n'ê pas érausant; y é si sôvent qu'6 
randone, >» 

Artois, randoufûr, rindoitler (faire un brnU prolonge) . 
Norm., ran don ncr^ ranci o n tn er, ran louincr {houiUir t i-o p Ion g- 
temps. (V. Ragâcher, Ragogncr.) 

Ranfrôcuî, V* tr-, rafraîchir : « Aile obliàt de m'rende mes 
sous; yClï ai ranfrôchi [3. mémouére, h 

Bourg,, ran fraîchi, ninfroichl^ vefroichu Morv,, ran fraî- 
chi, S t'A m., refri'së, WalL, rajrachi, Vx. fr., refrcschir^ 
rajresvhir- 

Ranfrôchissëment, s. m., rafraîchissement, refroidissement, 
Morv., ranfraichUi^emcfit. Vx. fi\^ re/rcschissementj rû- 
frech Use m en t , rajr a U ck Issem t^nl. 

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LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 355 

Ranguéûgner, V. intr., être colère, mais en dedans ; garder 
les vilains mots qu'on voudrait dire aux autres, mais qu'on 
ne dit qu*à soi tout seul : « Je n'sais pas c'qu*61 a; ma ô 
rangueùgne tô Ttemps. » 

Lang., rampela, Lyon., rampello. Prov., ramprougnar, 
rampelar, Vx. fr., ramponner, ramprosner. 

Rangueûgnoû. adj., qui gronde intérieurement. 
Lim., roungouniou , 

RanlargI, V. tr., rélargîr : « Not'fonne m'a ranlargi mes 
jambes de cueùlôte. » 
Wall., rilârgi. 

Rânôte, s. f., rainette, petite grenouille verte. — On peut se 
rappeler le couplet : 

Pd! pâ! 
Rânotes^ pâ! 
Vequi Mossieu 
Vabbè de Luxeu! 
, Que Diou gâ!.,. 

Pâ! pâ! 

couplet malheureusement trop connu des paysans de jadis. 
Lorsque l'abbé de Luxeuil, seigneur de Moniureux-sur- 
Saône, venait en cet endroit, ses vassaux étaient obligés 
de Ijattre l'eau des fossés pendant la nuit, afin d'empêcher 
les grenouilles de coasser. Pour se dédommager, ils chan- 
taient ce couplet en chœur, mais sans doute en sourdine, 
QueL sybarite que cet abbé! et comme il soignait son 
repos! — Une autre version, celle que donne Jules 
Guillemin, prétend que les paysans avaient cette lâche 
pendant les couches de la dame de Luxeuil. Cela se com- 
prendrait mieux et serait plus vraisemblable. Pourtant le 
vers est là, et, puisque l'abbé était le seigneur du château, 
quelle châtelaine pouvait-il donc y avoir en couches? 

Lat., rana. Forez, renna. Norm. et Pic*^ raine. Prov,, 
raineta. Rouch., roigne, Wall., raine, {V. Rain-nète^ 
Benoille.) 

Ran que, loc, rien que : (t O n'm'a beillé ran gue c'qui. n 
Bourg., ran que, Cogn., rein que. 



i 



S5G LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

RAPAPTLLOTEa (sê), V. réfl., se remettre en meillear état. 
Peut se preadre au physique et au moral. 
Norm. et Pic» même mot. 

Rapatafioler, V. tr. N*est à peu près uniquement employé 
que dans cette locution : « L'bon Diou Vrapatqfiolel » 
c'est à- dire te bénisse! Se dit ironiquement à quelqu'un 
qui vous ennuie. 
Roueh-, rapatajioler , Pic, patajioler, 

RApe, s* L, crochet au long manche pour tirer la braise du 
four. 
Morv,, rdpe. Vx. fr., râpe. 

Râpe, s. f., piquette faite avec du raisin, sur lequel on verse 
de l'eau. Du tonneau on tire jusqu'à épuisement. Alors, 
sur le même raisin on reverse des seauï d'eau, et l'on 
obtient un faible diminutif de la première piquette. 
Genev., ràpL Saint., rdpè, Vx. fr., rappé. 

RÀPEAu, s. mM appeau. Jeune oiseau dont on se sert pour 
attirer les autres. Petit instrument qu'on met dans sa 
bouche (à soi, bien entendu), et à l'aide duquel on imite le 
chant des oiseaux. 

Lat., vapdbun. Forez, râpai, rapay, rapio. Lang., ra/)c/- 
lairG. Mofv., atppeau. Prov., rampeou. Wall., appel, Vx. fr., 
rupeaa^ aptx^ apax, apels. 

Rapiamus (faire), loc, chiper, soustraire un objet. Terme 
latin introduit d'abord dans le langage des collégiens, 
mais passé ensuite dans celui de tous les enfants, parmi 
lesquels le mot et la chose sont passablement usités. 
Devenu populaire. 
Lat . , raprre . Norm . et Pic . , faire rapiamus . 

Rapîéc'ter, V. tr., rapiécer : « La couraude! alTne treùve 
jamâ l'temps à^rapiécter son houme ; ô va tout dég'nillé. )) 
"WalLj rapessi, Vx. fr., rapiécer, rappiécer. 

Rapondrk, V. tr , rallonger, ajouter, rejoindre deux mor- 
ceaux : u T'crès donc que j'sons bitous? On y vouét prou 
qu'y é rapondii, » 

Genev-, ruppondre, appondre. Morv., raipondre. Sav., 
rappondre . ( V . A pondre . ) 



LAN£Ut€hE POPULAlRB VERDUMO-^t&ALONNAIS 357 

RAPmfSB, 8. f., pièce d'étoffe, de linge, ajoutée sans soins 
minutieux à une autre pièce. 
Jura, rapponse. Suiss. r., rapponsa. 

Raport à, loc, à cause de : (( L 'mariage a manqué rapport 
à lu, qui v'iôt pu gros d'écus et pu long d'târe. h 

Rapôrter, et Rapourter, v. tr.; rapporter, faire des rap- 
ports en sournois. 
Morv., raipourter, 

Rapsauder, V. tr'., raccommoder, mais imparfaitement: 
(( La pauv'fille ! aile a ben l'intention de r'tenî son linge ; 
ma air le rapsaude. » 

Aunis, rapsauder. Genev., rapsoder, Morv., rcr/?s(3rfer.Prc., 
rapsaAider, (V. Ratapacher, Batapaner.) 

Rase (au), loc, au ras, jusq<u'au bord, comble. 

Lat., rasus. Ital., raso, Morv., au rase. Prov., ras. Vx 
tr., r^s;, ras. 

Râsure, s. f., synonyme de Raclot. (V. ce dernier mot*) 
Bress., râsure. Jura, rasure. Montr., râsure. 

Rat, Rate, s. m. et f., terme d'amitié donné aux petits 
garçons et aux petites filles : (( Veins, mon p'tiot rai! 
Bise-me, ma p'tiote rate! » Ces mots caressants naissent 
spontanément de la bonne humeur du pays. 

Ratapacher, V. tr., rapetasser, raccommoder imparfai- 
tement, sans soin et sans goût. 
Morv., raipatacher . (V. Rapsauder^ Rataponer,) 

Rataponer, et Ratiponer, v. tr., retaper et rapiécer. 

Genev., retaconner. Morv., rahiauder. Poit., rabiller. 
Rom., tacon (pièce, morceau). Rouch., raiaconer. WalL^ 
rahii. (V. Rapsauder^ Ratapaaher.) 

Rate, s. f., souris. Est-ce parce que les petites souris blan- 
ches sont gentilles, qu'on a appelé rates les dents blanchies 
des enfants? — La rate est la femelle du rat. Mais, chez 
certains fantasques d'entre nous, on a apparié des couples 
é*\jiXk& manière plus excentrique : le rat et la souris; ïe 
crapavsd^X la grenouille; lep&u et \a.puee, etc., etc. 



I 



358 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Bourg., raiée. Bress. et Genev., raie. Morv., raite. Poit., 
ra^Vn (rat et soufis). Prov., rata. St-Am., rata. Suiss. r., 
rat te. Toul., raièlo. Vosg., raite. (V. Rates.) 

Rate (faire la), loc, faire sautiller, courir de tous côtés, 
mais surtout faire arriver brusquement devant les yeux de 
quelqu'un, un rayon de soleil réfléchi par un petit miroir 
qu'on manœuvre. Amusement déplaisant des gamins. 
Genev., faifc la rate. 

Rater, v. tr., chasser le rat, la souris. Se dit du chat. 
Brest., rater. 

Rates, s. f., dents d'un petit enfant. Mamans et nourrices 
emploient ce mot d'une façon toute gentille : « M 'amie, 
montre-me tes p'tiotes rates, » Dans pRisieurg provinces 
les dents de lait portent ce nom. 
Gonev. et. Saint., rates. (V. Rate.) 

Rate-voleratEj et Rate-voluche, s. f., chauve-souris. Les 
paysans, ignorant qu'ils ont affaire à un destructeur d'in- 
sectes nuisibles, clouent encore impitoyablement la chauve- 
souris aux portes de leurs granges. 

Bas.-Alp., r«ic-/>;érte. Dauph., ratapena. Forez, ratacou- 
lafjif rate-ôolagûf raiapenna. Gasc, rato-penno . Genev., 
ratoulicp. laère^ ratapena. Lang., rato-penado. Pid. , casseuris, 
cateseurin. Lim. ^ pUsorotto. Lyon., ratavolagi, rate-colage, 
ratapenne. Montr., rate-oouluce.MoTY., chauooucheri^ chau- 
couchic^ sert* Nam., chau-sori, chèhau-sori. Norm., souris- 
tfanijtic. Prov., ratapenada. Rom., ratapennada. Rouch., 
caiù, caulC'Sorîs^ queue d'sori. St-Am., 7'ata-ooulache' Saiy,^ 
ratatiolà::ia. Suias. T., ratta-volaire. Toul., rato-peno. Yend., 
ratacotaire. Vosg., colant^raitte . Wall., chaœe-sori. Vx. fr.-, 
ratepenaddy Boris chauve, chauve la soris. 

Râtiau, s. m,, ràleau, et râtelier pour le foin et la paille. 
Lât., rasieliam. Jtai.., rasirello. Dauph., rateu. Il.-V, 
rdiiavL, râtè^ nïtcL Lim., ràteû. Lorr., r*tei. Lunév., rétio. 
MiiMr^, raticau. Morv., râteai, râtiau. Rouch., rètiau. St- 
Am*, rôté. Sav., rdtai. Toul., rastèl. Vx.fr., rastely rasteau. 

Ratïchon, s. m*, réprimande, reproche : « En rentrant 
d'I'écMe, ûl a r'cevu du père ein ratichon soigné, m 



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LANGAGE PDPtlLAlHE VERDUNO-CÏIALONNAIS 359 

Ratoire, s, f., ratière, souricière, 

Be rry , va to uére . Bou rg * , ra itore j ràilourc. Cog n . , ra toé re . 
Montr*, rateare. Morv.^ raiiouère. Prov,, raieira. Vx. fr., 
ratouere, ratoire. 

Ratour, s. m,, retour » détour, chemin qui forée le marcheur 
à se retourner. 

Ital-i rltorno. Berry, raiour. Bourg., reéor. Norm., ratoar, 
Prov.p retora. Roucb,, ratoar. Vx. It., rctor^ rvinr, retour. 
(V. Retoî\) 

Ratourner> V, intr-, retoarner, détourner. 

Ital., ritornare. Berry, ralottrner^ artourner. Bourg,, re- 
tonnai. Pi'ov.^ retornar, Rouch., retofifiaî. Wall., ritourné. 
Vx, fr., rétamer, retorner^ retoarner. (V* Rctorner ) 

Râtri, adj*, flétri, desséché au four ; « Eh! dites donc, la 
mère? C'te miche é ben rdirie, rt 
Bourg. ^ râtri, 

Rauger, \. tr*, mouvoir, agiter, remuer : « Allons! v'tu ta 
Tdî; i'j'auges tôjor. )) — « J'vas qu^rî du lait; rauge les 
gaudes, n (V. Roffer.) 

Raug'mektEi s, f,, augmentation de prix, renchérissement: 
a Ben marci! sur les troquets y a gros d*la raug'menie! » 
Morv., rang m ente. 

Raug'menter, V, intr., renchérir : ft V^làrpainqui rang'- 
mente; faudra s'sârer la sous^ventrière. \\ 
Morv., raag monter. 

Ravâchelins^ s. m. j débris de toutes sortes, entraînés 
d*abord, puis laissés par les courants d'une inondation 
(branchages, fragments de bois, de joncs, de roseaux, 
outils, fragments de meubles, de vaisselle, etc.)- : <' Grand 
Bieuî Y a-t-i été tèribe! Y avôt haut c'ment c'qui dVaod- 
cheiins sur les bords 1 » 

Bavasses, s. f,, feuilles de raves, ramassées pour le bétail. 
On appelle les Bressans « migeous de raives n, et les 
Savoyards « croque-raves », 
Mo&tr., ramasses. 



8§Ô LANGAGE POPULAIRE VBRDUKO- CHALOIR Al S 

Eavaut (au), IoCm au rabais ^ Presque synonyme de Rabiau. 
Wall,, au raûaut. (V. Rabiati.) 

Raviaule, s. t., mets dans lequel on a mis foFce raves. 
Poit., rabiatile. 

Ravier, s* m., tas conique de raves, de pommes de terre, 
disposé dans les champs ou dans les cours. 
Montr.» raCfcf. 

RAvonée, S- t., sorte d'herbe, ayant de la ressemblance avec 
le chiendent, mais qui n'est d'aucun usage, et qu'on brûle 
par tas dans les champs pour la transformer en engrais. 
Genev.» j^ar^oneê {raifort), raconaU/e (roquette). Sav., ra- 
eolfifid (terrain sec et peu fertîle), boerlin (mauvaises herbes 
que l'on biùle comme nos raconées). 

RÉBARBARATiF, adj., rébarbatif, 

Genev. et Lyon., rèbarbaratif, Vx. fr>j reuhurbaiif^ 

Ri^BÀTE, s, f,, meule verticale des moulins, servant à g ruer 
forge, 
Lyon., rahata (faire du brait, se disputer), (Y. Graer.) 

Rebaulèr, et Rëbôler. v. intr,, pleurer, gémir, crier très 
fort, pleurer en criant. S'emploie comme Baaler, dont il 
est cependant le réduplîcalif r a D'abord que jle quitte, ce 
p'iiot, ô s'met à r'bauler. >ï 
Morv., rèboler, (V. Br aimer,) 

Rebéquer (se). Y, pr.j se rebiffer, se révolter» En Bourgogne, 
on appelle rcbecca un enfant insoumis, 

Ital,, rtbeccare. Bourg, su rcbalqaai. Genev., rebéquer 
(dégoûter, en pariant des aliments), Mor-v., se r' bai (tûr, Vx, fr., 
rebecqmrj vahec (qui résiste, s'insurge)* 

Keberdauletr, V, tr., refaire mal quelque chose : « Ce diâbe 
d'carloû, ô m'a drôlement r'berdauié mes aouleisi n 
(V. Rabisioqiiôr.) 

Re&eùiller, Ri^BUVEH, et Reveùiller, V, intr,, cherohef ^n 

]*era u a n t avec déso rd re , me ttre se as des s u s de saous , f u reter , 

bouleverser \ « As-tu lini de r^beûiller à^n^ raes afâresV » 

Berry, rebemiter^ rehouler. Bourg., réBcHillai. Bfese,, re- 



mmfi^^^^mf^ 



LANGAGE POPULAIRE VERDUSO-CHALONNAIS 361 

nûuillcf. Genev.^ rahoulller^ rebouilter* Jura, reheuiHer-, 
Montr., r^ucuilier. Morv-, r'beaiUer, arbeuUler, erbeullier, 
Niv.^ rebeuiiler^ rebouler. Suiss. r., reboullhi, Vi, fr*, tri- 
boailUr. 

Rebeùilujn, s. m,, bulles d^air, bouillonnement que le 
poisson fait monter à fleur d'eau _ 

Eebor (a), loc, à rebours. 

Bas-La t. , rebursus. Bourg., ai rebor, Vx- fr. , reborg^ 
reburs, arrebours^ reboas. " • 

RÉBORGER, V. intr-, débordt^r, passer par-dessus les bords; 
a prend tant de s6pe, que son assiéle en réborge. » 
La t., ucrgerc, Bress,, rèborger. 

Reboufer. V. intr., saillir, ressortir avec gonflement, bouffer: 
(( Sapeùrju! la bâlV robe qu'aile avôt! pou darrei, y 
rboujot c*ment eùne marmite, m 
Poit,, rabouJjTcr. 

Reboulër des zieù, loc», rouler des yeux» faire les gros 
yeux : « L'pent drôle ! tout Ttemps ô me rbôuîedêa zi&à,,. 
On dirèt qu'ô va m'raiger. j> 

Lat., reeofcere. Bourg,, rlboulaL Bress., rebouler. Morv., 
rcbouler, erbouler, Poit., ribouler, 

RebuilloNj s, m., dérangement, bouleversement. Faire le 
rebiûllon, mettre tout sens dessus dessous, mais pour 
nettoyer et remettre en place ensuite. La bonne ménagère 
fait souvent le rebuillon. Si la prononciation était logique, 
elle dirait rebeàîllon^ puisque le verbe est rebeuitler, 
(V> ce dernier mot.) 
Bresa,, rebemlioa. *^ 

RÉcHANDt, T. tr., réchauffer : « Fais eùne flambée; j'voudrôs 
ben m'réckandt Tbout des dèls. » 

Lat,, recandescere. ItaL, rtscaîdere. Bresg. , rèchandirn 
Montr., reckaadre. Norm., recofer. Pic, récaujer. WalL, 
rehddi. Vi, fr-, reschauffèr. 

RechAner, V. intr., bennîr, 

Lat*, hinnire. Berry, hannir^ rechaner. Boui-g,, rechânaL 
Montr., rècaner. Poit., rcchanau Vend*, rechegnai. Vx< Ip ^ 
heniPt hanir. 



■:'^fm 



I^euAWfift,. Xf. tr., ii^cijftiiUir, rMtww>0P, T&imoir, «fûsip au 
v^i qo^qi^e oJ^t^u'oa vous jette : a Réehaquê iom llau 
daps. toa bassin, tt. tt a Hé! jéterme des cerises ; jVas les 
réchaquer, » — « Coume te réchaques ben rvelant! ô 
n'tôche t^^ s'n^^^Qjt pas l^xi^q\^. » 
Bress-, rechoquer. Mon^., f^eçihg^querf. 

Rechaud (au), loc. : « S^ coucher au r'çkç^^içl,)) c'est SQ.CQU^fe^ 
s^s faire SQn Ut eiitièreiT)^;!)!^ O4, ^p^)le ^uf¥im cela 
retaper ïton lié. Mauvaise coutuxii^.d^.qi^^lN^.Si^iî^^es 
qui craignent l^urs peines. 

Rbch£T£Rj V. ir., nuîàeter. 

Bourg., richetai. Pic, raenj^im* V^ Ué^rackc^^ racheter. 

Bechignër, v; If,, siagef, coatrefaice» imiter en Faillaat^ 
laai accneillir^ : «^ Poui !' 0'naasiau d'singe-là, ô H^higne 

tout rmonde. » 

Lat.t regeminare. Ital., schernire, Berry, necAt^/wr (relever 
la lèvre supérieure). Bourgf jrefannq^i, re^igtig^p, requiga^g^^ 
Bress.t rejçnaer* Cha}., rechigner. Q\\2^\\\^^rcjayiner, Ûauph., 
eichargater. Forez, echarnie^ èchargni^ échar^nâ, L^jig., es- 
cartii. Montr,» rechigner. Mory,, rschairgner, regigner. Pic, 
rejongler. Prov., rechinar, rechinhar, Rom, , escarnir. Rojich., 
arénîer. Tout., rtJ^a. Vx. fr., escharner^ resckigner, 

RÉciE, s. f., goûter, ou petite collation après le r§p9.s du 
soir» Répétition du souper. 
Bourg, et Champ., recie. Rouch., cine. (¥. Quàf^keûres^ 

Bossignon.) 

RÉciNERj V, it., faire la récie. 

Lat., recmnare. Bourg., recinai. Cb^S^^i^ r^tV^él^ l^ille, 
rechenner, R^uch., rechiner, rechéner. 

Rec'mencer, V. tr., recoçpo^ij^^i^ 

(y. Arc^mencer,) 
REcàQUHRiLLER, V. tr., recroquev|Uf|^ rac^^jf- pi^f)«ll^,|%lll^ 

tout recoquerillé. » 



^**?rJfS^fi.%^T^^ 



recorbiller. (V. Coqucrillér, HaCâtV,) 

Kecorder (sè), V. pf., se resseni tenir. 

Lat., recordare. Ital., ricordare. Bourg., reçôdai. Lorr.j 
êe rewudeK Pio., ^reffréèr '(eft(9d1l1ra(^e^. P¥6v,, recoMiè^. 
Rouch.jSe recorder, Wall-., rikoirdè, récordùr (eftseigner, 
répéter une leçon). V. fr., se recordçr. (V. se Ifamefide^er^ se 
^tnistnWér,) . 

Recounaissu, part, de Recounâtrey recKMifimé 
Bourg., requenu, 

Rbcounâtrb, V» tar., reconoattre^ (rf)9ei?rer, jdéeouvrir* 

Lat^, recognoscere. ItaA ^^riconoscere. Bourg. ^ recueumwire^ 
regueunoitre. Prov., recognoseevs reconq$cer, reconnoit&er » 
Wall., riknoh. Vx. ïr., recotioistre, recopwistre* 

RâcuBER, et RÉcofiÙRÊRi V. tt,y éùMVév^ nettoyer : « Pntôt 
^ued'taiilerdes bavétesi t^donor^a#<r*er'!fe3 chaadrbîïs. » 
hhti^ tftérai^, Befi^g^^ Hdéif^i. Môtttr:., récurer. Miftirtr,, 
écuhier, Rouch., récurer. Wâlh, riki^rè» Vx. fr, récurer. 

Récuron, s^. m., lavette, mauvais linge à écurer. 

Bourg., rècuron, Mw^v., écahiony requeuron (boucbon de 
paillé pour vaisselle). 

Rédicule, adj., ridicule, et awssi petit sac que les dames 
portaient jadis au bras et qu'elles reprennent maintenant. 
Lat., ridîculus. Ilouch., rédicule. Vx. fr., ridicule. 

RÈmiGHÔLÈ, adj., frilteux, refroidi : « J*aî !âît, à é'raaîtin, 
eùn tôr su la levée; ma i f sôt eùne bise du diâbe. , . j*seù 
tout réfrigtiôlé. » 
h9.t. f frigidulus* ItaL, freddoloso. 

Réfriquer (se), v. pr., se réjouir d'avariôé : (( Les grîôlès 
seront bentôt meùrtes; i m'ré/rique d^eti miger. n — 
«■ JVon8-t-i nous obtiyer à c*1îe fêle! Je mréfriifm éy 
ginguer. )^ 
Montr., se rafriquer. 

Régaudir (se), V. pr., se réjouir, se divcj^tir, s'ébatlre : « Dà! 
hier, à l'aport, j'ons fricoté, j'ons bui j'ons dansé; j'noua 
sons prou rëpttowiife.' » De ce mot> M« Mignard, par une 



364 LANGAGE POPULAJRE VERDUKO-CHALONNA13 

étymologie à lui, conclut que Ton devrait dire : danser un 
rigaudon (et non un rigaudon), 

Lat, gauderc, liai.» railegrarsi. Bourg., se règaudL Bress,, 
se rc^oyi, Montr., s^è&amUr^ Rûm*^ engausir* 

. Rège, s. f,, sillon, raie qui sert de sentier dans les terres, 
Bress*, règc, Prov,, rego. Vi, fr.^ rega. 

Rëginguer, V. intr., regimber, se rebiffer. N*est pas le rédu- 
plicatil de ginguer : « U n'é pas bett c'mode ; drès qu'on li 
fait eûne reprémande, ô r'gingue, j) 
BeLTy, regingucr. 

Regiperj V* intr., gigoter, tressaillir, lancer des coups Se 
pieds, se débattre avec des soubresauts : « Quand j'vons li 
bailler Ttiti» à ce p'tiot, 6 r'gipe t6 e'ment eùne sarpent. w 

— « L' pauvre ho unie ! ôl é bé mau ! ô n'peut pu r'giper. J) 

— Quand il est hors de Tiau, le poisson regipe. — La 
forme pronominale de ce verbe (se reglper) n'en change 
presque pas l'acception. Ainsi, dans les exemples citéSj on 
pourrait aussi bien dire : « ^e regipe. n 

L^t.f repcdarû. Berry, gipcrf regiper. Bourg,, regippai^ 
giper,fupcr. Bvqss., regipcr. Champ., ^r&cr, F\Rnà.,rcgibler, 
' Fr.-Ct^, gipcryjuper. Montr., regîppcr, Morv., regiber. Poil» 
et Saint,, giber. Vx. fr., rcgippcr, rcgibelr. 

Regret, s. m., déplaisir, contrariété, peine, chagrin : « l 
m'fait regret d Vouer ces pauv*gens si manpourtants, » 

Lat,, regressus. Forez, Lyon, et Nam., regret. WalL^ regret 
d'on mau (retour d*un mal). Vx, fr., regrès ^ regret, (V. Afa- 
Uce^} 

Regrigner, V. tr.p froncer, rider : \i. L' vieux, ôl a la mine 
proupeùte;ô Défait quia r'grîgner, » On dit : (c Eùne 
poume regrignée. » 
Bourg., regrignai. 

Regrïoner (se), V, pr., se rider au moraL s'assombrir: 
« Pasqu'ô va su Tâge, le père Chose se r'grigne de pu 
en pu. craint la luôr. î> 

RÈfiûzERp V. tr., aiguiser, appointir. 

La t., aeu&ve. Bourg., vègusai^ ègottsai, ChatîlL, règuser, 
Morv., raiguicr* Vx. fr., raguiser, (V. Bcmôlcr*} 



^"^^'^mi'mrmm 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNÛ-CHALONNAIS 365 

RÉGÙzoû, S. m*, aiguiseur, rémouleur* . , ^ *' 

Boarg., rèffusQu. Morv,, rai g ut ou. Toul., a^uset. (V, ^e- 
môloà.) 

Rein-ne, s, Î., reine : a La mignonne Magrite état la rein-ne 
de la fêle; tô Ttemps aile a dansé. >ï 

La t. et Ital^, rcgina. Prov,, j^cginti, rcina^ retjna. Rouch,, 
roifie. Vx* fp,, reïne^ roine, rot/ne. 

Rejàuper, V. intr*, rebondir : « Ma balle? Gageons que j'ia 
fais r^Jauper pu haut qu'loi. h Se dit aussi d'une personne 
qui saute lestement : « Le bigre I à n'é pas gambi; ô r'Jaape 
to c'meot eiine bique< » 
Bourg., re/oupai. , 

Rejjcler, y* intr,, rejaillir, 

Lat,, re/icere, Dauph. et Genev., regickr. Lang,, reji&cia. 

Relaver, V. tr.j laver, mais seulement pour la vaisselle : 
a V'tu ben aller r^laoert^^ assiettes; » autrement, pour le 
linge, par exemple, on dit : laver. 
Pic.j Rouch., WalL et Vx. fr*, rclaeeru - , *- 

Relaveuse, s. f*, laveuse de vaisselle, qu'on prend souvent 
en aide dans les grandes occasions. 
Pic, rdaccMse. RoQch., relaceusse. 

Relavure, et Relaveijre, s. f., eau sale provenant du lavage 
de la vaisselle» 
Rouch., reîavuro. 

RÉLEÙMER, V, tr., rallumer : « J'ai o te in du la lampe; faut-i 
que i*la réleûme? 3> 

Bourg., rèlemai, Morv. , rallumer, Roucb,, raleumêr, 
Vx, fr., ralumer^ r' allumer. 

Relicher, V, tr,, lécher : n Qu'ô bouévo, qu*ô maînge, le 
fichu gormand, 6 se rliche lô Ttt^mps la babouiae. » 

Rblocuer, V, tr-, reluquer, lorgner du coin de Toeil. 

Genev,, relucher. Luxeaib., lâcher. Moi-v,, eur laquer. 
Pic.p erluker. Roach., j'ciouf^aûr, WalL, hukl^ rilatiki^ 
loaker^ touki^. 



306 LA^NCM^E 90Pm^Amm ym/^^jm^KMAMommuë 

Relûre, V. intr., reluÎM» briUear^ 

Lat., re lacère. Unl., rilacere, Btfurg.., rèèure^ P>ov., 
rcliuer, rdazir. Wall,, rilûr. Vx. fr., reluire, (V. Triiktrè,) 

RsLUBÔT, S. m^^ écwoeile, lX9aïi> r^tè 4e lôa : ^ <3 tl4ft 
s*chaufer les dèts, mi n'y ^^ pa ^«l'm rHuabt «cfetons la 
cliTitiée* » {V. Lwsàt,) 

Remander, v, tr,, repriser, raccommoder des vêtements, du 
linge, etc. « Dr6r 4'emplâtrel à.* n'sfait pas taAt ^'totetit 
r^mander ses bas ! » 

ItaL, rommenf^ri». Esp., temandat, Bt«!»., Tmteieêer, 
Mac, remander, Montr., remender, MorVv , tmMmàer^ 
raimcnder ^ ermanjer. Rom., ramander^ Sav.., recéda, 
(V. Rabisioqiier^ Rabohiner,) 

Rewarcier» y. tr,, remercier., rendre grâces. 

Bourg*, remarcié. Prov., remarciar. St-Am., reriiâoké. 
WaLL, rimersi. Vx. fr., mercier. 

RÉMAssEB, V. tr.» ramasser^ prends, relever. 
ShAm,j ramd$è, Vx. fr., r'amassef\ 

Remaugeoû, et Remaugeû, s. m., rebôuteur, cetùi qui tetnet 
les fractures, les foulures. Ces sortes de raccommodeura, 
qui parfois réussissent, sont très courus dans les villages, 
et la ville n'est pas sans y avoir encore un brin de eon- 
fiance. Se croire guéri est donc quelque chose? 

Berrj, armigeuxy re/tre^mucy regougneàx. Brei*s., rx!maujf€¥^- 
Morv,, rainxomgeoUy remancea, reboiUeUy regé^i^ioti^ 

Remauger, Vp tr., remettre les foulures, les fractures. Quand 
le rebonteur cberche à remettre en place un membre 'oa»($ë) 
un muscle déplacé, il remauge, 
MoTit»j r{?//i£w»^flr. (V. Eiicher,) 

Remeimbrancë, s, f., mémoire, souvenir : « JTai voyue 
quête paît; j*en ai ben eùne idée de r^meimb^aitce'. » 

Berry et Mort fer. ^ remenbrance , Morv., memhrance, Pôit., 
rûmenxbrèe, Pi-ov,, rernembransa. Vx. fr., ramcmbrance. 

Rbmeembrer (se), v. pr., se rappeler, se remémorer, 

Lat., rememororr.. Ital., rememhrare, AngL, totnmen^tf^. 
Bourg., se remafnbrai. Norm., se remambrer. Poit., 8ê f^ 



membfmi, Vx. fr., membrer^ amembmr^ ramembper, (¥^ m 
Baémnd^dff.^eRQoorder.) 

Rehj&339i ^^ va-j b;^^ l^% sorcières allaient au sabat à 
cheval sur des manches à balais \ on leg appelait ramas- 
sières. Au XV® siècle, une « ramassière )) fut brûlée k 
Nuits. En balayant, on remesse. 

Lat., ramue, Ital., ramazura. Bourgs remm$sBt remaice^ 
>»«ima«»«<correotion). Forez, ramat, Fr--Cté, remais&nf. Geoev,, 
mnméAa. LillO) m/non. M^c,, ra/na, Meas., rèmon. Mojatr., 
fifimai, Njo^jn,i« roimQn^ P«)v., rowdi* RdiU;., donner la 
mm4W0 i^imo VLnJQmtÎQrméie^ramèeê du balai Jp Hoa^h., 

8«l»l^^ mmmgu (^.,,Bf4iyer, iï^smeisa.) 

Remessure, s. !;, ramassis, balayare* 

Bourg., remaissure. Rouch., ramonare, (V. Baltffurc.y 

RraicÔLBR, V. tr., aiguiser couteaux et ciseaux sur une meule. 
StrAm^., remoulèé (V. RèguMor^) 

Remôloû, et R'mouleû, s. m., rémouleur» 

Bas-Norm., èmouleux, Genev., molièrv. Pic, rammièux ^ 
Wall., rimoleu. (V. Régnsou,) 

RfiMPNTRÇR, V. tr., montrer, apprendre, enseigner i « Le 
maire 11 r'mon^re l'écriture. » 

Lat., mo/is^rare. Ital., mostrare. Berry, rebonlrer, hontren 
t^Rfé motkêtt'firK fn(mtre^ Mor^^i remontrer, Prov., riioAtran 
Wall., rimostré, mostrer, Vx. îr., remonstrerf n^isirer^ 
mustrer, montrer,, 

apMPift5«i,v> iAtr«, allçr plus mal : « L'méd'ci^àhÊQ.v'aui 
p'etmpÔQiie.<lj;i§i r.p^ny'diâbe. r empire, » 
Rouch., rempirer. Y^, fr,, r* empirer- 

Rw^PLfilNiiR» V, ty., rwnplir : « AUeévèt trop rempleiim.BM 
marmite ; 1» s()^p#^ re^rgét ». 

Prov., remplir. St-Am., repli. Wall., retnpU. Vx, fr*, 
rempler^ replenir, pékmf^fM^r r^c^mpih*. 



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368 LANGAGE POPULAIKE VERDUNO-CHALOMNAIS 

Rempleûmer (se), y, pr.^ se remettre dans ses affaires. 

Roach., rempleûmer. Wall., reploumé, Vx. fr., remplumer» 

Renàquer, y. intr., cracher de gros crachats tirés du nez. 
Bourg., renaquai. 

Renard (prendre le), loc. C'est se liyrer aux réjouissances 
qui, tous les ans, terminent la grande opération de la 
moisson. Le soir du dernier jour, pour la rentrée à la ferme, 
on enjolive la voiture finale, que les plus ingambes sur- 
montent d'une croix confectionnée avec des épis, et ornée 
de fleurs et de rubans entremêlés. Toute la bande des gars 
et des fillettes, que précèdent les vieux, suit le char en 
chantant et surtout en huchant, c'est-à-dire en jetant à 
tout propos et hors propos leur cri favori de : You cou cou! 
qui se répercute, sonore, tout le long de la route. Arrivé à 
la ferme, ce nombreux personnel s'attable, fait au copieux 
dîner l'honneur d'un appétit et d'une soif pantagruéliques ; 
puis, pour aider à la digestion, l'on gagne la grange où 
Ton danse au son du crincrin et de la gonfle, qu'on a tou- 
jours sous la main pour la circonstance. — Analogie avec 
\2. paillée (v. ce mot). — Mais « le Renard? » On ne le 
voit guère apparaître dans tout cela. — C'est vrai. La 
coutume a survécu à son étiquette. On ne retrouve pas le 
pourquoi de cette dénomination. 
Montr., prendre le renard. 

RenârÉj adj., défiant, fin, rusé comme un renard. 

Bourg., rendrai, Lille, renaré. Poit., renarde. Wall., 
renarè, Vx. fr., renarde. 

RenArer, V. intr., rusailler, user de finesses comme le 
renard. 
Bourg., rendrai. Poit. et Vx. fr., renarder. 

Rendoublée, s. f., redoublement, souvent d'injures. No 
s'emploierait pas pour la répétition d'une chose agréable. 
ll.-V, reveni. Môntr., rendoublée, 

RESDotJBL^:E (de), loc. adv., à nouveau : « Quand ôl a évu 
bise la p'tiote, ô l'a cor bise de rendoublée. )) 

Renfrûugné, adj., refrogné, mécontent 



l'^lpç*^^^^" 



LAMGAQE PÛPUWMIiB VE^qUNQ-CHALONKAIS 369 

Genev., rcfrougnù. Pic, erfrigaé^ rccafrogné, V^* tr.f 
rcfrongné^ rcfroignéy renfrongné, 

Rengueùgner, V. tr., rebouter. Ne pas confondre avec Ran- 
gueugner. (V. ce dernier mot,) 

Rbn-nhausser, V. tr., rehausser, mettre plus haot (pmnoficei 

Morv., rennausaer. Wall., riliôssL Vx. fr., rchauiscr, 

Renicler, V. intr., renâcler; au figuré, hésiter, reculer; 
« Qu'é c'qu'y ét-i qu'ôl a dans Tnazô, qu'6 r'nîcie tôjor? n 
— (( On disôt qu'ô li flanquerôt eùne trempe ; ma 61 a 
reniclé. » 

Beri'y, reaiclcr. Genev,, reitaaquer, WaU-, peniçlé, Yx, îr*, 
renaquct\ renasquer, 

Reniquer, V. tr., yenier^ refuser la choae promise. 
Morv., curaiqiier. 

Renmouceler, V. tr., amonceler, ramasser en taa ■ a Attends 
vouer, que yrenmoucéle mes calas dans mon dVantei. n 
Pic, ramoncheler, 

Renoille, s. f., grenouille. 

Lat., rnnicula. Bourg., renoille, renouille^ renouvelé. Breas , 
reaallle. Four., rcnee/ï7/<?. Fr.-Cté, renoille^ rçaotw'dle. Genev,, 
renoille. Lim., gronouillo. Lyon., granoUi. Moiitr., reamdUc, 
Morv., renoueille, Sav., reneuille, Vx. fr. , renouilte. (V, Râ- 
note.) 

Renter, V. tr., repriser, remonter, rempiéter : a Aile iricotie 
bében; aile m'a re^i^^ eûn paire de bas- » C'est tricoter 
des pieds à de vieux bas dont on a conservé les jambes. 
Morv., renter. Vx. fr., ranter. 

Rentôrner (se), v. pr., s'en retourner : u Pîarot & v'riu. O 
v'iôt m'dire qu'ô vourôt ben... ma, Thêta, ô s*é rentorné 
sans oser. » 

Lat., rc^or/iarc. Ital., rtïor/iarc. Berry, ratotirner^ ar tourner* 
Bourg., retonnai. Prov., retornar. Wall-, vitoitrnè. Vx. fr, 
retorner, returner. 

Renvarser, V. tr., renverser, détruire, faire tomber. 
Bourg., nanearsè, St^Am^., récresé. Vx. fr- renverser, 

42 



i 



370 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Renvïer, V. tr., renvoyer, rendre, restituer. 
Morv., rencier, Vx. fr., renceier, rencoier. 

Repailler, v. tr., rempailler : a La Giraude a passé; j'ii ai 
baillé mes cheires à r' pailler. » 
Genev,, repailler. 

RépailloÙj s, m., rempailleur de chaises. 
Geaev., vepallkur. 

RéPANCUER, V. tr. , épancher, répandre. 

Bourg., reparichal, épcinchaL Vx. fr., respandre. 

RÉPARME, s. f., épargne, économie. 

Bourg, et Morv., réparme. Vx. fr., espergne^ espargne. 

Réparmer, V. tr., épargner, mettre de côté : « Si ô n'dépense 
ran, y é pas faute d'avouer; ô réparme prou. » 

L^t . , parccre , Ital., risparniiare. Bourg., rèparmaij èpar- 
maL Bress., Fr.-Cté, Montr. et Morv., rèpariner. Prov., 
espargaar. Suisa, r., reperma. Wall., spârgai, Vx. fr., 
eêparner\ esparaiôry espar g nier, 

Repentu, part., repenti. 

Morv., repcnta. Wall., ripeinti, Vx. fr., repenti, 

RÉPEÛLEft (se), V. pr,, se rappeler, se souvenir : « Voui, 
vouî, l*maliiurcux, ô s'refpeâZe prou d' l'avouer argardée! » 
Vx. fr., rapelîfr^ r'appeler. 

Repiquer, v. intr., augmenter de prix, reprendre de la 
valeur: h Au marché, i n'se vendôt pas gros d'aibord ; 
ma, par après, la vendue a repiqué. )) 
Morv,, rcpiqaè. 

RÉPOUNER, v. tr, et intr., répondre, raisonner : « A tô c'qu'on 
li a ditj ôl a tôjor 7*épounu, » 

Lat. et Itah, rrapoadere, Cogn., répouner, Morv., rcpouner^ 
Prov,, respondre, Wall., respond'. Vx. fr., respundre, res- 
pondre. 

Rkprémande, s. f,, réprimande. 

Lat,, rt^prlmeiida. Vx. fr., réprimande, 

REPnocïiER, V. intr., revenir, en fait de digestion, donner 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-i. (L\LONNAlS 371 

des rapports : « Je n'mainge pu d'boudiïi; toute 3a jornée 
ô me reproche, )) 

Berry, repreacher. Bress., rcfouiUrr. Gcuqv.^ n'prociuT. 
Prov., repropchar. Vx. fr., rrprocfiiet\ rt'ffVfjvvr. rrproth-lirr. 
(V. Farfouiller.) 

RÉPUGNER, V. tr., regarder avec répugnaneo : n 0\v Toiuéto, 
aile é SI mauprope, que yrépugne cVju^uir nous fricote» » 
Lat., repugnarc, Ital., reputjtKtre, Vfpitijmaw Prov<* repu- 
gnar, Vx. fr., répugner. 

RÉsiPÈLE, s. ni., érésipèle, ou mieux êrysipele. 
Rouch., résipère. 

Ressembler, v. intr., ressembler k : « LV^i^iui p^noi ! D 
ressembe son peire; y é lu tout naqne* » — On dit bien : 
ressembler, ressembleint ; mais, dun^ariL l'e inmit, le i 
tombe : ressembe. 

Ital., rtsembrare. Bérry, arsemhlrr. Bouj^g., r<\^ittitittL 
Bugey, ressinibla. Lorr., rcsanner. ls\onU\, relîrcr do... 
Morv., Imiter (son père). Pic, rassafiot^ rû^srmiT, f'rsirmt'r. 
Prov ., l'esseniblar, resscmlar . Wall., rii<iiOni\ nits.ioli'. Vx- fr., 
resembler ^ ressambler. (V. Sembler.) 

RÉssu, part., ressué. Se dit de certains^ ('or[>s <]iii lejulent de 

l'humidité intérieure. Chez nous, rf's^ntt, rioui^tate que a^ 

rendement est terminé. Une chose n^sunc t^st une ebose qui 

a été mouillée et qui cesse de l'être, ressuyéo, 

Ital., risudare. Prov., resudar, rû;:ntliif\ V\. Ir., rr^^^ne. 

RÉTAQUER, V. intr., bruire avec éclat, O vi^rbc, sau^ écpii- 
valent, ne s'applique guère qu'au hnift du îounort'e» Lo 
paysan dit : « Le tounare rétaque. )) I.e reduplicaiiE iudî^^iie 
l'intenlion d'exprimer des coups qui se sucCL^deiu. 

Retinton, s. m., écho, reflet, léger souvenir d'une [îotsoihvt 
ou d'une chose : « I m'répeûle eùii hvhi la p'tiule; j'en ni 
c'ment eùn rHinton, )) 
Cogn. et Poit., retinton. (V. RetintOffùt.) 

Retintouin, s. m., arrière-goùt, reste, reUnif : fl Qiuind j'fii 
migé du fromage, j'en ai tôjor ciin rîïnintun dans Y^d^v- 
guillôt. )) — (( 01 a évu eîin r' tintouin d'colique. » — En 



à 



6îè LAKOAGR IHJPÙLAIRE VERbUNO-ChALOMWAlS 

plus d'oti cas^ ce mot et le ptécédent sont sytiottymes, avec 
cette nuance que le premier s'applique volontiers au moi*al, 
et lé second au physique. (V. Betinton.) 

Retor, s. m., retour, action de revenir d'un endroit. 

Ital,, vUorntj. Berry, ratour, artour. Bourg., retor. Prov., 
retorn, St-Am., l'cùou. Vx. fr., retor. (V. Raiour,) 

Retôhnb, 6. m., retour, remise sur un marchéi échange : 
« v'iot m'bailler son pré cont* le mien; ma ô d'mandôt 
eùne trop grosse retorae, » 
Boiifg,^ rvio/iôe. Morv., retorne. 

Ri^DRNËR, V. inir., retourner, revenir. 

Ital*, riiovfiarc. Berry, ratourner, artourncr. Bourg., 
retonaL Morv., rctorner, Prov., retornar, Wall., rltournè. 
Vx. îw^rehirncr. (V. Ratourner.) 

Retrait, a. m», lieu où Ton se retire, latrines. Nos grands- 
pères n^avaient d'abord que les champs et les prés, où 
chacun allait « voile au vent >>. Puis ils établirent ce 
réduit intime^ mais le plus loin qu'ils purent de l'appar- 
temuDl : au fond d'une cour, au bout d'un jardin. Au point 
do vue de Todorat, c'était bien; mais ayez donc la colique 
la nuit, et par la pluie ou la neige!.., 
Vx, fr,t rclruict^ retrei. 

Reûbe, et ROBE, s. f., robe. 

Ital.p ralm^ Prov.) rauba, St-Am., rouba, Vx. fi*., reube^ 
robCf robbc, 

Rkûche, s. f., corbeille en osier, d'une forme spéciale, pour 
mettre la pdle k porter au four. 

Fr.-Cté, ntcftote, Morv., rcuc/ton.Norm., rachat^ ruchctte. 
(V. Boinon.) 

R.E&ME, s. m,j rhume. 

Lat., r/iGuma. Ital., reu/fia. Bourg, et Morv., reuine, Prov., 
renma. Rouch.^ rkcume. St-Am., rë/nou, Toul., raumas, 
Vx. fr,, rettnfé, rlieume, 

Rëûmoû, adj., enrhumé, qui tousse habituellement. 

Boufg., TGUm^Hlot/L, 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALDNNAIS 373 

Reûtomer, V. intr., trop tremper. Se dit de la soupe dans 
laquelle on a coupé- le pain trop longtemps d'avance, et de 
sauces, de mets qui cuisent et recuisent indéfiniment: 
« Ta fricassée n'a pas bon goût; t'ias laissé reutoner. j> 
(V. Beùrtaler,) 

Revarper (se), et Reverper (se), v. pr., se redresser, se 
raidir contre quelqu'un, lui tenir têle, se nïbilïer : ft Le 
diâbe! drès que j'voux l'enviera l'école, ô se r'carpe coume 
ein chat en coulâre. » 

Bourg., recarpi^ reoarpai, Bress., recarpra. Montr,, re- 
varper, Toul., reguina, Vx. fr., hcrpcr, herftperj rabarbev. 

Revenge, s. f., revanche, coup rendu pour un coup reçu. 
Berry, reoenche^ recanrjc. Bourg., rcoaiiichc, Bieys., rc- 
ccng'e. Toul., rebcnjo, Vx. fr., rcccnchc^ recanchc. 

Revenger, v. tr., venger, revancher, défendre quelqu'un ; 
(( On li f'sôt du mot, à c'petiot; je l'ai revende, jï 

Lat., olndicare. Berry, rcoaager^ recenc/wr. Bourg. » re- 
vainchai, rcoaln/aLCo':^n,,rccenger. Genev. atMiEli^ rt^canf/rr. 
Montr, y i^eoe lige r, Morv. y rcGoingcr. Pic, errùtr^^r. Houch,, 
croenger, recenger. Vx. fr., reoenger, recanche/\ reft'fif/ier. 

Revenî, v. tr., ranimer, redonner de la vigueuL* : a 01 élot 
bé mau; ma j'ii ai beillé eùne gôte pou H roent l'cûeùr. n 
Lat., veoeiilre. Ital., rlcenlre, Berry, avconir. Bress, et 
Prov., reoenir, Wall., rivni, Vx. fr., recenir. 

Reverdiêre, s. f., verdier, oiseau. 

Berry, ccrdrin, Bress. y recerdièrr. Doubs, vo^fjorterG. Guern., 
oertbernant. Morv., ccrdais, ccrdln^ cerdolc, ccrdttlc, rar- 
dange. Norm., verdrix. 

Reviauler, V. intr., aboyer en gémissant : (( Tùte iai iieut 
j'entends pô lai rues des chins qui r^ciaidoni, n 
Morv., rcciauler, 

Revoiller, et Ravoiller, v. tr,, réveiller : o drem6l su 
l'ôvraige; j'te l'ai brament révoillé. » 

Lat., eoigilare, Ital., rlsoegllarc. Berry, druailcr. Bourg., 
vèoaillè, him., recelier. Lorr., rècaillè^vècoUlè^vucâgl. Mai?., 
eceillL Morv., rèoaillé. Prov., recelhar, St-Am,, récdr/â. 
Vx. fr., resoeiller. reoellier, esc ciller. 



i 



374 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Revouérons, fut. de reoouér, reverrons : (( Bonsouér ! J'ra'en 
vas; raâ j*nous r' Douerons. » 
Bourg., recoiron, 

REVU, part. pass. de raoouer : « J'évô guâri mon reûrae, é 
pi y on ai r^êru eùn aute. » Eu (écu) avec réduplicatif. 

ircuEÙLissE, s, m., réglisse : « J'teùsse; jVas m'écheter du 
r'gueidiiiHe. a Encore un des mots dont nous avons changé 
le genre. 

Lat.^ Uquiriiia. Ital., regolhia, Berry et Genev., argue- 
lisse. Vie. t îx^ffoliche, ringolichcy ringolisse. Prov., regulecla, 
rcfffiilcia, retjaelicla. Rouch., règuélisse, Wall., rckouliss, 
Vx. fr., recitiUsey ricolisse, regulisse^ recueillisse, 

RiÂcHE, adj,, i-èche, âpre au goût, au toucher. — S'applique 
au figuré pour un caractère difficile. 

Alieui-, rcseke. Bourg., r lâche, Pic.> réke. Rouch., riàche, 
y%. fr., rrrvh, 

RiAu, s. m., œuf que les villageoises laissent en réserve 
pour indiquer aux poules l'endroit oîi elles doivent pondre. 

RiAUME, g. m,t royaume. En terme de notre ancienne marine 
fluvijile, rive droite : « Vira de riaume! » Tourne du côté 
de l'oyaumcî u'est-à-dire du côté de la rive droite. 

Lfî Forez a : mare pour rive droite, et : galerne pour 
rive gauche. (V. Bronquer, Pire.) 

RïBON-RiBAiNE. loc, bon gré malgré. Aujourd'hui peu em- 
ployée chez nous, et répandue plus loin que la Bourgogne. 
On la trouve chez Rabelais, Saint-Gelais, etc. — C'est 
par ces deux mots que débutent les fameux Noeï Bor- 
g lit [I non de Gui Barôzai : 

Grand Dei, ribon-ribène, ai/au qu^anjin féclaite . . . 

Bourg-, ribon-ribène, Toul,, ribonii-ribegro, Vx. fr., ribon- 
rlhaune, (V. le Glossaire de La Mon noyé, dans notre première 
tklitiori des Noûls, de 1842.) 

RiDiAu, s. ni,, rideau, toile tendue pour cacher. 

Bourg,, f'ifjid, Il.-V% ridiau. Lorr. , ridia, Mac, ridiau, 
St'Am., rcth/o, Vx. fr., ridelf rideau. 






SF-'T'Çf -, 



LANGAGE P^OPULAIRE VERDUNO-CHAtONNAïS 375 

RiFLER, V. tr., effleurer, raser, frôler : « Crapaul ton caillou 
m'a rijlé Torille. » 

Champ., èrijler. Genev., rifler. La.ng,<,frUtt. Lim., rtJUu\ 
MoTV . ^ freiller, friler (anagramme de rifler.) Norm., érafttr, 
èrijler. Pic, rljler, Wall., riffler. Vx. i\\, èrti/kr^ ènjlei\ 
rijffler (prendre). (V. Râjler.) 

RiGOULE, s. f., rigole, petit fossé, tranchée pour planter, 
Vx. fr., rigolla, riguole. 

RiGouLER, V. intr., couler dans une rigole. 

Lat. et Ital., rigave, Berry, rioler^rigoUîr, Btmig., nt/6ltii. 
Champ., rigouler^ rigoler, Morv., rigoider. 

RiGUE, s. f., réunion d'individus qui font un travrtîl en 
commun : « La rlfjue des crocheteurs. ï> Par *^xteîjsii>n, 
bande, société : Une joyeuse rigue; faire partif- [rime 
rigue. (V. Rôde,) 

Rimé, adj., odeur et goût désagréables,. contracUl^ par \^^ 
aliments trop cuits qui se sont attachés au fond du vase 
sur le feu : « Ah! Jean-néte, tes gaudes {icntoui Vrimét ^î 
Bourg., rimai. Forez, runia, Lang., rima^ rnfun, rfUiint]iî. 
Poit., rimai. Prov., rima, rumatja. Rom., niua, Saint, , 
rimé, Toul., ruma. Vx. fr., rimé. 

Rincée, s. f., averse, réprimande, volée de coups. (W mm 
quantité de synonymes de cette dernière acception : Dauhte^ 
Dégelée, Pignée, Pile, Raclée, Roulée, VoU'e, eks, 
Genev., Montr. et Midi, même mot. 

Ringuer, V. tr. et intr., regretter, être privé dVuio alioM', se. 
passer avec tristesse de. . . : « Ah! voui, ma pau y 'petiote, 
quand t'vas été partie, j'vas joliment Vringaer! n 

RiÔLE, s. f., gaieté. « Etre en riôle, » eV^t ù!n! en joie, 
presque faire la débauche. Se prend en boiuit^ ci ru mau- 
vaise part. 
Berry, riole. Bourg., riôle. Bress., riole, (V. Rfôf(*r.) 

Riôler, V. intr., fêter, se réjouir, se livrer au [sltiisir. 

Bourg., riôler. Genev., rioler (rabâcher). Morv., rtôhr. 
(V. Riôle.) 



i 



376 LANGAGE POPULAIRB YEBDUNO-CliALONNAlS 

RioN, S. m., rayon, sillon. « Semer les r/o»s, )> c'est aemer 
quelques grains le long de la raie mitoyenne des sillons. 
(Ce mot n'est qu'une contraction de rayon, comme riaume, 
de royaume.) 
Norm., rion, 

RioRTE, s. f., brin d'osier tordu et servant de lien, lien fait 
d*uriG branchette d'arbre. On lit dans J. Guillemin : « Sur 
les bords du Doubs on les appelle des illons, je suppose, 
parce qu^^lles (ces branchettes) croissent sur les petites îles 
qui parsèment le fleuve, m Ce n'est pas tout à fait juste. 
(V* notre mot lions.) 

Lat., rctorta, Auv., redorte, Berry, rotte^ riotte, rouette. 
Bourg, ^ èrouelte. Champ., rouelle, Dauph., riorta. Forez, 
ariôte, riôie» Fr.-Cté, rorle^ riorle, rôtio, Genev.. rloiiie. 
LyoQ., rioia. Montr., riorle, rorte, Morv., rouéle, rouote, 
Poit., rotielte, l'iorte, riorlone. Prov., redorla. Rom., rorte, 
Suias. r,, riouta. Vx. fr., riote, (V. Riôle, Rôle,) 

îliàTK, s. f., perche de chêne tordue, servant à la confection 
des radoaux. (V. Riorte, Rôle.) 

R[pt:R, V. intr. , glisser, s'échapper : « Oh! c'gueùrdin 
d'poLK^sson, ô m'a ripé entre les dèts. » 

Borry, riper, èrlper. Aunis, Morv., Poit., Saint. etVx. fr., 
riper. 

R[QuiQui, s» m., toute liqueur de dessert quelconque, eau-de- 
vio, rhum, genièvre, etc. : « Hardi! mon vieux! eùne gôte 
de riquïrnd pou fâre descende le dîner. » 

Bourg*, Dauph. et Genev., riquiqui. Pic, riklki. Say., 
riquiqai (gupçon espiègle). 

RiSANT, part, prés., riant, caressant. 
Bourg., rlsan. Vx. fr., riant, 

RiaÔTE, 3. f., risette, entre le rire et le sourire, surtout ban 
rire enfantin : (( Allons, p'tiot, fais risble à man-man. )) 
Berry,rf0^e. Champ., rios, riot, riote ^ Morv., risotte. Norm., 
plotCf rtoche. Pic, riote, Prov., riset. Saint., risotte. 

Risûu, s. m., rieur, moqueur : (( C'drôle! yéteinch'ti risoû; 
ô r'chigne tous ceûsses qui passent. » 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CIIALONNAIS 377 

Berry, rieux^ ricaneux. Lang., risoullè. Morv., rioii, risou 
vlcheu. Norm., richolne. Rouch., riou,^o\x\. ^ riso allié. Wall., 
riou, riourte, ryeu. 

Risu, pass. du verbe rire : « AU* li a disu quét chouse à 
Torille, é peu ôl a m*a, ôl a risu!! , . . » 
Morv. et Suisse, risu. 

RiVEiRE, s. f., rivière. Nous sommes fiers des cletïx nôtres. 
Lat., rlpn, Ital., ridera. Berry, rioièe. Bourg., rtcrirt, 
Mac., revire. Montr., recère. Morv., rioièe. Prov., riieira^ 
ribayra. St-Am., recire. Vx. fr., rioierc. 

R'loge, s. m., horloge. Encore un genre changé : (( J'ons 
un bon r'ioge cheu nous. JVeins d'ie remonter; à marche 
quasiment tout l'moués. » 

Lat., horologium. Ital., orolojio. Aube, reloge. Herry, r'ioge, 
reloge. Bourg., reloge. Cogn., reloge. Gasc, rcUotge. Genev, 
horloge (masc). Midi et Montr. , reloge. Morv., hmwloge 
(masc.) Poit.^ reloge. St-Am., oarlousoa. Saint. ^ reloge. Sav,, 
relœuge. Toul., relotge. Yonn., reloge. Vx. fr., reloge, orloge, 
orilogc^ orloige, auloge, ierloge. 

RocHET, s. m., louchet, boyau à lame tranchante* dont i« 
manche est terminé par une poignée transversale ou ma- 
nette, sorte de bêche. 

Indre, louche (bande de terre). Lang., luchet, Wall,, hsè 
(bêche). Vx. fr., lacet y louchez. 

RÔDE, s. f., bande, troupe. A presque le même sens que 
Rlgue, et pourrait passer pour son synonyme. 
Montr., rote. (V. Rigue.) 

Rôë, s. f., roue de véhicules, de moulins, etc. 

Lat. et Ital., rota. Bourg., reaè. Lang., rod^.. Litn., rodo. 
Lyon., roa. Morv., rotte, reue. Pic, reue^ reuie. Poit., rode, 
Prov., roda. Rom., 7'oc. Rouch., rues. St-Am. h redca* Sav., 
rôa. Vx. fr., roe^ roue. 

ROGER, V. tr., syn. de Rauger, bouger, remuer : « 01 o cousu 
de douleurs ; ô n'peut pu s^rôgèr. » 

Lat., rotare. Ital., roteggiare. Bourg., rôgè. BTeB$^,rôger. 
Champ., rager, Montr., roger. (V. Rauger,) 

Rogne, s. f., talure, meurtrissure, écorchure d*ua certciin 

4'A 



378 LANGAGE PQPULAIRB VEE^D.^HQ.'CUALQNHAIS 

eu(icoit chez vi^. apprenti ca,va^lkur : ci 01 a été à cVvau à 
ç'raaitio, é pi ôl a étrapé la rogne. » 

Latp, robigo. Ital., rogna. Bress., rogne. Genev., rogne 
(chicané)/Prov., ronha, WalL, ragn. yx. (ç., roù^gnCy r;ong/ifi. 

Rqik, s. f,, ru, petit cours â*eau, raie entre sillons. 

Berry, ri, ry, riau, rleu. Bourg., roie. Flam., rieu, ries. 
Forez, ru^ rio^ rui, risa, Frib., ru, rlô, Lan^., rifll riau,, rioif, 
Lille, richo. Lim., n'a, riou, Mons, richaL Montr., roie. 
Morv,, ru, raue, reue^ roie. Pic, roie. Poit., ri, riau. Proy., 
rccy ris, nos, regu. Rom., rin. Rouch., roile, risêiau. St-Am., 
rd. Saint., rège. Sav., ria. Toul., riu. Vosg., ru. Wall., 
raie^ rivho, mcheau. Vx. fr., rieu^ru^ rut/, ruj^, nçie,riUss(^l\ 
russeau,{V. Râ, Russiau.) 

RojROTE, et RouARÔTE, S. f., petite serpette pour couper ie 
raisia. Le vigneron a un assez riche vocabulaire. {V. Sarpe, 
Sarpéle, Goui, Gouisot.), 

Roitbl6t, s. m., roitelet,. 

Bress., roidelo. Wall., rôicifii. Vx. fr., roJMh noi^tel, 
roiûiiaa, roytiau, roytelet. (V. PeteiCi»). 

R0LER, V. tr. et i^tr., rouler, faire tpui:niei:, aller en tournaoU 
Lat. , roiare. Ita^., rotolare. Beri^y, rqlfir, roll^r* Çpur^,, 
rùlui, Prov., rolar, rotlar. St.-Am., reùlè, Wall.., y;()/ê. 
Vx- fr, roler, roller. 

RoNCBONER, V. intr., grogner : « Qu*é ce qu'ôl a donc, c'diâbe, 
qu* tô rjor ô ronchone? )) 
Bourg, ^ ronchounai. Quercy, rouffouna. 

RoNFE, ot Ronfle, s. f., sommeil d*ennui : « nous en 
dégoise trop, c'bestiâ-là. . . J'en ai la ronje. » 

Bourg., ronfe, 

RoNGEON, et RÔGEON, S. m., cœur qui reste d*un fruit rongé; 
rongeon de pomme, de poire, dans lesquels on a mordu : 
(( n'é pas chiche, lu; ô vous beillerôt ben voulentier 
ses rongeons. )) 

Berry, rougeon, rouillon. Bress., ro/q/i. ^pniv., rogeot\^. 
Morv,, rongeon^ ringeon. 

RoQVEu, V. intr., roter : « En mingeant, ^ n'fait que roçaer; 
y él ein vrâ goret, » 



LAîmAGE PbPÙLÀÏRfe VfcRDUNÔ-CHALOltî^Aïa ^^9 

Lat., eructare. Ital., tniUa're, Bitsi. et Month, fàt^^er. 
Pic, réper, reuper. Wall., reupé, reupi, Vx. fr-^ f*ôiei% 
router, rôucttr, 

RoQUERAii s» m., rot> explosion incivile. 

Lat., ructus, Ital., rutto» Pic, rèpe^ reupe, Wall., rêupp. 
Vx. fr., 7'otte. 

Rôsséfi) s. f., bonne taclée^ roulée. Ce mbt^ dads ce glossaire, 
a plus d'une demi-douzaine de synonymes. On le trouve 
fltoii Litttiôi ainsi qu'un iJfertàin nottibré d'autres, auxquels 
le célèbre lexicographe à doùné une facile hospilalîté. 
Nous Voulions d'abord les supprimer; maïs faous avons 
néèbtinu que cfette rigueur porterait préjudice à la physio- 
nomie de notre langagie populaire. 

ËossiGNÔ, s. m., rossignol : « L'av'vous entendue, la preù- 
menouse? AU' chantôt tout c'ment Vrossignb, » 

Lat., luscinia. Ital., rusignuolo. Berry, rossic/not^ rosugnoa, 
rousHgnolj roussignau. Bourg. ^ reucigneu^ rossignô, TL-V% 
roussîgnoly rossignoulet, Morv., rossignol, t^ic, our&ignot. 
Poit., rossignol, rossignou, t^rov., rossinhos, rosalgnola. 
St-Am., reusegneû, Wall., râskijgnou, raskigno. Vx. fr,, 
tousseignol^ rossigniau^ luscignol, 

RossiGNON, s. m., repas que Ton fait lé soir, après la veill<5e. 
On le prend aussi parfois pour synonyme de : réveillon, 
ce repas bourguignon invariablement attaqué au retour de 
la messe de minuit, et où l'on n'épargne ni boudin, ni car- 
bonnade, ni marrons, ni vin blanc Le mot est, comme 
l'avance J. Guilleinin, « une corruption du vieux mot 
recinon, qui se disait et qui vient de recœnare, souper une 
seconde fois. » rt V'ià l'cà d'méneù; i nous faut fâro 
rossignon. » 

Bourg., rossignon, Bress.> rossignon, Montr,, rossignon 
(petit repas avant le coucher). (V. Récie.) 

tlÔT, s. m., grappe de maïs» encore laiteuse et rôtie devant 
le feu. Les grains se durcissent, se dorent, et éclatent. 
Régal des gamins, qui, trop souvent, font de cette gour- 
mandise la cause d'une picorée en règle. Les jeudis, ils 
reviennent des champs les poches pleines de ces jolies 



380 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

. grappes. Heureux lorsqu'ils ont esquivé le garde-cham- 
pêtre! 
Montr.. rôt, Prov.^ rausé, Vx. fr., rost, (V. Panouille,) 

RÔTE, s. f., route, et chemin qu^on a à faire dessus. 
Lat., rupta. Bourg., rôte. Sav., rota, Vx. fr., roupie, 

RÔTE, s. f., baguette flexible : « m'a baillé su Tdos des 
bons côps à!rôte. J'en ai core mau. » (V. Biôie, Riorie.) 

RÔTI, et RouTÎ, V. a., rôtir, griller : « O n'fait qu'la montrer 
au feù pou fâre routî sa viande » 

Bas-B ret., 7'os^a. Ital., arrostire. Esp., ros^tr. Berry, roûti^ 
routir, Morv., roûii, Prov., rausiir. St-Am., ruti, Suiss. r., 
rouit, rousii. Wall., rostl. Vx. fr., rosiir. 

RÔTIE, s. f., tartine de pain, souvent de la longueur de la 
miche, et sur laquelle on étend beurre, confitures, etc., etc. 
Une des plus préconisées est celle du fromage blanc frais, 
que l'on couvre de rondelles de radis, de ciboule ou d'ail. 
Berry, roûtie. Montr., rouiic. Morv., roûtie. Norm., chrée 
(dorée au feu). Sav. rutia. Vx. fr., rostie. 

RouÂcHER, V. intr., mâchonner comme les animaux qui 
ruminent, tourner et retourner quelque chose dans sa 
bouche sans l'avaler. 

Lat. et Ital., ruminare. Berry., rouingcr^ ranger^ roinccr, 
rocngner. ^urà^roingi, Pic, j'oumlr. Prov .^romiar^ romtnaf, 
Nancy, ringer. Nofm., rouinger, runger, Vx. fr., rongrr, 
rungier^ runger. 

RouBAN, et RiBAN, S. m., ruban : « Aile étôt bé brave; ail' 
s'é métu des rouhans partout. » 

AngL, rlbbon, Aveyr., rt6o/i. Berry, Bress. etIl.-V% rihan. 
Morv., rouba/i, rihan. Wall, et Vx. fr., riban. 

Rougeurs (les), s. f., rougeolle : « La fiyôte a les rougeurs; 
pauv' chàtel faut brament la soigner. )> 

Morv., roagie, Prov., rogor. Wall., rogow\ rouviu. Vx. fr., 
rogcur^ roguear. 

RouiN, s. m., regain. 

Ital., guaime. Norm., recoin, refoin (ioin nouveau). Pic., 
reguin, rouain. Wall., rigain. Vx. fr., regain > 



^ ■. "P 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 381 

Roupille, s. f., roupie, goutte qui tombe du noz. 

BdLS-Lsit , ropida , Berry, î'uicheyVouicfœ. Poït., russe. Vx. fr., 
roupr/e, rulye^ ruhie, 

RoupiLLOû, s. m., roupilleux, qui a la roupie au nez^ Un 
bébé avait une telle aversion de son gmnd-pûre, ujt peu 
trop souvent roupilleux, qu'il se retirait avec effroi toutes 
les fois que celui-ci voulait l'embrasser. Pour ne pas so 
priver des caresses du pHiot, le pauvre vieux cessa de 
priser. 
Rouch., roupclicux. Vx. fr., roapicfix, 

RoûsE, s. f., rose : (( T'é béll' coume eiin' roihe. » — Une 
large feuille de rose, disposée ad hoc, ni qu'on a bien 
gonflée en souflEiant dedans, produit la même explosion 
que la groseille à taperiau, 

Lat. et Ital., rosa. Bourg., rei'ue, rm&e. Prov., rosa. 
St-Am., rcûsa, Wall., rdxr. Vx. fr., ro:;e., rose. (V, Taperiau,) 

RousÉE, s. f., rosée : « Tendre coume rouf^êe. h 

Lat., 7'os. Ital., raglada. Bourg., rmi;rèi3. Uni,, rousado. 
Morv., rofisô'e. Prov., rosada, rozada. Sav.. roj-d, èrosà. 
St-Am., reàsô. Toul., ros. Wall , roitsèc. Vx. fr , vousèe^ 
rusée, roscdc, 

RousEiLLER, V. intr., tomber sous forme de rosée : << A 
c'maitin, Ttemps s'é couvri; é peu vUà qu'i rouseille, S) 
Morv., rons'iUer. Poit., rosader, 

RousiAU, s. m., roseau. 

Aunis, roac/ic. Berry, roiiche, rauche. GuQYn.^ros. H'-Maine, 
rouchCy rousse. Lim., rouseà. Morv., roskiu^ rousiatt^ ro&cai. 
Norm., ros, rauchc. Poit., rouche. Pjov.^ rait^cl, ro^m. 
Saint., rouche, Wall., rosiau, rossai. Vx, îv.j rosc!^ rousean. 

RousiER, s. m., rosier. 

Ital., rosûfto. Prov., rozer. St-Am., roa^i. WalL* rojù 
Vx. fr., rosier. 

RousiÊRE, s. f., roseraie, endroit planté de roseaux. 
Berry et Morv., rousière. Vx. fr., rosiùrc, rouchère, 

RoussÔT, adj., roux. Les paysans emploient fréquemment 
ce mot; c'est un nom donné à leurs bœufs. Adressé à une 



^.-^■^H^»^«l^ 1 



382 LANGAGE POPUbAIRÈ VERDUKO-CHÀLONNAIS 

personne, se preod en mauvaise part* Salnt-Sitntm dit 
que le cardinal de Bissy était un rettssetxit. 

L&t,russus. Ital., rosso. Bress., nottWv). LlW.» t'-miséu. 
Montr, roussot, Prov., ros, Vx. fr., rous, rousseau, 

RouSTt, adj., accablé) ruiné, fichU) mort : «c O m'a g;à|né 
loules mes gobilles; j'seù r^mti. » ^O lrani(A»B» le pàUvM 
61 é voustL ^ 
Lille, romti. 

RouYEti, S. m., roulier. Jadis, ce terme désignait- spécia- 
lement les conducteurs de voitures de roulage. 
Yï- fr., roulier. 

RôuYÈRÊ, s» f., blouse solide, portée jadis par les roUliers. 
Bress. et Wall., roulier e. 

RuDÉYER, V. tr, rudoyer : « AU' ne pourra pas rester d'avou 
lu ; ô n'fait que d'Ia rudéyer, » 
Berry, rudeyery rudègcr, Morv., reudèyer. Vx. fr., rudoyer, 

RiiÔTE, s. !., ruelle, petite rue, sentier entre murs ou haies. 
Également la ruelle du lit. 

Berry, ruelte. Bourg., roulotte, Morv., airiotte. Nivefti., 
riot^ riollc. Pic, ruelctte, Vx. fr., ruele, ruelle, 

RussiAU, s. m., ruisseau, petit cours d'èàU. 

Lat., rieus. Itâl., ruscello, Berry, riau, rùussiaU* Beu^., 
roachas, russèa. Champ., rouchais. Morv., roueheni^ rou- 
cheau. Pic, no, riou, riu. Rouch., réio, rissQ, Sav., ria, 
Vx. fr., roiêseu, roisseau, ruysel, rossel, ruàseau^ russiau, 
(V. Raie, Râ.) 



S (faire des), loc, tituber, allef de droite et de gauche par 
suite de trop copieuses libations. Encore une locution assez 
r<5panclue, et que nous conservons néanmoins comme bien 
nfttre. 
Bourg., /a trc des zaisses, Morv., /a trc des S. 



-^-f—^L 



LANGAGE POPU^-AIRB VERDUHO-CHAL0NNAI» 383 

SA, S. m., sac, au propre et au figufé î « J'Ii ai baiWé eia sa 
d' poumes de lâre. » — (( T'as métu moun afâre dans Vaâ, ï> 
N'empêcbe pas sac. 

Lat., s<iccu3, Itah, sacco. Berry, sa. Bourg., sai^ say^ êci, 
Montp., sa, Wall., sd, seg. (V. Sache, Sachot, Sac-à-Dlûhe.) 

Sa, $. ^., sas, tamis de chb : a Por fâre ses coraioles, alla a 
passé sa fleur au sa, » 

tial., 9etar\io. Auvergne, sedu. Forez, sto^. Guern,, sH, 
H.-Y% s4s. Morv., s<*, susse. Norm., set. Ptov., scdas. 
Yx. fr., %aaSy susse, saud. 

Sabat, s. m., bruit, tapage : « V'tu ben n'pas faire taat 
à*8abaij ch'ti p'tiot; t'm'essourdilles les orilles. » 

L%tt., sgJbhutunx. Ptal., sojbuto. Bourg., saibui. Pic, sahat. 
ProY., sa.6a4 sapte^ subde. Vx. fr., sabat. 

Sabat, adj., quaHficalion donnée à un enfant turbulent et 
dont le bruit fatigue : « V*là eùne heure que t'tapages 
autor de moue; taise-te donc, sabat! » 

Saçoui^çr,^ V. tr., gponder, secoueç, troubler^ réprimander 
vertement, rosser : « T'as pas été à Técôle aujord'beù; 
garel ta mère va Vsabouler. » 

Lat., sabulure. Forez, saboulâ (rouler dans Tordure).. Montr., 
sabouler. Morv. , saibouler. Pic, Poit., Rouch. et Suisa,, 
sabouler. Wall., sabouler (poursuivre à coups de pierres), ce 
qui, chez nous, est cadouner. (V. ce dernier mot.) 

Saboulçr, ett. Sabputër, V. i4^*y mal faine sa besogne : u Ah ! 
y $t eùne pauv' coud^use; ail* vous saboule toute soa 
ôvrage. » 

Bresa., suboul^r, sabçlk^ Pic,, dmboter, Prov., saboiar. 
Vx. frj., saboter. 

Sac-à-diâbe, loc. injurieuse, sac-à-diable, vaurien, étourdi, 
q,ui br^vQ Qt saccage tou]L 
Roucb., saquadiale. 

Sache, s. f., grand sac : « J*li porte eùne sache de j ou lis 
calas. Air s*ra contente. » 
Genev. et Mac, sache. Mprv., sçlî. (V. Sà^ Suchot.) 

Sachée, s- f., contenu d'un sac. 

Ari.., sacquie. Wall., secheie^ Vx, ff., sachèe. 



384 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Sachot, et Séchot, s. m., sachet, petit sac. 

Ital., sacchetto. Berry, sachot. Bourg., saichà. Bresse, 
chacet. Bugey, sacet. Lorr., soche, sèche. Montr., saichot. 
Poit., sachot. Prov., saquct. Wall., séchai. Vx. tt.,sçachet. 
(V. Sa, Sache.) 

Sâcler, V. a., sarcler : « 01 et hébile à sâcler son champ. » 
A Paris, du temps de Ménage, on disait : sâcler. 

Lht. y sarculare. ital., sarcAeare. Fland., sarqueler. Genev., 
sercler. Guern., serclair. Montr., saucllier. Morv.. sâqhier. 
Norm . , yercir, sercler. Prov., salclar, serclar, Rouch., sa- 
quer (artsichev). St-Am., chaUjè. Wall., saucier, sarqueler, 
sakler. Vx. fr., cercler. 

Sâclot, s. m., sarcloir. A un jardinier qu'on trouvait au 
cabaret un camarade disait : « Eh beni y et iqui qu'te 
serches ton sâclot'? » — On entend parfois ; sâclote. 

Lat., sarculus. Ital., sarchiello. Berry, sarciau. Fland., 
sarquelot. Genev ., serclar et. Montr., saclot. Morv., sâqhiot. 
Prov. , sauclet. Ronoh. y sarquelol. St-Am., feûchô. Saint., 
sarclât. Wall., sarqueloy saûcleu, sâcleu. Vx. fr., sacleau, 
sarchiau, sarceau. 

Sâcloû, s. m., sarcleur. 

Ital., sarchiatore. Morv., sâqhiou. Prov., salclaijre. Vx. fr., 
sercleur. 

Sagouiller, et Sagoiller, v. tr., secouer, remuer, barboter 
dans Teau sale, mal laver le linge. Par extension s'applique 
parfois à d'autres besognes mal faites : « AU' sagoille 
joliment sa lissive I )) 

Bress., sangoiller. Gasc, sargouilla. Montr., segoiller. 
Poit., sacouiller, sigouillai. Saint., sagouiller. Vx. fr., 
segoiller. 

Sagouillon, et Sagoillon, adj., souillon, personne mal- 
propre, qui fait du pauvre ouvrage. 
Rouch . , sandroulion . 

Saibôt, s. m., sabot. On dit d'une fille enceinte qu'elle a 
(( cassé son saihot ». Variante de la « Cruche cassée )). 

Berry, sibot. Bourg., saibeu. Fland., chabot. Morv.^ sai- 
bôt. Pic, chabou, chabot, cabou. Vx. fr., cabot. (V. Esclàt.) 



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LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 385 

Saiboter, V. inlr., saboter, marcher bruyamment, donner 
des coups de pied avec ses sabots. S'emploie aussi pour 
dire qu'on a mal travaillé : « Oh! J'feignan, ô saibotc tout 
c'qu'ô fait. » 

Be.Ty, saboter, salbeatal. Fland., chaboter, Morv.* sai- 
boter, Norm. et Pic, chaboter. Poit., sabotalUer, Prov., 
sabotar. Saint, et Vx. fr., saboter. 

Saigner6te, s. f., plante (l'achillée millefeuilles) que les 
enfants s'amusent à s'introduire dans le nez pour lo faire 
saigner. 

Saignéte, s. f., gerçure, fente, crevasse que le froid produit 
sur les mains, et qui saigne. 
MoQtr., saigne lie. 

Saillâ, s. f., femme malpropre, souillon, qui met en dosordre 
et salit tout autour d'elle : « Que saillâ! quand alTtLiil son 
diner, sa cueûsine et eùne écueùrie. » 

Sâïon, s. f., saison. Analogie avec màïon, râïn, etc. 

Ldit, y satio. ItaX., stagione. Bourg., saison. L\m,^ sosott. 
Lorr., sdhon. Morv., sâïon. Prov., sa^o. St-Am., ehdjoa, 
Sav., sa:ïon. Wall., sauhon, Vx. fr., saison, 

Saint-Amour! excl. des vieillards du commencement du 
siècle : « Quand il boit mon bon vin, et surtout la lionne 
denrée : Saint- Amour! s'écrie t-il, que ça ne dunvt-i 
encore vingt-cinq ans! » (Correspondance de 1817^) 

Sal\t-Longin, loc, jeu de mots, sobriquet donné au garçon 
qui va, vient, et travaille avec lenteur, qui est long, 
Rouch., Saint- Long in, 

Saites, 2"»" pers. du prés, de l'indicatif du verbe saoouèr : 
(( J'vous ain-me gros, saites-vous bé?. . . » 
Mac, saite. 

Saive, s. f., sève, liquide nutritif des végétaux, force du vin, 
vigueur de l'homme. 

Lat., sapai Berry, sèpe, sice. Forez, saca. Prov., saba. 
Vx. fr., sece, cece. (V. Saicer^ Seûillôt.) 

Saiver, V. intr., faire sortir la sève de la branche de saule, 

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386 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

de noisetier, de merisier, que les enfants frappent du 
maiiûLe de leur couteau pour fabriquer des sifflets. 

Angoum., sahcr (donner de la sève). Berry, sépcr, sieer, 
Foi'ez^ saccr. Lang., saba, Montr., saoer, Morv., saicer, 
Norm.» e^saeer. Poit., sabcy sabor, Prov., saba, sabla. Saint., 
Biibe, s€tbei\ Wall., cliacer, (V. Scûillôt,) 

Saligôt, adj., saligaud : Y « éteùn' petiote saligbie; aile a 
tôjot la frimousse crassouse. 
Genev., sa/f^o^. Rouch., sa/t^o. (V. Salipiau,) 

Saligôter^ V. tr., salir : « Ma, voué donc coume Vsissaligoté 
ta jupe ; le n'pourâs pu aller à la fête. » 
Genev., saligoter, 

Saltpiau» adj., sale, mal vêtu, mal appris. 
St-Am , chôlon. (V. SaliydL) 

SalÎre:, s. L, salière. 

Ital*, saliera. Mac, satire. Wall., salir (coffre à sel). 
Vi. fr., salllere. 

Saloper, v. tr., faire maladroitement quelque chose : « Ah! 
c'te Marion! Je n'ii baillerai pu ran à faire ; air m'a si ben 
isalopé uia rôbcl... )) 
St-Am,, chaloupé, 

San, s. m,, sang : « A quand j'ons vu c'qui, ça nous a torné 
Visan. )) 

Lat., sang (lis, ital., sangue. Bourg., san. Prov., sanc. 
Vx. fr*i sanc, sans. 

SangeRj V, tr. et intr., changer une chose, et varier de figure, 
d*embanpoint, aussi bien que d'habitudes. 

Lat., camblre. Ital., canibiare. Bevry, sang er. Bourg., 
ckeingeal. Grenev., sanger. Pic, cangcr, Prov., cambiar, 
catnjar. St-Am., sè^ë. Wall., cangîy canibgier, chambger , 
Vx* fr,, çhangier, changer, 

Sangouner, V. tr., secouer violemment, sans précaution : (( On 
a, c'ie neût, sangounéldi porte; j'savions pas c'qu*iétôt. » 

Sansouille, s. f., petite écope, avec laquelle on vide Peau 
de la sanieine d'un petit bateau. (V. Santeine.) 



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LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 387 

Sansouiller, V. tr., gargouiller, barboter, secouer un linge 
dansTeau. S'emploie au figuré : « Attends, ch'ti vauraa! 
j'm'en vas X' sansouiller! » 

(( Sans-pli, » surnom donné plaisamment à un suisse de 
l'église, lequel, dans l'exercice de ses fonctions;, se tenait 
raide comme sa hallebarde, ses vêtements ne faisant pas 
un pli. (V. les Sonnets Verdunois.) 

Santeine, s. f., sentine, l'endroit le plus bas d'un bateau, ou 
l'eau se rassemble en raison de la pente, et d'où on la 
rejette à la rivière à l'aide de la sansouilte. La santeine ^ 
— en petit la sentine d'un navire, — se trouve entre deux 
traverses. (V. Sansouille.) 
Lat. et Ital., sentina. Vx. fr., sentine. 

Sapigne, et Sapeigne, s. f. jale, ou cuve, vaisseau en 
planches de sapin, servant pour la lessive, les provisions 
de lait, et autres besoins du ménage. 

Bourg., saipeigne. Champ., sapine (hoii^ po«r lo raisin). 
Forez, sapine (soc de charrue). Jura, sepine (eu vie p de ven- 
dange). Lyon., sapina (grand bateau en sapin^ transportant sur 
la Saône du sable et des pierres). Morv. et Yx, fr-, sapine. 

Saquer, v. tr., jeter, pousser, enfoncer, blottir du foin, des 
pommes de terre et autres denrées dans des coins, 

Berry, sacquer. Bourg., saquier. Forez, saqua. Lille, 
saquer (tirer, travailler fort). Lyon., s^iqua, saquo. Mâc,^ 
saquai. Morv., sacquer, saiquer, Poit.» sacquer. Vx. fr., 
sacher, sacier^ sachier (tirer). 

Saqueùrdiéne! juron honnête des bons vieux d'autrefois. 

. Corruption adoucie de Sacredié! Chaque fois que mon 
« bon vieux )) grand-père éternuait, il ne manquait jamais 
de s'écrier, après l'explosion : « Eh! saqueùrdiéne! n 
Rouch., saquerdiè! 

Sarazenêre, champ planté de sarrasin. 

Ital., grano saraceno, Vx. fr., satraj^in. 

Sarazin, s. m.^ nom d'une ancienne tribu, éteinte aujour- 
d'hui, mais dont le souvenir persiste. J'ai entendu, dans 
mon jeune temps, cette qualification jetée comme une 



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388 LA^fCAGE populaire VERDUNO-CHALONNAIS 

grosse injum à la face d*un mauvais drôle : « Attends; 
aarasin! n L'inconscient qui se servait de ce mot était 
dans i'ônhrïdoxie étymologique, l'arabe saric voulant 
dire : voleur^ brigand. 

Sarcher, et Sërcher, v. tr., chercher. 

Lat. , circare^ Ital., cercare, Berry, scrcher, sarcher, char- 
ehei\ Bourg., charchaL Genev., cerchci\ savchcr, St-Am., 
soitrchê. Morv., scrchcr. Pic, cevquier, Prov., cercar, 
BcrqtHty. Nivern., sercher, Vx. fr., cercevy ccrcher, cerchier, 
scarclf.'r. (Y. C/iarcher.) 

SArerj y, li%, serrer, enfermer, presser. 

htil., st^t*tre. Ital., sc/ra/'e. Berry, sarrer. Bourg., sarai. 
¥ovez, sarrâ , Mkc, sa r rai. Morv. et Norm., sarrer. Pic, 
Acrar, Pnit., assarcr, Prov., sarrar, serrar. St-Am., clierè. 
WaU.j svrè. Vx. fr., sercr^ serrer. 

Sargût, s. nu, cahotement, choc, secousse, occasionné aux 
voitures primitives du pays, par les ornières de dimension 
de ceriain.s petits chemins. . . où il y a aussi des pierres: 
« Ley sarfjals de la vouéture ont démantibulé mon r'ioge. » 
Ay figuré, peut signifier malheur ou contretemps. 

Berry, sttffol, sargot. Bourg., sargô, sargeà. Bress., Champ, 
et Fr.-Ctif, sargot. Isère, segrola. Montr., segrot. Morv., 
soiibà. yiorm^f saque t. 

Sarhoter, V. tr. et intr., cahoter, secouer : (( C'te vouéture 
n*a point débouté por nous; ail* nous a joulimentsar^o^es.'» 
^ n Hidr, vous éteins parti ; on a sargoié vote porte. » 

Berry, sinjoier, sargoter. Bourg., sargeutai, sargôtal. 
Bress. et Champ., sargoter. Fr.-Cté, sargoaler. Metz, cher- 
(}ûfj^r. Montr., segroter. Poit-, slcotal. Wall., Idhoter. 
Vx. fr,, snrfjùtar. 

.Sâri??^ s. nu, .sciure de bois : « Ma page d'écriture ne veut 
pas cbessMr; j y vas métré du sârin. » 
MOQtr. , ^arrin. Rouch., sogcn. Sav., raisson. Wall., scoin. 

SAmiENTj î5. m,, serment : « Seiites çartain; j'vôs en fais 
y sarment s >) 

Lati, ^niffutientum. Ital., sagramento. Bourg., sarment^ 
sar/nun. Morv., sarment. Prov., sacrament. Wall., sermain. 
Yii tr., acîfjf ament^ sairemeni, serement. (V. Serment.) 



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LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 389 

Sarmon, s. m., sermon : « Noute cueùré, quand ô proche, ô 
nous débite tôjor le mein-rae sarmon. » 

Lat., sermo. Ital., scrmonc. Bourg, et Morv., sarmon. 
Prov., sernio^ sermon. Vx. fr., sermun, siermon. 

Sarmoner, V. tr., sermonner, faire de la morale. 

Lat. et Ital., sermonaro. Bourg., sarmonal. Morv., sar- 
moner, sarmouncr, Prov., sermonar. Vx. fp., sarmoner, 
sermoner . 

Sàrpe, s. f., serpe, serpette. 

Berry, sarpc. Bress., sarpa. Genev., Mac. et Morv., sarpe, 
Vx. fr., serpe, sarpe, (V. Goiii, Goidsot.) 

S arpent, s. f., serpent. On dit « eùne sarpent ». De temps à 
autre j'ai fait entrer dans ce glossaire un de ces mots où 
la prononciation locale change Ve en a. CVst seulement 
pour rappeler le fait; je n'ai pas le moins du monde l'in- 
tention de les recueillir tons : Le système est indiqué; cela 
suffit. — (( Nos charmeurs morvandeaux, dit M. de Cham- 
bure, possèdent des formules pour arrêter la marche des 
serpents. Il leur suffît de regarder le reptile en face, et de 
lui dire à voix basse : (( Te voilà, servante du Peut; je te 
dis que Noël était (ici la date de la fête), et je t'ordonne de 
ne pas aller plus loin. » La mauvaise bête, entendant ces 
paroles, rebrousse aussitôt chemin, et s'en retourne dans 
le bois. )) 

Lat., serpens. Ital., serpente. Berry, sarpent. Bourg., sar- 
pan. Bress., sarpa n (fém.). Dauph., sarpfn, serpen. Fr.-Cté, 
sarpa. Genev., serpent (fém.). Lim., ser, serpen. Lorr., 
serpan. Morv., sarpent^ sarpe, serpe. Prov., sarpent. ser y 
cer. St-Am., sarpe. Sav.. sarpô. Siiiss. r., serpein. Toul., 
serp. Wall., slerpain. Vx. fr., sarpent, serpent^ serpente 
(fém.). 

Sarpiyère, s. f., serpillière, toile grossière <3t claire pour 
emballages. 

Genev., charplLlère^ c/ierpiUère. Piov., sarpelhelra. Rouch., 
sarpelière. yK. fr., serpeliere. 

Sarqueû, s. m., cercueil. 

Lat., sarcophagus. Berry, snrcu^ sarqueu^ serr/uea, sereœur. 
Champ., sarr/uiouy sarqueu. Maine, sarqucul. Morv., sar- 



390 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

queu. Pic, sarkeu, sarkeul. Wall., sûrr/r(5. Vx. fr,, sarcous^ 
sargue^y sarcueux, sarcueiL 

Sârure, s. f., serrure. Ignorée encore de plusieui*s de nos 
paysans, qui n ont que le simple loquet pour fermeture. 
Ital., serratura, Berry, sarrurc^ snrrusc, scrruse, Morv., 
sâreure, Prov., sarralka^ serradura. Sav., saraille. Wall., 
ser, scrre^ sair, Vx. fr., seredare, scvrcurc^ serrcuse, sicrure. 
(V. Giclât, Licote.) 

m 

Sarvante, s. f., servante, support, ustensile de cuisine ser- 
vant à soutenir sur le feu marmite et poêlon. 

Berry, Dauph., Forez et Genev., sarcantc. Prov., ser- 
vante, sircenta. St-Am., sércèta. Wall., siercantt. Vx. fr., 
sercante, 

Sarvî, V. tr., servir, obliger. 

Lat. et Ital., sercirc, Berry, sarcir. Bourg, et Morv., sarci 
Prov., sirctr. Wall., sierci, Vx. fr., serct/r, servir, 

Sarvice, s. m., service, ouvrage à faire, bon office à rendre. 
Lat., sercitium. Ital., seroi^io, Berry, Bourg, et Morv., 
saroice. Prov., sercisi, St-Am., sercic/ion, Wall., sierciss. 
Vx. fr., seircise, sercisc. 

Sarviéte, s. f., serviette. (( C'qui? ces paipiés?. . . Y é bon 
à faire des saroiétes sans orlôts. » Chacun sait à quoi s'en 
tenir sur la nature de ces serviettes. 
Ital., salcietta, St-Am., seroicla, Vx. fr., serciete. 

Sarviteur, et S/.rviteû, s. m., serviteur. 

Lat. y sercitor. Ital., sercitore. Bouvg., sarciteur. Prov., 
seroidor, serceire. Wall., siereiteur. Vx. fr., srrciior, ser- 
vltur, sercitour. 

Sau, s. f., sel : (( Ton bouillon é fadasse; mets-y donc eùne 
boune pincée ô.'mu. » 

Lat., sa/. Ital., sa/c Berry, sa«. Bourg., sei^saû. Bugey 
et Dauph., sa. Fr.-Cté, sal, scia. Gasc, sal. Hain* et Lille, 
se. Lorr., t'a. Montr., saa. Morv., sai. Pic, se. Poit., 
sau, saau. Pvov., sau, sal. Rom. sau. Rouch., se. St-Am., 
chô. Saint., sau, saau. Sav., sa. Vosg., sau. Wall., se. 
Vx. fr., sel. 

Saucée, s. f., averse, pluie vigoureuse qui met les gens à 
une jolie sauce. (V. Trempée^ Rincée, etc.) 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 391 

Sauceron, s. m., champignon. J. Guillerain justifie le nom 
en disant que ce produit sert à relever les sauces de certains 
mets. 
Bress. et Montr., sauceron, Vx. fr., saulceron. 

Sauceron, s. m., saucière, vase de terre à mettre la sauce. 
Rouch., sauceron, WalJ., sassi, Vx. fr., taussit^re. 

Saucette, s. f., mouillette trempée dans la sauce, 
Rouch., saucète, touquèie. 

Saufre, et Sauv*, prép., sauf, excepté : (( J'veiiiniî vous 
vouer, saufre l'hivâr. » — (( Lu? Y et ein goret, «awo'votc 
respèt. » 

Lat., salcus, Ital., salco. Berry, sofre. Gencv,, so/rcj sauce. 
Morv., soffrCj saufre. Prov., sa/o, sa/f saL St-Am., se ne 
pô. Saint., sauo. Vx. fr., saloe, saus, sauoe. 

Sauge, Sause, et Saus, s. m., saule. — Lorsqu'une jeune 
fille a été délaissée par son amoureux et qu*il en épouse 
une autre, les jeunes gens du pays vont coiïper des 
branches de saule et les plantent devant la porte de Taban* 
donnée. Quel est le sens de cette coutume? Il semble 
presque maintenant qu'il renferme une pointe d'ironie. 
C'est cependant le contraire de ce qu'il a été dans rorigioe. 
L'erreur est tout entière dans le mot. La coumnie a été 
d'abord de porter à la triste fillette de la mnf/e, la plante 
aromatique qui passait pour curative, et on symbolisait 
par là le désir qu'on avait de guérir la blessure morale do 
la pauvre affligée. Puis, sauge signifiant également saule^ 
on s'est reporté à ce dernier, oubliant la signification pre- 
mière, — et l'on plante le saule sans plus savoir ce que 
Ton fait. 

La.t. , sallx. Ital., salcia. Bourg., sauge. Lim., assolèï. 
Montr., sauge, Morv., sauce, sauche, sauge. Poit.^ satire. 
ProY, y sause j sa uset. Rouch., saa. St-Am., chôsou. Sainto 
sau^e. Suiss. v.ySaudja, Yosg. , sausse. WalL, saul:c,&anche. 
Vx. fr., saulge, 

Sau3eri, s. m., espèce de moineau, qui niche prineipalcment 
dans les saules. Vient naturellement de notre mot sauge, 
(V. Passera, et Tiri.) 



39i LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Baumsùre, s, f,i saumure. 

Lat.) iéaf) niiffût, Ital., salamoja. Genev.f m ou are ^ moire. 
Motv .y saitfiU'ure. 'WdiW.^sanienr. Vx. ir.^ saunnajrc. 

SALTe-EN-BAUQUK, S. f., redingole courte, à Tiiistar des 
vestons de pécheurs, commode pour sauter en bateau, et 
qtiQ portaiLnit les jeunes gens à l'entour de 1830. 

Saijteream s. m,, sauterelle. 

Berry et Flandr., sauteriau, Fr.-Cté, sauteuriau. Hain', 
saftlriati, .-iafinau. Lille, saute/tau. Morv., sautereaiu sou- 
trallc. Nivpi'ri.^ ^autereau, Poit., sauteriau^ sauterea^ sautra. 
Prov., Sftntitrvll*!. Rouch., sauteriau. Saint., sautrâ^ sau- 
trvan, Vx. fr*, salierele, sautereau. 

Sautkrik. s. 1m sauteuse, danse rapide et mouvementée, qui 
sVxêcute presque toujours au son enfiévrant du tambour, 
PI qui lermiiKî nos farandoles. 
Lat.j ^altavit. Morv., sauterie. Wall., satleu. Vx. fr., 

Sai'Ve:, adj des deux genres, sauvé, vée : « 01 a été ben 
lïiau; nvi 6 va mieù ... le v'ià sauve. » — (( Y é c'ment la 
vaque à Nîcot. Aile étôt bourenfe; aile é sauce itou. » 
Gcnev. et Midi, sauve. 

Sal'von, et Savon, s. m., savon. 

Lat., Mtipo. Un]., sapoiie. Bourg., saivon. Bress. etMontr., 
sancon. Pie., mzeion. Prov., sabo. St-Am., chavon, Toul., 
sabotf. Vx. fr., tincelon. 

Sàvonade, s, [., savonnage : « J'évô bé du linge sale. J'iai 
méUi k tremper, é pi c'tantôt j'ai fait ma sâvonade. » 
Geiiev. et Midi, savonnade. 

SavoueRj v. tr,, savoir, connaître. 

Lat. et UaL, sapere. Bourg., sçaiooi. 11. -V", saca, sacai. 
Mac-, saraL sete^-vous (savez-vous) ? Morv., saivoua. Prov. , 
saber, Saper. Toiil., sabe. Wall., saveur. Vx. fr., sacer\ 
siicoù\ îivacotr. 

Savoukr mau, loc., savoir mauvais gré, être fâchée prendre 
en mauvaise part : (( m'a savu mau d'ii avouer dit ça. » 
Midi^ saj^oir ut al. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 393 

SavU; part, de savouér^ su : « Drè qu'ôl a saou c'qui, ôl a 
côri li pourter quête chouse. » 
Bourg, et Morv., saiou, Vx. fr., sew, sçu, 

Sav'vous?1oc. contractive, savez-vous? 
Cogn., sao'cousf Vx. fr., sçav'ous? 

SciÂLER, et SiÂLER, V. tr., fermer hermétiquement, cacher, 
bondonner une futaille : « L'pâre Toumas a fini de sciâler 
son touneau. » — « L'argent é sciàlé dans Tormoire. » 
Morv., siâler, saler, Vx. fr., saaler, seeler. 

Se, adj., second. Est Tabréviation de ce mot. Employé par 
les enfants dans leurs jeux pour se compter. 
Berry, seu. (V. Pre, Det\) 

Se, pron. pers., employé pour : nous, vous : « Vous s'portez 
ben? » — « Aujôrdeu dimanche, nous s'preùm*nons su 
la levée. » 
Berry et Morv., se, 

Secôr, et S'coR, s. m., secours. 

ludX.ySuccursum. Ital., soccorso. Bourg, et Morv., secor, 
Prov., socors, secors, Vx. fr., sueurs, s^corSy souscors, 

Secôrî, et S*cÔRÎ, v. tr., secourir. 

Lâi, f succurrere. Ital., soccorrere, Mory,, secorre, s* cori, 
Prov., soccorrcy secorre, secorrer. Vx. it.ySecorir, sequeurir, 
souscourir, succurrir. 

SÉcÔT, adj., sec; au figuré, égoïste : « Lu? ô n^doune jamâ 
ran ; y et ein sécbt. » 

Lat., siccus. Ital., secco, Berry, ckéche, se. Bourg., sô» 
Pic, se, St-Am., chë, sëche, Wall., seg, Vx. fr., seque, 
sèche, sec, (V. Sô,) 

Seichez, imp. de savouér, sachez : (( Seichez ben, vieux 
malin, qu'vous nValez ran du tout. » 
Bourg., seiche. 

Seille, s. f., seau, baquet, vase de bois qui sert dans le 

ménage et aux vendanges. Petit seau pour traire les vaches. 

Lat., situla. Bourg., saillô, Bress., seille, soille. Forez, 

seillon, Genev., seille, seillot, Lang., selio, Lyon., seille, 

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yr^^*t^XymiB^*v. • 



394 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

MoniT.^ sollle, Morv., Norm. et Pic, scille, Poit., scUleau. 
Prov,, selha, Rom., seilla, sclha, Vx. fr., seille, soille, 
(V. Siau.) 

Seins, impér. et subj. à' être, soyez, soyons : « Y a pas 
d'daijgor que y seins si bêtes; je Tcounassons^ » 
Bourg., sein. Lorr., sins. 

S^ÔR, s. m., séjour, résidence. 

Ital., soggiorno. Bourg., sé/or. Prov., sojorn, sejorn, 
Vx . ir. , sujurn^ sejor, su/ur. 

Sembler, v. intr., ressembler à : « Colas sembe jouliment 
sa raére. » 
Bugey, slmbla. Midi, sembler. Sav., s<^6/(î. (V. Ressembler.) 

Sen d'vant dimanche, loc., sens dessus dessous. 
Morv., sen d'can dimoinge. 

Sentu, part., senti. 

CogiK, scntut. Genev., Morv. et Rouch., sentu. Wall., 
slnia. Vx. fr., santi^ sentu. 

Serciller, v. tr., écouter. — Ce mot est un de ceux qu'on 
m'a communiqués. Je n'ai recueilli aucune phrase où il 
figure. Le Berry a sarciller, qui veut dire : ravauder. Ce 
n'est plus cela. 

Serment, s. m., sarment, bois de la vigne. — On a remarqué 
sarment pour serment. Voilà maintenant que nous avons 
serment pour sarment. C'est un peu comme l'allemand qui 
dit bichon pour pigeon, et pigeon pour bichon. Ainsi vont 
langues et dialectes. 

Lat., sarmentum. liai. ^ sarmcnto. Genev., Lyon., Neufch. 
et Pi'ov., sc/'mc/i^. St-Am., sarmc\ Toul., eissermen. Vaud. 
et Vx. fr.. serment. (V. Sarment.) 

Sersifi, s. m., salsifis. 

Jtal., sassefrica. Lyon., sarsiji. Norm., serciji. Rouch., 
cramoia. Vx. fr., serclJi. (V. Aller au. . ., Berland,) 

Seter (se), et S'ter (se), v. réfl., s'asseoir. Abrév. de asseter. 
BoTvy et Ma,\ne, sicter, assièter. Morv., se sièter. Norm., 
sièicp^ assièter. Suiss. r., se sètâ. (V. Asseter^ Cheùrter.) 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONHAIS 395 

SÉTiE, et SÔTiE, S. f., sécheresse du gosier, grand' soif» Indis- 
position bien entretenue dans la localité. — Plus près du 
latin que notre mot français. 

La.t., sUis, Ital., sc^e. Bress., setie, sotie. Yx. fr,, seûL 
(V. Pipicy Soi, Soicherosse,) 

Seû, s. m., seuil: (( L'vieux reste iqui su Vseil, qu'6 s chauffe 
tout bêlement les genô au soulô. » 

Lat., soliuni. Ital., soglio. Bourg., seuitle. Morv,, seu. 
ProY .-y soif sukL Rouch, y seulier, soeil, suaîij sueil. WalL, 
soû. Vx. fr., suel, soil, sole, esseuiL 

' Seû, et Seûrô, s. m., sureau. Sert à la confection de plusieurs 
petits ustensiles d'enfants : taperiau, jicierôÉe^ etc. (Y. ces 
mots.) 

Lat., sambucus, Ital., sambuco. Berry^ seût seue^ set^^s, 
suis, Dauph., seu, Fland., sahu, sèhu, Kr.-Ctéi sa*V«, s€u. 
Genev., saû, saiti. Isère, seû, Jura, sou, Lorr., seu. Maîne^ 
sear, sa, sûr, Morv., seu, Nam., seussc. Norm., sêH, su/^r, 
sus. Pic, seuy, séu, sèiju, Poit., seu, seu je. Prov , sambuc, 
.saug, Rom., seu, sahuè. Rouch., sèu. Sologne, sens. Suiss. r,, 
sau, suaut sahu. Toul., sahue, sauquié, Yaud., stian, sGhttf 
sau. Wall., sèhu, saiju, sahon, sawe, sawon. Yx, fr., sùu^ 
sèur, suraut, suseau^ suU^ seus. (V. Seût/vr.) 

Seu, l'o pers. du v. être : (( I seu bé seùr qu'aile et iqui* » 
Bourg., seû, se, Fr.-Cté, seu. Morv., cheft.-i^ sgu. 

Seûcer, V. tr., sucer : « Le p'tiot seùce tôjor ses d6ts, » 

Lsit,, sugcre, Ital., succiare. Bourg., seuçai, Fland. , ehucher, 
Morv., seucer, chucher, Norm., chucher. Pic, chukcr. ProVr, 
sucar, succar, Vx. fr., sucier, succhcr, sa*jer. 

Seûche, s. f., souche, tronche, grosse bûche. 

Ital., socco, Berry, suche, soche, chiicin.\ v/tochc, cosae. 
Bourg., suche, Fland., choque, Fourgs, soutsc, Fr.-Cté, aettefi^, 
Montr.. soche, Morv., cheuche, Norm., choiique^ cIitH^rte, 
Pic, choque, choke, Prov., soc, soca. Saint., cosst*. Vx. fr., 
suche, cuche, souche, (V. Greiibe, Queùrle.) 

Seûçôt, s. m., objet que Ton suce, réglisse, sucre d'orge, etc. 
Bourg., seûçot, Morv ,,seuçot, Prov., sucft. Rn\ich.^chftehot. 

Seûçoter, v. tr., suçoter, faire fonctionner ]û.sençot, 
Berry, seûçotai, Morv., seûçoter. 



396 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Seùçoù, s, m*, sttf^enr : « Poui! quand ô vous bise, ce gros 
mastoc, y éi eiii vrà. seuçoù!, , . » 
Boiirg.^ settçon. Pio., chucheu. Vx. fr., succeur. 

Sëùcrb, et Seùque, s, m., sucre. Au figuré, chose très bonne. 

'Uit.i sa ccharu/n, Ital., succhero, Bourg.^ seucre, Fland., 

suc^ chue. Lille chac^ chaque. Lorr., seuc. Morv., seucre, 

seuqtœ. Pic, i^uc, chue, Prov., sacre. Rom., chucrc, St-Am., 

sëcrou. Wall,, souk. Vx. fr., cucre^ chucrc^succre. 

SEÛë, s, f,, suie : t< 01 é blanc coume la seùë. ») 

Berrjr, sttje. Dauph., sttcAi. Fr.-Cté, seuche, seutche. Jura, 
sochc'f sHtse. Metz, sîeue, Montr., suge. Morv., chue^ seue. 
Voit. ^ suge. pTOv.,suia, sucia, sua^ suga, St-Am., surse. 
Saint. t sttghe. Vo^g,, seuche. Vx. fr., suie. 

Seûee, V, intr*, suer, transpirer. 

Lai. etltaL, sudare, Morv., chuer. Prov., su:;ar, suar. 
St-Am., irôché. WalL, souwé. Vx. fr., suer. 

SïiiuLLER, V, intr., siffler, delà bouche, ou avec un sifflet. 
Aunis etBerry, .^ller, ChkiiW., suiller. Guern., sihllâ, Lang., 
s'oûla. l>ilorv,, cfutler, èchiler^ suter, suiller, Nam., chuffler. 
^orm. ^ siicr, schilt'r. Poit., siler, Prov., siular, eschiular, 
Rûuoh-, chiffîer. Saint., siler. Wall., hujler. Vx. fr., chiffîer, 
cijler. (V. Seûtltôf, Suhler.) 

SEÛtLL^T, et SuiLLÔT, S. m., sifflet, surtout celui que les 
enfants taillent dans des branchettes de saule. En tapant 
avec {il manche àù leur couteau sur Técorce de la branche 
pour qu'elle s'en détache, ils chantent: 



ou bien : 



Sètie, sève. 
Mon scâillàt!. .. 

Setttlte, seùille^ ma pinéte. 

Su ie c.., de Nan-nète; 
Seâillc, seûille, mon seûillot, 

S fi- le c. , . de Piaroi! 

Préalablement ils y ont pratiqué une incision en forme 
d'anche. On fait la même opération avec les branches 
d'osier, must d'omy. La muse de blé est un sifflet fait 



r 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 397 

avec un chalumeau vert. — Ch. Nisard donne une autre 
chanson : 

Sève^ séoe, sèce. 

Sur le pont de Sèce; 

Sèvîllon, sèvilloHj 

Sur le pont de Châtillon, 

Une* comparaison avec d'autres couplets peut être inté- 
ressante. En voici quelques-uns : 

FORÉZIEN 

Saoa^ saoa, 
Quio de madame! 

SaoassieUt 
Quio de monsieu! 

De ce quio on peut rapprocher le : (( Catiau de Madame 
Lala, » jeu usité à Lille. 

Franche-Comté Morvan 

Sèee, scoe, Saioe^ saioe, mon Jleuteati^ 

Contidième ! (?) Tôt en piau de colineau! 
S*te veins ben^ Se teu saices bin^ 

J*le barrai du bon cin; Taire deu tin; 

S' te ceins maw, Se teu saices mau^ 

Tte barrai d'iapeùss* de ch'oau. Taire d'iiau. 

Poitou Saintonge 

Sabe^ sabe, ma pibole, Sabc, sabe, mon petit. 

Tu boiras daujus de grole, Te baiWrai des œufs rôtis! 

Si tu n'sabes pas, Sabe^ sabe tout àjaii. 

Tu n*en boiras pas. Te baillerai des œufs mollets ! 

Berrj^ chifflet. Bourg., seuillot, Lille, chifflotiau. Morv., 
suillet, Norm.. sujlet. Pic, chijlot. Rouch., chifflol, Wall., 
chujlot, 

Seûne, Seûme, etSEÛNON, s. m., somme, sommeiL 

Lat., somnus, Ital., sonno, Fr.-Cté, sanne. Lim,, soumel. 
Lorr., somèye, Lyon., suin, Mac, senc, Montr-j aennne. 
Poit., songe. Prov., som, son, St-Am., scnou. Saint., 
songhe. Sav., sonne. Toul., son. Vx. fr., soume^ saun, 
somme. (V. Soume.) 



398 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Seùr, adj. et adv., sûr, certain. 

Lat, , securtis. Ital., sicuro. Berry et Bourg., aeur, Lim., 
segur\ Morv., seur, Prov., segur. St-Am., sai,Vx. tr.,soàr, 
scûr^ segur ^ seur. 

Seûrej s. f., sœur. 

Lat., Boror. Ital., sorore. Bourg., sea. Lyon., sorre. Morv., 
cheur. Prov., sor^ seror, Rouch., seure, sucre, SaLy.,jchuaira. 
Toul., sor. Vx. fr., seur, suer, serur, sorur^ serour, sereur, 
(V. Seûvôte.) 

Seùïîememt, adv., sûrement. . 

liai , Sfcuramente, Morv., seuretnent. Prov., scgurament. 
St-Am., à bèn sut (c'est bien sûr). Vx. fr.. souremenf, séu- 
remctU, 

Seûreté, s. f., sûreté, assurance, 

Lat,, securttas. Ital., sieur la. Bourg-, seurtai, seuretai. 
Moi'v., searetè, Prov., segurtat. Sav., churcià, Vx. fr.^ seùrté, 
sGurciiK 

Skùrotk, s, f., petite sœur. Diminutif. 
Morv., chcurotte. (V. Seûre.) 

SeÛrtout, adv., surtout, principalement. 

Bourg,, suteû, St-Am., surtou. Vx. fr. sur que tout, en sur- 
quetouL 

Seùte, s. f,, suite, conséquence, ordre. 

LaL., sccta. Bourg., seute, suite, Morv., chuite, Rouch., 
siettie. Sav., cliulta. Vx. fr., sieutc, slcutie, suitte, 

Seâtes, impérat. et2«ae pers. plur. du subj. prés, du verbe 
être, soyez, et soyiez : (( Allons, les pHiots, seules bé sages. » 
— « Dépôchez-vous ; faut qu'vous seules là-bas d'main. » 

Sëùvre, et Seuv', V. tr., suivre. 

Lat.j sequi. Ital., seguire, Aunis, sègre. Berry, suire, suce, 
suGre, smwre. Bourg., sucre, seùgre^ enseàgre, scuore, en- 
seacre. Bress., suire. Forez, sègre. Fr.-Cté, suire, seudre, 
Guern^i stère. Lyon., sloure, store. Morv., chitlre, chuilrc, 
sègrc^ sigre, slgucr, Norm., sieucre. Pic, sulre. Poit., sigre, 
sègre, signer, seguer, seuore. Prov., segutr^ segre. Rom., sègre, 
RoQch., suite, sîeure. Saint., sègre* Sav., chuiore. Suiss. r., 
scîgre. Vend., segâer, Wall., sur. Vx. îr.^sugore,suire^ siore, 
sawlrf segre. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUN0-CHAL0NNAI8 399 

Seûvu, part, de Seùore, suivi. 

Bourg., seûgu. Morv., sègu^ suiou. Vx. fr., segu, 

Seûyer, s. m., sureau. 

Berry,. sut/au, Montr., seuillier. (V. Seâ,) 

Séyon, et SoiLLON, s. m., sillon. 

Berry, seillon. Montr., soillon. Vx. fr., seillon, seiglon^ 

SiAu, s. m., seau. Pour indiquer une bonne averse, nous 
disons : (( I pleut à aiaax. )) — Parce que Y s se fait for- 
tement sentir, quelques-uns pencheraient pour écrire sctaa, 
comme en Picardie et en Lorraine. 

Lat., sUula, Ital., succhia, Aunis, seglla, sogllau. Art., 
sellleau. Berry, siau. Bourg., saillô. Bress., seille, selUcÉ, 
Forez, sellU, seilloa. Foargs, saille, saillon. Fr.-Cté, seilte, 
soillc, Genev., siau^ sellle, seillot. II. -V% siau, Lille, sèiau. 
Lorr., sciau, Mac, scliete. Midi, siau. Morv., chiau, sotilat. 
Norra., seille. Pic, sciau. Poit , seil, seillay seilleau, Prov.j 
selha^ selh. Rom., saiauyseiei/. Rouch., sèiau, St-Am., chclt/s. 
Suiss. t.,sellha, scllhon, Wall., seau, séyai. Vx. fr., seille- 

SiAu, s. m., seigle. (V. SoilleJ) 

SicHE, adj., chiche, avare, parcimonieux. 

Lat., ciccum, Ital., cica. Fr.-Cté, siche. Vx. fr., chiche^ 
siche. 

Si fait,1oc. adv., mais si, si bien. Affirmation très accen- 
tuée : « Je n'ia créyôs pas gentite? — Ohl si fait! » — 
Dans son Dictionnaire du patois normand, Ed. du Méril, 
à Tarticle Si fait, dit : (( Cette forme de négation est d'au- 
tant plus remarquable que, dans les poèmes dialogues de 
Roswitha, d est employé comme particule négative, n — 
Dans son Glossaire du patois picard, l'abbé Corblet, après 
avoir dit que si fait est (( une réponse de redressement à 
une phrase négative », continue en empruntant l'alinéa 
d'Ed. du Méril, ce qui met la fin de son article en contra- 
diction avec le commencement. — Le comte Jauberl, dans 
son Glossaire du Centre, se garde bien de cette opinion et 
dit : (( Le si fait, affirmation particulière du français, n'est 
que le si (oui) des Italiens, avec un certain degré d'insis- 
tance. » — Dans les autres patois, si et si /ait sont des 



*^ 1 .1 IliJlJIIP 1 1 > 



400 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

plus affirmatifs. Comment le Normand peut-il y trouver 
une négation? 

ItaL, siffaio. Mac, se (si). Norm., si fait (négation, d'après 
Ed. deMéril). Pic, si fouet, Rouch., sifé\ sifra, 

SiPLoû, s. m., siffleur, qui siffle constamment, homme ou 
oiseau. 

Lab., sibilator. Ital., sibilotorc. Lyon., sifflou, Sav., seblarai, 
Tx. fr., siffleur, 

SiGNÔLEi s. f., vielle, instrument de ressource pour les bals : 

Jean a pris sa signale; 
O oa nousfâr danser, 
Jean-ne a mis sa bàV rôbc; 
J*oons aller la biser. 

Itaî., sonella. Bress., signale, Jura, signale, Vx. fr., soi- 
gnolc, 

SïNiFiANCE, S. f., signification. 

Lat., signijicatio, Ital., significasione. Prov., significatio, 
Vx. fr., senefication. 

SiNiFiER, V. tr., signifier^ déclarer. 

Lat. ei\\A\.^ signijicare, Morv., senijier, Prov., signifiar^ 
sig/iijîcar, Wall., signifii, Vx. fr., sener^ senejier, 

SmuGiEN, s. m., chirurgien. 

ItaL, chirurgo. Bourg., sirujien, Genev., cérussien, céru- 
gicfi* Vx. fr., su^gien, serurgien, cyrurgien, 

SisiTE (fâre), loc., s'asseoir : « Veins, p'tiot, yeins f are sisile 
au covmôt du feu. » 

S'maiN'Ne, s. f., semaine. 

Lat., septimana, Ital., semniana. Bourg., semeigne, Dauph., 
aemane, Lorr., smâne. Pic, essetnangne. Prov., semmana, 
sepl/nana, Wall., semainn. Vx. fr., semaigne, sepmaine. 

SEMENCES (les), s. f., époque des semailles : Y é bentôt les 
s' mène es. » 

Lat., seminalia. Ital., serainasione, Berry, senaille, Charent., 
semerailles, Montr., senaille, Prov., semenalha. Wall., se- 
maw?. Vx. fr., semailL 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 401 

S'ments, s. m., ensemencements fournis par le locataire 
d'un terrain, que le bailleur est chargé de labourer. 

Berry, sèment^ sumence. Forez, essemenU. Genev., semûns, 
Morv., somence, semens, Poit , y se/ne . Prov., se/ne/isa. Wail,, 
semalns. Vx. Jr., semenche, 

S'mer, V. tr., semer. 

Lat. çt Ital., semmare. Berry, s'mer, seumer. Est, sener, 
Norm., sumer. Prov., semenar, semnar, St-Am., chcnè. 
Vx. fr., somer, siemer, semer, 

S'mer les épousés, loc, jeter sur le couple, à son retour de 
l'église, différentes sortes de graines : blé, avoine, fèves, eto. 
Cette coutume, ancienne et toujours pratiquée, contient 
certainement un symbole, celui de la prospérité, de Tabon- 
dance que Ton souhaite au jeune ménage. Dans certaines 
noces, des amis riches, au lieu de se servir de grains pour 
(( semer les épousés », les saupoudrent de dragées. Ce sont 
les gamins qui jubilent... et se battent pour ramasser les 
sucreries! Ils voudraient des noces tous les jours. 

S'mondre, V. tr., offrir, proposer une affaire, une emplette: 
« J'ii ai s^mondu mon blé. )) Se dit généralement des 
domestiques : « Aile é venue se s'mondre. » 

Lat., subnionere. Berry, semounet\ semonner, Fore^, se- 
mounâ. Lorr., semonde, Montr., semondre. Morv., semonret 
Prov., semondre, somoiidre^ somonre, Vx. fr., somundra^ 
sumondre, 

S'moû, s. m., semeur. 

Lat., se/n ma ^or. Ital., se/ntna^ore. Bourg., scmoû. Prov., 
séminaire, semenador, St-Am., chenyeû, Wall., semeu. Vx. 
fr., semeour^ semer e, 

S'mouye, et S'môye, s. f., semoule. 

Lat., sitnila, Ital., semola, Genev., simolat, Lyon.^ $i-^ 
mouille. Vx. fr., simle, simeneL 

Sô, SôcHE, adj., sec, sèche. 

Lat., siccus. Ital., secco. Berry, so, chèche. Bourg. ^ sa. 
Bress., so. Montr., sô. Pic, se, Rouch., seque. WalL, seg, 
Vx. fr., sec^ seque, sèche, (V. Sécôt.) 

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402 LANGA&E POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Sô, et Sou, prép., sous. 

Lat,, 6't/6. Ital., sotto. Berry, sos, sour. Bourg., so, zo. 
Bress. et Lyon., so. Morv., sos, sô. Prov., sot:::. Sav., dèsœa. 
Wall., $0, Vx. fr., so;r, sos^, saj-, soubs. 

S'ô, et S*ou, contract. de Si vous : « Eun p'tit sou, s'd plait 
(ou %'ou plait). » — Aux visiteurs qui vont au Mont-Saint- 
Miohel les gamins demandent : « Sou, s'plait, » pour : Un 
sou, s'il vous plaît. C'est laconique. 
Poit, s'o, 

SÔFLER, v. tr., souffler, respirer. 

IjsX.^mffiarc, Ital., so^arc. Bourg., «ô/îai. Bress. et Lyon., 
sojîcr. Piov., sofflar, sufflar, St-Am., seûlyé. Toul., bu/a, 
poulsa. Wall., sojîé. Vx. fr., sojler, suffïer, soufler. 

SÔFLER LES POIS, loc, Tonller en faisant sortir de sa bouche 
un souffle qui ressemble à une ébullition. Employé par La 
Mon noyé dans ses fameux iVoéï. 

Itali, soffîare. Bourg., soflai, Prov,, ronflar, Toul., roo/la, 
roHiica^ Vx. fr., ronchier. (V. Poi.) 

SÔFRANCE, S. f., souffrance. 

Italt, sofferansa. Bourg., sôfrance, Mac, sofrance. Prov., 
sttjrcnsa, sufransa, Wall., sojrants, Vx. fr., sufrance, sou- 
fruncc. 

SôfrI, v. intr., souffrir, endurer. 

Lat., sufferre, Ital., sqffrirc, Berry, soffrir. Bourg., sôjvi, 
Lim*, hufvL Lorr., soufri, Lyon., soffri, Morv., souffrir 
soJ)ri. Poit., sofrandcr, Prov., sitffrif\ soffrir, St-Am., 
stifri, Vx. fr., soffvv\ sufrir, soufrir, soejrir. 

SÔFRÎ, part, du verbe précédent, souffert: « Ahl que gros 
maux Hôfri par ce chin d'temps ! » 
Bourg., sôfri. Lorr., soufri, Morv., soujffri. 

Soi, s, f*t soif : « 01 a tant buvoché, c' lichoù, qu'ô n' fait 
qu'crier la soi, » 

Lat., siiis. ItaL, sete, Berry, soi, souè. Bourg, et Champ., 
aOÉ. Cogn., set. Fr.-Cté, soi, Isère, seï, Lille, so, Lim., se, 
Maine, scif. Morv., souè, Prov., set, St-Am., chà. Saint,, 
soi, Sav., sa. Wall., seu. Vx. fr., soi, soef, souef, (V. Pipie^ 
Sèiie,) 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 403 

Sol, et SoiE; S. f., haie sèche. 

Bas-Lat., sotum, Montr., soie, (V. Hâê,) 

SoiCHER, V. tr., sécher, dessécher : « Ton vin blanc, 
Tgueùrdin, ô m' soiche la garguillôte. » 

Lat., siccare. Ital. , seccare. Berry, chécher. Bourg., soichaL 
Montr., soicher, Morv., soiiécher^ soicher. Norm., scquer, 
Prov., secar, sechar, Wall., sechi. Vx. fr., seccheVf Si^ichei^ 
sec hier. 

SoicHEROSSE, s. f., sécherosse. 

Berry, chécheréche, séchetè, Morv, ^ soicherosse, soicherotit*, 
souécheresse, Norm., séqueresse. Prov., secaressa, Rouch.^ 
séqueresse, Wall., segress. Vx. fr., secereche, seckerece, 
sekereche, 

SoiFER, V. intr., apaiser sa soif, boire, et parfois beaucoup, 
Morv., souèfer (avoir soif). 

SoiFOÛ, s. m., soiffeur, ivrogne : « Vrâ! que soifoù qu'<;a 
fait qu'ton houme ! » 

SoiLLE, s. f., seigle. 

Lat., secale. Ital., segale, Berry, seille. Bress. et Bourg. , 
soille. Champ., soile. Fr.-Cté, soille^ soile. Jura, sfjîUou. 
Montr., soille, Morv., seillCy soille^ soueille, Nam.. soiL 
Norm. et Pic, soile, Prov., seguel. Suiss. r., segla, chala. 
Wall., soile, Vx. fr., soille^ segle^ seille, (V. Slau,) 

SoiTURE, s. f., étendue de pré qu'un homme peut faucher 
(aoûer) en un jour. — hsisoiture morvandelle est, commo 
le journal, de 22 ares 35 c. La grande soiture, dont ce 
pays n'use point, est de 35 ares 28 c. On dit journal pour 
les terres labourables, soiture pour les prairies. 
Bas-Lat., soitura. Morv., soiteure, (V. Soûcr,) 

SoiTUREi, s. f., faucheur, celui qui soiie. 
Montr., soituriev. 

Soldas, s. m , étincelles qui s'échappent en feu d'artifice 
d'une bûche lorsqu'on tisonne activement. (Voir, dans la 
liste suivante, ses traductions imagées.) 

Forez, aubes. Lang., espagnols^ espagnôous, Morv., soldas, 
Poit. et Saint., bretons de feu. 



404 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

SÔNE, S. f,, la Saône, dans laquelle le Doubs se jette à 
Verdun. Le confluent a lieu à la pointe de l'Ile. (V. les 
Sonnets Verdunois.) 

SÔPE, s. f., soupe. C'est l'aliment de prédilection pour le soir; 
aussi dit-on sôper. Plusieurs s'en contentent pour leur 
dernier repas. 

Ital., sopa. Bourg., sôpe. Lyon., sopa, Morv., sôpe. Prov., 
sopa, Sav., sepa, Wall., sop, Vx. tr.,$ouppe, soupe (tranche 
de pain). 

SÔPER, V. tr., souper, manger la soupe. 

Bonr g,, sôp ai. Morv., s(5/)cr. Sav., sepâ, Vx. fr., soper^ 
souper. 

SôpiR, s. m., soupir. Combien nous avons regretté, d'abord, 
notre ancienne et belle « Allée des Soupirs! » Heureusement 
elle commence à renaître. Petit peuplier deviendra grand. 
laVit. t suspiriuni. lta.\.j sosptro. Bourg., soptr. Prov., sospir, 
sospire. St-Am., seâlyon. Wall., sospeur. Vx. fr., sopir, 
souspiî\ suspir. 

SÔPiRER, V. intr., soupirer, désirer. 

Lat., s ws/)t>arc. Ital., sospirare . Vrov . , sospirar, St-Am., 
scûlijè. Vx. fr., suspircr, souspirer. 

SÔR, s. m., sort, difficulté, empêchement. Dans bien des 
phrases s'emploie d'une façon particulière : « Oh ! gueùrdin 
d'sôrl j'ai-t-idumau! » — ((Onajetéeunsdr su ma vaque.» 
— « Eh ben ! la p'tiote ne peut pas v'nî? Y é donc eun sôr! » 
Lat., sors. Ital., sorte. Lyon., sôr. Prov., sort. Vx. fr., 
sorsy son;;;, sort (f. puis m.). 

SÔRD, adj., sourd: « 01 é sord c'ment eun pot. » 

Lat., surdus. Ital., sordo. Berry, sord. Bourg., sor, sodé. 
Lyon., sor. Morv., sor, de. Prov., sord, sort. Vx. fr., sord, 
sour, sourt. (V. Sourdiau.) 

SÔRis, s. f., souris. 

Lat., sor ex. Ital., sorice. Bas-Norm., soueris. Berry, 
souris (m.), souriite. Prov., sorits, sorrits. Rouch., soris. 
Vx. fr., soris, sourie, suris. (V. Rate.) 

Sorte, s. f., sorte : (( 01 émétu d'dans d'eùne bàle sorte! » 
Lat., sors. Ital., sorta. Bourg., soie. Vx. fr., sorte. 



I/ANOAGC POPULAIRE VEflOUNO-CHALONNAIS 4% 

SÔRTÎ, V. intr., sortir, partir, — et, acception particulTère, 
venir de. Ainsi : « O sort de pocher, ô sort do miger. w 
La t., s artère. Ital., sortirc. Bourg., sôti, Mac., sotiréi, 
St-Am., chourti, Vx. fr., sortir, 

SÔRTU, part, de sorti, sorti, parti, 
Morv., sortu. 

Soû, et Sô, s. f., souë, étable à pourceaux. 

Lat., sus. Bourg., so, sou, scu, Fourgs, saae, sûu, seule. 
Forez, soue^ soute, souda, Fr.-Cté, essoute. Guern.» soute. 
Jura, assout. Maine, soue, Montr., souë. Morv., souc. Norm-, 
souy soue, souille, souette, Prov., solide. Vend,, souque, 
Vx. fr., sou;:. (V. Tecq à porcs,) 

Souci, s. m., sourcil. 

Lat., supercilium, Ital., sopracclglio, Berry et Genev., 
souci. Isère, surccille, Lyon, et Norm., souci, Prov., aohrecîti, 
sobrecilha, St-Am., scûcclj/e, Vx. fr., sorcillc^ soarcth, 
surcil, sourcieulx, 

SotiER, V. tr., faucher. 

Bress., souer, Montr., souôr, Vx. fr.^ soïer, (V* Soiiare.) 

SouÉR, s. m., soir : « Bonjor, vouésin! A Q^souérî ïï 

Lat., serus. Ital., sera, Berry, souèr, soir, de soir {ce soir). 
Bourg., sot. Fourgs, sa, essa, Guern., sèr, scrâïe. ir'-Auv*, 
ser. II. -V% sa. Lim., seï, Mac, saï. Morv., sâr. Norm., se, 
ser, serée, serance, serange. Pic, série. Poit., see^ seras, 
serée. Prov., sera, ser. St-Am., châ. Saint., a ser. Sav., 
vèpoernâ. Vosg., sa. Wall., sera/. Vx. fr., seir, soir. 

SouFLÔT, s. m., soufflet de feu. 

Bourg., sôjlai, Morv., soufflot. Wall., sojïet. Vx. fr,, 
soujlet, 

SouLEi, et SÙLEi, s. m., soulier. Chaussure à laquelle les 
sabots font une forte concurrence. 

Lat., solea, Berry, soui/er. Bourg., soûlai. Bress., seuhuj, 
li.-V*, sole, soleuil, Isère, solar. Lille, sorlct. Lim , sonilfiè. 
Lorr., sole. Mac, soular. Montr., sulès. Pic, seulet, solè^ 
soulè, Prov., so lier. Rouch., sorlè, St-Am., clioniâ, Sav., 
solàr. 'ïoxi\,,sahatou, souleto (semelle). Wall., sorlet^ Vx. fr., 
soller, soulier, soler. 



406 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

SouLÔ, S. TH., soleil : « Si ô s'couche d'avou Vsoulb, ôs'leùve 
itou d'avou lu; à\ é du maitin. » 

Lat,, soL Ital., so/e. Art., sole, soleil, Berry, soulé^ soulêil. 
Bourg. ^ éôfo^ seren, Bress., scleu. Bug., sèlay, Dauph. et 
Fland-, &old. Fr.-Cté, soulet. Lira., soulei. Lorr., slou. Mac, 
sien, sctou. Morv., soulau, soûlai^ choulct. Norm., solai, sole, 
sûulé. Pic, solèy solea, Perch., soulat. Poit., soulaiL Prov., 
souieout solelhy soleilh, St-Am., chelà. Saint., sonleiL Sav., 
chuèhL Suiss. r., selau, scleu. Vosg., solo. Wall., so/et, solo. 
Yx. fr-, sioieihy solausy souleuXy solel, souloy. 

Soùl6t, s. et adj., soulard, ivrogne : (( n'démâre pas du 
cabaret; y et eun vrâ soùlbt. » 
Lille, sùjdot, 

SouME, s. m., somme, sommeil : « 01 é prou feignan; ô n'a 
jamd fini son soume. » 

Lat.t sofunus. Ital., sonno, Poit.. songe. Prov., sotn^ son, 
soni'îh. Saint., songhe. Wall., somcie. Vx. fr., songe, some, 
sountc, sofiute, saun. (V. Seâne.j 

SouMÉTU, p^rt., soumis : « J'étôs l'pus fôr; ô s'é soumélu, » 
Morv., soumettu. 

Soù^fEK, et Sener, v. tr., sonner. 

Lat. et Ital., sonore. Bas-Norm., sounàer. Berry, souner. 
Bowtg. i B'fiaiy sct(nat\ dinctai, Dauph., sonna. Forez, souna, 
LyOn., softù. Morv., son-nci\ souner. Prov. et Rom., sonar. 
St-Am., tiiounè. Saint., souner. Toul., souna^tinda.Yx. fr., 
soncVy sfutf*i% sonner, 

SouNoû, s. rn., sonneur, qui sonne les cloches. 

lUL, sonatore. Morv., sounou. Prov., sonador. Vx. fr., 
sunn(*tu\ 

SoupiRAUj lis. m., soupirail : « L'bétâl ôl a fremé Vsoupirau 
d'sa cave. n'y vouét pu ran. » 

îtaln, s/îiVa^/to. Prov., sospiralh. Rouch., supèruèle. (V . Lar- 
mier.) 

SouBD[Au, s. et adj., sourd, inattentif. 

Bourg., sodlâ. Bress., sourdiau, seudiai. Morv., sordiau, 
sordcat, c/toury chourdlau. St-Am., choUy ...rda. Vx. fr., 

soiivdeaii, êourdaut. (V. Sàrd.) 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAI3 407 

SôvENANCE, et SôvENÎ, S. f., souvenir. 

Ital., sovenen^a. Bourg., sôcenancc, scaoeaance^ sôoent^ 
seuûcni, Bréss., sooiniance, Morv., socenance, Prov-, soci- 
nensa, Rom., socenensa, St-Am., seceni, Wall., soccnance^ 
sofni, Vx. fr., soucenance, souscenir, subvenir. 

SÔVENT, adv., souvent : « Qu'j'irons? Pu sôveni! h 

Lat., subinde. Ital., sooente. Bourg., sôoa/i,st?«r an. Dauph., 
sooin. Morv., souen, Prov., soccn, soen, Rom., soient . 
Sar., sovê. Suiss. r., socein. Vx. fr., socant, socentf suvent^ 

S'tôt, adv., sitôt, aussitôt. 

St-Am., chasieâ, Vx. fr., si tost^ sitost. 

Su, prép., sur. Cette prononciation contractivc n'empêche 
pas le r dans certains mots : surlouer, etc. 

Lat., super. Ital., sopra, Bas-Norm. et Berry» sus. Bourg* 
etDauph.jSa. II. -V, sms. Lorr., sup, clsu, d^ur. Lyon, et 
Mac, su. Morv., sm, chu. Norm., sa. Pic, sear^ sus. Prov., 
sobre. Wall., solj sor. Vx. fr., sur, sus, sore, sovre^ squp. 

Sûl interj., susl debout! allons! « Allons, su! )) 

Lat., iursum, Ital., suso. Bourg., su, sus, Morv,^ su. 
Prov. et Vx. fr., sus. 

SuBLER, et SiBLER, V. iutr., siffler. 

Lat. et Ital., sibilare. Anj., subier. Berry, sabler, slbler, 
chi/Jier, Bourg., subiai, sublai. Champ., sibler. Cbàt*, suiiier. 
Cogn., subier (corner). Dauph. et Isère, sibla, Jura, sabler. 
Lille, chiffîer. Lyon. , sublô. Mac, sebliai. Montr.^ subUicr. 
Norm., subier. Nam., chufjler. Poit., sublai, sabler. Prov., 
siblar, ciblar, siular, eschiular, Rom., subier. St-Am, et 
Saint., subie. Sav., sebld. Suiss. ^ subier, suhbki. Toul., 
estifal. WM., hufler. Vx. fr., sibler, subier. (V. SeûUler,) 

SuBLÔT, et SiBLET, S. m., sifflet. 

Lat., sibilus. Ital., jsufolo. Berry, subiet, sahlct, chifjlei. 
Bourg., sublàt. Champ., sible, subiet, sublot. Chat-, skilleau. 
Dauph., se6/e^. Jura, subiot, sibiot. Mac, scbltaf/. Montr., 
sublliot. Morv., sulot, chulot. Norm., subiet. Pic, chifflot. 
Prov., siblet. Poit., subiet, sublot. St-Am., subie. Sav,, 
seblet. Toul., estijlet. Vx. h., subiet. (V. SeniUùt.) 

SuBLoû, s. m., siffleur. 

Bourg., sublou. Morv.> chulou. Vx. fr.^ sifjleur. 



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408 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

SuCHENÔTER, V. intr., chuchoter : « Que c'quô s*dis<mt? 
sont tôjor à suche noter entre eusses. » 

Bourg., suchenôiai, chuchenôtai. Rom., chucheéer, chu- 
chiller. Wall., sussiné, Vx. fr., c/iucheier, 

SÛGNiER, V. tr., fournir de, subvenir, alimenter: « Crais- 
tu que j'porai Vsùgnier d'saibôts, si t'ies casses coume ça? » 
— (( Voui dàl faudrôt côre que j'te sûgne de toubac I » 

Suî, s. m., suif : « L'malinl ô frôt des chandéles sans sut » 

Lat., seoum. Ital., seoo, Berry, souif, Chât.-Chin., chi, 

Fland., sieu, Fourgs et Fr.-Cté, su, Guern., sif, Morv., sui. 

Norm., sieu. Prov., ceu, sef. Rouch., sieu, Sav., chui, Wall., 

sew. Vx. fr., seu, sieuy suis, 

SÛL, et Seû, adj., seul : « L'pauv'vieux! ôl é tôjor tout seû! » 
Lat., solus. Ital., solo. Berry, seà. Bourg., sô,sou, Morv., 
chuy cheulysou, Norm., seà. Prov., soi, Wall., seu, Vx. fr., 
s<?«, sol, sul, suis, 

SÙLON, et S*LoN, prép., selon, suivant : « Si j'irai? Y é 
sHon, )) 

Lat., secundum, ItsA . , secondo , Bourg.^ senon, FT(yv.,segon, 
St-Am., chelon. Vx. fr., seluc^ selonc^ soulonc, 

SÛMERGER, v. tr., submerger, couvrir d'eau. 

Lat., suhmcrgeve, Ital., sommergere, Prov., somergir, 
submergir, Vx. fr., submerger, 

SuposiTioN (eùne), loc. complétive, supposé que : « Vous 
v'nez, eùne suposition, eh beni drèsquVous êtes là, j'vous 
raconte Tafâre. » Parfois même, quand la phrase est 
rapide, on dit simplement : « suposiéion. » 

SùrI, V. intr., surir, devenir aigre. 
Morv., suri. Wall., sort. 

Surlouer, v. tr., sous-louer : « surloue eùne de ses deux 
chambres ; 61 a prou d'ia grande. » 
Genev., sur louer. 

Sus, et Sis, V^ pers. prés, indic. du verbe être : « Je sus, je 
sis, » 



LANGAGE POPULAIRE VERDONO-CHALONNAIS 409 

Suspente, s. f., soupente : « AU' couche pas loin d'eûsses, 
dans le counôt d*la suspente, » 
Genev., soussepente. Wall., suspelntt. Vx. fr., soupendue^ 

SusTANCE, s. f., substance. 

Lat., substantia. lidA., sostan^la. Bourg., seustance, sus- 
tance, Genev., sistance. Morv., sustance. Prov., sustancia. 
Vx. fr., sustance. 

SÙTi, adj., subtil, fin, rusé. 

Lat., subtllis, ItaU, sottlle. Bourg., suti. Prov.^ subtil^ 
sotiL Wall., sûti, Vx. fr., sutil, soutil, soutils, souhtief. 



Tâbe, s. f., table. Se dit aujourd'hui plus volontiers que 
taule t néanmoins maintenu. (V. Taule, où sont réunis les 
congénères des deux mots.) 

Tâbier, s. m., tablier. 

Lat., tabularium. Ital., tacoUere. Morv., tèbié. Prov., tau- 
lier, Vx. fr., tablier, taulier. (V. Decantei,) 

Tabouler, V. tr., frapper, du pied, de la main, d'un bâton, 
surtout sur un corps sonore, faire grand bruit, battre du 
tambour : « J'iai prou taboulé; ma ô n'm'a ran acoulé. )) 
Aunis, tabuler, lîerry, tabouler. Bourg., tabouillai, tabouiai. 
Champ., tabouler. Forez, taboulâ^ tanbuter. Montr., taboukr. 
Poit. et Saint., tabuler, Vx. fr., taborer, labourer. (V. Ta- 
boulàt,) 

Taboulôt, s. m., bruit retentissant, surtout celui du tonnerre: 
(( Ça s'mitoune là-haut; va y avouer du taboulbl. » 
Morv., tabouleau. (V. Tounâre.) 

Tabouniau, s. m., récipient en planches, boîte grossière, 
percée de trous nombreux, destinée à tenir le poisson en 
eau vive, et qu'on met à flotter à côté du bateau. — Se dit 
aussi, par une analogie assez claire, d'une masure, d'une 
bicoque, d^une pauvre maison , délabrée et à jours : « Mon 

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410 LANGAGE PO^ULAIftE VBRDUNO-CHALONNAIS 

Dieu! qu'é c'qui é que son cheù lu? Ein ch'ti tabouniau. » 
Par dérision, une maison où Ton ne se plaît pas : « O 
peut ben m'étende (m'attendre) ; j'n'y rVeinrai fichtre pas, 
dans son tabouniau, » 

Tâcher moyen, loc, trouver moyen : « Ohl la bonne petiote, 
allé é prou c'mode à ainmer; y tâcherai moyen d'aller la 
vouer. )) 
Ardèche et Saint., tâcher moyen, 

Tacôt, s. m., morceau de bois, souche de petit arbre taillé, 
battoir de laveuse. 

Berry, chicot. Bourg., tacot. Champ., tacotte. Forez, tancot, 
Maine, tacot, Morv., tancot, Poit., tacot, Prov., taparel. 
Rouch., tacon. Suiss. r,, takon, 

Tacôter, V. tr., frapper à petits coups. 
Morv., tacoter, (V. Taquoter,) 

Tâgner, V. intr., geindre, se plaindre en travaillant, comme 
le mitron qui pétrit. A une autre acception plus... intime : 
faire les efforts d'un coustipé. Mots des plus expressifs, 
que le linguiste ne peut passer sous silence. L'italien 
o^a/ino, donné parJ. Guillemin, nous semble assez éloigné. 
. Montr., tagner. Morv., Marner. Norm., taigner. Pic, taiguer, 
Rouch., tèquer. 

Tailler eùne bavéte, locution pittoresque, employée pour 
^dire babiller longuement : « Tout coup qu'alF sort por 
aller qu'rî quête chouse, air s'érâte pou tailler eûne bavéle. » 
him. ,joquétas, Morv., raioauder, 

Taiser (se), V. pr., se taire : « Te .couines trop fort, p'tiot 
drôle; v*tu ben f taiser! » 

Lat. et Ital., tacere. Berry, taiser. Lim., taUé. Morv, ^ taiser. 
tajer, Poit., taiser. Prov., taser^ taiser. (V. Côger,) 

Tambournier, s. m., tambour de ville, celui qui va à tous 
les coins de rues « faire assavoir )) au son du tambour. 
Genev., tambournier, Vx. fr., tabourineur, (V. Assavoir.) 

Tampôner, V. intr., s^amuser, tuer le temps en plaisir, mener 
la vie de garçon : (( Nous autres fous, nons tampônons 



LANGAGE POPULAIRE VERDUN0-CHAL0NNAI8 411 

toujours. . . continuellement à Thôtel, au café. . . » {Corres- 
pondance chalonnaise de 1838.) Comme il s'agit de perte 
de temps, l'orthographe ne serait-elle pas meilleure en 
écrivant : iempôner ? 

Tantôt, s. m., après-midi : « Veinrez-vous c'tantôtf » Ce 
mot implique toujours un délai. Au contraire, dans cer- 
taines localités, tantôt veut presque dire : à l'instant. 
Mac, tantou. Genev. et Midi, tantôt, Sav., tantou. 

Tant qu'à, loc, quant à, jusqu'à : « Tant qu'à la Nan-néte, 
i n'en faut pus parler; n'y é pus ran qu'eùne couraude. » 
Cogn. et Mac, tant qu'à. 

Tant s'ment, adv., seulement : « Aile é joulite, sacoumédiel 
on n'y vouét tant s'ment ran du tout. » 

Morv., tanseulement, Poit., tanserement^ tant solanient. 
Saint., tanseureman, Vx. fr., tant seulement. 

Tapée, s. f., grande quantité : « Eùne tapée d'monde; eùne 
tapée d'poumes ; eùne tapée de livres. » 

Bourg, jfoudri, Genev., Lyon., Meuse, Midi, Morv., Norm. 
et Rouch., tapée. 

Taper, v. intr., faire du bruit, éclater. Ne pas confondre 
avec l'acception transitive du même verbe, et qui signifie 
donner des tapes : « L'as-tu entendu? mon canon veint 
&' taper, » — « Côvre benla casse; les dragées vont taper, » 
Le morvandeau appelle tapantes les pommes de terre qui 
crèvent en cuisant. 
Vx. fr., tapper^ tappir, 

Taperéle, s. f., diminutif de taperiau, taperiau en petit. 
Le tube est formé d'une plume d'oie, ouverte aux deux 
bouts, et qui découpe ses tampons en se piquant dans une 
écorce de courge, une rondelle de rave ou de pommes de 
terre; les coups partent de même. (V. Taperiau,) 

Taperiau, etTAPRÏAu, s. m., instrument en bois de sureau, 
qui, pour sa confection, a de l'analogie avec la Jiclerbte, 
Seulement, au lieu de servir à chasser de Teau, il chasse 
avec explosion les tampons de filasse humide qu'on fixe à 
ses deux extrémités. Vient de taper (faire du bruit.) — 



412 LANGAGE POPULAIRE VÈRDUNO*CHALONWAlS 

Nous nous rappelons tous les groseilles à taperiau, belles 
groseilles à maquereau qu'on a vidées par une aspiration 
attentionnée, dont on gonfle Tenveloppeen soufflant dedans, 
qu'on ferme ensuite en en pinçant Touverture, et qu'on 
frapjx^ vigoureusement dans le creux ou sur le dos de la 
niaiû. Il en résulte une détonation agréable... à ceux qui 
aiment ce bruit. (V. Rouse,) 

Anjou, canne-pètoire, Bress., poirale (de peter). Champ., 
iapotu'L Morv., pôtâ^ pôiâr^ pôteralle, tapereau, Norm., /)é- 
tonniùre^ cannepétoure, éliançourc, élijoire. Poit., pèiouère. 
Saint., pétoire, (V. Taperéle.) 

TAî'ihE, s. f., petite tape. Expression usitée dans le jeu 
enfantin, dont les paroles ont été mal disposées au mot 
Barbêie, et que nous rétablissons ici : 

Je te tiens ^ 
Tu ms tiens 
Par la barbette. 
Le premier de nous deux qui rira 
Aura 
La tapette, 

(je(H3V., tapette (battoir, et languô babillarde). Morv., tapette 
(langue babillarde). 

TAP1N^■, s. f., pomme de terre : « n'é pasdéficile; pou son 
diner ô n'mainge que des tapines, » • 

Morv,, lapine (galette de pommes de terre). (V* Poume de 
(an; Tarteàfe.) 

Tapox, 3. m., tas, tampon, poignée, bouchon : « Eùn tapon 
do 11 ; eùn tapon d*cheveux ; eùn tapon d'étoupes. » Ce 
mot emporte toujours l'idée d'emmêlement. 

Auv., Berry et Bourg., tapon. Morv., talpon, talipon. Saint, 
et Vx- Ht., tapon, 

TAivîrNF.R, V. tr., fermer d'un bouchon, d'un ^apon^ arranger 
les rlieveux en tapôn, 

Auv., tapouna. Bourg., tapônai. Guern., tapounair, Morv., 
tifpunner. Norm., tamponner^ iaponner. Rennes, tamponner 
^toucher à tout). Saint., tapounér, (V. Tapon,) 



LAHGAGE POPULAIRE VERDUnO-CHALOWfAIS 413 

Taqubr, V. tr. et intr., battre, fouler, tasser, claquer. Imite 
le bruit du tic-tac du moulin. 

Berry, iaquer. Lorr., toquer^ taquè (frapper à une porte). 
Montr., Morv., Voag. et Yonne, laquer, 

Taquer le marmot, loc, avoir froid, et avoir peur. Ou voit 
que c'est autre chose que la locution française « croquer le 
marmot ». Cependant, comme forme, elle lui ressemble. 
Taquer voulant dire claquer, « taquer le marmot », c'est 
claquer des dénis de froid ou de frayeur. 

Taqui, adj., épais, lourd. Se dit du pain qui n'a pas beaucoup 
de trous, mal levé : « J'ai migé du pain taqui; ô n'vout 
point passer. » 

Taquôt, adj., bavard. Vient de taquer^ le bavard faisant, 
pour ainsi dire, claquer sa langue. 

Taquôte, s. f., petite tape, et aussi cliquette. Tout est bon 
aux gamins pour se façonner cet instrument : des bâtons 
fendus, des planchettes coupées, des os plats bien net- 
toyés, etc. Souvent ils se mettent par bandes et, le soir, 
exécutent des retraites pittoresques et furieusement ryth- 
mées. 
Bourg., tiaquente (les deux acceptions). 

Taquôter, V. intr., bavarder, tapoter, faire claquer. 

Bourg., tiaqucutai, Norm., tacotcr (frapper à petits coups). 
Rouch., clicoter. Vx. fr., cliquer. (V. Tacôter.) 

Târ, adv., tard : « 01 é v'nu su Vidr, » 

Lat., tarde. Ital., tardo. Berry et Genev., à tard. Lim., 
târ. Lorr.. tair. Prov., tard, tart. Wall., târ., taur, Vx. fr., 
tart, tard, 

Tarbouiller, V. tr., troubler, tourmenter, secouer, bousculer 
quelqu'un. 

Berry, tcrbouler. Bourg., tarbôlai, tarbeulai, Morv., teur- 
bouler. Rom., trlbular, Toul., treboula. (V. Tribouler .) 

Tare, s. f., terre, bien, sol à cultiver, le plus profond amour 
du paysan. Une bonne femme, veuve, s'en allait à tous 
les enterrements, et, s'approchant de la bière du défunt, 
disait à celui-ci : « Te vas vouer mon houme. Dis-li que 



414 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

j^nous pourtons ben, que j'nous compourtons ben, et seùr- 
tout que j'faisons ben valouér ses tares. » Il y aurait 
beaucoup à trouver dans cette bizarre allocution. 

Lat, et Ital., terra. Bourg., tarre. Dauph., terra. Lim., 
tèro. Lprr., tare, Mac, Montr. et Morv., tarre. Prov., terra, 
Rouch., tière. St-Arn., tara, Wall., ter. Vx. fr., tcre, terre, 

Tareùche, s. f., synon. de trape, (V. ce dernier mot.) 
Tareûche est de la Bresse louhannaise. 

Taribe, et Tèribe, adj., terrible. 

Lat., terribllis. Ital., terribile. Bourg., tarbe, Lorr., tèribe. 
Morv,, taribe. Rom., tarrible, Wall., 7m6. Vx. fr., terrible, 

Tarike, s. f., terrine, soupière. 

Bas-Lat., terrineus, Berry, terrasse, St-Am., gamèle, Vx. fr., 
tcrrln, lier in. 

Tarot, s. m., gros robinet des foudres : « 01 ainme tant 
s'piquer l'naz, qu'ô s'couch'rôt su Tdos pou bouére au 
tarot. )) 

Tartavéle, s. f., babillarde, femme qui jacasse toujours. 
Le mot s'applique non seulement à l'artiste en babil, mais 
aussi à son instrument, la langue : « On n'entend qu'éle à 
louUs les portes; y et eùne vrâ tartavéle, » — (( AU' va 
vous en débiter, dà I ail' n'a point oblié sa tartavéle, » 
Forez, bartavelle. (V. Tartevèle,) 

Tarteùfe, et Tarteùfle, s. f., pomme de terre. De l'alle- 
mand kartoffel. Introduit chez nous au commencement 
du siècle. J. Guillemin l'appelle catrofle. 

Ital., tartufo. Berry, tartoujle. Bourg., tartouche. Genev., 
tufaile. Lang., tufedas. Prov., tartijlo. Suiss., tortijley iartufle, 
Vx. fr., iartufle, (V. Poume de târcy Tapine,) 

Tahtêvéle, s. f., crécelle. La tartevelle étant une partie de 

la trémie d'un moulin, on comprend l'analogie de Tappli- 

catiûû, comme on l'a comprise pour Rain-néte. (V. ce mot.) 

Bourg., ta.irtecelle. Morv.^ traquotie, Norm., traquette. 

Suiss. p., traquelelte. (V. Tartavéle.) 

T'as, 2^^ pers. ind. prés, du v. avouer, tu as : « Tas donc 
ben du mau, que t'baules jôr et neùt? » 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 415 

Tatan, s. f., tante. Du langage enfantin. 

Lat., amita, Ital., jsla, Il.-V% iantine. Pic, ante, nante^ 
Prov., amda. St-Am., ianta. Saint., tanian. Sav., tanta. 
Wall., aniin (grand'tante). Vx. fr., ente^ ante^ antain, tante. 
(V. Tonton.) 

Tatouille, s. f., tripotée, volée de coups de poings : « Gare! 
si j'te r'trouve, j'te ficherai eùne tatouille. » (Se reporter 
aux nombreux synonymes.) 

Cogn., tatouille, Dauph., Genev. et Lang., tatouille (piquette- 
ripopée). Lille, tatoulle. Pic, tatoule. Poit., tatouille, Rouch.^ 
tatoule^ toutoule. 

Tatouiller, V. tr., donner, flanquer, ficher une tatouille, 
(V. ce mot.) Veut dire aussi : chiffonner, souiller, tatil- 
lonner. 
Lat., titillare, turbare. 

Taule, s. f., table. S^est mieux conservé que faute, et, 
quoique moins souvent, se dit encore concurremment avec 
tàbe, (V. ce dernier mot.) 

Lat., tabula, Ital., ^aco/a. Artois, iab, Berry, tabe. Bourg., 
taule. Bress-, tobla. Champ., taule, talle, Fland., taule, taa- 
lette. Lim., tàulo, Lorr., tèle, taie, tâijc, toill* . Mac, troblie, 
Montr., iaublle. Morv. et Pic, taule. Prov., taula, taule Ua, 
Rom. et Rouch., taule, St-Am., trôbla. Sav.^ tràbla, Vosg., 
taule. Wall., tâf, iave, taule, Vx. fr., table, taule (planche). 

Taulée, s. f., tablée, ensemble de convives réunis autour de 
la table, et aussi série de mets qu'on y a déposés : (ï Y 
étôt la fouére. Si vous éveins vu que taulée!.,. Ahl mes 
aimisl... » 

Aveyr., entaulat (attablée). Bourg., taulaie, tôlèe. Vx. fr,^ 
tablée. 

Taupière, s. f., monceau de grains. Analogie avec les mon- 
ceaux de terre soulevés par les taupes. 
Montr., taupière, 

Taupine, s. f., abrév. de topinambour. On en voit fré- 
quemment de petits champs ; mais ne se cultive que pour 
les bestiaux. 
Morv., taupine. 



416 LANGAGE POPULAIRE VEROUNÛ^CHALONNAiS 

Taviî*, s. m*, taon, grosse mouche. 

Bas-Lat,, tabanue. Ital., tafano. Esp., taoano. Bourg., 
tairin. Dauph., tacan. Forez, tauna, tôna, iavan. Fourgs, 
tooan, Gonev., taoan. Lyon., tôna, tauna. Montr.. tapain. 
Morv., Uikin, ataicin^ taibin, Prov. et Rom., tacan, Suiss., 
iabatij iat^an. Wall., iahan. Vx. fr., tacan^ tahon. 

Te^ pron. person., tu, toi : « Te m'fais droguer, te m'fais 
gémi, iï — (( Dépôche-^e; sauve-^e. » 

Lat. et ital., tu, Il.-V% ta. Pic, ti, Prov., tu, Vx. fr., 
tu^ toi, îe. 

TÉl intei'ject,, tiens! Marque Pétonnement, Tironie. 
Bourg, et Prov., té! Morv., tan! 

Tecq-À'Porcb, et Tect, s. m., réduit où Toa fourre les 
pourceaux. 

Lat., tectum. Ital., tetto, Ain, tect, Berry, tet. Bourg., 
ètoi, Cûgn., tet, Fr.-Cté, ta. H'-Main., têt, 11. -V, tat. 
Motitr., tecq, Morv., tec, Poit., techon, Prov., teg, tet, 
Suha. r,, ici, Wall., tau, teu, Vx. fr., tect, toict. (V. Soû,) 

Teiciie, s. f,, tache, salissure. 

Baïi-Lat.. tasca, Ital., tacca. Bourg., teiche. Grenev., tache 
(petit clûu â sabots). Pic, take, Prov., taca, tacca, Wall., 
tetsch^ ieg^ tak (plaque de fer à cheminée). Vx. fr., te!ze, tetche, 
teche.^ iaiche, 

Teinoe, V, tr., teindre, imbiber d'une couleur. 

Lat et Ital., tingere. Bourg., toindre, Prov., tengner, 
tenher. Wall., tid. Vx. fr., tendre, taindre, 

Teindlf, p irt. de teinde, teint. 
Bourg., ioindu, 

TELE, s, f-, toile, de lin ou de chanvre. 

Lat* et Ital., tela, Bas-Norm., taile, Berry, touèle. Bourg., 
lèla, icuh. Champ., telle, toielle, Dauph., tela, Il.-V% taile, 
taïtc, LûPT., tôle, Morv., toueille, Poit., touaille, tiuaille, 
Prov*, tela, tella. St-Am., tâla. Sav., tàla. Wall., teule, 
toftU, Vx. fr., toille, toglle, toueille, touaille, 

TÉMP1.Ë, s, f., tempe : « L'mauvâ drôle 1 ô m'a fichu eùne 
be ligne sur la temple. » 

Lat., tempora. Ital., tempia, Berry, Genev, <et Morv., 
iempte^ Prov., tempia. Vx. fr., temple (uibmoO' 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 417 

Tendron» s. m., bugrane, arrête- bœuf, plante à la tige 
épineuse, et dont la racine, longue parfois de 50 centi- 
mètres, est un obstacle à la charrue et en même temps un 
objet de gourmandise pour les gamins. Ils la recherchent 
assidûment, en grattent la peau et la croquent à belles 
dents. Quand la terre est trop sèche, ils ont parfois de la 
peine à l'en arracher; mais l'expédient ne leur manque pas : 
sans aller chercher de Teau... ils l'arrosent. Pas diflSciles 
sur les moyens 1 

Tendue, s. f., grande et grosse toile, que l'on tend pour 

certains usages : tente devant une boutique, bâche sur une 

voiture, etc. Pour la lessive, c'est la pièce de toile qui 

reçoit les cendres, et qu'en Champagne on appelle le sadri. 

Morv., tendue (cloison en briques). Vx. fr., tendue. 

Tenî, et T'nî, V. tr., tenir, garder. 

Lat. et Ital., tenere. Morv., teni^ t'ni, Prov., tener, tenir. 
Wall., tini, tuni, tir, ter, Vx. fr., tenir. (V. Tiendre.) 

Tepeùne, s. f., grand vase en fer-blanc, de forme particulière, 
contenant le lait qu'apportent les laitières des campagnes. 
En quelques parties de Saône-et- Loire, on appelle tepin 
un petit vase de terre pour faire chauffer les liquides (de 
tepere, ad iependumf). F. Brachet fait remarquer que 
tepin est l'anagramme de pinte. — J. Chevrier a touché la 
question dans son Vieux Chalon. 

Bas-Lat., tupina. Aveyr., topino. Basq., tiipina. Bourg., 
tepin. Bress., teupin^ tepin. Champ., tippin. Char., toupi. 
Dauph., tupin. Forez, tupin, tchupin, tseupin. Fr -Cté, tepin» 
toupin, toupi. Genev., toupin, toupine. H'*-Auv., toupiy tou- 
pina. Jura, tepin. Lang., toupin, tonpin, toupina. Lim., toupi. 
Lorr., tepin. Lyon., tupin, tsipin. Mac, tepain. Montr., tepin. 
Morv., teupin. Prov., toupin, toupi. Rom., tupin, teppin. 
St-Am., tepèn. Sav., tepena, tepin, topin. Suiss. r., tepin, 
toupin, toupenet, toupenette. Toul., toup, toupino, toupinat. 
Vx. fr., tuppin. (V. Mesure.) 

Tèrage, s. m., action déterrer, de butter. (V. ce dernier mot.) 

Tèreau, et Tàreau, s. m., fossé. Un titre du XV« siècle, 

48 



4L8 las^gage populaire verduno-chalonnais 

cité par J. Guillemin, « amodie la pesche des fossés et 
terreauo! de Chalon )). 
Bress, et Motttr., terreau. Vx. fr., terrau, terreau. 

TÈtiÉE, s, f*, terreau, fumier réduit en terre. 

Teroéte, s. f., targette. 

Berpy, targette (rideau de lit). Genev. et Lyon., tergette. 
Vx, fr., targette (bouclier). 

TEssiEFt, s. m., tisserand, « tessier de tèle ». — On se sou- 
vient, à Verdun, du tisserand qui payait un gamin pour 
faire battre son métier, tarîdis qu'il allait au cabaret boire 
le vin blaoc avec les camarades. Pendant ce temps sa 
femme, qui entendait le bruit du travail, croyait naturelle- 
ment que son homme travaillait. 

Bas-Lat,, tessellus (pièce ^de toile). Ital., iesserandolo , 
Berry, tcjc^r, tissier, tessier. Morv., teiclieran, Norm., tlier. 
Prov., tewseran. Toul., teysseyre. Wall., telier^ tehen, Vx. 
fr., ti^sHÎer^ tellier, teissant, toissarant. 

Tessl\ s. m, et adj., tissu. 

Morv-, ièvhu. Vx. fr., tgssu, 

Testicoter. V. intr., chipoter, contester : « Ohl 1' mauvou- 
lantî à tout bout d*champ ô testicbte. » 
Lat., iQiàià. Pic. et Rouch., iesticoter. 

TêtEj s. f., tête, sommité : « La tête de Tâbre. » 

Lat. etUal., testa. Bourg, et Morv., tête. Prov., testa. 
St-Am.j téta. Wall., tiess. Vx. fr., teste. 

TÊTE (de), ioc, par cœur : « Aile sait ben; aile répète de 
tête touti* sa leçon. » 
Genev., de tête (savoir de tête). Midi, de tête. 

TÈTE, s, f ,, taie : « La laveuse m'a pardu eùne tète d'oriller. » 
Bas- Lat., tcca. Champ., toye, toyettc, Fr.-Cté, toye, tô. 
Maine, tûte. Morv., touèe^ toie. Rouch., toie. Wall., tuée, 
ttmie^ llk. Vx. fr., teie^ toie, taye^ toye. 

TÊTES, s. f., fils de chanvre de seconde finesse. 

TÉTÈT, s. in., sein. Se dit tout particulièrement, en langage 
enfantm, des seins de la nourrice. 



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LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNA[S 4l9 

Bourg., tétaigne. Cogn. et Grenobl., tetet. Morv,, iofeine, 
totôt, Pic.r tctte^ tettlne, Prov., tetina. Rouch.i tèteiû, Sav,, 
ieUet. Vx. fr., tétine. (V. Titi.) 

TÊTIÈRE, s. f., bande de linge faisant partie de la cale, ou 
bonnet de femme; petite coiffe d'enfant. 

Ital., testiera, Genev., têtière (chevet). Midi, lêltére, Prov,i 
testiera, Vx, fr., testiere. 

Teû, s. f., toux : « Que teû qu'aile al » 

Lat., tussis. Ital., tosse. Berry, tousse, tussf?. Prov., ios, 
St-Am., teâ. Wall., toss. Vx. fr., toux. (V. Tottss<^.j 

Teûcher, etTôcHER, V. tr., toucher. 

Berry, touche- aux-nucs (homme petit). Bourg., lâchai. 
Bress.^ tocé, Morv., t'cer, teucer, teucher, tacher , Prov., 
tocar. Toul., touca, Vx. fr., tocer, tochery loucer, iucher. 
(V. Toquer.) 

Teûrie, Torie,- et Tourie, s. f., taure, génisso, jeune vache 
qui n*a point encore vêlé. 

Lat., taura. Angev., taure. Aunis, tore. Bourg., torie^ 
tourie. Jura, touria, Merv., teurie. Montr., touria. Morv,, 
taure^ taurie, toirie, tauhie. Norm. et Poit., taure. Prov-, 
taura . 

Teûsser, etTossER, v. intr., tousser. 

Lat., tussire. Ital., tossire. Bourg., tossè. Morv,, trusser. 
Wall., ^osfié. (V. Toussi.) 

TiÂR, s. f., clé. Prononciation corrompue et devenue denlab 
de cliqr, qu'on retrouve sous la forme clar dans le patois 
bourguignon de La Monnoye. 

Lat., elaeis. Ital., chiace. Bourg., clar. Pj^v,, dan, 
Vx. fr., cléj clei, clef. 

TiAU, s. m., fétu, fragment de bois, ramille. 

Berry, iiot. Morv., tiau, luau. Noim., tuât. Vx. fr., tueî^ 
tuety tuau. (V. Tiaux.) 

TiAULER, v. tr., chanter pour exciter ses bœufs : u Egué! 
v'qui le p'tiot barger qui tiaule. » 

Berry, brioler. Morv., tiauter, tiâler, kiaulev. Poit., armuivr, 
harauder. Suiss. , triôler , triouler. Suiss, w^ rithoitia^ 
ritioula. 






420 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO'*CHAL(nmAlS 

TiAUME, S. m., baraque en planches à Tamère des bateaux, 
où couchent les gardiens. — Le nom ne viendrait-il pas 
de ce que, jadis, elles auraient été couvertes en chaume? 

TiAux, s. m., petits tuyaux de plumes qui garnissent Ife corps 
des jeunes oiseaux. Ces plumules sont comme les ramilles 
de la bête. 
Bress., tiaux, (V. Tiau.) 

TiÈLE, s. f., tuile. Un des anciens produits verdunois. 

Lat., tegula. Ital., tegola. Bourg., tiéle. Bress., ilèle, 
Gasc, teoule, Montr., iielle. Norm., tieule. Pic, teule. 
Poit., tieuble. Rouch., tieule, St-Am., kyêla. Saint., teulle. 
Sav., iiuaila, tiuila, Toul., teulo, teoulo. Wall., thieulle. 
Vx. fr., thiule, tieulle^ teule. 

TiÉLER, s. m., tuilier : « Les tiélers ont été d'ia noce; i 
s'avont preùm'nés pendant deux jors por la ville, d'avou 
canne-major, fifre et tambour. » 

Bress., tièler, Montr.^ tiellier. Wall., thieulUar. Vx. fr., 
iieuler, 

TiÉLERiE, s. f., tuilerie. Nous en avons encore quelques-unes. 
Bress., iiélerie. Genev., tuiliére. Montr., ticllerie, Wall., 
thieullerie, tâlreie. Vx. fr,, teulerie. 

TiENDRE, V. tr., tenir. 

Berry, tiendre, iienre^ iinre. (V. Teni,) 

TiENDU, part., de tiendre, tenu. 
Vx. fr., tenu. 

TiGNE, s. f., teigne, insecte, gale à la tête et à l'écorce des 
arbres. 

Lat., tinea, Ital., tigna, Lang., vasque. Prov., tciaay 
teinta, Vx. fr,, taigne, teigne. 

TiGNER, V. tr., gratter : « Que c'qu'ôl a donc, c'peùt houme, 
qu'ôl é tout rtemps à s'tigner? » 

TiGNOû, s. m., teigneux, qui a la teigne. 

Lat., tineosus. ItaL, tignoso. Berry, tigneux. Bourg., 
Bress., Isère et Montr., tignou. Prov., tinhos. Wall., tigneu. 
Vx. fr., tingneuSy tigneu. 



LAIWAGB. POPULAIRE VBHDUNOrCHALONliAia 421 

TiLLER, V. tr., teiller, enlever les filaments des tiges de 
chanvre. On connaît Tentrain, le charme de ces veillées 
où, réunis à la porte des habitations, parfois, en plein 
champ, on se livre, à travers mille propos joyeux à la 
captivante occupation du teillage. 

T/Wer est français aussi bien que teiller; maifi^ce mot 
se relie à d'autres mots de chez nous, dont on n^ peul le 
séparer. 

Berry, teiller, tiller, tèier. Bourg., tillai. Fr.-Cté, tilli^ 
t'Lli. Morv., teiller. Prov., tclhar. Sav., bloïer, Suiss. r., 
teilli, 

TiLLERiB, s. f., groupes de femmes teillant le chanvre. 
Morv., teillerie. 

TiLLONs, s. m., fils de chanvre de troisième finesse, mèches 
d'étoupe. 
Montr., tuions. 

TiLLÔT, etTiLLOL, s. m., tilleul. La rue du Tillot, à Dijon, 
si connue des lecteurs des Noeï horguignon, a été « ainsi 
nommée d'un énorme tilleul qui s'y trouvait autrefois ». 
Lat., tilia. Ital., ttglio. Berry, tillau, tillol, tuiolle. Bourg., 
tilloi, Fr.-Cté, teillot, Genev., tillot, tilloL Morv., tillot. 
Pic, tlle^ tille, Poit.. tcil, teillon. Prov., tilkoou. Rom., 
tilloel, tilloet, theil. St-Am., tilr/ole. Saint., tileuil, Suiss. r., 
téy teliuy teliot, Wall., tyoa, Vx. fr., tilluel, tiloel, tlllol^ 
teill, tilleau, 

TiLLÔTE, s. f., action de teiller, veillée où l'on teille. 
Morv., teillotte, 

TiLLoû, adj., celui qui teille. Le féminin (tillouse) est plus 
employé, le teillage étant principalement un travail de 
femmes. 

TiNB, s. f., cuvier, grande cuve dans laquelle on met à fer- 
menter le raisin. 

Lat. et Ital., tina. Berry, tine. Lang., tina. Luxemb., iinati, 
Morv., tine. Nord, tinè, tinet. Prov., tina, tineou, Wall., 
teinn. Vx. fr., tine, tinne. 

T-i-PAs? loc. interrogat., n'est-ce pas? « T-i-pas qu'y é c'qui 
qu't'as été qu*rî? » — T-i-pas entre aussi dans une autre 



422 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

locution exclamative : « Eh ben! quoi?rfieû à Jean l*a 
embr;isséë."É pî éprâs?... Ylk-i'i'pas l » 
Allais^ ènonf annonf est-non? n'est-pont f 

TjQUET, 9. m. (V. Bète nouére.) 

T[ra! lirel marchel impératif du v. tirer, employé par nos 
mariniers : « Tira louïa la maillai » Tire en suivant la 
maille (la corde)! (V. Fa (ira, Louïa, Mailla.) 

TitiE, s. f., trait, haleine : (( J'ons marché dru; j'sons v'nus 
iqui lo d'eùne tire. » 
Vx. fr., tire. 

TiRE-uGsbT, s. m., cordonnier. Employé dans le sens iro- 
nique. (V. Lignât,) 

TniEn, V. tr., traire, se diriger vers. On dit aussi tirer un 
portraitj et tirer en portrait. 

Lai., irahere, Ital., trarre, Berry, tirer. Mac, teri. Morv., 
tirsr. Xorm., traire. Prov., traire^ tirar. Vx. fr., tirer. 

TïR[, s. m., moineau. On se sert aussi parfois de ce mot, 
presi|ue une onomatopée, pour donner une idée du chant 
de l'oiseau. (V. Passera^ Mouniau, Saugeri.) 

TïRoù, s. m., tireur à Tare, au fusil. 

lui., iiratore. Bourg., tiroû. Morv., tirou. Prov., ttrador. 
Vx. li\, tireur. 

TirtouÉR, S. m., tiroir. 

Bervy, tirouè, tlrouer. Morv., tirouè. Vx. fr., tirouer, 
itroire (fém.). 

TmPAiLLER, V. tr., tirailler. S'emploie surtout dans le sens de 
récipi'ocité : (( Te xHirpailles tôjor d'avou tes camarades. » 

TisviNE, s. f , tisane. Quand nos villageois pensent avoir 
besoin d'une infusion, ils la font avec n'importe quelle 
plaiiUî ; mauve, tilleul, camomille, quatre fleurs, ou autre. 
Pour eux une infusion est une infusion; elle doit toujours 
produire le môme résultat. 

LiM.. ptisana. Ital., tisana. Bourg., c/^Vè/ie. Bress., tisaine. 
Movw, tisalgne. Prov., tisana^ tipsana. Rouch., tisène. 
Vx^ fr,, tisanne, ptisane. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 423 

TiTER, V. tr., téter. Du parler enfantin. 

ItaU, tctturc. Bourg., ieçai, toçai, toussai, Doubs, tossic. 
Jura, touter. Morv., ioter. Prov.^ tetar. Rouch., tuter. 
Vx.fr., ietter, 

TiTi, s. m., sein, mamelle : « Aga ce p'tiot, courae ôl agripe 
le ^//id*sa neûrice! » 
St-Am. et Vx. fr., teton. (V. Tètêt.) 

Tô, TÔTE, s., adj, etadv., tout, toute. 

Lat., iotus. Ital., tutto. Bourg., tô^ teû, Lyon., ^o^. Morv., 
tôt. Prov.,^0^ Wall., io, Vx. fp., tot^ tout, lui, tus, tuit, 

TÔFEUR, s. f., touffeur, chaleur lourde, temps étouffant: 

« Auj'deù, on n*y teint pus. Que chaud! I fait tofeur. » 

Bress., toffeuv, Fr.-Cté, touffe, chaud-touffe, Lorr., tofè, 

touje, Montr., touffeur, Morv., touffau (adj.). Prov., touffa, 

TÔJE, et TÔJOR, adv., toujours. 

Angoum., teurjoux, teurj aux, trej aux. Artois, toudi. Xveyr., 
touchour, Berry, torjous, toujous. Bourg., tôjor, torjo, tôjà^ 
tcujo. Bress., torso, to/e, Dauph., tojour, ll.-V, tourjous. 
Lille, toudls. Lorr., tocou. Mac, tôr/ôr, tuje. Montr., toje. 
Morv., tôjoi\ toufou, toso. Nivern., tosor, Poit., tourjou, 
Rom., torsiors. St-Am., toutou. Saint., irefau, Sav., taïa. 
Vx. fr., toj'or, tousfours, tos jors, tus jurs, 

ToMBEÙRiAU, s. m., tombereau. 

Bas-Lat., tumbrellum. Berry, ilmberiau, tuniberlau. Champ., 
tumereau, tumeviau. Guern., tumbré, Morv., tumbereai^ 
tombeuillaUf tomblUiiau, Rouch., tumeveau, Vx. fr., tun- 
berau, tumeriau, tumberel, tumereL 

ToMiRON, s. m., gâteau grossier, que les ménagères confec- 
tionnent avec de la pâte et un peu de graisse, quand elles 
font la cuisson du pain. Les enfants dévorent tout cela. 

Tonton, s. m., oncle. Du langage enfantin. 

Bress., onclio, Lorr., onclin. Saint., tonton, (V. Tatan,) 

Tonton, s. m., toton : « La diâbe de malin 1 ô Tfait virer 
c'ment eùn^on^o;i. » 
Pic. et Saint., tonton, (V. Trebi.) 



t:^* -^r^s-psT^^^swsw^ 



424 LAffGAGB POPULAIRE VBRDfmO-CHALONNAIS 

TopÉTE, S. f., petite fiole, flacon : « Ebl la Claudine, baille-me 
eCiae iopéte de sirop. » 

Berry, Dauph., Genev. et Jura, topette. Midi, iaupette. 
Morv.. iôpette, Rouch., topètc. Suiss. r., topette. 

Toquer, v. tr. et intr., toucher, frapper, heurter : « O s'é 
to(^ué la tête cont' eùn âbre. » — « A c'maitin, j'ai ioqué 
à ta porte. » 

ItaL, toccare. Esp., tocar. Berry, toquer. Bourg., toquai^ 
queutai. Bress., toquer. Champ., ^007 a/»r. Forez, riqua, riquo. 
Genev., toquer f tioquer, Morv., Norm. et Rouch., toquer. 
Toul., toc (folie). Vx. fr., touquer. 

TÔR, s* f*, tour, bâtiment rond. 

Lât., turrls, Ital., torre, Boui^., tor, tô. Morv. et Prov., 
iùr. Sav., teur, Vx. fr., tor^ tur, tour. 

TèR, s. m., un tour, une tournée. 

Lat,, tornus. Ital., torno. Bourg., tô, tor. Morv., tor. 
Prov,, tor, corn, St-Am., tou, Vx. fr., tor^ tour, (V. Tornée,) 

T6ii, S- m., tort, dommage. 

Ens-t&t,, tortum, Ital., torto. Prov., tort. St-Am., ^eâ. 
WaïL, toir. Vx. fr., tor;s, tordsy tort. 

Touche, s. f. , faisceau tordu de foin, de chanvre, de 
paille, etc. N'a rien de commun avec la torche éclairante 
ou incendiaire. 

Lat., tortus, Ital., torcia, Berry et Bourg., torche. Champ., 
torch. Fr.-Cté, tôrtche. Genev., Morv. et Norm., torche. Pic, 
lorke. Prov., torcha, Suiss. r., tortsa^ toueirtsa. Vx. fr., 
iorsCf lorsse. 

ToRiAu, et TouRiAU, s. m., taureau. 

Lat., taurus, ItaL, toro. Berry, tauriau. Bourg,, touriâ. 
Mac, iouriau, Morv., toireai, tauriau, tauliau. St-Am., 
touré. Suiss. r., touar, touair. Wall., torai. Vx. fr., torel, 
ioreaa* 

ToRLORiGOT (à), loc. advcrbialc, beaucoup, considérablement. 
Corruption de « tire-larigot », mais employée dans une 
autre acception que celle de boire : « J'peux pas sôrlî ; i 
pleut à torlorigot, )) 



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V* w w w - 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 425 

ToRMENT, S. m., tourment, inquiétude. 

Lat., iormenium. Ital., tormento, Berry, Morv. et Pic, 
torment, Prov., turment^ iorment. Wall., tourmain, Vx. fr^ 
torment, turment, tourment. 

ToRMENTER, V. tr., tourmenter, inquiéter. 

Lat., torquere. Ital., tormentare, Lim., treblas. Morv., 
tormenter, Frov,, tormentar, turmentar, St-Am,, troumèiè, 
Yx. fr., tormenter^ turnienter, 

ToRNAiLLER, V. iutr., toupuailler, tourner de côté et d'autre 
sans but bien arrêté. 
Prov., tornalhar. Saint., tôrnaiUer. 

ToRNÉE, s. m., tournée : « L'piéton a fini sa tornée. » 

Bourg., tonèe, Morv., tornée. Wall., tournâtes Vx. fr-, 
tournée. (V. Tôr.) 

ToRNER, et Teùrner, V. tr. et intr., tourner, et aussi re- 
tourner : (( Piarot, torne-te, qu'on te vouéye eùn brin. » 
Lat. et Ital., tornare: Berry, torner. Bourg., tonai. Forez, 
torna, tourna, Lang., tourna, Morv et Pic, torner, Prov., 
tornar, tournar, Rom., tornar» St-Am., tourné, Sav.^ 
teurnâ, Vx. fr., torner, turner, tourner. 

ToRNiÔLE, s. f., torgniole, coup : « m'fesôt mau ; ma j 'te li 
é fichu eime bonne tornible. » 

Lille, tarniolle. Pic, torgnole, Valog., torniole, Wall.» 
tarniolle, Vx. fr., tourniole, 

ToRNis, s. m., tournoiement, maladie (hydalite dans le cer- 
veau) qui envahit parfois les troupeaux de moutons. Ces 
bêtes, alors, perdent Tappétit, baissent la tête, tournent du 
même côté, ont des vertiges, chancellent et tombent. On 
appelle encore ce mal lordbt, (V. ce dernier mot.) — Môme 
cause que la pourriture, qui réside dans le ventre, tandis 
que le tornis frappe le cerveau. 

Ital., torniamento. Indre, lourderie, lourdène, lourdîeu, 
Prov., torneiament, torneyamen. Vx. fr., tournoiement 

Tornis (je), prêt, de torner : « Je tornis^ je fiornh... Vm 
évu biau fâre; j'n'ai ran treuvé. » 

Tortampion, adj., boiteux, qui oscille fortement des deux 

49 



426 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONlfAIS 

côtés, comme un battant de cloche : « La vouéte-votis 
aller couci-couça, d'avou sa panière au brai? Y et eùne 
drôle de tortampione I » (V. Gambi, Jarréard^ Tortibi.) 

TÔRTE, Tourte, et Tôrtelôte, s. f., tourterelle. 

Lat. , turtur. Ital. , tortore. Berry, tourte, tourtourelle. 
H*-Maine, teurte, tourte, tourtre, turtre. Montr., torte. Morv., 
teurtelotte, ioterelte. Norm., teurte, teurtre, Pôit., tourtre. 
Prov., tourdourela, torire. Saint., tourte, tourtre, Vx. fr., 
tourte, tourtre, tortre, turtre, tuertre. 

TÔRTE, s. f., tourte, pâtisserie. 

Lat. et Ital., torta, Berry, tourte. Bourg, et Morv., torte. 
Poit., tortea, tortia, St-Am., tourta. Vx. fr., torte, tourte, 

Torteiller, V. tr., tortiller, tordre. 

Berry, tortiller (se mouvoir sans besogner). Bourg., toteuiltai, 
Morv., torteiller, teurteiller. Vx. fr., tortiller. 

Torteillon, s. m., paille tortillée, bois, chiffon tordu, — et 
aussi petite servante de village. 

Berry, tortillon. Bourg., totillô. Morv., torteillon, teurteillon. 
Prov., tortillo (gâteau en couronne). Vx. fr., tourtillon. 

Tortibi, adj., tortu, bossu, bancal, quiconque a une forme 
déviée. Devient volontiers le nom propre du mal partagé: 
(( Dis donc, Nan-néte, Tortibi voudrôt ben t'fâre les doux 
zieùs. » 
Lat., tortus. Ital., storto. Toul., tortipé. Vx. fr., tortu, 

Tou, s. m., aqueduc établi sous une route, sous une chaussée. 

TouBÀ, s. m., tabac. A ses passionnés. Quand un nécessiteux 
vous demande quelques sous, c'est plutôt pour son tabac 
que pour son pain. 

Ital., tabacco. Morv., tébé. Pic, toubake. Rouch., tùuhaque. 
Wall., toubac. Vx. fr., tobac, 

Touë ! Touë, appel adressé aux chiens pour les faire venir. 
Faut-il chercher autre part le nom de toutou qu'on leur 
donne? 

Toulipe, s. f., tulipe. 

Ital., tulipano. Vx. fr., tulippe. 



LANOAOB POPULAIRE VERDUNO-OHALONNAIS 427 

TouNÂRE, S. m., tonnerre. Sert fréquemment de juron : « Ahl 
te n'voux pas m'acouter. . . miWe-tounâres! » 

Lat., ioniiru. Ital., tuono. Berry, ioune. Bourg., tonare. 
Fr.-Cté et Lorr., tounarre, Morv., tounare^ toune^ tonne, tou- 
neille. "Ndim., ionoire. Prov., iron, toneire, tonedre. Rouch., 
tounoile, ionoire, St-Am., tounèrou. Toul., trouneyre. Wall., 
ionir, Vx. fp., tuneire, tonnoirre, ionoirre. (V. Taboulàt.) 

ToÙNEAu, s. m., tonneau. Un vieux Verdunois, bon comme 

le bon pain, jurait par : « Mille-touneaux! Saint-Amour! » 

Ital., botêe. Boupg., tonea, Cogn., tounâ, Mac, ponçon^ 

Ppov., tonel, St^Am., panehan. Sav., hosi6, Wall., tonai^ 

tonniau. Vx. fr., tonel, tonnau^ iuneau, 

TouNER, V. intr., tonner. 

Lat., tonare. Ital., tuonare. Berry, touner, Fr.-Cté, iouener, 
Lorr., imner. Morv,, touner. Prov., tronar, St-Am,, iouiié. 
Saint., iouner, Vx, fr., toner, tonner. 

Tousse, s. f., toux : « L'pauv'vieux! ôl a eùne tousse qui ne 
persupôse ran d'bon. » 

Lat., tussis. Ital.. tosse. Berry, tousse, tusse. Forez, tus^îa. 
Morv., ieusse, toussie, Prov., tus, ios, tous. Rouch., tous$e, 
Wall., toss. Vx. fr., toux, (V. Teû.) 

Toussî, et Tossî, v. intr., tousser : (( Queù reùmel 01 a 
iouasi tôte la neùt. » 

Lat., tussire. Ital., tosstre, Berry, toussir. Fr.-Cté, teuchi. 
teuchener, Genev. et Pic, toussir, Prov., tussir, tossir, Rouch -, 
toussi. St-Am., tusi. Suiss. r., tussi, Vx. fr., toussir ^ tôssir. 
(V. Teiisser.) 

TouT-coNTRB, adv., tout près : « J'voulôs li parler; je m'sis 
éprôché tout-eontre lu. » 
Lorr., tout d*cont\ Norm., tout contre. 

TouT-DRÈT, adv., tout juste, à Tinstant : (( Je v'iôs aller d'vé 
lu, quand tout-drèt ôl et érivé. » 
Bress., to dray. Norm., tout dreit. 

Tout-plein, adv., en quantité, beaucoup. Chaleureusement 
défendu par Vaugelas. 

Bourg., tô pien. Jura, tout plein. Mac, tô pliain. Midi eÈ 
Norm., tout plein. (V. Trèben.) 



: ,^v^?^ 



428 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

TratN'NER, et Trâner, v. tr., traîner. 

Lat,, trahere, liai., trarre. Morv., traner, Prov., trainar, 
Yx. fr., traîner, irahiner, irainner, traisner, trayner, 

Tkain-nb-bàle, s. m., triqueballe, éfourceau. C'est ce 
Yéhicule qui sert à transporter les longs et lourds troncs 
de sapins qui nous viennent du Jura, et passent comme 
dus géants défunts en faisant résonner les galets des rues. 
(V* les Sonnets Verdunois.) 

Tracasser, v. tr. et intr., aller et venir, ranger, replacer, 
remettre en ordre, mais en se donnant du mal. Forme 
rûflécihie : se faire du souci. 

Bourg., tracassai., traicaissai. Guern., tricachier. Morv,, 
Iraicaiêser, Pic, tracasser (aller et venir). Vx. it,, -tracasser. 

Traim-nïaux, s. m., vieux linges, vieux rideaux, vieux 
diibi [s. Non pas tout objet qui traîne, mais plutôt tout 
objet qui, par sa chétive qualité ou sa vétusté, est presque 
hors do service et bon à laisser traîner : « Oh ! qu*é-ce 
qu'; é que c'qui? V'tu ben j'ter tous ces train-niaux! » 

Tbâjêr, v. intr.^ rôder, aller çà et là, parcourir, traverser: 
a Ou dit qu'eùn loû a trâjé dans Tbos. » Rappelle le 
substantif trajet, 

Lat. , trajicere. Ital. , traversare. Berry, trajer, triger, 
Doubâ, tragai. Forez, trageà, Fr.-Cté, tradzi, tredjsi. Genev., 
trâ'jiter. Jura, trajer. Morv., traijer, treser, Prov., traversar. 
Smas. T.. tragua^ traguilha. Vx. fr., transverser. (V. Trâler, 
Trùlarj Tràcarser.) 

Trâle, s, etadj., mauvais. — En quelques localités signifie 
aussi une petite servante. Pourqfuoi? Elles ne sont pas 
toums mauvaises. 
Bcrry, trâlé (sec, hâlé). 

Tralke, s. f., troupe, aflDiuence, grande quantité, ribambelle: 
a Que trâlée à c'te fouére! » 

Auv,, telra. Aube, taulée, Berry, tralet. Genev., tralée. 
Norm., triolèe. Pic, tralée. Poit., traulée, tralée. Rom., 
litfih. Saint, et Vaud., tralée. 

TiuLÉE, s. f., raclée, volée, et toute cette curieuse famille 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 429 

de mots : Daubée^ Dégelée, Peignée, Pile, Rincée, Roulée, 
Tricotée, etc. — On n'a que l'embarras du choix dans 
cette abondance de synonymes. 

Trâler, V. intr., aller, se promener avec excès, courir de 
tous côtés. 

Bourg., tvâlal, Morv., traimer, traiter (avancer sur un 
pied). Norm., traiter . Poit., traler, traliner. Saint., trâler, 
trdliner. Vx. fr., traiter. (V. Trôler, Trâjer.) 

Tran, s. m., fourche en fer à trois dents, trident. 

Tranchôt, s. m., grand couteau tranchant, hache, hachette. 
Forez, tranchât. Wall., treinchet. Vx. fr., tranchet. 

Transpir, s. m., transpiration, sueur : « J*ai sâclé tout 
rtantôt. Y étôt deùr; j'en ai V transpir. » 
St-Am., trôchon. 
Trape, s. f., vase en terre, de grande dimension, dans lequel 
on met principalement le lait. 
Bourg., traipe. Montr., trappe. Mopv., traipe. (V. Târeuche.) 

Trapon, s. m., planche, ou feuille de fer, fermant Touverture 

inclinée ou horizontale des caves. Diminutif masculin de 

trappe : « As-tu ben fremé V trapon ?» — « V trapon étôt ovri ; 

ôl a métu le pied d'dans, é pi ôl a chu à bas dTescayé. » 

Genev., trapon (trappe). Morv., tropon. 

Tràsor, s. m., trésor, tout ce qu'on croit d'une grande 
valeur. . . et qui trompe souvent. 

Lat., thésaurus. Ital., tesoro. Bonrg., trèsô. Morv., trâzor, 
Prov., thesaur. Vx. fr., trésor, thresor. 

Trasse, s. f., tresse, cheveux nattés, etc. 

Ital., treccia. Berry, ter se. Morv., trasse^ traice, trèche. 
Prov.. tressa, treza. Wall., tress. Vx. fr., tresce, trece. 

Trasser, V. tr., tresser, arranger en tresse. 

Ital., trecciare. Berry, tercer. Morv., trasser, trécher. Prov., 
tressar. Wall., tressi. Vx. fr., trecier. 

Tràvâr, s. m., travers, caprice, inconduite : « L'pauv'garçon, 

je n'sais pas c'qu'ô d'veinra ; ma ô doune dans V tràvâr. » 

Lat., transoersus. Ital., traverse. Berry, travé, traçais. 



430 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO'CIÎALONNAia 

iravars. Boorg.^ ira^av* Mac, tracar^, Prov., in^mvers, 

Travar (à), loc. préposit., à travers : « J'seû donc été cheû 
lu, tôt à tràvâr 1§ bÔ3; inâ je Tai pas treùvé, » 

Travaese, s. f., vent âpre de TOuest : « Le vent de iràvarse. 
La tràvarse. » 

Ital-, traversa. Poit., trararsc (vent de travers). Prov., 
traccrsa. Vx. fr., traverse. (V. Vent,) 

TrÀvarse, s. f., chemin qui coupe en diagonale, et rae- 
tK>utt:it. Le paysan prend tpujourg « la iràmrae », 

Tràyarser, V. tr., traverser, passer d'un côté à l'autre. 

Lat., tramiro^ Ital,, traoersare, Mac , traeessi, Prov., tra^ 
versfu\ St-Am., travesê, Vx. fr,, iransçerser^ (V. Trâ/er.) 

Travau, s. m., poutre, solive. 

Lai., traba. Ital., trave, Dauph., trau, Forez^ trat, travon. 
Fr*-Cté, trâ, trai^ travail traeot. Lorr., irai, Morv., travau. 
Pic, irate, Poit., trava, Sav., trâ, iras, 

Trhben. adj., contraction de très bien, beaucoup : « Si Tcoeur 
L'en ditj j'peux t'en bailler, des calas; j'en ai tréhen, )) 
Befry, très ben. Morv., trébin, Norm., trébé.ÇV, T^ui-plein,) 

Trebi, et Trebillot, s. m., toton, toupie, petite toupie : « 01 
et adrèt; ô fait joliment virer son trebillot, » 11 arrive assez 
frôijUâmment qu'on prend le plus court des deux mots, et 
qu*oii se contente de trebi. 

Lat. , turbo, Ital. , girlo. Bourg. , trebi, Bress. , trebillo, 
Fr,-Ctéj trebi, trebillot, tourbillot, Mac, trebeliou, Montr., 
trebillot. Morv., tribolot. (V. Tonton.) 

Trebi LLEH, v. tr., tourner rapidement, comme un toton, se 
Uénmu3ser. Se prend aussi parfois dans l'acception de 
chanceler : « J'seû tout élourdi; ytrebille. » 

Dourg., trebillai, trepUlai. Bress., Montr. et Vx. fr., tre' 
bilU-r. 

Trhlûre, V. intr., briller, luire, luire à travers. 

Lat.j lucere. Ttal., relucere. Berry, terluire, terluter. Bourg., 
Utzai^ relayai, Dauph. et Forez, tralure. Lille, terluire. Lorr., 
vHahafi (reluisant). Lyon., traliure, Montr., trelure, Morv., 






LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONMaÎS 431 

ieurluer, ivurlûre. Norm., Pelure, erliser. Poit*, ifèlute^ ire- 
laser, treluttai. Prov., trelusir, luzer^ ludr. Saint., terirtsi'r. 
Suiss., traluire, trallhire* Valogn., relure. Vend., irelettscr* 
Wall., lâre, terluire. Vx. fr., treslure, tresluire. (V. Redire.) 

Trembe, s. m., tremblement : « Aus'tÔt qu*ô r'montil dUa 
cave, V trembe Tpeùrnit; 61 avôt évu frèd» » 
Cogn., trembe. Morv., treimblement. Vx. fr., tremble» 

Trembe, s. m., tremble, arbre. 

haX,,populus tremuta. Ital., tremula. Prov., tremol, tremoîa. 
Morv., treimble. Rouch., trème. Wall., trônn, Vx. fr., tremble. 

Trembler, v. intr., pris dans un sens particulier : « 01 a 
tremblé la fieûve tout Tmaîtin. » Le / tombe devant Te 
muet. 

Lat., tremulare, Ital., tremolare, Berry, trèminer. Bourg., 
tranblai, tranbiai, Oenev., trembler, Hain., trianer, Liég., 
tronler. Lille, tranner les Jièoes, Midi, trembler, Morv,, 

^ treimbler, trèmanci, trèmoinci. Pic, traner, Prov., tremblar. 
Saint., trembloter la poure. Wall,, trôné. Vx. fr., trarMcr, 
trambler. (V. Grûler.) 

Tremis, s. m., semailles du printemps, blé, orge, avoine, eto. 
Plusieurs localités de Bourgogne appellent les « tremis ïï 
carémages. En effet, ils se font à Tépoque du Carême, 
Montr., tremis. Morv., trémies, teurmies. Vx. fr.,* tremis. 

Trempe, s. t., trempée, raclée, roulée : « O li en a ben prou 
fait ; ôl év6t pigé ses' poumes la neùt. Ma itou ô li a fichu 
eùne trempe!, . . )) 
Wall., treimp. Vx. fr., trempe. 

Trempe, adj., trempé: « Ahl voui, qu'ça tombôt! Que pleuël 
J*sis toute trempe» 

Bourg., trampai. Genev. et Midi, trempe. (V. Enfle, Gonfle, 
Trouble.) 

Trempée, s. f., forte pluie : « 01 a reçu, en r'renant d'ia 
fête, eùne fameuse trempée; Tiâ li dégoulinôt du dos. « 

Berry et Midi, trempe, Morv., trempée, Poit., trempe, ircm* 
pure. Roucb., trempe. (V. Saucée,) 

Trempée, et TREMPércf, s. f .> paiû trempé dans du viû chaud 



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432 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

et sucré ; grand régal pour les enfants. Le boui^uignon 
rappelait goguée. Quand le vin sucré était chauffé à point 
dans les cendres, on y trempait du pain grillé; c'était 
« faire la goguée ». — Se reporter à la coutume de la 
trempée des mariés, usitée dans plusieurs provinces. 

Fr.-Cté, trempotte. Midi et Pic, trempette. Poit.. trempine. 
Rouch., trempete, 

Tréparcer, V. tr., transpercer, traverser : « L'soulô ^r^/?arce 
les niuages. » — « I pleuvôt, y pleuvôt! ôl é r'venu tré- 
parce, )) 

Lat., transjodere, Ital., traforare. Champ., trapcrcer, trè- 
percer, Dauph., traforù Lyon., traforo, Morv., trépocer, 
treporcer^ trèfonger. Pic, trèpercher, trèpocer. Prov., tra- 
forar^ trafurar. Rom., trasforar, transforar. Vx. fr.^ trejffbrer, 
trespercer, transpercier, 

Trépiller, V. tr., trépigner, sauter, foiiler aux pieds : « 01 
étôt si gros en coulâre, qu*ô Vtrépillbt, » 

Lat. , tn'pudiare, Berry, treper, triper^ trepouer. Bourg,* 
trèpillaiy tvèhillai, tripai. Bress., trépiller, trapir. Champ., 
trèper, tripier^ tripoter. Chàtill., triper. Dauph., irepa, ire- 
pita. Isère, ^repa. Jura, trèbiller, triper, Lang., trépiller. 
Lorr., trépeler. Montr., trappir. Morv., trépiller. Poit., treper, 
Prov., irepar. Rom., trepir. Saint., treper. Suiss. r., trepa, 
troupa^ irepetouna. Toul., trampi, trepa, trepeja, trepi. Wall., 
tripler. Vx. fr., treper^ triper^ trépigner. (V. Pautrer, Triper.) 

Très, adv., beaucoup, extrêmement. Abréviatif de trében: 
« J'évôs très faim; j'ons été soper d'avou Pvouésin. » N'est 
pas d'un usage bien courant; on dira plutôt : « J'évos gros 
faim. » 
Lat., trans. Bourg., tré. Genev., très. Vx. fr., très. 

Trésaler, V. intr., chevroter en chantant. Ce mot, autrefois, 
a signifié trembler. La voix tremble, en effet, quand on 
chevrette. 
Vx. fr., trésaler. 

Trésir, V. intr., surgir, pousser, poindre, germer, sortir de 
terre. Se dit des plantes et des herbes : « V'ià Tblé qui 
trésit. » J. Guillemin soumet pour étymologie ira exire. 
Bourg., tresir, traizir, Bress., trésir. Doubs, tiedre, triedre. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 433 

Fr.-Cté, tresi^ ireusi. Jura et Montr., trésir, Morv., tré^î\ 
iriller, treiller. 

Tressauter, v. intr., faire un soubresaut, tressaillir. 

Morv., tressauter. Prov., trasautar, Vx. fr., iresufauter. 

Trbssuer, V. intr., suer abondamment : « Oh! laisse-me; 
quand* ô jabôte, ô m'fait tressuer. 
Norm. et Vx. fr., tressuer, 

Trétiau, s. m., tréteau. Soutient souvent la planche sur 
laquelle se hisse le violonneux des fêtes. 

Lat., transtrum. Ital., trespolo. Angl., trestle, Eoarg,^ 
treitea. Vx. fr., tretel, tretiau^ trestiau. 

Tretous, et TEÙRTOus(fém.^eùWo«s&*es),pron. indéfini, tous; 
mais dans une acception superlative, comme qui dirait : 
très tous, tout à fait tous, 

Berry, tertous, treiouSy tous tretous. Bourg., tretô, ienrieà. 
Bress., tartou, tretui. Champ., tertous, tretous. Forez, tretou^ 
tretjtou^ tartou. Fr.-Cté, tretous. Lang., trestut. Loii-, tvtir- 
tous^ tortos, Lyon., tartou^ tretou, ireytou. Mac, tretô^ 
tleur. Maine, tertout. Montr., tretous. Morv., teurttU^ tcur- 
touSy tourtous^ tretous. Norm., trèstout, tertous. Pic, tertous, 
tertins. Poit., tretous, tertous. Prov., trestut, traitais^ tre- 
tous. Rom., trastot. Rouch., tertun. Saint., tretous, WalL, 
tretous^ tretuit. Vx. fr., trestos, trcstout, tertout» 

TREÛë, s. f., truie. Un garçon disait à une fille couraude: 
« Va-t-en ; t*né qu'eùne treùë. » 

Anj., trèe. Berry, trcue, true (cloporte). Bourg., treuë, 
Cog., treàe, Fr.-Cté, triiè, trouille. Maine, tràe^traie^ traèc. 
Montr., treûe, Morv., treue. Norm., traie, trouit\ (tue, 
Poit., treue. Prov., trueia^ truiga, trouia. Rouch., îroule. 
Saint., treue. Sav., trouïe. Suiss., trouia, Wall., troie, 
trauie. Vx. fr., truie, truije. (V. Gaille, Garoille.) 

Treùfe, et Treùfle, s. f., pomme de terre : « J*ai métu à 
cueùre des treù/es d'avou des raves; y é gros bon. n 

Berry, truffe. Bourg., treufe. Champ., truque. Forez et 
Fr.-Cté, triffe. Genev., tufelle. H"-Auv., trcufà, trijhla. 
H'-Maine, truffle. Lang., tuf ère. Morv., treuffe. Norm., 
truffe, truffle, Poit., trujle, troujle. Prov., trufa. Suisa., 
treufa, trujffîla, trifola, Vx. fr., trufe, trujle, truffle. (V. Tar- 
teàje . ) 

m 



x^*^ 



434 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Treûfe, s. m., trèfle, plante. 

Lat., trifolium, Ital,, trifoglio, Berry, treujle. Bourg., 
treufc, Fr.-Cté, trôye, Morv., treûfe, Poit,, troujle, trcnfle^ 
transe, Prov., trefueil. Vx. fr., trejeul, trejffle, triollet. 

Treuil, et Treù, s. m., pressoir. 

Lat., torculum. Ital., torcolo. Bourg., treû, trô. Fr.-Cté 
et Lira., treuil. Norm. et Poit., troiiil (dévidoir). Prov., 
troill^ trueilL Rom., troilL Vx. fr., troil^ trouL, treulle^ 
truel, (V. Pressouèr .) 

Treûillôt, s. m., pain résultant de Técrasement des noix, 
résidu après l'huile faite. 

Avign., trouill (marc d'olives). Berry, trouillon, Bress., 
trouillo, Genev., nillon. Jura, trouillot, Montr., truillot. 
Rouch., touriia, tourtiau. (V. Trouille, Trouiller,) 

Treù VER, v. tr., trouver. Ce verbe n'a pas donné le substantif 
treùce. 

Ital., trocare. Berry, treùoer. Bourg., trôcui. Lim., 
troubas. Pic., treucer. Poit., troaer, treure, troure. Prov., 
trobar, troubar, Wall., trocé. Vx. fr., trucer, troever, 
treucer, (V. Trouve,) 

Trevoir, V. tr., entrevoir. 

Bourg., trèvoi, enteroir, Vx. fr., entrecoir. 

Trézeûler, v. intr., carillonner, sonner les cloches solen- 
nellement. — Jadis, la musique du carillon se faisait à 
l'aide de quatre cloches, d'où le verbe quadrillonner, ce 
qui a donné le mot français carillonner. Trézeûler est 
carillonner en trois tons. (V. le Glossaire des Noëls de La 
Monnoye.) 

BoMTg.ytré^eulai^ ireselai^ ^re^ca (clocher). Fr.-Cté, treseler, 
Montr., trèsaller, 

Tribouler, v. tr., turbuler, tourmenter. 

Lat., tribulare. Ital., tribolare. Berry, tribouler. Bourg., 
tribler, triubler (écraser). Montr., tribouler Norm., tribouler^ 
tribouiller, tribouillade (œufs brouillés)^ Poit., tribouler, tri- 
bouillai, Prov., trobolar, tribolar, Ronch ., tribouler . Wall., 
tribouler (parler inutilement), se tribouler (faire péniblement 
ses affaires). Vx. fr., tribuler, triboler, tribouler. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 435 

(( Le fou de François P^ était de corps bien iriboulé. » 
(V. Tarbouiller.) 

Tricoter, v. intr., traîner le pied en marchant, battre lo 
pavé à la manière des ivrognes. 

Berry, tricoter. Fr.-Cté, trlquébôler. Morv., trlqaoter. 
Norm. et Poit., ^rtco^er. Wall., triqueballer, trinquehalhr . 

Trifouiller, v. tr., chercher, mais en remuant beaucoup et 
sans ordre; mettre sens dessus dessous. A de nombreux 
quasi-synonymes. 

Genev., trivougner. Poit., trifouillai, Rouch., trifotiUer. 
Wall . , trifouiller (secouer, tirailler) . 

Triper, v. a., broyer, écraser. (V. Pautrer, et, pour liis 
congénères, Trépiller.) 

Tripot, s. m., besogne, ménage : (( Aile é dégordie, tô 
d'meinme; tô les jôrs aile a fini son tripot d'boune heure, n 
Norm., tripot (marché). Pic, tripot (cuisine). Vx. fr*^ 
tripot^ trippot. 

Tripougner, v. tr., farfouiller, déranger, abîmer avec les 
mains. 

Trique, s. f., jambe : « J't'li ai fichu des coups de saibot su 
ses triques; j'iai ben fait lâcher. » 
Norm., trique» 

Triquôt, s. m., gourdin, bâton taillé dans une grosse 
branche. Nous croyons triquôt meilleur que tricot, le mot 
étant un diminutif de trique. 

Bourg., tricô. Fland., trique. Fr.-Cté, trique, triquet, tri- 
quôt. Mess., triquôt, Morv. et Norm., ^rt7we. Poit., troualon, 
trouillon. Prov., trica, tricot. Rouch., tricot. Saint., trique, 
trille, Suiss. r., trikka, Wall., trik, (V. Triquôtée.) 

Triquôtée, s. f., roulée, trempée. Nous écrivons triqubtée^ 
le triquôt étant l'instrument apte à remplir TofEce. 
Bourg., tricôtaic. 

Trô, adv., trop. Plusieurs dévots au culte du vin blanc 
trouvent souvent que trb ce n'est pas assez. 

Ital., iroppo. Bourg,, treu, trô. Fourgs et Mac, trou. 
Prov. et Vx. fr., trop. 



436 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Tedchb, s. f., trochée, gros épi, souche à plusieurs tiges, 
poignée d'herbes, tresses de maïs suspendues pour sécher, 
toulït^ ou bouquets de fleurs : « Eùne troche de sersifiSj 
de râïns, » etc. 

Lat-, trochus. Axxnis, trocha, trochot, Berry y troche. Bourg., 
troche, trochée. Champ, et Forez, troche, Fr.-Cté, ireise, 
iroutsBs Guern., troque, Jura, truche, Lorr., trotchi. Lyon., 
troche, trochée. Montr., troche, Morv., tréche^ troiche, troi- 
chenotlG. Norm., troche. Pic, troche, trochée, troukelet. 
Poit,, troche, trochée^ trochelat. Rouch., trofre. Saint., 
troche, Suiss. r., trotta, trosctta, WalL, trok^ trokette, 
Vend-ï trochâée, Vx. fr., troiche (bouquet). 

Trocher, V. tr., pousser par le pied, devenir dru : « Les 
blés ont déjà Irochéy » ont poussé en troches. 

Bourg., trôchai. Champ., trôcher (pulluler). Genev., tro- 
c/ter, Jura, trucher (pulluler). Mess., traucher. Montr., 
$rocher. Morv., trécher^ troicher, Sulss. r., troisâ, trotschi, 
iroisL 

Trôlée, s. f., coureuse, fille dévergondée, qu'on trouve 
partôuL.. et qu'on laisse. 

Tr6ler, et Trauler, v. intr., courir çà et là. 

Bourg., trôlai. Champ., trioler, Lorr,, troiller, Maine, 
irùicr^ treuler, Morv., trauler, Norm., troler, treuler. Pic, 
trauicr^ droler, Suiss. r., traula. Vx. fr., trauler^ troller, 
(V. Tràkr, Trâjer.) 

Tjïompoû, s. et adj., trompeur, un qui promet... et ne tient 
pas. 

Fr.'Ct^, trompieu. Morv., trompou, Suiss., trompiau. 
WaJl., ironpâfi tropaf, Vx. fr., trompeur. 

Tronche, s. f., tronc, arbre dépouillé de ses branches, grosse 
bûche qu'on brûlait jadis dans les cuisines, bûche de 
Noël. 

LaL, truncus. Ital., tronco, Bevry et Champ., troncc, 
ironukc. Fr.-Cté, tronce, trontche, trouintse. Fourgs, trouintse, 
Genev., ^ro/ic/ie. II'-Maine, tronce, Lyon. y tronchi. Morv., 
troiwe, éroinche, Prov., irounca, Suiss. r., tronche^ trontche, 
(rotu'hcl. Vx. fr., tronce, tronche. 



] 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 437 

Tronchon, S. m., tronçon. 

Ital., truncone, Berry, trançon, iranson. Prov., ironso^ 
troncho^ trcnson, Rouch., tronchon, Suiss. r. , trochon. 
Vx. fr., iruncun^ tronson, ivoncjsotiy iranson. (V. Trot,) 

Tronquillon, s. m., pied de maïs qu'on arrache avant de 
labourer, parce qu'il détournerait la charrue. 

Trôpe, s. f., troupe, foule. 

Lat., turba, Ital., truppa. Bourg., trôpe, Morv., tropo. 
Prov., trop (troupeau). Vx. fr., trope^ trouppe. 

Troquet, et Troquis, s. m., maïs. C'est avec la farine de 
maïs qu'on prépare les gaudes, ce mets si aimé et si répandu 
en Bourgogne. Troquis est une corruption de turqius, 
pour blé de Turquie (lequel, par parenthèse, nous vient 
d'Amérique). 

Bress., tregnia. Montr . , troquie . Morv., troquet, turquet. 
Saint., garoail. Sav., tr'quet, maillie, 

Troquiyère, s. f., champ de maïs (de troquis], parfois d*une 
belle étendue. 

Trot, s. m., trognon, tronçon de diverses sortes de choses : 
« Trot de chou, » tige intérieure du chou dépouillée de 
ses feuilles; (( Trbtde boudin », morceau coupé de la spirale 
du boudin, etc. 

Esp., tro20, Berry, trou (de chou.) Bourg., trau. Bress., 
tro,. Champ., tros, trous. Fr.-Cté, trou, trô. Forez, troc. 
Genev., ^ro/ic. Maine, ^ro«i, trouesse. Montr., trot. Morv., 
trô, trou. Norm., tige de chou, courgeot. Poit., trô, iroL 
Prov., trounc. Saint., trô, trôd. Suiss. r., tro, trosBon. 
Vx. fr., tros. (V. Tronchon.) 

Trouble, adj., troublé : « A quand j 'l'ai vu, ça m'a baillé 
eùn côp; j'en seû-core toute trouble. » (V. Enfle, Gonfle^ 
Trempe.) 

Trouille, s. m., résidu de divers produits écrasés. 

Forez, trouille (marc de raisin). (V. son synonyme Treûiilàt.) 

Trouiller, et Treûiller, v. tr., écraser, surtout en parlant 
du raisin, mais aussi des noix, etc. 
Dauph., trouiller, Genev. , touiller, trouiller. Lang. , 



438 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO'CHALONNAIS 

irouïa. Morv., trouiller (gobelotter) . Rom., truiller. Suiss. r., 
<ro///ii (trop boire). (V. Tvcûillot.) 

Troupiau, s. m., troupeau. 

La t., turha, Ital., greggia. Bourg., treupiâ, tropea, Lim., 
tropèu. Lorr., tropè, Morv., trôpiau, Prov., trepel, tropel, 
tropeil, Sav., tropai, Vx. fp., tropel, trouppel, tropeau, 
tropeiau. 

Troussiau, s. m., trousseau. 

Bourg., trousscâ, Morv. trousseai^ irousseL Vx. fr. , 
troussel, troussiau, toursel, ioursiau. 

Trouve, s. f., trouvaille : « Ma fi! j*ai fait iqui eùne ben 
ch'tite trouve! » 

Berry, trouve. Genev., trouée^ trouvure, Morv., trouée. 
Wail., trovaie. Vx. fr., trouoaille, (V. Treàcer.) 

Trùte, s. f., truite. Olivier de Serres l'appelle : « La perdrix 
d'eau douce. » 

Lat., tructa. Bourg., trute, treute. Morv., trute, treute, 
truite, Wall., trâtt, Vx. fr., trute. 

TVÀLHEÛRE, adv., tout à l'heure. Prononciation très rapide. 
Rouch., t'taleure, taleure. 

TuMER, V. tr., répandre, verser. 

Champ., teumer, Fr.-Cté, tumer. Lorr., teumer, Morv., 
tourner, teumer. Vx. fr., tumer, tumber. 

TuRLUTER, V. intr., jouer du fleûtiau. Sens ironique. 

Berpy, turluter. Dauph., turlura. Maine^ turluter, Morv., 
turluter, teurleuter. Norm., lurer, lurasser. Poit., turluter, 
terluter. Sulss. r., terlouna. 

TûzoN, s. m., tison. S'emploie au figuré : « Y et eùn vrâ 
tàzon que c'crapaud-là ; ô côrt épras tôtes les filles. )) 

Lat., titio. Ital., ti^s^o. Lorr., tehon. Morv., tuïon, teujon. 
Prov., tuon, tiso, tuxo. Vx. fr., tyson, tisson. 



•; 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 439 



u 



A 

U, s. m., œuf. Ne change pas au pluriel. 

Lat., ovum. Ital., aooo. Berry, œu. Bourg., eu, LiJle, œuc. 
Montp., u. Pic, wé (pi. u), Prov., oc, uoc^ueu, St-Am.,^Hê. 
Wall., où. Vx. fr., uef, oef, oc, euf, (V. Eu,) 

Ùgnon, s. m., oignon, comestible, et racine de plante* 

Lat , unio. Prov,, uignon, ignon.Yx, fv.,oingnon^ ongnon, 

UiLLET, s. m., œillet, fleur, et trou pour lacet. 
Montr., uillet. Vx. fr., œillet, 

A 

Ule, s. f., huile : Faut pas j'ter Vùle su Tfeù. » 

Lat., oleum, Ital., olio. Bourg., eule, ouïe, HainS oh* 
Lim., ôli. Lorr., ôle^ ule. Morv., heule. Pic, eule. Prov,, 
ol, Rom., oillcy ouïe. Rouch., oie. St-Am., elou. Sav., 
ouille. Toul., oli. Wall., ôle. Vx. fr.. oile, oyle, oeiie, huitle. 

Ûrtie, s. f., ortie : « O s'a piqué les mains aux ûrlies. » 

Lat., urtica, Ital., ortica. Berry, ortruge. Bourg., âiie, 

Genev., ourtle. Hain., ortile. Morv., ouréige. Nam,, ortie. 

Pic, ortile, Poit., ortlge. Prov., ortiga, oartiga, uritca. 

Saint., ortruge, Wall., ourtaie. ourtèie. Vx. fr., orilç^ hortie. 

Use, s. m., usage, user, usure : « QuVoux-tu! les afâres ne 
pouvont pas tôjor durer; y a dT use dans Tménage, n 

Lat., usus. Ital., usaggio. Genev., use. Morv., usaiye, 
Prov.^ usatge. Wall., u;s^eg. Vx. fr., u::age^ usaige^ husage. 

Use, adj.jusé : « cort trop ; ses saibots sont d*jà toul uises. » 
Lat., usus. Ital., usato. Berry et Genev., use. Morv., uti^ 
outi, use. Saint., use. Vx. fr., usé, usé. 

UsiLLE, s. f., oseille. 

Lat., oxalis. Ital., acetosa. Montr., usille. Vx. fr.j o^citte. 

Utau, s. m., intérieur d'une maison, logis, cuisine. 

Ital., osteria. Bress., utau, uteau, Fr.-Cté, outeau. Gasic» 
hostauy oustal. Prov., oustau. Toul., oustel. Vx. fr.j ostel^ 
hostiau. 



440 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Uti, s. m., outil, ustensile, instrument. 

La t., utilis, Ital., siruniento, Berry, uti^ util. Bourg, et 
Champ., uti. Lille, otieu, Morv., uti. Pic, otieu, St-Am., 
û^f'. Suiss. r., uti. TouL, utisse. Wall., usteie, Vx. fr., util, 
e^tijl, hustil, outieu, ostiex^ œustille, 

Uyôt, Uillôt, et EuiLLÔT, s. m., œil : « Aile é si gentite! 
j'ii ai biqué les deux uyots. » 

LaL, oculus, Ital., occhio, Berry, y eu. Bourg., cuilloy euillot, 
&îL Bress., uillo. Hain', ouail, ouéle. Maine, uet. Montr., 
uiilr. Morv., /oUj œil lot, euill*. Foit., eil. Prov., olhy oill, 
haiflhf Mi7. Rouch., wet7. Wall., oâf'e. Vx. fr., eu, ieu, iex, 
wuL oll, ueil. oueil. (V. Ni/eu, Œuye, Zieii.) 



Vaciii:lin, s. m., nom donné au fromage de Gruyère. Figure 
dans quelques dictionnaires français. 

ÂQV., nachùlin. Forez, vachard. Fr.-Cté, cachelin. Genev. 
et Yx, fr., i^acherin. (V. Vaque.) 

VAiLLfeiR, V. tr., veiller, passer la soirée à causer, à chanter 
011 toillant le chanvre ou égrenant le troquet. 

Lat*^ vigilare. Ital., vigliar. Bourg., taillai. Prov., celhar. 
Wall., ceuy. Vx. fr., viller, veller. (V. Voilier.) 

Vant[.se, s. f., vantardise, vanterie. N'est pas notre défaut 
dominant. Le caractère ouvert y prête peu. 

Lat,., canitas. Ital., vanto. Berry, oantance. Morv., oantise. 
Vx. fr,, vantise, cantance. 

Vanioû, adj., vantard, vaniteux, u coq de village ». 
Berry, vantois. Morv., varUou. Vx. fr., vantard. 

Vaque, s. f., vache. Cette prononciation n'empêche pas de 
dire ; « Fromage vacheMn. » (V, ce dernier mot.) 

Lat. et Ital., cacca. Fland., caque. Fr.-Cté et Lorr., tèche, 
raUchc. Montr., vaiche. Morv., caice, vaiche. Norm., caque. 
Pic, caque, cake. Prov., caca. Rouch., caque. St-Am., 
ms&.Yx. îr., cache, caiche. 



LANGAGE POPULAIRE VERDÙNO-OHALONXAtS 44l 

Var, s. m., ver de terre, de fruits, etc. — Malgré car, noua 
avons ver, que l'on trouvera plus loin dans trois mots 
composés. 

Làt,, vermis. Ital., vernie. Bourg., var. Prov*, pcrm. Rouch., 
vier. St'Am., vâron. Saint., var, WalL, vièr. Vï, fr., ver, 
ver me, 

Vâr, adj., vert; au figuré, bien portant, solide : « Vûuip 
rbounhoume, ôl é vâr et drèt c'ment eùn cbAgne. » 

Lat., viridis, Ital., rerrfe. Berry, vard. Bourg., uar, vor, 
Fr.-Cté, var y va, vo, vodge. Morv., var, ver, uor. Nivern., var. 
Prov., vert. Wall., ver. Vx. fr., vert. 

VAr, prép., vers. (V. Vé.) 

Vardeùre, s. f., verdure. 

Bonrg. y vordure. Morv., vardeùre. F tov.^ verdura. AVall., 
verdeur. Vx. fr., verdure. 

Vâre, s. m., verre, à boire, de vitre, etc. 

Lat., vltrum. Ital. vetro. Bourg., vârre, ^6rc. Mâc.> varre. 
Prov., veire. Toul., beyre. Wall., veul. Vx- fr., voire^ cy(Vre, 
voeire. 

Varge, et parfois Vorge, s. f., verge : (( Pou Tfâre aller, i 
m'faut la varge. » 

Lat., virga. Ital., verga. Berry et Bourg., rar^e. Forez^ 
varjat. Montr., varge. Morv., varge ^ rar^e^ Prov., rvrga, 
vergua, verja. Rouch., vergue. Sav., var^e. Wall., aèg. 
Vx. fr., verge. 

Varger, s. m., verger. Nos fruits y sont excellents. 

hdit. , viridariu/n. Ital., verrière. Beri-y, carger. Morv., 
vargé, veursè. Prov., verdier, vergier. Vx. fr., oergicr, cregîer. 

Varjête, s. f., vergette, brosse pour habits : a n*se beillerôt 
jamâ ein pauv'coup de varjèie! » 

Ital., verghetta. Bourg., vargette, varjMit\ Mopy., tarjetie. 
Norm., verguette. Prov., verga, vergueta* Houch-, êcergetlc. 
Vx. fr., vergeté. 

Vargougne, s. f., vergogne. 

Lat., verecundia. Ital., vergogna. Bourg., vargogne. Prov., 
vergonia, vergonha. Vx. fr., verg oigne, vergoîngfiv^ cergongne, 

51 



i 



'-'VT^îVTair 



442 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAtS 

Varjus, s. m., verjus, et tout ce qui est acide par manque 
de maturité. 

Berry, var/us, Lang., aygras. Wall., vergeu. Vx. ff., eer- 
jus, tergus. 

Varitâbe, adj., véritable, qu'on peut croire. 
Vx. fr., verable, véritable, 

Varité, g. f., vérité* 

Lat., ceritas. Ital., fseriia. Bourg., vriiai^ triiiaù Prov., 
fseriaé, tetUaL Vx. £r. ©«r^é, oerité, 

Var-luz6t, s. m., ver-luisant. On sait que c'est la femelle 
seule du lampyre qui jette sa lueur dans robscuritê. 

Varmine, s. f., vermine. 

Lat., fsermis, Aunis, vermée, vat^menèe, Berry, carminé. 
Bourg., varmeigriey vermaigne, Fr.-Cté, eor/Hune. GrUern., 
ver m (asticot). Morv., vormine, vormeune. Norm., vermèe^ 
verminier. Poit., vermin, Prov., vermena. Wall., vermainn, 
Vx. fr., vermine, 

Varnager, V. intr. Se dit lorsqu'on voit le temps se couvrir 
de ûuages : « Ehl j'pouvons rentrer, compâxe; i va var- 
nager. » 

Morv., varnager, Norm., vernailler, Poit., verner, ver- 
nailler, 

Varô, s. m., verrou. 

Lat., vernaculum. Ital., catenaccio. Bourg., tara, tarulô. 
Lim., voroueï, Montr., vourrai. Morv., oaroa. Prov., rerro/^, 
berrolh^ ferrolh. Rouch., verriau, Wall., terou^ferou, Vx. îr., 
vierel, verreuil. (V. Vàrou.) 

Varser^ V. tr. et intr., répandre : a 01 a voulu sarvir le 
fricot, é pi ôl a varsé toute la sauce. » — C( Ton siau è trop 
plein ; ô va varser, » 

Lat. et Ital., versare, Genev. et Midi, varser, Morv., vorser, 
vosser, Prov., versar, Wall., viersé. Vx. fr., verser^ viers^r. 

Vartu, s. f., vertu, qualité de Tâme, et propriété d*un médi- 
cament, d'une plante. 

Lat, virius, Ital., cirtii. Berry, o^r^. Bourg., ca^a. Vx. fr., 
vertuty vertu. 



LA^AGP POPULAIRE VEHDUNO-CHALONNAia 443 

Vaup^u, ^(Jj., qui pousse vigoureusemenl, presque avec 
excès. Se ^it des pUntes. ^ 

Bress., vaudra. (V. Vaudruger.) 

Vaudruger, V. intr., pousser dru. (V. Vaudra.) 

Vaulée, s. f., vallée. 

Lat., vallis. Ital., valle. Bourg., vaalée, Prov.. taltada, 
valeya, Vx. fr., ca/ée, valede, 

Vauran, s. m., vaurien, fainéant, 

Lat., nihil valens. Berry, oaurin. Bourg., oauran, vôran. 
Pic, valerien. Wall., vàrein, reinvâ. Vx. fr., vauU-neant^ 

VÉ, prép., vers, auprès de : « Quand sa blonde veint t>é lu, 
ôl é tout chouse, é pi ô n'pout ran li dire. » 

Lat., oersum, Ital., verso. Berry, ré, vès. Bourg., oé, eê^, 
tar, Buglst., oar. Dauph., ver. Forez, ré, vez. IL-V, tar&. 
Lyon., oé, vei^ vez, Morv., vè. Sav., ver, Wall., î?er, veL 
Vx. fp., perè, (V. Vàr,) 

Veigne, s. f., vigne, le « bois tortu ». Une chanson a dit à 
un qui aima trop boire : 

jDts, t'en souviendras - ta 
Du fus du bois tortu f 

et il s'en est souvenu, mais pour continuer à le cultiver. 
Lat., vrnea, Ital., vite. Berry, veigne^ veingne. Bourg. ^ veh/ne, 
vaigne. Lim., vinio, Morv., veingne. Pic., vaine. Prov., cùi/ia, 
vinna. Roueh., vaina. St-Am., vënye, Sav., vegne, Wall-, 
veigne. Vx. fr., vingne, vigne. 

Veigneron, et Veigneroune, s. m. et f., vigneron, et vigne- 
ronne. 

On se rappelle peut-être la ronde si vive, si animée, 
chantée dans le Bac des Vendangeurs, et dont le premier 
couplet dit : 

Je su veigneron. 
Aile é veigneroune. 
Si l'râïn é bon, 
La venange é boune. 
Aile é veigneroune, 
Je sïi vigneron!... 



444 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

D ne résiste pas à rentralnement ; les mains s'accrochent, 
on trépigne, et on vire furieusement la ronde. 

Lat., mnitor, Ital., cignaio. Berry, vat-aux-cignes. Bourg., 
Daigneroriy vaingneron, Vx. fr., vingneron, 

Veignôbe, s. m., vignoble. 

Bas-Lat., pinolium, Ital., vigneto. Rouch., veniope. Vx. fr., 

Veignôle, et ViGNÔLE, s. f., vigne sauvage. 

Lat., vineola. Bress. et Montr., vignole. Vx. fr., mgnolat 
(Rabelais a : sirop oignolat.) 

Veille, s, f., vieille, dont le masc est le français vieux. 

Lat,, oetula, Bas-Norm., cueille. Bourg., veille. Fourgs, 
cille, cieile, Mac, ville. Morv., cet7/e. Suiss. r., veillha. Wall., 
i^HL Vx. fr., viejs. 

Veloh, g. m., velours, toute chose douce au toucher. 

Lat., cellutiim. Ital., celluto. Bourg., velor, veleur. Vx. fr., 
relettî\ i^elox, vcloux. 

Vek, et Vein, 3e pers. indic. prés., vient. 
Bourg., vein. Lim., ve. 

Venange, s. f., vendange. — La bonne chose que son pro- 
duit! U fait du mal parfois, mais du bien toujours. Le tout 
est de savoir en user. En diverses de ces pages, on a assez 
parlé des incorrigibles biberons; on ne veut, ici, que 
donner un conseil quasi idyllique aux buveurs de lait : 

Lait su vin 
Rend l'cœur chagrin; 
Ma vin su lait 
Rend Vcœur gai. 

Lat., vindemia. Ital., vendemmia. Bourg., venonge^ venolnge. 
liress., oandanse. Champ., venoinge. Jura, venandza. Morv., 
aenoinge. Poit., vindigne. Ptov., t^endemia^ vindemia. St-Am., 
trèdè^e. Suiss. r., veneindje. Vx. fr., vendenge, venenge^ ve- 
noingr. (V. Menange.) 

Venangeoû, s. m., vendangeur. 

Latn, vindemiator , Ital., vendemmiatore. Bourg. , venonjou^ 
eenoingcou. Isère, vendeïmou. Lyon., vindêmiou, Prov., ce/i- 



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I 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAlS 445 

demiaire, vendemiador. Vx. fr», venoingeury cendengeur, 
(V. Menangeou,) 

Venanger, V. tr., vendanger. 

Lat., mndemiare. Ital., cendemmiare. Bourg. j venonjai. 
Bress., vandarusè. Champ., cenoingier. Isère, cendeimle. Poit-, 
mndigna. Prov., t>endemiar. Suiss. r., teneindgi, Vx. fr,j 
venangierf eendengier. (V. Menanger,) 

Venangerôt, s. m., panier à vendange. (V. Menangerht.) 

Vendue, s. f., vente : « Etôs-tu à la cenrfwe de c'pauvTiénot? 
On n'en a, dà! pas r'tiré grand chouse... » 

Lat., orndltio. Ital., cendiéa. Rouch., t^ endure. WalL, 
oindue. Yx. fr., vente. 

Veneûsse, subj. de cent, vînt : « Por miger d'ia pôchouse, 
y érôt folu qu'ô veneûsse pu tôt. » 

Venî, et V*NÎ, V. intr., venir : « Te m'proumets ben de d'/i! 
au mitan du jôr; j'vouérons ça. » 

Lat. et Ital., venire. Berry, veindre, oeinre. Bourg,, c'ni. 
Mac, oeni, Morv., o*nL Prov., venir. Wall., oini. Vx. fr., 
venir. (V. Viendre.) 

Vent, S. m., vent du Sud. Acception absolue. Nous avons 
entendu maintes fois cette locution : « Un fort vent de 
bise. » Il ne faudrait pas s'exprimer ainsi à Verdun* Chez 
nous, le Vent est exclusivement le vent du Sud; la biset 
exclusivement le vent du Nord. Parler autrement soulè- 
verait quelques points d'interrogation. Écoutez : a Auj'd'heù 
y é la bise, i n'pleûdra pas; ma si d'main y étèt Vvent, 
gare la batrasse ! » — Nous avons aussi la travarse, vent 
de rOuest. Dans le Forez, le quatrième est nommé maiinat, 
vent d'Est. — Le comte Jaubert a extrait d'un journal de 
l'Ain les indications suivantes : le matin, le miv, la bise, 
le vent, pour l'Est, l'Ouest, le Nord, le Sud. 

Lat., ventus. Ital., vento. Bourg, et Mac, vaa^ Morv,, cent 
(respiration). Prov., ven, vent. Vx. fr., vent. (V- Trararse.) 

Vêprer, V. tr., faire le goûter de quatre heures : « Allons, 
les p'tiots, v'ià quat'heûres qui sounont; j'nous en vons 
cèprer, » 
Montr., vèprotter. (V. Quat'heâres, Vêprô.) 



446 I.ÀNGAG^ POpyi^IRE yERDUM0-CH4l4QNNAI3 

Vêpbô, et VÊpRÀU, s, m., le goûter de quatre beur^s du soir 
(pris à la cesprée). On l'appelle aussi (( les quat'heûrei? ». 
— Le goûter, pris par les moissonneurs, les vignerons, et 
tous ceux qui travaillent aux champs, se composait jadis, 
pour la majorité, de fromage blanc étendu sur le pain et 
mélangé ou saupoudré d'ail coupé menu. Eq ville, les 
enfants le prennent aussi; il se compose de cq qui se 
trouve dans la maison, fruits, tartines de fromage, de 
confitures, etc. 

Bourg., nàprot. Montr., oéprot. TouL, brespe, brespodo (soir» 
soirée). (V. Quat'heûres, Vêprer,) 

Vêprô (éprâs), loc., après le soir, à la nuit tombée. 

Lat., vesper, Ital., vespro. U.-V% vespréu (après midi). Moatr., 
véprèe, Yx- fr., vêpre, 

Vequi, et V'qui, prép., voici. 

Berry, voi le cL Bourg., oeci^ vequi. Bress., vetia. Daupb., 
velquia. Forez et Fou rgs, vequiot. Il.-V*, vèci, Jura, véqiii. Lim., 
veiqui. Lorr., cace, caci/, Morv., iwiqui^ nt'chi, Nivern.,tJ0t<7wt. 
Norm., vechi, oechin. Poit., véqui. Prov., t?e, oec. Rouch., 
vlachL St'Am,,véqaya. Sav., oàtla. Vend., eéqui. Wall., 
vocif vociaL Vx. fr., vez-ci, veiz me ci^ ve le ci^ voy ci. 

Ver-coquin, s. m., chenille, qui attaque le raisin à sa ma- 
turité. Elle occasionne moins de dégâts que le ver-de-vigne. 
Se dit aussi, au figuré, pour le ver-couraud, — C'est 
encore le nom familier de Thelminthe qui se développe 
dans la télé du mouton, et lui occasionne le tournis. 
Vx. fr., verd coquin. (V. Var, Ver-couraud, Ver-de-mgrie.) 

Ver-couraud, s. m., ver fantaisiste, que l'ouvrier ou le 
paysan prétend avoir dans l'estomac, et qu'il s'efforce de 
tuer en buvant la goutte (souvent des gouttes) chaque 
matin. 

Forez, ver décora. Mouy., ver couriau. (Y, Var, Var-coquin, 
Ver-de-vigne.) 

Ver-de-vigne, s. m., chenille ainsi nommée par les vignerons. 
Au moment de la floraison, elle attaque le raisin, dont 
elle coupe les tiges tendres. Plus dangereuse que le ver- 
coquin. — Et cependant c'était avant le phylloxéra! 
(V. Var, Ver-coquin^ Ver-couraud.) 



LANOAOE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNA18 447 

VfiUGiLLON, S. m., manche de fou«t, verge. A quelque parenté 
avec Dorgine, 
Mac, vregi d'ècousseux (verge de fléau). 

VÉRiMEux, adj., venimeux. 

Lat., venenosus. ItaL, velenoso, Berry, varlneu^. Bourg. ^ 
velimeax, Norm., celimeux^ vouUneu, Poit., tcHneux. Prov., 
verenos, cerinos. Rouch., vUmeux, Wall., mbncn, Vx. fr.^ 
^enimeus. 

Vérin, s. m., venin. 

Lat., eenenum. ItaL, veleno. Berry, varin. Bourg, ^ oairifit 
velin, Bress., oelin. Champ., olin, Forei, ver in, rm^uiij r'aron. 
Fourgs, vrin. H'-Maine, vlin. Montr., velin. Morv.^ colin ^ 
Norm., velin. Polt., vérin. Prov., cere, ven, vcrin. Rom,, 
vere. St-Am., oeré/i. Suiss. r., oelein, verein. Vx. fr., t;eUa, 
venim^ vtrin, 

Verpiller, et Varpiller, v. intr., remuer. 
Montr., verpiller, (V. Freg ailler,) 

Vebpillôt, et Varpillôt, adj., remuant. 

Montr., mrpilloi, Vx. fr,, verpil, (V. FreguiUM.) 



ë, s. f., vue. 

Lat., visas, Ital., vedata, Berry, vûte, Morv., mui^. VValL 
vaiOj veyaw, veyow, Vx. fr., oeiie, voiue, 

Veùrder, V. intr., rôder, tourner de droite et de gauche, 
sans but déterminé; voisiner chez l'un, ihcz l'autre: 
« Tôjor le ceùrdes; te n'peux donc pas restei^ itjai ? ï> 

Lat., vertere. Ital., voUare. Aunis, verlir, verire^ ct^rtiller, 
Berry, cerder, vertiller. Bourg., verder^ vrethii^ crriiuigticr* 
Champ., verder. Châtill., veurder, Morv., veanhir, reardiller^ 
vertnader,vernailler, Norm., verdatier, Poit,^ vreder^ rerti 
jjfiionpver. S^lint., verder, Vx. fr., verter. (W Vtjiirnmh^r,) 

Veùrdin, s, m., caprice, idée fantasque, folie : a Q\ià qu*ie 
veux donc c'ment c'<|ui? Via côre les veàrdîn^ qui te 
preùnentl » 
Poit., vredin* (V. Evetirdin^ Veàrtingô,) 

Veùrdon, VfiRtWN, VfiRDorr, Vreijot, et Vrediot, s. m., 
corde ^e ta grosseur du doigt, avec laquelle on ititache un 



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448 LANGAGE POPULAIRE VERDCNO-CHALONNAÎS 

bateau. Le veùrdon est plus fort que la crisse. (V. la 
locutioa suivante, et Vrisse.) 

Vëùrdon (tirer le), loc, bercer un enfant à Taide de la corde 
attachée au berceau, et qui le balance. 

Veùrdoû, s. m., flâneur, musard, qui va et vient en perdant 
son temps, 
Berry, vertillou, certillon. Morv., teurdillou, veurdillon. 

Veùrneûler, et Vernauler, v. intr., flâner, rôder, se pro- 
mener sans but, courir, perdre son temps. (V. Gueùr- 
noiiiller^ Veùrder.) 

Yeùrttmgô, s. m., vertige, fantaisie, caprice, toquade, idée 
déraisonnable : « A prepos de bottes, ail' vous a des veùr- 
tin_g6sf... )) — (( Quand ô prend son veùrtingô, n*y a pus 
moyen d'en jouir. » 
Lat. et Vx. fr., ventigo. (V. Veùrdin.) 

Veùv\ ^. m., veuf. Ce mot est le même pour le féminin. 
Lat.^ Muus. Ital., vedoco. Berry, ce/, ce/be, veuve (m.). 
Bourg., caioe (veuve). Champ. etFr.-Cté, vôve, Jura, veuoe (m.). 
Morv., vouéoe (deux genres). Norm., oe/*, réoe, veuve (m.). 
PiCm f^fitve (deux genres). Prov., veuva, vezoa (veuve). Wall.^ 
tre/. Yx. fr., vedve, vefve, veufve. 

YrAûE, s. m., voyage, longue course. 

Lat-, via, Ital., viaggio. Berry, voyage. Bourg., viaige. 
Champ,, viage. Daaph., vlageo. Guern., viage. Il.-V*, véyage. 
Jura, cicdge, Mac, viôge, Montr. et Morv., viaige. Norm., 
isiâg^. Prov.. viatge. St-Am., viasou, Suiss. r., viadxo. 
Wall., r^ogeg. Vx. fr., veiage, viage, voiage, 

ViAjoù, s. et adj., voyageur. 

Lat., viatov. ItaL, viatore. St-Am., via^ayeâ. Vx. fr.^ 
toyait^ear. 

VïA.vDoù, adj., qui aime la viande, qui en mange beaucoup. 
Detrj, viandouneux. Morv., viandou. 

ViAu, s. m., veau. Un paysan avait à écrire à un acheteur 
de bétail. Il lui confectionne une lettre verbeuse, rusée et 
pas mal énigmatique. Il la ferme, puis la retourne, réflé- 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 449 

chit, reprend la plume et ajoute au bas de l'adresse : nY é 
por ein viau. » Ça valait mieux que toute sa lettre. 

La t., vitellus. Ital., mtello, Berry, tiau. Bourg., t^ea^ ciâ^ 
Bress., mau. Cogn. et Doubs, tiâ. Fland., viau. Fr.-Cté, rcot. 
Guern., o^e. ll.-V% tsiau, Lim., véclèù. Montr., clcau. Morv. 
veai^ meu, Norm., mau. Pic, ptew, mau. Prov., vedelh, 
oedeou. Rouch., oiau, oelo (jeune veau). St-Am,, né. Saint-j 
vedëau, Sav., oiau, Suiss. r., ce, vL Vosg,, oé, cey. Wall., 
pai, ma^ viau. Vx. fr., veel, vedel^ veau. 

ViAULER, V. intr., vêler : « Noute vaque a brament viaulé, « 
Berry, viauler. H'-Maine, viâler. Morv. et Norm., cmîiîsr. 
Prov., vedelar. Vx. fr., veller, vesler, veeller. 

YïÉ, impérat. de vouer, voyez : « Vïé donc c'qui! » 
Morv., vie. 

Vieille, s. f., vielle. Vieille n'empêche pas méleà. On 
remarquera que pour « vieille » nous disons vdlle, et que 
nous trouvons moyen de dire vieille pour Tins tru ment 
« vielle ». 

Genev., vieille. Montr., viole. Morv. .veille. Suisa. r.j vîoahu 
Vaud., vioule. Wall., viole. Vx. fr., viele, cklle, vuele^ 
(V. Viéleûl) 

ViÉLEÛ, et ViÉLoù, s. m., joueur de vielle. Personnage indis- 
pensable aux fêtes et aux bals, où il a pour tr6iie une 
planche posée sur deux tonneaux, ou deux tréteaux. 

Berry, violeux. Bourg., vièleâ. Montr., violei\ viotier. Morv., 
veilleu^ veillou. Suiss. r., violare. Vx. fr., vielleres^ oieulcur. 
(V. Vieille.) 

ViENDRE, et Veindre, V. intr., venir. 

Lat. et Ital., venire. Berry, veinre, veindre. Boarg., ^êinre* 
(V. Venî.) 

Viendu, et Veindu, part, de venî, ou de viendra, venu. 
Bourg., veindu. Lim., vengu. 

VÎFE, V. intr., vivre, être en vie, se nourrir. 

Lat. et Ital., vivere. Prov., viure, vieure. Rouch., vife. 
Vx. fr., vivre. 

ViGRÔT, adj., vif, éveillé. — Se dit aussi de tout corps poli, 

&3 



' 'tT-*^'^ 



450 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO -CH ALONNAIS 

de la glace surtout : « Allons glisser; la glaice é ben 
vigrote (glissante). 

Lat,, ni^orosus, Ital., vigoroso. Morv., myrot, Poit»| 
tfioche, t^iogey vigace. Prov., vigoros, Roach., vivole. Wall., 
cigreu. Vi. fr., moge, vtgreux, ciguereux. 

VinAgre, et ViGNÂGRE, s. m., vinaigre : « J'nain-me point 
causer d'avou éle; c'qu'airvous dit, y é du vinâgre. » 

ïtal., rmagro. Bourg., vingnaigre* Prov., vinagre. Rouch., 
cefiaique. St-Am . , tenègrou, Wall. , mnaik. Vx. fr., vyn egre^ 
ûinaigre. 

ViLAiGEj s. ni., village. 

ItaL, rlliaggio. Bourg., mlleige, Morv., mllaige, Prov., 
mlatge. Vx. fr., cillage. 

VioÙLON, s, m., violon. Qu'il soit joué bien ou mal, il fait la 
joie des noces et des fêtes. 

Ital.^ ^iolino. Bress., violon. Lorr., oiowZo/i. Prov., violon. 
St-Am-, cioulon. Vx. fr., violon. 

VioÙLOL NER, V. intr., jouer du violon. 

G(^nev., cioloner. Morv., vionner, Suiss. r., vioulà. 

VioÙLouNEux, s. m., joueur de violon. Indispensable à ceux 

qui aiment à danser. Aussi tant recherché de la jeunesse. 

Berry, tiolouneux. Morv., violouneu, violenè, vionnou. 

Pûit., cîoloneux, violonour, Prov., vioulounaire . Saint., 

nlolounaire, 

VjrâI impérat. de virî, tourne 1 Terme de marine fluviale. 
(V. Pire^ et Riaume.) 

ViRANDTAu, s. m., dévidoir, et aussi ustensile servant à 
envider le fil pour la pêche. 
Toul,, traboul. (V. Dèvirou.) 

ViREBROQuiN, S. m., vilcbrcquin. 

Berry, cirebrequin, vireberquin. Bress., virebreguîn. Genev., 
l'frcbref/fdn^ virabouquin. Lyon., virebrequin, Morv., vire- 
hvurriuhi. Pic, biberkin. Prov., virabrequin^ virobouquin. 
Vx. fr., wibrekin, vebrequin. 

ViREMAïN, s. m,, tour de main, action rapide, le temps de 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAïS 451 

tourner la main : « En eùn viremain ôl a métu Téteûle 
su sa cadole. » 
Bourg, et Bress., viremain, 

Vml, V. intr., tourner : « Arrà dou bou mrï! w Vite, et 

tournez 1 Du vocabulaire de Tancienne marine iluviale. 

Bas-Lat., virare. Ital., girare. Bourg., titrai, Bress., 

mrçr. Mac, viri, Morv., virer. Poit,, irévirer, Prov., DÎrar, 

Vx. fr., virer. 

ViRÔT, 8. m., panaris, dit tournant; mal blanc qui vient au 
bout du doigt, dont la peau s'enlève à peu près en spirale, 
et par conséquent vire. 
Bress., viro. Montr., virot. 

ViSAiOE, s. m., visage. 

Lat,, visum. Ital., visaggio. Berry et Bourg,, ritsaige. 
Forez, vialle, viaille. Morv., viaige, cisaige. Prov., tisatge. 
Wall., viair, viseg. Vx. fr., vis, viaire, visaige, 

ViTB (se dépêcher), loc. redondante très usitée : « Hardi I 
hardi! dépôche-te vite! » 
Morv., vin via! (viens vite!) 

Vivant, part. prés, employé dans la formule invocative du 
(( Bonjour à Mars ». Il signifie, là, Tétat d'une personne 
éveillée. (V. Dormant.) 

Vivu, part, du v. vivre, vécu : (( Seigneur! tô Vtemps qu'6I 
a vivu, at-t-i été minâbe! )) 

Berry et Bourg., vicu, Fland., vi. Fr.-Cté, tlca. Morv»^ 
vivu, Vx. fr., vescu, 

V'là ! prép., voilà ! « Allons, bon ! vHà qu'ô s'met àchougnierj 
mét'nant! » 

Berry, oe/à. Bourg., v'iai, vêlai. Pic, vHo, Rouch,, cla\ 
Vx. fr., ves là, voy là, 

V'lu, part, du v. valoir, voulu. 

Bourg., v'iu, velu, Morv., v'iu. Wall., valu, Ys. îr^^voulu. 

VoGRER, V. tr., écosser, égrener : « A c'maitÎDt j'ai vogré 
des pois ; à c'tu souér, jVons vogrer Ttroquet cheû l'pâre 
Tournas. » 
Jura, vougrer. 



452 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CflALONNAIS 

Vogue, s-, f., fête populaire dans un village. On dit volontiers 
tout simplement : « Vons à la fête, vous à la fouére (la foire 
de (.-iel, etc.).» 

Breas., cogne. Daupb., vaudo^ vaudou. Forez, vogue^ vogua. 
Genev., vogue. Lang.^ vot, vota, voto. Lim., vot^ vota, 
bohtdo. Lyon., vogue, vogua. Sav., vôga. Wall., vok. 

VoiLLER, V. intr., veiller, faire la voillie. 

Lut., vigilare. Ital., vigliar. Bourg., caillai. Morv., 
rofitniler, voilier. Prov., velhar. Wall., veuy. Vx. fr., 
rolUisr^ voilier. (V. Vailler.) 

Vo[LLoùsE, s. f., fleur d'automne (Colchi'cum autumnale), 

nommée (( veilleuse )) parce qu'elle fleurit à l'époque des 

veillées. Femme qui veille les malades. Petite lampe à^ 

unit. 

Brcaa., voiUouse. Montr., voille. Morv., voillouse, vouéil- 

VoiLLiE, s. f., veillée. Un des délassements les plus goûtés 
du village. C'est là que les amoureux se donnent carrière, 
ï.rn^ bonne femme du pays appelait ces réunions des « nids 
a uiLiriages ». On y est moins grivois que jadis dans les 
{i écra ignés ». 

Bourg., vaillée. Il.-V% veillade. Mac, vellie. Morv., 
roillfe, vouèillie. St-Am., velya. 

Volant, s. m., faucille qui n'est pas dentée en scie. On 
Lip pelle diâhe calant un enfant dont on ne peut venir à 
Lout. 

Berry, volant, volant. Bress., volant. Fr.-Cté, volan, toulan. 
Mûiitr., voilant. Morv., voulan. Poit., volan, volon: Prov., 
ofditme, voulante. Suiss. r., volan, voulaia. Vx. fr., volln, 
i^oUuîn. 

VOLER, V. intr., voler, dans Tair, et aussi dans les poches. 
Lit. et Ital., volare. Berry, Fr.-Cté et Mac, vouler. Morv., 
i:oùla\ Prov., volar. Wall., vola. Vx. fr., voler, voiler. 

VôLom, et VÔLOUÉR, v. tr., vouloir : « Ehl pardine! Je oHons 
beii. Vle:i-ti, vous? » 

Lnt., velle. Ital., volere. Bourg., voloi, veloi, veuloi. II.-V, 
roJf/ToNS? (voulez-vous?). Prov., voler. WM., voleur. Vx.fr., 
coitr, vouloir. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUN0-CHAL0NNAI9 453 

VÔLOT, S. m., volet, fermeture de fenêtre. 
* St-Am., vèkyô. Vx. fr., Doulet, tolete, 

VÔLOT, Vaulot, et Vâlot, s. m., valet, domestique : (( Dis 
c'que t'voudras, jelTrai point; j'sis pas ton vôlot. » Dans 
une tout autre acception du mot que Ton vient de citer, on 
dit parfois aux enfants, comme terme d'amitié caressante: 
(( Mon vôlot. )) 

Bas-Norm. et Berry, t^âlet, oâlot. Bourg., caulô, Bress., 
volet. Champ., vallat. Fr.-Cté, vôlot, vâlot. Genev., valet 
(terme d'amitié aux petits garçons). Liège, carlet. Lorr., voloéf 
vâlot. Mac, volé. Montr., volot. Morv., vâlot. Nam., 
vaurlei. Prov., vallet, vaslct, vaylet. St-Am., vôlè. Suiss. r., 
volet. Vosg., vaula. Wall., vârlet, valet (célibataire). Vx. fr., 
varlet^ vastes ^ vadles^ valès. 

VoNS, 1^® pers. pi. du prés*, du v. aller, allons : « roons bon 
train, bé seùr; ma n'a pas pouë, le ch'vau sait son afâre. » 

VoRGiNE, s. f., branche de saule, d'osier, baguette : « Si te 
r'veins trop târ; ta meire prendra eùne corgine por te 
fouailler.» Diminutif de corge, peu usité. — C'est également 
la branche que coupent les enfants pour y tailler unseùillôt. 
(V. ce dernier mot.) 

VÔROu, s. m., verrou. (V. Varb.) 

Vorteiller, V. tr., rouler (quelqu'un) par terre, sur l'herbe, 
le battre : « Si te m'dis quête chouse, j'te vorteille dans 
l'pré. » A la forme réfléchie : « O s^oorteille sur les meules. » 
Lat., vertere. Champ., se vertir. Guern., vertir, Lim., 
trààillè. Montr., envorteiller (entortiller). Morv., vorteiller. 
Saint., veàrluté. Sav., êvortoiller, vortollion (tas d'herbe 
enroulé). Suiss. r., vortholli. 

Vorteillerie, s. f., ce qui est traîné, sali, maculé. Par 
analogie, les gens qui ne se respectent pas, qui se traînent 
dans le vice ou la débauche : « Que c'qu' yé que c'qui? 
Y é d'ia vrâ vorteillerie! » 

Vos, pron. pers., vous : « Vos v'iez v'nî. » 

Lat., vos. ital., vol. Bourg., co. Mac, v'tès. Pic. et Prov., 
vos. Wall., vo. Vx. fr., oo«, vas. (V. F'ô.) 



454 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

VossE, S, f., explosion comprimée et muette, vesse. 

Ital., cescia» Morv., veuche, musse, Toul., loufo, Vx. fr,, 

VossEri, V. intr., vesser. Ne commentons pas. 

Lat., ^isire, Berry, cessir^ têner. Morv., veu8ser,veucher. 
Toul., loufa, Wall., vessi. Vx. fr., oessir, vesner. 

VossE-DB-LOÛ, S. f., champignon vénéneux, et mal odorant. 
Lai., lycoperdon. Morv., ceusse de loup, 

Voui eoDJ. alternat., ou, ou bien. 

Lat,, aut. Ital., o, Berry, Bourg., Fr.-Cté, Lorr. et Morv., 
vûft, Poit., voure, Prov., o. Saint., tou. Wall., au. Vx. fr., 
II. ou. 

Voùj adv. de lieu, où : « Là cou donc qu'te vas? » — « Là 
€oâ t|uVest, c't endrèt? » 

Lat. , ubi, Ital., ooe. Berry, coù, ètsoU. Bourg., tou, Lille, 
r*, Hvhe» Lorr., co. Prov., o. Wall., wiss, Vx. fr. ûy oà, oui. 

VoïJATi î excl., bah! ah bien oui! — Se jette également comme 
cri do douleur : « Ah! couah! que coup! J'n'en poux pus! )) 
Lat ., cœ! Bress. et Genev., couah! Vx. fr., coih! 

\'ouAriME, S. m., sapin femelle, 
fîenev., couarme. 

VouATE, s. f., ouate. Consulter l'opinion de La Monnoye, 
qui y voit (( un diminutif de l'ancien français eue (oie), 
Qtfetie, ouate )). 
KaL, ocata. Bourg., ouaite. Norm., ouette, Wall., watt, 

Voù c'A-T-i Qu'ÔL É? loc, où est-il? littéralement : où c'est-il 
qu'il est? — Dans les conversations, cette redondance du 
M (fest-il que » revient très fréquemment. (V. le mot 
.suivant.) 

Voù 'c QUE? loc, contraction de voù c'â-t-i que : « Voù 'c*que 
t*as été? Voù ^c^que c'est? » — On a pu voir écrit oùsque, 
plus court, mais moins correct. (V. le mot précédent.) 

VocDERiEz, 2« pers. conditionn. de valoir, voudriez. 

Vouer, v. tr., voir : « T'f ras c'qui? J'voudrôs ben Voouér. » 
Lai.^ oidere, Ital., cedere. Bourg., voai, coi, Bress., cay. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 455 

Dauph., vei. Doubs, vore, Fr.-Cté, voué, t^oë. ÏK-V*, od. 
Lille, mr. Lim., tieire. Lorr., ocar, vore. Morv.» r^ùuà, Norm., 
ce, ce'r, ret>. Pic, mr, Poit., odre, ceirg, rettre. Prov.,ve^er. 
Rouch., ct>. Suiss. r., ot, oeire. Wall., vgï, Vje, fr., etr, 
oei'r, voter, veoir, veir, 

VouÉsiN, s. m., voisin. 

Lat., mcinus, Ital., vlcino. Bourg., t?ot3ctTi^ voisaigne 
(voisine). Norm., vèsin, Prov., tesiny te^L Rom., vesia, 
Rouch., cisln, otsè/ic (voisine). St-Am., vUèti* Sav., re^i«. 
Vx. fr., voysin. 

VouÉsENAGE, S. m., volsinago. Très cultivé dans nos coa- 
trées. Des bancs hospitaliers sont installés k toutes les 
portes, et chacun, — chacune surtout, — va de Tun à 
Tautre, s*y arrête, s'y assied, colportant nouvelles, confi- 
dences et potins. Pendant ce temps, ci^nainos maim 
cousent ou tricottent; ça ne gêne pas la langue. 

Bourg., vouaisenaige. Prov., vesiage. Rouch., voslnache, 
Wall., voisineg, Vx. fr., le voisinèy voisineivt. 

VoiTEÛRE, S. f., voiture. 

Lat., cectura. Ital., vettura, Montr., toitettre. Vx, fr.j 
vectare, 

VoiTEÛREi, s. m., voiturier, messager d'un point a un autre* 
Vx. fr., ooituron, 

Voui, particule affirmât., oui: a Quand j'te dis que voui! ï> 
Lat., ita. Ital., si, Berry, voui. Bourg., coud. H'-Maine, 
rére, voire. Il.-V% ian, Lille, awi, Mac, triL Morv., voué- 
Pic, owi. Poit., vao, vay, voui, voueiL Rouch., tiwi, votre- 
rfta (oui-dà). St-Am., vwâ. Saint., voui, vouei. Sav-, voaf 
voi. Wall., awoi. Vx.fr., ol, oïl, ouy, ouaii, oal, otûL 
(V. Vouiche!) 

Vouiche! particul. exclamât., oui! C'est un oui presque 
toujours dérisoire : « Te crais, pauv' petiote, qu'ô t' parle 
pou rbon motif?... Ahl ben vouiche! » (V, Outche, Voui*] 

Voulante, s. f., volonté. 

Lat., voluntas, Ital., volontà, Berry, vmdafiiè, voiilonié, 
Bress., voulante. Champ., voulance, Norm., eoulenté, Prov*, 
voluntat, Vx. fr., volenté, voulentéy vollonU\ 



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456 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

VouLANTEi, adv., volontiers. 

LaÈ., Dolcnter, Ital., tolontiere Berry, vouleniiers. Bourg., 
eelanteit velontei. Morv., c'ionié, Wall., colti, Vx. fr., 
voleniiers, touleniiers, volenié. 

Voulu, adj., velu. — A remarquer encore que nous disons 
t}onlu pour « velu », et v'iu pour (( voulu ». 

Lat., mlLas. Ital., veliUo, Bourg., vôlu» Morv., voulu. 
Piov. et Saint., vclut» Vx, fr., telu, 

VouT, 3® pers. prés, du v. valoir, veut. 
Lat-, vuU, Vx. fr., veut, volt, veult. 

VoÙTÊ (donner), loc., terme de marinage, qui signifie: 
atUcher. (V. le mot suivant.) 

Voûte (lever), loc., terme de marinage, qui signifie : déta- 
cher. (V. le mot précédent.) 

Vtiin'E, adj. poss., votre. 

Lat., vester, Ital., vostro. Berry, vous, voûte» Bourg., vote. 
Fi.-Cté, vote» Morv., vous, Norm., ro, vote. Pic, co. Prov., 
i:os(re, vostra, Rouch., vous. Suîbs. r», voutra^ voutro, 
mfitron» Vx. fr., vo, vos, vos^. 

VoYÂBE, adj., visible. 

L^t., visibilis, ltà\., visibile, Berry, voyâbe. Bourg., opt- 
^ibic. Prov., vesible, vuible. Vx. fr., visible, 

VoYn, part, du v. vouer, vu. 

îîerry, vûte, Guern., vis. Mac, vieu, Vx. fr., veu, 

Vkah adj., vrai : « De vrâ. Pô d*orâ, » 

L%t,, venus. Ital., vero. Bourg., vrd, Morv., vré, Norm., 
vnndà (oui-dà). Prov., verai, St-Am., va, Vx. fr., vray, 
ver fit. 

Vheille, s. f., vrille. 

Cbamp., vrillette (filet de vigne). Morv., vrellle, Prov., 
JUheiroun, Vx. fr., vulle, visle, veillette, oillotte. 

VtiiSSE, et VÉRissE, s. f., corde avec laquelle les mariniers 
liront les bateaux : (( Tirer la vrisse, » Elle est d'un usage 
auï.si fréquent que le veùrdon; longue et d'un diamètre 
moindre, elle sert pour amarrer. 
Forez, vrisse. 



p ,,--,. 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAia 457 

V's, contraction de rds, vous : « V'nez donc causer eùn brin 
d'avou moi à c'tu souér; v*8 aivez ben Ttemps. » (V, Vô^,) 

VuiDE, adj,, vide : « 01 a la tête tuide coume eîn touneau 
parce. » 

hzX.^mduus,\\A\,yOacuo, Bourg., tude^ veude, Fr,-Cté, 
veu, veude. Genev., vuide. Guern., viède. Montr., mude. 
Morv., veude. Pic, uide. Prov., ook, voig, vuei, t^aech. 
St-Am., vêdrou. Sav., coàde, vouide, Wall., vûd, vu. Yx. fr., 
wit, wide, cuid, voide. 

VuiDBR, V. tr., vider. 

Lat., oiduare, Ital., eoacuare. AnniSy vidre. Bourg., j^uder 
veuder. Champ., veudier, Montr., cudier. Morv,, neuder, 
Prov., ooidar, ooyard, vuiar. St-Am., vedyê. Wall., ûdder^ 
vâdi. Vx. fr., voider, eoidier, vutder, vuidier. 

VuiT, adj. numéral, huit. 

Lat., ocio» Ital., otto. Bourg., eut, vute. Prov., ott, ueli^ 
Wall., ut. Vx. fr., uit, huit. 



Y, pron. démonstr., ce, cela. Remplace et le sujet impersonnel 
et le régime direct : « Y va faire un peut temps, » — 
« Range-s-y, nétoye-s-y. » — « y y maingerô ben. n — 
« ré lui » (c'est lui 1) 

YArd, s. m., liard : « n'a pas por deuxyârdade juge6te. » 
Morv., iard. Pic, liard. 

Yarder, V. intr., liarder, lésiner. C'est : « côper eiin yard en 
quate. » 
Morv., iarder. 

Yardô, s. m., boutons éruptifs des enfants au premier âge. 
(Y. Curie.) 

Yêvre, s. m., lièvre : « n'a pas évu d'prix à l'école. Que 
v'tu? 01 a d'ia mémouére c'ment ein yièore! » 

53 



'^^mffw''' 



45$ LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Lat., lepus. Ital., lèpre, Berry, lieuce, lieabe. Bourg., yàore, 
Genev., lièore (fôm.). Maine, gueuore. Pic, lieui^e^ yeuve» 
Wall., lio,Yx. fr., lèvre, lièvre. 



ZiEÙ, s. m., œil : « m'a foré son dèt dans Vzieà. » 

Lyon., ziuy zio. Mac, you, Montr. , ux, St*-Am., su, 
(V. Nyeû, Œuyc, Uyàt.) 

ZocuER, V. tr., pousser avec le bout d'un bâton, frapper, 
serrer du coude. Un écolier dit en classe : « M'sieu, mon 
vouésin m'zogue. » Après une mauvaise rencontre: 
« L'gueùrdinl ô t'ii a zogué son i*otin dans Tdos. » 
Berry, Morv. et Poit., zaguer. Saint., ziguer, 

Zou! excL, vitel promptementl « Allons, zou! » 
Prov., sou! 

Zôz6, s. m., niais, badaud ; plutôt : pitre. Jadis, à une de 
nos plus grandes foires (celle de la Saint-Jean), il y avait 
toujours, pour la parade, un « Zbzb-la-queae-rouge ». 11 
fallait le voir (alentour de 1830) à celle du théâtre qui 
s'intitulait « les grands Pantagoniens du Palais- Royal de 
Paris )), marionnettes qui jouaient la Passion, Geneviève 
de Brabant, et autres pièces légendaires. Il était très fort, 
ce zbzby et l!on aimait presque autant le spectacle du dehors 
que celui du dedans. Ce qui n'empêchait pas les bancs 
d'être bondés, quand ceux qui n'entraient |i>às s'étaient 
régalés à la porte. 
Norm., zozo. Pic, sosot. 



i 



^ 



SUPPLÉMENT 



L'astérisque (*) désigne les mots qui figurent déjà dans le DictioDiiaîre, 
et auxquels on fait une addition. 



Est-U un chercheur de mots qui puisse 
se vanter d'avoir achevé son œtufte sam 
quelques Desiderata non satisfaits f 



Abeiller, s. m., éleveur d*abeilles. 
Bress., arbelL Poit., aheuillou, 

Abléger, V. tr., fatiguer, rompre, briser : « J'peù pas aller 
pu loin ; j'seu ahlégé d'douleurs. » 
Morv., aibléger, 

Aissiéte, s, f., assiette. Comme quelques autres que l*on 
verra, ce mot a parfois un emploi particulier : Dans celte 
locution : « Eùne aissiéte degaudes, » le contenant est pris 
pour le contenu. (V. Cuyère, Paule.) 

Arnaison, et Arnâyon, s. f., mal de reins, lombago : a D'peu 
quêtes jors, j'ai eùne arnâyon qui m'em poche quasiment 
d*marcher. )) Ce mot, qui est bien de chez nous, je ne le 
trouve pas dans les Glossaires que je consulte; mais, s'ils 
n'ont pas le substantif ils ont Tadjectif, car j'y rencontre 
le suivant. (V. Arné.) 

Arné, adj., qui a mal aux reins, qui a une arnaison. Cet 
adjectif ne peut cependant manquer d'avoir ailleurs son 
substantif, comme il l'a chez nous. 
Morv., arné. Berry, ernè, éreiné, (V. Arnaison,) 

•Atreaux. y ajouter l'acception de : viande brûlée^ qu'un 
imprimé local nous donne. 



460 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Bastion, s. m., battoir de laveuse. Ce mot m'est commu- 
niqué; ma mémoire ne me le rappelle pas. 

Baudaine (faire la), loc, se rouler à terre comme les baudets. 
Jeu d'écoliers, qui n'arrange guère les vêtements et ne 
semble pas étranger à l'école buissonnière. On trouve dans 
Rabelais : « Quel baudouinage me dis-tu, baudet..,^ » 

Beûtier, s. et adj., grossier et lourd personnage» bon à 
mener les bœufs aux champs. Pour le sens, se rattacherait 
à bestiâ. 

Berry, hoyer, Morv,, beutiè, boue. Poit., bouè^ bouler. 
Saint., bouyer, boier, 

*Bl6, Blosse. y ajouter ces acceptions : Qui ne peut parler, 
qui bégaye, et aussi personne trop mûre. 

BoRNÉYOÛ, s. m., perche armée de fera son extrémité, dont 
le batelier fiche la pointe en terre, et sur laquelle il appuie 
pour épailler. (V. ce dernier mot.) 

Berry, bourde, 
Kt pour dire : appuyer la bourde, le Berry a le verbe bour- 
nager. 

Caporal, s. m., nom que, pendant un certain temps, on a 
donné à profusion aux chiens en Bourgogne, et spécia- 
lement dans nos localités. Quelque vieux militaire aura 
été le premier parrain de ce plaisant baptême. 

Capuchon, s. m., abat-jour d'une lampe. On voit volontiers 
celle-ci encapuchonnée comme la tête d'un moine. 

Catalou, se, adj., meurtri. Se dit des fruits qui ont été 
maltraités. Au figuré malpropre, crotté. Ne serait-ce pas 
une corruption de cantaloup? 

Cataquoi, s. m., chignon de femme, et queue que portaient 
jadis les hommes. 
Indre, cataquoi, (V. Châgnion,) 

ChAgnion, et Chânion, s. m., le derrière du cou, la nuque: 
(( Ah ! que Vchàgnion m'fait donc mau ! j'peù pu r'tôrner 
la tête. » 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-OHALONNAtS 461 

Berry, cdgnon, châgnon. Champ., caengnon (collier). Morv., 
câgnon, chacignon, Poît., chagnon. Vi. fr., caj/gnon. 
(V. CataquoL) 

Gharogner, V. tr., charcuter, tailler, et surtout mal tailler; 
« Boni qu'é c'que t'me fais là? V'ià qu'le m^charogne» 
ce paipierl » 
Berry, charpii\ charpigner, 

Chourlète, s. f., galette à la courge. Se prépare en abon- 
dance pour les foires et les fêtes, et s'y débite entièrement. 
(V. Flamusse,) ^ 

Conscrit, s. m., employé par les anciens dans un sens tout 
spécial : « Ahl vous v'ià? ben Tbonjôr, mon conscrit! a 
c'est à dire mon camarade de tirage au sort. C'est ainsi 
que nos vieux se rappellent au souvenir de ceux qui, jadis, 
ont (( tiré à la conscription » avec eux. 

♦Corée, s. f., le cœur, les poumons. Au figuré ou dit; 
« Q^'é c'qu'ôl a dans la coréef » pour : qu'est-ce qu'il a 
dans le ventre? Nous avons vu traduire : Qu'est-ce qu'il 
a dans la tête? Et, au fond, ce ventre-là veut bien dire 
quelque chose comme Vidée. Mais, littéralement, corée 
ne veut pas dire tète. — Maintenant quekiues lignes de 
J. Durandeau : Ce qui toutefois est bien bourguignon a ce 
sont les locutions : se régaudi lai corée (se réjouir le cœur, 
se désopiler la rate), et se breûlai lai corêe en buvant des 
liqueurs fortes ». Le brùlernent de la corée s'entend de 
cette chaleur soudaine et vive, accompagnée d'une légère 
douleur de l'estomac et de la gorge. On s*écrie alors : a Lai 
corée m'breùle! » ou Ton dit : « C^qm mV breidé lai 
corée, » Un père prudent, qui veut détourner son enfant 
d'une boisson dangereuse, telle que l'eau-de vie, dira: 
i( N^éoaule pa de c'iai; ce Vfero bé sur du mau; c*qm 
fbreùlerb lai corée, » (Du Réoeil Bourguignon.) 

*CoRÎ, V. intr., courir. Au futur fait : je courirai. 

Cornet, s. m., tuyau de poêle. Les mains le caressent, — 
avec quel bien-être 1 — pendant les longs froids de l'hiver, 
Morv., cornât (étui à aiguilles). 



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4^ 



LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 



Couine, adj., bébête, peureux. On donne ce nom à fille ou 
femme ne sachant pas se débrouiller et ayant crainte de 
tout. 

Coule (à la), loc. « ÊtrQ à la coule, » c'est être malin, c'est 
rendre des points aux autres. 

*Crâchie, s. f . La cràchie est aussi le résidu écumeux des 
confitures. 

*CuYÈRE, s. f . Le contenant pour le contenu : « Eùne cuyère 
de sôpe. » (V. Aissiéte, Paule,) 



DÉGAINE, s. f., allure gênée, ridicule : « L'voués-tu pas 
marcher? oh! c*te dégaine qu'ôl al » J'ai vu ce mot 
employé comme adjectif; mais on n'est pas dégaine^ on a 
une dégaine, 

^DÉPIAUTER, V. tr. Ajouter l'acception : effiler. 

DÉRANGER (s'en), se déranger. Emploi surabondant de la 
préposition en, 

Devé, prép., vers, près, auprès : « Eh! mon genti p'tiot, 
veins d^vé moue, que j'te baille eùne flamusse. » 
Berry, devers. Morv., dec:é (de vers). 



Eboiler, V. tr., embrouiller, lasser, trop serrer, écraser, et, 
au figuré, mettre dans une fausse position : (( Oh! Tchin 
d'matou, dans c't'afâre ô m'a tout éboilé! » 

Berry, éboaillcr. Forez, ébolli, ébouillâ (éventrer). Lang., 
embouïa), Lim., èboulUa. Lyon., éboUi^ ébouillâ. Morv., 
éboiller. Poit., ébouiller (écraser). Suiss. r., ébouhlli (avoir 
une hernie). 

*Erâte, pour érâté. Comme gonfle, trempe, etc. (V. 
mots.) 

Eternôt, et Eterneau, s. m., produit naturel qu'on trouve 
en terre, dans les champs, sans racines ni queue, de la 
forme d'un œuf, à la peau noire, à la chair blanche 
comme celle de la noix de coco, et assez agréable à manger. 



ces 



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LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 463 

Les enfants s'en régalent. — . Gesse tubéreuse, famille des 
papilionacées. (V. Mâchon.) 

ÉvENT (tête à r), loc, tête légère, évaporée, qui ne s'arrête à 
rien de sérieux et oublie ce qu'on lui recommande : >* Ahl 
c'te p'tiotel à n'sait ran de c'qu'on li dit; y et eùne iéte à 
Vévent. » 



FuTURER (se), V. réfl., se fiancer. En certains de nos endroits, 
cette cérémonie préliminaire a lieu à l'église, dans la 
chapelle de la Vierge. Parents et amis accompagnent les 
jeunes gens. Allocution du curé, anneau passé au doigt de 
la ben-aimée. A la sortie de l'église, la poudro parle: 
pistolets et fusils acclament ce premier lien du futur 
ménage. Parfois on rentre chez les parents, ou il y a 
collation, et les heureux futures n'ont plus qu a attendre 
le jour désiré de la noce. 

Galin, s. m., galet, petite pierre. (V. Galine.) 

Geindre, et Genne, s. m. et f., résidu du pressoir, marc du 
raisin quand on a fait le vin. Ce qui sert à confectionner 
la boisson, 

Gône, s. m., gamin, polisson : « Ahl c'^d/ie-là, j'peù pas 
l'faire aller à l'école 1 » 

Goup4ller, V. tr., tailler, arranger, disposer à sa manière, 
et pas toujours à la bonne : « Quelle emplâtre qu'te m'fais, 
val t'm'as brament goupillé ma robe! » 

Grap'ter, V. tr., grapiller, faire.la chasse aux raisins laissés 
dans les vignes. Certains grap* leurs abusent de la tolérance 
en grap'tant trop tôt. 
Berry, g rappeler, 

*Griau, s. m. Ajoutez cette autre forme : Gueàriau. 

Grôlons, s. m., chaussures, qui souvent ne sont pas neuves^ 
savates. 

*Grume, s. f. Ajoutez l'acception : larme. Elle est bien d'un 



^ . ^f^'iZ^^VV^Vr 



464 LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CHALONNAIS 

Bourguignon, cette comparaison d'une larme à un grain 
de raisin. 

GuÈROT, s. et adj., pauvre, miséreux, qui ne possède guère. 
La formation n'est-elle pas un peu risquée? 



Mâchon, s. m., produit sucré, que Ton trouve dans les 
chiLHips et près des fossés. Pourrait bien être Véternbt. 
{V. ce mot.) — Mâchon serait chalonnais, et éternbt ver- 

âunojs. 

Manïamce, s. f., maniement : <( Aile a tout en maniance; y é 
la grande ôvreire de la maïon. » 
Morv., niaignance. Vx. fr., manance, manyance. 

Marcklots, s. m., nom donné aux « camps-volants », ces 
boliùpiiens qui roulent dans des voitures rudimentaires, et 
ne soat pas toujours indemnes de certaines subtilisations 
opérùes sur leur passage. 
Biriy, marce/o^ (mercier ambulant). 

Marche doncI Ioc. exclam., va donci Se prend aussi dans 
un i^ens beaucoup moins impératif et pour désintéresser 
d'une chose. AJ arche donc veut dire alors : laisse donc 

faire, 

Ménacë:r, s. m., mari qui s'occupe des soins du ménage, 
mais non pris dans le sens ridicule. Le Berry désigne 
ainsi « celui qui s'approprie les objets que les autres 
laissent traîner ». 

*MeÙ[îon. Ajoutez la forme : Mouron, 

MiONCHE, adj., mou, mollasse, sans vigueur : « De quoil 
t*na^ pas pouvu train-ner c'qui? T'é vrâment mio/icAe. » 

Maugré que, conj., quoique : « Maugré que j'dremôs, j'I'ai 
tout de mein-me éporçu. » (V. Quoique.) 

MoRGriNËR, V. intr., marmotter, murmurer entre ses dents. 
En tette dernière acception, a de l'analogie avec rémiauler. 
(V. ce mot.) 

*Mour1. Le futur de ce verbe fait : je mouriraù 



LANGAGE POPULAIRE VERDlJ*\0-CIIALONNAtS 465 

*OuÉë. Ajoutiez : — D*une plaignarde qui geint sans cesse 
de quelque incommodité, réelle ou imaginaire, on dit i 

Aile est comme Voaèë blanche; 
Tèjor mau à la ffuite ou à l'hanche. 

Indre, oc/te, Morv,^ ouéu Vx. fr,, oé, ouc. 



♦Paillote. Ajoutez Tacceptioii : lit. 

*Patache. J'ajoute avec plaisir à ce mot [a réflexion suivanUî 
de J. Durandeau : « Ce qui est particulier aux Bour- 
guignons, c'est d avoir appliqué aux femmes légères ce 
terme qui les assimile à dea ûoiiures publiques et de bas 
prix. Chacun peut monter dans ces pataches-\L ïï 

Paule, s. f. Le contenant pour le contenu : ft Eime paule de 
chenis. (V. Aisistéte, Cut/ère,) 

*Pautrer. Ajoutez la Eorrae : Piaairer. 

P'encore, loc, forme elliptique de : pas encore : « Te creis 
qu*ô va avouer la Mariétc? Vouahî ô n'y é p' encore, n 
Contraction analogue à celle àe^p^oButi. (V* ce mot.) 

PiAutoNER, V. inir-n pîétinerj rester sur place, marquer ie 
pas» comme on dit. 

Point, adv., nul, aucun : « Côge^te, Tn'as d'mau à point 
d'endrèt. » • • 

PouÉRE A BON DiEu, S. f,j îe pctit ffuit rougc de Taubépine. 

PouGNOTER, v* tf,, caresser, dorloter : m T*ain-mes donc ben 
tant X^ipougnoUr^ eet'e p'tiote? ^j 

PouRiE. Ajoutez : famille des solanées, ' 



Ht 



Quoique, prép., malgré : « 01 a ben été Ja d'maader à son 
peire^ quoique ça, j'crèa pas trop qu'ça s'érange- n ( V. Mau- 
gré que.) 

*QuouNEiLLE» Rectifier dàdô en dddô* — On peut faire 
remarquer que dâdô est un terme enfanUii, et qu^on ne 

54 



4 

4GG LANGAGE POPULAIRE VERDUNO-CITALONNÂtS 

remploie guère en parlant du lit d'une grande personne. 
Mais la maman qu*on vient d'cnteitdre ne s est point 
trompée; elle a dit cola en mère caressante et câïine, et 
qui, dans soniîls à marier, aime à voir encore « son p'iiot tt^ 
C'est une nuance. * * 



**Rate. Un mien ami, critique fin et bîenvcilbnl, n/a fait 
une peur terrible à proposée ce mot : « Comment, m 'écrit- il, 
avez- vous pu faire imprimer ceci ! La rate f^^i la femelle 
du rat!!! n Imnn^diateraent j'ai voulu me rassurer, et, 
sans clierchrr beaucoup, j'ai trouvé la phrase textuelle 
dans Littri^, Bescho relie, le comte Jaubert, Fouret, en ne 
comptant ni La Fontaine, ni d'autres. Ces autorités 
iiuffiront-eUes à rassurer mon ami? — Autre point. J'aurais 
pUj on traduisant îiaie par Soarh^ dire que « soifris ïï 
s'applique plutôt à la souris de ville qu'à celle des champs. 
Mais, tout cela mis de côlé, qu'on veuille bien songer 
qu'ici il n'est point question de faire de l'Jiistoire naturelle, 
et qu'on relate simplement les acceptions, justes ou non, 
donn-èes chez noua à tel ou tel vocable. 

Regiper (se), V, réfl., se crisper comme par faction d'un 

acide, et aussi se raidir contre une injonction quelconque. 

Se démener, se débattre, sauter, regimber. 

Berry, i/f/str (danser)^ Rourg^i orpfr, l'uper (folàt^^r), ChampT^ 

• fjîber (jouer des jambt^s|^, Fland,, regibier (lutter)* Morv., 

regipi'r. Poit. et Saiut., gibcr (ruerj* 

RÉMIAULER, V. intr., se rdcher, murmurer* (Y. Morgoner.) 

^Ressembler* Ajoutez cet exemple : « 1 me j'^snembe que*.», 
pour : Il ine semble que, » (V. Sembler») 

^^Reùtoner. Ajoutez la forme : Reùt^ner. 

iRevoyôte (à la), loc, au revoir! u J'm'en vas drenjL Ben 
* Fî^onsouér, pcire Thouma. A la r^oot/bte! ^ 

*RoGNE, s. f* Ajoutez les acceptions' : grimace, prétention : 
a Faire sa rogne », prendre des airs. 



Langage populathe verduno-ciialonnais 467 

m * 

Saône (en), loc. où roii ftmarqu© la singulière suppression 
' de l'article : a AU' s'a jetée en Saône, i) On ne dirait pas : 

« Air sa jetée en Doubs. » 
■ 
*Sauge* Ajoutez : Cette coutume de la branche se retrouve 
assez loin hors de chcK nous* WaUer Scott -dit, dans la 
Fiancée de Lammerrnoor : « En Ecosse, quand un homme 
» n'éponse pas la personnel qui il faisait la cour, on dit 
» vulgairement que cette jeune fille « porto la branche'de 
)) sauie. ï^ Ce n*est plus la mt^iue nuance; là, il n'y a plus 
de sauge; c'est bien le saule qui i-este absolument. Cepen- 
.dant il ne semble pas y avoir ironie; il s'^^git peul-éire 
d*une branche de saule pleureur. Cela symboliserait bien 
la part que l'on prend â la peine. En tout cas, il y a dos 
"analogies. — Est-ce en Ecosse, est-ce chez nous que la 
coutume a comuieqcé? et. comment, d'un pays, est-elle 
allée ou venue dans l'autre? 



Tant peu que peu, loc, si peu que peu : ^i Tant peu giie peu 
qu'O travaille, 61 é tôjor seùr d'avouer fini. » 

*Tendron. Ajoutes; : Le nom semblerait direr — est-ce 
par antiphrase? — que cette racine n'est pas dure. Elle 
l'est, au contraire, tellement que la charrue butte contre, 
qu'elle lui fait obstacle et que^ pour celaj.on rappelle' 
arréle-bœUf. 

Teùgner, V- intr., lanterner, tourner autour du pot, même 
sens que : Flairer ia meurelie. Ce mot m'est communiqué. 
Je l'aurais volontiers pris pour un synonyme de Tâgner, 
Je lui laisse les deux acceptions. « 

TeÛgndù, s. m., celui qui ieûfjne. 

* 

TiAUME, S. UK, petite baraque construite à Tarri ère du bateau, 
habitation des mariniers pendant ï<.*s longs parcours sur les 
canaux et les rivières. 

*TiGNER. Ajouter l'acception : peigner. 

*T-ï-PASi*? Ajoutez cette autre forme : Es-pas? en pronont^ant 



468 



LANGAGE PDPULAlRIi: VERDLNO'CHALONNAIS 



fortement Vs du premier mot. El-pas n'est autre que est-ce 
pas (fï*es^ce pas, privé de sa négation), 

TAler, V, tr., couvrir de tôle. S'emploie plaisamment au 
figuré, et Ton entend dire, en parlant d'un qui boirait du 
feu r rt 01 a Tpalais iàlé. a 

Trop {de}»loc,, trop :^« Eh beni te n'vas donc pas vouer la 
JacôlB? — Nennî, raa fi 1 j'ep ai ben d'trop. i) 

* *Veùrder, Ajoutez les acceptions : nettoyer, essuyer, frotter. 



mn 




POSTFACE 



Notre Introduction dt>n tient ù pou près tont ce qu'il y 
a d'important à dire sur ce Dictionnaire. Coit<,'U d'abord 
en des proportions restreintes, ii a jour piit jour pri?? 
d'amples dévelo|)pements: aur mulliples tableaux com- 
paratifs àe^ congcnèrcs se sont ajoutées successi- 
vement des informations que les folkloristes ne seront 
pas fâchés d'y trouver. 

Dans nos exemples, avons-nous dit, on est sûr d'en- 
tendre parler et de voir agir notre pittoresque et sympa- 
thique population. 

Nous avons donc l'idée que ce Glossaire pourrait 
presque, en une part îippréciable, être un Hvre de lec- 
ture, — ce qui n'est [Kis le propre de ces sortes d'ou- 
vrages, que Ton ouvre pour s'assurer d'une expi'essîon 
et que Ton referme aussitôt. Coutumes, traditions, 
superstitions, couplets, proverbes, nous n'avons rien 
laisse échapper do ce genre dés qu'un de nos vocables a 
provoqué la citation. C'est là notre contribution au 
folklore, et nous lui croyons quelque intérêt. 

Un grand nombre de nos mots^ d'un constant usage 
oral, étaient jusqu'ici non imprimes et même non écrits. 
Il nous a doue fallu, non sans tâtonnements^ en établir 
rorthographt'. Nous iious sommes acquitte de cette 
tache le plus rationnellement que nous avons pu. 
L'îiurons-nous fait sans retouches nécessaires^ 

Nous n'insistons pas davantage sur ces qtrestions. Le 



472 '" • POSTFACE 

m 

but principal de ces dernières lignes est d'exprimer nos 
remerciements pleins de cordialité aux compatriotes 
qui ont bien voulu nous aider dans nos recherches. Ils 
ont certainement enrichi notre ouvrage. Nous nous 
félicitons donc du concours zélé des aints Jeandet, 
Damichel, Morin,Magnien,Légey etGaulin. Sansleui's 
précieuses communications, notre nomenclature n'eût 
certainement pas été aussi complète. 

Une fois muni de ces mots, par exemple, une autre 
tache nous incombait: celle de fournir et la sauce au 
poisson ». Travail laborieux et auquel je me suis pas- 
sionné environ une quinzaine d'années. Mais de ce 
labeur je ne me vante pas. Je Tai accompli de mon mieux 
— c'était mon simple devoir, — et ça été avec un plaisir 
inhni. D'abord, point déjà entrevu, j'espère y avoir 
donné un peu la couleur de notre cher petit pays; 
ensuite, je me berce de Tidoe d'avoir, selon mes forces, 
comblé ou commencé de combler une hicune gtosBO- 
graphique. 

L'intention est louable- Que quelques-uns me sachent 
gré derexécuiion, et je serai, récompensé. 

V F. F. 



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I 



ERRATA! 

Page 123, au mot DiONT^au Jiea de è qui, snpprimez la virgule 
et lisez : f/ qui, 

'Page 143, au mot Empùche, au lieu de r^onê, lisez : oottèr, 
* 
Page 252, au mot M'amie (vx, fr.), au lieu de ma mie, lisez: * 

m^umic. 



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